Citation
Pollution en Amazonie: les Indiens veulent faire payer Texaco
COCA (AFP),
le 26-03-2004
En plein coeur de l'Amazonie équatorienne, les cris des Indiens couvrent le bruit d'un avion. "Texaco doit payer pour la pollution de nos terres", insistent-ils. "Nous n'allons pas débourser six milliards de dollars!", lance, de son côté, un cadre de la société pétrolière américaine.
Cette brève confrontation, pacifique et à distance, a pour décor les grilles du petit aéroport de Coca, à 200 km à l'est de Quito, dans la zone pétrolière de l'Equateur, pays producteur de 418.000 barils de brut par jour, mais non membre de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.
"500.000 hectares des territoires sacrés des Indiens ont été contaminés par l'exploitation pétrolière de Texaco, nous exigeons que la firme les nettoie en totalité", affirme le porte-parole des quelque cinquante manifestants, Luis Yanza, avant de lâcher le montant estimé pour une telle opération : "6 milliards de dollars".
Les quatre peuples indiens de la région (Siona, Huaorani, Cofan, Shuar), soit 30.000 personnes au total, ont engagé en juillet 2003 contre Texaco des poursuites judiciaires, afin d'obtenir réparation des présumés préjudices, devant les tribunaux équatoriens. La procédure est en cours.
Filiale de Chevron Texaco dans le pays andin, Texpet (Texaco Petroleum Company) a délégué une équipe d'experts pour une visite sur place d'un groupe de journalistes à partir de Coca, peuplée de 20.000 habitants.
Leurs conclusions se veulent définitives. "Texpet a agi conformément aux lois, et a procédé à un minutieux programme de nettoyage sur les sites qui la concernent", explique Rodrigo Perez, représentant légal de la société à Quito.
Et de citer notamment les rapports favorables de la compagnie américaine URS (United Research Services), basée à Wayne (New Jersey) et spécialisée dans les études d'environnement, après une inspection des lieux.
Le cadre de Texpet ne cessera de répéter à qui veut l'entendre lors de la visite de cinq sites de production que "ce n'est pas Texaco, mais Petroecuador, la compagnie nationale équatorienne, qui devrait se trouver sur le banc des accusés".
Depuis 1992, date de la fin de son contrat, Texpet a cessé toutes ses exploitations pétrolières en Equateur, entamées en 1964, après avoir pompé au total 1,7 milliard de barils dans cette région de l'Amazonie, dans le cadre d'un consortium qu'elle contrôlait à hauteur de 37,5%, contre 62,5% à Petroecuador, qui poursuit désormais seule ses activités.
"De 1995 à 1998, tous nos 161 ex-sites ont été nettoyés", insiste Jaime Varela-Walker, Pdg de Chevron Texaco au Mexique.
Sur les cinq anciens puits visités, les dépôts de boues pétrolières ont été vidés et recouverts de terre. "Regardez comme l'herbe a repoussé!", s'exclame Jorge Bueno Galdo, l'un des experts d'URS, sur le site Shushufindi-29.
Le dépôt voisin a été remplacé par une palmeraie de 150 hectares. Devant un ancien réservoir comblé, il montre un arbre rempli de "limas" (oranges amères).
Le budget prévu par Texaco pour le nettoyage, soit 13 millions de dollars, avait été dépassé. "Nous avons dépensé 40 millions de dollars", souligne Rodrigo Perez. "Nous n'allons pas débourser 6 milliards de plus", ajoute-t-il avant de montrer "l'un des 400 dépôts non bouchés par Petroecuador".
La compagnie nationale achemine sa production via l'oléoduc transéquatorien, long de 503 km, entre Lago Agrio, au nord de Coca, et le port de Balao, sur la côte Pacifique. Ce transport, interrompu le 11 mars après une rupture de la conduite consécutive à des glissements de terrain, a pu reprendre jeudi après sa réparation.
________________________________
SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, BP N°20, 83149-BRAS (France), parcequ'on la massacre! HTTP://terresacree.org : base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES (Environnement, biodiversité, biotechnologies, alternatives, éthique, découvertes...)
La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.
COCA (AFP),
le 26-03-2004
En plein coeur de l'Amazonie équatorienne, les cris des Indiens couvrent le bruit d'un avion. "Texaco doit payer pour la pollution de nos terres", insistent-ils. "Nous n'allons pas débourser six milliards de dollars!", lance, de son côté, un cadre de la société pétrolière américaine.
Cette brève confrontation, pacifique et à distance, a pour décor les grilles du petit aéroport de Coca, à 200 km à l'est de Quito, dans la zone pétrolière de l'Equateur, pays producteur de 418.000 barils de brut par jour, mais non membre de l'Opep, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.
"500.000 hectares des territoires sacrés des Indiens ont été contaminés par l'exploitation pétrolière de Texaco, nous exigeons que la firme les nettoie en totalité", affirme le porte-parole des quelque cinquante manifestants, Luis Yanza, avant de lâcher le montant estimé pour une telle opération : "6 milliards de dollars".
Les quatre peuples indiens de la région (Siona, Huaorani, Cofan, Shuar), soit 30.000 personnes au total, ont engagé en juillet 2003 contre Texaco des poursuites judiciaires, afin d'obtenir réparation des présumés préjudices, devant les tribunaux équatoriens. La procédure est en cours.
Filiale de Chevron Texaco dans le pays andin, Texpet (Texaco Petroleum Company) a délégué une équipe d'experts pour une visite sur place d'un groupe de journalistes à partir de Coca, peuplée de 20.000 habitants.
Leurs conclusions se veulent définitives. "Texpet a agi conformément aux lois, et a procédé à un minutieux programme de nettoyage sur les sites qui la concernent", explique Rodrigo Perez, représentant légal de la société à Quito.
Et de citer notamment les rapports favorables de la compagnie américaine URS (United Research Services), basée à Wayne (New Jersey) et spécialisée dans les études d'environnement, après une inspection des lieux.
Le cadre de Texpet ne cessera de répéter à qui veut l'entendre lors de la visite de cinq sites de production que "ce n'est pas Texaco, mais Petroecuador, la compagnie nationale équatorienne, qui devrait se trouver sur le banc des accusés".
Depuis 1992, date de la fin de son contrat, Texpet a cessé toutes ses exploitations pétrolières en Equateur, entamées en 1964, après avoir pompé au total 1,7 milliard de barils dans cette région de l'Amazonie, dans le cadre d'un consortium qu'elle contrôlait à hauteur de 37,5%, contre 62,5% à Petroecuador, qui poursuit désormais seule ses activités.
"De 1995 à 1998, tous nos 161 ex-sites ont été nettoyés", insiste Jaime Varela-Walker, Pdg de Chevron Texaco au Mexique.
Sur les cinq anciens puits visités, les dépôts de boues pétrolières ont été vidés et recouverts de terre. "Regardez comme l'herbe a repoussé!", s'exclame Jorge Bueno Galdo, l'un des experts d'URS, sur le site Shushufindi-29.
Le dépôt voisin a été remplacé par une palmeraie de 150 hectares. Devant un ancien réservoir comblé, il montre un arbre rempli de "limas" (oranges amères).
Le budget prévu par Texaco pour le nettoyage, soit 13 millions de dollars, avait été dépassé. "Nous avons dépensé 40 millions de dollars", souligne Rodrigo Perez. "Nous n'allons pas débourser 6 milliards de plus", ajoute-t-il avant de montrer "l'un des 400 dépôts non bouchés par Petroecuador".
La compagnie nationale achemine sa production via l'oléoduc transéquatorien, long de 503 km, entre Lago Agrio, au nord de Coca, et le port de Balao, sur la côte Pacifique. Ce transport, interrompu le 11 mars après une rupture de la conduite consécutive à des glissements de terrain, a pu reprendre jeudi après sa réparation.
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SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, BP N°20, 83149-BRAS (France), parcequ'on la massacre! HTTP://terresacree.org : base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES (Environnement, biodiversité, biotechnologies, alternatives, éthique, découvertes...)
La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.
Ce message a été modifié par Patience - 26 mars 2004 à 17:10.










