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[Débat] Un autre regard sur l'économie


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91 réponses dans ce topic

#91 diamant bleue

diamant bleue
  • Invités

Posté 15 mars 2007 à 19:53

Pour compléter ce topic sur les systèmes de "fausse" monnaie et de monnaie fondante, un article vient d'etre posté sur l'Allemagne : http://www.onnouscac...ic.php?p=287695

#92 bernard83

bernard83

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Posté 13 août 2010 à 18:48

Il me semble que la fable de Condé n'a pas été exploitée à fond.
Je propose ici un développement qui explique parfaitement l'imposture financière qui gangrène l'économie.

J'aimerais faire réagir AJH sur ce sujet, le seul à ma connaissandce qui ait clairement identifié l'ingéniérie financière comme de la fausse monnaie légale.

1.   L’histoire classique de la Dame de Condé

Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et pour sa discrétion!… Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée.

Elle réserve une chambre à un grand lit pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 500 F, tout neuf. Puis, elle s’en va visiter la vieille ville.

Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron: « Ça fait 6 semaines que vous me devez 500 F pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille ». Le patron lui donne le billet de bonne grâce.

Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduisit 5 nouvelles fois car le pâtissier devait aussi 500 F au minotier,.., qui en devait autant au garagiste,… lui-même débiteur de cette somme au boucher,… qui avait à régler 500 F au représentant de la maison Elida,… lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 500 F

Au moment où le représentant donne le billet au patron de l’hôtel, notre dame revient de promenade. Elle annonce qu’elle annule sa réservation. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt. « Il était faux », dit-elle en souriant.

2.   Quel est l’ enseignement de cette fable?

A – Le billet est faux. C’est le plus spectaculaire de cette histoire, et pourtant c’est bien le statut de tout argent monnaie: ce n’est qu’une représentation, une image de la réalité qui est, elle, les prestations réalisées entre les intervenants.

B – En préalable à l’histoire, il existe déjà un consensus dans le village sur les prix des différentes prestations réglées par la circulation de ce billet. Ce consensus résulte forcément d’une concertation préalable et d’une délibération que nous supposerons démocratique pour rester dans la symbolique que les gouvernements occidentaux revendiquent hautement.

C – La Dame n’a tenu aucun rôle dans la fixation des prix de ces différentes prestations.

D – Avec ces règlements, l’ensemble des acteurs du village se retrouve en équilibre comptable, en temps réel, de ses transactions commerciales.

E – La monnaie n’a entraîné aucun échange nouveau, ceux-ci étaient antérieurs à l’apparition du billet

2.1.        Epilogue 1:

L’hotelier et ses collègues sont contents: ils ont trouvé le moyen de ne plus se casser la tête à se rappeler leurs dettes respectives. Ils ont décidé d’aller un peu plus loin et de demander à la Dame de fournir à chacun une somme en (faux) billets correspondant à leur besoin de trésorerie correspondant au temps qu’ils ont prévu d’attendre avant de réévaluer les prix des diverses prestations. Ils ont convenu que ces nouveaux prix tiendraient compte de la conjoncture qu’ils avaient connu pendant cette période (notamment des récoltes et de la météo, et de ce qu’on pouvait prévoir pour la période suivante). Ils ont décidé que la Dame ferait partie de l’équipe et qu’elle serait rémunérée pour la fonction qu’elle tiendrait auprès d’eux: remplacer les billets devenus inutilisables.

2.2.        Epilogue 2:

Six mois après , certains des villageois ont constaté que leur dotation en billets n’était plus suffisante pour entreprendre les travaux qu’ils avaient envisagé, en accord avec la communauté. Ils ont demandé à obtenir une rallonge personnelle liée à ces projets: l’assemblée a conclu que, puisque ces billets étaient faux, il n’y avait aucun inconvénient à en donner des supplémentaires au demandeur, qui seraient détruits quand il les aurait remboursé à la Dame. Il fut aussi conclu que, si le demandeur venait à faillir à rembourser lors d’un projet accepté par la communauté, on trouverait un remplaçant pour achever l’ouvrage et finir de rembourser. Et comme il fallait malgré tout prévoir le cas où le projet accepté par tous se révélerait ruiné par des circonstances imprévisibles, il serait prévu pour tous les projets un léger excès de remboursement, géré en mutuelle, pour rétablir l’équilibre comptable. La Dame serait chargée de toutes les opérations financières associées, et à leur publicité devant l’organe de concertation du village, et rémunérée pour le service. Toutes ces dispositions respectent bien le concept fondamental de la fausse monnaie. La Dame, c’est bien entendu La Banque

3. La vraie histoire  de la Dame de Condé…

Nous sommes toujours à Condé sur Gartempe… La Même Dame est venue passer la journée, le billet a circulé tout pareil. Mais quand la Dame est revenue, elle a tenu un discours différent: je n’ai jamais eu l’intention de passer la nuit ici : « et pourtant, – dit-elle – , me suis démunie de mon argent pendant quelques heures, j’ai pris le risque que vous le perdiez, celui d’un tremblement de terre, de…, enfin j’ai investi , comme d’ailleurs vous auriez pu (et dû!!!) le faire au lieu de le faire circuler bêtement !. Ce risque doit être rémunéré. Donc je dois récupérer 600F, les 500F que je vous ai remis et que je vais brûler car ils sont faux, plus 100F d’intérêt. Et bien sûr, ces 100F vous ne les avez pas! Je vais donc prendre le repas de ce soir chez vous, vous m’en mettrez pour 100F… ou plutôt je vous achète ce bout de terrain dont vous ne faites rien… ou plutôt…
3.1.            Que s’est-il donc passé ?

Un miracle, tout simplement, le miracle de la Vie, accordé à un bout de papier.

Sous le seul prétexte que le billet était « mortel », il a pu donner naissance à un rejeton.

La Dame a ainsi pu matérialiser dans le monde réel ce rejeton du faux billet de 500F, celui de 100 F, tout aussi faux que son père.

Et c’est le principe de l’intérêt: il transforme tout prêteur en faux monnayeur légal.