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La Vie Divine selon Sri Aurobindo


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175 réponses dans ce topic

#1 Cristobal

Cristobal

    Pèlerin de l'espace et du temps

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Posté 07 septembre 2004 à 14:53

--- L'aspiration de l'homme : l'invincible élan de l'homme vers Dieu ---

"... Ce qui dans les mortels est immortel et possède la vérité est un dieu ferme en nous, énergie s'exerçant en nos pouvoirs divins... Sois exaltée, ô Force, perce tous les voiles, manifeste en nous les choses du Divin."  (RIG-VEDA)

Tout d'abord un constat : on peut observer et remarquer qu'il y a un élan qui anime l'être humain, comme une force qui le pousse à se dépasser lui-même, comme une aspiration à repousser ses propres limites. L'être humain recherche la perfection, la vérité, le bonheur et pourquoi pas, la vie éternelle. Comme le dit Aurobindo "c'est l'invincible élan de l'homme vers Dieu, vers la Lumière, la Béatitude, la Liberté, l'Immortalité."

Et pour rendre compte de la vision d'Aurobindo, il faut avoir à l'esprit le point clé suivant : on suppose et on accepte "que la Vie est déjà involuée dans la Matière, et le Mental dans la Vie, parce qu'en essence la Matière est une forme voilée de la Vie et la Vie une forme voilée de la Conscience,...." et logiquement, on peut alors dire que la Conscience mentale est elle-même une forme voilée d'états supérieurs qui sont au-delà du Mental.

En fait il s'agit de constater et d'affirmer haut et clair la primauté de l'Esprit. L'esprit est le tissu, la trame même du réel. Et le Mental, la Vie, la Matière sont autant de manifestations de cet Esprit. Matière, Vie et Mental sont donc "organiquement" interreliés. Aurobindo parle d'involution de l'esprit dans la création et d'évolution comme la manifestation progressive par la Nature de ce qui, "involué", dormait ou oeuvrait en elle. C'est la réalisation patente de ce qu'elle est dans le secret.

Il y a donc un double mouvement de :
-- descente de l'esprit jusque dans les fins fonds de la matière et de l'inertie apparemment morte, sans vie et dénuée de conscience,
-- de même qu'il y a une montée de cet esprit emprisonné dans la matière; une émergence de ce qui était caché et potentiel; une manifestation progressive de la vie, puis de la conscience hors de cette matière.

C'est en tout cas la vision la plus simple qui se présente quand il s'agit de rendre compte et de "mettre en accord la Vie active avec une Matière première de forme dont la caractéristique semble être l'inertie; mettre en accord le Mental conscient et la volonté consciente avec une Forme et une Vie qui en elles-mêmes ne sont pas conscientes de soi.

C'est une autre façon de considérer l'évolution qui devient en fait la manifestation de ce qui est déjà présent et caché, de ce qui est involué. L'exact opposé de la thèse matérialiste contemporaine qui tente, laborieusement et sans grands succès, d'expliquer la vie comme une combinatoire génétique, moléculaire, enzymatique, biochimique, etc...... qui permettrait l'émergence et l'avènement de ce mystère encore incompris (par les scientifiques et les êtres humains en général d'ailleurs...) de la Conscience.

Aurobindo constate "l'élan impérieux par lequel la Nature cherche à évoluer au-delà du Mental, de la même façon qu'il y a déjà l'élan vers la Vie que la Nature a fait germer en certaines formes de la Matière, ou l'élan vers le Mental qu'elle a fait germer en certaines formes de la Vie."

Et, ce qui est fondamental aussi, c'est que dans chaque cas, cet élan, cette volonté d'être plus, d'exister pleinement, de repousser les limites, fait apparaître graduellement des organes et des facultés nécessaires et nouvelles.

Ainsi, "l'homme lui-même pourrait bien être un laboratoire vivant et pensant en qui, et avec la coopération consciente de qui, la Nature veut élaborer le surhomme, le Dieu, ou plutôt, ne devrions-nous pas dire, manifester Dieu ?"

Et Aurobindo de conclure ce premier chapitre de "La Vie Divine" (tome 1, dans la traduction dirigée par Jean Herbert, aux éditions Albin Michel) :

"S'il est vrai que l'Esprit est "involué" dans la matière et que la Nature visible est le Dieu caché, le but le plus haut et le plus légitime que l'homme puisse avoir sur terre est de manifester le divin en soi, de réaliser Dieu au-dedans et au-dehors de soi."

Comme toujours avec Aurobindo, le texte est dense et souvent difficile (très...). Mais d'une remarquable clarté. Et tellement novateur qu'il mérite qu'on se penche avec attention sur cette vision du monde et de l'être humain. Car il s'agit pour Aurobindo, ni plus ni moins, de décrire en détails les relations qui unissent l'Univers et l'Indivividu.

Voilà, pour se mettre en appétit, ce que j'ai trouvé à dire en relisant le premier chapitre de "La Vie Divine " d'Aurobindo. Une oeuvre majeure et quasiment inconnue en France, je crois, qui n'existe d'ailleurs qu'en édition de poche, en quatre volumes chez Albin Michel, avec le plus souvent un, deux voire trois parmi les quatre volumes indisponibles......

Ce texte, comme la"Bhagavad-Gîtâ" traduite et commentée par le même auteur, fait partie des enseignements très précieux qui sont pour moi, depuis quelques années, un viatique qui nourrit mon esprit.

Je m'efforcerai de donner encore à lire quelques autres chapitres dans les "posts" à venir, aussi longtemps et du mieux que je pourrai.

Emporté dans le voyage,
Le pèlerin de l'espace et du temps que je suis,
S'efforce de transformer en spirale évolutive ascendante
La ligne brisée de l'Ignorance.

Bon appétit !!!           :cingle:

#2 deadji

deadji

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Posté 07 septembre 2004 à 17:47

Je n'ai jamais réussi à lire intégralement les 4 volumes de "la Vie Divine" ....juste en "diagonale"..d'ailleurs peut-être que je vis en diagonale aussi...finalement !

Il y a juste un détail qui ne me convainc plus au sujet de la vision sur l"involution" d'Aurobindo.

C'est cette notion en filigrane d'une "prédetermination" du sens de l'évolution .

Prédetermination émanant de la notion d'un divin, parfait, omniscient et omnipotent,  Origine acausale qui comprend déjà en son essence non "déployé" toute la vision de sa magnificence qu'il oublirait en s'involuant dans une fragmentation temporelle de sa totalité, afin de se recouvrer sous une multitude de prise de conscience différentes;

l'homme, comme l'animal, comme la plante, comme les minéraux, les mollécules, les atomes, les corpuscules, les vibrations primaires ne seraient que des "prises de conscience "différentes de cette même réalité acausale...

Réalité qui contiendrait déjà l'archétype de l'être qui devrait succéder à l'homme...ou l'archétype de la divinisation de celui-ci ,suivant les aperçus  qu'en aurait eu Aurobindo.



Or, Aurobindo était un être humain, comme tout le monde, et si ses capacités mentales et psychiques furent sans communes mesures avec la moyenne terrestre, cela n'implique pas pour autant que sa vision, soit la vision de la Réalité acausale telle qu'Elle même pourrait se percevoir, si auto-perception d'Elle même serait possible !


Alors que la réalité évolutive pourrait être toute autre.

S'il est vrai que notre notion d'évolution est limitée à une prise de conscience linéaire et fragmentée du Tout, cela nous permet d'envisager quand même un état originel, source de la manifestation de tous les possibilités évolutives, dans toutes les multi-dimensions possibles, où, le déploiement d'un univers ne sortirait plus nécessairement d'un principe involué, divin et parfait, mais d'un principe primaire d'équation dénouée de toute notion de divinité; équation dont la base la plus simple serait , comme traduction mentale, quelque chose comme:

Du Néant , tous les possibiltés spacio-temporelles peuvent "jaillir", à la condition que ces possibilités soient dans l'impossibilité de pouvoir "retourner" au Néant.

Voilà d'une manière prosaîque, ce dont les mathématiciens, un jour, traduiront avec la plus belle des équations au monde,... celle de notre origine !
In Vino Veritas

#3 Cristobal

Cristobal

    Pèlerin de l'espace et du temps

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Posté 07 septembre 2004 à 18:17

Eh bien, non justement, je ne crois pas qu'Aurobindo soit resté un être humain ordinaire, comme les autres. Je crois qu'en expliquant les différents états de conscience, en parlant de la dynamique qui relie Matière, Vie, Mental et Supramental, etc...... il parle d'expérience.
Je me souviens de certains passages de l'"Agenda de la Mère" où elle relate le fait qu'il y a d'autres dimensions, d'autres mondes, avec des sortes de pièces dont les formes changent en fonction de l'état de conscience du sujet....
Par ailleurs, les explications d'Aurobindo "collent" selon moi avec d'autres témoignages comme ceux de Swedenborg qui décrit lui aussi d'autres mondes, d'autres réalités, d'autres modalités vibratoires, donc de consciences.
C'est aussi en phase avec ce que je peux lire dans le Livre d'Urantia.
Egalement avec ce que je connais du discours du bouddhisme tibétain quand il parle de ce qui se passe après la mort du corps de chair et d'os : les bardos.

Bref, comme je ne suis (pour l'instant ???   :D   ) qu'un simple mortel très ordinaire, je m'attache à enquêter pour recouper les informations. Et le critère de validité, de vérité est bien sûr subjectif : une intime conviction, une joie, une intuition qui permet de savoir en la vivant qu'on décrit là ce qu'on appelle le Réel.

Au début, c'est peut-être un choix. Décider de changer son regard pour voir. Changer de point de vue. Quitter le matérialisme et son langage mathématique pour l'essentielle et première en même temps qu'ultime subjectivité. Car c'est bien le sujet conscient de soi qui pense, parle et vous écrit en ce moment. C'est bien ce sujet qui est réel, bien plus qu'une équation mathématique.

Et en optant pour cet autre regard, cette autre approche, on observe ensuite jusqu'où on peut aller, quelle est la richesse, l'abondance et la valeur des découvertes. Car ce qui compte pendant cette courte vie, c'est ce qui fait sens. C'est ce qui m'aide à vivre, ici et maintenant, et me permet de comprendre ce qu'est la vie, la mort.

C'est l'approche de Aurobindo et Cie qui m'enrichit le plus. C'est celle qui me permet de grandir, me semble-t-il, vers une plus grande conscience de celui que je suis. Celle qui me permet donc de mieux comprendre mon prochain. Celle qui m'aide, comme le dit le Dalaï-Lama, à devenir un meilleur être humain.  

                                                           :cingle:

#4 Cristobal

Cristobal

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Posté 10 septembre 2004 à 09:48

--- De l'Âme ---

Voici un passage de "La Vie Divine" où Aurobindo parle de l'âme, ce que le "Pouvoir évolutif" a permis à certains de percevoir. Devenir conscient de notre véritable moi, de ce fragment d'éternité que nous sommes tous, cette "nature de l'esprit" dont parle le bouddhisme tibétain, cette "petite étincelle" chère à Maître Eckhart.

Et c'est cet accès à l'âme, cette "flamme pure de la divinité cachée", qui permet d'accéder au domaine du Supramental. Tout le propos d'Aurobindo c'est de jeter "un pont sur l'abîme qui sépare le mental du supramental. Les passages fermés doivent être ouverts et des routes créées pour monter et descendre, là où maintenant il n'y a que vide et silence".

Car,
-- "de même que le mental est établi ici-bas sur la base d'une ignorance qui cherche la connaissance et qui grandit dans la connaissance,
-- de même le supramental doit s'établir ici-bas sur la base d'une connaissance qui grandit dans sa propre lumière plus haute.

Mais ceci ne peut se faire tant que l'être mental-spirituel ne s'est pas pleinement élevé jusqu'au supramental pour faire descendre ses pouvoirs dans l'existence terrestre".

Ce qui veut dire que c'est seulement en travaillant avec la lumière que l'on peut espérer transformer l'ignorance qui nous caractérise en tant qu'être humain seulement mentalisés. Il est illusoire, donc, de croire que l'intelligence du Mental, seul, est en mesure d'appréhender la totalité du réel. Le Mental est tout bonnement incapable de considérer l'univers et les profondeurs de l'être conscient avec ses seuls outils conceptuels. Ce n'est tout simplement pas dans le champ de ses compétences. Il faut nécessairement changer de registre si on veut aller plus avant et plus à fond. Il faut s'ouvrir à l'indicible, littéralement. S'ouvrir à ce qui ne peut pas être dit avec des mots.

Voici le passage en question, trouvé sur internet. Il fait partie des six derniers chapitres qui devaient être publiés pour clôturer "La Vie Divine" mais qui sont en fait réunis sous le titre "L'évolution spirituelle" dans la traduction de "la Mère".
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"Au commencement, l'âme dans la Nature, l'entité psychique dont l'épanouissement est le premier pas vers le changement spirituel, est une partie complètement voilée dans notre être, bien que ce soit grâce à elle que nous existons et que nous durons en tant qu'êtres individuels dans la Nature. Les autres parties qui composent notre nature ne sont pas seulement changeantes, mais périssables, tandis que l'entité psychique en nous persiste et reste fondamentalement toujours la même. Elle contient toutes les possibilités essentielles de notre manifestation sur la terre, mais ce ne sont pas elles qui la constituent ; elle n'est pas limitée par ce qu'elle manifeste, ni contenue par les formes incomplètes de la manifestation, ni souillée par les imperfections et les impuretés, les défauts, les dépravations de l'être de surface. C'est une flamme toujours pure de la divinité cachée dans les choses, et rien de ce qui vient à elle, rien de ce qui entre dans notre expérience ne peut polluer sa pureté ou éteindre la flamme. Cette substance spirituelle est immaculée et lumineuse, et parce qu'elle est parfaitement lumineuse, elle perçoit immédiatement, intimement, directement la vérité de l'être et la vérité de la nature ; elle est profondément consciente du vrai, du bien et du beau, parce que le vrai, le bien et le beau sont proches de son propre caractère naturel, ce sont des formes de cela qui est inhérent à sa propre substance. Elle perçoit aussi tout ce qui contredit ces choses, tout ce qui s'écarte de son propre caractère natif, le mensonge et le mal, ce qui est laid et malséant ; mais elle ne devient pas ces choses, elle n'est pas non plus touchée ni modifiée par ces contradictions d'elle-même qui affectent si puissamment ses instruments extérieurs, le mental, la vie et le corps. Car l'âme, l'être permanent en nous, crée et utilise le mental, la vie et le corps comme des instruments, elle subit l'enveloppement de leur condition ; mais elle est autre et plus grande que ces parties."
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Encore une fois, je m'étonne toujours en lisant Aurobindo, de la clarté et de la concision de ses textes.
Tout est là, en ordre serré.
Remarquable, remarquable.

L'adresse du site pour lire "L'Evolution Spirituelle" :

http://pagesperso.ao...age/divers.html

Bonne lecture !
Mais accrochez quand même vos ceintures !
Ce sont des textes qu'il faut consommer,
Pas forcément avec modération,
Mais qui nécessitent une parfaite condition physique et mentale,
Loin de tout épisode dépressif (car éveil insuffisant),
Suffisamment d'heures de sommeil,
Une alimentation saine et équilibrée,
Avec toujours une assez forte dose de concentration
Ainsi qu'une volonté tranchante et éclatante comme le diamant,
Seule solution pour vaincre les difficultés !
Quand même !


:cingle:

Ce message a été modifié par Cristobal - 10 septembre 2004 à 09:50.


#5 Mike

Mike

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Posté 10 septembre 2004 à 10:49

Bonjour,

Dans ma recherche spirituelle, j'ai rencontré les écrits de ce maître (Shrî Aurobindo ). Son interprétation de la Gîta est celle que je préfère.

J'ai trouvé que son enseignement est essentiellement tourné vers le côté "intellectualisé" de la spiritualité. Il nous invite à le rejoindre dans de grandes réflexions, et spéculations intellectuelles.

Il m'a ouvert l'esprit sur une conception du monde et de sa dynamique qui est devenue en partie mon credo, il rejoins et développe d'une manière originale les concepts déjà présents dans les védas.

Par contre il m'a peut apporté sur le plan pratique, sur le comment aborder d'une manière juste le quotidien et son lot de problèmes.

Un penseur comme Krisnamurti est beaucoup plus préoccupé par  les difficultés que le commun des mortels a à essayer d’accéder vers une conscience plus « éveillée ».

Il parle peut de la pratique, et du travail quotidien qui permets de diminuer l’influence  de l’illusion.

Notre compréhension et perception du monde et de nous-même,  ne se déroulent  pas seulement sur le plan intellectuel, elles sont pour beaucoup liées à notre ressenti c’est-à-dire à notre monde émotionnel. L’intellect n’a aucune prise non plus sur notre inconscient et son cortège de peurs et  désirs refoulés.

Shrî Aurobindo restera pour moi une formidable source de réflexions, de hautes spéculations intellectuelles, mais attention il flatte notre égo (évidement ce n’est pas le but recherché) dans le sens où nous provenons d’une culture qui a mis la valeur de l’intellect au plus haut et que ses écrits pour les pénétrer demande une grande gymnastique neuronale et donc nous laisse penser que nous nous « valorisons » en accédant à la compréhension de ces concepts.

L’évolution de notre conscience est avant tout une question de pratiques quotidiennes, plus que de la spéculation. Dans la recherche d’une voie évolutive, il est souvent beaucoup plus difficile de mettre en pratique une ligne du livre que de lire les écrits de tout l’auteur !!!

Bonne route sur ce chemin difficile.
FIN D'UN EMPIRE

#6 Cristobal

Cristobal

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Posté 10 septembre 2004 à 11:36

Tout à fait d'accord.    :D

C'est vrai que "La Vie Divine" est une approche intellectuelle, très détaillée, mais qui ne permet pas de ressentir ce que peut être l'âme, etc...... Du moins si on ne connaît rien de particulier et qu'on s'y plonge la première fois.

Pour un peu plus de "vécu", c'est avec "La Bhagavad-Gîtâ" traduite et commentée par le même Aurobindo qu'on risque bien de ressentir quelque chose. C'est un texte extrêmement inspirant. Il suffit de lire quelques paragraphes pour, parfois, que les pensées et les émotions arrêtent leurs tourbillons. Ce texte, dans cette traduction, est un levier formidable. C'est comme une porte qui peut s'ouvrir, à la simple lecture. Très fort. très précieux.
D'ailleurs il existe cette même Bhagavad-Gîtâ traduite par Aurobindo, mais le texte seul, sans les commentaires et les explications. C'est un livre à couverture bleue, de petit format (tient dans la main) édité par les éditions Maisonneuve. Très pratique. Certainement un des textes que j'emmènerai sur la fameuse île déserte.

Pour Krishnamurti : lu assidûment à une certaine époque. Inspirant aussi. Un contact direct avec le réel. Des pensées qui s'effacent. Une méditation possible. Très poétique aussi.

Mais ce qui manque avec Krishnamurti, comme avec Aurobindo d'ailleurs, c'est une méthode, un chemin, une Voie. On est un peu déboussolé. On ne sait pas trop comment se débrouiller. Et, si on reste avec ces deux auteurs (ce qui a été mon cas pendant quelques temps...) on se rend compte qu'on ne "progresse" pas. Quelques aperçus, quelques changements dans les états de conscience, sans être tout à fait sûr d'ailleurs que tout cela est valable.

Le mieux et le plus sûr, c'est quand même d'avoir la possibilité d'être en contact avec un maître spirituel authentique et VIVANT. C'est un accélérateur puissant et réel. Même pour un court instant, le temps de découvrir une "assise", d'intégrer quelques outils fiables.

Ensuite, on peut revenir au texte de "La Vie Divine", par exemple, en comprenant de mieux en mieux ce qui est décrit là. Et même, cela peut devenir inspirant.......

Ce message a été modifié par Cristobal - 10 septembre 2004 à 11:39.


#7 Cristobal

Cristobal

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Posté 20 septembre 2004 à 07:23

--- La destinée de l'individu : accomplir Dieu ---

"Par l'Ignorance ils franchissent la Mort et par la Connaissance jouissent de l'Immortalité..." (Isha Upanishad)

Aurobindo poursuit son exploration méthodique de l'être humain dans sa relation à l'Univers. Et il devient de plus en plus évident que la tâche essentielle pour laquelle nous sommes là, personnalités dressées dans le tissu de l'espace et du temps, l'objectif ultime, est d'accomplir et de manifester toujours plus pleinement le divin que nous sommes en germe.

"Accomplir Dieu dans la vie est ce qui est spécifiquement humain en l'homme. L'homme part de la vitalité animale et de ses activités, mais son but est une existence divine."

Seulement voilà, nous sommes d'abord, au tout début de l'éveil de nos sens et de notre conscience grandissante, nous sommes confrontés à ce que nous appelons le Réel. Une Réalité qui est paraît-il "Une" et cependant indéfinissable tant sont infinies les facettes de Monde.
Quand nous essayons d'approcher cette Réalité omniprésente, quand nous essayons de définir et de décrire cette Unité avec le Mental, nous sommes face à une infinité de conceptions, d'idées et d'expériences. Et toutes ces visions contradictoires nous amènent à constater que la Réalité déborde toutes ces conceptions. Le Réel fondamentalement, Unique et Absolu en même temps que Multiforme et Relatif, est Inconnaissable avec le Mental seul.

Et ce caractère inconnaissable est en partie lié au fait que le Mental, "qui a été habitué au seul témoignage des sens et qui associe Réalité et fait corporel, est :
-- soit inaccoutumé à employer d'autres moyens de connaissance,
-- soit incapable d'étendre la notion de réalité à une expérience supraphysique."
Ce qui revient à dire, en fait, que le Mental découvre ses propres limites. Tout organisme, par définition même, limité et circonscrit dans un schéma de fonctionnement régi par des lois propres, peut en venir à ressentir une frustration. C'est le sentiment qu'il y a un ailleurs auquel il aspire confusément mais hors de sa portée dans un premier temps. C'est mettre au jour la pression de l'Infini sur une créature finie. Le conflit étrange de l'Absolu et du Relatif. Et c'est cette "dialectique", cette tension, qui fait de tout individu une créature évolutive.

Pour le Mental, habitant un corps physique, le Réel et l'Intelligible, c'est ce qu'il peut toucher, voir, entendre, etc...., avec ses sens physiques. Tout ce qui est au-delà devient pour lui Inexistant et Inintelligible car littéralement Imperceptible. Au-delà de ses perceptions habituelles.

Seulement voilà, et c'est une bonne nouvelle, il se trouve que la forme, matérielle ou non, est un Habit qu'utilise le Divin pour se manifester. C'est la liberté et le délice de l'Absolu de se projeter et de donner naissance à une infinité de Représentations de lui-même. Comme autant de degrés de complexité, autant de formes variées qui se déploient pour amener à l'existence le monde, les mondes. Autant d'étages imbriqués, autant de seuils vibratoires, autant de sphères de consciences et de "réalités".

"Forme et Matière ne peuvent être valables que comme aspect et substance de manifestation pour l'incorporel et l'immatériel." La Forme est en sa nature même une action de Dieu, "un acte de conscience divine". Il s'agit toujours pour l'Absolu de représenter un aspect de l'Esprit. Il s'agit pour l'Infini de se manifester. Et cette manifestation de l'Absolu en une infinité de formes, matérielles ou immatérielles ("subtiles" = il y a d'autres niveaux, d'autres mondes....), est le jeu et la suprême liberté de Dieu.

C'est le délice (ananda) de l'Être (sat) conscient (chit), c'est la triplicité de l'Existence-Conscience-Félicité, "SatChitAnanda", trois mots pour trois facettes d'une même réalité.

#8 Mike

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Posté 20 septembre 2004 à 12:34

Cette approche du fonctionnement du divin et la manière dont il pénètre sa propre création dans des plans infinis où l’homme tient une place élevée rejoint l’enseignement  qui est donné dans « Les dialogues avec l’ange » qui pourtant contient des références chrétiennes  et donc très loin de la culture védique.

Les dialogues avec les anges expliquent (p 256) que le monde est divisé en 7 plans. 3 dans l’immanent ou monde créé ,( minéral, végétal, animal )  1 intermédiaire (l’homme) , et 3 transcendants ou monde créateur qui correspondent aux trois immanents (  Lui,Séraphin, Ange ) Chaque cloisonnement à une fonction et des qualités propres. L’homme peut vivre la co-naissance, le verbe, c’est aussi le lien entre les deux mondes. Sa fonction est essentielle par ce qu’il est crér pour faire le lien entre le plan divin et matériel, s’il ne peut le réaliser alors sa raison d’être est perdue pour l’évolution. L’ange dit également que la branche qui ne porte pas de fruit sera coupée. Il explique aussi que la pensée juste est créatrice.


Aurobindo insiste également beaucoup sur l’importance de l’évolution humaine vers sa capacité  à vivre dans une conscience plus élevée au risque de voir les forces évolutives de « créer » un autre être qui lui va enfin remplir cette fonction (La branche sera coupée).

J’observe également cette nécessité absolue d’ouverture de conscience que rencontre les mourants dans les NDE. La rencontre avec la lumière induit non un jugement, mais une compréhension globale et totale de nos comportements et même de nos pensées. Nos erreurs et nos succès deviennent d’une évidence incontournable.

Même le Bardo todol  (Livre des morts tibétains) répète sous forme d’une litanie que les formes démoniaques qui apparaissent durant un transfert difficile d’une âme, ne sont que les projections de l’ancienne vie chargée de négativité et qu’il faut absolument que le sujet se laisse dévorer par tous ces monstres hideux afin de leur échapper et comprendre qu’il ne sont que le produit de l’imaginaire pour pouvoir enfin rejoindre la lumière. Le risque étant qu’a force de fuir et de se cacher sans fin, l’âme effrayée préfère choisir une matrice disponible et rétrograde dans le monde animal.

Evoluer serait la motivation première de notre passage sur terre et régresser serait la pire des choses qui puisse nous arriver.

J’ai été surpris par les théories ummites sur l’existence du plan divin et la manière dont ils en  expliquent le fonctionnement. Ici aussi on retrouve l’idée que se qui n’est pas conforme au plan (au niveau de la conscience) ne peut plus être acceptée car cette conscience distord en quelque sorte la source créatrice.  Ici aussi la pensée humaine est créatrice mais en plus elle influence la transcendance qui formaterait alors l'évolution du monde crée en fonction de l'évolution de la pensée collective. Lorsque cette conscience collective est trop ''discordante " elle est éliminée pour non conformité aux lois naturelles car trop dangereuse pour l’équilibre et le fonctionnement  du monde créé.

Si l’on part de l’hypothèse que c’est la Conscience qui est à l’origine de la création du monde et que cette création est un phénomène constant, alors on peut très bien comprendre que cette conscience infinie se matérialise sous diverses formes afin d’investiguer d’une manière sélective son œuvre.

L’homme semble incarner au plus haut niveau une partie des qualités de cette conscience, il a donc une grande interaction avec Elle mais à condition de La respecter. Dans la mesure où nous sommes en conformité avec cette forme absolue, nous bénéficions d’une infime partie de Son pouvoir créateur. Ce que nous ignorons c’est que nous disposons de la possibilité d’allez encore plus loin dans cette union avec le plan divin. Les grands éclairés nous ouvrent la voie mais chaque individu à son niveau d’évolution (et d’attachements) qui lui sont propre.

En quelque sorte le message est toujours le même et en résumé cela donne ….. Nous disposons tous d’une divinité intérieure (ou extérieur, c’est une image) qui ne demande qu’a se révéler et nous permettre de nous « connecter » avec le plan divin qui recèle un trésor insoupçonnable. Nous sommes tous assis sur ce trésor. Dans la mesure ou nous y arrivons nous découvrons notre véritable nature et nous libérons de l'attachement et de la souffrance. Libre à nous d’essayer d’y accéder, c’est la raison de notre présence sur terre.

Certains vont plus loin en nous prévenant que si l’objectif divin n’est pas atteint, l’homme sera remplacé par une autre créature mieux adaptée  pour incarner les deux aspects de la Réalité (immanence et transcendance) Aurobindo, les ummites, les dialogues avec l’ange, reprennent à leur manière cette idée.

Toute cette" théorie " est un peu plus sophistiquée que le dogme chrétien, mais je trouve qu’elle a au moins le mérite de tenir la route.  Personnellement mes recherches et expériences directes collent parfaitement avec cette interprétation et d’autres mouvements spirituels provenant de cultures diverses reprennent les grandes lignes directrices de cette vision du fonctionnement du monde (Ce sont souvent des enseignements ésotériques réservés à des initiés). On peut donc émettre l'idée que cette connaissance est "juste".

Libre à chacun de l'intégrer en fonction de son niveau de compréhension et de ressenti.

Bonne route sur le chemin étroit de l’éveil.
FIN D'UN EMPIRE

#9 Cristobal

Cristobal

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Posté 20 septembre 2004 à 13:55

Effectivement, toutes ces approches semblent cohérentes et décrire chacune à leur façon une même réalité, une même dynamique, une même vérité.

On retrouve aussi cette "nature de l'esprit" du bouddhisme tibétain, ce maître intérieur qu'il nous faut reconnaître, écouter, suivre et devenir, cette étincelle divine (Maître Eckhart) en chacun de nous, exprimée aussi avec le concept de "l'Ajusteur Intérieur" ou "Ajusteur de Pensée" dans le "Livre d'Urantia". Et c'est l'union de l'âme en formation et en évolution avec cet Ajusteur de Pensée qui permet d'accéder à l'Immortalité, d'entrer dans la lumière et la vie. Cet Ajusteur Intérieur qui est en fait un fragment de Dieu le Père. Il s'agit toujours d'accéder à l'Amour, cet amour qui comme le dit Dante à la fin du "Paradis" est ce qui meut le soleil et les autres étoiles.

Avec ce complément très intéressant, c'est qu'ici il y a une personnalisation de la relation avec le divin. Les éléments de cette alchimie intérieure perdent leur caractère abstrait (je pense aux bouddhisme et hindouisme) au profit d'une relation de filiation sur le modèle humain de la famille, du Père et du Fils. On gagne, avec ce fragment paternel logé/lové dans le creuset jaillissant du coeur, une dynamique renouvellée. Car, de même qu'un pratiquant s'adresse à son maître de chair et d'os (au début) puis à son maître intérieur qu'il découvre enfin (avec par exemple, pour être un peu concret, cette pratique du "Guru Yoga", version orientale, d'une certaine façon, du "Notre Père") , il est réconfortant et chaleureux de s'adresser au Père vivant en chacun de nous plutôt que de se fondre dans la vacuité lumineuse et chaleureuse de "notre véritable nature".

C'est en tout cas un autre cheminement possible.

Par ailleurs, pour ce qui est des "Ummites", je suis en train de lire le livre de Jean-Pierre Petit. Et comme je découvre depuis ce week-end l'existence de ce "phénomène" (je n'avais jamais rien lu sur les OVNI.....), j'aimerais savoir s'il y a un autre ouvrage utile sur les "Ummites" à consulter. Je suis très demandeur de toute suggestion utile, histoire de gagner du temps.

Enfin, il faudrait que je lise sérieusement "Les Dialogues avec l'Ange" (lu il y a des années, mais maintenant complètement oublié).

Dernière remarque : à propos des différents mondes, des anges, etc..... il y a aussi Swedenborg qui tient un discours remarquable, avec des passages sur les "Correspondances et les Représentations", notions d'"anatomie spirituelle", liens entre macrocosme et microcosme, Dieu en tant que Corps de Lumière dans lequel se place la Création en fonction de ses fonctions (au sens de organes comme le coeur, poumons......), Dieu en tant que "Soleil" d'Orient, gravité spirituelle qui fait que les Anges (par exemple) (et/ou nous-mêmes après la "mort "du corps de chair) tournent leurs visages vers le Seigneur, constamment, etc..... Une autre géométrie..... D'autres lois.

Ce qui est passionnant dans toute cette "histoire", c'est de manipuler et d'examiner toutes ces pièces de puzzle, et de voir émerger une vérité vivante, nourrissante et signifiante.

:boire:    à tous les pèlerins de l'espace et du temps !

Prenons des forces,
Car la route est longue,
Mais le fardeau,
De plus en plus léger.              :cingle:

#10 Alexis

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Posté 20 septembre 2004 à 14:19

Il y a un peu de confusion dans ces mots car le pronom "nous" ou "notre" est utilisé pour distinguer à la fois l'homme et notre véritable nature qui est absolument au delà.  L'expression, "se connecter au plan divin" est assez peu révélatrice de ce qui a lieu... je dirais plutot qu'il y a désintérêt pour le plan humain qui permet la disparition de la conscience individuelle et le retour à l'absolu. Il ne s'agit pas de se connecter à quoi que ce soit puisque l'absolu est ce que nous sommes. La vie d'homme (ou d'autre chose) n'est qu'un rêve passager qui se répète jusqu'à l'éveil.

Peu importe la disparition de l'homme puisque notre nature est la conscience absolue... Si celle ci se manifeste à travers d'autres formes cela ne change rien.

L'expression "trésors insoupçonables" stimule l'imagination, le désir et l'attente... du point de vue de l'ego, l'éveil n'est pas un trésor mais une mort. Ce que nous sommes au delà de l'ego n'est pas soupçonable mentalement. Silence, vacuité, béatitude, présence, amour. Aucun des mots ne convient, chacun donne un indice...

#11 Mike

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Posté 20 septembre 2004 à 15:20

Alexi merci pour tes commentaires éclairés.

Après qq années je ma suis distancé de cette image du sage qui c’est libéré totalement de l’ego et qui vit sur une espèce de nuage où son humanité c’est dissoute dans…..

Je pense qu’au contraire plus une conscience s’éveille plus elle s’ancre dans la réalité matérielle et également dans la perception d’une autre réalité. Car j’ai compris qu’il était tout à fait utopique de penser qu’il n’est possible que de vivre un des aspects de la réalité.

Si je suis sur terre c’est que j’ai une bonne raison d’y être (même si elle m’échappe encore). J’ai compris que quelque soit l’évolution spirituelle que je connaisse, elle aura toujours pour champ d’action une réalité matérielle qui se déroule ici et maintenant sous mes yeux.


Citation

Peu importe la disparition de l'homme puisque notre nature est la conscience absolue...

Je ne crois pas à cette affirmation…même si je suis convaincu que certains ont atteint cette frontière. L’homme a cette faculté de développer une conscience absolue, comme il a la possibilité de s’immerger dans la recherche d’une plénitude exclusivement matériel.

Je pense que notre fonction première est de réaliser notre connexion consciente avec le plan divin (sans y fusionner) et en même temps expérimenter  la dualité et le monde matériel, pas de nous « dissoudre » dans l’un ou l’autre. Juste faire l’expérience de…. Avec de plus en plus de profondeur de détachement émotionnel, et de conscience de se qui se déroule sous nos yeux.

Notre rôle serait en premier lieu celui du témoin … de celui qui fait l’expérience du déploiement de la Création. Nous pouvons aller plus loin mais pas dans ce monde, ici les lois naturelles définissent un espace temporel et dimensionnel qui ont pour fonction de nous focaliser sur l’évènement et de le ressentir à travers nos sens, nos émotions, notre compréhension et tous ce qui nous compose.

Les consciences plus proches de l’absolu semblent avoir d’autres fonctions, d’autres qualités, elles ne sont pas matérialisées sur terre. Chaque type de conscience semble avoir une place bien définie, et je pense qu’il est bien présomptueux de se prévaloir d’une place qui ne nous est pas réservée dans l'organisation divine du monde.

(Ces points de vue n'engagent que moi, je ne teins nullement à les imposer)

Pour Cristobal...Va fouiller de ce côté.... Bonnes lectures

http://perso.wanadoo...ntiels/f011.htm

Ce message a été modifié par Mike - 20 septembre 2004 à 15:51.

FIN D'UN EMPIRE

#12 Cristobal

Cristobal

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Posté 26 septembre 2004 à 15:53

--- La destinée de l'individu : accomplir Dieu (suite) ---

Ainsi, "c'est seulement quand nous écartons toute antinomie inconciliable entre le Moi et le Monde que par une logique moins paradoxale, les choses trouvent leur place."

Il s'agit en somme de s'ouvrir un peu, de changer son regard, d'oublier ses certitudes et autres habitudes. Changer de point de vue et laisser entrer l'improbable, l'impossible, des "choses" étranges comme "la mort n'aura pas d'emprise", le caractère premier et quasiment inéluctable de "la vie éternelle", la réalité d'une croissance évolutive, continue et infinie. Considérer les obstacles et les limitations comme autant d'illusions, de troubles de la vision, d'empêchements transitoires qui ne font que ralentir et reporter à demain une perception de plus en plus claire de la vérité.

"Il nous faut accepter la multiplicité des facettes de la manifestation alors même que nous affirmons l'unité du Manifesté. Et n'est-ce pas là, en somme, la vérité qui nous poursuit où que nous portions nos regards, à moins que, voyant, nous choisissions de ne pas voir ? N'est-ce pas là, en somme, le mystère parfaitement naturel et simple de l'Être conscient ? qu'Il n'est lié ni par son unité, ni par sa multiplicité ? Il est "absolu", en ce sens qu'Il est entièrement Libre de comprendre et de disposer à Sa manière tous les termes possibles de Sa propre expression. Nul n'est enchaîné, nul n'est libéré, nul ne cherche la libération ? car Cela est toujours une liberté parfaite. Si libre qu'Il n'est même pas lié par Sa liberté. Il peut jouer à être lié sans encourir un réel esclavage. Sa chaîne est une convention qu'Il s'est à lui-même imposée. Sa limitation dans l'ego un artifice momentané qu'il emploie afin de reproduire sa transcendance et son universalité dans le cadre de l'individualité."

Ainsi, nous pouvons atteindre au Suprême sans nous effacer de l'extension cosmique. Nous pouvons être libre au-dedans tout en conservant une forme au-dehors. Nous pouvons atteindre et gagner une divine possession de nous-même.

Au départ, il y a la Multiplicité. Cette route qui est celle de l'ego transitoire, ce paysage mental où prédominent la mort et la souffrance. Un monde limité et frustrant où semblent régner par moments la répétition et les chocs astreignants de la "méthode des essais et des erreurs". Comme un tâtonnement dans le noir. Et puis, par la Connaissance ( = magie extraordinaire du Verbe, comme véhicule pour des paroles de Vérité....), et l'Intégration de cette Multiplicité dans l'Unité de la Vision, nous jouissons finalement et ultimement de l'Immortalité et de la Béatitude.

Donc, la destinée de l'individu est bien d'accomplir Dieu. Il s'agit encore et toujours de libérer l'âme individuelle.

"La libération de l'âme individuelle constitue donc la clé de l'action divine définitive. C'est la primordiale nécessité divine et le pivot sur quoi tourne tout le reste. C'est le point de Lumière où commence d'émerger ce qui devra être la manifestation complète de Soi dans le Multiple. Mais l'âme libérée étend sa perception d'unité horizontalement aussi bien que verticalement. Son unité avec l'Un transcendant est incomplète sans son unité avec le Multiple cosmique. Et cette unité étendue latéralement se traduit par une multiplication, une reproduction, en d'autres points dans la Multiplicité de son propre état libéré. L'âme divine se reproduit en des âmes libérées semblables à elle comme l'animal se reproduit en des corps semblables à lui."

Et, c'est là un point très, très important :

"Aussi, chaque fois qu'une âme, même une seule, est libérée, y a-t-il tendance à une extension et même à une irruption de la même divine conscience de Soi en d'autres âmes individuelles de notre humanité terrestre et ? qui sait ? -- peut-être même par-delà la conscience terrestre."

C'est le flot bienfaisant, limpide et clair de la vérité, de l'esprit de vérité qui se répand librement et inéluctablement, sans contrainte de temps ni d'espace. Une sorte de contagion qui peut gagner tous les êtres de bonne volonté, c'est-à-dire relativement ouverts, avec il est vrai, la nécessité parfois de conditions favorables, pour que germe cette "graine" de sagesse.

#13 Adi

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Posté 29 septembre 2004 à 06:45

Bonjour à tous ( salut Deadji ! )

J'ai découvert l'enseignement de Sri Aurobindo en lisant la Vie Divine, c'est un livre incroyable, tout y est la-dedans mais il est difficile d'accés à moins d'avoir une tournure d'esprit philosophique et métaphysique et bien que ce livre soit écrit directement par l'Esprit Suprême, je conseillerai plutôt de commencer par les livres de Satprem ( par ex l'Aventure de la Conscience ) puis revenir ensuite vers la lecture de Sri Aurobindo.

Sri Aurobindo était un Avâtar, une Incarnation Divine et ce qu'Il a fait Lui et Mère est incommensurable, ils ont ouvert les portes du Monde Nouveau à l'humain.
Pour ma part Sri Aurobindo c'est le nec plus ultra, le top of the top, le number one :love:
Et comme dirait Satprem il n'y rien eu de plus important depuis l'apparition de la Vie que Mère et Sri Aurobindo.

Je le répète mais on ne se rend pas compte de l'Oeuvre qu'ils ont accompli, c'est hallucinant :marteau2:  La fin de l'âge de Fer c'est Kalkî, c'est Sri Aurobindo !

Cristobal tu devrais visiter ce site :

http://www.aurore-fr.../forum/home.php?

http://agenda.aurore-france.com/

#14 Lunesoleil

Lunesoleil

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Posté 29 septembre 2004 à 08:16

Cristobal, le Vendredi 10 Septembre 2004, 09:55, dit :

Bonne lecture !
Mais accrochez quand même vos ceintures !
Ce sont des textes qu'il faut consommer,
Pas forcément avec modération,
Mais qui nécessitent une parfaite condition physique et mentale,
Loin de tout épisode dépressif (car éveil insuffisant),
Suffisamment d'heures de sommeil,
Une alimentation saine et équilibrée,
Avec toujours une assez forte dose de concentration
Ainsi qu'une volonté tranchante et éclatante comme le diamant,
Seule solution pour vaincre les difficultés !
Quand même !

:cingle:
Image IPB Je ne connaissais pas Sri Aurobindo dans le sens que j'ai lu aucune réflexion de l'auteur . Chose faite aujourd'hui , cela me renvois au texte Hermétique le Kybalion en dénonçant que tout passe par le mental . Donc on pourrais supposer que Sri Aurobindo s'est imprégné de la pensée du Kybalion , cela reste a prouver ....

Le Kybalion

LS :sun2:
Passionnée d'astrologie toujours et encore ...

#15 Cristobal

Cristobal

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Posté 01 octobre 2004 à 09:14

--- La destinée de l'individu : accomplir Dieu (fin) --

Ici, c'est la valeur "d'exemple" du Bouddha, de Jésus et de toute individualité plus ou moins authentiquement évoluée et libérée dont la vie, l'action et la parole peuvent tracer une voie, montrer une issue et permettre à la vérité de se propager, d'esprit à esprit, comme par contagion. Et comme la Vérité est libre et éternellement vivante ainsi qu'à chaque instant accessible pour qui est suffisamment ouvert, ce qui était vrai il y a plusieurs milliers d'années le reste bien sûr en tout point de l'espace et du temps. Seuls changent les formes, les draperies et costumes plus ou moins colorés; la vérité reste quand à elle toujours égale à elle-même, à l'image de Dieu.

Et Aurobindo de conclure son chapitre en parlant de l'individu qui est amené à devenir un centre lumineux de conscience :

"En atteignant le Non-Né par-delà tout devenir, nous nous libérons de cette naissance et de cette mort inférieures. En acceptant librement comme Divin le Devenir, nous inondons la mortalité d'une immortelle béatitude, et nous devenons des centres lumineux de la consciente expression de Soi en l'humanité."

On peut également dire..."des centres lumineux de la consciente expression de Soi",... ou du Divin, ou de Dieu en l'humanité. Aurobindo parle indifféremment du Soi, du divin, de Brahman, de Satchitananda, de Dieu, de l'Absolu, de Cela, etc......

En fait, quand je lis Aurobindo et (en ce moment) le Livre d'Urantia, je retrouve une description de la même Réalité, de la même Vérité. Bien sûr la forme est différente. Cependant, quand on creuse bien, on découvre réellement une communauté de pensée et de vision. Et, par exemple, pour cette question des différentes dénominations utilisées par les êtres conscients dans les univers des univers (dont la Terre fait partie...)pour parler de ce qui les dépasse, de ce qui est transcendant et de toute façon indicible, je peux citer ces quelques lignes de Urantia (1; 1, 3) :

"Une fois devenus vraiment conscients de Dieu, lorsque vous aurez réellement découvert le majestueux Créateur et commencé l'expérience de concevoir nettement la présence interne du divin Contrôleur, alors, selon vos lumières et en conformité avec la manière et la méthode par laquelle les divins Fils révèlent Dieu, vous trouverez un nom pour le Père Universel. Ce nom exprimera de façon adéquate votre concept de la Grande Source-Centre Première. C'est ainsi que, dans des mondes différents et des univers variés, le Créateur est connu sous de nombreuses appellations. Dans l'esprit des relations, elles ont toutes la même signification mais, en mots et en symboles, chaque nom représente le degré et la profondeur avec lesquels Dieu est intronisé dans le coeur de ses créatures d'un royaume déterminé."

On parle, selon les différents mondes et le degré de proximité que l'on peut avoir avec Dieu, aussi bien de Source Première, Centre Universel, Première Source Créatrice, Centre Divin, Père des Univers, Soutien Infini, Divin Contrôleur, Père des Lumières, Don de la Vie, Unique Tout-Puissant, Père Universel, Père des Pères, Père du Paradis, Père de Havona, Père de l'Esprit, ou encore Dieu notre Père, ou Dieu.

"Le nom qu'on lui donne a peu d'importance. L'essentiel est de le connaître et d'aspirer à lui ressembler. Vos anciens prophètes l'ont appelé à juste titre « le Dieu éternel », et ont parlé de lui comme de celui qui «habite l'éternité.» (Urantia 1;1-6)

En fait, on constate qu'à chaque fois que l'être humain s'interroge sur ce qu'il est, sur sa place dans l'univers; à chaque fois qu'il en vient à évoquer ce qui le dépasse, il se trouve comme contraint de parler de Dieu en termes personnels. On ne peut pas longtemps et efficacement entretenir une relation avec la Vacuité, le Non-Né, la Claire Lumière ou bien la Nature de l'Esprit. En tant qu'individus, nous avons besoin de nous adresser à une entité avec laquelle nouer des relations personnelles. Et nous disons alors Dieu et/ou toute une ribambelle de synonymes.

Dans la "Bhagavad-Gîtâ", par exemple, Arjuna ne peut apprendre et évoluer efficacement et en vérité qu'en parlant avec Krishna, avec un Dieu personnel. Une Présence qui est une voie d'accès, une porte, un chemin, pour commencer à s'élever au-dessus de sa condition, pour se mettre en mouvement et s'extraire du marais fangeux de l'Ignorance et des courtes vues. Accéder à une plus grande connaissance de soi et du monde c'est toujours engager un dialogue : avec un prochain, un "ennemi", un maître extérieur, son maître intérieur, soi-même, Dieu Lui-Même......

La Personnalisation des relations est la seule façon de se nourrir de façon vivante et authentique. C'est sans doute la clé, le point crucial qui permet de conjoindre et d'unir dans la paume de la main ce qu'on appelle le plus souvent le Relatif et l'Absolu.

Il faut bien sûr pour cela desserrer le poing, abandonner toute saisie, renoncer à frapper et à agresser l'Autre. Il faut lâcher prise et s'ouvrir, non pas tant sur la Vacuité même lumineuse, mais bien mieux se mettre à l'écoute du Maître intérieur. Entendre la rumeur du divin, observer les mouvements de Dieu dans les vagues changeantes et chantantes de la Création.

Et c'est ainsi qu'Arjuna peut dire, par exemple, en contemplant Krishna :

"Comment ne Te rendraient-ils pas hommage, ô grand Esprit ? Car Tu es le Créateur originel et l'Auteur des oeuvres, et Tu es plus grand encore que Brahmâ créateur. Ô Toi infini, ô Toi Seigneur des dieux, ô Toi demeure de l'Univers, Tu es l'Immuable et Tu es ce qui est et ce qui n'est pas, et Tu es Cela qui est le Suprême." (11-37)

ou encore :

"Tu es l'Âme ancienne et la Divinité première et originelle et le lieu de repos suprême de ce Tout. Tu es Celui qui connaît et Cela qui est à connaître et la condition suprême. Ô Infini qui as pris forme, par Toi fut étendu l'univers." (11-38)

#16 Cristobal

Cristobal

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Posté 05 octobre 2004 à 13:46

--- L'homme dans l'Univers : à la poursuite de Sachchidananda (1) ---


Aurobindo poursuit, chapitres après chapitres, son exploration systématique. Il progresse non pas en ligne droite mais plutôt en spirale. Spirale ascendante vers le divin et spirale descendante jusque dans les tréfonds de la matière. C'est la raison pour laquelle les choses sont inlassablement répétées, explicitées, mais toujours en progressant. On tourne en cercles larges d'abord, et on avance en même temps, en s'élevant et en resserrant la trajectoire vers un point crucial de vérité. C'est peut-être après tout une façon d'être en harmonie avec macrocosme et microcosme, l'univers et l'individu. Il y a d'immenses cercles et révolutions dans l'univers, de même qu'il y a les cercles évolutifs de la matière, de la vie, du mental et au-delà.

"La montée vers la Vie divine, c'est là le voyage humain, la Tâche entre toutes les tâches, le Sacrifice acceptable : Cela seul est la vraie affaire de l'homme dans le monde et la justification de son existence, sans quoi il ne serait qu'un insecte qui, parmi d'autres insectes éphémères, rampe à la surface d'un grain de boue et d'eau qui s'est trouvé prendre forme parmi les immensités effroyables de l'univers physique."

Nous sommes confrontés au spectacle du "Réel", à la manifestation et au déploiement de la vie, aux réalisations étonnantes de la conscience et de l'esprit humain. Quel chemin depuis les grottes de Lascaux....

Nous en sommes arrivés à questionner la nature même de l'espace-temps, à échafauder l'hypothèse d'autres univers possibles, sans parler de cette capacité croissante à communiquer en s'affranchissant de plus en plus de cet espace-temps. Aussi, plutôt que d'invoquer encore et toujours la magie étrange du hasard ("Le Hasard et la Nécessité" disait François Jacob il y a cinquante de cela...) qui permettrait, grâce à une non moins étrange combinatoire biologique de voir s'élever la complexité des émotions, des sentiments, des idées et de la conscience de soi et de notre mortalité, il est tout aussi logique et même bien plus rationnel d'envisager "la révélation progressive d'une grande, d'une transcendante, d'une lumineuse réalité qui a pour moyens et matériaux, pour condition et pour domaine, les relativités innombrables de ce monde que nous voyons et de ces autres mondes que nous ne voyons pas".

Il est bien plus simple et tellement plus éclairant de réaliser que l'univers a un sens et un but "et qu'il n'est ni une illusion sans objet ni un accident fortuit"

Non, nous ne sommes pas d'étranges insectes advenus par hasard sur un tas de boue et d'eau dans un recoin perdu de la galaxie. Notre vie et notre mort ne sont pas de simples artefacts insignifiants et vains. Il y a une Existence entièrement consciente de Soi, "et par conséquent entièrement maîtresse de Soi, qui possède l'être phénoménal en qui elle est involuée, qui se réalise en forme et se déploie en l'individu".

Nous sommes le siège d'une réalité qui nous dépasse, pour l'instant. Nous sommes des êtres de lumière en sommeil. Mais il se trouve que le Soleil qui gît dans notre coeur n'en finit pas de se lever à l'horizon de notre conscience hésitante et incrédule. On distingue au travers des brumes parfois épaisses de notre ignorance comme une "émergence lumineuse", une Aurore. Comme un Soleil de vérité qui "veille sur le monde et attire l'homme mortel dans une ascension divine, d'abord à l'insu de son mental conscient, par la marche générale de la Nature, puis enfin consciemment, par un éveil et un élargissement de soi progressifs".

Et cette réalité lumineuse qui infuse l'univers dans chacune de ses manifestations, est appelée par Aurobindo : "Sachchidananda". Terme indien, hindou, issu des âges anciens du "Rig-Véda" et des Upanishads.

Sachchidananda que l'on peut décomposer aussi en Sat (Existence), Chit (Conscience) et Ananda (Félicité, Béatitude). Trois termes, trois mots, trois facettes d'une seule et même réalité.

On peut parler de la Félicité de l'Existence Consciente, ou encore de la Conscience qui se réjouit d'autant plus qu'elle se sait existante, etc..... Être conscient c'est exister un peu et pouvoir s'en réjouir. De même, accéder à la paix et la félicité du coeur et de l'esprit apaisés, c'est renaître à une existence renouvellée et insoupçonnée, et, par là-même, gagner en clarté et en compréhension de soi et des autres, accéder à plus de conscience.

Il y a identité entre ces trois termes : Existence = Conscience = Félicité.

La tradition et la philosophie indiennes parlent de "Sachchidananda" comme un occidental chrétien pourrait parler de Dieu. Même chose et même "combat". Et quelle belle définition et description de Dieu que de dire par exemple :

"Cette Vérité des choses qui doit émerger des contradictions du monde phénoménal, elle est dite Félicité infinie et Existence Consciente de Soi, la même en tous lieux, en toutes choses, en tous temps et au-delà du temps, qui se sait derrière tous les phénomènes, dont les plus intenses vibrations d'activité, dont la plus vaste totalité ne peuvent jamais l'exprimer entièrement, ni jamais, en aucune façon, la limiter."

Il y a donc une existence, consciente, qui est cachée, involuée dans une forme, un individu (de chair et d'os sur la planète Terre, mais aussi des formes plus subtiles dans d'autres mondes, d'autres niveaux "vibratoires"...., la matière n'étant pas le seul support possible de la vie et de l'esprit....).

Et "cette existence consciente involuée dans la forme en vient, au fur et à mesure de son évolution, à se connaître par intuition, par la vision et l'expérience qu'elle a d'elle-même. Elle devient elle-même dans le monde en se connaissant, elle se connaît en devenant elle-même. Ainsi se possédant intérieurement, elle communique aussi à ses formes et à ses modes le délice conscient de Sachchidânanda. Ce devenir de l'infinie Félicité - Existence - Conscience dans le mental, la vie et le corps (car, indépendamment de corps, vie et mental "Cela" existe éternellement...) est la transfiguration voulue de l'existence individuelle et en constitue l'utilité."

En fait Dieu s'effuse, se répand dans chaque recoin infime de l'univers (au point d'en constituer la trame même, bien sûr....). Et c'est la liberté et la félicité du divin de se retrouver et de croître dans un individu. De même que le sujet conscient a besoin de Dieu pour être encore plus conscient et existant, de même Dieu a besoin de ses créatures pour se retrouver lui-même.

Etrange et vertigineux paradoxe....

Ce message a été modifié par Cristobal - 05 octobre 2004 à 13:51.


#17 L'ignorant

L'ignorant

    Hôm

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Posté 05 octobre 2004 à 15:42

Shri Aurobindo, n'a surement pas été influencé par le Kybalion.

Il a fait son propre chemin et ses propres expériences, ce n'est pas non plus de la spiritualité mentale, loing de la. Il appellait son Yoga, le "Yoga intégral" car il intégre , la connaissance mental, le travail sur le corp, et la dévotion (travail sur l'émotion, et le dont de soi).

Radja, Bakthi, Satva.

Mais ce Yoga doit aller audela de ces trois là, et a un moment donné, il n'y a plus de voies a part celle de la conscience Mére. La mére divine qui est l'aspet actif du divin.

Un texte qu'on lit peut rester enfermer au niveau mental puisqu'il appartient a une création mentale.

Aprés certaines expériences, il a trouvé des similitudes avec les premiers textes Védiques et son cheminement, dont il a fait une traduction. Ces textes souvent considérés comme fantaisistes par les chercheurs jusqu il y a peu. Sont en fait des textes qui renferment un savoir puissant.

On y parle du soleil des soleils, enfermé dans la matiére inconsciente, la connaissance doit être délivrée. Ce soleil est le supramental, supra car appartenant à une sphére supérieur au mental, ce n'est pas du mental donc pas définissable par l'intelect qui est régie par une connaissance duelle et limité.

Il existe beaucoup d'échellons, mais voila les principaux en gros:

Supramental                                
Matiére
Vital (énérgie de vie)
Mental
Surmental (intuition, génie, créativité inventive, trouvailles, etc)
Supramental

Donc le supramental se trouve au bout des 2 extrémités, il y a une montée et une descante de la connaissance.

Shri Aurobindo est un des premier révolutionaire pour l'indépendance de l'inde, 40 ans avant Guandhi.

Pour ceux qui s'intérésse aux fénoménes des canaux, il explique que bien souvent se sont des êtres venant de mondes surmentales ou pires Vitales, ils peuvent amener de l'aide si ils ne sont pas mal veillant, mais le probléme c'est qu ils sont un frein à l'évolution de l'homme vers une connaissance plus haute. Car en effet ils font de ceux qui les suivent leurs esclaves et les enferment dans une réalité qui n'est pas celle de L'être humain, mais appartenant au monde d'ou ils viennent.

Pour le guide intérieur c,est aussi compléxe car ces êtres peuvent facilement se faire passer pour votre guide intérieur. Le guide intérieur éxiste mais il n'est pas si facile de le trouver, car tant que notre mental ou vital traine dans l'inconscience nous sommes sujet à toutes ces tromperies venant de ces forces.

C'est pour cela que dans le Yoga de Shri Aurobindo il est important d'arriver au silence mental et vital. Ils deviennent disponibles ¸a une enérgie et une intention d,évolution et non d'involution.

Enfait il y a tant à dire sur le personnage sa vie et son travail, que je vais donner quelques liens de livres.

"La Vie de Sri Aurobindo" de Peter Heehs
C'est écrit par un universitaire Anglais qui n'est pas un disciple de Aurobindo, il a fait une biographie la plus objéctive possible, je trouve ce livre intéréssant pour savoir ce qu'a été la vie de Shri Aurobindo.
http://www.amazon.fr...8535992-5368244

J'aime bien aussi tous les livres publiés par Jean Herbert sur Shri Aurobindo.

http://www.amazon.fr...8535992-5368244

http://www.amazon.fr...8535992-5368244

Il y en a beaucoup d'autres.

Autrement il y a un incontournable pour comprendre le Yoga Supramental et le travail de Shri Aurobindo:"Sri Aurobindo ou l'Aventure de la conscience" de Satprem.
Je vous le conseil fortement!  :biglol:

http://www.amazon.fr...8535992-5368244

Désolé pour la pub Amazon, vous pouvez les acheter ailleur lol.

Je ne suis pas spécialiste de Aurobindo, mais je trouve que c'est un des être les plus remarquable qu'est porté notre monde, rien de moin :aime3: .

#18 Lunesoleil

Lunesoleil

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Posté 05 octobre 2004 à 18:56

L'ignorant, le Mardi 05 Octobre 2004, 16:05, dit :

Image IPB On a pas le choix :tss:  il y a rien d'autre par moteur de recherche sur le web , c'est désolant  :puni:  
Juste cette page perso qui vient du de ce topic : L'Evolution spirituelle j'ai mis dans mes favoris , mais pas encore lu désolé   :aureole7:
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#19 Cristobal

Cristobal

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Posté 10 octobre 2004 à 15:05

Je suis en train de lire la version originale, en anglais, de la "Vie Divine", ce qui donne :

The Life Divine...... (cliquez pour lien vers site bien connu)

Je ne fais que commencer, et cela demande un certain effort (car pas trop fort en anglais, le gars....). Mais je conseille absolument. Avec le texte original, on nage avec bonheur en pleine fluidité. L'anglais de Aurobindo est un reflet de sa pensée. Extrêmement brillant et très, très clair. Ce qui est la marque (mais nous le savions déjà) d'un esprit supérieur, à nul autre pareil.

Au point que j'ai le sentiment, dans toute cette fluidité, de bien mieux comprendre le texte. Du coup, la version française semble bien rébarbative, car elle abandonne la musicalité et même la poésie qui habite le texte original.

Si vous en avez la possibilité, un jour, n'hésitez pas.

#20 Exonomie

Exonomie

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Posté 10 octobre 2004 à 18:11

Ohm...

Comme arraché mon cœur peut-être suivra
ce par quoi je me passionne d’être pas à pas,
c'est-à-dire mon passé et mon futur
jusqu’au perpétuel retour à la source universelle
incluant toutes les transformations
aux prophéties de mes visions et ressentiments
que j’incarnais déjà aux états embryonnaires et fœtaux
qui sont de rapport à la conscience des modes prémonitoires
sur l’éternité qui m’attend battre mon cœur
à l’envers d’espace-temps
comme peut-être battre en viscères macroscopiques
mon vécu de certaine antimatière .

:cingle:  :hum: ...  :cingle:

#21 Cristobal

Cristobal

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Posté 11 octobre 2004 à 13:10

--- L'homme dans l'Univers : à la poursuite de Sachchidananda (2) ---


Il y a donc une échelle qu'il faut gravir et qui s'élève d'elle-même. C'est celle de l'évolution comme déploiement et manifestation de ce qui était caché, de ce qui était involué et tapi là, au coeur de l'inertie et de la matière.

-- De ce "sommeil rythmique de la Nature Matérielle, inconsciente de l'Âme et de l'Idée qui soutiennent les activités ordonnées de son énergie, même en sa muette et puissante léthargie matérielle,
-- le monde s'efforce de passer dans le rythme plus rapide, plus varié et plus désordonné de la Vie en travail aux confins de la conscience.
-- De la Vie, (ce même monde) s'efforce de monter dans le Mental où l'unité s'éveille à soi-même et à son monde, et en cet éveil l'univers acquiert les leviers nécessaires à son oeuvre suprême : il acquiert l'individualité Consciente de Soi.
-- Mais le Mental reprend la tâche pour la continuer, non pour l'achever. C'est un travailleur d'intelligence aigüe mais limitée qui prend les matériaux offerts en désordre par la Vie et qui, les ayant améliorés, adaptés, modifiés, classés selon son pouvoir, les transmet à l'Artiste Suprême de notre humanité divine.
-- Cet artiste a sa demeure dans le Supramental; car le Supramental est le surhomme. C'est pourquoi notre monde doit encore monter par-delà le Mental jusqu'à un principe supérieur, un état supérieur, un dynamisme supérieur où l'univers et l'individu connaissent et possèdent ce qu'ils sont l'un et l'autre et par conséquent sont expliqués l'un à l'autre, en harmonie l'un avec l'autre. Unifiés."

Et ce passage résonne pour moi avec certains autres du Livre d'Urantia où il est question, dans l'histoire des créatures et des mondes évolutionnaires, d'un "âge de la lumière et de la vie". D'une époque future où l'être humain accèdera dans sa grande majorité à cet état supérieur dont parle ici Aurobindo : l'ère du Supramental. Un avenir possible pour l'homme qui ne fera en somme que poursuivre sa croissance, continuer l'histoire de l'évolution.

Il s'agit toujours de se dépasser soi-même, de repousser les limites du déjà connu. Et comme on constate la prééminence, la primauté de l'esprit sur toutes choses, à partir du moment où on commence à être conscient des données du Réel avec le champ potentiellement infini des possibles, alors, on réalise qu'effectivement, nous sommes des acteurs qui créons les barreaux de fer derrière lesquels nous nous encageons. Tandis que dans le même temps nous pouvons décider qu'aucune cage n'est vraiment réelle. Les limites de notre développement sont celles que nous nous fixons à nous-mêmes. D'où l'extrême importance de la foi, de la dévotion, qui n'est pas fanatisme ni abrutissement, mais ouverture du coeur et de l'esprit.

Au début il y a l'ignorance, l'hésitation, la recherche du sens, les essais et les erreurs. Et ce cheminement, qui devient peu à peu un voyage à mesure que se dégagent les buts et que se dessine un horizon, cette vie humaine doivent aboutir à un état où règne une certaine maîtrise et connaissance de soi, des autres et du monde. Un niveau de conscience de plus en plus libéré du doute et de la dépression au profit d'une plus grande paix et joie lumineuse. En somme, au cours d'une vie, il est possible de devenir de plus en plus conscient, de plus en plus existant, de plus en plus serein, de plus en plus éveillé.

Dans ce dépassement de soi, notre Ignorance première qui voit émerger toujours plus de clarté et de sens, réalise qu'elle est en fait un reflet déformé et obscurci de la Vérité. La lumière immergée dans les replis de l'espace et du temps, dans les recoins d'une individualité léthargique et quasiment inerte, ce rayonnement de l'existence consciente et joyeuse finit par s'élever dans le grand jour d'une "sagesse" naissante.

Il arrive fatalement un moment où le dormeur finit par se réveiller. La question étant de ne pas se rendormir trop souvent ni trop longtemps. Le dormeur se pose des questions sur le sens de son existence, peut ressentir par moments une sorte de malaise diffus, de frustration incessante, de mal-être plus ou moins vibrant. Et puis, par la force de l'habitude, il finit par sombrer de nouveau dans la tiédeur inerte du sommeil. C'est ce qui explique combien peut être lente la progression par moments.

En fait, si "la vie n'est pas un long fleuve tranquille", elle n'est pas non plus un chemin large et avenant s'élevant de façon continue et en pente douce. Non.

Le cheminement est une succession de paliers qui peuvent être vécus comme des stagnations en même temps que des périodes de digestion et d'intégration, de stabilisation. Et puis, il arrive à certaines époques que la terre se mette à trembler, qu'on entende un vrombissement formidable, que le ciel soit déchiré d'éclairs foudroyants. A moins que ce soit comme le bruit très léger et presque anodin d'un déclic intérieur, lorsque s'ouvre le regard sur un horizon plus vaste et inconnu. Le pèlerin de l'espace et du temps que nous sommes a "simplement" gravi une marche. L'être humain a changé de perspectives en s'élevant un peu pour gagner un autre palier.

L'évolution est clairement discontinue. Elle procède par ruptures successives, par mutations répétées. Seulement ici, ce n'est pas le hasard mécanique de la génétique qui observe des recombinaisons entre des brins d'ADN, mais bien plutôt l'installation plus ample et plus libre d'une conscience qui trace sa route dans l'individu.

Comme le dit Aurobindo, "par-delà Vie et Mental, nous recouvrons consciemment en sa vérité divine ce que représentait grossièrement l'équilibre de la Nature matérielle -- une tranquillité qui n'est ni une inertie ni une hermétique léthargie de la conscience, mais la concentration d'une force absolue et d'une conscience de soi absolue, et une action d'énergie immesurable qui est en même temps frémissement de félicité ineffable parce que chacun de ses actes est l'expression non d'un besoin et d'un effort ignorant, mais d'une paix et d'une maîtrise de soi absolues."

Ce message a été modifié par Cristobal - 11 octobre 2004 à 13:16.


#22 cristal

cristal

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Posté 29 octobre 2004 à 21:46

Salut à tous,

C'est très bien Sri Aurobindo pour se structurer un mental métaphysique et philosophique. Pour le côté pratique, il faut lire les ouvrages de Douce Mère (française d'origine), 13 volumes Agendas (6000 pages) d'expériences de son cheminement et aussi les Entretiens, 7 volumes. Il n'y pas vraiment de répétitions,c'est expliqué sous différents angles. (Les traductions de Sri Aurobindo faites par Douce Mère sont parfaites par contre Jean herbert, c'est très approximatif.)

Naturellement, ils vont de paire pour avoir une vie spirituelle, tel qu'ils l'exprimèrent. Ishvara-shakti, le Seigneur-la Mère, le Principe divin-la force réalisatrice.

En passant, le silence mental et/ou vital, ne veux pas dire le vide mais un état de prise de conscience dans une absolue concentration.

Pour réfléchir:
L'athée dit: Si votre Dieu a crée l'univers, d'où vient-il, lui?
L'homme sensé répond: Je vous dirai d'où vient mon dieu quand vous me direz d'où vient votre matière.
:D

Fraternellement,
Le Mal triomphe par l'inaction des gens de bien. E Burke

L'expérience de chacun est la richesse de tous.

#23 L'ignorant

L'ignorant

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Posté 29 octobre 2004 à 22:15

cristal je ne suis pas d'accord avec toi, il y a des ouvrages qui sont axé sur le pratique, dont les letres sur le Yoga par exemple (il y en a d'autres mais je ne les ai plus en tête).
Beaucoup de personnes trouve Aurobindo trés mental, moi je ne trouve pas du tout mais chaqu'un sont ressenti.

Les ouvrages de la mére sont éxéllent biensure, c'est différent, mais c'est la continuation d'un même procéssus.

Autrement lire Aurobindo en Anglais c'est superbe, je trouve que même les traductions de Mére ou Satprem qui sont deja trés bien, n'ont pas ce petit plus de Aurobindo directement en Anglais (une mélodie qui lui est propre).

#24 Cristobal

Cristobal

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Posté 04 novembre 2004 à 10:25

--- L'homme dans l'Univers : à la poursuite de Sachchidananda (3) ---


En fait, comme le dit Aurobindo, "l'univers et l'individu sont nécessaires l'un à l'autre en leur ascension". L'individu qui apparaît dans l'Univers est appelé à refléter et à incarner ce même Univers dont il est issu. En somme, Dieu a besoin de l'être humain pour exister pleinement, dans le même temps que l'être humain n'est rien sans la révélation de Dieu en lui. C'est d'ailleurs ce genre de propos qui ont valu à Maître Eckhart d'être condamné par l'Eglise de l'époque (1329).

Car voyez-vous, dans l'échelle de l'évolution, il se trouve que l'être humain se situe au-dessus, au-delà de l'animal. "L'idéal de la vie humaine ne peut être seulement de répéter l'animal à un plus haut échelon de mentalité." Car, si c'était le cas, si l'être humain était une variante plus complexe de l'animal, alors, il devrait logiquement se satisfaire de son sort et de sa condition une fois atteints "un bien-être acceptable et une satisfaction mentale modérée". Il devrait cesser de progresser. Il devrait cesser de se poser trop de questions et s'occuper plutôt de ses plaisirs immédiats et quotidiens.

Mais il n'en est rien. Si "l'animal se contente d'un minimum nécessaire; si les dieux sont satisfaits de leurs splendeurs; il se trouve que l'homme ne peut trouver de repos permanent tant qu'il n'a pas atteint un bien suprême." L'homme "est le plus grand des êtres vivants parce qu'il est le plus mécontent, parce qu'il se sent plus que tout autre opprimé par les limitations. Il est peut-être seul à pouvoir être saisi d'une frénésie divine pour un lointain idéal."

L'être humain aspire à harmoniser la vie et le monde qui viennent à lui en tourbillons incessants d'énergies. Il lui faut dégager un ordre, un sens dans cette agitation incessante dont il est souvent le jouet. Et dans ce travail incessant d'assimilation du Monde, il est amené à découvrir, à prendre contact avec son centre de gravité, ce point étrange et d'abord inconnu qui lui permet cependant de rester debout et d'ouvrir les yeux chaque matin. Il accède à cette réalité essentielle qui est la vie même, la vérité inscrite dans son coeur et sa chair, ce qu'on appelle plus communément l'âme.

Et il y a ce passage étonnant (mais d'une suprême logique) où Aurobindo en vient à parler du Fils de l'Homme, de cette "âme dans le mental", le "Nom conscient, le Numen", "la Personne mentale". Et on pense bien sûr, comme en écho, à la personne du Christ en chacun de nous. Cet enseignement apporté et incarné par Jésus (Homme) qui montre le chemin en devenant Christ (Dieu).

Voici ce qu'écrit Aurobindo (je précise bien sûr que Aurobindo ne fait pas allusion ici à Jésus...) : "C'est le Fils de l'Homme qui est suprêmement capable d'incarner Dieu. Cet Homme est le Manou, le penseur, le manomaya purusha, la personne mentale ou l'"âme dans le mental" des sages de jadis. Il n'est pas un simple mammifère supérieur, mais une âme capable de concevoir, et qui dans la Matière prend appui sur le corps animal. Il est le Nom conscient, le Numen qui accepte et utilise la forme comme un intermédiaire par lequel la Personne peut avoir commerce avec la substance.
-- La vie animale émergeant de la Matière n'est que le terme inférieur de son existence.
-- La vie de pensée, de sentiment, de volonté, d'impulsion consciente, ce que nous nommons en son ensemble le Mental, ce qui s'efforce de s'emparer de la Matière et de ses énergies vitales, de les soumettre à la loi de sa propre transformation progressive, est le terme moyen où il se situe effectivement.
-- Mais il y a également un terme suprême que le Mental en l'homme recherche afin, l'ayant trouvé, de l'affirmer en son existence mentale et corporelle. Cette affirmation pratique de quelque chose d'essentiellement supérieur à son moi présent est la base de la Vie Divine dans l'être humain."

Et ce quelque chose de supérieur à notre moi habituel et connu, c'est justement "la petite étincelle de l'âme" de Maître Eckhart, ce fragment du divin dont nous parle aussi le Livre d'Urantia, qui fait de nous, de facto, des créatures évolutionnaires.

Et le champ de vision prend une ampleur insoupçonnée, du moins pour l'ignorant que nous étions il y a quelque temps, quand il apparaît clairement que le théâtre où se joue ce double événement de descente de Dieu vers sa créature et d'ascension de la créature vers Dieu, cette scène donc est tout simplement celle de l'individu "dialoguant" avec l'Univers, lui-même, en Personne.

Il apparaît que l'Univers et l'individu "existent toujours l'un pour l'autre et tirent profit l'un de l'autre". L'Univers est la diffusion, l'effusion du divin, de Dieu dans "l'espace et le temps infinis", tandis que l'individu est le siège, le lieu, "la concentration du divin Tout dans les limites de l'espace et du temps".

C'est la rencontre et la tension créative entre l'Absolu et le Relatif, le fini et l'infini. Et c'est aussi une grande partie du discours, dans le Livre d'Urantia, qui explique combien il est nécessaire qu'existent de multiples formes intermédiaires, d'innombrables niveaux de réalité et de conscience, comme autant de fréquences vibratoires interreliées, pour permettre justement le lien, une communication entre Dieu et même la plus humble de ses créatures, l'être humain en l'occurence.

Et Aurobindo de poursuivre : "L'univers cherche en une extension infinie la divine intégralité qu'il se sent être mais ne peut entièrement réaliser. Car dans l'extension l'existence conduit à une somme plurale d'elle-même qui ne peut être Unité Primordiale ni Finale, mais seulement une décimale récurrente sans fin ni commencement. C'est pourquoi il crée en lui-même une concentration du Tout consciente d'elle-même qui puisse servir de canal à son aspiration. Dans l'individu conscient, Prakriti (l'être du monde) se retourne pour percevoir le Purusha (l'être de l'individu), le Monde cherche le Moi. Dieu étant entièrement devenu la Nature, la Nature cherche à devenir progressivement Dieu."

L'individu est appelé à devenir un miroir (à réfléchir) du monde dans lequel il se contemple lui-même devenant Dieu. Et si, en tant que pèlerin de l'espace et du temps, il est utile et nécessaire de connaître les limites d'un corps et d'une conscience circonscrite et discriminante, il deviendra de plus en plus possible aussi et dans le même temps, de s'affranchir de toutes ces limitations pour s'immerger en Dieu et devenir Dieu lui-même.

C'est une longue et passionnante route qui s'ouvre devant nous.

Ce message a été modifié par Cristobal - 04 novembre 2004 à 10:30.


#25 Cristobal

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Posté 10 novembre 2004 à 23:30

--- L'ego et les dualités : ou la Chute de l'Homme (1) ---


En refusant Dieu en soi-même, l'homme construit la tour de contrôle de l'ego. Il se pose en sujet affrontant un monde d'autres sujets-objets. Il tisse la grille, le grillage, la trame de plus en plus complexe et étendue de la dualité. Une distance se creuse entre lui et le monde. Et pour tenter de combler cet espace, cet écart qui devient parfois abîme d'incompréhension, il est alors contraint de construire toujours plus d'organes de perception et de compréhension que sont les idées et les concepts. Au point que parfois, il se prend les pieds dans les fils de sa toile. Il étouffe à petit feu dans une coquille idéologique qui lui tient lieu de couverture chauffante. Et quand l'air et la vie viennent à manquer et à faiblir, il change parfois de couverture. Une autre quête, un autre échafaudage de vérités pour approcher la vérité, source de paix et de clarté indéfiniment renouvellées.

Cette histoire de la chute de l'être humain dans l'ego, c'est aussi celle de la genèse telle que la comprend Aurobindo pour qui "cette chute consiste à s'écarter de la pure et entière acceptation de Dieu et de soi-même, ou plutôt de Dieu en soi-même, et à entrer en une conscience séparatrice qui apporte avec elle tout le cortège des dualités, vie et mort, bien et mal, joie et douleur, plénitude et déficience, qui sont le fruit d'un être divisé. C'est là le fruit qu'ont mangé Adam et Eve, Purusha et Prakriti, l'âme tentée par la Nature."

Car si la Réalité une et première du monde est Existence - Conscience - Félicité, Sachchidananda, il faut bien que ce soit glissée une erreur quelque part si nous voyons constamment la mort, la douleur, la maladie, le mal et la limitation envahir notre champ de vision. Et cette "erreur" c'est l'ego. Etape nécessaire dans un premier temps. Il faut bien qu'un individu se lève et commence à marcher. Il faut bien une règle du jeu, des limites à ne pas franchir, une frontière à respecter entre ce que je suis et l'univers si je veux apprendre à découvrir Celui que je suis, créature en pèlerinage dans le tissu de l'espace et du temps. Comme une première marche en somme, au seuil d'un Infini à venir. Et c'est cette relative fermeture, ce repli sur soi de l'ego qui entraîne immanquablement cette déformation dans la perception du Réel. La mort, la souffrance et le mal "ne peuvent être que les créations, positives en leur effet pratique, négatives en leur essence, d'une conscience déformante qui, de sa connaissance d'elle-même, totale et unificatrice, est tombée dans quelque erreur de division et d'expérience partielle. C'est la chute de l'homme symbolisée par la parabole poétique de la Genèse hébraïque".

Et dans ce périple en-dehors du Jardin, loin de l'arbre de la vie éternelle, dans le harcèlement incessant de la frustration, la libération ne peut venir qu'avec la dissolution de l'ego. Quand cette construction d'apparence solide, aux reflets parfois séduisants et brillants, aura cessé de faire son office de béquille pour l'émergence du Soi (notre "vraie nature" diraient les bouddhistes tibétains), alors le temps sera venu pour la spiritualité. Comme le dit Aurobindo, "la rédemption consiste à recouvrer l'universel dans l'individuel, le terme spirituel dans la conscience physique. Alors seulement il est permis à l'âme dans la Nature de goûter au fruit de l'arbre de vie, d'être comme le divin et de vivre à jamais."

Et "la mort n'aura pas d'empire".("Solaris", le film de Steven Soderbergh).

#26 Cristobal

Cristobal

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Posté 16 novembre 2004 à 00:29

--- L'ego et les dualités : ou la Chute de l'Homme (2) ---


Sachchidananda qui était immergé, enfoui, involué au fin fond de la Matière, de la Vie puis de l'ego avec sa coquille mentalisée, cette Existence - Conscience finit par naître à elle-même "quand la connaissance du bien et du mal, de la joie et de la douleur, de la vie et de la mort a été réalisée". L'âme humaine s'élève vers une connaissance supérieure et s'étend jusqu'aux confins de l'univers. Dépassant les conflits et les limitations elle voit alors se réconcilier les opposés, s'évanouir les conflits dans le sein de l'identité et de l'unicité du divin retrouvé.

L'Existence est une substance consciente qui prend littéralement forme pour se manifester à la surface du réel. Et bien sûr , cette forme peut-être matérielle, c'est celle qui nous semble la seule et unique possible à l'horizon de nos perceptions matérielles. Mais la forme peut se servir d'un autre matériau, plus subtil, plus hautement énergétique et oscillant, pour exprimer cette Essence Consciente et Béatifique. Il y a ainsi plusieurs degrés d'existence, plusieurs mondes, plusieurs niveaux de réalité, plusieurs univers qui se succèdent et s'interpénètrent mutuellement en une ascension infinie. C'est en tout cas ce qu'explique Aurobindo, qu'on veut bien croire, tant cette approche du monde semble logique et naturelle, avec cette extrême ouverture sur l'infini de cette vision, capable de déchaîner les plus forts enthousiasmes.

Voici le passage en question : "Tout comme il peut y avoir des organes des sens ou des formations capables d'appréhensions sensorielles qui voient le monde physique autrement, et peut-être même mieux parce que plus complètement, que nos organes des sens et nos facultés sensorielles, de même il peut y avoir pour envisager l'univers, d'autres manières, mentales et supramentales, qui surpassent les nôtres. Il y a des états de conscience où la Mort n'est qu'un changement dans la Vie immortelle; la douleur, un ressac violent des eaux de l'universel Délice; la limitation, un retour de l'Infini sur lui-même; le mal un cercle que décrit le bien autour de sa propre Perfection. Et cela, non seulement en conception abstraite, mais en vision réelle, en expérience continue et substantielle. Parvenir à de tels états de conscience peut être pour l'individu l'une des étapes les plus importantes et indispensables de son progrès vers la perfection de soi".

Pour Aurobindo, c'est la manifestation progressive du divin, de l'Être Conscient, qui est la base et le principe même de l'existence des hommes dans l'univers matériel. C'est le Seigneur qui fait de nous des créatures vivantes et évoluantes. On remarquera au passage que cette conception qui semble être l'exact opposé du matérialisme scientifique contemporain n'invalide en rien les extraordinaires accomplissements de la Science. Il s'agit simplement d'adopter la bonne grille de lecture pour le champ d'action dans lequel on évolue. Les mathématiques, la génétique, la biologie moléculaire et la physiologie neuronale sont vraies dans leur domaine propre, mais insuffisantes pour rendre compte de ce qui est toujours le "Mystère de la Vie". Depuis cinquante ans, depuis Watson et Crick et la découverte de l'ADN, la biologie a fait des bonds gigantesques dans la description et, depuis quelques temps, la manipulation du vivant, MAIS elle est bien incapable de dire ce qu'est réellement, essentiellement le vivant, la vie. La Science observe, décrit et explique avec le mental les mécanismes qu'elle découvre dans l'univers, sans pouvoir se rendre à l'origine des choses, à l'origine du monde. La connaissance de l'essence lui échappe totalement. Tout simplement, parce que les outils conceptuels, la méthode utilisée, la grille de lecture ne sont pas appropriés quand il s'agit d'approcher le divin. Et si la Science, forte de ses prouesses multiples, s'essaie à rendre compte de l'univers dans sa totalité, ses échecs, pour embrasser dynamiquement la genèse des différents ordres du monde, n'invalident en rien l'existence de  l'esprit, du divin, de Dieu en tant que réalité "autonome" et originelle. Les échecs de la Science pour expliquer ce qu'est le vivant (par exemple) sont tout simplement une manifestation des limites du mental humain. Au lieu de nier l'incompréhensible et l'invisible, sans doute est-il plus sage de changer d'optiques, de lunettes. Sans doute est-il plus "intelligent", constatant les limites, de changer radicalement d'approche en passant à un niveau supérieur, c'est-à-dire aussi intérieur, ou encore subjectif. Quitter le domaine des faits objectifs pour celui du sujet pensant et réflexif, s'observant lui-même par le biais de l'intuition. Travailler avec la lumière de la vision, avec l'intuition, qui se situe une marche au-dessus, un peu au-delà du mental et de ses concepts.

Pour connaître l'essence, qui se révèle rapidement être Dieu (lui-même...), il faut procéder autrement.

Ainsi Aurobindo continue de parcourir cette spirale tournoyante de l'explication, se rapprochant toujours plus du coeur de son sujet : "la cause essentielle et la condition de l'existence universelle est le Seigneur, Ishvara ou Purusha, qui fait apparaître et qui habite des formes individuelles et des formes universelles. L'ego limité n'est qu'un phénomène intermédiaire de conscience, nécessaire à une certaine ligne de développement. En suivant cette ligne, l'individu peut arriver à ce qui est au-delà de lui, à ce qu'il représente, et peut encore continuer de représenter, non plus en tant qu'ego enténébré et limité, mais en tant que centre du Divin et de la Conscience universelle, embrassant et utilisant toutes les déterminations individuelles et les transformant en une harmonie avec le Divin."

L'ego enténébré et limité qui secrète "les dualités de vie et de mort, joie et chagrin, plaisir et peine, vérité et erreur, bien et mal". Ce qui est naturel et inévitable venant d'une formation tissée d'artifices qui tente de rendre compte de l'Infini à travers le prisme déformant de son ignorance conditionnée. Parler de vie et de mort, percevoir le bien et le mal, ressentir le plaisir et la peine, chercher la vérité dans la jungle tortueuse et épuisante des erreurs, c'est exprimer et dire avec éclat son imperfection. La pression du monde et de l'Infini est trop écrasante pour que l'ego puisse s'en faire l'interprète. Il y a une lumière tellement intense et éclatante qu'elle en devient aveuglante et même occasion de souffrance aux yeux de l'ego, familier des brumes tièdes et opaques.

"La vie égoïste n'est qu'un prélude, tout comme la vie animale n'était qu'un prélude à la vie humaine." Et le salut, pour quitter cette condition de mortel qui nous ronge à petits feux, l'issue de secours, ne peuvent venir que d'un dépassement de l'ego. La seule solution viable pour accéder à la vie éternelle ne peut venir que grâce et par la dissolution de l'ego, induite par l'ouverture de l'être humain à l'univers et à Dieu. En se perdant, en abandonnant la maison de ses habitudes, l'individu se découvre lui-même en Dieu. Il perd son identité de surface pour gagner l'existence éternelle.

"La Nature porte en son sein" tous ces accomplissements. Depuis l'obscurité et l'inertie de la Matière, en passant par le frémissement puis l'agitation de la Vie, jusqu'au Mental et l'artifice de l'ego, mère Nature donne naissance, ultimement, à la fontaine de grâce qui répand le lait et le miel des dieux sur le Monde. Le nectar vivifiant de l'Existence, de la Vérité, du Bien et du Délice se met à ruisseler dans la Création, quand l'individu, par son ouverture, devient "un centre conscient de l'unité et de la liberté divines".

Quand l'être humain réalise le Tout, alors Tout devient possible.


#27 Cristobal

Cristobal

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Posté 20 novembre 2004 à 11:05

--- Par l'Intuition jusqu'au Supramental : ou la Vie comme Lumière ---


Ce Tout que nous sommes déjà et qu'il nous faut cependant devenir dans une toujours plus pleine lumière.

Pour Aurobindo, "le subconscient et le supraconscient sont deux formules différentes du même Tout". Et, entre subconscient et supraconscient, résident le mental et la raison. "La raison active en notre conscience de veille n'est que la médiatrice entre le Tout subconscient d'où nous sommes venus en notre évolution ascendante, et le Tout supraconscient vers quoi nous contraint cette évolution."

Et les mots clés qui caractérisent ce Tout divisé en deux parties par le mental sont, "Vie" pour le subconscient, et "Lumière" pour le supraconscient.

En effet, on décrit bien le subconscient, en observant qu'il est d'abord et surtout une action spontanée, depuis l'agitation corpusculaire et ondulatoire des particules élémentaires, en passant par la gravité, qui rend possible la mécanique céleste avec la naissance des étoiles et des galaxies, jusqu'aux agrégats moléculaires qui parviennent à former des êtres unicellulaires lesquels se réunissent ensuite pour former des organismes complexes capables de mémoire, de reproduction et d'évolution.

Et toute cette activité est en fait l'expression d'une connaissance et d'une conscience involuées dans la matière physique puis organique. Et c'est cette action au coeur de l'existence des entités organiques qui se manifeste comme Vie. "Dans le subconscient, la connaissance ou conscience est involuée dans l'action, car l'action est l'essence de la Vie."

Et ces activités de la vie sont appelées, au cours de l'évolution, à revenir à leur nature originelle et première, qui est pure lumière. L'action inscrite dans la matière du vivant est un oubli de soi qui se découvre peu à peu comme connaissance et conscience au fil des chocs répétés que subissent et engendrent tous ces organismes en interaction avec leur milieu. On passe d'une nescience à un embryon de conscience, d'une action brute, instinctive et spontanée à un espace de plus en plus grand réservé au "temps d'arrêt", à l'attente, à la pause. L'action ne se projette plus systématiquement vers l'extérieur, elle arrive parfois à faire une boucle interne, dans l'organisme, et donne naissance à des sensations qui deviennent émotions, représentations, images, etc.......

C'est l'émergence, par le jeu des associations, de la mémoire grandissante, des essais et des erreurs, de ce qu'on appelle la raison, le mental. Et c'est le Mental qui s'avère être un outil extrêmement puissant et efficace pour extraire toujours plus de connaissances à partir des actions. L'énergie brute de l'action dans le vivant se transforme par le mental en une substance plus subtile, plus malléable et plus libre : celle des Idées.

Et si la raison et le mental sont des intermédiaires entre le subconscient et le supraconscient, il faudra cependant que l'être humain dépasse un jour cet outil merveilleux, drapé de logique et de dualité (un sujet pensant qui nomme, décrit et définit des objets loin de lui), pour parvenir dans le champ de la vision, de la lumière toujours plus intense de l'Intuition. Car c'est l'étape suivante qui attend l'être humain, découvrir ce que peut être la connaissance par identité. Devenir l'objet lui-même, et ce faisant, disparaître en tant que sujet isolé dans le monde, pour embrasser l'univers dans son entier.

Ainsi, après l'identité inconsciente de la matière physique puis organique qui s'ignore elle-même dans l'action, qui est pure action, on accède de nouveau, après avoir parcouru la transition du mental séparateur, à l'identité, mais cette fois suprêmement consciente (supramental). Et cette connaissance suprême, nous dit Aurobindo, est pure luminosité : "Quand la conscience de soi dans le mental s'appliquant à la fois au contenant et au contenu, à soi-même et à l'autre soi, s'exalte jusqu'en la lumineuse identité se manifestant à soi-même, la raison, elle aussi, revêt la forme de la connaissance par intuition, lumineuse en soi. C'est le plus haut état possible de notre connaissance, où le Mental s'accomplit dans le Supramental".

Ce message a été modifié par Cristobal - 20 novembre 2004 à 11:05.


#28 Cristobal

Cristobal

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Posté 26 novembre 2004 à 09:43

--- L'intuition : comme un trait de lumière ---


L'intuition, c'est ce qui nous permet d'appréhender un au-delà de la pensée et des perceptions habituelles. C'est souvent d'abord comme une impression, un goût singulier d'éternité qui aspire l'être humain fugitivement. C'est parfois une vision, un éclair de compréhension. Comme un trait de lumière qui perce subitement à travers le couvercle du Mental. Une fissure qui laisse passer quelques rayons éclairants pour dire l'étendue des possibles. Ce sont autant d'impacts de vérités que le Mental s'empresse ensuite d'habiller de mots. Des mots/maux qui déforment et appauvrissent le plus souvent la vision elle-même, mais qui ont le mérite de permettre aux êtres humains de digérer et de communiquer en partie.

Dieu, Immortalité, Infini, Ciel,....., autant de tentatives pour rendre compte de l'indicible. Car si le Verbe est un outil fantastique pour transmettre et garder en mémoire le chant de la vérité, il n'est qu'un point de départ. Il appartient à chacun de remonter à la source, de retrouver le sens, de rejoindre la fontaine vivifiante, de boire vraiment les eaux claires de l'éternité, de retrouver l'océan infini de l'immortalité.

L'intuition est connaissance par identité car elle est, ultimement, dans son essence même, pure vision. Il n'y a plus l'intermédiaire des mots et des concepts. Il n'y a plus de distance, ni de complications, ni d'erreurs entre le sujet et l'objet, pour la simple et bonne raison que sujet et objet ne font qu'un. Il n'y a plus besoin de logique ni de dialectique. Il n'y a plus besoin de démontrer pour se convaincre et mieux comprendre. La Vision est Connaissance, immédiate, sûre et instantannée. C'est d'ailleurs "la raison" (...) pour laquelle celui qui a vu un fragment de vérité procède le plus souvent et spontanément par affirmations. Il témoigne de ce qu'il a vu. Il dit ce qui est. Il est parfois bien embarrassé quand il s'agit de répondre et d'expliquer son "expérience" à son prochain.

Cependant, le plus souvent, l'intuition ne revêt pas ce caractère lumineux, évident et pleinement conscient. Nous sommes tellement engoncés dans nos habitudes mentales, avec ses innombrables chaînes de mots et de concepts, que l'intuition dégénère et s'aplatit singulièrement, au point de ne laisser qu'une impression vague, une sensation bizarre, quelque chose que nous prenons parfois comme une simple activité de l'imaginaire. Une sorte de rêve fumeux que le sens des réalités ramène à l'ordre positif de l'"objectivité" et de la logique. Il faut du temps pour accéder à ce niveau supérieur au-delà du Mental. Le couvercle des concepts est une carapace parfois difficile à percer.

En fait, l'Intuition est une fonction de l'Âme. L'âme qui est là depuis toujours, tapie et cachée derrière le mental : "l'Intuition est aussi forte que cette Nature de l'Âme même de qui elle a jailli, et elle n'a nul souci des contradictions de la raison, des démentis de l'expérience. L'Intuition est notre premier instructeur".

#29 Janaka

Janaka
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Posté 02 février 2007 à 07:56

Bonjour Cristobal,

Merci d'avoir lu et utilisé l'une de mes pages perso pour faire connaître Sri Aurobindo. Quant à moi, Je ne peux faire de commentaires sur Sri Aurobindo ou Mère car j'ai beaucoup trop de respect pour ces êtres hors du commun.

Pour moi, on adhère au chemin de Mère ou on y adhère pas et je fuis donc toute polémique concernant le yoga de Sri Aurobindo. Seuls ceux qui sont engagés corps et âme sur ce chemin peuvent comprendre par l'expérience vécue de quoi il s'agit vraiment.

Je pense que tu seras d'accord avec moi sur ce point.

#30 Cristobal

Cristobal

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Posté 02 février 2007 à 09:45

Effectivement, Aurobindo et Mère sont des pionniers qui dépassent le commun des mortels de moultes coudées.

Il est aussi un texte extraordinaire d'Aurobindo, son épopée mystique : "Savitri".

J'ai lu, difficilement, les deux ou trois premiers chants, mais à l'époque mon anglais était plus qu'embryonnaire.

J'avais même commencé une traduction, tellement le texte est profond et d'une suprême poésie et musicalité. Mais outre le médiocre niveau d'anglais de l'époque qui rendait le travail extrêmement lent, c'est aussi et surtout le profond degré d'ignorance dans lequel je me vautre, qui empêche toute bonne compréhension, toute raisonnable avancée éclairée.

Satprem s'est essayé à la tâche et a donné une version française des trois ou quatre premiers livres. Malheureusement, selon moi, sa version manque de souffle. On n'y retrouve pas cette musicalité, le chant de l'âme, cette tonalité de très haute fréquence du texte originel anglais.

Il faudrait un Dante, ou plus simplement peut-être, un traducteur du calibre d'une Jacqueline Risset (qui a donné la traduction française de référence de la "Divine Comédie" de Dante), pour faire honneur au texte d'Aurobindo.

"Vie Divine" et "Divine Comédie" : encore une histoire d'amour-lumière, substance même de la Création et du Multivers,  qui meut le soleil, les planètes et les autres étoiles.

:bravo:

Ce message a été modifié par Cristobal - 02 février 2007 à 09:46.