

Selon Christopher Bollyn, journaliste pour le compte de l'hebdomadaire américain "American Free Press", qui dévoile chaque année les lieux et date de la conférence de Bilderberg, David Icke serait membre du Secret Intelligence Service, services secrets britanniques plus connus sous le nom de MI6. Un certain nombre de théoriciens de la conspiration sont liés aux services secrets. C'est notamment le cas de John Coleman qui se présente comme un ancien agent du MI6.
Cette hypothèse expliquerait pourquoi ils sont à la fois si bien informés sur certains sujets sensibles auxquels ils incorporent des éléments (extraterrestres, antisémitisme, calomnies grotesques) qui discréditent complètement ces informations aux yeux des esprits critiques, à la fois intellectuellement et moralement. Le style de David Icke est caractérisé par une érudition et une connaissance précise de certains faits qui lui permet d'élaborer un récit mêlant des informations détaillées et crédibles mais qui est également parsemé d'absurdités. Ceci explique également que, malgré les calomnies grotesques qu'il profère à l'encontre de certaines personnalités, il ne lui soit intenté aucun procès.
Il s'agit d'une technique appelée le spoon-feeding destinée à désinformer un public lorsque certaines informations critiques ont fait l'objet de fuites. L'objectif est alors de les discréditer afin de noyer l'information en l'amalgamant à des élucubrations délirantes dont les thèmes sont traditionnels. La technique est encore plus redoutable lorsque le désinformateur (spoon-feeder) est le premier à divulguer certaines informations, devenant ainsi une source qu'il est impossible de citer dans un écrit sérieux. En réalité, ces révélations sont peu nombreuses dans ce type d'ouvrage.
Les réactions attendues en fonction de la personnalité du lecteur peuvent être de deux types et l'une et l'autre servent l'objectif du manipulateur. Dans le cas d'un lecteur fasciné par le récit, crédule et excessivement naïf, si l'on discute avec lui d'un sujet sensible abordé dans l'ouvrage (soit par exemple le groupe de Bilderberg), il digressera dans des élucubrations dignes de X-Files, les extraterrestres ou les mutations reptiliennes. Il sera lui-même vecteur de désinformation, probablement marginalisé et considéré comme immature, voire immoral aux yeux de la plupart des gens.
Si le lecteur est un rationaliste dogmatique, il lui sera très difficile de distinguer le vrai du faux dans un tel type de récit et il aura naturellement tendance à rejeter en bloc ce qu'il a pu lire dans un tel ouvrage et cherchera à s'appuyer sur la version officielle des faits, plus rassurante et socialement mieux acceptée. Si on lui parle de la conférence de Bilderberg, son attitude sera ainsi de dénoncer les élucubrations concernant les extraterrestres, les Protocoles des Sages de Sion, l'antisémitisme. Ceci lui conférera une certaine légitimité sociale, alors qu'il est en réalité aussi ignorant et manipulé que le lecteur crédule.
En fin de compte, les plus mis à mal sont ceux qui continueront à effectuer des investigations sur un sujet où ils se trouveront confrontés aux élucubrations des crédules et aux condamnations des dogmatiques sur un terrain miné de toutes parts.
A ce propos, on peut mesurer, aujourd'hui, à la campagne de diffamation menée contre le Réseau Voltaire, à quel point la fameuse série X-Files, réalisée par Chris Carter pour le compte de la 20th Century Fox et particulièrement appréciée par Rupert Mudoch, le patron de la News Corporation proche de Donald Rumsfeld, aura servi la propagande des néoconservateurs et l'instauration d'un état policier aux Etats-Unis. En effet, que penser d'un scénario parsemé d'éléments historiques où l'on justifie les pratiques dictatoriales d'un gouvernement occulte par la nécessité de protéger les citoyens d'un danger mal identifié, d'étranges extraterrestres prenant la forme d'une huile noire ?
Ceci évoque les propos tenus par Ronald Reagan lors de la 42ème assemblée générale de l’ONU, le 21 septembre 1987 : "J’ai parfois pensé à quel point les différends de ce monde s’évanouiraient rapidement si nous avions à faire face à une menace étrangère à la Terre. Encore que, je pose la question: cette force étrangère n’est-elle pas déjà parmi nous ?"
Aujourd'hui, c'est l'entité protoplasmique dénommée al-Qaïda qui sert à légitimer un état policier et à instaurer des mesures attentatoires aux libertés individuelles. Benjamin Franklin disait que "Ceux qui sont prêts à abandonner une liberté essentielle pour une sécurité provisoire, ne méritent ni la liberté, ni la sécurité".










