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Un conte inspiré


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8 réponses à ce sujet

#1 Elegyr

Elegyr

    La vie est merveilleuse!

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Posté 18 avril 2004 à 18:52

Bonjour à tous,

Jusqu'à présent lectrice, je voudrais partager avec vous ces quelques pages inspirées, complètement fictives, pour ma première intervention dans ce forum. Je voudrais savoir si elles valent la peine d'être poursuivies ou si je dois (vous) m'épargner cette peine.

Le contenu est évidemment sujet à polémique, puisqu'il a pour acteur principal Jésus de Nazareth, et qu'il renferme bon nombre de mes points de vue sur le monde, sur la religion et sur l'histoire. Je ne sais pas très bien ce que ça vaut, mais ne serait-ce qu'un tout petit encouragement de quelques uns pourrait me convaincre de continuer.

Voilà les deux premiers chapitres de ce conte :


<span style='font-size:14pt;line-height:100%'>L'évangile tel qu'on eût aimé vous le conter.</span>
Croquis en 33 actes de la vie du Christ de Nazareth.


Chapitre 1.
Il était une fois, dans les riantes collines de la Judée, où le ciel toujours limpide ne s'encombre que de rares nuages, où le soleil écrase par sa gloire les hommes et les bêtes, où la terre se couvre par endroit de vignes ébouriffées et sauvages, de pinèdes teintées d’émeraudes, de futaies de cèdres, de citronniers et d’oliviers, l’histoire d’un jeune homme nommé Jésus qui devint Christ.

Il avait grandi à Nazareth, bourgade peu épaisse où quelques maisons éparses, faites de bois, de chaux et de caillasses, se dressaient sous l'ombre salutaire des pruniers et des figuiers. Combien d’agréments vous eussiez à humer le parfum délicat que les parterres de roses fleuraient alentour dans les allées et jusque dans les maisons !

Jésus naquit de Marie. Mère bigote, sans véritable originalité ; marâtre encombrée d'enfants ; suave beauté mais, hélas, visiblement décatie, usée par les tâches domestiques innombrables, flétrie par d'incessantes grossesses ; âme simple, candide, médusée hélas par de pharisaïques et assommantes prescriptions, imposées par des scribes sans inspiration, tatillons, dépourvus de l'auguste présence qui confère à celui qui parle le don de conseil et d'autorité.

Jésus naquit d’une très belle et jeune dame prénommée Marie qui s’était destinée – très jeune - à servir Dieu dans le Temple et à rester vierge. En réalité, sous son apparente simplicité et humilité, se cachait un très haut mystère. Marie était l’incarnation d’une âme sans âge, lumineuse, sans défaut, christique pour ainsi dire, qui avait pour mission de précéder l’incarnation du Christ, afin d’en être le vaisseau pur qui le porterait pendant neuf mois. Elle était née elle-même d’une femme âgée et stérile, c'est-à-dire née grâce à Dieu, sans péché.

Son père putatif se prénommait Joseph. Homme droit, capable, charpentier de métier, pieux, qui portait une sincère vénération à son Ange intérieur, le Dieu de la maison de David, dont il était l'un des plus représentatifs descendants. Quel Dieu ? Le Dieu qui réconforta David dans son combat contre les veules, les méchants et les moqueurs. Le Dieu qui le soutint lorsqu'il chancelait sous le poids des désirs impies, lorsqu'il s'affaissait sous le feu terrible de ses oppresseurs, qui s'écœurait des pensées inquiétantes dont il était la victime expiatoire. Le Dieu qui - conformément à sa promesse - dessina sur le front de son fils fidèle, éprouvé, l'auréole de Pureté, le pur diadème de Lumière qui apportait enfin à son esprit abattu, la paix, le soulagement et le renouveau.

Jésus jouissait d’une beauté hors norme.

Ses lèvres étaient ténues, d'un rose pâle et ambré. Elles s'embrasaient parfois d'un sourire léger qui conférait à son visage, par le jeu combiné d'un regard intense et de pommettes saillantes, une expression achevée de gloire angélique et surnaturelle. Sa peau, d’une teinte rose de pêche, irradiait une délicate lumière seulement perceptible au voyant qui, en vérité, eût décrit son visage comme parcouru d’infatigables luminescences elliptiques. Ses traits paraissaient transfigurés par les lignes phosphorées d’une angélique entité de Lumière, sortie tout droit des dimensions supérieures où servent en cercle les Radieux et les Justes.

Sa tête était coiffée d'une chevelure noire, soyeuse et ondulée, qui lui tombait jusqu'aux épaules. Sa peau était par ailleurs imberbe, rasée, sans aucune barbe. Ces mains, fines, osseuses, étaient dépourvues de poils. Etrangement, il tenait toujours son pouce et son index joints, quelles que soient les circonstances, excepté quand, recevant la Parole de l'Ange Gabriel, il plaçait alors son index sur ses lèvres closes, à l'horizontal, adoptant ainsi l’attitude réfléchie et concentrée de celui qui écoute avec respect. Noble était sa prestance et droite était sa démarche, bien qu'il se plût parfois à incliner la tête, attitude étrange qui lui donnait un air indécis. L'impression qu'il suscitait variait selon les personnes. Aux uns, il inspirait défiance et crainte, tandis qu’aux autres, il inspirait de l’estime et de la confiance. Son assurance était perçue par les uns comme du dédain, de l’indifférence hautaine à l'égard des tourments de la vie laborieuse ; elle était perçue par les autres comme un signe d’accomplissement et de sagesse. Ceux qui subissaient le sort d’une existence sans éclats, appesantie par le fardeau des soucis, se défiaient d’un visage dont le front lisse indiquait un esprit exempté de ruminations pénibles et inquiètes. Il donnait cette fraîche impression de se tenir dans l'instant présent, d'occuper de toute sa conscience l'espace de son corps et d'irradier sa force calme et spirituelle au-delà de ses fines épaules. Cette élévation manifeste de son caractère le séparait, sans qu'il l'eût nommément souhaité, des gens d'humbles conditions, marqués au front par leur vénal affairement.


*****************************

Chapitre 2
« Dans la lumière je me tiens, dans la présence tu me trouves »



Jésus s'assit au pied d'un olivier, admirant sa prestance, l'arrondi généreux de ses feuilles, leur couleur de jade cuivrée, puis fut soudainement parcouru d'un intense sentiment de paix, de sérénité calme, qui lui indiquait la visite subtile de son Ange Intérieur. Il s'adressa à son céleste visiteur :

« Mes hommages, Maître. »
Inondé d'un regard de céleste bonté, exultant sous l'effet de son esprit de Justice, Jésus accueillit et retransmit la plainte de son Père :

« Voyez, Seigneur, comment vivent mes frères humains de cet âge. Appréciez comment l'avidité et l'ambition les conduisent toujours un peu plus vers la brutalité et la haine. Voyez aussi comment cette avidité assèche leur cœur et pervertit leur âme. Ô Maître, puissiez-vous percevoir combien je suis las de vivre parmi tant de cruautés. Partout où je pose mon regard, je ne rencontre qu'espièglerie, hautaine vanité, altruisme feint, pensées nauséabondes et criminelles. Combien de temps encore tolérerez-vous, mes Maîtres, cette anomalie sur Terre ? »

Un temps de silence s'ensuivit. Son maître regardait le sol et semblait réfléchir ; puis, de sa voix cristalline, il s'adressa enfin à l'oreille de son fils :

« Mon enfant, tu t'enflammes pour si peu, aussi je me permets de te corriger, car le spectacle sans doute inacceptable de tes frères terrestres n'est rien en comparaison de ce qui s'offre à voir en d'autres parties de notre vaste univers. Réserve donc la force de ton courroux pour le jour où, lorsque nous te porterons dans la demeure du Père, il te sera confié la sainte mission de combattre aux côtés des veilleurs de l'Univers, pour la Justice et pour la survie des Royaumes de Lumière. Les petites dérobades de tes frères sont inoffensives pour la totalité, mais nuisibles seulement pour eux-mêmes : songes-tu qu'il se tient, dans de lointaines parties de notre univers, de monstrueuses entités d'une voracité que tu aurais peine à imaginer ? As-tu seulement compris l'enseignement d'hier, où tu voyais d'innombrables « araignées géantes » s'en prendre aux portes de ta maison, cherchant à en absorber l'énergie sacrée, cherchant à en retirer la flamme de vie ? »

Jésus se remémora cette instruction, dispensée par ses Maîtres, où il avait été placé, d'une manière réaliste quoique indolore, dans la situation d'un corps abusé : d'étranges, d'inquiétantes créatures arachnoïdales aspiraient et extorquaient, au moyen de leurs trompes buccales, toute l'énergie vitale qu'il possédait dans ses divers plexus. Elles lui pompaient violemment les énergies du cœur, du plexus solaire, des yeux, du troisième œil, du creux de ses mains, des arcs de ses épaules, ainsi que de tous ses organes gastriques, péri-gastriques et génitaux.

« De même que ton corps se trouvait dépouillé de son énergie par de monstrueuses araignées-vampires, de même notre univers se trouve mis en danger par d'épouvantables égrégores qui tentent par de vils moyens d'aspirer la lumière pure contenue en ses divers soleils centraux. Saches, ô fils, que les Veilleurs et les Sentinelles de notre Monde connaissent de grandes difficultés aujourd'hui à préserver les parties encore intactes de notre large Univers et à contenir les assauts des forces des ténèbres. S'ils venaient à être terrassés, mon doux fils plein d'étonnement, saches alors que le Néant et la Nuit règneraient pour la pire des éternités. »

La tristesse accabla l'orateur. Jésus la ressentit immédiatement, car ils étaient désormais unis, fondus en une seule âme. Jésus ne pouvait croire, ne voulait croire à cette dramatique fin. Comment ? L'univers connaîtrait l'horreur d'une perpétuelle nuit ? Comment ? La lumière de nos dieux serait irrémédiablement éteinte, engloutie dans d'obscurs tourbillons desquels ne s'échappent qu'humeurs fétides et pestilentielles ? Comment ? La formidable aventure de notre Création s'achèverait donc dans les entrailles humides de la Bête antéChrist ? Une nouvelle force emplit l'âme de Jésus : il était encore plus déterminé que jamais à servir la Justice et à combattre les forces antéChrists déchues ; il aspirait à soulever une nouvelle armée de justes serviteurs, recrutés parmi ce que la Terre comptait encore de pur et de noble, pour éradiquer le Mal, pour vaincre l'antéversion, pour sauver l'Univers de l'oblitération. Gabriel lut dans le silence les pensées de son protégé, puis poursuivit :

« C'est pourquoi nous t'avons enseigné la Tempérance, cher fils. Car, si nous voulons que vivent toutes vies, il convient de ne jamais prendre, mais de toujours recevoir sans réclamer pour soi-même, ce que la Vie consent à nous confier. »

Jésus compris alors un aspect du troisième commandement adressé à son Peuple par les soins de Moïse. Prendre, bien souvent, suppose qu'on ôte la vie à ce que l'on prend. Il se souvint des temps où, enfant docile, il mangeait ce que ses parents lui donnaient : le sang et la chair des animaux domestiques, celui des veaux ou des moutons. Quel sens cela avait-il de leur extorquer la vie pour le plaisir de nos papilles et la satisfaction gloutonne de nos insatiables appétits ? Hypocrites, en vérité, lui paraissaient tous ces « assouplissements » de la Règle ; n'était-ce pas en vérité que de perfides trahisons de l'esprit du troisième commandement, commises par des scribes ambitieux et sans inspirations qui s'étaient permis de modifier la Parole de Moïse, et ce sans en aviser l'Esprit saint et juste qui l'avait inspirée ?

Gabriel pris congé, laissant à un Ange de son cercle le soin de protéger son « fils ».

Jésus s'en alla déjeuner frugalement, bénissant la Terre pour ses fruits, bénissant le Soleil pour sa Lumière et bénissant son Maître pour son instructive visite.

************************


Marie. :salut:

Modifié par diamant bleue, 26 avril 2010 à 21:03.
Corrections de l'auteur a posteriori


#2 IFEOS

IFEOS
  • Localisation : champagne

Posté 02 aot 2004 à 09:49

bonjour marie,

ce qui me gène dans cette narration c'est la vision de marie (décatie par les grossesses alors que jésus est son premier-né) . C'est pas très sympa : décatie, flétrie, usée, sans véritable originalité...

Un conte est destiné pour les enfants je doute fort que celui-ci laisse une empreinte dans leurs ames et conscience.


Ensuite il y le passage de Jésus qui devint Christ... C'est plutot le Christ qui devient Jésus... mais bon...

Faire un chapitre sur la beauté physique de Jésus fait preuve de matérialité et non d'amour. Ceci n'est qu'une illusion. Pour ma part, je l'imaginais chatain-roux. Mais peu importe ...

Le père qui s'adresse à l'oreille de son fils c'est nul comme syntaxe.

Quant aux araignées vampires je me demande ou tu as été chercher ça ?

Modifié par diamant bleue, 26 avril 2010 à 21:04.
Citations ayant été modifiées dans le texte original


#3 kidding

kidding
  • Localisation : PQ

Posté 18 aot 2004 à 23:29

[QUOTE] Pour ma part, je l'imaginais chatain-roux

Selon son origine, je veux dire par là les gens de cette partie géographique, Jesus avait sûrement les cheveux brun foncé ou noires ... rarement vu un palestinien roux ...

#4 Etoiledelune

Etoiledelune
  • Genre : Homme
  • Localisation : la tete dans les etoiles, les pieds sur la lune

Posté 06 septembre 2004 à 20:43

:bravooo:
et ben moi j'aime bien ce conte.

Bon c'est vrai que Marie n'est pas decrite comme on pourrait s'y attendre, mais bon.... :cpasmafaute:

j'aime beaucoup ta plume, Marie, continue !!

Au plaisir de te lire

Etoile

#5 Elegyr

Elegyr

    La vie est merveilleuse!

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Posté 17 octobre 2004 à 14:19

bonjour marie,

ce qui me gène dans cette narration c'est la vision de marie (décatie par les grossesses alors que jésus est son premier-né) . C'est pas très sympa : décatie, flétrie, usée, sans véritable originalité...

Un conte est destiné pour les enfants je doute fort que celui-ci laisse une empreinte dans leurs ames et conscience.


Ensuite il y le passage de Jésus qui devint Christ... C'est plutot le Christ qui devient Jésus... mais bon...

Faire un chapitre sur la beauté physique de Jésus fait preuve de matérialité et non d'amour. Ceci n'est qu'une illusion. Pour ma part, je l'imaginais chatain-roux. Mais peu importe ...

Le père qui s'adresse à l'oreille de son fils c'est nul comme syntaxe.

Quant aux araignées vampires je me demande ou tu as été chercher ça ?

Bonjour et merci pour vos remarques.


Je vais sans doute modifier le passage sur Marie, plutôt en omettant d'en parler, parce que c'est vraiment le sujet qui fâche.

Bien que d'après moi, la Marie "divine", celle qui fait l'objet d'une si pieuse et si respectable vénération, ne saurait se confondre avec la mère de Jésus.

Je pense au contraire que Marie était une mère "comme une autre", et que les palimpsestes et les mensonges de l'église l'ont divinisé.

Il y a tout de même ce passage qui reste intriguant (ils ne l'ont pas effacé, zut alors...) :
(Luc, 8, 19)

Sa mère et ses frères vinrent alors le trouver, mais ils ne pouvaient l'aborder à cause de la foule. On l'en informa :" Ta mère et tes frères (je souligne) se tiennent dehors et veulent te voir." Mais il leur répondit :"Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique".




Pour ce qui concerne la remarque sur la syntaxe, :cpasmafaute: , je vais essayer de trouver mieux ^^.


La beauté du christ... Arf... En fait je distingue d'ordinaire la beauté de la joliesse...

Un petit poème si je puis me permettre :

La beauté est d'esprit,
la joliesse est de corps.
L'une apaise et instruit,
l'autre captive et endort.



La beauté d'un visage, masculin, féminin, est comme le signe d'une présence surnaturelle de l'esprit qui, quoique invisible, n'en transfigure pas moins le visage de son enveloppe.

La beauté est d'esprit
La joliesse est de corps.


Quand on parle d'un homme "mignon", d'une "jolie" femme, qu'est-ce qui nous frappe, sinon les lignes, les courbes d'un corps ?

Quand on parle d'une femme " belle" ou d'un homme "beau et charismatique", qu'est-ce qui nous frappe, sinon les reflets d'une âme ?

L'un apaise et instruit
L'autre attire et endort.


La beauté élève en ce qu'elle donne, rayonne, transmet.
La beauté est généreuse comme une étoile.

La joliesse attire, captive, séduit, détourne, trouble et rend confus.
La joliesse est captieuse comme une lune.

Tandis que la beauté ne vit que dans le "don" inspirant de soi,
La joliesse ne vit que d'appels et de demandes ("tu me trouves jolie ?")

La beauté ni ne se drape ni ne se farde,
Dans soieries et chiffons point ne s'attarde
Elle ne cherche pas à capter notre attention
Elle se distinguera même par une chaste discrétion.

La beauté est humble et sincère
Tel un miroitant réservoir d'eau clair
pour qui il ne fait point mystère
que du Soleil vient sa lumière.



Elegyr Menahel.


Le Christ est beau, pas mignon... Nuance ;-)

Les araignées vampires ? Une expérience personnelle, un "voyage" dans l'astral. Ni plus ni moins :).


@ Etoiledelune. Merci pour ces encouragements :)

#6 TomTom

TomTom

Posté 17 octobre 2004 à 14:41

Tant qu'on ne tue pas des arbres pour le publier...

#7 L'heretique

L'heretique

    Grain de sable........

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Posté 11 dcembre 2004 à 03:51

Et alors marie devait elle etre pure et propre?Nul ne le sait.La seule evidence est qu'il y a 2000 ans le savon ne devait pas faire mal en palestine chez les peuples semites.Donc jesus marie et les apotres devaient sentir le bouc deja.Voire le poireau.Je ne crois pas que le papier hygienique existait non plus.Le rasoir devait etre rarissime aussi.D'ou des puces,des poux,la gale etc...De plus essayez donc en israel aujourd hui de vous blesser legerement sans desinfectant?Vous m'en direz des nouvelles.Bref ton conte est tres bien,ne change rien ecris le comme tu le sent ce sera la le plus beau.Ne te laisse pas distraire par des reflexions de catho bigots j'en passe et des meilleures.

#8 Diégo

Diégo
  • Localisation : Serres

Posté 31 octobre 2005 à 16:09

Chère amie,

Du pittoresque, des adjectifs, de l'imagination..bref du talent.

Des êtres plein de sensibilité cela existe encore. Bravo!

#9 Elegyr

Elegyr

    La vie est merveilleuse!

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Posté 12 mai 2006 à 20:37

Pour Diégo, et tous les autres, voici une suite :


L'évangile tel qu'on eût aimé vous le raconter

Chapitre 3.

« Pierre, enfin, tu lis encore ? »
André souriait devant l’obstination de son frère. Depuis qu’il avait rencontré cet homme, et quoiqu’il eût grande difficulté à lire, Pierre s’obstinait à déchiffrer les rouleaux d’écriture qu’Ephraïm - le rabbin du village - avait consentit à lui prêter. André observait, amusé, l’attitude consciencieuse et appliquée avec laquelle son frère manipulait les divers parchemins. Et il y avait de quoi s’étonner, en effet : pour qu’un homme de la trempe de son frère, si peu versé dans les écritures saintes, se mît en quête d’une nourriture autre que matérielle, il fallait vraiment que cet homme l’ait bouleversé en profondeur, l’ait littéralement retourné ! André n’en revenait pas : que Pierre, son frère cadet, pêcheur tout comme lui, ait pu changer en un laps de temps si court, cela signifiait que cet homme venu de Nazareth devait être - sinon un grand sage - au moins un grand magicien.

C’est que Pierre n’avait jamais su ni voulu faire autre que chose que de la pêche. Nulle autre tâche - à ce qu’il disait - ne pouvait lui mieux convenir. Qu’avait-il besoin de faire un pèlerinage au Temple ? Maugréait-il volontiers. Le Seigneur – dans sa toute puissance – n’était-il pas également présent là-bas, à Jérusalem, où se pressaient la foule, qu’ici, en ce petit village de Japha sur les rives du lac de Tibériade, où l’humble Pierre pêchait le hareng ? Et qu’avait-il besoin de suivre mille règles contraignantes, sur le port de l’habit, sur la préparation du souper, sur les libations, et toutes les assommantes prescriptions pharisaïques qui semblaient vouloir ensevelir sa foi simple et spontanée sous une montagne d’empêchements tatillons ? Non, décidément, la religion était bien trop compliquée pour l’âme simple de Pierre, et trop éloignées de sa barque étaient les pierres du Temple que tout bon juif se devait de visiter.

Et puis ici, au moins, il y avait Jésus.
Jésus, l’homme qui venait de Nazareth.

Un après-midi passé à écouter ses sermons ne valait-il pas davantage que la contemplation de tous les temples de la Terre ? De cela, Pierre en était si convaincu qu’il plaignait même en secret ces pèlerins qui, aussi animés qu’ils fussent du saint désir de s’approcher de Dieu, cherchaient Dieu dans un temple fait de pierres, construit de main d’homme, qu’une armée ennemie pouvait détruire à tout moment, alors qu’ils eussent mieux fait de Le chercher dans le cœur de son Maître, qui rayonnait Sa bonté aussi sûrement qu’une fougasse sortie du four fleurait alentour le miel et le froment.

C’est que Pierre aimait et respectait Jésus, qui représentait quelque chose de fixe, de sûr, d’intègre. Il n’y avait pas lieu de se comparer à lui, de soupçonner quoi que ce soit à son sujet, car son Jésus était parfait ; il transpirait la perfection. Une perfection qui le retirait ipso facto du lot des hommes communs… Oh ça, oui. C’était bien simple, pour Pierre, Jésus était quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui ne venait pas de cette terre, qui ne venait pas de cette contrée, et qui pourtant mangeait, se déplaçait, parlait aux uns et aux autres comme un homme tout à fait ordinaire. Mais, malgré qu’il eût un corps que l’on pouvait toucher, malgré qu’il eût une voix que l’on pouvait entendre, son maître à lui ne semblait pas appartenir à la race humaine. Et c’est en contemplant Jésus que Pierre avait l’impression d’être en présence du Mystère même, d’être en présence de Celui qu’il n’avait jamais cessé d’aimer avant même de savoir ce que l’amour pût signifier.

C’était vraiment difficile à exprimer. Et même à son frère, quoiqu’ils se connussent depuis si longtemps et qu’ils pêchassent ensemble tous les jours depuis l’enfance, même à André, de deux ans son aîné, il ne pouvait expliquer ce lien profond qui l’unissait à Jésus. Ce lien, qui paraissait se jouer du temps, des saisons, cet inexplicable lien que même la mort ne semblait pouvoir défaire, ce lien, qui se jouait de l’espace, des distances, des obstacles, ce lien, Pierre, qui pourtant ne manquait pas d’expédients, Pierre n’avait qu’un seul mot pour le définir, un mot simple, si simple même qu’il craignait qu’on le prît pour un benêt doublé d’un naïf, et ce mot était A.M.O.U.R.

En ce temps-là, ce qui s’incarnait en Jésus, ce n’était pas tellement le VERBE, quoiqu’affirment les uns, ni non plus la Lumière, ni même l’Homme... Ce qui s’incarnait en Jésus, en ce temps-là, c’était l’A.M.O.U.R.

Et Pierre priait pour que cet amour fût éternel.

Modifié par Elegyr/Marie, 12 mai 2006 à 20:38.