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La "malnaissance", ou le mythe du moindre risque


133 réponses dans ce topic

#1 Tinuviel

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Posté 10 août 2004 à 16:22

Puisque cela semble intéresser certaines personnes, j'ouvre un topic concernant un sujet qui me semble être à la racine de bien des conséquences ultérieures sur la personne humaine : la naissance, et la façon dont elle est victime de l'hypermédicalisation outrancière et du chantage à la peur coutumiers de notre époque.

Non que je veuille "renier le progrès", comme on je me l'entends souvent reprocher.
Je ne désire pas non plus parer de couleurs mirifiques les conditions de naissance dans les siècles passés, ni celles qui ont cours encore aujourd'hui dans des pays aux conditions sanitaires plus que désastreuses.
Le "naturel" étant un concept tellement galvaudé et prostitué, il convient avant de le mettre en avant d'expliquer ce qu'on peut entendre par "naissance naturelle", "accouchement respecté", avec toutes les conséquences qu'un tel choix peut impliquer et tout ce qu'il signifie.

Je citerai beaucoup de textes d'autres auteurs, simples parents, obstétriciens ou sage-femmes, ainsi que des liens traitant du sujet.
Je citerai également des études et recherches faites sur le sujet, visant à essayer de modéliser certaines pratiques et d'en examiner les implications réelles.
Je citerai des témoignages, qui en disent souvent plus long que les discours les plus complets ... parce que c'est un sujet qu'il convient de traiter autant sur le mode humain et émotionnel que sur le mode rigoureusement scientifique.

Mais pour commencer, je vais poster ici un texte que j'ai écrit sur le sujet et destiné à un site en construction consacré à l'enfance.
Ce texte est la synthèse de ce que je cherche à expliquer, et c'est pourquoi j'aime autant faire d'entrée cette "déclaration d'intention", plus philosophique que scientifique, mais dont je peux bien entendu étayer chaque point précis :)

Citation

Dès la grossesse, voire même dès avant la conception de leur enfant, les parents se trouvent déjà virtuellement dépossédés de leur parentalité. Dépossédés et mis en échec dans leur rôle.

Brièvement exposé, et sorti d'un contexte beaucoup plus large, l'historique de ce constat est simple :

A peine pubère, toute jeune fille se voit conseiller de s'en remettre à la médecine pour tout ce qui concerne la "gestion" de sa fécondité. Cette autorité médicale qui s'exerce sur sa féminité, souvent et rapidement couplée à la prescription d'hormones synthétiques qui vont en modifier le fonctionnement naturel, va avoir pour conséquence d'empêcher la jeune fille d'entrer vraiment en contact avec son corps et sa fertilité, et d'apprendre progressivement à en décoder le langage.

Suivant cette logique de déresponsabilisation et de méconnaissance, à peine enceinte, la mère "moderne" est déclarée officieusement en incapacité par rapport à ce fœtus qu’elle porte et nourrit dans ce corps qu'elle connaît si mal. Totalement prise en charge par les instances médicales, gentiment infantilisée, culpabilisée au moindre "caprice", personne n’imagine plus, et elle encore moins que les autres, qu’elle puisse être la première garante et la première responsable de la vie qu’elle porte.
Prenant bien garde de ne pas lui laisser soupçonner sa puissance et ses capacités, on la maintient dans la certitude qu'elle et son bébé vivent une aventure à haut risque, et que leur fragilité mutuelle nécessite une mainmise totale du corps médical sur leur histoire. En contrepartie, elle se pense légitimée à exiger de la médecine un résultat parfait dans la prise en charge de sa grossesse et de son accouchement. Le fameux "risque zéro", qui est une utopie, quel que soient les conditions d'accouchement, mais qui sert de cautionnement direct à n'importe quelle ingérence.

Les risques, les dangers que représentent la naissance ! ...
Ce discours là, quand vous êtes un parent en attente d'enfanter, vous l'entendez partout. La nécessité de parer à tout, de vouloir tout contrôler, tout prévoir, tout régenter ... au cas où. Et pour ce petit pourcentage "d'au cas où", cette petite parcelle d'inconnu qui nous effraie tant, cet amalgame facile entre risque réel et parapluie médico-légal, on va enfermer la naissance dans un protocole rigide, codifié, inébranlable, hautement technique, ne s'embarrassant pas de complications telles que l'aspect affectif de l'évènement, ou les désirs personnels de chaque couple.
Un véritable rouleau compresseur se met en marche. Avec les dégâts collatéraux parfois énormes que cela suppose, tant au niveau physique qu'au niveau émotionnel, et tant pour la mère que pour le père et l'enfant, et par extension l'ensemble de la famille. Dégâts d'autant plus grands qu'ils sont généralement minimisés, niés, ou simplement étiquettés "déprimes post-partum", sans susciter le moindre questionnement ou la moindre remise en question des protocoles. Dégâts enfin qui ont une action "en dominos", et vont donc se répercuter à d'autre domaines, compromettant ainsi la relation avec le nouveau-né, et mettant en péril le délicat équilibre de la nouvelle famille : fragilisation des parents dans leur compétences, risque de voir capoter l'allaitement, difficultés d'attachement à l'enfant, mauvaise image de soi, déception refoulée etc ...

Et le pire de tout, c'est qu'on vous fait croire - en toute sincérité - que tout ça a été mis en place POUR VOTRE BIEN et celui de votre enfant ! Et vous allez le croire, et vous allez même en répandre l'idée avec conviction, perpétuant ainsi cette duperie de génération en génération.
Et pour cause : comme toute perversion, cela se passe si "gentiment" ... C'est le propre de la perversion : faire croire à la victime qu'elle est coupable de se sentir victime, coupable d'ingratitude, et la faire mettre en place elle-même le piège dans lequel elle va se retrouver engluée, plus personne n'étant conscient, au bout du compte, de participer à une manipulation :-(

En conséquence, voici ce que nous voulons, ainsi qu'un nombre croissant de parents :

- Nous voulons que soit redonné à l'accouchement, tant dans l'esprit des parents que dans celui des professionnels, sa place d'évènement avant tout intime et familial. La naissance fait partie de - et appartient à - la vie affective et sexuelle d'un couple. Elle nécessite à ce titre, et pour en garantir le déroulement serein, que soit préservé autant que possible son caractère privé, quelles que soient les circonstances qui l'entourent.

- Nous voulons que l'on cesse d'induire chez les couples qui vont enfanter des craintes excessives et irraisonnées - qui justifient tous les abus de pouvoir - en prenant sans cesse pour référence l'accouchement pathologique, qui constitue l'exception, en lieu et place de l'accouchement physiologique, qui représente la norme.
Statistiquement parlant, c'est un non-sens. Humainement parlant, c'est une prise d'otages et une escroquerie émotionnelle.

Nous voulons que la pratique obstétricale évolue vers une pratique factuelle ("evidence-based"), et que ses actes cessent d'être basés sur des croyances érigées en certitudes plutôt que des études et des statistiques (qui existent), et sur le vécu des parents.
De nombreuses habitudes intrusives et néfastes pour la mère et l'enfant pourraient ainsi être évitées, ou en tout cas fortement raréfiées.

Nous voulons donc que soit mieux connue, reconnue et respectée la physiologie de la naissance et des premiers moments de l'attachement mère-enfant, qui ne peut réellement prendre place qu'en-dehors de toute intervention préventive : que l'on nomme cela accouchement "naturel", "physiologique", "eutocique", "spontané", "non perturbé" ... nous voulons établir (et non rétablir, car il n'en a quasiment jamais été ainsi) l'évidence qu'accoucher est un processus qui, dans la majorité des cas, ne nécessite pas d'acte médical, et pour l'accomplissement duquel chaque femme - et chaque couple - possède les ressources nécessaires.

- Nous voulons que les parents prennent et ASSUMENT, en conscience, sans culpabilité et sans être regardés comme de dangereux anarchistes, leur statut de décideurs et d'acteurs, responsables de LEUR enfantement.

- Nous voulons que les parents aient la possibilité de choisir de manière éclairée et autonome le lieu et la façon de vivre leur enfantement, ainsi que les personnes, professionnelles ou non, qu'ils désirent à leurs côtés. Nous voulons qu'ils soient soutenus, accompagnés et respectés dans ces choix, qu'ils ne soient pas marginalisés, et qu'ils aient à tout moment le loisir de changer d'avis sans en être pénalisés ni culpabilisés.

- Pour cela, et afin que les parents puissent décider en connaissance de cause, nous voulons que cesse la manipulation et la rétention de l'information dans le domaine de la conception, de la grossesse et de la naissance, (notamment la naissance à domicile), qui consistent à ne dire que des demi-vérités, qui sont aussi des demi-mensonges.
Informer N'EST PAS dire aux gens ce qu'ils doivent penser et choisir ! Informer n'est pas entretenir la peur afin de conforter son pouvoir de contrôle. Informer, c'est prendre le temps d'expliquer, de façon complète et neutre.
Etre informés est un droit inaliénable des parents et des patients de manière générale. Informer, et S'INFORMER soi-même, est un devoir de la part des soignants.
Nous voulons que circulent l'information et les expériences, et nous nous y employons avec d'autres parents.

- Nous voulons que l'on cesse de confondre risque médical réel et garde-fou médico-légal, ce qui est à l'origine d'une confusion regrettable quant à cette notion de "sécurité, et fausse la juste appréciation de l'enjeu dans l'esprit des parents.

- Nous voulons que les soignants reprennent la place qu'ils ne devraient jamais quitter : c'est-à-dire celle d'être au service de l'être humain, et non au service d'un protocole ou d'une institution médicale. Et que leurs interventions, si elles s'avèrent nécessaires, soient effectuées dans le plus grand respect possible de l'histoire et des émotions de chaque couple qui enfante.

- En cas de naissance médicalisée, nous voulons que l'on cesse d'évacuer la dimension affective de cet évènement au nom de la sacro-sainte sécurité. Sécurité ET empathie peuvent également se côtoyer, et devraient toujours aller de pair chez tout professionnel digne de ce nom.

- En cas de naissance médicalisée, nous voulons également qu'à tout moment les professionnels INFORMENT les couples de la situation qui est la leur, sans omettre une possibilité en faveur d'une autre par préférence personnelle ou par facilité, qu'ils CONSULTENT les parents, et ne se substituent pas à eux, lors de toute prise de décision concernant leur santé et la naissance de leur enfant.

- Nous voulons que l'institution médicale (maternité, hôpital, clinique) et ses représentants reprennent leur rôle premier et unique, qui est de ne traiter que les urgences et les pathologies. La naissance n'étant pas, à priori, une pathologie, il n'y a aucune raison pour en influencer le déroulement par des mesures protocolaires préventives. Ces mêmes mesures "préventives" devenant bien souvent des causes iatrogènes aux complications qu'elles étaient censées éviter ...

En structure médicale, nous voulons que des parents y ayant vécu des difficultés d'enfantement (césarienne, extraction instrumentale, maladie ou décès d'un enfant) soient écoutés, considérés et reçus dans leur souffrance, leur besoin d'exprimer leurs émotions et leur déception, et leur droit d'obtenir des explications et d'avoir accès à leur dossier médical.

En contrepartie de tout cela, les parents, ainsi rendus à leur conscience et leur responsabilité, doivent accepter d'assumer les conséquences des choix qu'ils ont posés en toute connaissance de cause, et ne pas chercher à en déléguer la responsabilité à des tiers.
Ils doivent également réaliser que les professionnels sont également humains, respectables ... et faillibles, et qu'accueillir la vie signifie aussi parfois accueillir la douleur, la souffrance, la maladie ou la mort.

- Ce n'est qu'à ces conditions que les compétences des professionnels seront mises au service de l'accompagnement respectueux des nouveaux-nés et des couples qui enfantent, et non au service d'une médecine dirigiste, paternaliste et déshumanisée.
Et ce n'est qu'ainsi que parents et professionnels pourront établir une relation saine, empreinte de considération - et pourquoi pas de confiance - mutuelles.


Ce que nous ne sommes pas :

Passéistes et rétrogrades
Le concept de naissance respectée et naturelle tel que nous l'entendons n'est pas un retour à l'âge des accouchements dans la paille, au milieu des mouches et des incantations de matrones aux mains sales. Il s'agit d'en venir à une conception de la naissance qui n'a jamais été à l'honneur : la reconnaissance de la puissance, de la compétence et de l'autonomie de la femme et du couple dans leur enfantement.

Irresponsables et InconscientsL'ensemble de cette rubrique, ainsi que les nombreux liens que nous mentionnons à ce sujet sont là pour vous expliquer, information à l'appui, qu'il n'est pas irresponsable et inconscient d'accoucher chez soi ou de refuser l'hypermédicalisation de la naissance. Il s'agit simplement de remettre les choses à leur juste place.

Egoïstes Nos enfants, et la préoccupation de leur bien-être et de leur intégrité physique et psychologique, se trouvent précisément au centre de notre démarche. Il ne s'agit pas de "caprices", mais de modifier fondamentalement notre approche de l'accueil du nouveau-né.

Fanatiques, religieux ou sectairesNous ne faisons partie et ne défendons aucun mouvement religieux, philosophique ou sectaire, quel qu'il soit. Notre pensée est absolument libre de toute influence "unique", et notre seul credo est que tout être humain devrait user et abuser de sa responsabilité individuelle, et mettre en oeuvre le principe du choix éclairé dans tous les domaines de son existence.[/SIZE][/SIZE]

« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#2 Elko

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Posté 10 août 2004 à 17:12

Voui je suis plutôt d'accord avec tout ça.

(Née à la maison et non en clinique, jamais vaccinée et heureuse de tout ça).
Merci Maman.Merci Poppa. :D

Je n'ai jamais pris la pillule non plus.

Youuplaaa
:cingle:
elisakouto.centerblog.net

#3 Tinuviel

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Posté 10 août 2004 à 17:51

Pour poursuivre : un texte assez récent du Dr Thierry RICHARD, Gynécologue Obstétricien et Président de l'AFNA (Association Française de Naissance Aquatique) :


AU SECOURS : VITE...

Rédiger un article sur la naissance en France, c'est s'atteler à une tâche complexe. En effet, le constat actuel de la naissance dans notre beau pays est affligeant, pas moins...

Pourquoi? D'abord car les résultats ne sont pas bons. La mortalité périnatale de 7 pour 100.000 est tout juste dans la moyenne européenne, la mortalité maternelle est élevée et nous place dans les derniers rangs européens, le taux de prématurité augmente. Et pourtant la «sécurité» est maximum nous dit-on. En effet, on accouche à l'hôpital -de préférence un CHU-, par «prudence », les césariennes représentent 18% des naissances et les forceps 15%... sans compter l'épisiotomie (coupure préventive du périnée), pratiquée dans 75% des cas...

Ces chiffres sont ahurissants pour un phénomène NATUREL! Ils s'expliquent par la formation reçue et par la pression médico-légale énorme qui font que les professionnels de la naissance pensent plus à ne pas avoir de procès qu'au mieux naître des enfants de leurs patientes. Mais aussi, par le fait du stress considérable (sans prise en charge réelle psychologique) provoqué par une naissance en milieu hospitalier souvent mal connu et dans des endroits réalisant plusieurs milliers de naissances par an avec l'anonymat qui en découle.

Par ailleurs, la politique de naissance actuelle prônée par quelques professeurs parisiens du XVIe arrondissement (qui sont aussi experts auprès des tribunaux, tant qu'à faire...), vise à la fermeture des
petites structures de naissance, plus conviviales, à la diabolisation de la naissance à domicile, de la naissance aquatique et j'en passe. Bref, l'Inquisition frappe devant les tribunaux tous les «déviants», au moindre problème, même sans faute. Le but de la politique française de la naissance est le regroupement des naissances dans des gros centres régionaux pouvant réaliser jusqu'à 4000-5000 naissances par an.
Stressants, déshumanisants, avec de plus le problème des infections nosocomiales (opportunistes) et des résistances bactériennes qui se développent rapidement dans ces endroits de grande concentration humaine et donc microbienne.

Enfin, le problème de la douleur de l'accouchement est confié exclusivement à la péridurale, alors que nous savons que le taux de 40% actuel de péridurales est à son maximum compte tenu de la pénurie d'anesthésistes. Sachons de plus que celle-ci augmente les taux de forceps et de césariennes. Quid des 60% restants ? Pas de problème, la morphine, et puis des fois, «c'est pas si douloureux ».

Voilà, terrible non? Mon histoire professionnelle et mon implication dans le domaine de l'accouchement aquatique m'ont fait prendre conscience de tout cela et de la détresse de beaucoup de futures mamans obligées de se plier à la norme imposée, faute d'alternative et de choix. Ce constat ne prend en compte que les critères objectifs. Et le psychisme et la psychologie? Et le vécu de cet événement initiatique qu'est la grossesse et son aboutissement, l'accouchement?

Il est de plus en plus évident pour les personnes éclairées que la prise en charge personnalisée de la grossesse et de l'accouchement est fondamentale pour la suite de l'existence de l'enfant à naître et de la
maman. Les conséquences sur le mental d'une grossesse stressée, mal accompagnée et d'un accouchement violent, douloureux, brutal, sont indélébiles et source de stress, d'inquiétude, de paranoïa dans l'existence future, et parfois de maladies somatiques inexpliquées à distance de la naissance. Bref, médicalement parlant et psychologiquement parlant, cela ne va pas du tout.

QUE FAIRE?

Un pays voisin nous donne des indications intéressantes sur les pistes à suivre pour améliorer les résultats et mettre un peu de psychologie dans la prise en charge de la grossesse et de l'accouchement : il s'agit des
Pays-Bas. Ses résultats sont meilleurs que les nôtres avec un fonctionnement totalement différent. Dans ce pays, on considère la grossesse et l'accouchement comme des phénomènes a priori normaux, et non pas l'inverse comme chez nous, où celui-ci est considéré comme pathologique d'emblée, jusqu'à preuve du contraire, ce qui implique une médicalisation excessive et déshumanisante. Aux Pays-Bas, environ 30% des naissances se passent à domicile.

Ce qui est certain, c'est l'urgence du changement de la politique de naissance car les choses s'aggravent. Aussi les pistes sont les suivantes:

1) Virer les responsables actuels incompétents de la politique de la santé et de la naissance: politiques et experts parisiens, médecins imbus de leur pouvoir, administratifs.

2) Faire enfin inclure dans les enseignements des écoles de sages-femmes et des futurs obstétriciens des méthodes prometteuses non encore enseignées: Accouchement à domicile - selon les critères hollandais
facilement transposables -, accouchement aquatique, haptonomie, acupuncture... etc.

3) Laisser le choix du mode de naissance en développant les méthodes alternatives aux naissances hospitalières universitaires : accouchement à domicile, aquatique, haptonomie, acupuncture, maisons de naissances, en développant des formations spécifiques.

4) Maintenir l'existence des petites structures de naissance en leur donnant les moyens humains de travailler correctement.

5) Réserver les grands centres hospitaliers universitaires aux grossesses et aux accouchements pathologiques en les libérant du poids des accouchements normaux qui ne devraient pas y avoir lieu pour les raisons déjà mentionnées (stress, infections).

6) Développer l'hospitalisation à domicile obstétricale qui permettra un retour rapide de la maman et du bébé dans leur habitat s'ils le souhaitent après la naissance. La prise en charge médicale est équivalente mais le coût est considérablement inférieur à celui de l'hospitalisation actuelle d'une moyenne de 4 jours (entre 800 et 1000 euros/jour selon les lieux, pour environ 760000 naissances par an en France... Faites le calcul)

7) Prendre en compte l'exceptionnelle dimension psychologique pour la maman et l'enfant à naître en proposant un suivi personnalisé de la grossesse et de l'accouchement. Bref, réinjection de l'humain à la place de la surmédicalisation actuelle systématique, source de stress et donc d'événements iatrogènes : ne pas tout sacrifier à la technique.

8) Développer la prise de conscience de la population sur la perversité du système actuel par le travail actif des associations citoyennes, notamment par le biais de la communication par les médias et Internet
(ex: le portail http://naissance.ws)

9) Revoir les formations d'accoucheurs, car la plupart de ceux-ci sont d'abord chirurgiens et passent plus de temps en bloc opératoire qu'en salle de naissance, plus à l'aise dans la réalisation de césariennes que
dans les actes sophistiqués d'obstétrique qu'ils ne réalisent plus par confort et par manque de savoir-faire. Nous assistons ainsi à la disparition programmée de l'école française d'obstétrique, qui a pourtant encore de beaux fleurons en exercice, mais qui sont sanctionnés systématiquement par les experts sus-cités en cas de procès (souvent intentés par les administrations et non par les patientes) pour leur dangereuse déviance.

10) Mettre en place un suivi personnalisé des professionnels de la naissance pour évaluer sur l'ensemble d'une carrière les résultats de leur pratique et dépister les canards boîteux.

11)Utiliser l'outil informatique pour développer l'étude épidémiologique et permettre d'améliorer les pratiques obstétricales sur des bases non plus empiriques mais statistiquement significatives.

12) Relancer l'intérêt de la préparation à l'accouchement sans douleur actuellement délaissée du fait de la péridurale.

Ainsi, beaucoup de travail à réaliser car tout va mal dans ce domaine comme dans tous les autres de notre société. Un sursaut est indispensable pour cet événement qu'est la naissance. Les solutions existent donc, et l'urgence de leur mise en oeuvre est évidente. Celle-ci se fera par l'action des femmes qui décideront de la façon dont se passera ce moment magique et par le choix qu'elles revendiqueront. La contraception, l'IVG ont été des luttes difficiles; il est grand temps de se remobiliser pour le bien naître.

«Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que l'on n'ose pas,
c'est parce que l'on n'ose pas que les choses sont difficiles. » (Sénèque)

Dr Thierry RICHARD

Gynécologue Obstétricien
Président de l'AFNA (Association Française de Naissance Aquatique)
« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#4 Pierre_1

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Posté 10 août 2004 à 18:04

Citation

La mortalité périnatale de 7 pour 100.000 est tout juste dans la moyenne européenne, la mortalité maternelle est élevée

70 pour 1 000 000, 7000 pour 100 000 000 !


Citation

Disparité de la mortalité infantile
Il y a plus de 20 ans,Sauvy pouvait écrire à propos de la mortalité infantile que "le retard de la France sur les autres pays n'est dû à aucune nouveauté particulière du climat, non plus qu'à des ressources matérielles insuffisantes, mais à notre seule négligence". Aujourd'hui, la France n'est plus en retard. Elle figure parmi les meilleures. Toutefois, il faut nuancer le constat globalement satisfaisant car d'importantes disparités existes en fonction des régions et des niveaux socioculturel.


Pierre.

Ce message a été modifié par Pierre_1 - 10 août 2004 à 18:18.


#5 Tinuviel

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Posté 10 août 2004 à 18:41

Gasp :o
Coquille.

Il faut lire 7 pour 1000, et non 7 pour 100.000
« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#6 Isis Rider

    Bonobo ? ; )

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Posté 10 août 2004 à 19:47

Salut Tinuviel,,
je me retrouve une fois de plus d'accord avec toi, ça devient d'un lassant...
Blague à part, connais-tu Jock Doubleday?
Ce partisan de la naissance naturelle qui remet également en question les vaccinations systématiques, a écrit de nombreux textes contre la médicalisation de la naissance, comme dans l'article suivant, traduit en français, où il critique, entre autres, les thèses soutenues par Nina Shapiro qui prétend par exemple que

Citation

pour le "bien-être" durant l'accouchement un choix réellement éclairé amène inévitablement à l'usage de la technologie obstétricale la plus avancée, et que la technologie est une planche de salut pour des femmes qui cherchent désespérement à éviter le travail d'Ève.



Lire : Naître en enfer, le mythe de la sécurité de l'accouchement à l'hôpital


Je suis malheureusement née à l'hôpital et aussi étrange que ça puisse paraître j'en conserve une sorte de souvenir visuel qui pourrait se résumer ainsi : trop de lumière d'un seul coup.

Jusqu'à assez récemment, je ne supportais pas qu'on allume la lumière en pleine nuit das la pièce où je dormais, ce n'est que depuis que j'ai fait un gros travail sur moi-même que ça ne m'angoisse plus. Mais les lumières au néon provoquent toujours en moi une espèce de sentiment d'horreur physique.

Lorsqu'on observe les autres femelles, on se demande bien pourquoi les humaines n'ont pas le droit d'accoucher tranquillement dans la pénombre - et bien sûr dans une position qui leur conviendrait à elles et au bébé etc.

Ce n'est qu'un des nombreux détails qui montrent à quel point le scientifisme forcené que l'on cherche à nous imposer nous gâche la vie.

On ne peut qu'inciter les femmes et les couples à faire des choix plus personnels, plus respectueux de notre nature de mammifère que l'on voudrait que nous oubliions.

Isis Rider

#7 Elko

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Posté 10 août 2004 à 20:08

Voui

Ma mére a aussi préparé l'accouchement dans une baignoire d'eau tiéde (pour la dilatation) pendant une ou deux heures et c'est assez pratique à pratiquer au domicile avant d'accoucher dans la chambre dans un cadre hyperfamilier et sécurisant...

:salut:
ooo les filles oooo les filles
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#8 Tinuviel

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Posté 10 août 2004 à 22:38

Isis rider :

Citation

Blague à part, connais-tu Jock Doubleday?
Bien sûr :-)
Tu me prends les mots du clavier, parce que je comptais le citer également, mais comme tu donnes le lien ...

Deux choses intéressantes à mon avis chez Doubleday, tout d'abord un petit résumé condensé de la notion d'iatrogénie dans la naissance médicalisée :

Citation

La thèse de Magical Child est que le potentiel humain se situe largement au delà de ce qui est couramment admis et que certaines pratiques culturelles sont à l'origine de notre affaiblissement collectif. Pearce affirme qu'une de ces pratiques dommageables est la médicalisation de l'accouchement, conçu pour contrecarrer virtuellement toutes les étapes que la nature a planifiées, depuis trois millions d'années, pour accomplir le miracle de la naissance.

Pearce décrit avec une minutie consternante le drame de la "cascade d'effets" de l'obstétrique moderne, où toute intervention en entraîne une autre: comment les analgésiques ralentissent les mouvements synchronisés par lesquels l'enfant est expulsé de l'utérus, prolongeant le temps d'expulsion et le transformant en torture; comment le ralentissement du travail augmente la peur chez la mère; comment la peur chez la mère amène ses muscles utérins inférieurs à se resserrer, stoppant ainsi le travail et causant une douleur intense parce que les muscles supérieurs continuent à se contracter; comment l'augmentation de la douleur de la mère justifie une augmentation de la médicalisation (chaque dose traversant la barrière placentaire pour atteindre l'enfant en moins de 45 secondes) détruisant ainsi l'échange hormonal subtil entre la mère et son enfant; comment l'enfant drogué est incapable d'envoyer le signal hormonal "je suis prêt" à sa mère, excluant donc la possibilité d'un accouchement vaginal; comment la convalescence de la mère, après une césarienne ainsi "justifiée", l'empêche de créer un lien affectif avec le nouveau-né au moment critique suivant la naissance; comment cet enfant fortement drogué est incapable d'interagir avec son entourage et d'engager un apprentissage primaire; comment l'absence d'attachement (ce que Pearce nomme "un endroit sécuritaire où se camper") affecte l'enfant pour le reste de sa vie; comment la dépression post-partum est un résultat direct d'un mauvais usage de la technologie.


D'ailleurs, j'insère à ce propos également un petit texte d'un de mes amis, sage-femme de son état, à propos de cette notion d'iatrogénie :

Citation

Lorsqu'on constate un "probleme" (et le ralentissement cardiaque foetal est frequent en fin d'accouchement), il est toujours interessant de "remonter" un peu dans le temps pour constater que bon nombre de pratiques sont relativement dangereuses - pas a priori, mais dans ces consequences (le ralentissement en est un) -.
A "jouer" trop avec les instruments de surveillance, on constatera toujours un probleme ou l'autre (l'usage systematique du monitoring cardiaque foetal en phase dite d'expulsion est une maniere non pas de
detecter des decelerations, mais de justifier les interventions musclees suivantes ... mais a la base il s'agit principalement d'une tentative de calmer les angoisses du/de la praticienNE ;-(] ).
C'est la premiere raison de l'utilisation des instruments d'extraction (justifiant des episiotomies aux largeurs et profondeurs inimaginables) provoquant souvent des traumatismes neonatals (justifiant le sejour plus ou moins prolonge en service neonatal et donc separation mere-enfant et donc problemes d'allaitement, problemes d'attachement, avec de nombreuses sequelles relationnelles, d'image de soi, ....
Et avec un joli syndrome de Stockholm a la cle : "heureusement que Machin etait la : il m' /nous a sauve la vie ..." (l'histoire du pompier incendiaire ...)


Pour en revenir à Doubleday, il décrit également de manière très intéressante le cercle vicieux insécurité-peur-douleur-intervention.

Citation

La raison principale de la douleur dans un accouchement normal est [...] le syndrome peur-tension-douleur. [...] Notre organisme nous fournit de puissants instincts durant l'accouchement. Le premier est le besoin de se sentir en sécurité et protégé. Tous les mammifères cherchent instinctivement un endroit sombre, retiré, et le plus important, sécuritaire, pour accoucher. Durant l'accouchement, les mammifères semblent dormir et ferment les yeux pour tromper des prédateurs potentiels. Ils respirent normalement, et certains (qui ne transpirent pas) peuvent haleter pour se refroidir. Les humains pourraient atteindre plus facilement un stade de relaxation en fermant les yeux et en faisant des respirations abdominales. Cette relaxation ralentit aussi les ondes du cerveau de la femme accouchante dans ce qu'on appelle un état alpha, état dans lequel il est virtuellement impossible de relâcher de l'adrénaline, l'hormone de la peur. Le besoin de confort physique devient critique, comme celui d'avoir un "nid" prêt pour le bébé. L'environnement hospitalier provoque souvent de nombreuses intrusions non-intentionnelles dans l'atmosphère de la naissance en imposant un éclairage excessif, beaucoup de monde, du bruit, des examens, et des machines suscitant la peur.

Comment au juste la peur de la mère peut-elle susciter de la douleur? Griffin explique:

Le muscle utérin est admirablement conçu pour négocier efficacement avec le danger, la peur et le stress durant le travail. L'utérus est le seul muscle du corps qui contient en lui-même deux groupes de muscles opposés -- un qui induit et poursuit le travail, et l'autre qui stoppe le travail si la mère est en danger ou effrayée. Le stress émotionnel ou physique signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse s'enfuir en sécurité. En nos temps modernes, ça se détraque. Nous ne pouvons fuir nos peurs -- qui peuvent inclure les "histoires d'horreur" de nos amies à propos de leurs accouchements -- ni nous enfuir de notre hôpital ni loin de notre médecin. Alors, il y aura un relâchement d'adrénaline qui causera la contraction des muscles circulaires courts dans le tiers inférieur de l'utérus. Ces muscles sont responsables de l'arrêt du travail en fermant et en serrant le col. Le résultat sera que nous "mijotons" littéralement dans l'adrénaline. En même temps que les fibres musculaires longues et droites se contractent pour effacer et dilater le col, les fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour fermer le col et "combattent" le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux muscles très puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante a une contraction.

Ayant établi un lien direct entre la peur et la douleur, Griffin conclut:

En apprenant la relaxation profonde au niveau mental, physique et émotionnel; en confrontant activement nos peurs liées à l'accouchement et en choisissant un environnement de naissance dans lequel elle se sent protégée et en sécurité, la femme accouchante n'aura pas à expérimenter la douleur traumatique du syndrome "peur-tension-douleur".

Suzanne Arms, une figure bien connue dans le mouvement d'accouchement naturel, écrit dans Immaculate Deception II: Myth, Magic and Birth (1994):

La télévison, la presse et les histoires de naissances se focalisent sur le caractère dramatique et les dangers de la naissance... Peut-être que la chose la plus importante que quelqu'un puisse faire pour une femme sur le point d'accoucher est de l'aider à se défaire de ses idées préconçues et à diminuer les peurs qu'elle a accumulées toute sa vie par rapport à l'accouchement.


Il est évident, et je peux en attester l'ayant expérimenté moi-même, que le stress, le psychologique ont une influence énorme sur le déroulement du travail d'accouchement.
La nature a prévu une chose chez les femmes mammifères qui accouchent : en cas de sensation de danger de la mère, le travail s'arrête pour permettre la fuite, et ne reprend que lorsque la femelle se sent à nouveau en sécurité.
De même, une femme qui se sent, même inconsciemment, en situation de stress, va influencer le travail de son utérus. L'hôpital, avec ses allées et venues incessantes, ses touchers vaginaux continuels, ses changements de personnel, sa lumière vive, son bruit, son manque d'humanité globale, sont autant de sources de stress pour une mère, surtout une primipare qui ne sait déjà pas à quoi s'attendre. Et dans ce climat, naturellement, une femme va voir du mal à lâcher prise et à laisser le travail se dérouler. D'où un conflit qui conduit, malheureusement très souvent, à des interventions instrumentales qui auraient pu être évitées dans de meilleures conditions.

Pour terminer ce soir, je ne résiste pas à l'envie de copier-coller une petite phrase célèbre du professeur Malinas, gynécologue-obstétricien, qu'il a eue en 1994 dans "le dauphiné libéré" :

Citation

"L'obstétrique traditionnelle consiste à surveiller un phénomène physiologique en se tenant prêt à intervenir à tous les instants. L'obstétrique moderne consiste à perturber le dit phénomène de telle sorte que l'intervention devienne indispensable à l'heure exacte où le personnel est disponible.

« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#9 Sharkreef

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Posté 11 août 2004 à 09:54

Merci pour ces textes très intéressants. L'interventionnisme en obstétrique est certainement néfaste dans la plupart des cas. Mais quel courage faut-il pour décider d'accoucher à domicile dans le but d'éviter l'arsenal thérapeuthique ! On est responsable de sa santé et de celle de l'enfant à naître...

Pour ma part, plus je réfléchis à mon accouchement, plus je pense que la sage-femme qui était à mes côtés n'a pas arrangé les choses... Les touchers vaginaux intempestifs me déclenchaient des douleurs comparables à celles provoquées par les contractions, je ne savais plus quand je devais pousser. D'ailleurs elle était incapable de me conseiller. Elle a paniqué, augmentant encore mon stress... Elle m'a fait sortir de l'eau pour m'allonger sur la table, où le travail s'est révélé encore plus difficile. Finalement, une assistante a dû appuyer sur mon ventre pour faire sortir le bébé. Et j'ai eu une hémorragie à la naissance; j'ai appris depuis que cette manoeuvre favorisait les hémorragies utérines...

Pendant qu'on s'occupait de mon bébé dans une pièce à côté, et que je l'entendais pleurer, deux heures durant, personne n'est venu m'expliquer ce qui se passait. Bravo l'accompagnement ! L'obstétricen de garde à la maternité cette nuit-là n'est jamais venu. Pourquoi ? Encore une question sans réponse...

Comment se serait passé l'accouchement à domicile ? Je n'en sais rien... Peut-être pire, peut-être pas... Je ne le saurai jamais.

#10 diamant bleue

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Posté 11 août 2004 à 12:43

Sharkreef, le Mercredi 11 Août 2004, 11:01, dit :

Elle m'a fait sortir de l'eau pour m'allonger sur la table, où le travail s'est révélé encore plus difficile.
Ca tu vois c'est la base meme du problème pour moi...
Je n'arrive pas à comprendre comment l'obstétrique peut envisager que la position couchée aide à la naissance...
Il y a une constante physique sur notre planète qui s'appelle l'attraction terrestre, la pesanteur...
Comment peut on contredire cette notion en allongeant une femme sur une table, donnant de fait comme direction de sortie, le dos de la mère, tout le poids se concentrant là.... :cogite:
Alors que la position accroupie permet au foetus de trouver la sortie en suivant l'attraction naturelle....
Cette médecine interventionniste a défini cette position anormale et non naturelle qui, à mon avis, est responsable de nombreux retards et longueurs dans un acte naturel. Par contre elle permet à ces interventionnistes d'avoir une vue imprenable sur l'objet de leur travail.... Et je dis bien "objet", car les femmes sont traitées ainsi dans les salles d'accouchement hypermédicalisés et concentrationnistes.

Diamant

#11 Tearseller

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Posté 11 août 2004 à 14:02

Citation

Les contractions actives et simultanées de la musculature abdominale puis vaginale et du diaphragme vont provoquer l'expulsion qui se produit généralement en position couchée, mais qui peut aussi avoir lieu en position semi-assise (comme pour la défécation).

Lien

Citation

La femelle qui a mis bas en position couchée sur le flanc, se lève aussitôt dès la naissance du nouveau-né.

Lien

Citation

Le problème s'est posé d'emblée. Péquart (1963, p. 296) a évacué comme «parfaitement inadmissible» l'hypothèse d'une mise-bas, avec deux arguments : «1'évidente jeunesse du faon» et «sa position debout»

Lien

Dain, chienne, vache, génisse... Well ce que dit diamant bleue :

Citation

Je n'arrive pas à comprendre comment l'obstétrique peut envisager que la position couchée aide à la naissance...
Il y a une constante physique sur notre planète qui s'appelle l'attraction terrestre, la pesanteur...
Comment peut on contredire cette notion en allongeant une femme sur une table, donnant de fait comme direction de sortie, le dos de la mère, tout le poids se concentrant là....

me semble sujet à discussion, puisque d'après moi beaucoup d'animaux sans le secours d'aucun obstétricien optent eux aussi pour l'accouchement couché... sur le flanc certes, mais couché !
Je n'ai pas pu trouver un exemple d'animal accouchant naturellement accroupi (dans le cas du chien cette position de défécation est l'exception et non l'inverse), ou debout, ou dans un arbre, ou n'importe où pour suivre la logique de pesanteur, mais si vous pouvez me l'indiquer je serais ravi, sans ironie aucune ! :cpasmafaute:

Je ne sais pas si j'ai le droit de dire ça puisque n'étant pas dans le cas de celle qui saurait, mais je me demande en plus si la position accroupie, pas forcément très usitée de nos jours comme le soulignait un monsieur dans un article sur un des liens précédents (désolé de l'approximation) , est très confortable pour fournir un effort de contraction qui est souvent pénible même aux femmes couchées... :???:

#12 Tinuviel

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Posté 11 août 2004 à 14:45

Tearseller, le Mercredi 11 Août 2004, 14:09, dit :

Dain, chienne, vache, génisse... Well ce que dit diamant bleue :

Citation

Je n'arrive pas à comprendre comment l'obstétrique peut envisager que la position couchée aide à la naissance...
Il y a une constante physique sur notre planète qui s'appelle l'attraction terrestre, la pesanteur...
Comment peut on contredire cette notion en allongeant une femme sur une table, donnant de fait comme direction de sortie, le dos de la mère, tout le poids se concentrant là.... 

me semble sujet à discussion, puisque d'après moi beaucoup d'animaux sans le secours d'aucun obstétricien optent eux aussi pour l'accouchement couché... sur le flanc certes, mais couché !
Je n'ai pas pu trouver un exemple d'animal accouchant naturellement accroupi (dans le cas du chien cette position de défécation est l'exception et non l'inverse), ou debout, ou dans un arbre, ou n'importe où pour suivre la logique de pesanteur, mais si vous pouvez me l'indiquer je serais ravi, sans ironie aucune ! :cpasmafaute:

Je ne sais pas si j'ai le droit de dire ça puisque n'étant pas dans le cas de celle qui saurait, mais je me demande en plus si la position accroupie, pas forcément très usitée de nos jours comme le soulignait un monsieur dans un article sur un des liens précédents (désolé de l'approximation) , est très confortable pour fournir un effort de contraction qui est souvent pénible même aux femmes couchées... :???:
La réponse est très simple, Tearseller : la femelle humaine est la seule à avoir un bassin qui se trouve dans la droite prolongation de sa colonne vertébrale (homo erectus), et non un bassin articulé en angle par rapport à cette colonne vertébrale.
Cela modifie tout à fait le chemin que le bébé devra faire pour s'expulser, et la position idéale à cette expulsion.

De plus, le petit d'homme est le seul mammifère à naître avec un périmètre crânien aussi grand en regard de la taille du bassin maternel. La tête du foetus doit donc s'ajuster de manière très précise afin de pouvoir pénétrer dans la filière pelvienne, et effectuer la rotation nécessaire à son démoulage.
Si, en plus, le bébé ne se présente pas par l'occiput (partie au diamètre le plus petit), mais par la face, ça augmente encore ce diamètre.

La position a donc une extrême importance, non seulement dans la facilité de poussée de la mère (pousser efficacement à plat dos en position "poulet de bresse", c'est quasi impossible), mais surtout dans l'ajustement, parfois au milipoil près, des articulation du bassin. Pour pouvoir permettre aux ligaments de relâcher encore les quelques petits millimètres qui manquent à l'engagement correct du bébé, il lui faut toute la liberté de pouvoir se mouvoir, se placer en position alternativement symétriques et asymétriques, et suivre ainsi la progression du foetus jusqu'à sa sortie.
Il y a également un fait tout à fait mécanique : en position couchée sur le dos, les ischions (la "tête" des os du bassin, que l'on peut sentir s'ouvrir et se fermer dans le bas du dos quand on meut son bassin et ses jambes) sont dans leur plus petit angle d'ouverture possible. Alors qu'accroupie ou à genoux, cette ouverture peut être plus grande, et augmenter ainsi encore le diamètre du bassin.

Bef, sans cette liberté de mouvement, les dystocies (arrêts de progression dans le travail) sont très fréquentes, et ont pour conséquence une cascade d'intervention externes pour pallier à ce manque de souplesse du bassin, bloqué en position lithotomique.
Alors que si on laisse le temps, la plupart des bébés se sortent bien d'un engagement même problématique, avec l'aide des mouvements de leur mère et surtout l'aide du temps et du calme ambiant, qui permet un meilleur relâchement musculaire et ligamentaire.

Je peux témoigner, ayant accouché deux fois à la maison, qu'à partir du moment de l'engagement du bébé jusqu'à la fin de la rotation et au défléchissement de la tête, si on suit ses sensations, on change de positions, on essaye, on s'ajuste, et la douleur ressentie nous renseigne sur l'adéquation ou non de notre position au mouvement en cours du foetus.

Pour ce qui est du choix de cette position, effectivement la position accroupie est assez peu usitée en occident, du simple fait que c'est une position que nous n'utilisons quasiment jamais dans la vie courante, et que notre musculature n'y est pas adaptée.
Je peux te dire qu'en Inde par exemple, ou chez les Indiens autrefois, les femmes ayant l'habitude des travaux en position accroupie accouchent en grande majorité ainsi si on les laisse libres de faire à leur guise.
Chez nous par contre, d'après tous les témoignages que j'ai lu, c'est la position à genoux qui est la plus prisée, ou parfois couchée sur le côté, un genoux relevé et soutenu par le conjoint ou la SF.
Debout ou les genoux semi-fléchis est relativement fréquent aussi.
Perso, j'ai fait une première fois couchés sur le côté, et une deuxième à genoux en appui sur le bord d'une baignoire :)

Outre le fait de faire obstacle au passage de l'enfant, la position lithotomique est également responsable d'une grande partie de déchirures vulvaires importantes ou de la "nécessité" de pratiquer une épisio mutilatoire, parce que le périnée est tout aussi inadapté que le bassin à la sortie d'une tête de bébé en position plat dos.
Mais l'épisio, j'en parlerai plus loin :biglol:

En fait, la seule indication de la position "pattes en l'air", c'est de faciliter le travail des équipes obstétricales, qui peuvent ainsi à loisir avoir accès au vagin ainsi offert et ouvert, y mettre les doigts quand ils veulent, et s'installer confortablement en face pour "pratiquer leur art" et garder leur position de contrôle sur la situation.
Et pourtant, il me semble que le confort d'une femme en train de donner naissance devrait passer avant toute autre considération ...

Un petit passage très imagé d'une SF sur le bassin et ses positions :

Citation

En mode "couche", il est deja evident que la simple rotation des
jambes (rotation interne-externe) a une action au niveau des ischions.
Essayez sur une autre personne couchee. Placez ensuite sa colonne
vertebrale (principalement au niveau lombaire) en extension.
[Pour cela, pendant que la personne "s'abandonne", vous placez vos mains
au niveau de ses lombaires, vos poignets sont alors au niveau de son
bassin sur lesquels il est en appui ; la personne a les jambes ecartees
et flechies, et vous etes agenouilleE entre ses jambes. En tirant vos
mains vers vous, la colonne s'etire.]
Le simple fait d'ecarter ses genoux et de les rapprocher vous fait
sentir l'ouverture et la fermeture de l'espace entre les ischions.
[Quand la personne est couchee, les jambes flechies, les ischions sont
ces pointes osseuses que l'on percoit a ras du sol a qlq cm lateralement
du perinee. Lorsqu'on est assis sur une planche dure, le dos bien
droit, c'est la partie dure du bassin que l'on sent avec la main
lorsqu'on la met sous la fesse.]

Ca va, vous suivez ?

Demandez maintenant a la personne de se relever, puis de s'abaisser -
jambes flechies, pieds ecartes au moins de la largeur de son bassin, le
tronc en avant, les fesses en arriere. Bon, d'acc, la position est une
peu ... comment dire ... genante ? Mais bon, vous en avez connue
d'autres, non ? Disons que c'est pour les besoins de la cause ;-)]
Placez vos pouces sur ses ischions (vos mains sont alors a plat sur le
bas de ses fesses), et demandez-lui de rapprocher les genoux, puis de
les ecarter.
Vous pouvez aussi ajouter : ecarter/rapprocher un genou un peu plus que
l'autre ...
Vous devriez sentir ses ischions s'ecarter bcp plus que lorsqu'elle est
couche, et de maniere bcp plus variable.


Pourquoi ?

C'est relativement simple et logique.
Quand une partie de la mecanique d'un corps aussi subtilement articule
est en appui (et dans le cas du bassin les appuis sont multiples - les
ailes iliaques, le sacrum, et la colonne vertebrale en generale -), elle
perd necessairement en souplesse, et surtout en possibilite de
mouvement. Elle ne perd pas seulement cette souplesse par rapport aux
autres parties, mais en elle-meme aussi. Le bassin est grosso modo
compose de 4 parties : les deux os pubiens et les deux ailes iliaques
qui savent bouger les uns par rapport aux autres.

Le plus bel exemple que j'ai trouve est celui de la nacelle de
montgolfiere ;-)]
Le bassin serait la nacelle, les muscles "abdominaux grands droits" sont
les cordages superieurs anterieurs, les muscles lombaires, etant les
cordages superieurs posterieurs. Tandis que les jambes seraient les
cordages retenant l'ensemble au sol. On imagine aisement que si le
ballon est deja bien volumineux et flottant dans l'air, la nacelle peut
se permettre tous les mouvements, dont tous les mouvements possibles et
imaginables entre ses propres 4 cotes. Par contre, si la nacelle est
couchee par terre sur un cote ....

Autre chose. Quelque soit la position de la nacelle au sol, il faudrait
une force inimaginable pour en modifier la forme en agissant directement
sur elle. Par contre, lorsqu'elle est entierement libre en flottant en
l'air, les tractions sur certains points particuliers (comme aux
insertions des "cordages"), il est aise d'en modifier la structure. Il
est aussi possible d'appuyer la nacelle d'un bord ou de l'autre contre
un mur, ... ce cote se fige peut-etre, mais il devient un appui pour
trouver encore d'autres mouvements de "torsion", d'etirement, de ...
entre les 4 parties osseuses du bassin.

Or, le bebe se trouve a l'interieur de la nacelle, et on peut imaginer
son volume legerement plus petit de celui de l'interieur de la nacelle
... Chaque mouvement interne sera profitable a la descente du bebe, ou
du moins, il pourrait en profiter pour ...

Bon, alors encore qlq exercices ;-)]
Pour expliquer le role des cordages ...
Tu te mets debout bien droite, et tu imagines ton bassin comme une sorte
de plateau plus ou moins horizontal. Dans une position "naturelle", il
est theoriquement horizontal penche en avant. Essayes de bouger ton
bassin d'avant en arriere.
Pour le mettre encore plus en avant, tu dois cambrer d'avantage, en
assouplissant des abdominaux. Dans l'autre sens maintenant : la, tu
dois contracter les abdominaux, ainsi que les fesses.
Refais ces mouvements et observe la souplesse de ton bassin. Nul. Il
est fige sur lui-meme, subissant les forces exterieures des
muscles-cordages qui le soutiennent.
Remets-toi bien droite, les jambes legerement ecartees. Fais pivoter
tes jambes en rotation externe (tes pieds se placent "a la Charlot"),
les genoux tres souples, ils vont se plier legerement. Si tu laisses
aller ton bassin dans ce mouvement, tu te rends compte que le bas de ton
dos va s'arrondir de lui-meme ... et ton bassin va se mettre en une
horizontale parfaite. Tes abdominaux et tes lombaires sont tres
relaches.
Si tu deplaces le poids de ton corps un peu plus sur un pied, la nacelle
se tord aussi sur elle-meme, suivant le mouvement. Tu peux ainsi lui
donner toutes les positions possibles et (non-)imaginables, en portant
l'appui du corps d'avantage sur tel partie de tel pied ...
Si en plus tu te places devant une table (par exemple), et que tu y
appuies les mains bras tendus, et portes progressivement de plus en plus
du poids de ton corps, tu liberes encore plus ton bassin. Imagine ce
que ce serait si tu t'accroches a une barre situee au-dessus de toi, ou
au cou de ton homme, ou ... la verticalite de ton corps permet encore
plus d'ouverture et de mouvement ...

Pourquoi ?
Parce que tu annules encore plus les actions des abdominaux (droits,
transverses et obliques) et des lombaires/psoas, en les etirant (un
muscle etire ne sait pratiquement plus se contracter).

Ce message a été modifié par Tinuviel - 11 août 2004 à 14:50.

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Thomas Jefferson

#13 Tearseller

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Posté 11 août 2004 à 15:27

Très intéressant post, même si je ne suis pas à la lettre les instructions du monsieur au travail :oops: , qui m'invite à une ou deux questions :

Qu'en est-il des primates , probablement proches de nous au niveau de leur colonne vertébrale et de leur bassin ? Je n'ai pas pu trouver un mot sur leur mise bas sur le net, celle des humains faisant couler beaucoup plus d'encre. Quelle position choisissent-ils naturellement ?

Je suis d'accord avec toi : certaines femmes ayant plus l'habitude de la position accroupie doivent forcément la trouver meilleure que celle qui vise à se coucher, pour tout un tas de bonnes raisons...

D'autre part je trouve dommage qu'on n'ait pas ici le témoignage de femmes (elles existent, pas de chichis ! :biglol: ) qui ont apprécié leur séjour dans le milieu hospitalier, et n'ont pas détesté l'accouchement et l'environnement que vous passez vos posts à décrire comme inhumains, presque hostiles, machinaux, avilissants et irrespectueux... Autant de sensations qui attristeraient sans doute n'importe quel médecin persuadé d'oeuvrer de son mieux et avec coeur pour les accouchements les plus réussis possible. :/

#14 Tinuviel

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Posté 11 août 2004 à 16:35

Citation

Qu'en est-il des primates , probablement proches de nous au niveau de leur colonne vertébrale et de leur bassin ? Je n'ai pas pu trouver un mot sur leur mise bas sur le net, celle des humains faisant couler beaucoup plus d'encre. Quelle position choisissent-ils naturellement ?
Bonne question, que j'avoue ne pas avoir étudiée, mais je vais faire des recherches et je reviens dessus :)
Cela dit, les primates même les plus "humanoïdes" n'ont quand même pas adopté la position debout préférentielle, et se tiennent globalement encore très voûtés vers l'avant, voire très souvent à 4 pattes.
M'est avis que le bassin est encore loin d'avoir effectué le basculement complet comme chez nous.

Citation

D'autre part je trouve dommage qu'on n'ait pas ici le témoignage de femmes (elles existent, pas de chichis ! :biglol: ) qui ont apprécié leur séjour dans le milieu hospitalier, et n'ont pas détesté l'accouchement et l'environnement que vous passez vos posts à décrire comme inhumains, presque hostiles, machinaux, avilissants et irrespectueux... Autant de sensations qui attristeraient sans doute n'importe quel médecin persuadé d'oeuvrer de son mieux et avec coeur pour les accouchements les plus réussis possible. :/
Ben écoute, des témoignages de femmes heureuses et satisfaites, il y a en a plein, ça c'est sûr. Suffit d'aller sur magrossesse.com, BBarrive, MagicMaman etc ... et tu entendras vanter les merrrrveilleuses péridurales et les "super gygys d'amour" ... :o :ptdrasrpt2:
Mais bon, il y a quand même souvent, avec le recul, ce petit quelque chose qui laisse un goût amer, une sensation de dépossession, un je ne sais quoi qui leur fait dire que ça aurait pu ... mais pas tout le monde bien sûr ! Et pas non plus avant d'avoir pris conscience qu'il pouvait exister une autre manière de faire.

Cela dit, pour moi, ça relève plus du syndrôme de Stockholm qu'autre chose, mais c'est mon avis très tendancieux, je l'avoue :ptdrasrpt2: :biglol:
Comme c'est très justement décrit dans un des posts que j'ai déjà mis ici (lequel ??), la plupart des parents sont absolument inconscients eux-même de la suite des évènements qui a conduit à ce que leur accouchement se déroule comme ci ou comme ça ... donc dans tous les cas, le gentil gynobs est toujours vu comme le sauveur, celui grâce à qui "le bébé et la mère sont en santé" ... ça s'appelle du conditionnement ça :na: :D

En fait, le problème c'est que, comme tu le soulignes, l'immense majorité des soignants sont de toute bonne foi, et tout à fait persuadés de faire de leur mieux avec les moyens dont ils disposent ... c'est bien là le côté pernicieux de la chose.
L'enfer est pavé de bonnes intentions, et les interventions, toutes bienveillantes soient-elles, n'en demeurent pas moins des influences qui vont orienter le processus d'enfantement dans telle ou telle direction.
"Primum non nocere" pourtant ... mais quant à se mettre d'accord sur ce qui peut nuire, c'est une autre paire de manches.
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Thomas Jefferson

#15 Tinuviel

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Posté 12 août 2004 à 10:53

Bon, pour continuer les remises en questions … :)

Maintenant qu’on a plus ou moins compris le mécanisme global de la naissance et la façon dont on peut l’entraver par une immobilisation forcée, une position imposée, et par l’impossiblité qu’on les femmes de pouvoir bouger selon leur ressenti, on peut peut-être voir de quelle manière on « oblige » à cet état de fait.

En effet, on peut penser que, si on désire faire le cochon pendu pendant le travail d’accouchement, le personnel médical ne peut pas nous forcer à nous coucher si on ne le veut pas.
Oui mais … c’est sans compter sur les moyens indirects qui sont au service de cette docilité attendue.

Deux moyens principaux à ce stade : le monitoring fœtal continu et la perfusion.

Voilà deux pratiques absolument systématiques dans toute maternité, et qui lient la mère en position lithotomique plus sûrement que des chaînes.
On peut se questionner sur l’indication vitale de ces deux protocoles qu’on nous présente comme absolument indispensables.

Le monitoring fœtal :

Je citerai ici, pour illustration, une étude publiée par le « Lancet » à ce sujet.

Citation

Inutilité de l'enregistrement du cœur fœtal à l'entrée en salle de travail


(Les mots soulignés renvoient automatiquement aux définitions de GyneDico)

L'enregistrement électronique du rythme cardiaque foetal (RCF) à l'admission en salle de travail est une pratique largement répandue avec pour objectif de détecter les grossesses qui pourraient bénéficier d'une surveillance continue mais très handicapante pendant toute la durée du travail.

Nous ne savons pas vraiment si cette méthode de sélection est utile et plus efficace que la simple auscultation intermittente des bruits du coeur foetal par le stéthoscope obstétrical

IMPEY L. de l'hôpital universitaire de Dublin a réparti par tirage au sort 8580 femmes en travail surveillées à leur entrée soit par l'enregistrement électronique du RCF (4298) soit par auscultation intermittente par la Sage-Femme de garde (4282).

Il y eût 56 cas d'anomalies néo-natales sévères (décès, réanimation cardio-respiratoire, hospitalisation en unité de soins intensifs, etc) dans le groupe RCF (1,3 %) contre 55 (1,3 % également) dans celui de la surveillance intermittente par l'auscultation cardiaque.

Cette étude est la plus importante jamais réalisée à ce jour sur ce sujet et ses données sont donc de grande qualité informative.

Elle remet donc en question une fois de plus l'intérêt de cette surveillance électronique enregistrée du RCF en salle de travail pesante pour les femmes qui ne survit en France que pour des raisons médico-légales qui ne doivent rien à une quelconque efficacité démontrée.

Pour GYNEWEB par le Docteur J-M BRIDERON (Gyn-Obs) le 10/03/2003

IMPEY L. et coll. "Admission cardiotocography: a randomised
controlled trial" Lancet 2003;361:465-70

Il semblerait donc, et c’est confirmé par un grand nombre d’autres observations à ce sujet, que l’écoute systématique et continue du RCF n’apporte rien de plus à la prévention d’éventuels risques liés à un travail problématique. Un monitoring intermittent, ou une écoute « manuelle » du RCF suffisent amplement.
Des tas d’autres paramètres sont observables qui renseignent un professionnel un peu attentif (les SF pratiquant à domicile en parlent de manière très instructive) sur ce qui peut se dérouler, et sur la nécessité de pratiquer un monito à tel ou tel moment pour s’assurer qu’il n’y a pas souffrance fœtale, dips et autres bradycardies.

Où se trouve donc la nécessité de bloquer une femme en position plat dos, sans pouvoir bouger ou presque (à savoir : dès qu’on gigote un tout petit peu, cette saloperie de ceinture se déplace, l’appareil entre en alarme, la SF arrive et vous engueule parce que vous avez bougé, vilaine fille !) ?

La perfusion systématique :

Dès l’arrivée en salle de travail, on se voit poser une perfusion dans le bras, reliée à un goutte à goutte.
Quel produit indispensable se voit-on diffuser de la sorte ?
Deux choses principales : des ocytociques et du glucose.

Les ocytociques sont des substances destinées à stimuler l’utérus et ses contractions.
Responsables de beaucoup de problèmes, parce qu’ils ont tendance à faire se contracter l’utérus de manière anarchique et très violente, rendant beaucoup plus intolérable la douleur, conduisant les femmes épuisées à finir par demander une péridurale parce que ça devient intenable.
Ils sont absolument inutiles lors d’une travail « normal », mis à part le désir d’accélérer les choses, les maternités devant actuellement fonctionner sur le mode du « rendement », comme toute bonne entreprise. A domicile, on ne dispose d’aucun ocyto (c’est interdit), et les bébés finissent toujours par naître, merci pour eux !
Il s’agit donc encore d’une intervention iatrogène, qui va influencer le déroulement normal de l’accouchement, et mener à des anesthésies, des extractions instrumentales parce que l’utérus va « plus vite » que le fœtus n’est prêt à avancer, etc …

Autre indication des ocytociques : les déclenchements.
J’en parlerai dans un autre post, parce qu’il s’agit d’un très gros morceau. Ici je ne considère que les accouchements déjà commencés à l’arrivée à la maternité.

La solution glucosée : destinée à maintenir chez la mère un état énergétique et d’hydratation suffisants, pour éviter les malaises et coups de barre, voire pire.
Seulement voilà : il existe un moyen bien plus simple d’éviter ça. Permettre à la femme de manger et surtout de boire comme elle le désire !!
Le mythe de l’opération « en catastrophe », avec de la nourriture qui remonterait dans les poumons et étoufferait le malade est dépassé depuis bien longtemps. De toute façon, on intube d’office en cas d’anesthésie générale, et nombre de médecins confirment que cette indication n’a plus aucune raison d’être.
Encore une fois, à domicile, on mange et on boit selon ses besoins durant le travail, et on évite ainsi tout simplement les malaises précités.
Mais pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

En conclusion, voilà les deux gestes principaux qui empêchent à la femme de se mouvoir lors de son accouchements, deux gestes qui n’ont aucune indication vitale et indispensable, bien au contraire.

La seule justification « valable » de la pose d’un perf est le cas, rarissime mais qui constitue une urgence absolue, de l’hémorragie cataclysmique de la délivrance. Dans ces cas là, et ceux là seulement, les veines peuvent « s’écraser » très rapidement sous l’effet de la déperdition sanguine massive et empêcher la pose d’une perfusion.
Une solution de compromis très simple : la pose d’un cathéter dans le bras, maintenu par un bout de sparadrap. Directement utilisable en cas d’urgence, il évite de devoir piquer dans la panique.
« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#16 Tinuviel

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Posté 25 novembre 2004 à 16:55

Lecture très intéressante :

La Technologie de la Naissance: Premièrement Ne Pas Nuire
par Marsden Wagner
http://www.fraternet...s/wagner-fr.htm

Introduction :

"Récemment, une femme de l'Iowa fut référée à un centre hospitalier universitaire durant son travail à cause de complications possibles. Il fut alors décidé qu'une césarienne devait être accomplie. Après que la chirurgie soit terminée et que la femme soit en repos post-opératoire dans sa chambre d'hôpital, elle tomba en état de choc et mourut. Une autopsie démontra que durant la césarienne, le chirurgien avait accidentellement heurté l'aorte de la femme, la plus grosse artère du corps, menant à une hémorragie interne, au choc et au décès.

Les césariennes peuvent sauver la vie d'une mère ou de son bébé. Les césariennes peuvent également tuer une mère ou son bébé. Comment cela se fait-il? Parce que chacune des intervention, procédure ou technologie employées durant la grossesse et l'accouchement entraînent des risques, à la fois pour la mère et le bébé. La décision de recourir à la technologie est un tout ou rien, pouvant soit améliorer ou empirer les choses.

Nous vivons dans une époque technologiste. Dès le moment où nous avons pu poser le pied sur la lune, nous en sommes venus à croire que la technologie pouvait résoudre tous nos problèmes. Il n'est donc pas surprenant que les médecins et les hôpitaux utilisent de plus en plus d'outils technologiques sur les femmes enceintes et accouchantes. Est-ce que la technologie a résolu tous les problèmes pouvant survenir durant une naissance? Difficilement. Portons un regard aux données récentes.

Est-ce que l'augmentation récente du recours à la technologie durant la grossesse et la naissance a diminué l'incidence de mortalité et morbidité infantiles? Aux États-Unis, il n'y eut aucun déclin du nombre d'enfants atteints de paralysie cérébrale durant les trente dernières années. La cause la plus importante de décès chez les bébés est le faible poids à la naissance, mais le nombre de bébés de petit poids n'a pas diminué depuis les vingt dernières années. Le nombre de bébés qui meurent in utero n'a pas diminué depuis une décennie. Même si durant les dix dernières années, il y a eu une légère diminution du nombre de bébés qui sont morts dans les quelques semaines suivant la naissance, les données scientifiques suggèrent une augmentation de bébés survivant avec des séquelles neurologiques permanentes.

Est-ce que l'utilisation plus grande de la technologie sauve d'avantage de vies de femmes enceintes et accouchantes? Aux États-Unis, les données scientifiques ne démontrent, durant les dix dernières années, aucune diminution du nombre de décès de femmes dans la période périnatale (mortalité maternelle). En fait, les données récentes suggèrent une effroyable augmentation du nombre de femmes décédant durant la grossesse et l'accouchement aux États-Unis. Il peut donc être possible que l'accroissement de l'utilisation de la technologie, en plus de ne pas sauver de vies maternelles, fasse en sorte que d'avantage de femmes décèdent. Cette possibilité a une explication scientifique raisonnable: la chirurgie césarienne et l'anesthésie péridurale ont toutes deux été de plus en plus utilisées dans ce pays et nous savons qu'elles peuvent conduire à la mort.

Nous ne devons pas être surpris de constater les faibles résultats des accouchements high-tech. Depuis plusieurs décennies depuis le milieu du vingtième siècle, le nombre de bébés décédant autour du moment de la naissance a diminué, cela sans être dû aux percées médicales mais principalement aux progrès sociaux comme la diminution de la pauvreté, une meilleure nutrition, de meilleures conditions sanitaires et, très important, à une meilleure planification des naissances ce qui diminua le nombre de femmes à grossesses et accouchements multiples.
Les soins médicaux sont également responsables pour une part du déclin de la mortalité infantile, pas à cause des progrès technologiques mais plutôt à cause de progrès médicaux de base comme la découverte des antibiotiques et la capacité d'accomplir de façon sécuritaire des transfusions sanguines. Il n'y a jamais eu d'évidence scientifique que les interventions hautement technologiques comme l'usage de routine du monitoring fœtal durant le travail aient fait décroître le taux de mortalité infantile.

Ce que cela signifie c'est que de vous en remettre à un médecin utilisateur de haute technologie, dans un centre hospitalier utilisateur de haute technologie ne vous garantit pas l'accouchement le plus sécuritaire. Vous devez vous-même prendre la responsabilité de votre propre accouchement cela incluant l'utilisation de la technologie utilisée pour vous et votre bébé. Souvenez-vous, la technologie n'est ni bonne ni mauvaise. La façon de l'utiliser peut l'être. Les avions sont utilisés pour vous déplacer en visite chez votre famille ou pour laisser tomber des bombes sur les femmes et les enfants. La façon dont est utilisée sur vous la technologie a une grande importance car elle peut soit vous aider ou vous nuire, à vous et à votre bébé."
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Thomas Jefferson

#17 Jai_arreté

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Posté 03 décembre 2004 à 21:21

Autre lecture interressante : "La naissance insoumise" de Bernard Bel, ici : http://fraternet.org...e-insoumise.pdf

#18 Tinuviel

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Posté 03 décembre 2004 à 22:32

Oui, excellent texte en effet, écrit avec le remarquable esprit de synthèse et l'art de la formule dont peut faire preuve Bernard Bel :-)

Ci-dessous également un lien avec quelques réflexions concernant le "plan périnatalité" censé améliorer les conditions de naissance.

L'intégralité en PDF à la fin de l'article pour ceux que ça intéresse.

http://martinwinckle...?id_article=431
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Thomas Jefferson

#19 Elko

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Posté 03 décembre 2004 à 23:29

:ptdrasrpt2:
Bien vu en effet...

Excellents textes.

On peut s'étonner par exemple que le même corps médical qui fustige l'excision (pratique barbare etc...) danc un cas
préconise un recours automatique à l'épisiodomie dans un autre cas (dans le contexte hypermédicalisé de l'accouchement industriel ).

Dans les deux cas il s'agit bel et bien d' agression contre le corps féminin
et dans les deux cas cela se cache derrière un alibi culturel ou idéologique.


Les mêmes personnes qui prônent l'insoumission culturelle ou politique abdiquent soudain tout esprit critique quand il s'agit de santé ou d'accouchement.
Les mêmes qui semblent horrifiés par des pratiques archaïques s'y soumettent quand cela leur est présenté sous l'aspect d'un protocole médical.

Ce genre de chose m'a toujours sidéré.


Vive l'insoumission :D :ptdrasrpt2:
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#20 Tinuviel

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Posté 04 décembre 2004 à 09:13

Aaaaah, l'épisio ... j'en avais pas encore parlé, mais y a à dire aussi ! Je partage tout à fait ta vision des choses, Elko, notamment sur cette approche aberrrante qui justifie une mutilation génitale à partir du moment où elle s'inscrit dans le cadre de la médecine et plus de la pratique rituelle. Mis à part que je considère également l'épisio comme un "rituel" de nos obstétriciens dont ils ne parviennent pas à se défaire par habitude et par superstition.

Aussi mutilatoire qu'inutile, et de plus presque toujours pratiquée sans demander l'avis et sans même prévenir la femme qui accouche, ce geste hautement intrusif fait partie de l'arsenal de l'hypermédicalisation :-(
Tout ça pour gagner quelques minutes ou secondes sur la naissance d'un bébé, parce que, comme pour tout le processus de l'accouchement de nos jours, "faut pas que ça traîne". (Saviez-vous qu'en quelques décennies, la durée considérée comme "normale" d'un accouchement dans la pratique obstétrique était passée de 48 à 24, puis à 12, puis à....8 heures !!!)

Pourquoi mutilatoire ?
Parce qu'un nombre non négligeable de femmes en gardent des séquelles très longtemps, quand ce n'est pas à vie. Parce qu'on pratique là un acte d'une extrême violence sur une zone extrêmement sensible, tant physiquement que psychologiquement, du corps de la femme, et ce sans même lui demander son avis ! Séquelles invalidantes (fistules vaginales et anales, pénétrations rendues douloureuses et difficiles etc ...)
Quand on n'a pas affaire à un gynéco qui "recoud un peu plus serré" en faisant un clin d'oeil à monsieur :-(((


Pourquoi inutile ?
Parce qu'il est largement prouvé par la pratique des sage-femmes à domicile, et des obstétriciens non interventionnistes, aussi bien que par les résultats des pays ne recourant pas de manière systématique à ce geste, que si déchirure il doit y avoir (ce qui est beaucoup plus rarement le cas qu'on ne veut bien nous le faire croire quand on ne recourt pas aux poussées dirigées, autre aberration), une déchirure naturelle est toujours préférable à une incision. En effet, une déchirure "naturelle" se fait dans le sens des fibres musculaires, et a beaucoup plus de chance de cicatriser correctement et rapidement qu'une coupure en biais sur tous les plans du muscle comme pratiquée dans nos pays. De plus, ladite coupure fait encourir à la femme le risque de devenir une plaie béante par extension de l'incision lors du passage du bébé (une image : vous avez déjà vu un tissu dans lequel on coupe aux ciseaux sur une petite longueur ? Il suffit par après d'exercer une très légère tractions sur les deux pans du tissu pour que tout se déchire ... le périnée c'est à peu près pareil)
De plus, une ancienne cicatrise d'épisios, aux tissus durcis et raidis, se redéchirera beaucoup plus facilement lors d'un accouchement ultérieur qu'une déchirure naturelle.

Même l'OMS ne la recommande pas, c'est dire.

Pour info, le taux d'épisio en France se monte à 45 % !!!!!, alors qu'en Suède par exemple, il est de ... 6%.
Le périnée des françaises serait-il à ce point déficient ?

Pour se documenter sur le sujet :
http://fraternet.org...docs.htm#episio

Je terminerai par une petite anecdote perso : Lors de mon premier accouchement, en structure hospitalière, je me suis vue comme toutes les femmes installer en position "poulet de bresse" sur une table, sommée de "pousser, pousser, pousser madame", grimper sur le ventre par une SF pour une expression abdominale (geste hautement dangereux dans ses conséquences potentielles d'ailleurs), et surtout, j'ai senti à un moment donné (la péridurale étant en fin de parcours) une douleur fulgurante au périnée, lequel était déjà fortement distendu par la tête de ma fille qui était sur le point d'arriver. Le gynéco n'avait même pas daigné me prévenir de ce qu'il faisait, et j'ai hurlé de cette sensation venant s'inscrire comme une agression dans ce que j'étais en train de vivre :-(
Bref, ça passe, mon épisio cicatrice assez bien et assez facilement (seulement une quinzaine de jours à avoir mal au c** quand je m'asseyais). Mais quelques semaines plus tard, lors de la reprise d'une activité sexuelle, je constate des douleurs, et je sens à l'entrée de mon vagin une boule dure à l'endroit de la cicatrice. Au bout de quelques semaines, je consulte. Verdict : mauvaise cicatrisation des tissus, qui se chevauchent et forment une sorte de bourrelet douloureux. Et devinez comment le gynéco a réglé ça ? Je vous le donne en mille ... il a redéchiré manuellement l'endroit en question et laissé les deux pans se resouder naturellement
:o :o :o :o
Cherchez l'erreur !! :roll:
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Thomas Jefferson

#21 Jai_arreté

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Posté 04 décembre 2004 à 15:48

Citation

Et devinez comment le gynéco a réglé ça ? Je vous le donne en mille ... il a redéchiré manuellement l'endroit en question et laissé les deux pans se resouder naturellement
Ho p..... !!! Ces cons !!! c pas possible !!!

Pour le premier bébé moi aussi on m'a charcutée :D
Déjà, ils avaient trop dosé la péri, du coup je sentait même pas où il fallait que je pousse, bref, la sage-femme m'a découpée, j'ai rien vu, rien senti, je savais même pas qu'elle l'avait fait, jusqu'à ce qu'elle recouse.... là j'ai senti ma douleur...
3 mois à avoir du mal à m'assoir (super pratique quand on allaite la position "surelevée sur 15 coussins en serrant les fesses :D))...
plus jamais ça :)

#22 Elko

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Posté 04 décembre 2004 à 16:09

Ben oui mais quelle idée aussi d'accoucher à l'hopital?

C'est tellement plus simple d'accoucher à la maison avec ce truc tout simple mais miraculeux qui consiste à préparer l'accouchement par un long bain tiéde qui détend les tissus et le mental et prépare à un accouchement beaucoup plus facile.

J'ai jamais accouché mais je suis née comme ça...


un long bain tiéde...
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#23 Tinuviel

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Posté 04 décembre 2004 à 16:32

Ben oui, je suis bien d'accord avec toi, quelle idée ... mais en attendant, c'est rare que pour ton premier bébé tu aies fait suffisamment de chemin pour te diriger vers l'accouchement à domicile.
La grosse majorité des femmes qui viennent à ça, c'est parce qu'elles ont déjà eu à en baver lors d'un accouchement précédent, ou tout simplement qu'elles réalisent que quelque chose leur a manqué dans leur maternité.

Cela dit, une remarque sur le bain : aucune méthode ne convient à tout le monde et n'est la panacée. Je suis d'accord qu'un bain tiède, c'est assez souverain Pour certaines mêmes, ça ira jusqu'à rester dans l'eau pour accueillir leur bébé ... mais tout ça c'est comme on le sent, au plus intime de soi.
Y a pas de recette-miracle :D
Juste s'écouter, éviter un environnement stressant, être rassuré, en harmonie avec son lieu d'accouchement et les personnes qui nous accompagnent.
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Thomas Jefferson

#24 Tinuviel

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Posté 04 décembre 2004 à 16:37

Ben tiens, Elko, puisque t'en parles :
:-)

Source: http://naissance.ws/afna/pourquoi.htm

POURQUOI ACCOUCHER DANS L'EAU?

Pour les intérêts médicaux considérables actuellement démontrés de cette
méthode. Quels sont-ils?

1) AMELIORATION DE L'ELASTICITE DU PERINEE durant l'accouchement, ce qui
a pour effet de diminuer très considérablement le recours à
l'épisiotomie, cette incision préventive du périnée. Ces épisiotomies ne
sont plus nécessaires que dans 10% des cas au lieu de 75% habituellement
pour une première naissance.

C'est cette réduction du taux des épisiotomies, donc ce respect de cette
région de l'organisme féminin qui a été, pour moi, l'élément princeps de
mon intérêt pour les naissances aquatiques. En effet, ces épisiotomies
sont causes d'un inconfort évident durant la cicatrisation et, plus
tardivement, de troubles sexuels souvent sous-évalués.

* Notre méthode associe:

- Eau à 37°
- contrôle permanent du maintien de la température
- sel marin à une concentration de 9 grammes par litre qui permet
d'améliorer encore l'élasticité tissulaire en rendant l'eau isotonique
aux liquides extracellulaires de l'organisme, et d'apporter des oligoéléments.

2) DIMINUTION DE LA DUREE DE L'ACCOUCHEMENT ET DE L'INTENSITE DES CONTRACTIONS

La durée de l'accouchement est divisée par 3 par rapport aux naissances
aériennes classiques. Le col de l'utérus se dilate beaucoup plus vite, la
maman souffre moins pendant moins longtemps. Ceci lui permet de ne pas
être débordée par la douleur et d'arriver plus tonique pour les efforts
de poussée.

* Notre technique, de par les larges dimensions de la baignoire utilisée
(1600 litres soit 6 fois une baignoire standard), permet la liberté de
mouvement et les positions de son choix à la maman. La présence du papa
dans le bain est possible, si le couple le souhaite.

Ceci explique en partie les avantages suivants:

3) DIMINUTION DU BESOIN DE PERIDURALES à moins de 10%, chiffre à comparer
aux 40% réalisés en France de nos jours, et à certains endroits de
naissance qui en pratiquent plus de 90%...

4) DIMINUTION DES TAUX DE FORCEPS ET DE CESARIENNES
Pour les raisons citées plus haut, nous avons moins souvent recours aux
médicaments renforçant ou donnant des contractions artificielles
(Syntocinon) et aux péridurales, sources potentielles de souffrances
foetales et d'extractions instrumentales plus fréquentes. Les taux de
forceps passent ainsi de 15% à moins de 10% et les taux de césariennes de
18% à moins de 10% là aussi...

* Notre technique permet à la future maman de donner naissance à son
enfant en position accroupie ou demi assise, positions plus naturelles
que la position habituellement utilisée (couchée sur le dos, jambes dans
les étriers- tout en conservant une bonne surveillance de la sortie de
l'enfant.

5) VECU TRES POSITIF de la naissance par les mamans qui, dans notre
série, souhaitent renouveler ce type de naissance dans plus de 90% des cas.

6) SECURITE BACTERIOLOGIQUE, CONDITIONS DE SURVEILLANCE identiques à
celles d'une naissance classique, SYSTEME DE SORTIE RAPIDE pour la maman
en cas de problèmes (malaise,hémorragie,souffrance foetale aiguë..)
s'ajoutent aux avantages de notre méthode.

Par ses performances, celle-ci permet le recours à la naissance aquatique
et à son effet facilitateur global pour des cas difficiles, et non plus
seulement pour les accouchements réputés faciles, comme cela se produit
trop souvent et où le moindre alea fait exclure la bénéficiaire
potentielle de ce choix.

7) L'ENFANT

Autant les résultats sus-cités pour la maman sont établis, autant rien
n'est évalué scientifiquement en ce qui concerne l'incidence de ce type
de naissance sur l'enfant. Pour notre part, nous avons contribué à la
réalisation d'un D.E.A. de psychologie pour pouvoir comparer la relation
mère)enfant avec ou sans l'eau. Nous en saurons plus sous peu...

A l'heure actuelle, je ne peux qu'exprimer mon opinion issue de mon
expérience personnelle.

La première observation est que l'enfant ne crie pas à sa sortie de
l'eau, comme si ce cri de la naissance, considéré comme si rassurant,
n'était pas si naturel, voire de souffrance?

Il paraît naturel de penser que ce qui est bon pour la maman doit être
également bon pour le bébé... Aussi la réduction de la durée de
l'accouchement, les contractions moins violentes, la liberté de
mouvements, la relaxation aquatique expliquent aisément la diminution du
stress de la naissance pour la maman et donc de la quantité d'hormones de
ce type qu'elle adresse à son enfant.

Je suis intimement persuadé, et l'avenir nous le confirmera, que ce type
de naissance est plus doux, tout simplement. J'ai même assisté à la
naissance aquatique de bébés dormants... Incroyable pour les naissances
classiques.

8) LA SECURITE

Deux mots, car c'est dorénavant enfoncer des portes ouvertes que de
rappeler l'absence de danger particulier pour les naissances aquatiques :
des études, principalement britanniques, portant sur plusieurs milliers
de naissances aquatiques, l'ont prouvé.

Seule une administration française de la santé au cortex «flytoxé » et
ses «experts» peut encore se permettre d'en douter et entraver gravement
notre avance technique actuelle. Faute d'un lieu en France pour pouvoir
continuer à travailler, l'amélioration et la diffusion de notre méthode
innovante stagne.

Nous travaillons maintenant depuis plus de 12 ans dans ce pays pour faire
reconnaître la qualité scientifique de nos travaux auprès de
l'administration de la santé où, depuis Pithiviers et Michel Odent dans
les années 70, les naissances aquatiques sont considérées comme
dangereuses (au même titre d'ailleurs que l'accouchement à domicile.. ).
Sans résultat, malgré publications, thèse, congrès...

Quelques endroits pratiquent pourtant des naissances dans l'eau (leur
liste est sur notre site), sachant qu'au moindre problème, avec ou sans
faute, les procureurs guettent, régulièrement saisis par les
administrations sanitaires. Merci à eux...

Pour conclure, beaucoup d'eau a passé sous les ponts depuis la naissance
aquatique de Vénus si joliment rendue par Boticelli...

Une nouvelle fois, ce sont les femmes qui rendront ce type de naissance
possible par leur demande et leur action. Pour cela, il me paraît
indispensable, après leur avoir montré les tares du système actuel (cf.
article «Au Secours :vite... »), de les éclairer sur l'état actuel des
autres possibilités offertes, sur le caractère quasi initiatique pour
elles mêmes et leurs enfants de cet événement, et sur l'aspect
fondamental de la liberté du choix de la façon dont elles souhaitent
mettre au monde leurs enfants.

Dr Thierry RICHARD
Gynécologue Obstétricien
Président de l'Association Française de Naissance Aquatique
E-mail: waterbirth@c...
Site : http://naissance.ws lien vers "Association Française de Naissance
Aquatique"
« Quand l’injustice devient loi, la rébellion devient devoir »

Thomas Jefferson

#25 Elko

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Posté 04 décembre 2004 à 17:20

Génial ton texte Tinuviel. (comme d'ab :calin: )

Citation

AMELIORATION DE L'ELASTICITE DU PERINEE durant l'accouchement, ce qui a pour effet de diminuer très considérablement le recours à l'épisiotomie, cette incision préventive du périnée. Ces épisiotomies ne sont plus nécessaires que dans 10% des cas au lieu de 75% habituellement pour une première naissance.


C'est exactement ce que je voulais dire, car celles qui l'ont fait sont toutes convaincues.

Tu vois c'est presque miraculeux! :D

Les bébés nés ainsi vont trés bien merci. :shy: :aureole7:


Bises
Elisa
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#26 Tinuviel

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Posté 07 janvier 2005 à 17:21

Tiens, un p'tit lien pour le plaisir :-)
Perso, je trouve qu'il y a un peu beaucoup de monde à cette naissance, mais chaque femme a ses désirs, et certaines aiment être entourées alors que d'autres préfèrent faire ça seules comme des louves ...

http://danielfairban...ds.com/jude.htm

Et puis plein d'autres témoignages aussi :

ICI
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Thomas Jefferson

#27 EcliptuX

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Posté 07 janvier 2005 à 18:23

Citation

MA-GNI-FI-QUE !!!!
Futures mamans qui avaient encore des doutes sur l'accouchement à domicile, ne ratez surtout pas cette superbe histoire :)
Si vous avez une petite connexion, attardez-vous y qd même :)
J'adore :)

#28 Mi K L

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Posté 07 janvier 2005 à 20:08

http://danielfairban...ds.com/jude.htm

Maginifique :-)


Si un jour j' ai une femme et qu' elle accouche rapellez moi de vous inviter voir ca :D





+ sérieusement, ma soeur est bientôt à la ligne d' arrivée mais c' est quelqu' un "qui fait tout bien comme il faut".
Comment trouver les mots, comment lui faire comprendre qu' elle peut faire un certains nombre de choix par rapport à cet événement.

Comme beaucoup de jeunes femmes (23 ans) elle va se contenter de faire ce qu' on lui dit et donc ne comprendra jamais à côté de quoi elle passe ni même d' ailleurs ce qui se sera passé, allez en partie..


J' ai pas le temps de la désendoctriner, quelqu' un aurait une idée de bonne CLAQUE mais d' un autre genre que les liens intéressants que je peux trouver ici? Je pense en effet que ca ne suffise pas (à lui faire au moins entre-apercevoir que l' hopital n' est pas le paradis) et qu' elle ne fasse pas le rapprochement, telle que je la connais elle se sentira à des années lumières de toute ces femmes.
Elle a évidement peur pour son bébé et les quelques dizaines d' années de lavage de cerveau à la "hopital = là et pas ailleurs" sont insignifiantes en comparaison des dizaines de miliers d' années d' accouchement naturel pour nous mais pas pour une jeune femme qui découvre et panique.

#29 Jai_arreté

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Posté 07 janvier 2005 à 20:17

tu sais, la maternité peut aussi être un choix, on ne peut pas choisir pour la mère. Certaine femmes, au dela du lavage de cerveau, ont envie d'être entourées par des medecins et tout un arsenal médical... Le mieux que tu puisses faire, c'est lui montrer que l'accouchement hyper médicalisé peut être dangereux, en lui montrant le document "officiel" de l'OMS qui montre les risques de certaines pratiques.
il faut juste qu'elle puisse faire le choix de l'accouchement à la maternité en toute connaissance de cause :)

#30 Tinuviel

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Posté 07 janvier 2005 à 20:26

Bonjour MiKL :-)

Malheureusement, je ne pense pas qu'essayer de "mettre une claque" (figurée bien sûr) à une femme sur le point d'accoucher - de son premier enfant qui plus est - soit une bonne manière de l'amener à considérer les choses autrement ...

Le cheminement vers l'autonomie en matière de santé, et donc d'accouchement, est quelque chose qui doit se parcourir à son rythme, qui doit être en harmonie avec ce qu'on sent à l'intérieur de soi. Un AAD "contraint", que ce soit pour se prouver quelque chose, pour faire plaisir à un conjoint ou pour crâner, si on n'a pas résolu ses peurs sous-jacentes, est de toute façon voué à l'échec et à devenir une mauvaise expérience :neutre:

Si j'étais toi, et si tu as vraiment le désir de lui faire voir les choses autrement, laisse-lui seulement entre les mains quelques liens, quelques écrits, quelques photos ... et elle y reviendra en temps voulu, quand l'expérience de son premier accouchement commencera à prendre sa place en elle, quand elle aura dépassé les premiers temps d'adaptation ... je pense sincèrement que vouloir précipiter les choses, ou décider à la place de quelqu'un, est néfaste, et ne sert qu'à braquer quelqu'un et à cristalliser ses angoisses (bien légitimes dans le cas d'une première naissance et dans le contexte hypermédicalisé actuel)

Sinon, bienvenue à toi :-)
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Thomas Jefferson