JERUSALEM (AFP), le 03-07-2004

Trois jeunes Palestiniens ont été tués samedi dans les Territoires alors qu'Israël tentait de s'assurer un soutien américain au Conseil de sécurité de l'Onu en cas d'avis défavorable de la Cour internationale de justice (CIJ) sur la ligne de séparation.
Selon des sources médicales palestiniennes, un enfant et un adolescent palestiniens ont été tués par l'armée dans le secteur de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, où l'armée est déployée depuis plusieurs jours.
Un autre Palestinien, âgé de 18 ans, a été tué dans le camp de réfugié de Balata, à Naplouse, en Cisjordanie.
Sur le plan diplomatique, le ministre des Affaires étrangères israélien Sylvan Shalom a demandé aux Etats-Unis de mettre leur veto sur toute résolution du Conseil de sécurité contre la ligne de séparation qu'Israël érige en Cisjordanie, a rapporté samedi la radio publique israélienne.
M. Shalom a soulevé cette demande lors d'un entretien vendredi à Washington avec la conseillère du président américain à la sécurité nationale Condoleezza Rice.
Mme Rice a pressé, à cette occasion, le gouvernement israélien de démanteler les colonies sauvages en Cisjordanie conformément aux engagements pris, mais M. Shalom a expliqué que des problèmes juridiques retardaient leur évacuation effective, selon la même source.
Le Premier ministre Ariel Sharon s'était engagé en juin 2003, lors du sommet d'Aqaba (Jordanie), à geler la colonisation et à démanteler les colonies sauvages créées depuis son arrivée au pouvoir en mars 2001.
Israël a transmis mardi aux Américains, avec six semaines de retard, une liste de colonies sauvages qui devaient être démantelées. Cette liste recense seulement 28 colonies dont seules sept ont été démantelées.
Selon le mouvement anti-colonisation israélien La Paix maintenant, il existe 103 colonies sauvages en Cisjordanie, dont 56 ont été créées après l'arrivée au pouvoir de M. Sharon. Mais nombre de ces points de colonisation ont reçu à posteriori l'aval des autorités.
Au regard du droit international, toutes les colonies dans les territoires occupés --autorisées ou non par le gouvernement israélien-- sont illégales.
Un dirigeant de l'opposition travailliste, le député Ofer Pines, cité par la radio publique, a accusé le gouvernement de manoeuvres dilatoires pour maintenir les colonies, exprimant la crainte que cela prive Israël du soutien américain concernant la ligne de séparation.
Washington avait déjà opposé son veto en octobre sur un projet de résolution qualifiant la ligne d'"illégale aux termes de la loi internationale" et demandant que sa construction soit "arrêtée et inversée".
Israël craint à présent qu'un avis négatif de la CIJ entraîne le dépôt d'une nouvelle résolution au Conseil de sécurité exigeant le démantèlement de cette ligne.
La CIJ, principal organe judiciaire de l'Onu, avait été saisie par l'Assemblée générale afin de donner son avis sur "les conséquences juridiques" de cette barrière. Elle doit remettre son avis vendredi.
Israël avait refusé de prendre part aux audiences publiques de la CIJ qui ont eu lieu à La Haye en février.
"Nous sommes conscients des tentatives palestiniennes de tourner cela en un grande célébration", a dit M. Shalom, vendredi, "notre but est d'empêcher cette célébration et, si l'affaire va devant le Conseil de sécurité, d'obtenir un veto".
Composée par endroits d'un mur de béton de huit mètres de haut et le plus souvent d'une clôture équipée de systèmes de détection électronique, la ligne mord profondément sur la Cisjordanie occupée.
Le député arabe israélien Azmi Bichara a commencé samedi une grève de la faim dans le village d'Al-Ram, à la périphérie nord de l'agglomération de Jérusalem, pour protester contre sa construction, qu'il a qualifiée de "crime".
Les Palestiniens voient dans cet ouvrage un "mur de l'apartheid", alors qu'Israéliens affirment qu'il s'agit d'une "clôture antiterroriste" destinée à empêcher des attentats sur son sol.










