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La Vie de Jésus du point de vue Historique


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39 réponses dans ce topic

#31 Cristobal

Cristobal

    Pèlerin de l'espace et du temps

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Posté 14 juillet 2004 à 23:20

Bonjour, bonsoir.

Effectivement, il semble que Jésus est allé à Alexandrie, si on lit ce fameux "Livre d'Urantia" que je suis en train de découvrir et d'explorer.
En voici un passage (Urantia 130-3) :
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3. -- À ALEXANDRIE
"Le séjour à Césarée avait été fertile en événements; quand le bateau fut prêt, Jésus et ses deux amis partirent un beau jour à midi pour Alexandrie en Égypte.
La traverse fut très agréable pour le trio jusqu'à Alexandrie. Ganid était ravi du voyage et accablait Jésus de questions. A l'approche du port de la ville, le jeune homme fut très excité par le grand phare de Pharos situé sur l'Île qu'Alexandre avait réunie à la terre ferme par une jetée, créant ainsi deux magnifiques rades qui firent d'Alexandrie le carrefour commercial maritime de l'Afrique, de l'Asie, et de l'Europe. Ce grand phare était l'une des sept merveilles du monde et le précurseur de tous les phares ultérieurs. Les voyageurs se levèrent de bon matin pour regarder ce splendide dispositif de sauvegarde des hommes. Au milieu des exclamations de Ganid, Jésus dit: « Et toi, mon fils, tu ressembleras à ce phare quand tu retourneras aux Indes, même quand ton père reposera dans la tombe. Tu deviendras une lumière de vie pour ceux qui vivent autour de toi dans les ténèbres, montrant à tous ceux qui le désirent le chemin pour atteindre en sécurité le havre du salut ». Ganid serra la main de Jésus et lui dit: « Je le ferai ».
Remarquons à nouveau que les premiers maîtres de la religion chrétienne commirent une grave erreur en dirigeant exclusivement leur attention vers les civilisations occidentales du monde romain. Les enseignements de Jésus tels qu'ils étaient conservés par les croyants mésopotamiens du premier siècle auraient été volontiers reçus par les divers groupes religieux d'Asie.
Quatre heures après avoir débarqué à Alexandrie, le trio était installé à l'extrémité est de la grande avenue, large de trente mètres et longue de huit kilomètres, qui allait jusqu'à la limite ouest de cette ville d'un million d'habitants. Après un premier aperçu sur les principales attractions de la ville -- l'université (musée), la bibliothèque, le mausolée d'Alexandre, le palais, le temple de Neptune, le théâtre, et le gymnase -- Gonod se consacra aux affaires tandis que Jésus et Ganid se rendaient à la bibliothèque, alors la plus importante du monde. Près d'un million de manuscrits étaient rassemblés là en provenance de tous les pays civilisés: la Grèce, Rome, la Palestine, la Parthie, l'Inde, la Chine, et même le Japon. Dans cette bibliothèque, Ganid vit la plus grande collection de littérature indienne du monde entier; ils y passèrent un peu de temps chaque jour durant leur séjour à Alexandrie. Jésus parla à Ganid de la traduction en grec des Écritures hébraïques, qui avait été faite en ce lieu. Ils analysèrent maintes et maintes fois toutes les religions du monde, Jésus s'efforçant de faire ressortir à ce jeune penseur la vérité contenue dans chacune d'elles et ajoutant toujours: « Mais Jéhovah est le Dieu conçu d'après les révélations de Melchizédek et l'alliance d'Abraham. Les Juifs étaient les descendants d'Abraham et occupèrent ultérieurement le pays dans lequel Melchizédek avait vécu et enseigné, et d'où il envoya des instructeurs au monde entier. En fin de compte leur religion dépeignit le Seigneur Dieu d'Israël en le reconnaissant comme Père céleste universel plus clairement que toute autre religion du monde ».
Sous la direction de Jésus, Ganid établit un recueil des enseignements de toutes les religions qui reconnaissaient une Déité Universelle, même si elles admettaient plus ou moins des divinités subordonnées. Après beaucoup de discussions, Jésus et Ganid décidèrent que la religion des Romains ne comportait pas de vrai Dieu et ne représentait guère plus qu'un culte de l'empereur. Les Grecs, conclurent-ils, avaient une philosophie, mais à peine une religion comportant un Dieu personnel. Ils rejetèrent les cultes des mystères à cause du désordre découlant de leur multiplicité, et parce que ces concepts variés de la Déité paraissaient dériver de religions différentes et plus anciennes.
Bien que ses traductions eussent été faites à Alexandrie, Ganid ne mit ses extraits définitivement en ordre et n'y ajouta ses conclusions personnelles que vers la fin de leur séjour à Rome. Il fut très surpris de découvrir que les meilleurs auteurs de la littérature sacrée du monde reconnaissaient tous plus ou moins nettement l'existence d'un Dieu éternel, et se trouvaient d'accord sur sa nature et ses rapports avec les hommes.
Jésus et Ganid passèrent beaucoup de temps au musée durant leur séjour à Alexandrie. Ce musée n'était pas un assemblage d'objets rares, mais plutôt une université de beaux-arts, de sciences, et de littérature. De doctes professeurs y donnaient journellement des conférences, et à cette époque le musée représentait le centre intellectuel du monde occidental. Jour après jour, Jésus expliquait les conférences à Ganid. Un jour, pendant la deuxième semaine, le jeune homme s'écria: « Maître Jésus, tu en sais plus que ces professeurs; tu devrais te lever et leur dire les grandes choses que tu m'as racontées. Ils réfléchissent trop et cela embrume leur pensée. Je parlerai à mon père et il arrangera cela ». Jésus sourit et dit: « Tu es un élève admiratif, mais les professeurs n'accepteraient pas que toi et moi nous les instruisions. L'orgueil de l'érudition non spirituelle est un traquenard dans l'expérience humaine. Un vrai maître maintient son intégrité intellectuelle en restant toujours un élève ».
Alexandrie était la ville où se mêlaient les cultures occidentales et, après Rome, la ville la plus étendue et la plus magnifique de la terre. C'est là que se trouvait la plus grande synagogue du monde, avec le siège administratif du sanhédrin d'Alexandrie et son conseil de soixante-dix dirigeants."
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Pour ce qui est du Tibet, Népal, j'ai parlé dans un autre forum (ici, "L'origine de l'âme") de ce livre étonnant de Baird T. Spalding ("La Vie des Maîtres") où il est question (parmi d'innombrables faits et évènements relatés) de Jean Baptiste qui aurait vécu plusieurs années dans ces contrées et aurait suivi les enseignements de Maîtres spirituels.

Ceci dit, les faits historiques seront de toute façon extrêmement difficiles à réunir et à authentifier. Peu d'éléments matériels, des milliers d'années dans le passé, etc....
Ce qui compte, en définitive, c'est le contenu des textes eux-mêmes. Seule est réelle et vivante une parole de vérité, par-delà le temps et l'espace.
C'est la cohérence interne d'un discours et tout ce qu'il peut éveiller et susciter d'inspiration et d'éclaircissements qui doit retenir l'attention.
Le reste est intéressant mais pas vraiment essentiel.
Comme pour une symphonie de Beethoven. Connaître la vie de Beethoven, sa surdité, ses problèmes divers et variés, c'est bien, mais ce n'est pas indispensable pour apprécier son oeuvre géniale. La musique parle d'elle-même. Elle transcende l'histoire de l'individu Beethoven.

Voilà quelques impressions.
C'est vrai que je suis enthousiaste en ce moment : la joie de la découverte. Il faudra un peu de temps pour que tout cela décante, pour prendre du recul et intégrer les informations.

Et pourtant,...., c'est quand même génial :
Spalding + Urantia + Bouddhisme tibétain et notamment les enseignements Dzogchen (cf "Dzogchen et Tantra" de Namkhai Norbu Rinpoché) + Maître Eckhart ("Les Sermons"  aux éditions du Seuil dans la traduction de Jeanne Ancelet-Hustache) + Saint Augustin ("Les Confessions") + Swedenborg.......
Toutes les pièces d'un puzzle géant commencent à s'emboîter plutôt bien.  :aureole7:

#32 KaMiKaZe

KaMiKaZe

    Chercheur d'idées

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Posté 14 juillet 2004 à 23:40

Citation

Et pourtant,...., c'est quand même génial :
Spalding + Urantia + Bouddhisme tibétain et notamment les enseignements Dzogchen (cf "Dzogchen et Tantra" de Namkhai Norbu Rinpoché) + Maître Eckhart ("Les Sermons" aux éditions du Seuil dans la traduction de Jeanne Ancelet-Hustache) + Saint Augustin ("Les Confessions") + Swedenborg.......
Toutes les pièces d'un puzzle géant commencent à s'emboîter plutôt bien.  

Le dzogchen c'est la religion du Tibet avant Bouddha, n'est-ce pas?

Avec le recul tu verras que le Dzogchen,le Bouddhisme Tibétain, Le Yoga, Le Zen enseignent la meme chose et c'est comme tu le dis, un puzzle qui se construit. Meme le christianisme et l'Islam aspirent a la meme chose, notamment avec les gnostiques et les soufis

La libération de l'Esprit des nuages de l'ignorance, pour que l'Esprit devienne un Océan de Vérité.

Chacun a son chemin pour arriver au but...

#33 manu

manu

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Posté 15 juillet 2004 à 08:51

hello  :salut:

Citation

Avec le recul tu verras que le Dzogchen,le Bouddhisme Tibétain, Le Yoga, Le Zen enseignent la meme chose et c'est comme tu le dis, un puzzle qui se construit. Meme le christianisme et l'Islam aspirent a la meme chose, notamment avec les gnostiques et les soufis

La libération de l'Esprit des nuages de l'ignorance, pour que l'Esprit devienne un Océan de Vérité.

Chacun a son chemin pour arriver au but...

Chaque être Humain, si tu le prend individuellement aspire à la paix, l'amour, la pleinitude, la recherche de soit etc...
ensuite dès que tu met deux personnes ensemble, làa les choses commence à se compliquer, car chaqu'une des deux aura une expérience différente qu'il va prendre comme LA vérité, SA vérité, et si il n'est pas en ten soit peu ouvert, les conflis commencent...

Alors il est normal que toute les religions prêchent les mêmes bases car elles sont universelle... le problème n'est pas tant les bases de celles-ci, mais l'entêtement de chaque individut à vouloir imposer SA vision de SON expérience, qui est SA vérité... et ça tand que nous ne le comprendront et appliqont pas, on continuera à se disputer commes des imbéciles sans ouverture d'esprit... et dans se combat de débiles, ont est tous perdant...

:calin:
Une dictature, même de l'Amour, reste une dictature.

Si tu veux la paix dans le monde, commence par trouver la paix intérieur.

#34 galileo

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Posté 15 juillet 2004 à 20:25

Cristobal, le Lundi 12 Juillet 2004, 16:14, dit :

Pour ce qui est de la vie de Jésus, dans son entier, je viens de découvrir depuis quelques jours "Le Livre d'Urantia". Près de 2000 pages étonnantes parmi lesquelles près de 700 à 750 pages consacrées à la vie et aux enseignements de Jésus, de 0 à 33 ans.
Cristobal, je souris devant ton enthousiasme qui me rappelle ce qui m'est arrivé (comme la plupart des lecteurs) en découvrant ce livre il y a une dizaine d'années. Non pas que j'ai perdu mon enthousiasme, mais mon intérêt est, disons, plus réfléchi et posé. Bah c'est normal, une fois que l'attrait du "nouveau" est passé.

En fait, si j'écris ceci, c'est qu'on m'a déjà tapé sur les doigts sur ce forum;  on me reprochait mon "prosélytisme" du livre  d'Urantia, et ce que tu fais ressemble à ça.  Ce n'est pas un reproche; je le constate.
En outre, tu ne devrais pas placer de si longs extraits du livre, c'est arride et rebutant, surtout pour les profanes.  De courts extraits avec un lien internet feraient amplement l'affaire..

#35 Cristobal

Cristobal

    Pèlerin de l'espace et du temps

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Posté 15 juillet 2004 à 20:50

Tout à fait d'accord avec toi "galileo". Je suis bien conscient de l'enthousiasme de la découverte. Ceci dit, cela fait maintenant pas mal d'années que j'explore et que je cherche. J'ai suivi les enseignements du bouddhisme tibétain pendant pas mal d'années. Je connais un peu ce que c'est que la méditation et la pratique formelle dans cette tradition. J'ai l'impression de connaître assez bien et assez à fond Maître Eckhart, Saint Augustin, Swedenborg. L'impression d'avoir tout de même pa s mal roulé ma bosse, arpenté les chemins tortueux de l'ignorance et de l'erreur. Exploré dans ma verte jeunesse Jung, la symbolique, la mythologie, la dynamique de l'imaginaire.

Enfin, je trouve tout simplement réjouissant de pouvoir s'exprimer librement. Mais effectivement, depuis que je viens de me faire "taper sur les doigts" par les administrateurs de ce forum pour tentative et/ou risque de prosélytisme, j'ai résolu à partir de maintenant, et dans la mesure où je décide de participer à ces forums, j'ai résolu donc de ne plus citer mes sources. Tout sera intégré dans un seul et même discours pour ne pas choquer ni froisser les susceptibilités et autres timidités de pensée des uns ou des autres.
Bien sûr, les sources seront toujours disponibles pour qui le demandera par email.

Tout cela est sans grande importance. Simplement, être en accord avec soi-même et trouver dans l'écriture un moyen puissant de clarifier et de mettre en ordre ses propres idées. Et si d'aventure, un internaute de passage trouve une information intéressante, qu'il en fasse son miel et son profit. Car convaincre ou convertir qui que soit est une motivation absurde et vaine. Seul compte le libre arbitre. Un esprit libre de choisir en fonction de ses perceptions du moment. Toujours à la mesure de l'étendue de son champ de conscience..... qui ne cesse (idéalement) de grandir.

Il s'agit ici simplement de témoigner. Un dialogue intérieur qui se couche sur la page blanche de l'écran. Intime et universel car expression d'un être humain parmi des milliards d'autres, ses semblables.

Amen.   :boire:

#36 KaMiKaZe

KaMiKaZe

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Posté 15 juillet 2004 à 21:39

Citation

Chaque être Humain, si tu le prend individuellement aspire à la paix, l'amour, la pleinitude, la recherche de soit etc...
ensuite dès que tu met deux personnes ensemble, làa les choses commence à se compliquer, car chaqu'une des deux aura une expérience différente qu'il va prendre comme LA vérité, SA vérité, et si il n'est pas en ten soit peu ouvert, les conflis commencent...

Alors il est normal que toute les religions prêchent les mêmes bases car elles sont universelle... le problème n'est pas tant les bases de celles-ci, mais l'entêtement de chaque individut à vouloir imposer SA vision de SON expérience, qui est SA vérité... et ça tand que nous ne le comprendront et appliqont pas, on continuera à se disputer commes des imbéciles sans ouverture d'esprit... et dans se combat de débiles, ont est tous perdant...

Je pense que c'est bien le culte d'un individu qu'il faut éviter, car c'est le mauvais chemin qui t'oblige a le mettre au dessus d'autres qui enseignaient la meme chose.

Ce qui m'intéresse c'est leur enseignement, et les moyens d'éveil que les prophetes ont utilisé...

Jésus-Christ méditait-il ? Si Jésus avait été en Inde ca aurait apporté une réponse mais il y a toujours un doute.

L'Islam, le Bouddhisme, le Zen, le Yoga, l'Hindouisme enseignent la méditation pour épurer le mental.

Mais ca fait défaut dans le christianisme, et personnellement je me demande pourquoi...

Ce message a été modifié par KaMiKaZe - 15 juillet 2004 à 21:39.


#37 Cristobal

Cristobal

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Posté 16 juillet 2004 à 12:05

1°) Chaque être humain est unique :

En fait, tous les problèmes de compréhension mutuelle entre les êtres humains qui parlent du divin, de Dieu, de spiritualité, de vérité, viennent du fait que chacun est unique.
Chaque être humain est unique en son genre. Il n'y a pas identité. La seule identité est peut-être celle de l'expérience spirituelle, un certain degré d'illumination, de révélation. Ensuite, en fonction de la personnalité de chacun viennent les interprétations, la façon de comprendre et de rendre vivante une vérité. Avec les innombrables variations liées à l'environnement, les connaissances, les traditions, la langue, la psychologie, le passé, les expériences, etc........
La seule chose que l'on puisse faire, c'est de témoigner ce que l'on ressent. Exprimer une vision du monde pour la partager comme un fait existant en soi.
Mais ensuite, il faut savoir s'arrêter là. Sinon, si on essaye de convaincre l'autre, si on essaye de modeler une société, si on se met à créer des institutions, un clergé avec une hiérarchie, un Livre, des écrits canoniques, une loi sacrée qu'il faut respecter et suivre, alors il y a un grand danger. Danger que ne se déversent l'intolérance, la condamnation de l'autre (parce que différent... forcément), la colère, la haine et la guerre. Et c'est le tragique et bien connu enchaînement des évènements qui poussent les hommes à faire la guerre pour lutter contre un certain "axe du mal", torturer dans les prisons au nom d'une démocratie chrétienne, trancher les têtes d'autres êtres humains au nom de la grandeur de Dieu, exterminer au nom de la pureté de la race, etc.....
Et le risque aussi, avec le temps qui passe, c'est qu'une religion officielle évolue moins vite que l'expérience spirituelle. De plus, le discours officiel risque de masquer certains éléments de la vérité. Et c'est le deuxième point.

2°) Pourquoi pas de pratique de méditation dans la religion chrétienne ?

Il se peut que le monde chrétien et la religion qui va avec se soient concentrés sur Jésus et le Christ en tant que modèle à révérer, à vénérer, à prier. Une religion "à propos" de Jésus. Jésus et le Christ restent comme extérieurs et inaccessibles, inatteignables pour les êtres humains. C'est un idéal indépassable et inatteignable. Une vérité qui ne deviendra réelle, peut-être, qu'avec la mort du corps. Quelque chose de lointain qu'il est inconcevable qu'un être humain puisse atteindre dans sa vie actuelle.
On est là, dans la pratique religieuse et la prière dans la dualité. Un objet de vénération, loin de soi.

Alors que dans le monde oriental et bouddhiste (mais aussi pour certains mystiques chrétiens plus ou moins rejetés et excommuniés par l'Eglise de leur époque, 13°-14° siècle) la vérité du divin est accessible ici et maintenant, en chacun de nous. Et si le Bouddha, par exemple, a atteint l'Eveil, c'est donc que c'est une réalité que chacun peut vivre ici et maintenant. Il n'y a théoriquement aucun obstacle à devenir un bouddha, un être pleinement réalisé pendant cette vie même, si ce n'est les détours et les brouillards plus ou moins obscurs et tortueux de notre ignorance. Nous pouvons atteindre la montagne de l'illumination si nous le voulons vraiment (ce qui est en germe pour chacun car étincelle divine = nature de l'esprit = christ en nous = parcelle du divin...). C'est le voyage de tout être humain qui devra affronter les épreuves et veiller à ne pas se perdre en chemin, veiller à ne pas oublier, veiller à ne pas être distrait, veiller à ne pas trop dormir ("Il faut que le dormeur s'éveille").

D'où ce qui manque, et c'est peut-être une pas très juste interprétation de la parole de Jésus (qui Lui, n'a jamais rien écrit... d'ailleurs, toujours un enseignement oral comme on le voit dans le bouddhisme = assemblée d'étudiants = retraites), ce qui manque c'est le vécu, une expérience vivante de méditation. Ce qui manque c'est une religion où il est permis, non pas de rêver, mais de réaliser ici et maintenant les enseignements de Jésus et donc de réaliser et de devenir le Christ même qui sommeille en chacun. Et ça, c'est vraiment révolutionnaire. C'est ce qu'ont vécu de nombreux mystiques, certainement. Un aperçu révolutionnaire et vivant du message du Christ. Et, si le but est celui-ci, que chacun fasse librement l'expérience de devenir ce qu'il est déjà en germe (étincelle du divin qui doit croître), alors le risque c'est de voir la religion officielle et établie disparaître, avec ses pouvoirs terrestres et ses hiérarchies d'ecclésiastiques. Le risque c'est l'effondrement, pour cette institution qui édicte la loi et le dogme, et qui voit ses églises se vider peu à peu.
En effet, plus besoin d'intermédiaires ni de rituels si on réalise vraiment la filiation du Fils envers Dieu le Père et que l'on vit naturellement la Fraternité humaine.
Le risque, c'est aussi celui de la liberté retrouvée. Se rappeler d'une parole de vérité vivante. Avec une perspective : l'union des religions dans une seule et même révélation. Nous sommes des êtres de lumière, des bouddhas, des christ en puissance et nous pouvons faire de tout cela une réalité.

Etonnant, non ?      :whisky:

#38 KaMiKaZe

KaMiKaZe

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Posté 16 juillet 2004 à 14:17

Ca va dans le sens contraire des religions institutionnelles, la Volonté d'avoir un chemin personnel unique, et ou la véritable autorité, c'est toi.

Mais autorité sur ta Vie et pas celle des autres ce qui evite le sectarisme contre les mécréants, hérétiques, athées, paiens etc...

Je me demande si les cathares et les gnostiques enseignaient la méditation, car ce sont eux qui étaient les plus proches des enseignements du Christ. Malheureusement, l'Histoire a décidé que ce sont les survivants (cad l'Eglise) qui gagnent et les cathares et les gnostiques ce sont faits exterminés par les Peres de l'Eglise et ensuite l'Inquisition.

Comment concilier continuation de l'enseignement et non-violence?  :???:

#39 Cristobal

Cristobal

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Posté 16 juillet 2004 à 22:52

"Aucun désir n'est plus vivace dans l'âme humaine que celui de connaître Dieu. Et sa connaissance véritable, c'est la vie éternelle."

L'enseignement spirituel qui dégénère au point d'engendrer de la violence, c'est le fait des groupements humains qui dans leur ignorance et leurs courtes vues se mettent à légiférer, à organiser, à construire avec leur mental (< à esprit) un cadre explicatif. Cadre qui est, à plus ou moins long terme, forcément rigide car contraire aux mouvements et à la pulsation de la vie, de l'esprit. Et tout ceci ressemble alors plus à une coquille vide, une peau morte, une dépouille insensée plus qu'à une parole de vérité et d'amour.

1°) Le Maître Intérieur :
Aussi, pour ne pas faire d'erreur, il vaut mieux s'efforcer de faire par soi-même l'expérience de la "spiritualité" en se tournant vers l'intérieur, en regardant en soi-même plutôt que les autres et leurs traditions.
Ceci dit, la tradition et la mémoire plusieurs fois millénaire de l'humanité sont quand même très très utiles. Car, dans le relatif et incertain laps de temps qu'il nous est accordé de vivre sur cette terre, c'est toujours mieux si on arrive à gagner en vitesse d'accomplissement. C'est toujours mieux et plus sûr si on se met en contact avec le maître intérieur, son maître intérieur, le daïmon socratique, notre esprit de sagesse.
Et, en matière de maître, de guide, on peut faire feu de tout bois. Les évènements, les circonstances de l'existence peuvent devenir des enseignements. Mais plus prosaïquement, du moins d'après ce que je connais :
* un livre, un enseignement peut devenir un maître et un éveilleur. Je me rappelle les lectures des sermons de Maître Eckhart. Texte difficile, qui demande un important effort de concentration si on veut bien comprendre et mieux encore "réaliser" ce qui est dit et montré. Mais alors, il peut arriver des instants "magiques", comme un état de grâce qui peut durer même presque deux jours (et nuits) où les pensées incessantes et les concepts s'évanouissent, où l'on est dans une sorte de paix lumineuse, où on éprouve de la compassion naturellement et spontanément pour son prochain. On est attentif et très (plus) conscient, sans fatigue, comme éveillé, comme si l'entourage était plongé dans une sorte de sommeil, une sorte d'inconscience mécanique et machinale. Et puis, au bout de ces deux jours, comme hors du temps (mais intensément présents), on ressent comme un grincement, comme le "bruit" d'une machine qui se remet à tourner. Ce sont les vieilles et immémoriales habitudes qui reprennent le dessus. La mémoire refait surface. Une conscience qui s'embrume sans qu'on sache comment faire pour enrayer cet engrenage fatal. On redevient celui que l'on croit être. On revient à la surface. On retourne dans la maison-prison de l'ego. C'était une expérience, comme un voile qui s'est déchiré, laissant entrevoir un monde de lumière, un niveau de conscience supérieur. Comme un degré, une simple marche au-dessus.
Et tout ça, grâce à la lecture attentive d'un texte vieux de plusieurs siècles (certes la vérité est éternelle...).
* un autre texte favori pour moi, c'est la "Bhagavad-Gîtâ" (bien sûr !) mais plutôt dans la traduction de Shrî Aurobindo (avec ses commentaires et explications). Voilà un texte qui agit comme un guide et un maître de réalisation. Très puissant.
* cependant, le mieux, l'idéal, c'est d'avoir la possibilité de "rencontrer" un véritable maître en chair et en os. Il suffit d'un claquement de doigt, d'une poignée de secondes au cours d'un enseignement public et "anonyme" pour que nous soit montré et proposé un aperçu de "la nature de l'esprit" (chez les bouddhistes tibétains). Et tout cela en fonction de notre degré d'ouverture et de réceptivité. C'est évidemment un puissant accélérateur, très sûr. On commence à se rendre compte d'un germe inconnu qui était toujours là. C'est prendre contact avec notre centre de gravité. Le noyau vivant et lumineux de notre "personnalité". Une assise solide pour avancer plus avant.

2°) L'Amour :
"Ce qui compte, comme le dit un auteur qui a voyagé en Orient à la toute fin du 19° siècle, ce qui compte c'est la volonté de servir. Cette volonté de servir ouvre à tous les réserves illimitées de Dieu et provoque l'épanouissement de l'âme. L'âme est revenue à la maison du Père dès qu'elle a ressenti la volonté de servir." (vraiment très beau...)
Car fondamentalement, au coeur de toutes les religions, au coeur de toute démarche et attitude spirituelles authentiques, il s'agit "simplement" de demeurer dans l'Amour du Seigneur. Les bouddhistes tibétains diraient en union avec le Maître extérieur/intérieur (le maître extérieur comme reflet et incarnation du maître intérieur non encore totalement reconnu et réalisé...). En union avec sa propre nature éveillée. Et tout cela, par le biais, le chemin royal qui est l'ouverture du coeur (= esprit) : c'est la dévotion, l'union de la luminosité-fille qui se jette dans la luminosité-mère, la parole qui devient limpide comme "Seigneur, que ta volonté soit faite".

Il y a aussi cette autre parole qui nous rappelle que quand nous savons que nous appartenons à la maison du Père et sommes héritiers de tous ses biens, nous pouvons commencer à vivre selon les désirs du Père. "Voici, nous sommes maintenant des Fils de Dieu". La conscience d'être fils provoque l'accomplissement, la conscience d'être serviteur provoque la pénurie. Dès que nous jouons le rôle du Fils en pensée, en paroles, et en action, nous découvrons que le Père a exaucé tous les désirs de notre coeur.
Et un peu plus loin : l'Amour est Dieu, éternel, illimité, immuable, s'étendant à l'infini au-delà de toute imagination. L'Amour accomplit la loi de son propre esprit, achève son travail dans la perfection, et révèle le Christ dans l'âme humaine. L'Amour cherche continuellement une issue pour affluer dans le coeur humain et se répandre en bienfaits. Si la perversité et les pensées discordantes de l'homme ne le détournent pas, le fleuve éternel et immuable de l'Amour de Dieu s'écoule continuellement, entraînant dans le grand océan universel de l'oubli toute apparence d'inharmonie ou de laideur susceptible de troubler la paix des hommes. L'Amour est le fruit parfait de l'esprit. Il s'avance pour panser les plaies de l'humanité, rapprocher les nations dans l'harmonie, et apporter au monde la paix et la prospérité. Il est la pulsation même du monde, le battement de coeur de l'univers.
Et aussi : Ne doutez jamais. Faites plus, demandez. Proclamez comme Jésus votre droit de naissance de Fils du Dieu vivant. Sachez qu'il existe une Substance invisible et universelle, au milieu de laquelle nous vivons et évoluons. En elle se trouvent toutes les choses bonnes et parfaites que l'homme peut désirer.
Et enfin, il faut que l'idée d'abondance élève l'esprit bien au-delà des frontières des limitations. Pour recevoir l'abondance, il faut abandonner toute idée d'objet particulier. Elle est si vaste qu'elle ne laisse pas place aux idées de détail. Pour la maintenir dans la pensée, il faut que la conscience s'élance au loin dans l'Universel et s'ébatte dans la joie d'une liberté parfaite.

Limpide, limpide, et magnifique. C'est toujours un plaisir et un délice de se plonger dans l'océan vivifiant de la vérité.

       :whisky:            "Oups !"  ("Independance Day, chapitre 17, verset 13)

Ce message a été modifié par Cristobal - 16 juillet 2004 à 22:55.


#40 coolnature

coolnature

    antheo@noun

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Posté 16 juillet 2004 à 23:49

Citation

2°) L'Amour :
"Ce qui compte, comme le dit un auteur qui a voyagé en Orient à la toute fin du 19° siècle, ce qui compte c'est la volonté de servir. Cette volonté de servir ouvre à tous les réserves illimitées de Dieu et provoque l'épanouissement de l'âme. L'âme est revenue à la maison du Père dès qu'elle a ressenti la volonté de servir." (vraiment très beau...)



Servir (et construire aussi)