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Quand les Américains voulaient gouverner la France


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4 réponses dans ce topic

#1 mariuss66

mariuss66

    Anti-impérialisme notoire

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Posté 29 juillet 2004 à 20:20

Je sens que ce post n'augmentera pas la popularité des américains sur ce forum, mais je me suis dit que cet article intéresserait probablement certains d'entres vous. Pour ma part, je ne savais pas cela avant de lire l'article.

Citation

Quand les Américains voulaient gouverner la France


C’est une page peu connue de l’histoire de la seconde guerre mondiale : dès 1941-1942, Washington avait prévu d’imposer à la France - comme aux futurs vaincus, Italie, Allemagne et Japon - un statut de protectorat, régi par un Allied Military Government of Occupied Territories (Amgot). Ce gouvernement militaire américain des territoires occupés aurait aboli toute souveraineté, y compris le droit de battre monnaie, sur le modèle fourni par les accords Darlan-Clark de novembre 1942.

A en croire certains historiens américains, ce projet tenait à la haine qu’éprouvait Franklin D. Roosevelt pour Charles de Gaulle, « apprenti dictateur » qu’il eût voulu épargner à la France de l’après-Pétain. Cette thèse d’un président américain soucieux d’établir la démocratie universelle est séduisante, mais erronée (1).

Un « Vichy sans Vichy »

A l’époque, les Etats-Unis redoutaient surtout que la France, bien qu’affaiblie par la défaite de juin 1940, s’oppose à leurs vues sur deux points, du moins si de Gaulle, qui prétendait lui rendre sa souveraineté, la dirigeait. D’une part, ayant lutté après 1918-1919 contre la politique allemande de Washington, Paris userait de son éventuel pouvoir de nuisance pour l’entraver à nouveau. D’autre part, la France répugnerait à lâcher son empire, riche en matières premières et en bases stratégiques, alors que les Américains avaient dès 1899 exigé - pour leurs marchandises et leurs capitaux - le bénéfice de la « porte ouverte » dans tous les empires coloniaux (2).

C’est pourquoi les Etats-Unis pratiquèrent à la fois le veto contre de Gaulle, surtout lorsque son nom contribua à unifier la Résistance, et une certaine complaisance mêlée de rigueur envers Vichy. A l’instar des régimes latino-américains chers à Washington, ce régime honni aurait, à ses yeux, l’échine plus souple qu’un gouvernement à forte assise populaire.

Ainsi chemina un « Vichy sans Vichy » américain,
qu’appuyèrent, dans ses formes successives, les élites françaises, accrochées à l’Etat qui leur avait rendu les privilèges entamés par l’« ancien régime » républicain et soucieuses de négocier sans dommage le passage de l’ère allemande à la pax americana.

Le 22 novembre 1942, le général américain Mark W. Clark fit signer à l’amiral « retourné » « un accord singulier » mettant« l’Afrique du Nord à la disposition des Américains » et faisant de la France « un pays vassal soumis à des "capitulations" ». Les Américains « s’arrogeaient des droits exorbitants » sur le « prolongement territorial de la France » : déplacement des troupes françaises, contrôle et commandement des ports, aérodromes, fortifications, arsenaux, télécommunications, marine marchande ; liberté de réquisitions ; exemption fiscale ; droit d’exterritorialité ; « administration des zones militaires fixées par eux » ; certaines activités seraient confiées à des « commissions mixtes » (maintien de l’ordre, administration courante, économie et censure) (4).

Laval lui-même préparait son avenir américain tout en proclamant « souhaiter la victoire de l’Allemagne » (22 juin 1942) : secondé par son gendre, René de Chambrun, avocat d’affaires collaborationniste doté de la nationalité américaine et française, il se croyait promis par Washington à un rôle éminent au lendemain d’une « paix séparée » germano-anglo-américaine contre les Soviets (5).


Une « belle et bonne alliance »

Après l’assassinat, le 24 décembre 1942, de Darlan, auquel furent mêlés les gaullistes, Washington revint vers Giraud, fugace second de De Gaulle au Comité français de libération nationale (CFLN) fondé le 3 juin 1943. Au général vichyste s’étaient ralliés, surtout depuis Stalingrad, hauts fonctionnaires (tel Maurice Couve de Murville, directeur des finances extérieures et des changes de Vichy) et industriels (tel l’ancien cagoulard Lemaigre-Dubreuil, des huiles Lesieur et du Printemps, qui jouait depuis 1941 sur les tableaux allemand et américain) et banquiers collaborateurs (tel Alfred Pose, directeur général de la Banque nationale pour le commerce et l’industrie, féal de Darlan).

Peignant de Gaulle à la fois en dictateur de droite et en pantin du Parti communiste français et de l’URSS, Washington dut pourtant renoncer à imposer le dollar dans les « territoires libérés » et (avec Londres) reconnaître, le 23 octobre 1944, son Gouvernement provisoire de la République française : deux ans et demi après la reconnaissance soviétique du « gouvernement de la vraie France », un an et demi après celle, immédiate, du CFLN, deux mois après la libération de Paris et peu avant que de Gaulle ne signât avec Moscou, le 10 décembre, pour contrebalancer l’hégémonie américaine, un « traité d’alliance et d’assistance mutuelle » qu’il qualifia de « belle et bonne alliance (7) ».

Ecartée de Yalta en février 1945, dépendante des Etats-Unis, la France s’intégra pleinement dans leur sphère d’influence. La vigueur de sa résistance intérieure et extérieure l’avait cependant soustraite à leur protectorat.

Annie Lacroix-Riz.
http://www.monde-dip...CROIX_RIZ/10168

:neutre:
Le capitalisme est encore et toujours la source de tous nos ennuis...

#2 Cassiopée

Cassiopée

    Bisounours et fière de l'être NA!

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Posté 29 juillet 2004 à 23:48

Bonjour,Mariuss66
Moi je connaissais cette histoire, c'est ma grand-mère qui m'en a parlé et si mes souvenirs sont bons, je crois que c'est grâce à Churchill que les ricains n'ont pas fait de l'europe leur "colonie" ou un X éme état américain
Comme quoi, même à l'époque, ils avaient déjà des vue d'hégémonie sur toute la planète
Et maintenant ils rattaquent avec le commerce et l'AGCS  :tresfache:  
Dans quel monde vivons-nous :tss:

:salut:
Cassiopée

#3 KaMiKaZe

KaMiKaZe

    Chercheur d'idées

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Posté 30 juillet 2004 à 04:21

Dommage que l'Europe Centrale elle a sombré dans le Communisme

La France a eu de la chance car Staline lui aussi avait la France en ligne de Mire, et si les Américains se sont lancés dans la Guerre, ce n'est pas par "Amour Pur, Altruiste et Désintéressé", mais parce-que l'Armée Russe aurait englouti l'Europe toute Entiere, et les Etats-Unis seraient devenus "inférieurs" a l'URSS

#4 TreizeVents

TreizeVents

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Posté 30 juillet 2004 à 11:55

Je connais cette histoire de mon grand père qui lui avait une version un peu différente :

Selon lui les américains voulaient effectivement faire de la france un protectorat, mais cela serait De Gaulle et Leclerc qui auraient mis leur plan en l'air...

Et selon lui les alliés ( surtout américains et anglais ) auraient pu débarquer beaucoup plus tot, mais ils ont préféré laisser les Nazis et les Russes se taper dessus le plus longtemps possible... Et ils n'ont débarqué que quand les Russes ont pris l'avantage, pour empecher ceux ci de prendre un maximum de territoires. Car il ne faut pas oublier que s'ils avaient débarqué un an plus tard, le rideau de fer aurait peut etre été en France...

#5 nexus11

nexus11

    Toujours en pleine recherche...

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Posté 30 juillet 2004 à 13:22

J'ai eut la même version que toi Treizevents, les américains n'avaient notamment pas prévu l'appel de De Gaulle et sa "petite" force française qui subsistait en Grande-Bretagne... ce nouvel espoir à fait revivre les forces restés en France et a permi le retour d'un état de droit français, et pas américain, comme prévu au départ.
A noter que ce plan a été réessayer très récemment pendant la dernière querre en Irak... et vu l'ambiance là-bas pour le pouvoir autochtone, il n'a peut être pas encore échoué, à voir donc.
:salut: