Le vaccin anti-varicelle suit le même schema que celui contre la rougeole :
Au départ (on ne vous le dira pas à vous parents), il s'agit d'un problème économique, le taux d'absentéisme des mères (ou des pères) augmentent énormement pendant les périodes épidémiques, en plus il s'agit d'une maladie "longue", pas juste 2 ou 3 jours de RTT.
Donc une menace pour l'équilibre économique de notre pays, un peu comme les ponts du mois de mai.
S'ajoute à cela des calculs d'apothicaires décrits à la fin du texte cité ci-dessous.
Pour résoudre ce problème on nous bombarde d'infos alamistes sur la mortalité et les complications de la maladie naturelle qui terrorisent les parents, après quoi on commercialise le vaccin à grande échelle, ouf sauvés !
S'en suit une période d'immunisation de quelques années, preuve de l'efficacité du vaccin, puis arrive un décalage de la maladie vers les adultes.
Pas de problème : on recommande un rappel tous les 10 ans !
Bref, tout ça ne profite qu'aux labos (avec le soutien du ministère de la santé).
Quelques explications, des contres et de Pasteur :
Citation
La vaccination "universelle" des nourrissons entre 12 et 18 mois pratiquée aux USA n'est pas retenue en France : on craint que l'immunité vaccinale, moins solide que l'immunité naturelle, aboutisse à repousser l'âge d'acquisition de l'infection naturelle, avec un risque accru de pneumonie grave. D'autre part remplacer le VZV sauvage par le vaccin VZV Oka au niveau de nos ganglions sensitifs à l'échelle de la population est une intervention artificielle dans une coévolution millénaire homme-virus, aux conséquences inconnues.
Les indications du vaccin à virus vivant atténué, pour l'instant réservé, en France, aux seuls enfants porteurs d'une hémopathie, se sont élargies depuis peu, dans certains pays, à l'ensemble de la population enfantine. Cette attitude qui découle d'arguments économiques plus que médicaux n'est pas appliquée en France. Avant de changer de politique vaccinale, il faut considérer certains faits :
* la bénignité habituelle de la varicelle de l'enfant,
* le risque de ne pas obtenir une couverture vaccinale suffisante avec, dans ce cas, un vieillissement de la population non immune exprimant alors des formes plus graves de la maladie,
* l'incertitude quant à la prévention du zona par la vaccination.
1.1. DÉFINITIONS DES FORMES GRAVES ET COMPLIQUÉES
Les formes graves sont les formes très extensives et/ou hémorragiques et celles avec des localisations viscérales immédiates : pneumopathie, myocardite, thrombopénie aiguë, purpura fulminans.
Les formes compliquées sont:
* les surinfections bactériennes : les plus fréquentes, elles touchent surtout la peau et les tissus mous et sont dues au Staphylococcus aureus et à Streptococcus pyogenes. Les fasciites nécrosantes et les bactériémies exposent à un risque vital lié au choc septique;
* les complications neurologiques : la plus grave est la méningo-encéphalite (1 sur 40 000), cause significative de mortalité ou de séquelles chez le nourrisson comme chez l'adulte; le syndrome de Reye qui associe encéphalopathie aiguë et atteinte hépatique est exceptionnel en France;
* la pneumopathie varicelleuse : elle est surtout observée chez l'enfant de moins de 6 mois et chez l'adulte;
* les autres complications sont exceptionnelles : hépatite, thrombopénie secondaire, néphropathie, arthrite, thromboses, complications oculaires, péricardite, pancréatite, orchite
DONNEES PASTEUR
Varicelle
Avec plus de vingt ans de recul, le vaccin contre la varicelle a largement fait la preuve de son efficacité, notamment en prévenant la survenue d'une varicelle sévère chez les immunodéprimés (17, p.214).
Impact de la vaccination dans le monde
Une varicelle apparaît chaque année chez seulement 1% à 4,4% des vaccinés, contre environ un taux de survenue de 85% parmi les enfants non vaccinés âgés de moins de 10 ans. Même lorsqu'une infection survient, les signes cliniques sont modérés, ce qui montre qu'une protection partielle a été induite. (16, p.294).
De même, une étude publiée en 1996 a montré que sur 123 enfants leucémiques vaccinés et exposés à une contamination familiale, seulement 17 (soit 14% d'entre eux) ont développé une varicelle, par ailleurs toujours bénigne (16, p.294).
Le rapport bénéfice-coût de la vaccination systématique de tous les enfants contre la varicelle est particulièrement favorisé par les dépenses indirectes évitées, correspondant aux journées de travail perdues par les parents (16, p.295).
Historique de la vaccination
En 1767, Heberden différencie cliniquement la varicelle d'autres maladies éruptives. En 1875, Steiner prouve la nature infectieuse de cette affection en inoculant des volontaires avec du liquide de vésicules de patients atteints de varicelle (36, p.475).
En 1974, au Japon, Michiaki Takahashi décrit un vaccin vivant atténué (17, p. 214,). Il s'agit de la souche Oka, du nom de famille d'un enfant de trois ans infecté chez lequel le virus a été isolé du liquide prélevé dans les vésicules (36, p.475 et 485). Cette souche a été modifiée après passages successifs en culture de fibroblastes de cobaye, suivis de plusieurs passages sur deux types différents de cellules diploïdes humaines (17, p. 214).
La maladie
La varicelle est une maladie virale aiguë, très contagieuse, qui se manifeste après de légers symptômes généraux par une éruption par poussées successives et caractérisée par des macules, des papules, des vésicules et la formation de croûtes (36, p.476-7). Elle est la manifestation clinique de l'infection primaire par le virus varicelle-zona (VZV) (16, p.293).
Bénigne chez les enfants en bonne santé, la varicelle peut être très sévère chez les nouveau-nés, les sujets immunodéprimés et les adultes chez qui le taux de mortalité est 25 fois plus élevé que chez l'enfant de moins de 13 ans (17, p.212-3).
Données épidémiologiques actuelles
L'incidence de la varicelle reste très élevée chez les enfants : la majorité des cas (85%) survient avant l'âge de 10 ans, habituellement entre 2 et 6 ans (16, p.29).
Aux Etats-Unis, on estime à environ 4 millions le nombre de cas annuels de varicelle (36, p.481-2). Dans ce pays, des études de séroprévalence conduites entre 1988 et 1994 ont démontré que 34% des enfants de 4-5 ans, 18% des 6-10 ans, 6% des 11-19 ans, et seulement 4% des adultes de 20-29 ans sont réceptifs à la varicelle (10).
L'épidémiologie est différente dans les pays tropicaux où jusqu'à 30% des individus âgés de 15 à 30 ans peuvent être séronégatifs pour le virus VZV et où l'on observe justement un pic d'incidence de la varicelle parmi les adolescents et les jeunes adultes.
Les vaccins disponibles
Le vaccin vivant (souche Oka) est administré au Japon depuis plus de vingt ans (36, p.488). Entre 1987 et 1993, 1,4 million de Japonais et 1,9 million de Coréens ont été vaccinés (17, p.214).
Ce vaccin est disponible en Europe depuis 1984 (16, p.293). En France, le vaccin utilisé contre la varicelle est un vaccin préparé sur cellules diploïdes humaines à partir de la souche Oka (16, p.294).
Les indications de la vaccination
Exemple : En France, la vaccination contre la varicelle est réservée au secteur hospitalier (16, p.79). Ses indications sont limitées aux enfants à risque, souffrant de déficit immunitaire, porteurs d'une hémopathie maligne ou d'une tumeur solide. Il convient d'utiliser le vaccin en période de rémission (36, p.489 et 499).
Aux Etats-Unis, cette vaccination est introduite dans le calendrier vaccinal du nourrisson depuis 1996 et est recommandée pour certaines populations à risque : personnel de santé, personnes vivant dans l'entourage d'enfants immunodéprimés (16, p.79 et 113).
Impact économique
Aux Etats-Unis, un dollar dépensé pour la vaccination systématique contre la varicelle permettrait, selon les CDC, d'économiser 5,4 dollars de 1990 de dépenses directes et indirectes. Le coût moyen du traitement d'un cas de varicelle s'élevait à 16 dollars, auxquels s'ajoutait une perte de 201 dollars correspondant à l'absentéisme des parents au travail, alors que le coût de la vaccination systématique des enfants représente 4,2 dollars par cas de varicelle évité (32).
Une étude américaine effectuée en 1985 a estimé que, pour 100 000 enfants de 15 mois vaccinés contre la varicelle, 1,7 million de dollars étaient économisés en coûts directs et 9,8 millions en coûts indirects, alors que le coût de la vaccination réalisée en routine, en même temps que d'autres vaccins, s'élevait à 4,8 millions de dollars (37).
L'intérêt, on peux voir en direct le mecanisme que nos parents n'ont pas vu venir avec la rougeole...