Ah ! le quadrillage des villes par les caméras de vidéo-surveillance…
Aujourd’hui, la vidéo-surveillance apparaît comme un outil incontournable des politiques locales de sécurité afin de répondre à plusieurs problématiques :
- Prévenir les actes délictueux et renforcer le sentiment de sécurité des citoyens.
- Faciliter le travail d’îlotage des forces de l’ordre et mieux appréhender les délits en démultipliant les capacités d’observation d’un territoire.
- Aider à la résolution des enquêtes en cas de délits.
On se retrouve donc l’équation suivante :
plus de sécurité = plus de surveillance = moins de liberté…
Encore faudrait-il que ces outils soient utilisés à bon escient :
Le cas Ichem
Résumé de l’article : Ichem, lycéen, 17 ans et demi, a été frappé dans le centre-ville (et devant témoins) par un policier à St-Etienne samedi 26 février 2005, sans raison apparente, si ce n’est sa couleur de peau… Rapidement averti de cette affaire Roger Dubien, conseiller municipal de Saint-étienne et membre du Comité local pour la sécurité et la prévention de la délinquance a informé Mme Dumont, adjointe au Maire de St-Etienne, chargée des questions de sécurité, de ce qui s’était passé. Il lui a indiqué que la caméra vidéo de la Police municipale, installée à l’angle de l’Hôtel de ville, sur l’immeuble de la Banque Populaire, et qui filme 24h/24, était idéalement placée pour filmer ce qui s’était passé. Il a donc attiré l’attention de Mme Dumont sur l’importance que cette bande vidéo soit bien conservée, pour pouvoir être remise à la Justice. Mme Dumont lui a indiqué plus tard avoir contacté la Police Municipale selon laquelle il n’y aurait "rien sur la bande de la caméra vidéo". Ce qui est tout simplement impossible : les évènements se sont passés sous la caméra, qui filme 24h/24, et les images sont vues par un policier sur les écrans de contrôle, avec possibilité de zoomer dès qu’il y a quelque chose, dans les locaux de la Police municipale à Tarentaize. Et tout est enregistré et conservé plusieurs jours.
Voici un dossier radiofrance qui fait le point sur la vague de vidéo-surveillance qui s’abat actuellement sur l’Europe :
L'Europe dans l'oeil des caméras
UN SYSTEME DE CONTROLE A SURVEILLER.
La France voit fleurir les caméras de vidéosurveillance sans que ce phénomène ne suscite de vague d'indignation dans l'opinion publique. De quelles garanties disposent les citoyens aujourd'hui ? Pour quelles raisons les objectifs ne suscitent pas de polémique ? Nous avons interrogé les spécialistes de la question...
Dite "loi Pasqua", le texte réglementant la vidéosurveillance en France prévoit une séparation de la gestion des systèmes entre lieux publics et privés. Pour les premiers, des Commissions départementales sont chargées d’examiner les demandes d’installation, avant que le préfet ne donne son aval. La CNIL intervient quant à elle à titre informatif et consultatif pour les seconds. La conservation des images est limitée dans le temps : un mois maximum. Les cassettes ne peuvent être transmises que dans le cadre d’une enquête, mais tout le monde a le droit de demander l’accès aux renseignements qui le concernent. Dix ans après son adoption, la loi Pasqua fait encore parler d’elle. Pour Sébastian Roché, docteur en sciences politiques et directeur de recherches au CNRS, "la loi dit qu’on ne peut pas utiliser la vidéosurveillance n’importe où, et qu’on ne peut pas faire ce que l’on veut des images. Elle apporte donc un certain nombre de protections". De son côté, le président de la Ligue des Droits de l’Homme, Jean-Pierre Dubois, juge qu’elle "a ouvert la porte à la vidéosurveillance à grande échelle".
"Est-ce que la loi est appliquée ? Est-ce que les personnes qui installent des caméras dans l’espace public sont vraiment amenées à déposer des demandes à la préfecture ? La préfecture a-t-elle les moyens de vérifier l’implantation des caméras ou pas ?", autant de questions auxquelles Sébastian Roché est tenté de répondre par la négative. Eric Heilman, chercheur à Strasbourg, a travaillé sur l’impact de la vidéosurveillance. Selon lui, les commissions départementales de contrôle ont reçu 50 000 déclarations, et on sait grâce aux estimations des professionnels que 300 000 systèmes de vidéosurveillance sont installés en France. Conclusion : la plupart dépendent donc d’opérateurs privés. Lesquels selon le chercheur, "s’assoient sur la loi" : "Je suis persuadé qu’il se passe des choses scandaleuses dans des entreprises qui surveillent leurs salariés ou leur clientèle". Un tableau qui n’est pas très rassurant et risque de l'être encore moins lorsque la future loi autorisera aux personnes privées de filmer les abords de leurs propriétés. "Nous sommes dans une situation où ce n’est plus seulement l’Etat et la police, mais n’importe qui va pouvoir stocker des images sans contrôle efficace", s’indigne Jean-Pierre Dubois. Gérard Duquenoy, chargé d’instruire les demandes d’installation à la préfecture de police de Paris, reconnaît que le contrôle n’existe en effet qu’à priori. Mais selon lui, l’amende de 45 000 euros prévue par la loi est suffisamment dissuasive.
En France, l’opinion publique s’émeut assez peu de l’installation croissante de caméras dans son environnement quotidien. Pour Sébastian Roché, il existe "une demande quasi archaïque de la population à être protégée. Si la vidéosurveillance est présentée comme un outil de lutte contre la délinquance ou le terrorisme, les gens auront tendance à faire confiance aux pouvoirs publics". Depuis les attentats de 1995 dans le RER St Michel, les politiques utilisent cet argument sécuritaire à outrance, tout en connaissant sa faible efficacité. Car dans l’esprit des électeurs, "un gouvernement qui n’essaie pas de faire quelque chose est un mauvais gouvernement, alors que celui qui essaie mais ne réussit pas, peut éventuellement être un bon gouvernement", explique Sébastian Roché. Cette passivité de l’opinion inquiète Jean-Pierre Dubois : "ce procédé est insidieux car il permet de savoir beaucoup de choses sur les gens de manière moins voyante qu’un contrôle d’identité". Les caméras sont fondues dans notre décor. Où trop haut pour être décelées.
Selon Jean-Pierre Dubois, cet été la préfecture de police de Paris a loué un dirigeable avec à son bord des caméras capables de reconnaître un visage à quarante kilomètres de distance. Objectif : filmer des manifestants dans un rassemblement de sans-papiers. "On est clairement en train de tester des outils qui permettent de faire de la traçabilité, comme on le fait pour les dissidents dans les dictatures", s’indigne le Président de la LDH. Pour qui l’avenir ne s’annonce pas comme le meilleur des mondes possibles…
Caroline Caldier
DE L'EXEMPLE AU CONTRE-EXEMPLE BRITANNIQUE
C'est sans conteste en Grande-Bretagne que la "CCTV" (Close Circuit Television) est la plus développée. Nos voisins britanniques exploitent en effet à eux seuls près de 10% des caméras de vidéosurveillance installées dans le monde. Un réseau de contrôle gigantesque, dont l’impact sur la délinquance, la criminalité et le terrorisme apparaît cependant mitigé…
Visionnaire George Orwell ? Peut-être pas. Ce qui est sûr en revanche, c’est que la patrie de l’auteur du best-seller "1984" est aujourd’hui cernée par les caméras. Une explosion de la vidéosurveillance qui débute au milieu des années 80, notamment incitée par les attentats perpétrés par l’Armée républicaine irlandaise (IRA). Mais rapidement, la CCTV (Close Circuit Television, télévision en circuit fermé) apparaît comme un moyen de lutter, non pas seulement contre le terrorisme, mais aussi contre la criminalité et la petite délinquance. Massivement soutenue par le gouvernement, qui décide de participer pour une large part au financement des installations, la vidéosurveillance se généralise dans les années 90 et on estime aujourd’hui à environ 4 millions le nombre de caméras dans le pays, dont plus de la moitié surveillent les espaces publics.
Pris sur le vif...
Il fait nuit. Dans la lueur des réverbères, la rue semble déserte. Soudain, un homme apparaît à l’image. Il jette un rapide coup d’œil aux alentours, se dirige d’un pas pressé vers une voiture garée là, et d’un violent coup de pied brise la vitre côté conducteur. En quelques secondes, il est à l’intérieur quand, coup de théâtre, une voiture de police surgit d’une rue adjacente toutes sirènes hurlantes. L’homme est interpellé avant même d’avoir pu démarrer le véhicule, qu’il s’apprêtait vraisemblablement à voler. Cette séquence vidéo qu’a choisi de projeter Clive Burley lors la "Journée de réflexion sur l’évaluation de la vidéosurveillance à travers l’Europe", organisée le 28 septembre dernier à Paris par le Forum français pour la sécurité urbaine, est plutôt convaincante. Membre du "CCTV User Group", organisation représentant principalement les directeurs et opérateurs de vidéosurveillance implantées dans les lieux publics au Royaume-Uni, Mr. Burley expliquera aux participants, parmi lesquels plusieurs élus locaux français venus s’enquérir de l’efficacité d’un tel système, que dans cet exemple précis, la caméra a permis aux opérateurs de repérer l’infraction et à ces derniers d’avertir immédiatement la police, dont l’intervention a été pour le moins rapide.
"La vidéosurveillance n’a pas permis de faire baisser la délinquance"
Mais si l’exemple choisi est effectivement révélateur, non seulement de l’utilité du système mais également de la bonne coordination entre les différents acteurs du dispositif de sécurité de la municipalité londonienne de Camden, où a été filmé l’incident, il est loin d’être représentatif de ce qui se passe dans l’ensemble du pays. Professeur de criminologie de l’Université de Leicester et directeur d’une récente étude commandée par le ministère de l’Intérieur britannique sur "l’évaluation de l’impact de la vidéosurveillance" au Royaume-Uni, Martin Gill est catégorique : "La vidéosurveillance n’a pas permis de faire baisser la délinquance". A ce constat, plusieurs raisons. La première tient paradoxalement à l’engouement suscité ces dernières années par le dispositif. "Nous avons un gros problème avec les images, il y en a trop !", explique le criminologue. "Beaucoup (de ces systèmes) sont mal gérés et la police n’a pas les moyens de faire face", poursuit-il. Autrement dit, rien ne sert d’installer des caméras à tout va, si le facteur humain ne suit pas.
"La vidéosurveillance n’est pas une machine à tout faire"
L’enquête révèle par ailleurs des résultats différenciés en fonction de la nature des délits. Si la vidéosurveillance semble avoir un effet dissuasif sur les actes d’atteintes aux biens, elle n’a en revanche qu’un impact très limité sur les agressions envers les personnes, comme les crimes ou les viols. Un constat que partage Eric Heilmann, maître de conférences à l’Université Louis Pasteur de Strasbourg et auteur d’une étude sur "l’impact de la vidéosurveillance sur les désordres urbains en Grande-Bretagne", réalisée pour le compte de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes). "La vidéosurveillance n’est pas une machine à tout faire. Il faut définir des objectifs précis pour espérer atteindre des résultats", insiste le chercheur. Le succès, ou non, des systèmes de vidéosurveillance tient également à leur lieu d’implantation. C’est dans les espaces clos et notamment dans les parkings que la délinquance "a baissé plus que partout ailleurs", souligne Martin Gill. Mais là encore, les effets dissuasifs engendrés par la présence des objectifs n’ont généralement qu’une durée limitée dans le temps. "Il ne faut pas prendre les voyous pour des abrutis finis. Un voyou c’est un peu malin parfois. Ça change de cible, d’espace, de façon de travailler", explique Eric Heilmann.
"Quand il y a des victimes, c’est trop tard !"
Si la vidéosurveillance a certainement un rôle à jouer dans la lutte contre la criminalité et la délinquance, "le danger c’est que les gens pensent que tout ce que nous avons à faire c’est d’installer des caméras et que tout ira bien ensuite. Ce n’est définitivement pas le cas. La vidéosurveillance est une partie de la solution, mais ce n’est pas toute la solution", conclut le criminologue britannique. Se pose également la question du terrorisme. Et s'il fallait un argument de poids aux défenseurs du système, les attentats du 7 juillet à Londres ont apporté la triste preuve de l'utilité du dispositif. "On a pu voir comment ils (les kamikazes) étaient rentrés dans le métro et on pourra probablement se servir de ça pour essayer d’éviter que ça se reproduise", estime Meryl, une jeune Britannique. Reste que si les caméras ont certes permis l’identification des porteurs de bombes, on peut s’interroger sur leurs vertus préventives. "La présence des caméras n’a pas empêché des gens de venir avec des bombes dans leur sac et de se faire exploser à visage découvert", rappelle Eric Helmann. Et d’ajouter que "quand il y a des victimes, c’est trop tard !" Stéphanie habite à Londres et ne se fait pas trop d’illusions non plus. "Ça peut probablement dissuader les kamikazes maintenant, parce qu’ils ont vu ce qui c’était passé. Mais honnêtement, je pense que s’ils veulent vraiment se faire exploser, ils le feront, qu’ils soient observés ou pas".
Cécile Mimaut.
CAMDEN SUR GRAND ECRAN
Il y a environ 400.000 caméras de surveillance à Londres. Si depuis les attentats du 7 juillet le terrorisme est plus que jamais dans leur ligne de mire, la plupart d’entre elles sont avant tout intégrées à des dispositifs de lutte contre la délinquance. Elu opérateur de l’année en 2003 et 2005, le centre de contrôle de vidéosurveillance de Camden ne ferme jamais l’œil. 7 jours sur 7, 24h sur 24h, 365 jours par an, il surveille, détecte, alerte. Reportage…
Inutile d'avoir traversé la Manche pour connaître Camden, au moins de réputation. Ses docks et son grand marché sont dans toutes les brochures touristiques. Chaque week-end, entre 150.000 et 200.000 personnes viennent chiner dans ce quartier populaire du nord-est londonien, en quête du dernier baguy à la mode ou du disque vinyle introuvable. Une foule qui attire aussi pickpockets et vendeurs de drogue dans cette municipalité de 200.000 habitants, où les problèmes sociaux sont nombreux et la délinquance élevée. Entre 30.000 et 50.000 délits sont enregistrés ici chaque année, dont un peu plus de la moitié concernent les vols et trafics d’objets volés (53%), suivis par les violences envers les personnes (12%), les infractions pénales et les cambriolages (10%), les fraudes et contrefaçons (7%), et dans une moindre mesure des vols à main armée, les trafics de drogue et délits sexuels.
"Il y a aujourd’hui une centaine de caméras de surveillance à Camden"
Dans une petite rue reculée du centre, se dresse un grand bâtiment aux vitres perchées, rideaux baissés. Devant la porte d’entrée discrète, un interphone empêche l’accès aux personnes qui ne se sont pas annoncées. Une confidentialité de rigueur, car derrière cette façade se trouve l’œil de Camden : le centre de contrôle de vidéosurveillance. Face à la soixantaine d’écrans qui tapissent le mur, des personnes actionnent des manettes, concentrées sur les images qui défilent devant leurs yeux. Au total, neuf opérateurs se relaient ici 7 jours sur 7, 24h sur 24h, 365 jours par an. Jim nous accueille. C’est lui le directeur. Un homme chaleureux et sympathique. Il nous propose de nous installer au pupitre de contrôle. D’ici, on peut intervenir sur n’importe laquelle des caméras qui quadrille la municipalité, certaines permettant de zoomer jusqu’à 1 km de distance. "Il y a aujourd’hui une centaine de caméras de surveillance à Camden", explique Jim. "Nous avons différents types d’incidents. Pendant la nuit, un grand nombre d'entre eux sont liés à l’alcool. Donc nous utilisons surtout les caméras qui sont autour des pubs et des clubs. Pendant la journée, nous pouvons nous concentrer sur d’autres zones", poursuit-il.
"Si nous voyons un incident, nous avons la possibilité de transmettre les images au commissariat"
En fond sonore, on entend la radio de la police. Un moyen efficace pour les opérateurs de détecter les incidents et de lancer ainsi une surveillance plus accrue du périmètre concerné. Mais dans d’autres cas, c’est eux qui donnent l’alerte. "Si nous voyons un incident se produire, nous avons la possibilité de transmettre directement les images au commissariat, qui est équipé de deux moniteurs de contrôle. La police peut alors décider si l’incident est assez sérieux pour envoyer une unité sur place", souligne le directeur du "CCTV control center". Les délits les plus graves ayant la priorité. L’an dernier, 1.000 arrestations ont été ainsi rendues possibles grâce à la seule détection des caméras et de l’équipe de Jim. Un travail de partenariat avec les forces de l’ordre qui fonctionne plutôt bien. Aujourd’hui, un officier est venu au centre de contrôle dans le cadre d’une opération spéciale, une filature à distance. Dans l’œil de sa caméra, un dealer de crack, bien connu des autorités locales. Un peu plus loin, deux de ses confrères visionnent l’enregistrement d’une séquence montrant un délinquant devant une des stations de métro de Camden. Déjà arrêté cinq fois, ce dernier était pourtant interdit de séjour dans la zone, mais la caméra est formelle, il est revenu. Après avoir rempli un formulaire en bonne et due forme, les officiers repartent avec la preuve de sa présence indésirable, enregistrée sur cassette.
"Tout ce que nous faisons est écrit et enregistré par le système"
Les images qui sont filmées en flux continu par les caméras sont stockées pendant un minimum de 7 jours, permettant ainsi, en cas de plainte ou de recherche à posteriori, de retrouver une trace visuelle de l’incident concerné. Mais gare à ceux qui seraient tentés de visionner des séquences sans avoir une bonne raison de le faire. "Nous sommes contrôlés par plusieurs législations. Tout ce que nous faisons ici est écrit, pour nous couvrir en terme de loi sur la protection des données", insiste Jim. Et au support papier s’ajoute également le compte rendu de l’ordinateur lui-même, qui pour chaque demande de visionnage vous demande qui vous êtes, quelles sont vos intentions, enregistre le temps que vous passez sur les images en question, le tout pour établir un certificat qu’il intègre à sa base de données. "Tout est enregistré par le système", ajoute Jim, qui précise par ailleurs qu'un contrôleur indépendant vient ici deux fois par mois pour vérifier si l’utilisation des caméras était bien appropriée.
"Ça n’empêchera jamais la délinquance"
Cheryl a commencé comme simple opératrice ici. Elle est aujourd’hui superviseur de la salle de contrôle et a même reçu un prix pour la qualité de son travail. Un travail qu’elle prend très à cœur. "Je ne pense pas que c’est Big Brother. Les caméras sont là pour protéger les gens, par pour les espionner. C’est à cela que sert la vidéosurveillance. A faire baisser la criminalité et avec un peu de chance, à rendre les rues plus sûres", affirme-t-elle. Les intensions semblent louables. Mais les résultats sont-il à la hauteur des espérances ? Le nombre de délits enregistrés l'an dernier, toutes catégories confondues, a effectivement baissé d’environ 25%, avec cependant une augmentation des actes de violences envers les personnes. Mais rien ne prouve pour autant que la vidéosurveillance en est la raison principale, ni que les problèmes ne se sont pas tout simplement déplacés ailleurs. Julian n’est pas totalement convaincu par le système. "Je ne sais pas si c’est le meilleur moyen. Je pense que la prévention vient plus de l’éducation et de la présence policière que des caméras", estime cet habitant de Camden, qui se dit cependant favorable au dispositif mis en place. Jim en convient : "Ça n’empêchera jamais la délinquance. Une caméra ne sautera pas d’un poteau pour passer les menottes à quelqu’un". Mais il est convaincu que "c’est certainement une bonne aide". Une aide qui a un coût : 3,1 millions de livres (4,4 millions d’euros) d’installation, dont une partie vient des subventions de l’Etat, auxquelles s’ajoutent 460.000 livres (675.000 euros) de frais de fonctionnement annuels, pris en charge par la municipalité.
Cécile Mimaut