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Les OGM dans les produits alimentaires...


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56 réponses dans ce topic

#31 Elfe

Elfe

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Posté 05 février 2005 à 16:36

Je pense que c'est comme tous les débuts dans les médecines! Les premières greffes de coeur étaient beaucoup plus dangereuses qu'aujourd'hui, et pourtant ont sauvé des vies !
Laissons la recherche médicale tranquille, car elle ne peut qu'apporter des bienfaits, même si l'homme prendra dûrement du temps pour comprendre vraiment la nature...  Et en plus, si nous comprenons mieux nos erreurs et faisons des progrès dans la matière, ça nous fera mieux comprendre les problèmes à grande échelle !

#32 Zaou

Zaou

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Posté 05 février 2005 à 17:37

C'est vrai qu'on devrait promouvoir la recherche, c'est vraiment quelque chose d'important qui apporte des choses fondamental ...

Le problème la aussi c'est que la recherche depend entierement d'un système inadapté ~~
Je vous ferai grace des chutes de budgets pour augmenter ceux des gendarmeries & co ou des difficultées pour les étudiants en recherche pour faire reconnaitre leur statut.
Ca a la rigueur ca peut passé mais le plus derangeant je pense c'est que la science officiel ne reconnait pas les approches plus revolutionnaire (par simple obscurantisme le plus souvent), le Malade imaginaire et le Medecin malgré, c'est encore ici et maintenant.

C'est pour ca aussi que je suis assez pessimiste sur le developpement et l'efficacité de la recherche, on pourrai avoir une synergie fantastique par exemple sur tout ce qui est medecine si on prenait en compte les theories de la medecines chinoises, la medecine allopathique ou les decouvertes de Beljanski & co. Mais en l'occurence j'aime pas trop faire confiance à la recherche non plus  :-?
"Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes."
Rosa Luxembourg

#33 Elfe

Elfe

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Posté 06 février 2005 à 12:27

C'est vrai que c'est dommage que la recherche n'utilise pas les vieux remèdes, mais elle les a étudiés et peut-être pense-t-elle qu'elle ne peut pas être modifiée. Ou peut-être les industriels l'ont tout simplement tu parce-que les remèdes aux plantes c'est pas très rentable à mon avis, et beaucoup vont trouver ça "dégueulasse".

#34 Eric

Eric

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Posté 07 février 2005 à 14:58

Elfe, tu est trop dans le désire d'y croire, c'est un phénomène connu chez les ufologue et d'autres, et qui relève de la psychiatrie.

Nous sommes dans une société qui nous monte les uns contre les autres, il n'y à qu'à regarder la télé pour comprendre.

Une société concurentielle qui nous fait rêver, mais qui en fait nous ment, falsifie l'histoire et détourne le sens des mots...

Une société qui nous fabrique des réflexes conditionnés, et qui a tout intéret à nous rendre malade, car ça ouvre de nouveaux marchés...

http://www.reseaupro...?doc=2005020303

Fruits et légumes: moins nutritifs qu'il y a 50 ans

3 février 2005 - La valeur nutritive des fruits et des légumes se serait
appauvrie au cours des 50 dernières années, selon des biochimistes américains.
Ces derniers invoquent les techniques agricoles modernes comme étant la cause
la plus plausible de ce déclin1.

C'est à partir de données nutritionnelles obtenues du département fédéral
d'agriculture américain que les chercheurs ont effectué l'analyse de 43
variétés de fruits et de légumes. Mis à part quelques fruits, dont le melon et
la fraise, les données concernaient surtout des légumes.

Ils ont observé que la teneur de six principaux nutriments, soit les protéines,
le calcium, le phosphore, le fer, la riboflavine et l'acide ascorbique
(vitamine C), a diminué de façon significative de 1950 à 1999 et ce, pour
chacune des variétés analysées : des asperges aux navets en passant par les
carottes, les pois et les épinards. L'ampleur des pertes varie, par exemple, de
6 % pour les protéines, à 38 % pour la riboflavine.

Comment expliquer que les légumes ne puissent plus fournir autant de bonnes
vitamines et minéraux qu'il y a un demi-siècle? Les auteurs de l'étude
soulignent qu'au cours des 50 dernières années, la production agricole a subi
une véritable révolution. La sélection ou la création des variétés de légumes
et de fruits visait surtout l'amélioration de leur résistance ou de leur
croissance, mais rarement celle de leur contenu nutritionnel. Les auteurs
émettent l'hypothèse que la valeur nutritive des fruits et des légumes a pu
souffrir de ces techniques ainsi que de la dégradation des sols causée par des
pratiques agricoles intensives.

Les auteurs souhaitent que des recherches du même genre, mais portant sur
d'autres aliments comme la viande ou le lait, permettent d'évaluer l'impact
réel des méthodes de culture et d'élevage sur les teneurs en nutriments de la
nourriture. À l'ère des modifications génétiques dans le monde agroalimentaire,
ce souhait trouvera certainement écho chez un nombre croissant de chercheurs et
de consommateurs.

#35 Zaou

Zaou

    jnana-yoga activé

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Posté 07 février 2005 à 15:13

J'ai posté ca la semaine dernière sur ce forum même Eric ^^

Ce message a été modifié par Zaou - 07 février 2005 à 15:14.

"Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes."
Rosa Luxembourg

#36 Eric

Eric

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Posté 08 février 2005 à 10:04

"J'ai posté ca la semaine dernière sur ce forum même Eric "

Je ne l'avais pas vu, désolé.

Il est très difficile de tout lire et suivre, en tout cas, c'est bien la preuve qu'il va falloir revenir en arriere...

#37 Elfe

Elfe

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Posté 08 février 2005 à 18:00

Cette étude sur l'appauvrissement des valeurs nutritives de certains aliments est trèc interressante, car elle montre les méfaits de toutes ces méthodes "extraordinaires" de production, et pourraient peut-être aussi expliquer en partie le problème de plus en plus étendu de l'obésité (nous avons besoin de plus manger pour avoir les mêmes nutriments).
Par contre, ils ne peuvent pas résulter de modifictions génétiques, car celles-ci ne peuvent que rajouter des gènes et non en enlever (ce qui cause d'ailleurs le problème de non-retour possible de ces expériences).

#38 Zaou

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Posté 08 février 2005 à 19:16

Elfe explique moi pourquoi des modifications genetiques ne pourraient enlever de gènes? Et même si c'était le cas le simple principe de prédominance pourrait avoir pour resultat cette diminution de la valeur nutritive.

Le non retour possible des experiences c'est même pas une histoire d'ajout de gènes ou pas c'est surtout que les scientifiques ne controlent pas ce qu'ils font c'est tout ... et l'obesité est surtout du à la malnutrition plus qu'a l'appauvrissement de la valeur nutritive des aliments.
"Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes."
Rosa Luxembourg

#39 Elfe

Elfe

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Posté 08 février 2005 à 20:03

Les modifications génétiques ne peuvent pas enlecer de gènes car les scientifiques ne savent qu'en ajouter! Imagine :en ajoutant un gène quelquepart, il se répand facilement, ensuite, il est beaucoup plus diffcile d'aller retirer le gène dans toutes les cellules !
Et pour l'obésité, c'est à cause de la malnutrition, bien sûr, mais elle est elle même due ENTRE AUTRES à l'appauvrissement en vitamines, etc des aliments, car bien qu'ils se soient appauvris en vitamines, je ne pense pas qu'ils se soient appauvris en graisse !

#40 Eric

Eric

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Posté 10 février 2005 à 08:31

"en ajoutant un gène quelquepart, il se répand facilement, ensuite, il est beaucoup plus diffcile d'aller retirer le gène dans toutes les cellules !"

Ca s'appel une polution génétique, c'est vivant et ça se reproduit tout seul...

C'est la troisieme grosse forme de pollution inventé par l'homme, aprés la chimie et le nucléaire...

#41 Elfe

Elfe

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Posté 12 février 2005 à 12:24

Je ne suis pas d'accord avec toi sur le nucléaire: A part bien sur la bombe, mais qui est qu'un énorme accident (mais que l'on aurait pu prévoir c'est vrai, grâce à une petite étude le l'être humain), l'énergie nucléaire est une des plus écologiques! Rappelle-toi que la Terre elle-mêm utilise l'énergie atomique!
Honnêtement, je préfère voir une usine atomique en marche plutôt de 2 usines au pétrole ou au gaz!

Et pour revenir au topic de ce forum, les manipulations génétiques sont, en effet, une des plus graves pollutions de l'homme, bien que ses effets soient mal connus.
Mais la seule solution est, je pense, de vaincre le mal par le mal, mais à moins grande échelle. Continuons les recherches OGM pour au moins savoir à quelle pollution exactement nous avons affaire, parce-que sans ça nous n'auront jamais de solution fiable pour contrer le mal déjà fait ! Parce-que je ne pense pas que l'on puisse tout arrêter maintenant que la machine n'est plus sous notre contrôle: il faut s'occuper de ce que nous avons déjà fait!

#42 Eric

Eric

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Posté 13 février 2005 à 18:23

Elphe, tu es en plein syndrome de Stockholm.

Tu prend partie pour ceux qui t'on pris en otage et qui font de toi un cobaye...

Elle est pas belle la vie?

#43 Elfe

Elfe

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Posté 16 février 2005 à 18:36

La vie est belle est il ne faut pas l'oublier, mais :Je ne défends pas les OGM, attention !
Je dis simplement que vu l'état de nos conaissances, et les bétises que nous avons déjà faites, la seule solution serait malheureusement d'avancer un petit peu dans les recherches pour savoir comment se battre ! Mais en aucun cas continuer!

#44 Eric

Eric

    Chercheur

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Posté 18 février 2005 à 16:19

"la seule solution serait malheureusement d'avancer un petit peu dans les recherches pour savoir comment se battre"

Là t'as une super solution, pas rentable bien sur!.
7 millions de morts inutiles ?  
94% des cancers pourraient être évités !
http://www.onnouscac...wtopic=7579&hl=

Et ces deux articles interressant qui sont passés sur la liste infogm

http://www.metrofran...te_complete&vi=

Des OGM dans une AOC, c’est possible ? •Sans vouloir s’immiscer dans le débat sur le principe de précaution ou l’évaluation des risques, les comités nationaux de l’INAO ne sont pas favorables aux OGM.

Ils considèrent que ceux-ci ne correspondent, dans la vigne comme dans l’alimentation, ni aux modes traditionnels de production ni aux attentes des consommateurs vis-à-vis des AOC.

L’Inao n’est pas rétif au progrès technique : de nombreuses innovations sont régulièrement intégrées dans les cahiers des charges des AOC et des IGP, dès lors qu’elles concourent à une meilleure expression du terroir et à une amélioration de la qualité ; ce qui n’est pas le cas des OGM que nous connaissons.

5° avis du COMEPRA INRA sur les OGM végétaux
Octobre 2004

Préambule
Abordant de sa propre initiative la question des
OGM, le COMEPRA a axé sa réflexion sur les OGM
végétaux à usage agricole. Pour examiner cette
question, il a choisi de développer et de mettre en
oeuvre une méthode d’analyse qui repose sur la
considération des conséquences de la production et
de l’utilisation de ces organismes. Cette première
démarche conduit à distinguer plusieurs catégories et
qualités d'effets, qu'il semble pertinent de considérer
au regard de l'éthique et de la précaution. La notion
d'effet est large et son adoption vise à ouvrir l'analyse
à l'ensemble des conséquences des OGM, vus en
tant que produits et que procédés, en tant que technique
et que technologie1.
Les effets matériels constituent la première catégorie
d'effets : ils désignent les impacts des OGM sur
la santé et sur l'environnement, mais aussi sur l'organisation
sociale, économique et politique des communautés
humaines. Les effets immatériels, la seconde
catégorie, portent sur notre représentation du monde,
sur ses fondations ontologiques (la conception des
êtres en tant qu'êtres), métaphysiques (la distinction
des catégories), épistémologiques (les objets et
conditions de la connaissance) et éthiques (sur la
possibilité même de définir une « vie bonne »).
Une fois assignés à l'une de ces catégories, les
effets peuvent être qualifiés d'intrinsèques ou d'extrinsèques,
selon qu'ils sont respectivement liés à la
technologie en tant que telle ou à une application particulière
dans un contexte particulier d'utilisation. Que
l'on puisse ou non assigner des effets généraux à
l'ensemble des applications de la technologie est une
question ouverte, à laquelle des éléments de réponse
seront apportés.
Parmi les effets, certains peuvent être appréhendés
comme des risques. Dans la suite de ce rapport,
le risque désigne l'éventualité d'un effet matériel
néfaste, relié à la présence d'un ou de plusieurs dangers
identifiés. Une approche classique, au fondement
statistique, de l'idée de risque en fait une « fonction
de la probabilité et de la gravité d'un effet néfaste
du fait de la présence d'un danger » (Règlement
européen 178/2002 sur la sécurité alimentaire).
Cependant, la référence que fait cette définition à l’estimation
d'une probabilité ne convient pas pour caractériser
ce qu'il est convenu d'appeler les risques
conjecturés, hypothétiques, non avérés ou potentiels.
Du fait de l'incertitude scientifique dans laquelle
baigne l'existence même ou l'occurrence de ces derniers,
une estimation de la probabilité de leur réalisation
n’est pas possible à court terme et ne peut être
assurée à long terme, sans être écartée pour autant.
Afin d'englober ces risques hypothétiques sous l'appellation
de « risque » comme le fait le langage commun,
une définition moins restrictive est donc adoptée.
Ce rapport commence par une réflexion sur la
cohérence de la notion d’OGM, saisissant cette question
par l’examen de la définition qu’en donne le droit
communautaire européen. Il poursuist par l’examen
des risques intrinsèques et propose une typologie des
effets, permettant de préciser quelques contraintes et
limites de l’évaluation des risques. Les éventuelles
singularités des risques des biotechniques, au regard
des particularités du vivant, sont également analysées.
Le rapport développe ensuite l’idée que tous les
effets intrinsèques ne sont pas réductibles à des
risques et identifie certains de ces effets immatériels
et symboliques. Liés selon notre définition à des
applications particulières, les risques et effets extrinsèques
sont alors abordés. Outre les risques extrinsèques
dont l’évaluation fait référence - avec une pertinence
qui sera nuancée - aux principes de familiarité
et d’équivalence substantielle (dans les domaines
de l’environnement et de l’alimentation), les effets
extrinsèques non réductibles à des risques apparaîtront
comme à la fois importants dans l’élaboration du
jugement et insuffisamment explicités et argumentés
1
1. Au sens de ce rapport, le terme «biotechnique » désigne l’intervention matérielle sur un objet vivant ou issu d’organismes vivants
sensu stricto, tandis que la « biotechnologie » est comprise comme le processus unissant l’acte et l’acteur, et englobant le discours
(le logos) portant la technique et porté par elle à la fois.
5e avis du COMEPRA INRA
sur les OGM végétaux
octobre 2004
par le débat sur les OGM. Il s’agit en particulier des
effets de pouvoir liés à l’insertion géopolitique et
socio-économique des OGM actuels.
Enfin, le COMEPRA identifie les enjeux, les missions
et les défis posés à l’INRA par la question des
OGM. Il présente quelques recommandations, invitant
à une appropriation argumentée, transparente et
responsable d’une technologie à même de contribuer
à la poursuite de ses objectifs généraux.
1. Caractère innovant, effets et risques
intrinsèques du génie génétique
Cohérence de la définition des OGM
Le droit européen trace les contours de la notion
d'OGM en ces termes : « Un organisme génétiquement
modifié est un organisme, à l'exception des
êtres humains, dont le matériel génétique a été modifié
d'une manière qui ne s'effectue pas naturellement
par multiplication et/ou par recombinaison naturelle »
(Directive 2001/18/CE, JOC 17.04.2001).
Cette définition appelle deux observations. Tout
d'abord, elle repose sur le procédé de modification du
génome et non sur les caractéristiques du produit.
Que le procédé puisse ou non produire des effets
rémanents (éventuellement non visés) dans le produit
et d’autres qui ne s’exprimeraient qu’au cours du procédé
(sans trace au niveau du produit) constituent
donc des questions à considérer. Ensuite, la référence
au naturel est centrale en vue de la qualification du
procédé.
Les techniques de modification génétique visées
sont, entre autres, les techniques « produisant de
nouvelles combinaisons de matériel génétique hors
d'un organisme et permettant leur incorporation dans
un organisme hôte, où elles n'apparaissent pas de
façon naturelle et où elles peuvent se multiplier de
façon continue, les techniques impliquant l'incorporation
directe de matériel génétique préparé à l'extérieur
de l'organisme (par micro- et macro-injection
notamment), les techniques de fusion cellulaire ou
d'hybridation non naturelles ». Sont explicitement
exclues, c'est-à-dire « non considérées comme
entraînant une modification génétique, à condition
qu'elles n'impliquent pas l'emploi de molécules d'acide
nucléique recombinant ou d'OGM (…), la fécondation
in vitro, les processus naturels de recombinaison
génétique tels que la conjugaison, la transduction, la
transformation ou l'induction polyploïde ». Peut-on
dégager une cohérence de la liste des techniques
visées, qui révélerait la préoccupation fondamentale
du législateur ? Toutes les techniques reconnues
comme induisant une modification génétique produisent
des « chimères génétique », comprises comme
des assemblages d'ADN d'origines différentes, c'est-àdire
provenant d'organismes que des parcours évolutifs
divergents ont isolés sur le plan génétique (ont rendus
incapables d'échanger spontanément des gènes).
Ainsi, à la lecture du droit européen, on peut
déceler, comme en filigrane, un recentrage des préoccupations
provoquées par ce qui est non naturel au
sens large, vers la production de chimères. Celui-ci
apparaît clairement au travers du statut que réserve
la directive à l'hybridation somatique (annexes IA
et IB). L'hybridation somatique désigne la fusion de
cellules somatiques (par opposition à « gamétiques »
qui sont les seules cellules fusionnant naturellement)
provoquée en laboratoire par des techniques chimiques
ou physiques (notamment par des chocs
électriques). Alors que le législateur commence par
affirmer qu'un organisme résultant d'hybridation
somatique sera considéré comme génétiquement
modifié (annexe IA), il nuance en affirmant que, si les
cellules partenaires de la fusion proviennent d'espèces
capables « d'échanger du matériel génétique par
des méthodes de sélection traditionnelles », leur produit
de fusion ne sera pas considéré comme OGM
(annexe IB). Il devient clair que ce qui est visé, c'est la
chimère génétique plus que la technique. En identifiant
des processus qualifiés de « non naturels », le législateur
veut évaluer les impacts sur la santé et sur l'environnement
de génomes recombinants, constructions
radicalement inédites de gènes de sources phylogénétiquement
éloignées. Le caractère chimérique des
constructions génétiques apparaît ainsi comme l'argument
de cohérence de la législation encadrant les OGM.
Nous avons donc répondu à l’une des questions
soulevées : le procédé trouve à s’exprimer au niveau
du produit2. Le procédé peut-il par ailleurs sortir des
effets indépendamment du produit ? La réponse est
affirmative et les effets sont tant matériels qu’immatériels.
Sur le plan matériel, il s’agit des conséquences
2
2. Les transferts de gènes portent le plus souvent, mais pas nécessairement, sur des gènes étrangers à l’organisme receveur. En
l’état actuel des techniques appliquées aux végétaux, même l’ajout de gènes existant déjà dans l’organisme receveur l’accompagne
toutefois d’ADN étranger, tel que séquences de régulation, gènes marqueurs, origines de réplication et autres séquences des vecteurs
de transformation, imposant un caractère chimérique, éventuellement plus discret, au produit de la recombinaison génétique.
des actes techniques du laboratoire (par exemple
l’exposition des travailleurs à des risques chimiques
et physiques particuliers, ou de l’environnement aux
déchets du laboratoire, etc.), qui ne seront pas développés
ici, même s’ils sont à prendre sérieusement en
considération. Les effets immatériels liés à la technologie
génétique en tant que procédé seront examinés
plus loin (« Des effets intrinsèques non réductibles
aux risques »).
Par ailleurs, revenant à la définition des OGM, la
référence au naturel n'est pas sans poser problème.
Elle nous interroge sur la façon dont nous nous représentons
la nature et met en jeu la valeur normative
que nous lui prêtons éventuellement. De plus, le texte
européen présente un caractère arbitraire lorsqu’il
qualifie de naturelle l'amélioration classique par hybridation
sexuée et sélection, alors que celle-ci recourt
aujourd'hui à de multiples interventions techniques
(irradiation de pollen, castration chimique ou mécanique
d’organes floraux, sauvetage et culture in vitro d'embryons,
de pollen et d'ovules, doublements chromosomiques
obtenus pas des traitements chimiques, etc.).
Risques intrinsèques de la technique OGM
Par « technique OGM », nous entendons l'ensemble
des procédés techniques couverts par la définition
de l'OGM.
Quels seraient les risques inhérents à la technique
OGM, comparativement à ceux associés aux
autres procédés de recombinaison génétique, qu'utilise
la sélection traditionnelle ? Le génie génétique
(végétal) insère dans un génome un petit nombre de
gènes, d'origine taxonomique quelconque, alors que
l'amélioration génétique par hybridation et sélection
repose davantage sur des échanges de grands segments
d'ADN entre chromosomes de génotypes
apparentés. Dans le cas des OGM végétaux et en
l'état actuel de la technique, le génome est porteur de
segments additionnels d'ADN, insérés dans un ou
plusieurs chromosome(s), en des endroits non ciblés
(ce qui ne signifie pas aléatoires pour autant). La
recombinaison homologue3 n'est en effet pas maîtrisée
à ce jour chez les plantes supérieures (plantes à
fleurs).
Les mécanismes de recombinaison génétique
étant distincts, peut-on identifier des risques spécifiques
des OGM et, le cas échéant, les hiérarchiser
par rapport à ceux associés à la sélection traditionnelle
? Le caractère naturel ou artificiel attribué à un
procédé n'autorise aucune hiérarchisation a priori.
Toutefois, les mécanismes du changement génétique
étant distincts, il est raisonnable de penser que le profil
des effets associés puisse être différent selon le
parcours technique emprunté.
Nous proposons une typologie des effets, dont
certains, par leur caractère néfaste - avéré ou hypothétique
-, peuvent engendrer des risques.
Les effets peuvent être qualifiés selon trois alternatives
; ils peuvent être :
- visés ou non dans la combinaison génétique finale
(dans le produit final commercialisé) : un gène de
tolérance à un herbicide produit un effet visé, valorisé
commercialement, mais un gène de tolérance à un
antibiotique ou une origine de réplication bactérienne,
traces des actes techniques de la transformation,
peuvent être présents dans le produit final sans qu'ils
soient visés à ce niveau ;
- connus ou inconnus ex ante : le transgène inséré est
connu ex ante, mais des effets annexes, inconnus ex
ante, peuvent se présenter, comme l'inactivation ou
l'activation de gènes résidents par l'événement d'insertion
;
- testés ou non (sous-entendu avant l'autorisation de
mise sur les marchés, « AMM ») : les effets peuvent
être ou non testés au cours de la procédure d'AMM ;
ainsi, dans le cas de la production d'une plante tolérante
à un herbicide, la tolérance à l'herbicide est un
effet à la fois connu ex ante, visé et testé (car le succès
commercial en dépend) ; d'autres paramètres sur
lesquels le gène inséré n'a pas prise a priori (résistance
à des maladies, qualité nutritionnelle, etc.)
seront néanmoins testés au cours de l'évaluation agronomique
de la nouvelle variété (selon les pratiques en
vigueur pour toute nouvelle variété proposée à la commercialisation)
; il s'agit là d'effets non visés, inconnus
ex ante, mais testés ; il y a enfin la catégorie des effets
non visés, inconnus ex ante et non testés.
L'accumulation dans l’organisme d'un substrat métabolique
due à l'inactivation accidentelle ;
- par l'événement de transformation - d'un gène
codant pour l’enzyme dégradant le substrat en question
en constitue un exemple. Dans ce cas, l'effet
inconnu ex ante et non testé fait néanmoins l'objet
d'une hypothèse scientifiquement fondée, mais on
3
3. La recombinaison homologue désigne un processus par lequel deux régions d’ADN portant des séquences nucléotidique similaires
(« homologues ») se les échangent, par un jeu moléculaire de « coupures-soudures ». Contrairement à un processus
d’ajout/insertion, la recombinaison homologue est un processus d’échange réciproque permettant d’amener une information génétique
en un lieu ciblé (où se trouve la séquence homologue), selon un processus qualifié de « ciblage génique » (gene targeting).
doit aussi admettre la possibilité d’effets inconnus ex
ante hors du champ des hypothèses que les connaissances
scientifiques du moment sont à même de formuler
(et donc forcément non testés) : c'est ce qu'on
« ignore ignorer ».
On comprend que les termes des trois alternatives
peuvent être diversement combinés en vue de la qualification
d'un effet : un effet visé sera logiquement testé,
un effet non visé sera ou non connu ex ante, un effet
inconnu ex ante sera ou non testé, etc. Mais toutes les
combinaisons ne sont pas pour autant possibles : un
effet ne peut être à la fois visé et inconnu ex ante par
exemple. L'encadré ci-dessous précise la situation et
identifie 5 catégories d'effets en les illustrant.
La limite intrinsèque4 d'un dispositif d'évaluation
des risques, donc une fraction irréductible de la dangerosité
d’une innovation passant le filtre de ce dispositif,
est fonction de l'importance de la catégorie
des effets inconnus ex ante non testés, étant entendu
qu'une partie de ces effets pourrait s'avérer néfaste.
Posons-nous maintenant la question de savoir si la
technologie OGM est davantage porteuse d'effets
inconnus ex ante non testés relativement aux autres
approches de l'amélioration génétique. La démarche
bute ici sur une difficulté épistémique : on ne détecte
un effet inconnu ex ante non testé que lorsqu'il s'impose
à nous, en d'autres termes lorsqu'il accède au
statut de reconnu, sorte de marchepied vers le connu.
Seule la pratique nous permet donc de réduire l'incertitude,
pour peu que le praticien s'ouvre à cette
vigilance. Sur ce plan, la technique OGM et l'amélioration
génétique traditionnelle se démarquent : l'expérience
acquise sur la sélection génétique classique
nous apprend que les effets inconnus ex ante non
testés sont peu nombreux, en particulier les effets
néfastes. Ce constat explique la confiance placée
dans les pratiques traditionnelles de l'amélioration
4. La « limite intrinsèque » désigne ici la limite due à la conception même du dispositif et non à des déficiences liées à des conditions
particulières de sa mise en oeuvre.
Cinq catégories (« non vides ») d'effets sont identifiées en combinant les propriétés « visé/non visé », « connu ex
ante/inconnu ex ante » et « testé/non testé ». Elles sont illustrées en prenant l'exemple d'une plante transgénique
produisant une protéine insecticide codée par un transgène.
Effet visé testé : Catégorie 1. Exemple : présence de la protéine
insecticide
non testé (catégorie vide)
Effet non visé testé : Catégorie 2. Exemple : présence
de séquences bactériennes du vecteur
de transformation identifiées expérimentalement
non testé : Catégorie 3. Exemple : présence
de séquences bactériennes du vecteur
de transformation sans qu'elles soient
identifiées expérimentalement
testé : Catégorie 4. Exemple : tests de performance
agronomique imposés par l'inscription
au catalogue des variétés (rendement,
précocité, etc.)
non testé : Catégorie 5. Exemple : mutation due
à l'insertion du transgène provoquant
l'accumulation d'un substrat métabolique
4
connu
ex ante
inconnu
ex ante
(catégorie vide)
inconnu
ex ante
connu
ex ante
des plantes. Ceci ne signifie pas pour autant que des
dommages n'ont jamais été relevés : l'exemple de
maïs sélectionnés aux Etats-Unis pour la stérilité
mâle facilitant la production d'hybrides, mais qui coexprimaient,
à l'insu des sélectionneurs, une sensibilité
à une maladie fongique, illustre que la sélection
classique n'est pas à l'abri de tels effets dommageables.
La technique OGM apparaît donc en position
de faiblesse relativement à la sélection classique,
non du fait que la preuve ait été apportée de ce qu'elle
génère davantage d'effets inconnus ex ante non
testés, mais du fait du manque de recul - introduction
récente, petit nombre de produits commercialisés différents,
traçage insuffisant des premiers OGM introduits
dans l'environnement - qui seule autoriserait
d'estimer la charge d'incertitude.
Quelle attitude adopter face à l'incertitude liée
aux effets inconnus ex ante non testés ? En reconnaissant
avant tout deux formes de notre ignorance,
que notre capacité d'action peut différemment
prendre en charge : ce que l’on sait ignorer et ce que
l’on ignore ignorer. Dans le savoir de son ignorance
figure la prise en compte des limites de la technique.
Dans l'ignorance de son ignorance figurent les
fausses certitudes et toute forme de contraction du
champ des hypothèses à laquelle peuvent conduire
les paradigmes scientifiques dominants. Ensuite en
s’engageant avec prudence dans le passage à l’expérimentation
en champ, puis à la commercialisation.
Ces étapes requièrent la mise en place effective de
dispositifs de suivi attentif et de veille permettant de
détecter les effets jusqu’alors inconnus.
Face à l'incertitude, d’aucuns tentent de
convaincre l'opinion que cette technique ne fait que
copier la nature ou en accélérer le mouvement spontané,
dédouanant ainsi les OGM de risques inédits.
Cette position est non seulement indéfendable du fait
du manque de recul évoqué, mais elle nuit à la mise
en place du dispositif de vigilance nécessaire à la
détection des effets non visés inconnus ex ante non
testés. Un autre argument, guère plus recevable, est
celui d'une prétendue maîtrise du processus qui
résulterait de la prévisibilité de son résultat : connaissant
l'organisme receveur (une variété végétale largement
cultivée par exemple) et le gène transformant
(connu jusque dans le détail de sa séquence nucléotidique),
certains considèrent que l'organisme transgénique
se limite à la somme de ces deux contributions,
oubliant les effets non linéaires résultant de l'insertion
d'une information nouvelle dans le réseau des
interactions cellulaires.
Singularités et conséquences des risques
des biotechniques
On peut se demander par ailleurs si les risques
associés aux biotechniques présentent des particularités
relativement aux autres risques de développement.
Deux propriétés des systèmes vivants peuvent
être relevées à cet égard. (i) La capacité auto-reproductrice
du vivant est susceptible d’engendrer des
situations d'auto-amplification du risque. (ii) La reproduction
sexuée est un processus combinatoire organisant
des réassortiments de gènes entre et au sein
de populations. Les transgènes s'inscrivent inévitablement
dans cette dynamique.
Ces propriétés - auto-reproduction et recombinaison
- dotent le risque biotechnique d'un caractère
systémique particulier. Il doit être appréhendé par les
dispositifs d'évaluation, de gestion, de communication
du risque et de vigilance, dans les limites intrinsèques
que nous leur avons reconnues précédemment.
Ce caractère systémique peut également s’actualiser
dans un risque économique, compris comme
l'éventualité de dommages touchant des agents économiques
particuliers. Ce point est bien mis en lumière
par, les inévitables flux de gènes entre des cultures
conventionnelles génétiquement modifiées et des cultures
« biologiques ». Si les promoteurs de l'agriculture
biologique craignent la « contamination » de
leurs produits par des OGM, écornant une image de
naturalité construite au moyen de cahiers de charges
contraignants, les agriculteurs « conventionnels »
pourraient subir des restrictions d'usage de variétés
végétales transgéniques susceptibles d'améliorer leur
compétitivité et leurs conditions de travail. La « tentation
totalitaire » des OGM dénoncée par les tenants
de l'agriculture biologique est donc une accusation
qui peut être retournée contre ceux qui la portent,
puisque seule l'exclusion totale des OGM semble à
même d'apporter une réponse satisfaisante à leurs
revendications. Une voie médiane doit être définie,
qui ne devrait pas uniquement résulter du rapport des
forces politiques et économiques en présence, mais
mobiliser l'autorité publique en vue d’organiser la
coexistence des différents modes de production.
Des effets intrinsèques non réductibles aux risques
Le génie génétique s'inscrit dans la continuité
historique de l'amélioration des microorganismes, des
plantes et des animaux, mais il introduit une rupture
par sa capacité à recombiner des gènes d'origines
très différentes. Ce franchissement de la barrière des
espèces est régulièrement évoqué dans le débat sur
les OGM et y introduit, presque subrepticement, une
5
normativité naturelle bornée par le concept d'espèce.
A travers cette discussion, c'est le rapport prométhéen
de l'homme à la nature - domination technicienne de
la nature par l'homme dans un monde anthropocentré
- qui est soumis à critique. Le COMEPRA n'entend
pas privilégier une vision particulière des relations
homme-nature, mais reconnaît que le génie génétique,
comme d'autres sciences et techniques (nanotechnologies,
sciences cognitives, etc.), bouscule certains
repères historiquement constitués de l'agir
humain. Ce déplacement des repères engage la responsabilité
des scientifiques qui doivent être invités à
expliciter leurs démarches et à permettre l'appréciation
par la collectivité des changements en cours.
La notion d'espèce fait partie de ces repères retenus
comme essentiels à l'appréhension par l’être
humain de son environnement naturel. Le génie
génétique semble donc participer d'un « brouillage
taxonomique » déstabilisateur, voire générateur d'angoisse.
Il revient au monde scientifique de présenter
les données factuelles qui permettent de donner sa
juste mesure au problème : on ne crée pas de nouvelles
espèces; la nature n'est pas réductible aux
gènes, ceux-ci n'en constituant que des unités d'information
qui ne prennent sens que dans le contexte
d'un organisme et d'un environnement particulier. A
ce titre, un gène n'est « humain » que dans le contexte
d'un organisme humain et en aucun cas le transfert
d'un gène humain dans une plante « n'humanise »
celle-ci. Quant à l'espèce, elle n'existe qu'au travers
de populations d'individus qui sont autant d'assemblages
aléatoires et momentanés de gènes échangés
par ces populations. La focalisation sur l'espèce
représente donc une tentation fixiste dans un monde
marqué par le contingent.
Pour autant, on ne peut banaliser ni le gène ni
l'espèce au nom de cette contingence qui les désacralise.
C'est ainsi que certains gènes (comme les
gènes de développement) occupent une position élevée
dans la hiérarchie des régulations et la modification
de leur activité est davantage susceptible d'altérer
le fonctionnement global du système que d'autres
gènes5. Par ailleurs, l'espèce correspond à une structuration
objective de la diversité biologique - même si
elle est difficile à définir et à saisir dans sa dynamique
- et, devant la nécessité d'évaluer l'impact des activités
humaines sur cette diversité, elle n'en constitue
pas moins une référence essentielle.
Ce bouleversement de repères et de catégories
donne forme à certaines représentations du risque et
à des propositions normatives qui s'inscrivent en
réaction à ces risques perçus. Certains mettent en
avant les notions d'intégrité et de stabilité et les affirment
comme référentiels normatifs supérieurs pour
encadrer l'action. Tout changement de l'état ordonné
apparent d'un système est alors considéré comme
une atteinte à son intégrité et, partant, comme un effet
néfaste dont l'éventualité prendra le nom de risque.
Une telle conception conduit à une impasse, en interdisant
toute action irréversible sur le système, quels
qu’en soient l'ampleur et le sens. Le COMEPRA ne
retient pas cette conception, tant au nom de la paralysie
qu'elle produit qu'à celui du postulat sur lequel
elle repose, celui d'un monde fixe et fermé.
Une technique engendrant de l'irréversible ne
peut donc être écartée de ce seul fait. Pour autant, l'irréversibilité
doit être suffisamment maîtrisée et préserver
la liberté des choix futurs et les capacités à
l’exercer. L'éthique et la précaution portent davantage
sur la gestion durable de l'irréversibilité et nécessitent
de considérer l'ampleur et le rythme du changement,
la charge d'incertitude qu'il porte, ainsi que d'éventuels
effets de seuil, au regard de nos responsabilités
envers les générations futures.
2. Risques et effets extrinsèques
Jusqu'ici, notre discussion a apprécié la technologie
OGM en tant que telle (risques et effets intrinsèques),
mais elle ne peut faire l'impasse sur le contexte de
son déploiement : ses finalités, ses acteurs, ses
modalités d'accès, etc.
Les risques extrinsèques
Définis par l’itinéraire technique qui les produit,
les OGM n’en acquièrent pas moins des propriétés
finales particulières qui, avant leur mise sur le marché,
font l’objet d’une évaluation au cas par cas,
usage par usage, sur le plan des risques qu’ils pourraient
induire.
Ces risques, liés à une application particulière,
mais aussi les avantages escomptés, peuvent être
qualifiés d’extrinsèques, puisque non liés strictement
à la technique elle-même, mais à ce qu’on en fait.
Nous ne reprendrons pas ici l’analyse qui a été faite à
5. La génomique fonctionnelle, discipline étudiant les réseaux de gènes, nous apprend toutefois que la mutation d'un « simple gène
de structure » est susceptible de perturber largement un système biologique et la distinction entre gène régulateur et gène de structure
apparaît donc délicate.
6
de très nombreuses reprises sur ces risques et avantages,
parce qu’il y a finalement un large consensus
sur les points qui posent problème même s’il y a de
fortes divergences sur ce qui est considéré comme un
risque ou comme un avantage. Ce débat est légitime
et mérite d’être poursuivi y compris au sein de l’INRA.
Par ailleurs, de nombreux travaux relatifs aux OGM
ont abordé la question des risques à travers la notion
de précaution qui cherche à guider l’action dans un
contexte de connaissance non stabilisée des dommages,
de leurs causalités et de leur plausibilité. La
précaution, pertinente dans le contexte des risques
intrinsèques autant qu’extrinsèques, impose un
devoir de recherche et de vigilance.
Il ne nous semble pas possible, dans l’état actuel
des choses, de clore le débat actuel sur les risques
extrinsèques des OGM, mais dans ce débat nous
souhaitons apporter deux contributions.
- Dès l’instant où l’on se préoccupe des risques
extrinsèques, il faut bien constater qu’il n’est pas toujours
nécessaire de recourir au transfert de gènes
pour obtenir telle ou telle propriété finale. C’est par
exemple le cas de la tolérance à un herbicide. On
peut presque avancer qu’il n’y a pas de risque extrinsèque
qui soit spécifique des OGM et que bien des
usages d’amélioration des plantes peuvent poser
question. Ainsi ne convient-il pas d’exonérer l’obtention
« naturelle » d’une plante tolérante à un herbicide
de l’analyse des risques qu’on développe pour les
OGM. Or c’est bien ce qui se passe actuellement.
A l’inverse, la possibilité d’obtenir de façon
« naturelle » une propriété finale particulière ne justifie
pas à elle seule l’adoption sans précaution d’un
OGM pourvu de la même propriété. Les notions de «
naturel » et de « familier » ne peuvent servir de prétextes
à une absence de prise en charge des risques.
Cette notion d’équivalence a été largement utilisée
dans le domaine alimentaire. Il faut en souligner les
limites, les ambiguïtés et les possibilités de dérapages
qu’elle comporte. Une relation d’équivalence
entre un produit innovant et un produit traditionnel
n’indique en rien l’absence de danger (un produit traditionnel
peut parfaitement être dangereux). Ensuite
le fait que deux parcours techniques différents
convergent vers des applications identiques n’exclut
pas des effets non visés, connus ou inconnus ex ante,
qui soient fortement dépendants de l’histoire du produit
et qui nécessitent d’être évalués. Autrement dit, il
faut éviter que la convergence d’effet visé fasse «
écran de fumée » et cache des effets non visés,
connus ou inconnus ex ante, selon la typologie présentée
précédemment.
- De l’analyse que nous venons de faire, il résulte que
ce qui caractérise la technique des OGM sur le plan
de ses effets extrinsèques, ce n’est pas tant ce qu’elle
est en soi (car il s’agirait là d’effets intrinsèques)
que son efficacité et sa puissance. Pourquoi d’ailleurs
ne pas le reconnaître ? Et c’est bien cette efficacité
qu’il convient de maîtriser. A cet égard un point mérite
attention. Chaque OGM, et c’est légitime, est évalué,
au plan des risques, au cas par cas. Mais ceci
étant fait, il convient d’évaluer d’un côté une diffusion
à très large échelle et de l’autre côté ce que peut produire
la coexistence de plusieurs OGM.
On rencontre là un risque additionnel, celui résultant
des effets non linéaires qu’une analyse au cas par
cas ne saurait identifier. Il appartient à un organisme
de recherche comme l’INRA de saisir à temps l’ampleur
de ces risques non linéaires. La question que
nous soulevons peut être déclinée dans bien des
domaines : conséquences globales de modifications
plus ou moins réversibles des termes de la reproduction
sexuée ou effets pervers sur l’alimentation de
produits censés être plus adaptés à la sauvegarde de
notre santé.
On entre là, du fait de la puissance de la méthode des
OGM, dans une analyse des risques bien différente
de celle qui a pu être conduite avec l’amélioration
génétique classique.
Des effets extrinsèques non réductibles
aux risques
Les experts ont tendance à privilégier dans leurs
analyses les effets extrinsèques qui autorisent une
appréciation, plus ou moins précise, des risques et
des avantages qu’ils peuvent présenter. Il existe
cependant des effets qui, dans l’état actuel de nos
connaissances, se prêtent assez mal à une telle
approche. Ainsi en est-il des effets socio-économiques
et géopolitiques de l’utilisation des OGM.
Pour les détracteurs des OGM, il s’agit notamment
d’effets de pouvoir dus à la consolidation de positions
dominantes, que ce soit dans l’agriculture ou dans
6. Voir notamment le « Rapport à la suite du débat sur les OGM et les essais en champs » (C. Babusiaux et al.) organisé les 4
et 5 février 2002 au Conseil Economique et Social, à l’initiative du ministre de l’Agriculture et de la Pêche et du ministre de
l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement.
7
l’alimentation. Pour les partisans des OGM, il s’agit au
contraire de donner une voie d’accès technologique,
presque incontournable, au développement économique
et à la sécurité sanitaire des aliments.
Sur des questions aussi fondamentales, le COMEPRA
constate avec d’autres6 que le « débat public »
est fondé sur des arguments caricaturaux. En la matière,
l’INRA ne doit pas épouser une posture d’observateur
attristé, mais apporter à ce débat public des éclairages
susceptibles de lui donner plus de contenu.
A cet égard, trois cas méritent une attention particulière
:
- Les OGM offrent la possibilité d’une appropriation
juridique de matériel biologique par la voie des brevets.
Le COMEPRA s’est déjà exprimé sur ce sujet
(voir son rapport sur la « brevetabilité du vivant ») et
considère comme positif les choix pris par l’INRA
dans la rédaction de sa « Charte du partenariat » ;
- Sur le plan médiatique, ce qu’il convient d’appeler la
polémique des OGM met presque exclusivement l’accent
sur les effets de pouvoir liés à la production agricole.
Il ne s’agit pas de les ignorer et le COMEPRA
s’est déjà exprimé sur ce point (voir son rapport sur «
le partenariat »). Cependant les effets de pouvoir
entourant les OGM concernent au premier chef les
consommateurs, qui souhaitent légitimement savoir
ce qu’ils consomment et préserver une liberté de
choix garantie par un étiquetage suffisamment informatif.
Cette préoccupation de bon sens rejoint vraisemblablement
le souci de la protection de la santé
publique dont les progrès, dans l’immédiat, ne semblent
guère pouvoir être attendus de la seule consommation
d’aliments « nouveaux » présentant des avantages
nutritionnels très ciblés, mais bien d’un rééquilibre
des pratiques alimentaires ;
- Les promoteurs des OGM ont fréquemment mis en
avant l’argument selon lequel cette innovation technologique
serait la seule voie offerte à l’humanité pour
résoudre le cruel problème de la faim dans le monde.
Il faut nuancer cette affirmation (voir l’encadré
« Sécurité alimentaire mondiale et OGM »). Les biotechnologies
peuvent, à coup sûr, jouer un rôle dans
le développement, leurs promoteurs doivent cependant
l’assumer avec réalisme. Elles perdraient leur
crédibilité et leur efficacité si elles apparaissaient
comme une solution miracle, comme un alibi exonérant
les pays industrialisés de leurs devoirs plus globaux
vis-à-vis des pays en voie de développement.
Ce débat fait apparaître la technique dans toute
son ambiguïté, régulièrement entretenue par les
scientifiques, puisqu'elle est à la fois banalisée en
tant que simple rapport matériel à l'objet et érigée en
système au sein duquel s'expriment les rapports
humains. Les plantes génétiquement modifiées sont
ainsi tour à tour les derniers avatars techniques de
l'amélioration génétique végétale, et des systèmes de
production et de consommation en soi, révisant l'ensemble
des relations entre le paysan et la terre qu'il
cultive, entre l'agriculteur et l'industrie, entre l'industrie
et le consommateur, etc. L'important nous semble
de reconnaître que la technologie OGM n'est pas
intrinsèquement liée à un système de production et
de consommation particulier (les OGM peuvent offrir
des solutions techniques à tous les systèmes), mais
que son déploiement engage une diversité d'acteurs
dans des rapports nouveaux, matériels et symboliques,
avec son environnement humain et naturel.
Il y a aussi ambivalence : alors que la technique
OGM, source de variations génétiques nouvelles,
constitue intrinsèquement une source de diversification
des produits végétaux, de différenciation de
matières premières agricoles, de segmentation de
marché, etc., les effets extrinsèques de leur introduction
favorisent aujourd'hui l'uniformisation des productions
(engouement pour des spéculations à bon
rendement économique immédiat), l'appauvrissement
du nombre d'espèces cultivées (le soja prend un
peu plus d'avance encore comme fournisseur de protéines
en alimentation animale par exemple) et la fragilisation
accrue de systèmes de production en marge
de l'économie libérale mondialisée.
Quelle est alors la place de l'éthique ? Plus qu'un
lieu d'arbitrage, l'éthique devient lieu de rassemblement
des savoirs éclatés entre disciplines, d'évaluation
critique des arguments ainsi resitués, et dont on
évaluera la cohérence, condition nécessaire mais non
suffisante à leur validité.
8
9
Sécurité alimentaire mondiale et OGM
(Les données commentées proviennent pour l’essentiel du programme de Nations Unies pour le développement,
disponibles sur le site du World Resources Institute, www.wri.org)
1. La situation actuelle
a) Sur notre planète, il y a aujourd’hui, 6,3 milliards d’habitants dont près de 5 milliards dans les pays en développement
(taux de croissance 1,32%, taux pour les pays en développement : 1,6%).
b) La production agricole mondiale permet d’assurer un apport moyen journalier et par habitant de 2780 calories (3200
pour les pays industrialisés, 2650 pour les pays en développement). Le minimum « vital » est de l’ordre de 2300 calories.
Il n’y a donc pas de déficit physique de la production agricole.
c) Si on ne se limite pas aux valeurs moyennes, on doit constater que 800 millions de personnes meurent de faim et qu’il
existe dans le monde 2 milliards de sous-nutris. Sur le plan géographique, c’est l’Afrique qui pose le plus de problèmes
(il faut lui adjoindre le Bengladesh, la Corée du Nord et certaines nations d’Amérique centrale). Ainsi 50% des habitants
de l’Afrique ne bénéficient pas du minimum de 2300 cal. De surcroît, ces personnes démunies ont vu leur sort
se dégrader de 1987 à 1997 alors que la situation moyenne mondiale s’est améliorée.
d) S’agissant de l’Afrique, on ne trouve aucune corrélation évidente entre la capacité des pays à nourrir leur population
et les facteurs de production que constituent les sols arables et la disponibilité en eau. On peut cependant avancer
les points suivants :
• Quelques pays sont particulièrement performants alors qu’ils disposent de peu de sol et de peu d’eau. L’avenir de
leur sécurité alimentaire est très lié à la gestion de l’eau ;
• Une dizaine de pays ne réussissent pas à nourrir leur population alors qu’ils le devraient. Ils ont tous été le siège de
guerres civiles ou de graves atteintes à la démocratie ;
• Beaucoup de pays font appel aux importations financées par diverses rentes au détriment de leur autonomie alimentaire.
e) A l’évidence toute amélioration des conditions physiques de la production agricole ne peut être que favorable aux pays
en développement mais celle-ci dans bien des cas sera marginale par rapport à d’autres causes, économiques,
sociales ou politiques. Le progrès technique est nécessaire mais il ne peut servir d’alibi aux pays industrialisés pour
fermer les yeux sur d’autres facteurs de sous-développement sur lesquels ils ne sont pas sans influence.
2. Qu’en sera-t-il demain ?
a) La population du monde devrait avoisiner 7,8 milliards en 2025 (6,46 milliards dans les pays en développement) pour
plafonner à 9,5 milliards avant la fin du XXIe siècle ;
b) Pour satisfaire au mieux la demande alimentaire, la production agricole doit répondre à deux enjeux : l’accroissement
de la population et l’augmentation dans l’alimentation des produits d’origine animale (en fait augmentation dans les
pays en développement et diminution dans les pays industrialisés). On est donc amener à situer la croissance annuelle
nécessaire de la production végétale entre 2 et 2,5% d’ici à 2025 ;
c) Une telle croissance n’est pas hors de portée. Elle a été observée durant l’essor de l’agriculture européenne. Elle ne
peut être obtenue que par la conjugaison de plusieurs facteurs dont :
• la croissance économique mondiale (capacité d’investissement),
• le transfert de technologies Nord-Sud,
• la formation des agriculteurs du Sud,
• l’innovation technologique.
On peut se demander si l’apport d’innovation est vraiment nécessaire et si le transfert de technologies (se fait-il
aujourd’hui ?), n’est pas suffisant (nous rejetons bien sûr l’idée, parfois véhiculée de façon assez indigne, que les pays
en développement trouveraient dans un retour à l’archaïsme la solution à tous les maux).
En fait, oui car la croissance de l’agriculture va se heurter, comme dans les pays industrialisés au mur des grands
équilibres environnementaux de notre planète (ressources en eau, disponibilité des sols, biodiversité, …).
d) Dans ce contexte les biotechnologies peuvent jouer un rôle mais il doit être ciblé et évalué avec réalisme. Un exemple
peut éclairer ce propos c’est celui de l’eau. L’eau sera d’ici 2025 l’élément limitant de la production agricole. Il est donc
a priori légitime de soutenir des programmes d’amélioration génétique, y compris par génie génétique, qui permettent
d’économiser la consommation d’eau en agriculture. Or chacun sait que dans beaucoup de pays, y compris industrialisés,
75% de l’eau est perdue entre le point où elle est recueillie et le point où elle est utilisée. Economiser, par
exemple, grâce à des OGM, 20% de la consommation en eau des plantes est quelque chose de bien venu, mais ne
représentera guère, globalement, que 5% d’économie. Il est donc prioritaire d’agir par divers moyens (formation, technologies
du transport de l’eau) sur les 75% de pertes, or le risque est grand qu’on puisse laisser croire à des décideurs
politiques que le choix des biotechnologies est une solution miracle et qu’ainsi soient affectés des moyens financiers
hors de proportion avec l’objet poursuivi au détriment de solutions plus efficaces.
3. Des missions particulières
pour un organisme comme l'INRA
Quelles attitudes devant la diversité des effets
des OGM ?
Ce rapport a proposé une typologie des effets de
la production et de l’utilisation des OGM, à partir de
laquelle il est possible d’articuler les missions plus spécifiques
d’un organisme comme l’INRA.
Les effets matériels peuvent être visés ou non. Les
effets visés correspondent aux avantages escomptés
de la technique. Ces avantages devraient être mis en
avant de façon honnête et crédible, comparés aux scénarios
alternatifs d’innovation. Les conditions d’accès et
de diffusion de la technique devraient être précisées, de
façon à en apprécier la vraisemblance pratique et à en
organiser le suivi. Cette mise en perspective de l’innovation
est souhaitée par l’évolution du droit communautaire,
dans son interprétation du principe de précaution
et dans la législation relative aux OGM, lesquelles
demandent le renforcement de la participation des
citoyens au processus de décision. Dans l’évaluation
de l’innovation qu’ils seront amenés à faire avant la
mise sur le marché, décideurs et citoyens auront à
mettre en balance les risques et les avantages escomptés,
qui devront être évalués de façon tout aussi rigoureuse
afin de permettre un jugement sur la proportionnalité.
Or l’expertise scientifique a jusqu’à présent été
surtout mobilisée en vue de l’évaluation des risques.
Les effets matériels non visés peuvent être
connus ou inconnus ex ante. Pour les effets connus ex
ante tout d’abord, il faut par exemple reconnaître qu’à
côté du gène d’intérêt figurent des gènes marqueurs et
autres séquences insérées, dont la biosécurité doit être
rigoureusement évaluée. Lorsque la technique n’est
pas aussi « chirurgicale » que le voudrait le scientifique,
il doit le dire.
Ces risques relèvent de la catégorie des effets non
visés mais ils orientent différemment l’action selon
qu’ils sont ou non connus ex ante. Dans le cas de
risques connus ex ante, avérés ou conjecturés7 , le
scientifique doit, par son expertise, participer à la
démarche de prévention, en identifiant les conditions
de réduction de l’occurrence des dommages, et de
proportionnalité, en précisant leur niveau en regard des
avantages escomptés, eux aussi quantifiés dans la
mesure du possible.
Le cas des risques inconnus ex ante pose d’autre
défis, ceux de la vigilance, notion à laquelle le droit
communautaire a donné force, mais à laquelle la
science doit encore donner substance. Comment
détecter les effets inconnus ? Comment pister les
OGM dans l’environnement ? A quel coût ? Autant de
questions adressées à la communauté scientifique,
qui doit définir et organiser techniquement la traçabilité
des OGM, mais, aussi, faire comprendre et
admettre qu’elle évolue en permanence à la frontière
de son propre savoir. La vigilance ne se conçoit que
dans la reconnaissance de son ignorance (« je sais
ce que je ne sais pas ») et de l’ignorance de son ignorance
(« je ne sais pas que je ne sais pas »). A nouveau,
la pluridisciplinarité s’impose comme une
approche nécessaire à la multiplicité des angles d’observation
requise par la vigilance, mais elle développe
aussi chez le scientifique la nécessaire capacité
au « décentrement », à la révision permanente de sa
lecture du monde.
Les effets sont également immatériels, symboliques.
Le scientifique « rationaliste empiriste »
répugne à entrer dans le débat qui porte sur les
représentations du monde autrement qu’en affirmant
la validité et la primauté de sa démarche scientifique.
Qu’il le veuille ou non, les sciences empiriques et
expérimentales ne représentent qu’une des
approches fondées en droit, sinon en raison, pour
appréhender le monde, dans nos sociétés marquées
par la pluralité des valeurs et des normes. Ainsi,
l’existence de représentations du monde non fondées
empiriquement constitue-t-elle un fait social qui
s’ajoute aux faits empiriques sur lesquels délibération
et décision doivent se construire. Pour autant, la
reconnaissance de ce pluralisme ne déprécie ni la
démarche scientifique ni le rôle des scientifiques dans
le processus de décision : collecter, par l’observation
et par l’expérimentation, les faits empiriques pertinents,
interpréter ces observations et leur donner un
sens global en discutant des limites à leur généralisation8.
De plus, la pratique scientifique développe une
éthique qui gagnerait à être portée au-delà de ses
cénacles : si son projet - une connaissance universelle
et authentique - ne peut être adopté par tous, sa
méthode - qui vise la confrontation pacifique et rationnelle
d’idées échangées selon des règles de communication
rigoureuses et transparentes sans autre objet
10
7. On peut prendre l’exemple d’un risque allergique associé à une nouvelle protéine codée par un transgène.
8. Les scientifiques doivent être prêts à exposer la portée limitée de tests en laboratoire ou en serre, à préciser les conditions initiales
retenues et les limites qu’elles imposent à l’interprétation et à la généralisation des observations, etc. En un mot, à donner
sens aux données expérimentales.
que d’assurer la liberté de discussion - peut utilement
inspirer d’autres processus normatifs.
Au vu de ce tableau des effets à considérer, on attend
de l’expertise scientifique qu’elle mette en évidence
les différents types d’effets et de risques et, s’agissant
des risques hypothétiques, qu’elle cerne les incertitudes
en jeu et permette un jugement sur la consistance
scientifique des hypothèses considérées. Cette
expertise doit être conduite de façon pluridisciplinaire,
contradictoire, indépendante et transparente, et faire
ressortir les avis minoritaires éventuels. Afin d’appréhender
l’ensemble des enjeux associés aux OGM,
elle est appelée à être considérablement élargie et à
mobiliser un champ étendu de disciplines scientifiques,
intégrant davantage les sciences de l’environnement,
humaines et économiques, nécessaires à
l’appréhension de la technique dans sa dimension
socio-économique et environnementale. Elle doit
enfin être complétée par une expertise à orientation
normative (philosophique, éthique, juridique) permettant
d’éclairer le passage de l’analyse objective des
effets vers leur appréhension en fonction de différents
systèmes de valeurs. L’INRA a un rôle évident à jouer
dans ce domaine de l’expertise, à la fois pour contribuer
à l’expertise collective et pour diffuser les résultats
des travaux de ses chercheurs dans un langage
accessible aux citoyens et aux décideurs.
Pourquoi, pour qui, produire des OGM à l'INRA ?
Chaque projet utilisant un OGM a une histoire et une
finalité propres, qui devraient être systématiquement
mises en évidence. Il s'agit tantôt de réaliser plus efficacement
ce que l'on faisait déjà par d'autres voies
(utiliser la génétique dans la lutte contre les maladies
des plantes par exemple), de viser des applications
radicalement nouvelles (comme produire des bioplastiques
dans des végétaux), ou encore de doter une
recherche fondamentale de nouvelles approches
techniques. Dans la ligne de sa mission de service
public, qui est d'élargir le champ des possibles techniques
dans lequel les acteurs économiques et
sociaux élaborent leur capacité d'action puis l'expriment,
l'INRA doit veiller à situer l'OGM dans l'éventail
des solutions disponibles, à préciser les conditions et
les conséquences de son usage, les incertitudes qui
l'accompagnent.
Garantir la pertinence des essais en plein champ
Les essais en plein champ de plantes génétiquement
modifiées peuvent poursuivre plusieurs objectifs :
évaluer la propriété innovante introduite dans l'OGM
(l'expression de l'effet visé), évaluer la performance
agronomique globale de la lignée (rendement, précocité,
etc. ; ces paramètres doivent être examinés en
vue de l'inscription d'une nouvelle variété au catalogue),
préciser les aménagements requis au niveau
des pratiques culturales (préparer l'accompagnement
technique de l'agriculteur utilisateur), évaluer les
impacts écologiques.
Comment justifier le passage du laboratoire ou
de la serre au champ ?
- Tout d'abord l'essai en plein air doit s'inscrire en
confirmation d'un concept élaboré et validé en milieu
confiné. Il ne peut consister en une recherche exploratoire,
en une sorte de « pêche aux concepts » qui
serait un criblage à moindre coût d'un matériel transgénique
grossièrement défini. Une telle approche
transgresserait d'ailleurs le cadre législatif européen
actuel.
- Les essais devraient également contribuer à évaluer
les impacts agronomiques et écologiques évoqués, et
par là à affiner les dispositifs de prévention des
risques et de biovigilance. L'opportunité de la collecte
de données environnementales et agronomiques
devrait toutefois être systématiquement examinée :
certaines lignées sont exclues a priori de commercialisation
(présence de gènes marqueurs indésirables
mais tolérés au niveau des essais), les essais de rendement
perdant alors généralement leur sens.
Concernant les données d'impact environnemental,
une taille de la parcelle insuffisante peut également
compromettre toute évaluation sérieuse. En conclusion,
l'essai devrait être conçu de telle sorte qu'il produise
un maximum de données justifiées (biologiques,
agronomiques et écologiques) à un coût
acceptable et dans de bonnes conditions de sécurité
environnementale.
La recherche en biosécurité, un moyen
de positionnement stratégique pour le chercheur
et pour l'industriel ?
Dans la communauté scientifique concernée
comme dans l'opinion publique, on tire argument du
déficit des connaissances sur un certain nombre de
questions liées, de près ou de loin, à la biosécurité,
pour demander une augmentation sensible des
moyens alloués aux équipes qui consacrent leurs travaux
à cette question.
C'est une demande pertinente mais qui ne dispense
toutefois pas d'une formulation claire et d'une
hiérarchisation argumentée des objectifs de
recherche, mettant en lumière les questions spécifiquement
posées par les OGM. A cet égard, il faut
noter que les risques alimentaires éventuels liés aux
11
OGM peuvent susciter d'intéressants travaux de physiologie
de la nutrition de portée très générale.
A ce souci de rigueur scientifique, s'ajoute celui
d'affecter les moyens de recherche de façon proportionnée
aux risques sanitaires de l'alimentation. Aussi
les dangers éventuels présentés par les OGM doivent
être présentés de façon équilibrée, sans chercher à
mobiliser l'inquiétude des consommateurs pour
consolider les moyens alloués à la recherche en biosécurité.
Par ailleurs, la biosécurité impose des obligations de
recherche aux firmes notifiantes mais, si l’on n’y
prend garde, ces exigences tendent à conforter la
position dominante des groupes industriels qui en ont
les capacités et peuvent conduire à concentrer les
capitaux de connaissance dans les mains (plus précisément
dans les dossiers confidentiels d'homologation
des OGM) d'industriels qui les utiliseront afin de
renforcer leurs positions sur les marchés. La biosécurité
deviendrait alors un outil de positionnement stratégique
au détriment de la transparence et de l'efficience
de ces recherches. Cet effet de pouvoir ne
pourra être évité que par un effort de recherche et
d’expertise publiques à la hauteur des enjeux.
12
Composition du comité
Président :
Jean-François Théry, président de section au Conseil d'État
Membres
- Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur à l'École polytechnique et à l'Université de Stanford, États-Unis
- Hervé Le Guyader, biologiste, professeur à l'Université Paris VI - rapporteur de l’avis Ostréiculture
et biotechnologies
- Jean-Didier Vincent, neurobiologiste, professeur à l'Institut Universitaire de France, Paris
- Patrick du Jardin, agronome, professeur à la faculté universitaire des sciences agronomiques
de Gembloux, Belgique - rapporteur de l’avis sur les OGM végétaux
- Olivier Godard, économiste, Laboratoire d’économétrie, École polytechnique, Paris
- Guy Paillotin, biophysicien, président de l’Afsse, Paris
- Jean-Michel Besnier, philosophe, professeur des universités, Compiègne
- Alain Parres, président du Comité national des pêches maritimes et des élevages marins, Paris

#45 aubaphi

aubaphi

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Posté 19 février 2005 à 14:44

Salut !

Je suis allée, mardi 15 février, à une conférence-débat pour écouter Gilles Eric SERALINI (président du conseil scientifique du CRII-GEN, professeur des universités en biologie moléculaire à l'université de Caen et expert en OGM).

Cette réunion a été pour moi une sorte de révélation et, bien que n'ayant pas encore tout assimilé, je ne peux que vous conseiller d'aller écouter ce monsieur, s'il passe pas loin de chez vous.

Il parcours la France, non pas pour critiquer les OGM mais pour informer le public de l'état actuel des recherches et nous permettre de nous poser des questions sur le bien-fondé de cette "avancée scientifique" (sic !).

Il m'a ouvert les yeux et m'a permis de mieux comprendre certaines choses, comme, en autres :

- le manque de maitrise de ces recherches scientifiques,

- les manques de contrôles (dûs aux pressions des grands groupes),

- les risques qui découlent de ces manques

- l'opacité des recherches vis à vis du grand public.

J'ai retrouvé des amis, lors de cette réunion,qui m'ont dit avoir participé à l'arrachage des plants (j'ai découvert leurs actions ce soir-là !). Ce sont des personnes tout à fait censées (provenant de milieux divers) et qui ne sont pas agressives du tout.

Pour le professeur Seralini, l'action ne peut être une solution. Il préfère le débat politique...

J'ai acheté un de ses livres ("Génétique incorrect") mais comme je le débute juste, je ne peux pas vous dire s'il est bien ou non.

Je peux, par contre, vous affirmer que Seralini me parait très neutre et très fiable. Ses explications étaient vraiment très intéressantes...

Voilà !

Maryline
Rester toujours vigilant et toujours éveillé.

#46 Elfe

Elfe

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Posté 07 mars 2005 à 19:43

Salut !
Aubaphi, sais-tu où passele professeur Seralini ? Ce sera profitable pour tout le monde.

Mais maintenant que tu es parfaitement informée sur les OGM (ou en tout cas beaucoup), je meurs d'envie de savoir ce que tu en penses ! Donc voilà ma question : A partir d'informations assez neutres, quelle serait la meilleure solution à prendre vis-à-vis de l'état actuel des choses ?

Merci d'avance , je suis à ton écoute !

#47 aubaphi

aubaphi

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Posté 23 mars 2005 à 16:42

Oups ! Je n'avais pas vu ta réponse, Elfe !

Tu pourras trouver certaines infos dans :


http://www.crii-gen.org/indexf.htm


http://www.crii-gen...._comm_press.htm


Pour les réunions :
http://www.crii-gen.org/indexf.htm


Depuis cette réunion de février, j'observe et j'écoute plus attentivement ce qui se dit sur les OGM.

Sans vouloir prendre un ton catastrophique, j'en viens à me demander si la situation n'est pas déjà trop avancée pour faire quelque chose.

Informer et être informé, c'est utile, mais j'ai une impression trop défaitiste actuellement. Les dégâts causés par les OGM vont au delà de tout : ils ont des effets négatifs pour la plante, pour la terre, pour les insectes, pour les animaux et pour les hommes. De plus, ils ne restent pas sagement sur la parcelle de terre où on les a planté. Donc, je me pose la question suivante : leurs effets nocifs ne seraient-ils pas déjà entrés dans nos maisons, quoiqu'il en soit.

Concernant le livre, je t'avouerais que je ne l'ai pas fini, non pas qu'il ne m'intéresse pas ( il est de lecture facile) mais j'ai le terrible défaut de commencer 10 livres en même temps...

Bon, avec une grande mauvaise foi, je dirais que c'est la faute à "onnouscachetout" car je lis tellement d'infos de toutes sortes et si intéressantes... que je me précipite pour lire les livres qui correspondent.

Donc, je te dirais ce que je pense du livre... quand j'aurais un peu plus de temps.  :oops:

Mais, j'ai toujours un oeil sur les OGM...  :chamaille:

Amicalement
Rester toujours vigilant et toujours éveillé.

#48 Eric

Eric

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Posté 13 avril 2005 à 18:09

Bonjour,

Je viens de mettre en ligne sur http://eric.dif.free.fr/ l'ensemble de la conférence des anti-ogm, du Lundi 11 Avril qui s'est déroulé au grand Lyon.

L'ensemble dure près de 3 heures, ils ont tout dit :bravooo:

Désolé pour les sourds et mal-entendants d'onnouscachetout...

Elfe, tu nous fais la transcription?  :aureole7:

01 Intro.wav                   2.7M  
02 Corine Lepage.wav     3.1M  
03 D Bellepomme.wav      5.5M  
04 D Bellepomme.wav      3.9M  
05 GE Serallini.wav           7.1M  
06 A Apothequaire.wav    8.0M  
07 JF Bouvet.wav             3.9M  
08 Corine Lepage.wav      359k  
09 JM Pelte.wav               7.7M  
10 H Darancie.wav           6.5M  
11 G Hanselme.wav         2.1M  
12 Corine Lepage.wav    10.3M  
13 Questions.wav          4.7M  
14 Questions.wav          1012k  
15 Questions.wav          2.3M  
16 Questions.wav          3.3M

#49 loupdessteppes

loupdessteppes

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Posté 09 mai 2005 à 16:39

Du riz transgénique chinois dans nos assiettes?

Citation

Riz transgénique chinois : la chaîne alimentaire contrariée

Héloïse Roc avec Greenpeace et revue Science
La Grande Époque
9 May, 2005

« Le riz OGM pourrait avoir contaminé les exportations de riz chinois vers le Japon, la Corée, la Russie et l’Union européenne où les consommateurs sont largement opposés aux OGM » nous dit Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM à Greenpeace France. « Greenpeace demande au gouvernement chinois de prendre des mesures urgentes pour retirer ce riz non autorisé du marché et d’entamer une enquête immédiate afin d’éclaircir l’origine de cette contamination » a déclaré Sze Pang Cheung, responsable de la campagne OGM à Greenpeace Chine.

« A l’heure où la Chine considère la possibilité de commercialiser du riz OGM, cette contamination montre que l’industrie des biotechnologies est incontrôlable et pose la question de la capacité du gouvernement chinois à réglementer le riz OGM. Si le gouvernement n’est pas en mesure de contrôler le riz transgénique encore au stade de la recherche, comment pourra-t-il contrôler les cultures commerciales à grande échelle ? »

L’équipe de chercheurs de Greenpeace a ainsi découvert que des semences transgéniques sont vendues et cultivées illégalement dans la province chinoise de Hubei depuis 2 ans. Des échantillons de riz ont été récupérés auprès de revendeurs de semences, de paysans et de meuniers. Les analyses effectuées par le laboratoire international Genescan ont montré la présence d’ADN transgénique dans 19 échantillons.

Parallèlement nous apprenons qu’une étude américaine, publiée dans la revue « Science », faite avec une collaboration chinoise, fait l’éloge des qualités du riz transgénique. Tout laisse apparaître que les essais en champ ont été faits avec la participation de 77 agriculteurs depuis 2002 et avec 101 paysans en 2003. Il est dit que ces études devraient avoir une incidence sur l’avenir des OGM, car d’après certains dires, la Chine devrait autoriser la commercialisation de plusieurs variétés de riz transgénique.

D’après les propos de cette étude, il apparaît qu’à cours terme, ces graines présentent des avantages : une résistance aux infestations des insectes, une production avantageuse, mais sur un long terme l’effet peut-être dévastateur et périlleux pour notre planète.

L’effet néfaste du transgénique sur l’environnement est réel. Il est en effet reconnu qu’un organisme interagit avec son environnement, directement ou indirectement et les interactions sont multiples. Modifier un organisme revient à modifier un élément de l’équilibre écologique. Le plus grand risque est dû à la pollinisation croisée, c’est à dire de transfert du transgène à une autre plante par le pollen, provoquant ce qu’on appelle une contamination des cultures environnantes. Prenons pour exemple, une plante résistante aux insectes, elle produit dans ses tissus et de façon continue, une molécule insecticide. Mais cette molécule peut avoir un effet sur l’animal qui l’ingère et également sur l’homme. Ces effets peuvent conduire à la mort d’autres insectes qui jouaient un rôle d’équilibre dans la zone. Prenons la coccinelle pour exemple : elle n'entend pas se nourrir d'autre chose que de pucerons, son alimentation journalière peut atteindre 150 individus par jour, ce qui en fait une alliée précieuse des jardiniers dans leur lutte biologique contre ces ravageurs de jeunes pousses. Il nous semble important de garder une très grande prudence et il paraît bien dangereux de jouer aux apprentis sorciers, la nature originelle est organisée d’une manière harmonieuse, à nous de l’écouter et de vibrer à son rythme naturel.

http://french.epocht...5-5-9/1723.html


#50 ellechante

ellechante
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Posté 06 août 2005 à 12:28

cher Eric,

très interessant votre discution, merci pour toutes ces infos!! :bravooo:  :bravooo:

cependant, j'aurais bien aimé écouter la conférence de lyon dont tu parles.

http://eric.dif.free.fr/

je n'arrive pas à avoir l'adresse. est-ce dû à un problème chez moi, ou bien n'est- elle plus d'actualité?
ça serait dommage.

bon, encore félicitation pour votre engagement.
au plaisir de te relire.

ellechante.

#51 Eric

Eric

    Chercheur

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Posté 06 août 2005 à 14:30

Citation

cependant, j'aurais bien aimé écouter la conférence de lyon dont tu parles.

http://eric.dif.free.fr/

L'adresse http://eric.dif.free.fr/ a été zappé par free, ils ne supportent pas le stockage...

J'ai pas de solution d'hébergement pour le moment, à part t'envoyer les fichiers par mails si tu as l'adsl.

Je suis alergique au html, un pote va nous mettre tout ça au propre dès qu'il rentre de vacances...
Si vous pouvez les héberger, faites moi signe, cette conférence est une mine d'or.

Merci.
Eric

#52 ellechante

ellechante
  • Invités

Posté 06 août 2005 à 14:34

bonjour Eric.

ok pour les fichiés par mails, j'ai l'adsl.
j'y connais pas grand chose, ça va prendre du temps?
et c'est ok si tu envoies sur hotmail? non, parce que sinon, j'ai une adresse yahoo.
bon, heu, tu me dis ce que je dois faire, ok?
merci en tout cas.
:D

Ce message a été modifié par ellechante - 06 août 2005 à 14:35.


#53 Eric

Eric

    Chercheur

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Posté 07 août 2005 à 10:43

J'ai créé deux nouvelles pages, elles ne sont pas encore activées, je vous le signalerais dés que c'est fait.

J'en profite pour passer le mail ci-dessous, une affaire de cochons...
Monsanto est capable de tout, un jour ils déposeront une demande pour breveter la reproduction humaine...

Avec Bayer, ils ont été classé parmis les dix boites les plus nuisibles de la planète.
Le gouvernement Français continus de leurs donner des autorisations d'essais ogm en pleins champs...

On est dirigé par des fumiers et encore, je suis gentil....

Monsanto demande un brevet pour une de ses nouvelles invention : le cochon !.

Après avoir déposé des brevets sur des semences et sur des herbicides utilisés
pour la culture de ces plantes OGM, Monsanto cherche maintenant à déposer des
brevets sur des porcs.

Monsanto a déposé des demandes de brevets sur des porcs. Les premières demandes
de brevets datent de février 2005 au World Intellectual Property Organisation
(WIPO) à Genève. Un chercheur de Greenpeace, Christoph Then, chargé de
surveiller les demandes de brevets a découvert que Monsanto cherche a déposer
des brevets non seulement sur des méthodes de croisement de porcs mais aussi
sur des troupeaux utilisant déjà ces méthodes  ainsi que sur  les lignées en
résultant. Selon Then :  si les brevets sont accordés Monsanto pourra
légalement empêcher les éleveurs de produire des porcs dont les
caractéristiques sont décrites dans les brevets ou les obligera à payer des
royalties !
Selon Then les demandes de Monsanto sont incroyablement étendues, ainsi dans une
demande (WO 2005/015989) et  Monsanto décrit des méthodes très générales de
croisement et de sélection utilisant la fécondation artificielle et d’autres
méthodes de reproduction qui sont déjà utilisées ! "L'invention " n’est rien de
plus qu’une combinaison particulière des ces éléments destinée à accélérer la
sélection des caractéristiques choisies afin de rendre les animaux plus
rentables commercialement... D’après Then, Monsanto ne recherche pas seulement
un brevet  sur cette méthode mais aussi sur les porcs qui sont déjà obtenus
avec cette méthode. C’est une demande incroyablement large et dangereuse.
Pour plus de renseignements voir le site de Greenpeace International (en
anglais) à :
http://www.greenpeac...-pig-patent-111 et envoyez
une lettre de protestation au patron de Monsanto qui s’appelle Hugh Grant (
comme l’acteur !) à : http://www.greenpeac...g/no-pig-patent
C’est facile il y a juste vos noms et adresse à mettre dans un masque de saisie
et un click de souris à faire !


Retrouvez le MDRGF sur son site internet : WWW.MDRGF.ORG


MERCI DE FAIRE CONNAITRE CETTE LISTE AUPRES DE VOS CONTACTS.

M.D.R.G.F
Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures
7 rue principale
60380 SaintDeniscourt
Tel / Fax :03 44 82 70 37
Portable : 06 81 64 65 58
email : fv@mdrgf.org
site : www.mdrgf.org

#54 Eric

Eric

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Posté 07 août 2005 à 13:56

Un article juste pour les incrédules, avec aussi le risque qu'un jour nos prairies deviennent productrices d'insecticides...

Faut aussi savoir que nos petits étudiants en biologie moléculaire, ramennent des OGM de leur conception dans leurs chambres...

OGM : Moutarde mutante
lundi 25 juillet 2005. par Philippe Ladame
http://citron-vert.i...?id_article=294

Certains doutaient qu¹elle survienne, mais, en fin de compte, la
contamination génétique a eu lieu.

Sky News l¹annonce dans un article du 25/07/05 (en anglais) : « La première
super mauvaise herbe mutante a été découverte au Royaume-Uni - résultat d¹un
croisement entre du colza génétiquement modifié et une mauvaise herbe
ordinaire ».

Dans le cadre d¹une étude officielle, des chercheurs ont trouvé, sur l¹un
des sites test, une version génétiquement modifiée de "moutarde" (une
mauvaise herbe courante) un an après des expérimentations de colza rendu
résistant à un herbicide par manipulation génétique.

La plante étudiée s¹est révélée résister à l¹herbicide en question et
contenir le gène qui avait été inséré dans le colza transgénique.

Selon Sky News, c¹est le premier cas connu d¹un tel événement et cela
contredit les affirmations scientifiques précédentes selon lesquelles la
"moutarde" était peu susceptible de croisement avec le colza.

Si le colza OGM faisait l¹objet d¹exploitation commerciale [1] la mauvaise
herbe résistante à l¹herbicide se répandrait.

Emily Diamand, responsable OGM des Amis de la Terre, a déclaré à ce sujet :
Nous voyons là la possibilité effective que des super mauvaises herbes
transgéniques soient créées, avec des conséquences graves pour les
agriculteurs et l¹environnement.

[1] La firme Bayer a soumis à la Commission Européenne deux demandes de culture de colza OGM.

#55 Eric

Eric

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Posté 29 août 2005 à 12:53

Bonjour,

Nous avons réalisé et mis en ligne sur http://www.latelevisionpaysanne.org/
un film sur le fauchage de Nonette dans le Puy de Dôme.

Nous avons été reçu très violemment par les paysans de la FNSEA, le syndicat qui lèche l'anus des multinationales...

Les faucheurs n'étaient pas assez nombreux, une caméra a été détruite et une quinzaine de faucheurs sont toujours en garde à vue, ils passent en comparution immédiate.


Deux nouveaux fauchages dans le Puy de Dôme à Neschers et à Nonette.

15 faucheurs en garde à vue !

Samedi 27 Août 2005


A l’appel du collectif des faucheurs volontaires, 400 personnes se sont retrouvées ce samedi 27 Août, à 15 heures, près d’Issoire (63) pour faucher de jour et à visage découvert 3 parcelles d’essai d’OGM thérapeutiques, mises en place par la Société Meristem.
A savoir, une parcelle de 6000 m² sur la commune de Neschers, une parcelle de 6 ha sur la commune de Nonette et une parcelle de 13 hasur la commune de Le broc.
L’action a dû être réorientée en cours d’après-midi au vu des forces de l’ordre déployées notamment sur la parcelle de 13 ha dès 14 h.

Les faucheurs se sont répartis en 3 groupes pour se rendre simultanément sur les 3 essais. La parcelle de Neschers, déjà fauchée en partie lors d’une action précédente mais non revendiquée par le collectif, a été terminée ce samedi. Les faucheurs présents sur cette parcelle ont dû décliner leur identité en repartant mais n’ont pas été interpellés à ce jour.
Il n’en a pas été de même à Nonette, où une cinquantaine de militants ayant à peine entamé le fauchage, ont été violemment repoussés par les forces de l’ordre.
Quinze d’entre eux ont été menottés et emmenés à la gendarmerie d’Issoire.

Pendant ce temps, leurs véhicules, garés non loin de là, ont été saccagés par des « sympathisants » de Limagrain. Vingt-cinq ont eu les pneus crevés et pour certains, la carrosserie endommagée. Le faucheur gardien des véhicules, a eu le bras fracturé à coups de  batte de base-ball. Une personne handicapée, restée dans un véhicule avec son fils de 15 ans, a été violemment agressée par cette milice. La gendarmerie n’est pas intervenue pour les protéger.

A partir 17 h 30 ce samedi 15 personnes sont en garde à vue à la gendarmerie de Clermont-Ferrand (place des Salins). Aujourd’hui, dimanche 28, à 17 h, nous avons de fortes raisons de croire que la garde à vue sera prolongée de 24 heures.
Ces personnes sont défendues par Maître Labiles, avocate au barreau de Clermont-Ferrand, associée à Maître Guillaneuf. François Roux et M. Christine Etelin sont en lien permanent avec elle.
Actuellement, une cinquantaine de militants soutiennent les prévenus par un « tam-tam » sur les grilles de la gendarmerie.

Nous appelons les faucheurs de la région de Clermont-Ferrand à se rendre devant la gendarmerie place des Salins, pour soutenir les faucheurs en garde à vue.

Nous demandons aux coordonnateurs des autres régions de transmettre l’information, de se tenir prêt à mobiliser rapidement sur Clermont Ferrand si le procureur décidait de les traduire devant un tribunal en comparution immédiate.
Pour ceux qui ne pourraient se déplacer, organiser devant les tribunaux ou autres lieux au choix, des manifestations le jour de la comparution des 15 devant le tribunal.
Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la situation sur le site www.monde-solidaire.org


Plus que jamais il faut continuer les fauchages et éradiquer les OGM des champs !
                                                                                              Le collectif des faucheurs

#56 Cassandre

Cassandre

    Tu sais, toi ? T'es sûr ?

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Posté 09 septembre 2005 à 01:09

manu, le Lundi 31 Janvier 2005, 20:01, dit :

Le problème là dedan, c'est que les sociétés qui vont vendre le blé OGM à ces pays, vont leur vendre des céréales qui ne poussent qu'une fois, et ils devront acheter les nouvelles céréales à cette même société pour pouvoir replanter l'année d'après, ce qui crée une dépendance totale envers ces sociétés créatrice d'OGM.

Et si tu a une mauvaise récolte, tu ne peut même pas replanter ce que tu a récolté, faut racheter et voilà l'engrenage des dettes qui commence et tu te vois pris par les ....
C'est bien pour cette raison que ça me dérange aussi (parce que le côté sanitaire on n'en sait rien, même si justement dans le doute mieux vaufrait s'abstenir…)

On ne lutte pas contre la faim dans le monde en entretenat par le biais des plants OGM une dépendance des pays pauvres aux pays riches… et encore, même pas aux pays, mais à quelques multinatioinales qui auront vite fait de s'approprier les brevets !

#57 Eric

Eric

    Chercheur

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Posté 09 septembre 2005 à 07:54

"On ne lutte pas contre la faim dans le monde en entretenat par le biais des plants OGM une dépendance des pays pauvres aux pays riches… "

Les premiers blés transgénique Monsanto, ont été fait, d'abord, pour poluer, c'est stratégique...

J'essaye de vous retrouver l'article.