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La filière du nucléaire en correctionnelle


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3 réponses dans ce topic

#1 Patience

Patience

    Amoureuse de la Vie

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Posté 01 avril 2004 à 11:51

Citation

27-03-2004 La filière du nucléaire en correctionnelle
Suite au dépôt d'une plainte, en mars 1999, pour pollution d'eau et abandon de déchets provoqués par des mines d'uranium en Haute-Vienne, la Cogema va devoir se présenter devant le Tribunal Correctionnel de Limoges.

Bien que toute activité minière ait aujourd'hui cessé, ces mines, dont certaines servent de sites de stockage de déchets radioactifs, continuent à polluer les rivières et les retenues d'eau de la région, comme l'ont démontré différentes expertises indépendantes.
Si en août 2003, le Procureur de la République interjetait le renvoi de la Cogema devant le tribunal correctionnel de Limoges, la chambre d'instruction de la Cour d'Appel vient de confirmer le renvoi en Correctionnel. Ainsi, sur l'état de pollution de l'environnement, le juge reconnaît une importante contamination radioactive et chimique de certains sédiments et mousses aquatiques, tandis que pour la responsabilité de l'industriel, il déclare "L'affirmation selon laquelle la Cogema respecterait les prescriptions techniques qui lui ont été imposées de même que les normes applicables, est contredite par de nombreuses pièces du dossier".
Par ailleurs, l'Etat, qui par l'intermédiaire du Procureur de la République avait tenté de stopper le renvoi en correctionnelle, n'est pas oublié. Ainsi, son argumentation tenant au caractère présumé naturel des éléments radioactifs est considérée comme nulle au regard de leur provenance (il s'agit de radioéléments instables du fait de la séparation de l'uranium 238), tandis qu'un de ses services est mis en cause : "Le fait, comme le relève le ministère public, que ces dépassements n'aient pas donné lieu à l'établissement de procès-verbaux d'infraction par la DRIRE, ne signifie pas qu'ils sont conformes aux prescriptions, mais plutôt que cette dernière n'a pas exercé son pouvoir de contrôle de manière complète".
Déposée initialement par Sources et Rivières du Limousin à laquelle s'est joint ensuite FNE, cette plainte devrait permettre, au delà de la remise en état des sites pollués, de contribuer à éclairer le véritable coût de la filière du nucléaire, allant de l’extraction du minerai jusqu’à la gestion des déchets, après production d'énergie.

Alex Belvoit


Source : Univers Nature


Ce message a été modifié par Patience - 01 avril 2004 à 11:54.


#2 elji

elji

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Posté 17 avril 2004 à 18:43

Ca fait longtemps qu'on l'attend ce procès, j'espère qu'il va aboutir à un résultat significatif.

#3 diamant bleue

diamant bleue
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Posté 09 novembre 2004 à 14:43

Il continu :)
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- AFP - 03 novembre 2004 :
La Cogema renvoyée devant la justice pour pollution radioactive

PARIS (AFP) - La Cogema sera renvoyée devant le tribunal correctionnel pour "pollution, abandon ou dépôts de déchets contenant des substances radioactives" en Haute-Vienne, la Cour de cassation ayant rejeté mercredi le pourvoi qu'elle avait formé contre ce renvoi.

Le 25 mars, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Limoges avait ordonné le renvoi en correctionnelle du leader mondial du cycle de combustible nucléaire pour un délit présumé de pollution de plusieurs cours d'eau, une décision qui constituait une première en France.

La Cour de cassation a considéré le pourvoi de la Cogema irrecevable, a-t-on indiqué au greffe de la chambre criminelle de la haute juridiction, sans plus de précision.

La Cogema est soupçonnée d'avoir pollué plusieurs cours d'eau du département de la Haute-Vienne avec des éléments radioactifs, provenant des eaux d'évacuation de mines d'uranium fermées, qui auraient formé des "déchets" en s'accumulant dans les sédiments.

Elle est également accusée d'avoir contaminé les eaux du lac de Saint-Pardoux (Haute-Vienne): des analyses effectuées en 1998 avaient révélé une très forte présence d'uranium, de radium et de plomb dans une rivière, le Ritord, se jetant dans cette retenue d'eau.

La procédure a débuté lorsque l'association Sources et rivières du Limousin, en se fondant sur des études réalisées depuis 1993 révélant une pollution radioactive anormale autour d'anciennes mines d'uranium situées dans le nord de la Haute-Vienne, a déposé en 1999 une plainte contre la Cogema.

L'association, contactée par l'AFP, n'était pas joignable mercredi après-midi.

Au terme de l'instruction, le parquet de Limoges avait demandé un non-lieu général et fait appel du renvoi ordonné par le juge, en reprenant les arguments de l'entreprise sur le respect des normes et des réglementations en vigueur.

Mais la chambre d'instruction de la cour d'appel avait rejeté cette interprétation en affirmant que la Cogema avait eu une "gestion techniquement non-réglementaire" de ses activités minières.

"Il y a bien lieu de considérer qu'il y a eu des dépassements de normes", avait relevé l'arrêt qui pointait également la responsabilité écologique de la Cogema, en estimant qu'il est "socialement normal que le coût environnemental ne soit pas supporté par les habitants du Limousin".

"La Cogema, qui prend acte de son renvoi devant le tribunal correctionnel, apportera la preuve devant ce tribunal qu'elle a toujours respecté la réglementation qui garantit l'absence de risque pour les populations et le milieu naturel", a réagi un porte-parole d'Areva, dont la Cogema est une filiale.

La Cogema "rappelle qu'elle n'a fait l'objet d'aucun procès-verbal en un demi-siècle d'exploitation et de réaménagement dans le Limousin, et réaffirme son engagement à assurer à long terme le suivi environnemental de ses sites miniers", a-t-il ajouté.

La Cogema a commencé à exploiter les zones uranifères du Limousin en 1949. Les vingt-huit mines ont progressivement été fermées au début des années 90 et la dernière, la mine de Jouac (Haute-Vienne), a cessé son activité en 2001.
Courriel-hebdo d'Agir pour l'Environnement [n°115]
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Citation

La Cogema "rappelle qu'elle n'a fait l'objet d'aucun procès-verbal en un demi-siècle d'exploitation et de réaménagement dans le Limousin
Comme si cela voulait dire que la Cogema n'a jamais rien pollué. Au mieux ca veut dire qu'ils ont de bons avocats et un lobby efficace au pire qu'ils ne se sont jamais fait prendre. Il faut bien un début.

Diamant

#4 elji

elji

    Confirmé

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Posté 10 novembre 2004 à 00:33

La preuve qu'ils ont de bons avocats, c'est que la plainte qui a déclenché ce projet, elle date quand même de mars 1999. Je sais bien que la justice est lente, mais il y a parfois, des dossiers qui avancent vraiment lentement.

Qu'est-ce que je suis mauvaise langue...