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Homère n'a pas inventé la guerre de Troie


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8 réponses dans ce topic

#1 Patience

Patience

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Posté 09 mai 2004 à 22:07

Citation

Homère n'a pas inventé la guerre de Troie  


Les Grecs auraient bel et bien mené une guerre contre la ville de Troie il y a 3300 ans. Des tablettes d'argiles récemment découvertes confirment qu'Homère disait vrai…


Grèce

06/05/2004 - Dans une semaine, les écrans de cinéma présenteront Troy, une superproduction réalisée par Wolfgang Petersen. Le scénario est connu depuis quelques millénaires. Achille, le plus grand guerrier de l'histoire, défend l'honneur des Grecs en les menant à la victoire dans une guerre sanglante contre les Troyens et en rapatriant la belle Hélène, enlevée dix ans plus tôt. Aidés d'Ajax, de Ménélas, d'Agamemnon et d'Ulysse, les guerriers Grecs devront combattre le roi Priam et ses deux fils, Hector et Pâris. Bien sûr, les dieux de l'Olympe s'en mêlent de temps à autres pour pimenter le tout…

Ce récit, décrit par Homère dans L'Iliade et L'Odyssée il y a quelques 2800 ans, a toujours été considéré plus mythique que réel. Mais une historienne britannique, Bettany Hughes, soutient que la vraie histoire de Troie sera bientôt connue. Des tablettes d'argiles, récemment déterrées près de la cité grecque de Thèbes, semblent en effet confirmer cet antique épisode guerrier. Elles sont datées d'environ 3300 ans, ce qui coïncide avec la datation faite sur les restes d'incendie du site archéologique d'Hisarlik, en Turquie, considéré depuis 1869 par les archéologues comme la Troie d'Homère.

Les textes fragmentés, rédigés dans un alphabet appelé Linéaire B, sont en cours de traduction. Elles décrivent la civilisation grecque de l'époque, et ce qui en a été traduit fait référence à une attaque sur Troie et à des noms clés tels que ceux d'anciennes villes aujourd'hui disparues qui avaient fourni des vaisseaux constituant la fameuse flotte de 1000 navires menée par Agamemnon et Achille. Des détails importants, puisque ces tablettes précèdent d'environ 500 ans le récit supposément fictif d'Homère.

Les archéologues croient que ces textes révèlent les visées expansionnistes des Grecs de cette lointaine époque, qui exploraient les côtes de l'Asie Mineure, incluant l'actuelle Turquie où se trouvait la légendaire cité. Une campagne militaire grecque contre Troie aurait alors été menée et aurait eu suffisamment d'ampleur pour rester dans la mémoire collective quelques centaines d'années. Jusqu'à ce qu'un poète aveugle nommé Homère s'en inspire et y ajoute un peu de romance, quelques héros, des rois courroucés et un cheval de bois géant. Une recette parfaite pour Hollywood… 3000 ans plus tard.


Catégorie(s) de cet article : Sciences de la vie

Joel Leblanc  

Dernière modification : 06/05/2004


Source : http://www.CyberScie...r/3.0/N3468.asp

#2 balkis

balkis

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Posté 10 mai 2004 à 01:00

je croyais qu'homère était un pseudo... :D   et que derrière se cachait plusieurs écrivains...

#3 cannibal

cannibal

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Posté 16 mai 2004 à 14:48

Tu n'est pas loin des historiens pensent que homère se serait "contenté" de compiler les récits.

#4 mariuss66

mariuss66

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Posté 17 mai 2004 à 18:27

Troie a réellement existé, et elle fut découverte à la fin du 19e siècle:

Citation

TROIE, les questions que l'on peut se poser

Aucune ville n'a autant fait couler d'encre que celle de Troie, les interprétations et controverses sont infinies.
- La ville retrouvée sur la colline d'Hissarlik est-elle avec certitude la ville de Troie?
C'est H. Schliemann qui a découvert le site en 1870 sur la colline d'Hissarlik, avant lui les historiens pensaient que la ville de Troie était située sur la colline de Bounarbaschi. Aujourd'hui on affirme qu'il n'y a pas d'autre endroit possible que la colline d'Hissarlik (même si les fouilles de la colline de Karayur à 7 km à l'est peuvent donner à réfléchir). Toutefois, aucune inscription portant le nom de Troie n'a été trouvée et rien dans la configuration du site ne correspond à la description d'Homère : grands remparts, porte monumentale assez grande pour laisser passer le cheval de bois, somptueux palais de Priam... En revanche, les découvertes d'âge hellénistique donnent bien le nom de "Nouvelle Ilion".
Conclusion : La ville sur la colline d'Hissarlik est bien la ville de Troie. Mais ce n'est peut-être pas la ville décrite par Homère car les archéologues n'ont pas reconnu les descriptions faites par le poète.
- Si la ville de Troie est localisée sur la colline d'Hissarlik, à quel niveau se situe la Troie d'Homère?
On sait avec certitude que Schliemann s'est trompé en faisant du niveau 2 la ville d'Homère. Cette erreur a été révélée par Dörpfeld qui a localisé la Troie d'Homère au niveau 6. Mais les recherches menées par Blegen ont permis de constater que Troie 6 avait été détruite par un tremblement de terre et non un incendie ou une guerre. Blegen en a conclu que la ville détruite par les Achéens était la Troie 7a qui a été ravagée par un terrible incendie. Mais rien ne prouve que l'incendie ait été allumé par les Grecs à la suite de leur victoire, les squelettes dégagés à ce niveau ne portent pas de traces de blessures.
Conclusion : si la Troie d'Homère a existé, elle doit se trouver au niveau 6 ou 7a.
- La guerre de Troie a-t-elle eu lieu?
Cette question hantait déjà les esprits à l'époque antique, Hérodote (Vème siècle av JC) et Thucydide se la posaient déjà. Ce dernier doutait que la guerre de Troie ait eu l'ampleur que lui attribuaient les anciens poètes.
Avec la découverte du niveau 7a certains affirment que la guerre a bien eu lieu. En effet la chronologie correspond à l'époque mycénienne et à celle de la guerre de Troie (1250 av JC). De plus, la ville paraît avoir été assiégée puisque ses habitants amassèrent dans leurs maisons de grandes quantités de provisions alimentaires. Par ailleurs, on a retrouvé des traces d'incendies et des ossements humains dans les rues et non dans des tombes. Les destructeurs de la ville pourraient être des Mycéniens puisque l'on a retrouvé dans la couche incendiée des vestiges d'armement d'un type connu du monde mycénien. Carl Blegen était persuadé, suite à ses fouilles, que la guerre de Troie était une réalité historique.
Mais d'autres font remarquer la modestie du site par rapport à la description d'Homère, la ville n'aurait pu abriter que 300 personnes environ, donc 75 guerriers. On peut rétorquer qu'Homère n'était pas historien mais poète et qu'il a pu exagérer sa description. Dans ce cas, la guerre de Troie ne serait plus qu'un raid de deux ou trois princes mycéniens sur la Troade ce qui enlève tout intérêt historique à l'aventure. Les raids de pirates sont nombreux à l'époque et banals, ce que n'est pas l'Iliade.
Une partie des chercheurs propose encore de situer la ville au niveau 6 car la cité était beaucoup plus florissante comme en témoigne la muraille encore visible aujourd'hui et beaucoup plus grande qu'on ne l'avait cru tout d'abord; on a en effet retrouvé en 1993, à 400 m des ruines de l'odéon, un large fossé creusé dans la pierre où s'appuyait un mur en terre de 3 m d'épaisseur et de 4 m de haut, donc un nouveau mur de fortification. Ce mur devait protéger la ville basse où vivaient des paysans et des commerçants, on y a retrouvé aussi beaucoup d'ossements de chevaux. Troie 6 se retrouve donc agrandie de cinq fois, mais même plus étendue, pouvait-elle contenir les 50 000 guerriers Troyens d'Homère sans compter les femmes, les enfants et les vieillards? 5000 à 6000 personnes pouvaient vivre dans cette ville selon Korfmann. Et où  donc siégeaient les 100 000 Achéens? Il est difficile de le savoir compte tenu des changements du rivage.
De plus, on sait que cette ville (Troie 6) fut détruite par un séisme, donc pas par les Grecs.
Korfmann est formel, "la guerre de Troie" n'a pas eu lieu mais il y a eu de nombreuses guerres à Troie, les fortifications, les traces de destruction le prouvent. Une ville située à un endroit stratégique, entre deux continents et deux mers est forcément convoitée, donc attaquée.
Pour conforter la thèse du niveau 6, une hypothèse audacieuse avance que la ville fut détruite par un tremblement de terre au moment où les Grecs l'assiégeaient ce qui leur permit de s'en emparer sans combattre donc sans laisser de traces archéologiques.
Moses Finley, historien américain, publia un ouvrage en 1954 qui affirmait que le monde d'Homère n'était ni le monde des palais mycéniens, ni celui des cités contemporaines de la rédaction des poèmes mais se situait dans la période intermédiaire des "âges obscurs" aux environs du Xème siècle av JC.
Il ne faut pas oublier non plus que l'Iliade n'est pas la transposition d'une réalité historique mais qu'il s'agit d'une épopée recréant un passé exemplaire permettant aux cités grecques des IXème et VIIIème siècles av JC de conquérir leur identité avec des héros comme modèle.
Conclusion : aucune preuve incontestable permet aujourd'hui d'affirmer que la guerre de Troie a bien eu lieu. Si elle a eu lieu il semble bien improbable qu'elle fut la coalition de toute la Grèce pendant 10 ans contre une ville prestigieuse et très peuplée, mais on doute de plus en plus de la réalité de cette guerre.
- Si la guerre de Troie a eu lieu, quelle en est l'origine?
Selon la mythologie, c'est un rapt de femme qui provoqua la guerre. Hélène, fille adoptive de Tyndare, roi d'Amyclée, futur roi de Sparte, était très convoitée. Tyndare, pour éviter toute querelle ultérieure, fit promettre à tous les prétendants d'Hélène de porter secours à celui qu'il choisirait pour gendre si jamais la beauté d'Hélène produisait une catastrophe. Hélène épousa Ménélas, frère du puissant Agamemnon, roi de Mycènes.
Pâris, prince troyen, alors qu'il était l'invité de Ménélas, enleva Hélène et regagna Troie non sans avoir volé en plus quelques biens à Ménélas et au temple d'Apollon Amycléen. Conformément aux serments faits à Tyndare, tous les princes grecs se rassemblèrent pour former une expédition afin d'arracher Hélène des mains de Pâris. Ils rassemblèrent ainsi 100 000 hommes qui allaient se battre contre les 50 000 guerriers de l'armée troyenne et ses alliés.
Voir aussi l'épisode de la pomme de discorde.
Les rapts de femme étaient courants à l'époque et Hérodote confirme que la guerre de Troie a débuté ainsi, mais on peut douter que ce soit l'origine réelle de la guerre de Troie. M. I. Finley rattache la querelle légendaire aux invasions qui, vers la fin du Xème siècle av JC, bouleversèrent le bassin oriental de la Méditerranée.
Le fait que Troie soit située à un emplacement stratégique est une cause suffisante pour justifier une ou des guerres.
Conclusion : pour le moment on ne peut répondre à cette question, d'autant plus que la guerre n'a sans doute pas eu lieu.
- Schliemann, un génie ou un imposteur?
L'archéologue allemand qui a découvert Troie est aussi controversé que la ville elle-même.
. les arguments qui l'honorent :
- Il a choisi de fouiller la colline d'Hissarlik sur les conseils de Frank Calvert, vice-consul des Etats-Unis, qui avait acheté la moitié de la colline.
- il a été l'un des premiers à porter un intérêt à la stratigraphie et à la céramique
- il a découvert l'empilement des neuf Troie et 2000 objets d'art ont été inventoriés et rapidement publiés.
- il a investi des sommes colossales de ses propres deniers pour conduire ses fouilles
- il a fouillé avec succès Mycènes (mais il était très encadré et il s'est à nouveau trompé dans la datation en attribuant un masque d'or comme étant celui d'Agamemnon).
- il a eu de la chance, à chaque fouille il a découvert des objets précieux.
. Les arguments qui l'accablent :
- il a été désinvolte vis à vis des sites fouillés : il n'a pas hésité à rassembler des objets qui n'avaient aucun rapport entre eux pour les présenter au public et prouver ce qu'il cherchait. On l'a accusé d'être un simple pilleur de tombes.
-  il a  négligé tout ce qui ne correspondait pas au niveau dit de Troie 2.
-  il a  détruit des niveaux pour trouver ce qu'il cherchait : un trésor, des objets précieux. Il fit creuser une tranchée de 10 m sur le flanc nord de la colline, détruisant tout ce qui ne lui semblait pas contemporain de la guerre de Troie, puis il fit éventrer d'est en ouest la colline (ce qu'il regrettera en 1873).
- il s'est trompé sur la datation du trésor de Troie (mais il le reconnaîtra) et du trésor des Atrides à Mycènes (dont le masque dit d'Agamemnon).
-  il a  exhumé les restes de corps mal calcinés en prétendant qu'il s'agissait de ceux d'Agamemnon, de Cassandre et de sa famille, tous tués pendant le repas par Clytemnestre et son amant Égisthe, alors qu'il s'agissait de corps inhumés. 
Conclusion : Schliemann a entrepris uniquement des fouilles pour donner corps à ses lectures d'enfant, il a tout fait pour faire concorder ses découvertes avec les textes d'Homère, il a confondu mythologie et histoire mais il a découvert Troie et ouvert la voie à l'archéologie scientifique.
Lire la biographie de Schliemann
- Où est passé le trésor de Priam?
Le 15 juin 1873, Schliemann découvre un extraordinaire trésor de 9000 pièces environ : vases, haches sculptées, bijoux en or, vaisselles d'or et d'argent... Pour lui, il a découvert le trésor du roi Priam et les bijoux de la belle Hélène (en fait, le butin exhumé est antérieur d'un millénaire à la Troie homérique). Schliemann fait passer secrètement sa découverte à sa femme qui était à Athènes (voir Sophia, parée des bijoux). Le gouvernement turc lui intente alors un procès pour vol de biens nationaux mais il y échappe en payant une indemnité de 50 000 francs or au sultan Abdulaziz. Schliemann finit par faire don de son trésor à Guillaume Ier qui le céda au musée ethnologique de Berlin en 1890 (le British Museum et le Louvre avaient fait pression sur l'archéologue allemand pour obtenir certaines pièces). La Sublime Porte (la Turquie) réussit à récupérer quelques pièces au domicile des ouvriers qui avaient participé aux fouilles et s'étaient servis. On peut voir aujourd'hui, au musée archéologique d'Istanbul 8823 pièces, surtout des perles d'or (8700), ce qui représente peu de choses par rapport au trésor de Schliemann.
En 1945, les Allemands mettent le trésor de Troie à l'abri des bombardements dans une cave du zoo de Berlin.
La guerre terminée, on crut le trésor perdu, victime des bombardements sur Berlin.
Coup de théâtre en 1993 quand Boris Eltsine, de passage à Athènes, confia que le trésor de Troie se trouvait en Russie, récupéré par les troupes du maréchal Joukov après leur entrée dans la capitale du IIIème Reich en ruines. Le président russe émit même l'idée qu'il serait conforme à l'histoire que la Grèce puisse un jour récupérer cet inestimable trésor.
- Le 16 avril 1996, le musée Pouchkine inaugurait l'exposition (jusqu'en avril 1997) du magnifique trésor découvert par Schliemann.
- En 1999, une loi votée en Russie déclare propriété russe le "butin de guerre artistique" saisi par l'Armée rouge (mais autorise expressément la restitution d'œuvres qui ont appartenu à des victimes du nazisme ou à des communautés religieuses).
Cette loi a été très mal accueillie en Allemagne, mais la Russie répond que les "agresseurs" de la Seconde guerre mondiale n'ont pas le droit d'exiger le retour d'œuvres considérées comme une "compensation" des dommages infligés par les nazis en URSS.
L'Allemagne, par l'intermédiaire de son ministre de la Culture, Michael Naumann, continue de réclamer la restitution du fabuleux trésor de guerre de 300 000 oeuvres d'art, dont le fameux "Trésor de Priam".
Le chef du département des restitutions au ministère russe de la Culture, Youri Totov, a affirmé que Moscou pourrait prêter le "Trésor de Priam" à l'Allemagne le temps d'une exposition.
Mais aujourd'hui, beaucoup d'autres le revendiquent. A qui appartient ce trésor?
- à la Turquie? d'où il a été exhumé?
- à l'Allemagne, la patrie de Schliemann?
- à la Russie qui le détient actuellement (butin de guerre)?
- à la Grèce, au nom de l'Histoire? Tous le réclament!
Conclusion : le trésor de Troie est actuellement en Russie, à Moscou, au musée Pouchkine, pour combien de temps? Une nouvelle guerre de Troie commence pour s'en emparer.
Voir quelques photos du trésor.
Conclusion générale : On a bien retrouvé la ville de Troie mais il faut accepter qu'elle ne correspond certainement pas à la ville chantée par Homère, la guerre de Troie n'a sans doute jamais eu lieu.
La ville de Troie n'a pas fini de faire couler de l'encre, les fouilles continuent, attendons patiemment les prochaines découvertes.
http://jfbradu.free....oie/02troie.htm

Citation

Troie, le site archéologique
Depuis le début du XIXe siècle, les archéologues étaient convaincus qu'il fallait localiser le site de l'ancienne Ilion sur la colline d'Hissarlik, entre autres raisons parce que c'est là que se dressait le sanctuaire d'Athéna Ilias, mais c'est à Heinrich Schliemann qu'il revient d'avoir fouillé le site en premier. Il apparaît que les importants vestiges mis au jour jusqu'à présent concernent uniquement l'acropole de Troie et que cette citadelle dominait un site infiniment plus vaste. De ce point de vue, on peut établir un parallélisme intéressant avec le palais de Minos à Cnossos. Les vestiges découverts à Troie couvrent une période longue de plusieurs millénaires, qui va de 3000 avant notre ère au VIè siècle de notre ère. Schliemann parvint à localiser sept couches correspondant à sept cités différentes qui s'étaient succédées au fil des siècles sur la colline. Les recherches menées ultérieurement permettront de préciser la stratigraphie du site et de porter à quarante six les strates identifiables sur l'acropole d'Hissarlik. 

Troie I (3000-2500 av. J.-C.)
Les vestiges de cette période, essentiellement d'importantes murailles situées au nord-ouest de la colline, ne présentent aucun point commun avec les anciennes cultures anatoliennes connues (Catal Höyük, Hacilar). Troie I fut entièrement détruite par un incendie. On y a retrouvé quelques objets en bronze. La "maison 102" rappelle les constructions minoennes et mycéniennes de type mégaron : un portique précède une grande salle à foyer central.

Troie II (2500 - 2200 av. J.-C.)
Cette période se caractérise par des éléments de culture égéenne comme l'importation de céramiques grecques. C'est à cette période qu'appartient le trésor de Priam. Troie est alors un petit royaume assez riche comme l'atteste quelques six cents puits à provision et un mégaron.

(© Jean Savaton) Les maisons sont en briques crues séchées au soleil et les constructions urbaines sont alors planifiées : les maisons ont été juxtaposées les uns à côté des autres pour former une façade continue. Au centre, s'élève un mégaron plus grand (40 mètres par 13) avec des murs épais de 1,50 m, ce qui laisse supposer que le bâtiment comportait deux étages. Les remparts sont renforcés et de grandes rampes pavées mènent aux portes principales. Au niveau artisanal, cette culture connaît l'usage du tour et du four pour la poterie. Vers 2200, ces établissements ont fait l'objet d'une destruction vraisemblablement d'origine naturelle.

Troie III (2200 - 2050 av. J.-C.) et Troie IV (2200 - 2050 av. J.-C.)
Les remparts atteignent 10 mètres d'épaisseur. Des maisons en pierres plus vastes font leur apparition. L'artisanat se caractérise par l'apparition de vases anthropomorphes. La cité connaît alors un développement des activités pastorales, comme l'atteste la présence de nombreuses fusaïoles nécessaires à l'industrie du tissage. La ville est peut-être détruite par un séisme.

Troie IV (2050 - 1900 av. J.-C.)
La ville présente une architecture comparable à celle de Troie II et des objets semblables à ceux de Troie II et III. On note l'apparition de fours à coupoles et de maisons à quatre pièces. Globalement, la ville semble moins prospère avec un abandon temporaire du site en fin de période.

Troie V (1900 - 1800 av. J.-C.)
La ville connaît un nouvel essor : elle est entièrement reconstruite sur un plan urbain plus régulier où se développent de vastes demeures. On note la première apparition d'ossements de chevaux.

Troie VI (1800 - 1300 av. J.-C.)
Durant la phase VI de Troie, qui correspond sans doute à la période homérique, la ville mesurait quelque 80 000 mètres carrés, soit cinq fois la superficie de l'acropole. C'est l'âge d'or de la ville. C'est de cette époque que date la grande enceinte murée et un palais royal situé à l'emplacement du futur temple d'Athéna Ilias. Troie est alors occupée par un peuple de culture indo-européenne (apparition d'une céramique dite minyenne) qui développe considérablement l'activité du bronze et pratique l'incinération comme rite funéraire.  On y a découvert des œuvres d'art crétoises et des fragments de céramique chypriote, ce qui laisse entendre qu'il existait des relations commerciales entre ces états. La majorité des maisons ont alors une forme trapézoïdale, la base tournée vers les remparts. Elles s'étalent en cercles concentriques déployés en éventail du nord au sud. La cité aurait pu abriter au moins 6 000 habitants. Des fissures et des traces d'incendie dans les remparts indiquent qu'un tremblement de terre a détruit la cité de Troie VI vers 1275 av. J.-C. et que trente ans plus tard la cité a subi une nouvelle destruction, intentionnelle cette fois. 
Des os d'animaux mis à jour indiquent que les Troyens élevaient des moutons, des bovins, des porcs et des chevaux, tandis que des grains carbonisés suggèrent qu'ils cultivaient de l'orge dans les vallées marécageuses. La cité possédait une industrie lainière florissante et commerçait à travers toute l'Asie centrale : elle importait des chevaux des steppes situées au-delà de la mer Noire et de l'étain d'Afghanistan.

Troie VII (1300 - 1100)
Cette couche archéologique fait apparaître des objets de céramique à protubérances typique des peuples thraces. La ville semble un peu moins riche mais les fortifications sont entièrement restaurées. Les ruines de petites maisons resserrées dénotent qu'une population croissante s'entassait à l'intérieur de l'enceinte, tandis que des jarres, emplies de provisions alimentaires et cachées, laissent penser à certains chercheurs que la population se préparait à tenir un siège. Est-ce cette Troie-là que les assiégeants grecs ont fini par mettre à sac? Ce qui est sûr c'est qu'un incendie détruisit cette cité et que le site resta inoccupé pendant près de quatre siècles. 

Troie VIII (700 - Ier siècle av. J.-C.) et Troie IX (Ier siècle av. J.-C. - 400 apr. J.-C.)
Ces deux niveaux correspondent aux occupations grecques et romaines. les Eoliens réoccupèrent le site vers le VIIe siècle et fondèrent Ilion. Au VIe siècle, la ville est soumise aux Perses. Au IVe, Lysimaque, lieutenant d'Alexandre, reconstruisit la ville et la nomma Nouvelle-Ilion. Elle est dévastée en 86/85 av. J.-C. par Fimbria un partisan de Marius.(pas moi! :D) Jules César ordonna sa reconstruction car il voulait honorer la patrie d'Enée dont il prétendait descendre. La ville romaine se développera en partie dans la plaine tandis que l'acopole acceuillera le grand temple d'Athéna Ilias. De cette époque demeurent les thermes, un bouleuterion, un théâtre et quelques habitations.
http://perso.wanadoo.fr/spqr/troie.htm

Ce message a été modifié par mariuss66 - 17 mai 2004 à 18:27.

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#5 cannibal

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Posté 18 mai 2004 à 21:10

J'ai cru lire quelque part  qu'avec le deuxième incendie ils avaient retrouvé aussi des traces de pillages.
Si tu peut m'éclairer sur ce point ca serait cool. :bravo:

#6 mariuss66

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Posté 19 mai 2004 à 14:37

C'est difficile à dire, compte tenu qu'il y aurait eu 9 villes différentes sur le site à travers les âges, et que les recherches n'étaient pas très rigoureuses au tout début de la découverte de Troie par Schliemman. Et s'il y a eu pillage, rien ne prouve que ce fut pendant, après ou avant l'incendie... D'une façon ou d'une autre, il sera toujours difficile de partager les faits de la légende.

Complément d'information:

http://www.historia....6/64602601.html
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#7 superbiboune

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Posté 22 mai 2004 à 08:55

Concernant Homère,

Dans "le milieu" (boof, je ne trouve pas d'autre terme désolé), on nous apprends effectivement qu'Homère n'a pas "existé". L'oeuvre, selon les spécialistes, a été écrite à plusieurs mains, au moins trois. Et les "auteurs" alternent.

C'est à dire que l'oeuvre se présente comme si A avait écrit le début, B la suite, puis C, puis à nouveau B, puis C puis A etc...

???  :o

#8 cannibal

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Posté 22 mai 2004 à 15:40

Boujourrrrr



Quoi!!!!! Homére n'a pas exité, et dire qu' au lycée on m'avait forcé à le lire.  :tresfache:  
Mais alors d'ou viens le nom de Homère?????
Il ne faut oublier que les Romains qui pensaient désendre d'Enée devaient connaitre l'illade. Et j'ai du mal à croire que depuis 27 siècles personnes ne s'en soit rendus compte, et peut etre que juste après l'époque d'Homère les auteurs se sont déjà battu pour s'attribuer la paternité de son oeuvre??? :???:





Byeeeeee

#9 superbiboune

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Posté 23 mai 2004 à 22:02

En fait, si tu veux, on sais que l'Illiade et l'Odysée sont issus d'une longue tradition orale...

Cela parait difficile à imaginer mais ce sont les histoires que les anciens connaissaient par coeur, et racontaient à leurs petits enfants et ainsi de suite pendant des générations.

Ainsi, elles sont parvenues jusqu'au VIIème siècle je crois... et à ce moment, plusieurs poètes ont dû décider de le mettre par écrit, en poème épique. Ca ne change rien en leur foi dans cette histoire. Les Grecs ont une passion pour les mythes.

Leur mythe sont souvent "étiologique" c'est à dire créer pour quelque chose. Par exemple, la légende d'Hercule...

Vite fait : en mésopotamie émerge des figures récurrentes (je vous épargne ce qu'ils représentent etc..) : la figure du maitre des animaux, soit maitre des serpents, soit maitre des lions... Cette figure est souvent debout, etranglant à bout de bras ces animaux... et parfois, il porte une peau de lion sur les épaules et la tête.

Quand le symbole arrive en Grèce... on l'apprécie, vu qu'il est adopté mais il ne correspond à rien. Lool

Aussi les grecs inventent (consciemment) le mythe d'Hercule pour "coller" à cette représentation. Dès sa naissance, le demi-dieu aurait etranglé deux serpent à mains nues dans son berceau puis, plus tard, il prouvera encore sa valeur de Maître des animaux en tuant le Lion de Némée, et se parera de sa peau (la leonte).

Image IPB

Voilà, moins romantique, mais c'est plus proche de la réalité.