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Un simple témoignage...


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7 réponses dans ce topic

#1 TreizeVents

TreizeVents

    Gardien du ciel

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Posté 11 avril 2004 à 22:14

Je pense que chacun de nous a son témoignage a apporter sur comment on est controlés, comment la société nous écrase...

Je vais vous apporter le mien, ce ne sont que des observations de faits qui se sont réellements produits et se produisent encore de nos jours.  :neutre: Apres pour les explications et théories, vous les connaissez deja tout comme moi.

Pour bien comprendre ces faits je dois un peu vous décrire le contexte. Je réside dans une petite bourgade d'un peu plus de 5000 habitants, en rase campagne.
Une petite bourgade frappée de plein fouet par le chomage depuis quelques années, depuis que les mines d'a coté et les usines ont fermé. Bref une petite bourgade de campagne qui se vide de vie, comme il en existe beaucoup en France.
Aujourd'hui la ville tire ses ressources du tourisme, du commerce ( puisque la ville rassemble beaucoup de petits commerces, et deux grandes surfaces; les seuls commerces de toute la vallée ), et... l'agriculture.
Cerises, peches, abricots, amandes, olives, miel, vigne...
Voila pour le contexte.  :)

Voici mon premier témoignage :
Mon oncle et ma tante ont 300 cerisiers. Tous les ans, ils vendent leurs cerises a une coopérative comme tous les autres producteurs de la vallée.
Je précise que bien sur, ils n'ont pas le droit de vendre leur production directement aux gens, et que les amendes sont salées en cas de fraude... Pour ceux qui tentent de vider la cagette a la foire ou au bord des routes.  :cpasmafaute:
Alors revenons a notre coopérative. Elle achete les cerises aux alentours de 1 euro le kilo au producteur. Non je n'ai pas fait de faute de frappe, 1 euro le kilo.
A la distance exacte de 11 mètres de cette coopérative, se trouve une grande surface X. La coopérative vend des cerises a la grande surface X; les employés de cette grande surface viennent a pied prendre les cagettes de cerises pour les emmener sur les rayons de cette grande surface.
Pendant environ 3 mois il a fallu chérir ces fleurs, puis ces bourgeons, laisser calmement murir, puis ceuillir a la main ce qui prends des jours, et amener les cerises a la coopérative a environ 5 kilomètres. Pendant ces 3 mois les cerises ont pris 1 euro au kilo. Pour parcourir les 11 mètres entre la coopérative et les rayons de X, elles ont pris 6 à 7 euros.  :cogite:
Voila nos cerises, achetées 1 euro il y a quelques minutes, vendues comme tel 7 à 8 euros le kilo quelques metres de la.
:grognon:  :grognon:  :grognon:
A Paris cette année les cerises ont atteint 10 euros le kilo.
Je ne fais pas le commentaire, je n'en ai plus la force.  :tss:

Voici mon second témoignage, que je n'ai pas vécu moi meme puisque je n'étais pas de ce monde, mais que nombre de personnes de ma famille m'ont raconté :
Cette année la, il y avait surproduction de pommes. Afin de "preserver le marché", un certain pourcentage de la production devait etre détruit. Ainsi dans la vallée, plusieurs tonnes de pommes se retrouvèrent a la décharge. No Comment.  :tss:
Cela ne finit pas la. Des associations charitables ont eu l'idée de prendre ces pommes, et de les distribuer gratuitement aux pauvres de la ville. Ces associations ont eu le soutien de la mairie. On va a la decharge, on ramasse les pommes qu'on met dans des camions et on va les distribuer. C'était une belle action. Une belle action qui fut accusée de casser le commerce. Et s'il faut 5 ans dans la justice actuelle pour regler un vol de voiture ou un divorce, ben je vous assure que cette fois la l'affaire fut expédiée dans la journée.
Face a cette quarantaine de personnes qui faisaient la distribution ( dont mon père ), on a étalé les CRS.  :humhum: Pas la peine de discuter...
Morale : les pommes furent ramenées a la decharge, aspergées d'essence et brulées. Aucun journal ne relata l'evenement. Joli travail...

Voici mon troisième et dernier témoignage, que je n'ai pas connu non plus mais qu'on m'a raconté.
Les cerisiers appartenaient a mon grand père avant, qui les tenait de son père qui les tenait de son père etc etc. Jamais il n'y avait eu le moindre produit chimique sur nos terres. Peu de gens dans la vallée les utilisaient, bien que la publicité commencait a fleurir pour lesdit produits.
Les arbres ne s'en portaient pas plus mal.
Une année, des millions pour ne pas dire des milliards de chenilles sont apparues dans la vallée. Une espece venimeuse jamais apparue aupparavant dans cette zone. On en est venus a bout. :)
Il faut dire que quelques mois avant tous les grands magasin du coin avaient fait des stocks d'insecticides spécialisés contre cette chenille, qui était inconnue ici.  :cogite: Il ne s'est jamais autant vendu de produits chimiques que cette année la, ici !
Pareil, faites vous meme votre commentaire; moi je suis fatigué maintenant.  :tss:

Non, nous ne sommes pas controlés...  :aureole7:
Si vous avez vous aussi des observations comme celles-ci a raconter...
Dans le cas des chenilles, si d'autres personnes ont vecu des choses similaires j'aimerais bien partager leur expérience  :)

Vala bonne soirée à tous  :calin:
TreizeVents

Ce message a été modifié par TreizeVents - 11 avril 2004 à 22:21.


#2 axolotl_requiem

axolotl_requiem

    Mraow

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Posté 11 avril 2004 à 22:44

TreizeVents,

Merci beaucoup pour ces trois témoignages qui ne m'étonnent pas des masses sauf celui des chenilles... Là c'est carrément quelque chose de grave et d'illégal si c'est avéré. Pour le reste malheureusement, j'ai déjà entendu des histoires similaires, notamment depuis les manifestations de plus en plus nombreuses de paysans contre les marges ridicules et injustifiées des grandes surfaces. Tu parles de commerce équitable... Je pense que ces entreprises de plus en plus grosses et multinationales commencent à montrer des effets analogues à ceux des trous noirs. Ca mange tout autour et ça ne laisse pas grand chose... Autre analogie, ces organisations sont comme un cancer qui tue toutes les cellules saines du style de l'entreprise de ton oncle et de ta tante. Et comme dans le cas du cancer, la société risque de subir de gros dégats si elle ne traite pas le mal (et elle ne le traitera pas d'après moi). Heureusement que quelques globules blancs confédérés paysans tentent un dernier baroud d'honneur.

Je ne crois pas que ce soit particulièrement un complot, le NOM est simplement le cancer de notre société.

Yann

#3 mag

mag

    Chercheur de vérités

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Posté 11 avril 2004 à 23:46

:salut: TreizeVents et merci d'apporter du vécu, je crois effectivement que le témoignage partagé permet de remplaçer l'info confusionnante et mensongère qui nourrit tout le monde et sert de sois-disant connaissance de la situation.
Je te comprends quand tu dis je suis fatigué...
Tu apporte ici le sujet de notre allimentation ici les cerise et les fruits, sur le forum ceux qui traitent le sida ont apporté leur témoignage de dissidents, ils se regroupent et les choses avancent.
As tu pris connaissance des AMAP que forment des groupes de consommateurs autour des agriculteurs? Sinon tu peux aller sur le site Onpeutlefaire.com...Ca c'est pour d'autre solutions...  

Citation

Apres pour les explications et théories, vous les connaissez deja tout comme moi.
Peux être que ce qui tourne autour de la nourriture n'est pas très connu.

Peux tu expliquer pourquoi et comment ta famille ne peux pas vendre directement aux consommateurs? :malice:
La Conscience ne s'approprie pas.
Elle se développe à elle même... Elle se Reconnait ! Natarajan

Pour moi convaincre, n'est plus envisageable, mais témoigner et partager le sont...

#4 TreizeVents

TreizeVents

    Gardien du ciel

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Posté 12 avril 2004 à 10:51

J'ai cherché les textes exacts de lois concernant la vente directe de produits agricoles; je ne l'ai pas trouvée  :roll: alors je vais vous expliquer :

Un producteur agricole n'a le droit de vendre ses produits directement que s'il est inscrit comme exploitant agricole et inscrit au registre du commerce.
Tout est la...
Parce que il suffit qu'on vous refuse ce statut pour que vous ne puissiez pas vendre.
Ce statut beaucoup de fermiers l'ont, mais là cela ne dérange pas trop la grande distrubution; je ne pense pas que vous voyez beaucoup sur le marché ou sur les routes des fermiers vendant directement leur blé ou leurs vaches...
Pour les fruits et légumes, c'est plus sevère, rares sont ceux qui possèdent ce statut... Seulement les tres grands exploitants.
Ici il n'y a pas de grands producteurs, ce ne sont que des petites exploitations, chaque famille a quelques champs mais vit d'autres métiers. Alors on leur refuse a toutes ce statut, et alors elles n'ont le droit de vendre qu'a des intermédiaires ( coopératives... ).  :nuts: Et hop le tour est joué !
Ce systeme ne concerne pas que les fruits et légumes, pour dire meme les fleurs sont concernées !

Et en cas de fraude on vous trouvera toujours la petite bête...  :cageole: Pas d'inscription au registre du commerce, pas de sécurité sur la qualité de vos produits, aucune information sur les engrais ou produits chimiques employés, ou tout simplement  pratiques anticommerciales : Ben oui si vous vendez vos cerises 5 euros le kilo ( soit 5 fois le prix auquel on vous les achete ) à quelques kilomètres d'une grande surface qui les vend 8 euros le kilo, on vous accuse de casser les prix, c'est anticommercial ca.  :aureole7:

Je vais continuer a chercher, si je trouve des textes de lois exacts je les mettrait.

#5 Legnus

Legnus
  • Invités

Posté 12 avril 2004 à 13:00

voilà un extrait du code rural :

Citation

Article L663-2
   Les achats par les négociants, de fruits et légumes frais mis en marché par les producteurs s'opèrent :
   1º Soit auprès des groupements de producteurs reconnus ;
   2º Soit auprès des marchés physiques agréés en application de l'article L. 621-11 ou auprès des marchés d'intérêt national.
   Dans le but de connaître les prix, les volumes et les qualités des produits vendus, l'achat direct à des producteurs par les négociants est progressivement contrôlé, produit par produit ou par groupe de produits et, éventuellement, région par région. Ce contrôle est effectué par l'office, directement ou sous sa responsabilité soit par les groupements de producteurs, soit par les marchés physiques agréés ou par les marchés d'intérêt national. Les modalités de ce contrôle sont fixées par décret.
   Par dérogation aux dispositions du quatrième alinéa, les producteurs peuvent également vendre directement aux négociants détaillants et aux consommateurs dans des limites géographiques et quantitatives fixées par décision administrative.
   Les modes de mise en marché prévus au présent article peuvent être limités par la procédure d'extension des règles déterminée par les articles L. 554-1 et L. 554-2.
   Les ventes des producteurs aux transformateurs doivent être conformes soit aux dispositions fixées au présent article, soit à des contrats types approuvés par les pouvoirs publics selon les procédures prévues soit par les articles L. 631-1 à L. 631-13, L. 631-15 à L. 631-23, soit par les articles L. 632-1 à L. 632-9, soit par l'article L. 631-14 et l'article 2 de la loi nº 60-808 du 5 août 1960 d'orientation agricole.

http://www.legifranc....rcv&h1=7&h3=50
donc apparamment ils peuvent vendre aux particulier mais pas toute sa production, et dans une zone retreinte.

#6 TreizeVents

TreizeVents

    Gardien du ciel

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Posté 12 avril 2004 à 13:19

Le fait est qu'on te trouvera toujours quelque chose pour t'en empecher...  :thermo:  :puni:

#7 Andogenia

Andogenia

    Confirmé

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Posté 12 avril 2004 à 15:40

Merci Treize vents de ton témoignage, qui ne vient que confirmer la situation planétaire. Voici un texte sur la question, qui explique en quelque sorte comment les producteurs se sont fait avoir par le grand séducteur, croyant ainsi bénéficier des avantages de la mise en marché.

Mirage

Bien évidement nous agissons à notre niveau au mieux de nos possibilités. Nous avons aussi à certains moment conscience des limites qui semblent les nôtres et quelquefois le doute s’installe.
Il y à aussi cette impression qui nous fait nous questionner sur le bien fondé de nos actions, dans le sens ou le bien et le mal est malgré tout bien relatif.
L’aide au démunis par exemple, est de plus en plus remis en question lorsqu’il s’agit des dons en biens que nous considérons essentiels. Pourquoi ? Parce que le problème ne se situe pas dans le fait de pallier aux déficiences, mais bien d’empêcher qu’il y en ait.  
Si les pauvres sont pauvres c’est qu’ils sont empêchés d’accéder aux ressources au même titre que les riches qui détiennent le pouvoir. Ces mêmes riches entretiennent la pauvreté en érigeant des frontières, des clôtures aux issues cadenassées par des lois et règlements qui s’adressent aux gens riches et instruits, qui ont accès à une  connaissance et des laissez passer élitistes que seuls ils peuvent se permettre d’acquérir. Le riche s’assure ainsi que le pauvre ne puisse accéder à la richesse qui lui permet tant de démesure. Pour qu’il puisse se répandre sans compter, il à besoin de réprimer et de contenir dans leur croissance une multitude d’êtres inféodés à ses caprices.
Il s’entoure de gens qui le serve dans ses basses besognes, leur faisant porter l’odieux tout en leur donnant l’illusion de bien faire. Malgré toute leur bonne foi et leur courage, ces gens, malgré eux, entretiennent le système répressif. Ce sont eux qui sont aux premières lignes de l’aide aux démunis, amassant les fonds et distribuant la nourriture pour les êtres décharnés qui peuplent des pays qui ne sont que des déserts entourés de frontières ou sont empêchés de sortir une multitude maintenue en captivité.  Le monde entier rivé aux hypnoécrans à alors l’illusion qu’il participe par leur entremise à l’aide aux démunis.
Mais derrière le décor, la misère est toujours présente et même s’accroît sans cesse.


L’aide, la vrai c’est de permettre aux êtres l’accès aux ressources qui leur permettront de se nourrir honorablement sans avoir à quémander aux mamelles empoisonnées de la technopute, celle qui accepte que ses enfants soient manipulés par les sorciers noirs dans le but d’accroître la productivité au détriment de leur liberté. Comme la mère qui accepte de vendre ses enfants en échange de breloques scintillantes qui auront tôt fait de s’éteindre, la laissant encore plus démunie devant la terre qui s’assèche sur le territoire ou elle est désormais confinée.
Parce qu’elle s’est laissée séduire par le grand séducteur, celui qui parait si bien dans ses habits riches brodés d’or, elle ne s’est pas aperçue que pendant que le grand bal ou elle était invitée se déroulait, les hommes de main du prince noir se sont affairés à divertir la source de son cours .
IL parait si beau le grand séducteur, mais il porte un masque que la plupart ne soupçonne même pas, tant il à été confectionné avec soin par les sorciers noirs. Les enfant abandonnes, par les mères subjuguées servent de substance à l’élaboration de la ruse qui semble si réelle.

Les barons qui se sont accaparé les grandes étendues fertiles du royaume, y pratiquent la répression en y ensemençant le peuple enchaîné pour qu’il se développe sous la contrainte sans contact avec les autres espèces pour que la récolte soit plus abondante et facile. Après le génocide, les carcasses sont acheminées vers les grandes surfaces ou ils sont consommés par la cour des fidèles serviteurs, fonctionnaires grassement payés avec le sang répandus par les sans noms, esclaves anonymes vivant loin des projecteurs et de la scène du grand théâtre.

Cessez de permettre que l’ombre asservisse vos enfants, défaites vous de vos chaînes comme le font les esclaves du tiers monde qui deviennent libre de ne plus craindre la mort. Ainsi même les murs érigés pour bloquer l’accès à la source ne pourront vous empêcher de passer. Les pantins à la solde de l’ombre ne pourront contenir la marée d’êtres innombrables qui avancent vers la lumière, puisque déjà ils auront brisé leurs chaînes et sans craintes s’avanceront de plein gré et en tout confiance vers la fosse aux lions.  Le jour succédera à la nuit et de l’autre côté la source débarrassée des soldats noirs sera ouverte à tous.


La peur est entretenue par ceux là mêmes qui ont les clés de nos prisons.

#8 galileo

galileo

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Posté 17 mai 2004 à 07:55

TreizeVents, le Dimanche 11 Avril 2004, 17:16, dit :

Je pense que chacun de nous a son témoignage a apporter sur comment on est controlés, comment la société nous écrase...

Très troublant ce genre de témoignage.

La première idée qui me vient à la tête serait de frapper là où ça fait mal:  dans le portefeuille du consommateur.   À la limite, s'installer à proximité du magasin grande surface et dénoncer la chose:  "Vous vous faites enculer les amis, on nous les achète 1 euro le kilo.." etc.

Faudra-t-il une séance de coupage de tête comme en 1789?
.