Jusqu'à présent lectrice, je voudrais partager avec vous ces quelques pages inspirées, complètement fictives, pour ma première intervention dans ce forum. Je voudrais savoir si elles valent la peine d'être poursuivies ou si je dois (vous) m'épargner cette peine.
Le contenu est évidemment sujet à polémique, puisqu'il a pour acteur principal Jésus de Nazareth, et qu'il renferme bon nombre de mes points de vue sur le monde, sur la religion et sur l'histoire. Je ne sais pas très bien ce que ça vaut, mais ne serait-ce qu'un tout petit encouragement de quelques uns pourrait me convaincre de continuer.
Voilà les deux premiers chapitres de ce conte :
<span style='font-size:14pt;line-height:100%'>L'évangile tel qu'on eût aimé vous le conter.</span>
Croquis en 33 actes de la vie du Christ de Nazareth.
Chapitre 1.
Il était une fois, dans les riantes collines de la Judée, où le ciel toujours limpide ne s'encombre que de rares nuages, où le soleil écrase par sa gloire les hommes et les bêtes, où la terre se couvre par endroit de vignes ébouriffées et sauvages, de pinèdes teintées d’émeraudes, de futaies de cèdres, de citronniers et d’oliviers, l’histoire d’un jeune homme nommé Jésus qui devint Christ.
Il avait grandi à Nazareth, bourgade peu épaisse où quelques maisons éparses, faites de bois, de chaux et de caillasses, se dressaient sous l'ombre salutaire des pruniers et des figuiers. Combien d’agréments vous eussiez à humer le parfum délicat que les parterres de roses fleuraient alentour dans les allées et jusque dans les maisons !
Jésus naquit d’une très belle et jeune dame prénommée Marie qui s’était destinée – très jeune - à servir Dieu dans le Temple et à rester vierge. En réalité, sous son apparente simplicité et humilité, se cachait un très haut mystère. Marie était l’incarnation d’une âme sans âge, lumineuse, sans défaut, christique pour ainsi dire, qui avait pour mission de précéder l’incarnation du Christ, afin d’en être le vaisseau pur qui le porterait pendant neuf mois. Elle était née elle-même d’une femme âgée et stérile, c'est-à-dire née grâce à Dieu, sans péché.
Son père putatif se prénommait Joseph. Homme droit, capable, charpentier de métier, pieux, qui portait une sincère vénération à son Ange intérieur, le Dieu de la maison de David, dont il était l'un des plus représentatifs descendants. Quel Dieu ? Le Dieu qui réconforta David dans son combat contre les veules, les méchants et les moqueurs. Le Dieu qui le soutint lorsqu'il chancelait sous le poids des désirs impies, lorsqu'il s'affaissait sous le feu terrible de ses oppresseurs, qui s'écœurait des pensées inquiétantes dont il était la victime expiatoire. Le Dieu qui - conformément à sa promesse - dessina sur le front de son fils fidèle, éprouvé, l'auréole de Pureté, le pur diadème de Lumière qui apportait enfin à son esprit abattu, la paix, le soulagement et le renouveau.
Jésus jouissait d’une beauté hors norme.
Ses lèvres étaient ténues, d'un rose pâle et ambré. Elles s'embrasaient parfois d'un sourire léger qui conférait à son visage, par le jeu combiné d'un regard intense et de pommettes saillantes, une expression achevée de gloire angélique et surnaturelle. Sa peau, d’une teinte rose de pêche, irradiait une délicate lumière seulement perceptible au voyant qui, en vérité, eût décrit son visage comme parcouru d’infatigables luminescences elliptiques. Ses traits paraissaient transfigurés par les lignes phosphorées d’une angélique entité de Lumière, sortie tout droit des dimensions supérieures où servent en cercle les Radieux et les Justes.
Sa tête était coiffée d'une chevelure noire, soyeuse et ondulée, qui lui tombait jusqu'aux épaules. Sa peau était par ailleurs imberbe, rasée, sans aucune barbe. Ces mains, fines, osseuses, étaient dépourvues de poils. Etrangement, il tenait toujours son pouce et son index joints, quelles que soient les circonstances, excepté quand, recevant la Parole de l'Ange Gabriel, il plaçait alors son index sur ses lèvres closes, à l'horizontal, adoptant ainsi l’attitude réfléchie et concentrée de celui qui écoute avec respect. Noble était sa prestance et droite était sa démarche, bien qu'il se plût parfois à incliner la tête, attitude étrange qui lui donnait un air indécis. L'impression qu'il suscitait variait selon les personnes. Aux uns, il inspirait défiance et crainte, tandis qu’aux autres, il inspirait de l’estime et de la confiance. Son assurance était perçue par les uns comme du dédain, de l’indifférence hautaine à l'égard des tourments de la vie laborieuse ; elle était perçue par les autres comme un signe d’accomplissement et de sagesse. Ceux qui subissaient le sort d’une existence sans éclats, appesantie par le fardeau des soucis, se défiaient d’un visage dont le front lisse indiquait un esprit exempté de ruminations pénibles et inquiètes. Il donnait cette fraîche impression de se tenir dans l'instant présent, d'occuper de toute sa conscience l'espace de son corps et d'irradier sa force calme et spirituelle au-delà de ses fines épaules. Cette élévation manifeste de son caractère le séparait, sans qu'il l'eût nommément souhaité, des gens d'humbles conditions, marqués au front par leur vénal affairement.
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Chapitre 2
« Dans la lumière je me tiens, dans la présence tu me trouves »
Jésus s'assit au pied d'un olivier, admirant sa prestance, l'arrondi généreux de ses feuilles, leur couleur de jade cuivrée, puis fut soudainement parcouru d'un intense sentiment de paix, de sérénité calme, qui lui indiquait la visite subtile de son Ange Intérieur. Il s'adressa à son céleste visiteur :
« Mes hommages, Maître. »
Inondé d'un regard de céleste bonté, exultant sous l'effet de son esprit de Justice, Jésus accueillit et retransmit la plainte de son Père :
« Voyez, Seigneur, comment vivent mes frères humains de cet âge. Appréciez comment l'avidité et l'ambition les conduisent toujours un peu plus vers la brutalité et la haine. Voyez aussi comment cette avidité assèche leur cœur et pervertit leur âme. Ô Maître, puissiez-vous percevoir combien je suis las de vivre parmi tant de cruautés. Partout où je pose mon regard, je ne rencontre qu'espièglerie, hautaine vanité, altruisme feint, pensées nauséabondes et criminelles. Combien de temps encore tolérerez-vous, mes Maîtres, cette anomalie sur Terre ? »
Un temps de silence s'ensuivit. Son maître regardait le sol et semblait réfléchir ; puis, de sa voix cristalline, il s'adressa enfin à l'oreille de son fils :
« Mon enfant, tu t'enflammes pour si peu, aussi je me permets de te corriger, car le spectacle sans doute inacceptable de tes frères terrestres n'est rien en comparaison de ce qui s'offre à voir en d'autres parties de notre vaste univers. Réserve donc la force de ton courroux pour le jour où, lorsque nous te porterons dans la demeure du Père, il te sera confié la sainte mission de combattre aux côtés des veilleurs de l'Univers, pour la Justice et pour la survie des Royaumes de Lumière. Les petites dérobades de tes frères sont inoffensives pour la totalité, mais nuisibles seulement pour eux-mêmes : songes-tu qu'il se tient, dans de lointaines parties de notre univers, de monstrueuses entités d'une voracité que tu aurais peine à imaginer ? As-tu seulement compris l'enseignement d'hier, où tu voyais d'innombrables « araignées géantes » s'en prendre aux portes de ta maison, cherchant à en absorber l'énergie sacrée, cherchant à en retirer la flamme de vie ? »
Jésus se remémora cette instruction, dispensée par ses Maîtres, où il avait été placé, d'une manière réaliste quoique indolore, dans la situation d'un corps abusé : d'étranges, d'inquiétantes créatures arachnoïdales aspiraient et extorquaient, au moyen de leurs trompes buccales, toute l'énergie vitale qu'il possédait dans ses divers plexus. Elles lui pompaient violemment les énergies du cœur, du plexus solaire, des yeux, du troisième œil, du creux de ses mains, des arcs de ses épaules, ainsi que de tous ses organes gastriques, péri-gastriques et génitaux.
« De même que ton corps se trouvait dépouillé de son énergie par de monstrueuses araignées-vampires, de même notre univers se trouve mis en danger par d'épouvantables égrégores qui tentent par de vils moyens d'aspirer la lumière pure contenue en ses divers soleils centraux. Saches, ô fils, que les Veilleurs et les Sentinelles de notre Monde connaissent de grandes difficultés aujourd'hui à préserver les parties encore intactes de notre large Univers et à contenir les assauts des forces des ténèbres. S'ils venaient à être terrassés, mon doux fils plein d'étonnement, saches alors que le Néant et la Nuit règneraient pour la pire des éternités. »
La tristesse accabla l'orateur. Jésus la ressentit immédiatement, car ils étaient désormais unis, fondus en une seule âme. Jésus ne pouvait croire, ne voulait croire à cette dramatique fin. Comment ? L'univers connaîtrait l'horreur d'une perpétuelle nuit ? Comment ? La lumière de nos dieux serait irrémédiablement éteinte, engloutie dans d'obscurs tourbillons desquels ne s'échappent qu'humeurs fétides et pestilentielles ? Comment ? La formidable aventure de notre Création s'achèverait donc dans les entrailles humides de la Bête antéChrist ? Une nouvelle force emplit l'âme de Jésus : il était encore plus déterminé que jamais à servir la Justice et à combattre les forces antéChrists déchues ; il aspirait à soulever une nouvelle armée de justes serviteurs, recrutés parmi ce que la Terre comptait encore de pur et de noble, pour éradiquer le Mal, pour vaincre l'antéversion, pour sauver l'Univers de l'oblitération. Gabriel lut dans le silence les pensées de son protégé, puis poursuivit :
« C'est pourquoi nous t'avons enseigné la Tempérance, cher fils. Car, si nous voulons que vivent toutes vies, il convient de ne jamais prendre, mais de toujours recevoir sans réclamer pour soi-même, ce que la Vie consent à nous confier. »
Jésus compris alors un aspect du troisième commandement adressé à son Peuple par les soins de Moïse. Prendre, bien souvent, suppose qu'on ôte la vie à ce que l'on prend. Il se souvint des temps où, enfant docile, il mangeait ce que ses parents lui donnaient : le sang et la chair des animaux domestiques, celui des veaux ou des moutons. Quel sens cela avait-il de leur extorquer la vie pour le plaisir de nos papilles et la satisfaction gloutonne de nos insatiables appétits ? Hypocrites, en vérité, lui paraissaient tous ces « assouplissements » de la Règle ; n'était-ce pas en vérité que de perfides trahisons de l'esprit du troisième commandement, commises par des scribes ambitieux et sans inspirations qui s'étaient permis de modifier la Parole de Moïse, et ce sans en aviser l'Esprit saint et juste qui l'avait inspirée ?
Gabriel pris congé, laissant à un Ange de son cercle le soin de protéger son « fils ».
Jésus s'en alla déjeuner frugalement, bénissant la Terre pour ses fruits, bénissant le Soleil pour sa Lumière et bénissant son Maître pour son instructive visite.
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Marie.
Modifié par diamant bleue, 26 avril 2010 à 21:03.
Corrections de l'auteur a posteriori










