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le 3 éme reich


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3 réponses dans ce topic

#1 psyduck

psyduck

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Posté 12 juillet 2004 à 23:39

et cette these, ca vient du site de arté il me semble:


( c'est long, ca encombre, mais ca vaut le coups! il semble que ca serait le projet d'un documentaire ou d'une émission, i quelqu'un a plus d'infos...)

" Soleil noir "


L’arrière-plan mythologique du national-socialisme




I.


00,14

J’ai toujours aimé voyager dans les pays celtes, comme l’Irlande ou l’Ecosse.


00,29

Le paysage m’attirait, mais aussi les habitants qui cohabitaient très naturellement avec leurs mythes, leurs légendes et leurs lieux de culte.


00,49

Le mot " celte " a une autre consonance que le mot " germanique ". Il n’est pas entaché par le passé, on peut l’aborder sans mauvaise conscience et y trouver les traces d’une religion naturelle dont le christianisme a provoqué la quasi-disparition en Europe.


1,14

Il existait sans doute aussi de telles traditions en Allemagne. Mais les nazis ayant voué au " germanique " un culte démentiel, ce domaine est devenu une zone ténébreuse, émaillée de tabous, dont seuls s’occupent, dans le meilleur des cas, quelques spécialistes ou membres de sectes illuminées.


1,38

Ce n’était peut-être pas un hasard: c’est précisément en Irlande que j’ai découvert le livre The occult Roots of Nazism de l’historien anglais Goodrick-Clarke, qui étudie l’arrière-plan mythologique du " Troisième Reich ".


1,55

D’abord, je fus étonné: jusqu’alors, je ne savais pratiquement rien des runes, des spécialistes de l'ésotérisme ou des chercheurs du Graal au sein de la SS, ni de l’influence réelle des mythes nordiques sur Hitler et Himmler.


2,22

Il semble que les historiens allemands aient jusqu’ici ignoré ce contexte bizarre: craignaient-ils de s’y brûler les doigts, ou bien les mythes, les symboles et les fantasmes étaient-ils trop peu sérieux pour leurs travaux?


2,42

Le sujet commençait à me captiver: j’ai alors effectué mes premières recherches.


2,49

La lecture de livres et de revues des quarante premières années de ce siècle m’a révélé un monde inconnu.


3,03

Certaines images frappantes revenaient fréquemment: on parlait de " renaissance de l’Allemagne ", de clarté, d’éveil, d’aurore.


3,26

A cette époque, une étrange ébullition s’était emparée de l’Allemagne: l’insatisfaction s’y mêlait à l’exaltation.








3,38

On trouvait les toiles du peintre Fidus aux murs de nombreux appartements; ils exprimaient les nostalgies latentes de cette époque.


3,47

On se rassemblait en petits groupes, et l’on s’éloignait des grandes villes, en quête d’expériences mystiques.




Extrait d’une revue nationale-populiste de 1924:


4,01

" Les dieux devant lesquels on s’agenouillait jusqu’ici ont été détrônés. Le capitalisme et le socialisme déclarent leur faillite morale.

La stupide recherche de la jouissance a laissé les âmes froides.

Une sorte de grande lassitude s’abat sur toute jouissance...

Dans toutes les catégories, dans tous les milieux, il y a des gens animés par un désir brûlant: échapper à tout ce qui est rationnel, et entrer dans une forme d’immédiateté...

Toute la civilisation actuelle leur apparaît comme un univers de froidure et de pénombre, et en guise de religion ne s’offre à eux qu’un système de pensées sur lequel on peut avoir des opinions différentes. "


5,03

Une année plus tard, Heinrich Himmler disait de Hitler:


5,08

" Il a été engendré pour nous par cette très profonde détresse, lorsque plus rien n’allait pour le peuple allemand; il compte au nombre des grandes figures lumineuses que la germanité engendre à chaque fois qu’elle se trouve dans une très profonde détresse corporelle, intellectuelle et spirituelle...

Le karma de la germanité mondiale le prédestine à mener le combat contre l’Orient et à sauver la germanité mondiale; l’une des très grandes figures de lumière a trouvé en lui son incarnation. "


5,47

La lecture de telles phrases me fit parfois penser à notre époque.


5,54

A l’intérêt croissant que suscitent l’ésotérisme, le mysticisme, la magie, au nombre de plus en plus important de sectes et de groupes psy, au renforcement du fondamentalisme religieux dans le monde entier.


6,08

L’analyse historique soulève des questions qui touchent directement au temps présent.


6,17

Dans quelle mesure les mythes étendent-ils notre réflexion, dans quelle mesure l’étouffent-ils?


6,22

A quel moment la quête spirituelle bascule-t-elle dans le fanatisme et la violence?


6,28

Autant de questions qui allaient accompagner mon enquête.


II.


7,14

Dans la seconde moitié du siècle passé, une femme voyage, de son propre gré, dans de vastes secteurs de l’Asie, où les Européens n’ont pratiquement pas pénétré jusqu’alors.


7,26

Pour ne pas attirer l’attention, elle porte parfois des vêtements d’hommes et fume des cigarillos. Son abord direct lui permet d’établir des contacts avec la population locale et de rencontrer des maîtres spirituels.


7,42

Il s’agit de l’occultiste russe Helena Blavatsky, que ses adversaires décrivent comme un charlatan, et ses partisans comme une initiée.


7,56

Aujourd’hui encore, rien ne prouve qu’elle s’est rendue plusieurs fois au Tibet, comme elle l’affirme: cela ne l’a pas empêchée de créer, avec ses légendes de monastères mystérieux et de textes occultes, un mythe du toit du monde auquel les milieux ésotériques s’intéressent encore aujourd’hui.


8,15

Tandis qu’en Occident, le darwinisme expliquait à l’être humain qu’il descendait du singe, Blavatsky évoquait pour sa part des textes chiffrés portant le souvenir d’une tout autre évolution.


8,32

Dans les bibliothèques du Tibet, des lieux reculés et creusés dans la roche, elle prétend avoir trouvé des chroniques de cultures humaines disparues, qui auraient déjà existé plusieurs centaines de milliers d’années avant l’Égypte antique.


8,49

Hyperborea et l’Atlantide, les royaumes chantés par les Grecs, auraient été des territoires réels, peuplés d’êtres hautement évolués qui, jadis, seraient descendus du ciel sur le Pôle Nord, sous forme d’" ombres des dieux ".


9,09

Dans les gigantesques édifices mégalithiques de Stonehenge et les statues de l’île de Pâques, Blavatsky reconnaissait la trace des gigantesques créatures d’Atlantide, disparues au cours de grandes catastrophes naturelles pour avoir abusé de leurs facultés suprasensorielles.


9,31

De longues migrations auraient permis à quelques survivants de se rendre dans d’autres régions du monde, de colporter l’antique savoir et de fonder ce que l’on a appelé la " race aryenne ". C’est ce qu’elle écrit dans son œuvre maîtresse, La doctrine secrète.


9,53

Pour approfondir ces idées, elle a fondé en 1875 la " Société théosophique " qui attira aussi beaucoup de nationaux-populistes intéressés par l’ésotérisme: la croix gammée que l’on trouve dans son emblème était conçue comme le symbole d’un mouvement de renouveau intellectuel imminent.


10,16

Blavatsky n’était pas un précurseur des nazis; mais sa doctrine ésotérique, mélange de mythes et de visions, était d’une telle ambiguïté qu’on n’eut aucun mal à la détourner.


10,29

A une époque où la destruction des structures et des hiérarchies d’antan inspiraient à beaucoup crainte et incertitude, les théories sur les anciennes races de demi-dieux nordiques, avec leurs effets diffus, devinrent un véritable explosif.


10,48

Les remarques de Blavatsky sur la faiblesse d’esprit des Africains ou la dégénérescence intellectuelle des Juifs n’y furent pas étrangères.


10,58

De nombreux germes des idéologies racistes se forment alors au sein de petits cercles occultes. Des notions ésotériques comme la " rédemption " ou la " purification " se transforment de plus en plus en slogans idéologiques visant à combattre des êtres prétendument " inférieurs " et " impurs ".




III.


11,31

A l’époque où Blavatsky séjourne en Asie, vers 1870, un jeune Autrichien fait de grandes excursions dans son pays natal.


11,41

Lui aussi recherche les racines spirituelles perdues, à une époque où l’ordre ancien s’effondre et où le nouveau monde n’est pas encore tangible.


11,55

L’écrivain Guido von List explore les traces du mysticisme germanique dans la région du Waldviertel et, lors de ses longues excusions solitaires, se laisse emporter par le charme des châteaux, des forêts et des lieux de culte: un marginal avant l’heure, lassé de l’activité des grandes villes et de la religion chrétienne, et qui veut trouver le divin dans les éléments de la nature.


12,28

Dans des blocs de pierre monumentaux, il reconnaît les sanctuaires des Germains antiques, dernières reliques d’un culte à Wotan que le christianisme a fait disparaître.


12,56

Nous en savons peu sur les lieux de culte de nos ancêtres; c’est précisément dans cette zone d’ombre que les nationaux-populistes qui travaillaient sur l’ésotérisme projetèrent tant de choses à cette époque.


13,08

Pour List, c’étaient les géants nordiques d’Atlantide qui, plusieurs centaines de milliers d’années plus tôt, avaient regroupé d’une main légère ces blocs rocheux de plusieurs tonnes, pour former des périmètres sacrés.


13,25

Il passait des nuits entières, solitaire, dans ce genre d’endroits; après avoir bu quelques bouteilles de vin rouge, il entendait les voix des dieux dans le bruissement des arbres.


13,37

Ses livres sur le sujet ont aussi impressionné le jeune Hitler, qui fera établir plus tard des guides de ce genre de lieux de culte en Allemagne.


13,55

Le plus souvent, List est seul lors de ces excursions; une fois, pourtant, ses amis l’accompagnent: sur les ruines de Carnuntum, lors d’une grande fête du solstice, ils veulent commémorer la bataille au cours de laquelle les tribus germaniques auraient vaincu les Romains, vers 400 après J.-C.


14,15

Après un rituel du feu, huit bouteilles de vin sont disposées en forme de croix gammée et enterrées sous la cendre.


14,26

On consacre ce lieu: il devient un centre de la résistance à l’invasion séculaire de la Germanie par les légions romaines et les missionnaires chrétiens.


14,47

A la suite d’une opération, List perd la vue pendant onze mois. Il vit dans la pénombre d’un monde intérieur hallucinatoire.


14,55

Il affirme avoir compris durant cette période la signification mystique des runes; il publie alors un écrit qui exercera une grande influence sur les milieux nationaux-populistes.


15,08

Les runes sont pour lui des visions profondes dans les forces invisibles de la nature, il les appelle des " signes sacrés ", des " moyens de concentration " qui stimulent l’introspection.


15,23

Selon lui, après la persécution de la religion germanique par l’Eglise, les runes ont été conservées sous une forme codée par quelques initiés - par exemple dans les blasons des familles nobles, ou dans les symboles des constructeurs de cathédrales.


15,41

Les interprétations de List sont de purs produits de l’imagination, indéfendables d’un point de vue scientifique.


15,48

Nous avons demandé à un spécialiste des runes ce que l’on sait vraiment sur ces signes:


15,55

" Le terme de runes désigne d’une part un caractère typographique, nous l’utilisons ainsi aujourd’hui, c’est une création savante du XVIIe siècle, reprise en Scandinavie. Il existe des épigraphes de l’antiquité où l’on parle effectivement de runes, on trouve par exemple sur une épigraphe allemande: " Boso a brisé la rune ", ici, rune signifie forcément signe typographique, tout comme on parle en allemand de ‘Buchstabe’ pour désigner les lettres, il existe dans la tradition nordique un ‘Runenstab’, ce sont donc des caractères typographiques.


16,25

Il existe parallèlement une tradition que nous connaissons, par exemple, dans la Bible gothique, et qui utilise ce mot ‘Runa’ à la place du grec ‘mysterio’ (le mystère); nous nous trouvons donc face à une transformation du sens. Bien sûr, nous ne savons pas laquelle de ces deux significations est la plus ancienne, il existe même peut-être deux mots identiques, mais au sens différent: nous n’avons pas la possibilité scientifique de l’établir.


16,49

Quant à votre deuxième question, à savoir si les runes nous apprennent quelque chose sur la société de l’époque, je voudrais apporter, sur le principe, une réponse positive.


17,02

On a deux possibilités. D’abord, on peut se pencher sur les épigraphes en forme de runes, que nous connaissons depuis le IIe siècle, et s’interroger sur leur message réel.


17,11

Nous y trouvons la mention d’un fabricant, le nom d’un propriétaire, on y évoque aussi parfois un contexte funéraire magique, nous y découvrons des modes d’emploi et nous disposons ainsi d’un petit accès à la manière de vivre de ces personnes.






17,26

Un deuxième indice se trouve dans les désignations qui se rapportent à chaque rune, et qui nous ont été transmises dans des manuscrits, depuis le IXe siècle. Elles n’apparaissent pas dans les épitaphes. - Elles font apparaître un univers dans lequel les dieux jouent un rôle, dans lequel des phénomènes naturels comme la glace, la grêle, les soucis et les joies humains - la détresse, le bonheur, le délice - jouent un rôle, et où les éléments comme le soleil, la glace et la grêle tiennent aussi leur place. "


18,06

Aussi arbitraires qu’elles aient été, les interprétations occultes de List ont exercé un effet considérable au début de ce siècle.


18,15

On les retrouve dans les catalogues du mouvement Wandervogel, qui proposent des bijoux en forme de runes, adaptés à une ambiance de renouveau qui puise son énergie dans de prétendus symboles germaniques antiques.


18,41

List détourne aussi au profit de ses fantasmes nationaux-populistes le recueil de mythes islandais de la Edda. Inspiré par Blavatsky, il y voit des souvenirs originels et codés rappelant l’origine de la " race aryenne " dans le grand Nord.


18,58

Quant aux combats entre les géants et les nains que racontent ces sagas, il les interprète comme des guerres bien réelles entre races supérieures et inférieures.


19,09

Le mysticisme de la nature et les spéculations ésotériques se focalisent de plus en plus sur une idéologie nationale-populiste, laquelle réclame qu’on libère l’esprit germanique des influences étrangères.


19,22

Dans ce but, List fonde en 1908 une société à laquelle adhèrent de nombreuses personnalités illustres de Vienne, comme le maire de la ville, Karl Lueger, un antisémite qui deviendra un grand modèle pour Hitler.


19,42

On salue la Première Guerre mondiale comme un acte de purification spirituelle, réaction à une prétendue décadence attribuée au socialisme, à la démocratie et au mélange des races.


19,57

Les écrits de List reprennent cette ambiance et l’amplifient; dans les tranchées et les infirmeries de campagne, on les lit beaucoup, ils servent de consolation dans cette période noire.


20,14

Dans l’un de ses derniers écrits, on peut lire:


20,18

" Oui, une fois encore, les étincelles doivent jaillir des navires de combat aryo-germano-austro-allemands, une fois encore les éclairs de guerre de Donar doivent sortir en sifflant de nos dreadnoughts, une fois encore nos armées nationales doivent percer vers le Sud et vers l’Ouest pour imposer l’ordre ". 20,39


IV.


21,14

En même temps que List - dont il sera plus tard l’un des compagnons de route - entre en scène un autre mystique autrichien, qui exercera une forte influence sur l’univers mental de Hitler.


21,27

La fascination qu’exercent sur lui les anciens ordres de chevalerie pousse le jeune Adolf Lanz à entrer, en 1893, au monastère de Heiligenkreuz, près de Vienne, dont les traditions perpétuent à ses yeux celles des légendaires templiers.


21,44

Dans la tranquillité des cloîtres et des jardins, il s’immerge dans l’atmosphère du romantisme chevaleresque médiéval, dans un monde de nobles héros qui se battent pour le bien et la justice.


22,05

Un jour, on trouve une plaque funéraire au revers de laquelle a été sculpté un étrange bas-relief.


22,13

Plus tard, Lanz a comparé la vision de cette sculpture à une illumination: pour lui, l’homme debout sur une créature fabuleuse est un templier qui repousse du pied une menace exercée par des races inférieures.


22,33

Celles-ci seraient nées dans les temps primitifs, à la suite de l’accouplement de demi-dieux nordiques avec des animaux.




22,44

Les créatures mythologiques que l’on trouve sur les bas-reliefs assyriens lui servent de preuve: il qualifie de " singes de Sodome " les créatures menées par des chaînes, et voit en elles des races métissées qui ont, jadis, vraiment existé.


23,01

Elles sont selon lui les ancêtres des peuples à peau sombre du sud, qui, aujourd’hui, n’attendent que l’instant où ils pourront séduire et corrompre les Aryens blancs.


23,21

Dans quelle mesure les mythes étendent-ils notre pensée, dans quelle mesure l’enfouissent-ils?


23,26

Lanz réduit la multiplicité sémantique des images à une seule signification arbitraire: une interprétation superficielle de la mythologie, qui revient constamment dans la période qui précède le " Troisième Reich ".


23,41

Il se confère un titre de noblesse et quitte le monastère pour fonder un ordre et la revue Ostara, destinée à diffuser des informations sur sa théorie raciale.


24,26

Ses contacts avec de riches industriels à Vienne lui permettent d’acheter un château sur le Danube; on l’aménage pour en faire un lieu de culte du Nouvel Ordre des Templiers.






24,38

Des écrits et des chansons exaltent le paysage qui l’entoure - la région des Nibelungen - présenté comme le lieu sacré du peuple germanique élu par Dieu.


24,50

Aujourd’hui encore, un peu de tout cela survit dans cette région: de petits éditeurs d’extrême-droite diffusent ici des fac-similés de Ostara et d’autres textes de mystique raciale.


25,02

Lanz fait du château de Werfenstein le centre proclamé d’un combat de civilisation à venir; il organise des conférences et des concerts qui accueillent parfois des centaines d’invités prestigieux et venus de loin.


25,29

Une " salle du Graal " est destinée aux rites spéciaux du premier cercle: ici, on chante pour demander à Dieu d’éliminer les races inférieures.


25,43

Même l’écrivain suédois August Strindberg participe à ce genre de manifestations: lui aussi poursuit des objectifs similaires. Après une crise spirituelle, il vient chercher un refuge dans cette communauté.


26,00

Les écrits de Lanz ne sont pas seulement des fantasmagories grotesques, mais déjà des esquisses concrètes de ce que les nazis réaliseront plus tard:


26,10

En 1932, il écrit à l’un de ses frères d’ordre:


26,15

" Sais-tu que Hitler est l’un de nos disciples. Tu le verras vaincre, et nous à travers lui, et nous déclencherons un mouvement qui fera trembler le monde. "26,26


V.


26,46

Dans l’hospice viennois pour sans-abri où le jeune Hitler habite à partir de 1909, il lit déjà régulièrement les articles de la revue Ostara


26,57

Pour trouver quelques exemplaires manquants, il va même un jour rendre visite personnellement à Lanz, qui les lui offre généreusement.


27,07

Il y trouve la confirmation de ses propres idées, et un royaume mythique peuplé de figures de lumière nordiques, un monde dans lequel il entre avec une ferveur juvénile.


28,05

Dans son enfance, déjà, il avait dévoré les Légendes héroïques allemandes. A présent, à Vienne, le jeune homme de vingt ans ne manque pratiquement jamais une représentation à l’opéra lorsqu’on y donne du Wagner.


28,17

Dans son imagination, les personnages wagnériens s’associent aux motifs fondamentaux des textes de Lanz: de chastes héros affrontant un monde de décadence et d’impureté.


28,30

Au début du siècle, Hitler découvre une Vienne ébranlée par de fortes tensions sociales.






28,39

" Une richesse éclatante et une pauvreté abjecte alternaient de manière abrupte ... devant les palais des boulevards circulaires fainéantaient des milliers de chômeurs, et sous cette via triumphalis de l’ancienne Autriche, les sans-abri logeaient dans la pénombre et la fange des canaux.


29,02

Je pouvais ainsi me tenir des heures durant devant l’opéra et admirer le parlement, tout le Ring me faisait l’effet d’un enchantement issu des Mille et une nuits. "


29,20

Pour échapper à ces réalités, il se réfugie dans un univers onirique et révolu.


29,29

Dans le Hofburg, les joyaux du Reich des Habsbourg lui rappellent une tradition brillante et nourrissent son imagination hantée par l’idée d’une renaissance de l’empire allemand. 29,41




VI.


29,57

Avec l’activité du spécialiste de l’ésotérisme Rudolf von Sebottendorff, un autre mythe prend sa place dans l’antichambre des nazis: la légende du royaume nordique de Thule.


30,10

Cherchant des personnes partageant ses croyances, Sebottendorff tombe en 1916, à Munich, sur un encart publié par un dénommé " Ordre germanique " qui a repris une mise en garde de Moïse au peuple juif pour en faire son programme:


30,26

" Le seigneur enverra sur toi un peuple, depuis le lointain, depuis le bout du monde, depuis le milieu de la nuit, un grand peuple, fort, puissant, qui aura été le premier peuple...

Un peuple à la langue profonde, cruel et sans miséricorde à ton égard. "


30,59

La revue de l’Ordre ne cachait pas non plus ses opinions.


31,04

" ’Runen’ provient du mot ‘Raunen’ (murmurer), et signifie ‘science mystérieuse’. L’esprit germanique se manifeste en murmurant, tel est le secret de nos loges.


31,16

Frais et joyeux, nous proclamons ce mystère, nous n’avons pas besoin de le cacher comme le font ces sociétés secrètes dirigées par des Hébreux. "


31,28

Sebottendorff entre dans l’Ordre germanique et forme en 1918, à partir de la Loge de Munich, ce que l’on a appelé la " Thule-Gesellschaft ", qui siège à l’Hôtel des Quatre Saisons et compte bientôt dans ses rangs des membres influents.


31,43

Le mot " Thule " fait référence à un récit de voyage du marin grec Pytheas de Marseille, qui prétend avoir découvert en 340 avant J.-C., près de l’Islande, une civilisation portant ce nom.


31,58

Sebottendorff, ardent lecteur des textes de List et de Lanz, croit comme ceux-ci que les traces laissées par les peuples mégalithiques correspondent à ce Thule et constituent les preuves de l’existence fort ancienne d’un esprit nordique supérieur.


32,14

" Il y a six mille ans, lorsqu’une nuit profonde recouvrait encore l’Inde, l’Égypte, la Mésopotamie, nos ancêtres mesuraient les étoiles avec les cercles de pierre de Stonehenge et Udry, déterminaient l’année et le calendrier des fêtes.


32,30

L’ère glaciaire a créé l’Aryen, l’homme blanc et sage du Nord, qui allait apporter au monde la civilisation. "


32,40

Ce mythe fournit les bases intellectuelles du combat contre les Juifs.






32,49

Du point de vue de la " Thule-Gesellschaft ", ils sont responsables de l’esprit corrupteur de la démocratie et du socialisme: un peuple sans racines, qui voudrait, par jalousie, miner la vieille culture germanique.


33,13

En 1918, à Munich, une période agitée commence: le journaliste juif Kurt Eisner et ses partisans sociaux-démocrates attirent dans leur sillage cent mille personnes, et les soldats de l’armée royale.


33,32

Au terme d’un coup d’État sans épanchement de sang, les Wittelsbach sont déposés et le roi Louis III est banni avec sa famille.


33,43

On fonde alors ce que l’on a appelé les " conseils d’ouvriers et de soldats ", et l’on forme un Conseil national provisoire, dont Eisner est le Premier ministre.


33,53

Sebottendorff prononce alors un discours exalté pour appeler la Thule au combat:


34,00

" Hier, nous avons vu s’effondrer tout ce qui nous était familier, cher et précieux.


A la place de nos princes, de nos parents de sang, règne à présent notre ennemi mortel: Judas.


Ce qui sortira du chaos, nous l’ignorons encore. Tant que je tiens ici dans ma main le marteau de fer, j’ai la volonté d’engager la Thule dans ce combat!


Notre ordre est un ordre germanique, germanique est la fidélité. Notre dieu est Walvater, sa rune est l’Aarrune... L’Aarrune signifie Aryen, feu originel, soleil, aigle... A partir de ce jour, l’aigle est notre symbole, il doit nous rappeler que nous devons traverser la mort pour pouvoir vivre. "


34,57

Une tentative pour enlever Eisner échoue, mais on arme une milice - l’Union de Combat de Thule - pour obtenir, par le combat de rue, le renversement de ce gouvernement des Conseils que l’on déteste.


Le jeune Rudolf Hess - le futur adjoint d’Adolf Hitler - y participe lui aussi avec enthousiasme.


35,20

Hitler lui-même n’a été que l’hôte de la Thule, et y a vraisemblablement entendu quelques conférences. En 1920, à partir d’une branche latérale de cette société, il forme le NSDAP, le parti nazi.


35,37

Il trouve un grand modèle en la personne de l’écrivain Dietrich Eckart, dont l’oeuvre tourne autour des mythes nordiques, et qui prône dans ses textes un antisémitisme métaphysique.


35,50

Eckart dénigre l’esprit juif comme une religion strictement cantonnée à ce monde, qui ne connaît pas la survie de l’âme après la mort, et s’attache donc au matériel et au terrestre: une conception qui ignore totalement la longue tradition du mysticisme juif.




36,09

Les croquis que réalise Hitler au cours de ces années-là montrent comment il tire de prétendues runes l’emblème définitif de son nouveau parti.


36,20

Il transforme le signe arrondi de la Thule-Gesellschaft en une croix gammée anguleuse, dans laquelle il voit un très vieux symbole germanique de la montée du soleil hors de la nuit et de l’obscurité.


36,41

Les mythes et les symboles nordiques deviendront une source essentielle des fantasmes nationaux-populistes dans cette période agitée.


36,51

Bien avant 1933, on a préparé intellectuellement le terrain à l’avènement d’un " Führer " messianique censé défendre la " lumière aryenne " contre la " pénombre judéo-bolcheviste ". 37,05


VII.


37,49

Aujourd’hui encore, on semble ne pas comprendre comment les nazis ont pu faire adhérer à leurs objectifs, dans l’enthousiasme, des masses aussi considérables.


38,02

La construction des autoroutes, la création d’emplois et la propagande qui les accompagna ont-t-elles suffi?


38,17

N’y a-t-il pas forcément eu à cette époque une cause plus profonde, et plus difficile à discerner?


38,28

L’étranger aussi a longtemps observé, parfois même admiré, la manière dont les symboles, les fêtes religieuses et les tempêtes d’enthousiasme jaillissaient de nulle part dans ce pays étrange, sans qu’on puisse les expliquer à l’aide des catégories politiques traditionnelles.


38,49

Les nazis utilisaient de grandes images mythologiques et s’adressaient ainsi à des strates archaïques du subconscient.


39,03

Un article de presse consacré au Congrès du parti de 1937 décrit un rituel au caractère presque religieux:


39,17

" Lorsque Adolf Hitler entre sur le Zeppelinfeld, cent cinquante projecteurs de la Luftwaffe, répartis tout autour du terrain carré, s’allument et découpent dans la nuit un baldaquin de lumière.


39,30

La surprise est encore trop grande, on n’a jamais rien vu de pareil. Le vaste terrain ressemble à présent à une immense cathédrale gothique, faite de lumière. 140 000 personnes - c’est sans doute le nombre que l’on a atteint - restent captivées par cette vision.


40,00

Le chant du serment monte dans ce cône lumineux sans fin. Ce sont les disciples de l’Ordre qui l’entonnent. C’est comme une grande prière, pour laquelle nous nous sommes tous rassemblés ici afin de puiser une nouvelle force.


40,17

Oui, c’est cela, on tient ici une heure de dévotion pour le mouvement, et une mer de lumière la protège contre la pénombre, là-bas, à l’extérieur. "


40,50

Mais pour beaucoup, c’est une sombre période.


40,58

On se rappelle les symboles antiques, les traditions ensevelies, les signes cachés de la force.


41,27

Ernst Bloch a dit un jour: " Si les rationalistes et les humanistes avaient eu des images plus fortes, les nazis ne seraient pas arrivés au pouvoir.








41,43

Lorsqu’une culture ne prend pas au sérieux les archétypes, les mythes et les symboles, il arrive que ceux-ci la prennent à revers.


42,00

La cathédrale de lumière, à Nuremberg, n’était pas une cathédrale gothique, mais la caricature d’un temple païen: un Stonehenge en glace, disproportionné.


42,14

Un témoin raconte avoir entendu tout d’un coup au-dessus de lui, pendant le spectacle, d’étranges cris d’animaux.


42,23

Lorsqu’il leva les yeux vers le ciel nocturne, il vit des dizaines d’oiseaux aveuglés qui s’étaient laissé prendre dans le point de focalisation des puissants projecteurs et n’arrivaient plus à s’en échapper.


42,38

Un peu de vérité physique dans toute cette grandeur factice.


42,53

Ce qui, à Nuremberg, était constitué de lumière, allait devenir plus tard une réalité de pierre.


43,00

Les plans architecturaux du " Troisième Reich " prévoyaient la construction d’édifices monumentaux, dont la taille, à elle seule, leur permettait de prétendre à l’éternité.




43,14

L’individu devait totalement disparaître dans cette atmosphère de lieux solennels, de temples des morts et de halles de méditation, destinée à sublimer un culte outrancier des ancêtres.


43,56

Albert Speer, l’architecte de Hitler, avait été chargé de tout faire construire en granit, et même de préparer des croquis représentant ces bâtiments lorsqu’ils ne seraient plus que des ruines.


44,12

Pour Berlin, on prévoyait un gigantesque édifice à coupole de 220 mètres de haut, dans laquelle 180 000 personnes pourraient prendre place: un bâtiment de culte sacré destiné à la glorification de la race nordique, aux yeux de Hitler la plus ancienne et la plus sublime du monde.


44,40

Ses propos de table l’attestent: pour lui, l’origine des " Aryens " ne remontait pas aux Germains, mais à de hautes civilisations disparues dont seuls parlent encore les mythes et les légendes.


44,58

Ces bâtiments gigantesques devaient aussi rappeler les demi-dieux géants de l’Atlantide ou de Thule, auxquels Hitler croyait secrètement, comme List, Lanz ou Sebottendorff.


VIII.




45,16

Alfred Rosenberg, l’idéologue en chef du NSDAP, issu de la Thule-Gesellschaft, défendait des convictions tout à fait analogues. Dans son livre Le Mythe du XXe siècle, il parle de l’Atlantide comme si c’était, de toute évidence, la patrie originelle des Germains.


45,35

Il en va de même pour Heinrich Himmler, qui s’intéressa dès sa jeunesse à la mythologie et à l’ésotérique.


45,46

Le chef de la SS fonda en 1935 son propre institut de recherche, baptisé " Ahnenerbe " (héritage des ancêtres) pour prouver scientifiquement que les premiers courants intellectuels de l’humanité ne prenaient pas leur source en Orient, mais dans le Grand Nord.


46,04

Pour le film Germains contre pharaons, on reconstitua de luxueuses maquettes du lieu de culte de Stonehenge, afin de montrer quel niveau de connaissances techniques et astronomiques la race nordique possédait déjà aux temps primitifs.


sous-titres




47,44

Hermann Wirth, l’un des fondateurs de l’institut " Ahnenerbe ", considérait les bâtisseurs de Stonehenge comme les descendants de la légendaire Atlantide, qui avait selon lui existé voici des centaines de milliers d’années, au Pôle Nord.


47,59

C’est aussi de cette époque que dataient selon lui les peintures rupestres suédoises de Bohuslän, qu’il étudia au cours de deux expéditions de la SS.


48,17

Il les interpréta comme des documents religieux sur la plus ancienne race de la terre, celle dont les écrits avaient porté dans le monde entier les premiers courants de la civilisation.


48,31

Au lieu d’aborder ces témoignages impressionnants de l’Âge de Bronze en tentant de les dater de manière réaliste et de les interpréter avec prudence, Wirth les détourna au profit des objectifs mégalomanes et patriotiques du " Troisième Reich ".


48,48

On peut en dire autant de Karl Maria Wiligut, l’un des personnages les plus impénétrables, à ce jour, au sein de la SS.


48,56

Il fut six années durant un proche collaborateur de Himmler, et dirigea son propre département, chargé des questions mythologiques et ésotériques.


49,07

Wiligut pensait descendre d’une antique tribu gothique - les Wiligoths - et disposer de ce qu’il appelait le " souvenir héréditaire ", qui lui permettait de plonger avec clairvoyance dans l’histoire millénaire de la race nordique.


49,24

Une formation spéciale assurée par son grand-père lui avait, disait-il, appris à ranimer les strates les plus profondes du souvenir au sein de son subconscient.


49,36

Il entreprit effectivement des voyages de recherche pour la SS, afin de retrouver les derniers restes d’une religion primitive germanique très ancienne, qu’il croyait reconnaître dans les sculptures de pierre, les épigraphes en runes et les lieux de culte.


50,03

Wiligut crut ainsi discerner dans les grands massifs rocheux du sud de l’Allemagne des fortifications primitives datant de l’Atlantide, et y vit une preuve de la supériorité dont faisaient preuve nos ancêtres nordiques dans l’art du traitement de la pierre.


50,22

Il ne fait aucun doute qu’il existait encore à cette époque en Allemagne des traces d’un univers religieux préchrétien dans les églises, les lieux de culte, les contes et les légendes; mais en faisant preuve d’autant d’arrogance, les nazis ont piégé jusqu’à nos jours tout travail sur ces questions.


50,41

Himmler lui-même croyait que l’on pouvait encore trouver au Tibet et au Pérou des traces de l’Atlantide: selon lui, les survivants de cette culture s’y étaient réfugiés sur les hauts plateaux après les grands déluges.






50,56

Une expédition au Tibet, cofinancée par la SS, fut chargée de confirmer ce genre de thèses en 1939; mais son chef, Ernst Schäfer, un scientifique lucide, s’y refusa.


51,15

Il emmena tout de même avec lui un chercheur sur les races, pour vérifier si l’on n’y trouvait pas tout de même encore des traces de migrants nordiques primitifs.


sous-titres




53,42

Les fantasmes de Himmler sur l’origine de la " race aryenne " d’Atlantide ont eux aussi été influencés par Guido von List et Lanz von Liebenfels.


53,54

La conception du monde de Wiligut présente de fortes similitudes avec les idées de List, qu’il a connu personnellement, alors que Richard Anders, un autre SS passionné par l’ésotérisme, était membre du nouvel Ordre des Templiers de Lanz.


54,13

Anders photographia sur les lieux de culte en Allemagne les traces de ce qu’il appelait les " sculptures de pierre ": des têtes d’animaux ou d’êtres humains réalisés avec savoir-faire, reliques d’une religion primitive européenne que l’on disait vieille de vingt mille ans, et d’où étaient issues toutes les autres cultures.




54,37

De tels monuments, qui, prétendait-on, remontaient aux temps les plus anciens, étaient censés rappeler à l’Allemagne qu’elle était de nouveau appelée à assurer la direction intellectuelle de la terre.


54,56

Mais le principal lieu de recherche de la SS fut un ensemble de rochers, appelé " Externsteine " situé dans la forêt de Teutobourg, que Himmler et Wiligut considéraient eux aussi comme un lieu de culte remontant à l’époque de l’Atlantide.


55,26

Dans les années trente, la SS y mena des fouilles pour prouver l’existence d’un sanctuaire germanique. Sans succès.


55,42

Malgré l’absence de découvertes archéologiques, on affirma qu’un culte du soleil avait déjà été célébré ici dans les temps primitifs.


55,55

On prétendit aussi que la grotte rocheuse était une caverne de culte où l’on célébrait le solstice d’hiver - en fait, il s’agissait sans doute d’un lieu de méditation pour les ermites chrétiens.


56,10

Sur le signe apposé au mur, ils reconnurent une rune: il s’agit plus vraisemblablement de la représentation d’une potence, car cet endroit a aussi été utilisé au Moyen Âge comme lieu d’exécution.






56,25

Une cavité, située au sommet, aurait également, selon eux, servi à la fête du solstice d’été, car le soleil y apparaît le 21 juin, derrière une ouverture ronde au-dessus des cimes.


56,39

Mais la technique de taille utilisée pour cet autel n’était pas encore connue des Germains; elle permet plutôt de conclure à l’existence de cultes préchrétiens, qui contenaient encore des éléments de religion naturelle.


56,59

Cela vaut aussi pour le relief de déposition de croix du Moyen Âge, avec son frêne courbé dans lequel les néo-païens voient un signe de victoire de l’Eglise sur la religion de Wotan.


57,32

De tout temps, les Externsteine ont attiré ici un public très hétéroclite, venu y découvrir le mysticisme germanique, malgré l’absence de la moindre preuve.


57,44

Chaque année, le 21 juin, des néo-païens, des hippies invétérés, des tenants de l’ésotérisme et des extrémistes de droite se rassemblent pour célébrer le solstice d’été.


57,59

Après de vives confrontations, les extrémistes se sont retirés et célèbrent leurs rituels dans des lieux cachés.








58,20

A quoi tient l’attrait de ce lieu pour de jeunes gens, et que savent-ils de son implication dans le " Troisième Reich? "


58,30

" Eh bien, maintenant, nous portons des vêtements germaniques, enfin, moi, c’est plutôt de l’époque des Vikings, nous sommes membres de la Communauté de Foi Germanique de Berlin, et nous sommes ici pour le solstice d’été.


58,41

Et Biarka est sorcière, elle fait... enfin, tu peux le dire toi-même...


58,47

Oui, je dirige simplement le groupe de sorcières de la Communauté, nous nous intéressons aux travaux magiques, etc., et nous célébrons les fêtes de la pleine lune... "58,51


(- Egalement à Berlin ?

- Oui, à Berlin...)


58,59

" C’est un joli lieu, tout simplement. Je pense qu’il y a là quelque chose de mystique, en tout cas ce lieu a un rayonnement, mais positif, je pense, ça dépend aussi beaucoup des gens qui sont ici et qui, d’une certaine manière, renforcent cette ambiance, en positif ou en négatif, je pense que c’est simplement un lieu chargé de vives émotions, parce que c’est un décor très impressionnant. "






59,27

" C’est ici... comment dire... le lieu de la dernière résistance non chrétienne contre le christianisme, résistance qui a été écrasée vers l’an 700. C’est donc tout à fait un lieu d’insurrection - ou de déclin.


59,50

La corne, c’est de l’hydromel, bon, je ne veux pas parler de l’univers germanique maintenant, mais c’est la boisson qui convient, ça réchauffe bien, ça donne une bonne ivresse, c’est bon et digestible. La corne, je l’ai achetée un jour sur un marché, elle m’a plu, en fait elle vient d’Afrique, il faut le savoir, c’est-à-dire pas d’ici, parce qu’ici, il n’existe plus de boeufs de ce type-là. "


11:00,16

" Ici, les extrémistes de droite sont très peu nombreux. On tente souvent de faire croire que tout le milieu est d’extrême-droite, ça ne tient pas debout. Si vous rencontrez aujourd’hui plus de trois ou quatre extrémistes, je vous offre un hydromel.


00,39

Rien, strictement rien ici ne va dans ce sens, nous sommes absolument pacifiques, et même si l’on établit - certainement à juste titre - une relation entre ce lieu et les Germains, il ne faut pas forcément faire le lien avec les cinquante, soixante ou soixante-dix dernières années, même si l’on y avait certainement une très haute estime pour le germanisme, mais notre histoire n’a pas seulement cinquante, soixante ou soixante-dix années, elle est encore un peu plus vieille.


01,13

Et dans notre histoire antérieure, nous n’avons pas eu que des périodes noires. "


01,19

" Non, les pierres sont plus vieilles que nous ne pouvons le penser et le concevoir. Cela va plus loin, cela n’a strictement rien à voir avec la culture allemande ou ce genre de choses, les pierres sont ici depuis plus longtemps que l’Allemagne, ou la Germanie, ou n’importe quoi d’autre. Je pense qu’à l’époque, il n’existait encore aucun grand cercle de civilisation dans ce sens du terme, il y en avait d’importants, certainement, mais pas de grands, dans ce sens-là. "


01,50

" Et je me suis aussi intéressé à la mythologie germanique, j’ai fait des expériences, nous avons compris lors d’une cérémonie purificatrice que les runes sont recouvertes d’une épaisse couche de boue et de saleté parce qu’elles ont derrière elles ce triste passé, parce qu’on les a détournées. Et pour moi, les runes sont des outils très efficaces pour concentrer les forces, et l’important, c’est toujours l’orientation, ce qu’elles provoquent, la manière dont elles agissent.


02,30

J’y vois une grande difficulté à travailler ici avec les runes, et d’une manière générale à se pencher sur le mythe et les rites germaniques, parce qu’il faut traverser cette couche de boue déposée par le national-socialisme, et faire oublier le détournement des runes pour les utiliser d’une autre manière. "


03,12

En ce lieu, on parle beaucoup de ses racines et des traditions mystiques.




03,28

L’absence de toute preuve de l’existence d’un lieu de culte germanique n’intéresse presque personne: de jeunes gens qui ne savent pas par quel bout prendre le christianisme se projettent dans de vagues idées de temps primitifs païens et satisfont leur désir de mysticisme, d’ivresse et de communauté.


04,08

Loin d’être un véritable objet de recherche sur la pratique religieuse germanique, ce lieu a été transformé depuis plus d’un siècle en un mythe sur lequel on projette tous les fantasmes personnels.


04,26

On recherche l’attrait de situations nébuleuses, crépusculaires, plutôt que d’étudier avec une conscience lucide l’univers archaïque des images d’antan.


04,48

Les lieux de culte n’étaient pas le seul endroit où Himmler croyait trouver les traces d’une lignée primitive. Il se considérait lui-même comme l’incarnation du roi Henri Ier, qui avait déjà protégé, mille ans plus tôt, le peuple allemand contre la menace de l’Orient.


05,06

La cathédrale de Quedlinburg, où celui-ci fut inhumé en 936, était considérée, avec les Externsteine comme un autre lieu de culte majeur de l’Ordre Noir.


05,20

La SS s’empara de l’église, en éloigna l’autel et les prie-Dieu, et la proclama lieu sacré national-socialiste.


05,33

Chaque année, on mettait en scène à grand frais la cérémonie d’anniversaire du roi; de nombreuses personnalités nationales-socialistes y assistaient, et l’on célébrait le défunt comme le modèle d’une personnalité authentiquement germanique.


05,54

Himmler affirmait que le roi lui apparaissait parfois dans son sommeil, et le conseillait dans sa mission difficile.


06,06

On dit qu’après les cérémonies officielles, le Reichsführer de la SS s’enfermait dans la crypte à minuit pour dialoguer encore avec son ancienne incarnation.


06,28

Avec ce type de lieux sacrés, on tentait de placer la SS dans une longue lignée qui devait conforter et endurcir ses membres.


06,42

Le Bois des Saxons, à Verden-an-der-Aller, avait un objectif analogue: en mémoire des 4500 chefs germaniques exécutés par Charlemagne, Himmler fit disposer un nombre équivalent de blocs erratiques, qui forment un long chemin circulaire.


07,12

En juin 1935, au cours d’une fête nocturne, l’installation fut inaugurée avec un discours de Himmler, et proclamée lieu de formation de la SS.






07,26

Au son d’instruments à vents germaniques anciens que l’on avait spécialement reconstitués pour l’occasion, on alluma un grand bûcher et l’on entonna la chanson " Flamme empor ".


07,46

Avant les grands feux du solstice, on se donnait du courage pour lutter contre les puissances des ténèbres, on sacrifiait sa personnalité sur l’autel de prétendues grandes idées.


08,07

Dans le feu, on devinait l’âme des ancêtres, éternelle et indestructible, celle dont on était issu et à laquelle on reviendrait un jour.


08,33

Ce lien aux traditions antiques était aussi confirmé par des signes et des symboles archaïques.


08,43

A cette fin, on faisait appel aux runes germaniques antiques, et l’on utilisait leur aura de force et de mystère.


08,53

Sans s’inquiéter des connaissances scientifiques, Himmler voyait en elles les plus anciens caractères de la terre, et il les introduisit dans la formation idéologique de la SS.


09,07

Le poids que même de hauts gradés de la SS accordaient à tout cela apparaît dans une lettre adressée par Oswald Pohl à son fils, auquel il offrit pour son dix-huitième anniversaire une bague ornée de runes.


09,17

" Mon fils! Dans le splendide printemps allemand que nous a apporté notre Führer Adolf Hitler, les sources ensevelies du sentiment existentiel germanique et de la vision germanique de la vie jaillissent de nouveau. L’important aujourd’hui est de proclamer de nouveau sa foi dans l’originel et l’authentique, l’important est de donner forme à la vie à partir de cet esprit-là. Dans ce but, mon fils, je reprends le droit qui revient à chaque père de famille de sang germanique, et je te déclare solennellement membre autonome de la lignée de tes aïeux. "09,49


09,56

En guise de distinction honorifique pour certains membres de la SS, Karl Maria Wiligut dessina la " bague à tête de mort ", portant quatre signes en runes dont Guido von List a fourni l’interprétation:

09,11 L’esprit créateur doit vaincre.

09,18 Que l’homme fasse un avec Dieu l’Éternel

09,25 La force de ton esprit te rend libre.

09,35 Soigne le Tout en toi et tu maîtriseras le Tout.


09,46

La tête de mort elle-même passait pour le symbole de la disparition de sa volonté personnelle, au service d’une mission supérieure.


09,57

Lorsque Himmler apprit, en 1939, que ses idées démentielles avaient valu à Wiligut d’être interné en hôpital psychiatrique dans les années vingt, il ne put faire autrement que de le chasser de la SS.


11,11

Mais il resta en contact avec lui à titre privé, et continua à lui demander conseil sur les questions liées à la mythologie et à l’ésotérisme.


11,22

Pendant la guerre, tous deux échangèrent ainsi des lettres où ils cherchaient à déterminer quelles runes seraient le mieux appropriées, sur les tombes des SS, pour permettre le retour des morts dans le ciel des dieux germaniques.




IX.


11,57

Outre l’Atlantide, les lieux de culte et les runes, Himmler détourna aussi le mythe du Saint Graal pour prouver la " supériorité aryenne ".


12,14

En 1936, il fit ainsi entrer dans la SS, , un homme qui travaillait déjà sur cette question depuis plusieurs années.


12,23

Le jeune Otto Rahn était allé dans les Pyrénées chercher le château du Graal dont Wolfram von Eschenbach parle dans son Parsifal: certaines données géographiques l’incitèrent à supposer qu’il s’agissait des ruines de Montségur.


12,46

Au Moyen Âge, ce château avait été le dernier refuge des cathares, une communauté religieuse hérétique que l’Inquisition avait fini par exterminer.


13,01

Rahn reconnaissait en eux la Table Ronde du Saint Graal, qui, en se fondant sur d’anciennes traditions celtes, avait constitué un contrepoids à l’Église romaine.


13,20

A la recherche des symboles et documents ésotériques disparus, il explore les cavernes des Pyrénées où les cathares s’étaient réfugiés pour échapper à leurs bourreaux.




13,45

Rahn était fasciné par leurs châteaux haut perchés, qui constituaient selon lui l’expression d’un culte extrême de la pureté: l’idée de vivre à proximité immédiate de Dieu, au-dessus des bas-fonds de la vie matérielle et des désirs de la chair.


14,12

Il mène une singulière double vie: il vit clandestinement son homosexualité, mais recherche dans le même temps une purification spirituelle incarnée à ses yeux dans le symbole du Graal.


14,32

Selon Wolfram von Eschenbach, celui-ci est une " pierre de lumière " tombée jadis sur la terre depuis les sphères célestes.


14,42

Autour de lui se serait regroupée une assemblée choisie de chevaliers, qui puisaient dans sa lumière la force de mener leur combat contre le mal.


14,53

Un mythe qui séduisait particulièrement Himmler. Pour lui, la SS était un ordre sacré, qui devait protéger la " lumière aryenne " contre la " pénombre judéo-bolcheviste ".


15,07

Comment Rahn entra-t-il à la SS?


15,11

" A part cet Obergruppenführer SS, dont le nom m’échappe et que je n’ai jamais rencontré, il n’y avait pour lui qu’un seul homme important dans la SS, et c’était Himmler. Himmler seul comptait.


15,26

Himmler l’avait intégré à son état-major personnel, on y trouvait des fous, des ergoteurs, et peut-être aussi des gens intelligents. C’est dans cette garde-là qu’il a été incorporé, il y avait trouvé sa place, il s’y sentait protégé, on lui donnait de l’argent, il avait un uniforme, un rôle, mais il faisait une fixation sur Himmler, qui était un saint pour lui: il le protégeait et ne savait rien de tout cela...


15,54

... lorsque Rahn, à la fin de sa vie, a été muté en camp de concentration, pour s’endurcir, -il avait été dégradé, était redevenu simple SS, il n’était plus officier- il continuait à dire: ’Himmler lui ne sait rien de tout cela, il faut que je parle au Reichsführer...’


C’était comme une obsession. "


16,17

Dans un premier temps, Himmler soutient généreusement Rahn dans ses recherches mythologiques.


16,26

Mais la vie du jeune homme connaît un tournant tragique lorsque son homosexualité commence à être notoire dans la SS. Les dénonciations et les intrigues le minent et sapent son travail.


16,40

Pour l’endurcir, on le détache dans les équipes de surveillance des camps de concentration de Dachau et Buchenwald, où il s’effondre psychologiquement.




16,46

Il demande à être congédié de la SS, ce que Himmler accepte.


16,54

Puis il entame un voyage vers le Sud qui ressemble à une fuite.


17,03

Le délabrement physique, l’épuisement spirituel et la peur d’être persécuté le mènent dans les paysages montagneux du Tyrol.


17,15

En mars 1939, des enfants qui jouent près du lit d’un torrent retrouvent son cadavre:


" Oui, c’était là-dedans... au bord du torrent, sous l’arbre.


Nous l’avons trouvé, mon frère et moi, les scarabées se promenaient déjà sur lui, la peau était tendue...


Nous sommes rentrés en courant à la maison et nous avons tout raconté, ma soeur est allée à la gendarmerie, à Söll, et puis il est venu, Schantinger, avec un cercueil - et je l’ai accompagné. Il y avait deux petites bouteilles à côté de lui, l’une était vide, l’autre à moitié pleine, il s’est vraisemblablement empoisonné... "


18,12

La SS fait paraître une annonce de décès laconique:


" Lors d’une tempête de neige dans les montagnes, en mars de cette année, l’Obersturmführer SS Otto Rahn a connu une fin tragique. Nous perdons avec ce camarade défunt un SS honnête et un remarquable historiographe. "


X.


18,43

Les idées de Rahn, qui tournent autour des châteaux du Graal et des Ordres sacrés, ont certainement exercé une influence sur la conception du Wewelsburg, que Himmler transforma à partir de 1934 en lieu de culte et de formation de la SS.


19,09

Pour ces travaux, il fit aussi construire à proximité immédiate un camp de concentration.


19,18

On prévoyait de créer une sorte d’académie de commandement pour les officiers supérieurs de la SS, avec des cours de préhistoire et d’histoire ancienne, de mythologie, de religion, d’archéologie et d’art.


19,32

Une bibliothèque contenait environ 16 000 livres, revues et manuscrits anciens sur ces questions.


19,42

Des généraux SS de haut rang y avaient leur propre cellule d’études ornées de runes; elles portaient des noms comme " Roi Arthur ", " Widukind " ou " Henri le Lion ".


19,57

On s’y retrouvait parfois pour des réunions, comme en juin 1941, date à laquelle Himmler annonça qu’il fallait réduire la population slave de trente millions de personnes.






20,18

Deux salles de culte construites par des détenus du camp de concentration devaient contribuer à créer une atmosphère susceptible de souder l’esprit de l’Ordre de la SS: par exemple la salle des Obergruppenführer, entourée de douze piliers.


20,36

Au milieu, sur le sol, une roue solaire comprenant elle aussi douze rayons: des runes de sig stylisées, qui étaient pour la SS les signes de la victoire et de l’éveil intellectuel.


20,54

Dans les milieux d’extrême-droite, aujourd’hui, ce signe s’appelle " Soleil Noir " et apparaît dans des publications où l’on présente la SS comme une élite mystique dont la mission est encore d’actualité.


21,15

Dans ces textes, le " Soleil Noir " symbolise la lumière pure du Nord et le savoir supérieur de Thule, dont l’Europe doit de nouveau se souvenir dans les périodes de décadence et de matérialisme, afin d’aller puiser de la force dans ses origines.


21,39

Juste en dessous de la salle des Obergruppenführer se trouve ce que l’on a appelé la " crypte ", une salle voûtée en forme de caveau où l’on prévoyait de célébrer des fêtes religieuses.


21,56

L’atmosphère fait penser à ces rites de destruction de la personnalité individuelle, à cet état second dans lequel l’homme devient un réceptacle vide où l’on déverse, dans l’ivresse, des sentiments édifiants.


22,14

Les groupes occultes de l’extrême-droite se sentent eux aussi attirés par cette salle; la nuit, ils y entrent même parfois par effraction pour y tenir des rituels mystiques.


22,26

" La veille de Noël, ou plutôt le matin de Noël, en 1992, nous avons trouvé la porte fracturée; sur les 12 podiums se trouvaient des draps blancs décorés de runes. Nous n’avons bien sûr jamais su qui avait fait ça, mais nous savons, grâce à nos contacts avec quelques visiteurs ou groupes de visiteurs, que la tour passe pour un lieu où l’on tient volontiers des messes noires ou des cérémonies du même genre, et l’on tente sans arrêt de soudoyer nos portiers, d’obtenir la clef ou d’entrer dans cette salle à des horaires inhabituels, sous toutes sortes de prétextes. Nous devons prendre de vraies mesures de protection pour empêcher ce genre de choses. Et une fois, nous avons reçu une sorte de confession d’un groupe, envoyée par la poste, qui disait: nous avons pu y organiser un baptême, un baptême noir, une admission dans notre Ordre. Merci beaucoup. "23,29


23,41

Himmler prévoyait de faire du Wewelsburg un centre religieux et idéologique pour la période qui suivrait la victoire finale: des maquettes montrent quelles dimensions devait atteindre l’installation.


23,58

Autour des salles de culte, auxquelles on donnait le nom de " centre du monde ", on comptait bâtir en cercles concentriques de gigantesques complexes de bâtiments, qui devraient prolonger dans toutes les directions les rayons de la roue solaire.


24,14

Il était prévu d’évacuer les villages situés sous le château pour pouvoir inonder toute la vallée.


24,28

Pour ouvrir la vue sur le Nord et la patrie originelle, Atlantide, où, selon Himmler, des créatures aryennes avaient jadis accosté pour remplir des missions exceptionnelles?


24,45

L’institut " Ahnenerbe " ne s’occupait pas seulement de mythologie et d’ésotérisme: il mena aussi des expériences de laboratoire sur des prisonniers de guerre.


25,01

Dans son emploi du temps, Himmler pouvait ainsi concilier, par exemple les recherches sur le Graal pendant la matinée, et l’après-midi, la surveillance d’expériences abominables.


25,24

Le directeur de l’institut " Ahnenerbe ", Wolfram Sievers, principal responsable de ces expériences, fut condamné à mort à Nuremberg. Avant son exécution, il invoqua une dernière fois la haute mission qui revenait à la SS:


25,41

" J’ai toujours souhaité mourir pour le royaume des Cieux.




25,46

Il n’existe pas de faute, aussi grande soit-elle, qui ne puisse être valablement payée, effacée et expiée par la mort, au cours de la période du feu intemporelle que l’on traverse dans la mort...


26,00

Est-ce que je me proclame innocent des faits qui me sont reprochés? Non, bien entendu, je ne ferais ainsi que me placer sur le terrain des autres.


26,12

Je vais saluer la patrie, la tienne, la mienne et la nôtre, le royaume des Dieux qui m’attend déjà, et je vais, au nom de Dieu, entamer mon chemin dans cette direction. "


XI.


Épilogue


26,41

Notre voyage se termine.


26,45

Pourtant, des questions demeurent.


26,58

En détournant les mythes, les nazis n’ont-ils pas fait de dégâts insoupçonnés ?


27,13

Dans une époque de vide spirituel, le " Troisième Reich " a proposé un succédané de religion dont une grande partie de la population s’est emparée; il a promis de satisfaire des besoins qui allaient au-delà du domaine purement matériel.


27,37

Après la catastrophe, les gens se sont réfugiés auprès de nouveaux dieux: confort et technique, musique et films produits par les usines à rêves d’autres pays.


27,53

Les mythes et les traditions du pays ont été relégués au royaume des ombres, et l’on s’est cru débarrassé d’eux.


28,10

En Allemagne, la mégalomanie des nazis a frappé les grands sentiments, idéaux et visions d’un tabou qui n’a pas disparu aujourd’hui: mais de nouveau les gens paraissent avoir d’autres besoins que les réfrigérateurs pleins et la raison lucide.


28,37

Désormais on se remet à chercher des messages sacrés, des guides spirituels et des sentiers vers l’inspiration.


Ferons-nous preuve, en la matière, d’un plus grand discernement que les hommes du début de ce siècle?


Adaptation: 3i Traductions


Nota bene:


Nous sommes à la disposition des acteurs pour répéter avec eux la prononciation des noms allemands, malheureusement (et inévitablement) nombreux dans ce film.

KS

#2 Myrrdin

Myrrdin

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Posté 23 mars 2005 à 22:30

:ovni:
Slt Psyduck!!

sa fait longtemps que rien ne se passe dans se topics  mais comme toi aussi tu t'intéresses au originies occulte du plus violent mouvement nationaliste qui soit a voir le Nazisme j'ai décidé de te répondre.  

Et à propos moi aussi j'ai un j'aime beaucoup le monde celtique !!

Myrddin → Merlin c'est son nom celte

et j'ai ouvert moi aussi un topics qui a eu autant de de succès que le tiens.... :bravo:

et si le webmaster pouvais faire une fusions des 2 je crois que sa serait pas de trop... :ange:

@+

Myrddin :piout:

#3 KaMiKaZe

KaMiKaZe

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Posté 24 mars 2005 à 00:46

J'ai fait quelque recherches sur Internet pour découvrir que le svastika nazi "pourrait" etre un symbole voué au "Soleil Noir".

En cherchant encore, bien que tres rare et peu utilisé, le Soleil Noir symbolise le point ou le Soleil n'existe pas, est absent, bref c'est l'équivalent de la Lune Noire.

Il symbolise la collectivité, la masse

ou... la race.

#4 biboul

biboul

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Posté 24 mars 2005 à 06:47

sur l'oirignie mystique du 3è Reich je vous conseille de lire le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier qui y consacre une partie entière. On y apprend notamment que Hitler a été fortement influencé par Horbinger, fondateur de la theorie de la glace eternelle et theoricien de la terre creuse

un lien interessant

Ce message a été modifié par biboul - 24 mars 2005 à 06:49.