Tearseller :
Citation
Bon je l'ai parcouru, et on est libre de croire en ces choses ou non... Mais surtout il me semble que c'est pour la psychologie des parents que cette démarche est importante ! Pour qu'ils sachent accueillir un enfant dans notre monde moderne, pour qu'ils s'y préparent "correctement", etc. Donc l'haptonomie décrite ici me confirme dans mon propos qui est que ce sont les parents qui ont un vécu pendant la grossesse, pas le foetus, qui ne peut que subir ce qu'on lui impose.
Je susi d'accord avec Indiana : Les foetus peuvent subir des conséquences physique nées du psychique de la mère, c'est probable ! Il suffit de l'imaginer déprimée, elle ne se nourrit plus normalement et le foetus en souffre. Je nie seulement toute création de lien affectif ou sentimental à ce stade.
Bon, hier soir j'ai posté en 4è vitesse, parce que mon petit m'a appelée (ben oui) juste au moment où je commençais sur l'haptonomie ... je n'ai donc pas pu développer mon propos
En fait, l'hapto est un sujet délicat, parce que sa raison d'être est ses implications sont justement ambigues.
D'un côté, c'est une belle occasion pour les couples de pouvoir vraiment "entrer dans la grossesse", et pour les pères d'oser faire ce que Gwelan semblait faire naturellement avec son petit à naître, mais que beaucoup d'hommes ne font pas spontanément, pour tout un tas de raison intérieures et extérieures à eux.
D'un autre, c'est un peu dommage qu'il faille un préparation technicisée, institutionnalisée, enseignée par des "pros" pour que des parents soient à même d'entrer en contact avec leur bébé en gestation. Ca illustre encore une fois cette perte d'instinct dont je parlais, qu'il faut redécouvrir, parfois à l'aide de guides ...

"Science de l'affectivité" ... ces deux termes ne te semblent pas un peu antinomiques ?
Par contre, pour ce qui est du fait que le foetus communique et "vive" quelque chose, c'est pour moi un fait indéniable.
Un foetus est déjà un être capable de réactions/décisions/choix, et il a plein de compétences qu’on ne soupçonne pas.
Il est capable d'accepter/refuser/établir une communication avec l'extérieur (le père), et il vit à chaque instant une communication avec son moi prolongé qu'est le corps de sa mère, encore indifférencié de lui.
Nier que le fœtus soit déjà un être conscient, capable d’influencer son milieu ou de décider de certaines choses, c’est refuser certains faits.
Prenons d’abord pour exemple les réactions des foetus à une position ou une activité maternelle qui ne leur convient pas.
Toute mère un tant soit peu attentive ou réceptive pourra te dire que lors d’une activité rythmique, qui procure à son petit un mouvement de balancement/bercement régulier (marche, danse, gym douce, travail ménager léger etc …), le fœtus se tient généralement très calme, fait des mouvements doux, en harmonie avec le corps de sa mère, qui elle-même ressent cette sérénité. A l’inverse, quand elle est coincée dans une activité statique durant un long moment (chaise de bureau, voyage en voiture, grossesse alitée etc …), le fœtus va manifester son inconfort par des coups brusques et douloureux, des appuis de tête sur le sternum ou le bassin, des retournements assez intempestifs etc …, malaise qui se communique également à la mère et l’oblige à changer de position et à rectifier le tir.
Idem si on est tout à coup soumise à un bruit fort (baffle avec basses puissantes, réacteurs d’avion, trafic intense), on est vite rappelée à l’ordre
Idem lors de stress, chocs etc ….
Autre exemple : le déclenchement de la naissance.
Il est aujourd’hui connu que c’est le fœtus qui décide et déclenche le moment de sa venue au monde, grâce à des hormones qu’il libère dans le corps de sa mère. Lire à ce propos :
Citation
Hormone de naissance
Dominique Forget
source :
http://www.cybersciences.com
24/03/2004 - Une protéine sécrétée par les poumons du foetus
avertirait la mère lorsque le moment est venu d'accoucher.
Lorsqu'ils sont enfin prêts à respirer à l'air libre, les poumons
des foetus sécrètent un surfactant contenant une protéine bien
spéciale. Cette dernière agit comme « hormone de naissance ». En
effet, elle déclenche une cascade de réactions biochimiques qui
provoquent le travail d'accouchement. C'est ce qu'a démontré une
équipe de la University of Texas Southwestern Medical Center, à
Dallas.
Si les essais ont été réalisés avec des souris, les chercheurs ont
souligné que la protéine associée au surfactant, nommée SP-A, est
aussi sécrétée par les poumons humains. Chez les souris, les foetus
commencent à relâcher la SP-A après 17 jours de gestation alors que
les souriceaux naissent généralement au 19e jour. Chez l'humain, le
foetus commence à sécréter la protéine entre la 30e et la 32e
semaine. La durée normale de la grossesse est de 40 semaines.
Selon les chercheurs, dès que les poumons du foetus se mettent à «
respirer » du liquide amniotique, ils commencent à sécréter la
protéine. Les scientifiques ont toutefois démontré qu'il était
possible de déjouer le destin. Lorsqu'ils ont injecté de la SP-A à
des souris enceintes, celles-ci ont accouché prématurément.
Inversement, lorsqu'ils ont bloqué l'expression de la protéine, la
naissance a été retardée.
Chez l'humain, la SP-A ne sert pas uniquement au déclenchement de
l'accouchement. Elle est aussi responsable de la production de
macrophages qui protègent les poumons contre les infections. Or,
chez les femmes qui accouchent prématurément, on constate souvent
une infection des membranes enveloppant le foetus.
Vraisemblablement, cette infection entraînerait la production hâtive
de SP-A et induirait l'accouchement prématuré.
Les mécanismes qui mènent aux accouchements normaux ou prématurés
sont encore peu connus des chercheurs. Plusieurs protéines et
cascades biochimiques pourraient être impliquées. Les chercheurs du
Texas pensent toutefois que la protéine SP-A serait la toute
première à envoyer un signal au corps de la future maman.
Il décide donc quand il est prêt à vivre à l’air libre, et pour certains ce sera un peu plus tôt, d’autres un peu plus tard, les bébés n’étant pas des montres suisses. Malheureusement de nos jours, si on veut laisser à son petit le temps de décider, mieux vaut s’éloigner le plus possible des hôpitaux, friands de déclenchements « de confort » qui sont autant de violences à l’enfant.
Pour certains, en raison d’un placenta calcifié (altérant les échanges foeto-maternaux en oxygène et nutriments) ou d’une infection maternelle qui passe la barrière placentaire, l’accouchement se déclenchera brusquement, prématurément. Encore une fois, le fœtus « sait » qu’il est temps pour lui de sortir d’un endroit devenu inhospitalier.
Autre exemple encore : la présentation lors de la naissance.
Personne d’autre que le fœtus lui-même ne décide, et ne peut influencer, le moment et la façon qu’il aura de s’engager dans le bassin de sa mère. Et c’est bien le bébé qui décide de s’engager en antérieur ou en postérieur, en occipito-iliaque ou en occipito-sacré, ou de faire une petite ou une grande rotation. Certains restent d’ailleurs très hauts juqu’à la dernière minute (perturbant beaucoup les équipes obstétricales impatientes). Si ce n’est pas faire preuve d’initiative !
Sais-tu également que, à peine quelques minutes ou parfois quelques heures après la naissance, un nouveau-né est capable, si on le laisse faire, de ramper TOUT SEUL sur le ventre de sa mère, de trouver son mammelon et de s’y brancher pour téter le colostrum ? Ca s’appelle le réflexe de fouissement, et ça participe également à la mise en place de cet attachement primal mère-enfant qui permet à l’instinct maternel de s’exprimer.
Malheureusement, à peine aterris, les nouveaux-nés sont maintenant retirés à leur mère, empêchant bien souvent un premier regard déterminant (ah, les yeux d’un nouveau-né dans les tiens, c’est toute l’histoire du monde en un regard) , ; ils sont intubés et aspirés, perturbant ainsi gravement leur réflexe de succion, pesés comme des steaks, récurés bien vite de cette odeur d’utérus et de vernix pourtant extrêmement importante dans l’attachement, la mère étant encore en plein « bain hormonal » de l’accouchement, et très réceptive à cette odeur animale enivrante.
Ils sont également – suprême stupidité – habillés de pied en cap, interdisant ainsi tout contact peau à peau, tout échange de chaleur et d’odeur de l’un à l’autre.
Et puis ils sont « mis au sein » d’autorité, à heure et à intervalles décidés d’avance, entre deux séjours dans leur petit aquarium en plastique
Bref, ce que je veux dire, c’est que l’attachement mère-enfant et sa libre expression dépendent d’un ensemble de facteurs très subtils qu’on perturbe allègrement de nos jours, sous couvert de « sécurité » . Une mère est d’emblée dépossédée de sa grossesse par des « pros » qui « savent », qui la déresponsabilisent et l’infantilisent, et on en arrive à des non-sens, où elle ne sait plus rien ressentir d’elle-même si on ne lui montre pas le chemin à prendre
Je trouve quand même culotté de s’ingénier à saccager tous les mécanismes subtils que la nature a mis en place depuis des millions d’années afin de favoriser l’instinct maternel, indispensable à la survie du petit humain inachevé, pour ensuite essayer de récréer artificiellement une relation perturbée dans des « unités mère-enfant », des séances avec des psys de tout poil qui vont se masturber le cerveau sur ce qui peut bien clocher entre cette mère et son petit
Et je trouve absurde de prétendre que la société glorifie l’instinct maternel. Ce que la société glorifie n’a strictement rien à voir avec un instinct, mais n’est que le reflet d’un souci mercantile de vendre du Guiguoz ou du Bébé Comfort à des mères désireuses de ressembler à un modèle de mère absolument dénaturé.
Et tu remarqueras qu’à aucun moment je n’ai parlé d’amour maternel … même s’il est généralement une suite tout à fait logique de tout ce que je décris. On va dire que l’instinct maternel, véritable réflexe animal, est un « précurseur d’amour » ?
Mais si rares sont les femmes « sauvages » qui prennent de nos jours la liberté d’enfanter de la manière la plus naturelle possible, et de redécouvrir tout cela.
Ah oui, je voulais aussi remercier Elko pour son lien très intéressant