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Otages en Ossétie


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33 réponses dans ce topic

#1 joel

joel

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Posté 08 septembre 2004 à 13:36

Que pensez-vous du drame de la prise d'otage en Ossétie ? Qui, à votre avis, a commandité cette opération ? Les Tchétchénes ? Poutine ? Les Américains ? Ce n'est vraiment pas simple de s'y retrouver !

Voici pour commencer un article qui reprend la piste russe : http://perso.cs3i.fr/do/ag/743.htm


Citation

Otages en ossétie - Maskhadov soupçonne les Russes !
______________

           À l'adresse suivante :  

  http://www.chechnya-...=detail&par=122

          Vous trouverez, en anglais, la déclaration du Ministère des affaires étrangères du vrai gouvernement tchétchène, celui du Président Maskhadov, le seul qui fut vraiment élu.

          Si le lien originel ci-dessus ne fonctionne plus, une reproduction de cette déclaration est ici.

          Voici une tentative de traduction du second paragraphe de cette déclaration officielle :


          « L'expérience nous enseigne que les Services de sécurité russes se sont souvent compromis dans la planification, l'exécution ou la manipulation de divers actes terroristes sur le territoire russe, comme les attentats à l'explosif dans les appartements de Moscou en 1999 et la prise d'otage du théatre de Moscou en 2002.

Nous appelons tous les citoyens russes à demander au gouvernement russe d'accepter qu'il y ait une enquête internationale, indépendante et transparente sur cette prise d'otage de Beslan.

Nous croyons fermement que les Tchétchènes, les Russes et la communauté internationale ont le droit de savoir ce qui s'est passé et qui étaient en fait les preneurs d'otages et les organisateurs de cet acte terroriste, et nous espérons que cet appel ne restera pas sans réponse. »

          Voici un peu de lecture pour celles et ceux qui parmi vous lisent l'anglais :

          http://www.chechenpr.../09/08/02.shtml
          Ce texte semble d'un grand intérêt. Si quelqu'un pouvait m'en envoyer une traduction correcte...

          http://www.kavkazcen...cle.php?id=2124
          Terrorist acts organized by Russian secret services
          (Actes terroristes organisés par les services secrets russes)

          http://www.chechenti...press/?id=21266
          Angry Putin rejects public Beslan inquiry
          (Poutine, en colère, rejette l'idée d'une enquête publique sur Beslan)


#2 kierkegaard

kierkegaard

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Posté 08 septembre 2004 à 13:45

Dans tous les cas voir toutes ces images d'enfants en larmes, en sang,à demi-nu
quelle ABOMINATION  :grognon:  :grognon:  (enfin en afrique il se passe la même chose mais on s'en moque) Cela m'a fait monter les larmes aux yeux
Mais bon qui a vu le reportage de Canal + hier soir sur les tchétchènes ???

#3 Bamboue

Bamboue

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Posté 08 septembre 2004 à 13:55

Bonjour
Il y a une chose qui m'a choqué c'est l'état de maigreur des otages qui n'avaient rien mangés depuis soit disant trois jours
et je me demande si les otages n'étaient pas enfermés depuit bien plus longtemps,pour être aussi maigre
l'info nous serait parvenus seulement ses jours ci, est ce possible?

#4 amrita

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Posté 08 septembre 2004 à 15:09

En lisant bien attentivement le discourt a la nation de Poutin,vous pourrez remarquer vers qui le regard du président se tourne...Remarquer aussi qu'un certain pays ne veux pas de l'axe Paris-Berlin-Moscou,se rappeler qu'il y a beaucoups de pétrole dans le coin...et l'eclatement de l'ex union soviétique ferait bien les affaires de "certains"..
Une balkanisation de la Russie est en train de se faire en misant sur les guerres ethniques ou religieuses.Un seul nom a donner derrière tout cela...le n.o.m.
Chercher a qui profite réellement le crime !!!
Les infos données sur quelques chaines que ce soit diabolise Poutin...pourquoi???Les choses ne sont pas ce qu'elle paraissent etres... et ne pas se laisser bourrer le mou par ces crasses-médias. :tresfache:

#5 Cosmoschtroumpf

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Posté 08 septembre 2004 à 15:35

Ouais mais en mm temps Poutine il est pas nickel comme gars !!!!

#6 joel

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Posté 08 septembre 2004 à 15:45

C'est ce que j'allais écrire. D'un côté comme de l'autre, la population est confrontée à des tyrannocrates, des monstres froids dénués de toute compassion.

Quel que soit le camp choisi ( Côté pile, vous avez Poutine et la main-mise des services secrets. Côté face, les intérêts du NOM et des maffias de toutes sortes ), les pauvres resteront toujours les perdants.

Ce message a été modifié par joel - 08 septembre 2004 à 15:49.


#7 amrita

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Posté 08 septembre 2004 à 16:52

lundi, 6 septembre 2004, 14h45



Prise d’otages dans une école en Russie: qui est responsable de tant de morts?

Des terroristes ont pris en otage plus de 1.000 bébés, enfants, enseignants et parents. Ils ont tiré sur des enfants à moitié nus, qui couraient pour sauver leur vie. Ils ont fait exploser des bombes au centre de grands groupes d'otages. Cette barbarie ne vient pas de nulle part.

peter Franssen
06-09-2004




Les parents russes se demandent avec anxiété: mon gosse rentrera-t-il sain et sauf de l'école aujourd'hui? D'où vient cette barbarie? (Photo Belga - EPA, Sergei Dolzhenko)

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Au cours des 25 dernières années, les Etats-Unis ont utilisé des fondamentalistes religieux dans plusieurs guerres secrètes. L'homme à la base de cette stratégie est Zbigniew Brzezinski. En juillet 1979 ­ il est alors conseiller national à la sécurité ­ il persuade le président Jimmy Carter de coincer l'Union soviétique dans le piège d'une guerre de longue durée. Le gouvernement afghan fera sans aucun doute appel à l'Union soviétique s'il est confronté à une forte opposition militaire intérieure, prétend Brzezinski. C'est pourquoi les USA organisent cette opposition, l'entraînent et lui donnent un armement moderne. Et ce que Brzezinski a prévu se réalise. L'Union soviétique envoie des dizaines de milliers de soldats en Afghanistan, pour s'en retirer dix ans plus tard, complètement affaiblie et démoralisée.

Les Américains ont appliqué cette stratégie une deuxième fois en Bosnie dans les années 90. Un rapport du Parlement américain a affirmé pa la suite : «Les Etats-Unis ont transformé la Bosnie en base islamiste militante où sont entraînés des milliers de moudjahidines.» Le but et le résultat, dans ce cas, c'est la destruction de la Yougoslavie.

Depuis 1991, les Américains suivent la même stratégie en Tchétchénie. Ici, la stratégie doit mener à l'éclatement du Caucase et à l'affaiblissement de la Russie.

Zbigniew Brzezinski est aujourd'hui co-président du Comité américain pour la paix en Tchétchénie, un comité qui, selon ses propres dires, lutte pour la paix en Tchétchénie, mais qui, en réalité, détermine la stratégie de guerre US dans le Caucase. L'autre co-président est Alexander Haig, un général d'extrême droite. Brzezinski est aussi, et ce n'est pas par hasard, le conseiller grassement payé de la société pétrolifère BP Amoco. La Tchétchénie se trouve au cur du Caucase, une région riche en pétrole et en gaz. Elle est traversée par des conduites de gaz et de pétrole, qui relient la Mer Caspienne à la Mer Noire

La Tchétchénie est importante à cause du pétrole, mais aussi de sa position stratégique. Dans le passé, l'Europe occidentale a considéré la région comme une tête de pont pour faire éclater la Russie par le sud. Après la révolution communiste de 1917, c'est par là que les troupes française et britannique se sont ruées sur Moscou. En 1942, l'Allemagne nazie a occupé une partie de la Tchétchénie pour y ouvrir un second front. Si les Etats-Unis arrivent à détacher la Tchétchénie de la mère-patrie, c'est un coup dur pour la Russie qui a déjà perdu l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie dans le nord, l'Ukraine, la Biélorussie et la Moldavie à l'ouest, la Géorgie et l'Azerbaïdjan au sud-ouest, et les cinq républiques d'Asie centrale.

Un massacreur «courageux et digne d'éloges»

L'homme qui a organisé la prise d'otage dans l'école de Beslan la semaine dernière est Chamil Bassaïev. En 1991, une mitraillette et quelques grenades à la main, il est aux côtés du futur président de Russie, Boris Eltsine, lors du coup d'Etat mené par celui-ci, qui entraînera l'éclatement de l'Union soviétique. Plus tard, la CIA (services secrets américains) fait passer Bassaïev par ses camps d'entraînement en Afghanistan et au Pakistan. L'homme y reçoit la visite du ministre pakistanais de la Défense, Aftab Shahban Mirani, du ministre de l'Intérieur Naserullah Babar et du patron des services secrets pakistanais, Javed Ashraf. Trois généraux qui collaborent étroitement avec la CIA et sont les organisateurs du soutien fondamentaliste à la rébellion tchétchène.

Chamil Bassaïev est en Tchétchénie depuis 1995. Il y est l'auteur de plusieurs actes de terreur horribles, comme le raid contre la ville de Budennovsk. Il y prend 1.500 malades en otage, dans un hôpital. 147 d'entre eux perdront la vie. Le major américain Raymond Finch décrit ce crime dans le magazine officiel de l'armée US, la Military Review de juin 1997, et en tire cette conclusion: «Les méthodes utilisées par Bassaïev sont cruelles et violent les lois de la guerre. Mais si nous considérons ces actions à la lumière de la lutte tchétchène pour l'indépendance, alors elles apparaissent comme courageuses et dignes d'éloges.» Ce même homme courageux et digne d'éloges a maintenant à nouveau la mort de centaines d'enfants sur la conscience.

La citation du major n'est pas un lapsus d'un militaire isolé. Début août de cette année, Brzezinski lui-même fait savoir que les Etats-Unis accorderont l'asile à Ilyas Akhmadov. Cet homme est complice de crimes de guerre. Il est l'un des adjoints les plus importants du dirigeant séparatiste tchétchène Aslan Maskhadov. En juillet, Maskhadov prévoit encore plus d'attentats. Il promet d'assassiner celui qui gagnera les élections présidentielles fin août. Ce qui n'empêche pas les Américains d'accorder l'asile à son adjoint Akhmadov. Mieux même, celui-ci est embauché avec un bon salaire au National Endowment for Democracy, une organisation dirigée par Paul Wolfowitz (vice-ministre de la Défense), Frank Carlucci (ancien directeur de la CIA) et le général Wesley Clark (ancien commandant en chef de l'Otan). Les Américains montrent ainsi une nouvelle fois qu'ils soutiennent le terrorisme contre la Russie et les Russes, hommes, femmes et enfants.

Le manque de volonté de Poutine
À l'époque soviétique, on pouvait se promener sans crainte le soir dans les grandes villes. Une ou deux fois par an, on entendait un coup de feu. Aujourd'hui, au centre de Moscou et de Leningrad, des tirs retentissent 50 fois par jour.

Avant la restauration du capitalisme dans l'ancienne Union soviétique en 1991, il n'y avait pas de frontières intérieures. Dans le Caucase vivaient des peuples russes et non-russes, en toute amitié. Personne ne se demandait où était précisément la frontière entre par exemple la Géorgie et la province russe de Tchétchénie. Il n'y avait pas de gardes-frontière, ni d'incidents frontaliers.

La sécurité et la paix ont disparu. La restauration du capitalisme a apporté la guerre et la terreur. Les parents russes se demandent avec anxiété: mon gosse rentrera-t-il sain et sauf de l'école aujourd'hui?

En 1945, des politiciens et des bandes de maffiosi ont essayé de séparer l'Ukraine de l'Union soviétique. Mais les ouvriers et paysans ukrainiens ont organisé des groupes de défense et de propagande politique, des comités de quartier, ils ont renforcé le Parti communiste... Après cinq ans, les bandits ont été battus. Et maintenant? Au lieu de faire la guerre aux terroristes, Poutine et ses prédécesseurs ont été entraînés dans la guerre contre le peuple de Tchétchénie. C'est la raison pour laquelle les séparatistes peuvent tenir tellement longtemps. Le président et le gouvernement, complices de la restauration du capitalisme, ne veulent pas mobiliser le peuple, car cela signifierait la fin des terroristes, mais aussi la leur. Il n'y a en Russie pas d'autre solution que le socialisme. Seuls les gens eux-mêmes peuvent éliminer le problème du terrorisme et du séparatisme. (P.F.)


source : http://www.ptb.be/sc...BNAB&obid=24548

Seulement ce copier-coller pour explication....et bien entendu Poutin n'est pas tout blanc...Mais connaitre l'histoire peut aider a comprendre aujourd'hui...

#8 kierkegaard

kierkegaard

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Posté 08 septembre 2004 à 17:06

bien vu Amrita
par ailleur lire ce texte :

Citation

LE GRAND ÉCHIQUIER DE ZBIGNIEW BRZEZINSKI
Hubert-Cyprien Fabre


Depuis la fin de la guerre froide, les interrogations sur le devenir des relations internationales se sont multipliées. Les hypothèses sont diverses et contradictoires. De l’angélisme de Francis Fukuyama1 annonçant la fin de l’Histoire, à l’éternel congrès de Vienne cher à Henry Kissinger2en passant par le choc des civilisations de Samuel Huntigton3 les points de repère s’estompent et la boussole s’affole. Où va le monde ? Et en particulier, que doit faire la seule puissance globale pour maintenir un ordre international respectueux de ses intérêts ?

C’est au sein de ce contexte, quelque peu tumultueux, que Le grand échiquier de Zbigniew Brzezinski présente un intérêt considérable.

Intérêt tout d’abord dû à l’auteur. Professeur renommé à Harvard, à Columbia et maintenant à la Johns Hopkins University, il fut le conseiller à la sécurité de Jimmy Carter de 1977 à 1981 et il est l’un des experts reconnus en matière internationale.

Intérêt ensuite résultant d’une pensée claire, fortement structurée par les concepts mis en évidence par Halford Mackinder et fondée sur des analyses percutantes sans érudition lassante.

Intérêt enfin, car il apparaît très évident que son ouvrage dépasse considérablement le seul attrait académique. Il est clair en effet que c’est en des termes très voisins que s’expriment ceux, qui, à Washington, résistent aux sirènes isolationnistes et qui participent à la politique présidentielle.

D’entrée de jeu, notre auteur note que les États-Unis sont désormais la seule vraie puissance globale et que celle-ci dérive d’une organisation supérieure, d’une capacité à nulle autre pareille de mobiliser des ressources économiques et militaires, de la séduction du mode de vie américain, du dynamisme politique et économique du pays ainsi que de sa compétitivité. Toutefois cet empire global, si empire il y a, est un inédit historique. En effet, si l’Histoire rend compte de trois empires puissants : romain, chinois, mongol, présentant tel ou tel attribut d’une puissance globale affirmée à des degrés divers en terme militaire, organisationnel, politique ou culturel, aucun empire n’a pu et a fortiori aucun état contemporain ne peut prétendre rivaliser avec les États-Unis dans les domaines clefs de la puissance : force armée, économie, technologie et culture.

L’exercice de cette puissance est le reflet d’une tradition de démocratie et de pluralisme qui se veut aussi consensuel que possible. En ce sens l’Amérique cherche à gérer son système mondial plus par séduction que par coercition en cooptant des partenaires attirés par le modèle qui est le sien, en recourant à tout un réseau d’influences indirectes et reposant de ce fait sur un ensemble élaboré d’alliances couvrant la planète entière.

Mais qu’en sera-t-il à l’avenir dans cinq ans, dix ans et plus ?

Tout doit se jouer en Eurasie. Toute puissance qui contrôle le continent contrôle par là-même deux des trois régions les plus développées : 75 % de la population mondiale, 60 % du produit national mondial, 75 % des ressources énergétiques connues. En outre, c’est là que se sont développés la plupart des États politiquement dynamiques et capables d’initiatives. En comparaison, l’Afrique et l’Amérique latine comptent peu.

À ce niveau, prolongeant et adaptant les idées de H. Mackinder et de K. Haushofer, il postule que la prééminence sur le continent eurasien sert de point d’ancrage à la prééminence mondiale.

À ce point de son raisonnement, il définit les concepts fondamentaux qui confortent ses analyses en un chapitre intitulé "L’échiquier eurasien" dont on ne saurait assez vanter l’élégance démonstrative. Il articule sa démonstration à partir de deux concepts particulièrement éclairants : la géostratégie contemporaine en Eurasie s’appuie sur cinq acteurs stratégiques et cinq pivots essentiels.

Sont acteurs : l’Allemagne, la France, la Russie, la Chine et l’Inde, sont pivots : l’Ukraine, l’Azerbaïdjan, la Turquie, l’Iran et la Corée du Sud.

Est acteur géopolitique, tout État ayant la volonté et la capacité d’exercer puissance et influence au-delà de ses frontières.

Est pivot géostratégique, tout État dont l’importance tient davantage à sa situation géographique sensible et à sa vulnérabilité potentielle plutôt qu’à sa puissance réelle. À ce titre, ces États sont susceptibles d’influer sur le comportement des acteurs.

De ce fait, il apparaît essentiel pour les États-Unis d’identifier et de protéger ces États pivots afin d’en écarter toute convoitise étrangère aux intérêts américains.

En ce qui concerne l’Europe occidentale les acteurs géostratégiques clefs sont la France et l’Allemagne qui s’attachent à réaliser une Europe unie. Ces deux pays ont une influence régionale au-delà de leur voisinage immédiat. En outre, la France, dont les conceptions divergent sur certains points des idées américaines, estime devoir jouer un rôle important en Méditerranée et l’Allemagne estime avoir une certaine responsabilité vis-à-vis de l’Europe centrale. La Grande-Bretagne, par contre, ne réclame pas une attention particulière étant, paraît-il, "un acteur stratégique à la retraite".

Quant aux autres États européens, ils ne sont ni acteurs, ni pivots car ils s’alignent sur les orientations américaines ou adoptent les positions de l’Allemagne et de la France. Il en va de même des États d’Europe centrale qui n’ont d’autres choix que l’OTAN et la Communauté. Reste la Russie, acteur de premier plan, mais très incertain.

Enfin, la Chine doit jouer un rôle majeur du fait de ses ambitions économiques et politiques, de l’affaiblissement de la Russie, de l’émergence de toute une série d’États nouveaux. Le Japon, quant à lui, jouit d’une situation paradoxale : il possède le potentiel voulu pour devenir rapidement un acteur de premier plan, mais sa position régionale est fragile, ce qui convient parfaitement aux États-Unis, car un manque de retenue japonais aurait des conséquences sur l’équilibre régional qui en modifierait les composantes essentielles. L’Indonésie et l’Australie ne posent guère de problèmes. L’Inde entend jouer un rôle régional dans l’océan Indien, mais sans gêner les Américains.

Les deux premiers États pivots cités sont l’Ukraine et l’Azerbaïdjan. L’indépendance du premier modifie la nature de l’État russe qui cesse ainsi d’être un empire et l’indépendance du second permet la jonction entre les économies développées et les gisements de toutes natures présents dans le bassin de la Caspienne en évitant une mainmise russe. Pour Zbigniew Brzezinski "le sort de l’Azerbaïdjan et de l’Asie centrale, à l’égal de celui de l’Ukraine, dictera ce que sera ou ne sera pas la Russie à l’avenir".

La Turquie et l’Iran sont des pivots importants : la Turquie verrouille l’accès à la Méditerranée, sert de contrepoids à la Russie et d’antidote au fondamentalisme musulman. L’Iran, malgré son hostilité à l’égard des États-Unis, empêche la Russie de menacer les intérêts américains dans le golfe Persique.

Enfin la Corée du Sud demeure un pivot important, car servant de bouclier contre le Japon et permettant de limiter la présence militaire américaine.

Bien entendu, des circonstances imprévues peuvent modifier cette liste d’acteurs et de pivots.

Une fois décrit le contexte, apparaissent cinq dilemmes à affronter :

- l’unité européenne. Laquelle ? Comment l’encourager ?

- l’avenir de la Russie. Comment s’y impliquer ?

- comment minimiser les risques d’explosion dans les "nouveaux Balkans" du sud de l’Eurasie ?

- quel rôle pour la Chine ? Quelles conséquences pour le Japon et l’Amérique ?

- quelles nouvelles coalitions susceptibles de se former contre l’Amérique ? Comment en prévenir les dangers ?

En ce qui concerne l’Europe, l’Amérique est invitée à tout faire pour favoriser son unité. Certes, il y a des divergences quant au rôle des États-Unis entre les deux protagonistes essentiels de cette union. L’Allemagne et la France divergeant sur ce point.

Au passage Zbigniew Brzezinski rend hommage à la loyauté française dès qu’il s’agit de problèmes majeurs, bon connaisseur de nos deux pays clefs. Il assure "qu’à travers la construction européenne la France vise la réincarnation de sa puissance, l’Allemagne la rédemption".

Il note avec à propos et justesse que la réunification allemande a remis en cause le partage des rôles si satisfaisant pour l’orgueil français qui prévalait jusqu’alors : à la France, la suprématie politique, à l’Allemagne, le dynamisme économique. Désormais ce dernier pays est capable de définir et de promouvoir sa propre vision de l’avenir de l’Europe. Il en résulte que la France doit impérativement revoir ses orientations. Néanmoins, d’un point de vue américain, cela n’a pas une importance décisive, d’une part parce que la France est isolée dans sa volonté de partenariat équilibré avec les États-Unis et d’autre part parce qu’il est impératif pour ce dernier pays de traiter également Allemagne et France sans lesquels l’Europe serait impossible. Enfin, ultime coup de chapeau aux idées françaises ou prudence diplomatique, alors que le leadership allemand est souhaité, une fois l’Europe unie, un partenariat peut être envisagé.

Bien entendu, l’OTAN doit également se développer et aussi s’élargir, il en résultera un accroissement de l’influence américaine.

Une Europe réellement unie sans un pacte de sécurité avec les États-Unis est inconcevable. À terme, Zbigniew Brzezinski envisage vers 2010 une collaboration franco-germano-polono-ukrainienne qui pourrait devenir la colonne vertébrale géostratégique de l’Europe. À ce niveau, il semblerait que sa pensée se fasse un peu hésitante car il s’inquiète tout de même d’une tension croissante avec la Russie.

Certes, l’Amérique doit encourager la transformation démocratique et le redressement économique en Russie, mais elle doit contrer toute tentative de restauration impériale qui ferait obstacle à la mise en place d’un système euro-atlantique qui, selon lui, correspondrait à l’intérêt du pays car garantissant sa sécurité et sa stabilité.

De fait, il analyse fort bien le choc historique subi par la Russie : la perte du Caucase, l’abandon des ressources minérales et énergétiques de l’Asie centrale, la proximité du défi islamique et pire encore, l’émancipation de l’Ukraine qui prive Moscou de sa mission la plus symbolique : sa vocation d’être le champion de l’identité slave.

Il résume également fort bien les divers points de vue développés par les Russes eux-mêmes concernant leur avenir, dont il résulte de toute évidence, sans qu’il en tire de conséquences, qu’ils n’acceptent aucunement les perspectives qui s’inscrivent dans les faits et surtout les faiblesses d’aujourd’hui. Zbigniew Brzezinski fait siens les propos tenus en juillet 1996 par le secrétaire d’État américain à la Défense, parlant "de l’importance inestimable de l’indépendance ukrainienne pour la sécurité et la stabilité en Europe". De même, il rappelle que le chancelier allemand, en septembre de la même année, avait déclaré que "l’indépendance et l’intégrité territoriale (de l’Ukraine) ne souffriront pas de remise en question". Pour notre auteur, la seule perspective réaliste pour la Russie est d’imiter le choix kémaliste de la Turquie en s’engageant sur la voie de la modernisation, de l’européanisation et de la démocratie.

Toujours en liaison avec la problématique russe, l’analyse s’étend aux "Balkans eurasiens" à savoir neuf pays : Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Azerbaïdjan, Arménie et Géorgie. Un chapitre entier est consacré à cette analyse qui fait ressortir avec précision la fragmentation ethnique et religieuse de la région ainsi que son immense intérêt économique et les ambitions conflictuelles de la Russie, de la Turquie et de l’Iran.

Compte tenu de ce contexte, l’Amérique doit conforter les indépendances récentes, faire en sorte que les ambitions des uns et des autres se fassent mutuellement contrepoids et surtout y évincer les intérêts russes. À cette fin, en particulier, le tracé des oléoducs doit éviter le territoire russe et emprunter deux itinéraires, l’un par la Turquie et l’autre par l’Iran, car ainsi, "aucune puissance unique ne détiendrait le monopole de l’accès à la région". Il s’agit, en fait, d’une politique de "la porte ouverte" évidemment très favorable aux intérêts américains.

Ceci étant, les interactions entre intervenants indigènes, russes, turcs, iraniens et chinois sont telles que la tâche américaine sera ardue car il s’agit de parvenir à un équilibre satisfaisant pour ensuite le consolider alors que les parties en cause ne cessent de désirer des changements conformes à leurs intérêts particuliers.

Enfin, avant de conclure, notre auteur consacre un chapitre entier à l’Extrême-Orient où deux problèmes interdépendants se posent :

- quelle limites fixer aux aspirations chinoises ?

- comment gérer les réticences japonaises à accepter le protectorat américain ?

L’analyse de la problématique chinoise paraît convaincante, les faiblesses chinoises sont en effet d’importance : grande pauvreté, inégalités sociales et régionales et confrontation inévitable entre une économie dynamique et une idéologie rigide. La Chine, en définitive, aura beaucoup de mal à échapper à une période de trouble. Elle aura donc du mal à devenir dans les vingt ans une puissance globale.

Toutefois, elle devient une puissance régionale considérable, ce qui implique des conséquences non négligeables sur les rapports entre tous les intervenants dans la région, y compris bien entendu les américains. La Chine cherche à réduire l’influence américaine en Asie et à remettre en question la hiérarchie mondiale actuelle.

En ce qui concerne le Japon, ce dernier souhaite développer une coopération régionale plus poussée qui aurait des effets positifs : contenir subtilement la Chine, réduire la présence américaine tout en la maintenant, atténuer les ressentiments envers le Japon.

Dans ce contexte, la seule alternative viable pour les États-Unis est le maintien d’un équilibre entre Amérique, Japon et Chine. En fait, un exercice classique d’équilibre des forces.

Dans sa conclusion, Zbigniew Brzezinski reprend et synthétise les idées qui doivent être mises en œuvre à court, moyen et long terme. Il se fait même extrêmement clair quant au rôle de la Turquie car, selon lui "l’Amérique devrait profiter de son influence en Europe pour soutenir l’admission éventuelle de la Turquie au sein de l’Union européenne".

En outre, résumant sa stratégie en un court paragraphe, il précise :

À court terme, il y va de l’intérêt des États-Unis de consolider et de préserver le pluralisme géopolitique qui prévaut sur la carte de l’Eurasie... À moyen terme (les américains devront) rechercher des partenaires qui montent en puissance pour façonner un système de sécurité. Enfin, à long terme, la situation actuelle pourrait entraîner la création d’un noyau mondial de responsabilité véritablement partagé en matière politique.



L’Eurasie vue d’Amérique par Zbigniew Brzezinski est bien une synthèse magistrale sur la politique mondiale.

Est-elle pour autant convaincante ? Sans vouloir ôter au lecteur du Grand échiquier le plaisir d’en déceler les failles, on peut à bon droit s’alarmer de certaines de ses orientations, s’interroger sur leur sincérité et plus encore douter de la mise en œuvre du programme prévu.

L’exercice de Zbigniew Brzezinski est séduisant : classement, définition, déduction, interaction, tout est dit fort brillamment. Tout est rationnel et, de fait, sans doute trop. Dans sa prise de conscience des risques, l’irrationnel a peu de place et bien qu’il ait salué avec emphase le travail de son collègue Samuel Huntington, l’éventuel choc des civilisations ne le préoccupe guère. Il y a là pourtant matière à inquiétude. De même, les problèmes démographiques : développements inégaux, vieillissement de certaines populations, rajeunissement d’autres, ne sont pas évoqués. Certes dans une perspective à cinq ou dix ans, c’est admissible, mais à vingt ans et plus ?

Vis-à-vis de la Russie, c’est une véritable politique du "Roll back" qui a ses préférences comme, semble-t-il, celles du Département d’État. Le soutien apporté aux nouveaux états issus de la désagrégation soviétique serait parfaitement admissible s’il ne s’accompagnait d’un désir manifeste d’en écarter la Russie.

Les problèmes posés par le fondamentalisme musulman sont évoqués avec quelque légèreté. Bien sûr, actuellement l’islamisme fondamentaliste paraît sous contrôle, mais qu’un leader charismatique apparaisse et toutes les perspectives peuvent s’en trouver bouleversées. Face à ce risque, l’amitié russe pourrait se révéler essentielle.

Dans ces conditions, l’amitié russe devrait être préservée. Le soutien accordé à l’Ukraine est un camouflet infligé à la culture russe et son inclusion éventuelle dans l’OTAN pourrait, logique des alliances aidant, nous impliquer dans une crise aiguë.

Enfin, tout à sa logique géostratégique, Zbigniew Brzezinski souhaite l’intégration de la Turquie à la communauté. Hélas ! Si les élites turques sont comparables aux nôtres, il suffit de se rendre en Anatolie pour constater que la Turquie n’est pas un État européen. Dans l’hypothèse de son entrée dans l’Europe communautaire, un européen sur quatre serait turc4dans les vingt ans à venir. Cela serait d’autant plus difficile à vivre que les Européens ont déjà bien du mal à gérer leurs relations avec les quelque quinze millions d’immigrés présents sur leur sol, qui ne représentent pourtant qu’environ 5 % de la population. La "Résurgence islamique" comprise dans le sens que lui donne S. Huntington, est présente en Turquie où dès le début des années 1990 la Kémalisme a été mis en question. Même modéré, l’islam est pour le moins un mode de vie, une source d’identité et de légitimité qui fait que la culture islamique paraît peu compatible avec les idées libérales occidentales.

On peut aussi s’interroger sur la sincérité de Zbigniew Brzezinski : brider la Russie et ainsi maintenir un foyer d’inquiétude sur le flanc Est de l’Europe, intégrer l’Ukraine et la Turquie, n’est-ce pas le meilleur moyen de rendre l’Europe impuissante et inquiète toujours plus tributaire des États-Unis ? N’est-ce pas un bon moyen pour renvoyer aux calendes grecques le fameux partenariat qui n’est d’ailleurs qu’"envisagé" ?

De façon ultime, on peut s’interroger sur la volonté des États-Unis de mener une politique étrangère suivie et efficace. Récemment dans les colonnes du Monde, Alain Frachon, citant des sources américaines, observait que l’intérêt des Américains pour les affaires étrangères avait fortement décliné : réduction de moitié des temps d’antenne dans les journaux télévisés du soir et des crédits alloués au Département d’État. De plus, la crédibilité de l’administration présidentielle est mise en question par un Sénat de plus en plus hostile. Enfin, le peuple américain refuse la prise de risque et l’éventualité de pertes en vies humaines. Il y a là une faiblesse que les ennemis de l’ordre mondial actuel sauront exploiter.

Malgré ces critiques, le travail de Zbigniew Brzezinski mérite une lecture attentive, ne serait-ce, peut-être, que pour nous aider à formuler une géostratégie qui soit enfin européenne.



Hubert-Cyprien Fabre


#9 achelhi

achelhi

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Posté 08 septembre 2004 à 18:12

Bonsoir,

On nous a demande de nous taire sagement jusqu'a ce que les personnes accusées parlent au monde. C'est fait, le président Aslan Maskhadov s'est exprime sur la 'Voix du Caucase' pour dénoncer vigoureusement la prise d'otage de l'école de Beslan en Ossétie du Nord, et le meurtre de civils et notamment d'enfants. La Résistance Islamique de Tchétchénie, par la voix de son Président, nie tout lien avec les différents événements qui se sont produit en Russie depuis 15 jours, le président Maskhadov condamne la prise d'otage, effectuée par des éléments n'ayant aucun lien avec la Cause Tchétchène, que ce soit directement ou indirectement. Le représentant Tchétchène à l'étranger Ahmad Zakayev a déclaré hier, que les preneurs d'otages étaient " Russes, Ingouches, et Ossettes", mais "certainement pas Tchétchènes, il y a une volonté évidente d'impliquer la Résistance Tchétchène, alors qu'aucun élément sérieux n'accrédite cette thèse".


De plus, selon une déclaration, parue sur un forum Musulman, le groupe "Islambouli" nie toute implication dans cette prise d'otage et la dénonce comme une opération de diabolisation des Musulmans du Caucase pour des raisons encore obscures à ce jour. Les combattants Musulmans, à partir du Texte Sacré Révélé, le Quour'an Al Karim et de la Sunnah (tradition prophétique) condamnent toute violence effectuée sur des enfants, des femmes, des anciens ou des religieux au nom de l'Islaam, ceci est de l'égarement pur et simple, même si les Russes se comportent comme des barbares dans le Caucase, l'Islam prohibe ces actes et les nombreux hadiths le prouvent.

Le boucher de Moscou Putine est finalement tombé dans le piège tendu par ceux-la même qui l'ont fabrique et qui l'ont installé au pouvoir. Ceux-ci sont actuellement en fuite ou derrière des barreaux, accusés d'avoir voulu 'piller les richesses nationales russes', et transmettre de la haute technologie en matière d'exploration et de forage pétrolier a des grandes multinationales pétrolières, aux mains du terrorisme sioniste international. L'école de Beslan, où les otages étaient tenus a été prise d'assaut par un dispositif militaire impressionnant des forces Russes, officiellement en négociation avec les preneurs d'otages, qui étaient au départ des "Terroristes Tchétchènes", puis sont devenus des "Séparatistes pro-Tchetchenes et des veuves noires d'un groupe nommé Islambouli", pour finalement s'être volatilisés dans la nature selon les forces russes et devenir des "Terroristes Arabes", rien ne le montre jusqu'a aujourd'hui. Le FSB et ses méthodes plus que monstrueuses ne sachant plus quoi inventer essaient au final de faire croire que des groupes incontrôlés de "mercenaires arabes" liés à Al Qaeda bien sur, seraient derrière le coup, il n'en est strictement rien, c'est un pur mensonge qui permet aux bouchers de Moscou de gagner du temps.


Le pouvoir russe a bloqué toute l'information venant des preneurs d'otages. Les prétendues revendications confirment que les preneurs d'otages sont des bandits ou des sources indépendantes. Les communications téléphoniques dans Beslan ont toutes été bloquées. Les russes expliquent que cela a été fait paraît-il pour empêcher les terroristes de recevoir des instructions de la part des organisateurs qui ne sont pas sur la scène des événements. Toutefois, vous pouvez communiquer par radio (à travers la région entière) ou des téléphones satellite sans que les opérateurs locaux de communications cellulaires ne soient impliqués, il faudra raconter autre chose, voici ce qui prouve ce que nous disons:


-Le groupe armé a refusé de communiquer par téléphone, alors même qu'ils avaient eux mêmes fourni le numéro de leur téléphone aux "négociateurs russes".


-La bande vidéo contenant les revendications des preneurs d'otages s'est avéré être vierge. Comme si un nouvel enregistrement ne pourrait pas être fait pour les revendications dans une période de 24 heures.


-Les preneurs d'otages ont refusé de répondre aux téléphones dans l'école de Beslan.


-Les demandes absurdes ont été faites pour inviter Roshal dans les négociations, un informateur connu du FSB ou le président d'Ingouchie Zyazikov. Ces gens ne peuvent prendre de décisions de leur propre chef lors de négociations. Les preneurs d'otages ont refusé de négocier avec le chef de la police fédéral russe, Nurgaliyev, représentant du Ministère de l'Intérieur. Ni Nurgaliyev, ou Zyazikov et Dzasokhov (le dirigeant de l'Ossetie du Nord) n'ont les capacités, ni les connaissances pour demander la libération des combattants Tchétchènes capturés en Ingouchie, lors de précédentes opérations de la Résistance Tchétchène.


-Pourquoi le nombre de personnes pris en otage a été caché au monde, plus de 1200 personnes en faite, au lien de 300 annoncées.


-Les Résistants Tchétchènes, lorsqu'ils mènent des opérations en avertissent directement les medias du monde entier, alors même qu'ils combattent sur le terrain. Leurs cibles sont le FSB, la police fédérale, l'armée, le GRU (services de renseignements militaires) et les collabos, ils possèdent l'intelligence pour frapper Kadirov, protégé de Moscou, et les services russes directement, pourquoi iraient-ils salir leur cause devant l'opinion publique internationale en prenant des enfants, alors que l'Islam, dont ils se réclament, interdit de toucher à un cheveu d'un enfant??? Le brouillage des fréquences de communications par le GRU a empêché la Résistance Tchétchène de dépêcher sur place ses informateurs pour savoir ce qui se tramait, c'est pour cela qu'elle a tardée à réagir, pour vérifier si des éléments "incontrolés" étaient impliqués. Après avoir eut confirmation de la non présence de ses combattants, le Commandement de la Résistance Tchétchène s'est adressé aux medias internationaux.


-Pourquoi les journalistes russes, spécialistes de la Tchétchénie ont été empêchés de joindre Beslan par les autorités russes, si celles-ci négociaient ? Que veut encore cacher le pouvoir Russe? Anna Politkovskaïa, qui avait joué le rôle de médiatrice dans la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka (Moscou, octobre 2002), a cherché à prendre un vol pour Rostov, dans le sud de la Russie. Dans l'avion, après avoir bu un thé, elle a été victime un malaise. A l'hôpital de Rostov, les médecins diagnostiquent une infection intestinale aiguë. Elle rentre alors à Moscou pour se faire soigner. Une témoin gênante pour le Kremlin venait d'être écartée, le massacre pouvait commencer...


Les structures du pouvoir russe ont bloqué la ville et ils l'ont coupée du monde, pour dissimuler le massacre, pourtant prévisible. Les unités spéciales qui ont "libérés" le théâtre de Dubrovka (octobre 2002) à Moscou étaient à l'oeuvre à Beslan. 850 lits ont été préparés dans les hôpitaux de l'Ossetie du Nord pour la réception d'urgence de victimes possibles. L'information fournie aux forces russes suggéraient que l'école avait été prise par quelques personnes déséquilibrées qui n'avaient pas de revendications particulières ou obscures, qui n'essayaient pas de contacter d'autres personnes, et des actions imprévisibles pouvaient être menées.


Juste avant de prendre d'assaut l'école, selon la version des russes "la situation est devenue hors de contrôle, les vies des otages étaient sous la menace des terroristes, qui ont paniqué et fait exploser une charge, c'est ce qui a provoqué l'assaut"... Pourtant, depuis le début de la prise d'otage, le 2 septembre 2004, le Kremlin déclarait que le bâtiment ne serait pas pris d'assaut. Le seul objectif de ces déclarations était de montrer et de convaincre la population russe que les services de sécurité n'avaient pas l'intention de prendre d'assaut le bâtiment, et de présenter l'attaque comme une mesure d'urgence. Or selon des témoignages d'habitants de la ville de Beslan, les forces russes ont commencé à creuser un trou dans le mur pour "faire sortir les otages du gymnase de l'école et les explosions ont commencé dans l'école, le toit s'est effondré sur des dizaines d'otages et d'enfants morts sur le coup, les chars à l'extérieur ont commence à tirer sur les façades de l'école, alors que les militaires russes voyaient des femmes et des enfants agiter des vêtements par les fenêtres pour leur faire signe de ne pas tirer sur eux, les chars ont continué à tirer sur eux, pour des raisons inconnues. L'école et ses environs auraient été nettoyées par les commandos russes, qui ont fait sauter les dernières charges dans l'école provoquant sa destruction totale. Tout a été fait pour cacher des preuves de l'incompétence du FSB, et éviter que des charges soient retenues contre le FSB et le GRU (services de renseignements militaires) et le Kremlin soient à l'abri d'une enquête, comme celle menée en 1999 lors des attentats sur des bâtiments de civils qui avaient conduit à des centaines de morts, et le début de la seconde guerre de Tchétchénie. Cette seconde guerre et ses massacres avaient propulsés Poutine au pouvoir en 1999. Ces attentats avaient alors été commis par le FSB (services russes) qui avait été mis à nus, notamment par l'enquête d'un journaliste français.


Cette vague d'opérations de guerre a encore fait bouillir le chaudron Tchétchène. En dépit des tentatives désespérées faites par Poutine et ses "amis" de l'Ouest pour étouffer le génocide du peuple Tchétchène pour des intérêts "vitaux" dans la région, le sang Tchétchène continue de couler abondamment sur la communauté internationale, celle-ci essaye de cacher sa culpabilité et sa complicité en se montrant outragés par les récents événements.


En Tchétchénie, lorsque le sang et les massacres font rage, des centaines de civils (30% de la population exterminée), les camps de concentration, de filtration, de tortures, les viols systématiques de femmes, les descentes des escadrons de la mort, les prise d'otages de villages entiers décimés par l'armée russe, les meurtres et les enlèvements ne soulèvent pas l'indignation du monde, la communauté internationale est satisfaite et calme. Quand une opération menée par une bande d'inconnus, aux revendications obscurs, sans même l'once d'une preuve, le Monde condamne les Résistants Tchétchènes, coupables de défendre leur Pays et leur Religion interdite de pratique dans certains pays en croisade contre l'Islam, ceci toujours sans la moindre once de preuves, si ce n'est les mensonges des services russes, incapables de gérer la tension internationale exercée sur la Russie, à l'aube d'un conflit généralisé au Moyen Orient.


Rappelons le contexte Moyen Oriental et l'agenda sioniste qui s'obstine à déclencher une guerre préventive contre l'Iran, ennemi numéro un de l'entité sioniste, qui possède la technologie nucléaire civile, fournie par la Russie de Poutine. La Chine et la Russie ont très bien compris que l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan servait à contrôler et réguler le développement de ces pays par la main mise des ressources minières et hydrocarbures nécessaires à leur développements économiques. Ces deux pays ont fourni aux pays Musulmans de quoi faire sauter Israël, et tous ceux qui aident les ennemis des malades mentaux de Wall Street, Washington et Tel Aviv doivent être punis, d'une manière ou d'une autre. Poutine est tombé dans le piège de ceux qui l'ont fabriqué à partir de massacres sur les populations du Sud de la Russie et de la capitale et le génocide des Peuples du Caucase, dont celui de Tchétchénie et aujourd'hui des Ossètes qui ne sont Russes que par le nom et qui n'avaient rien demandé. Combien de temps encore Poutine tiendra sa place, il n'est qu'une marionnette à Moscou, d'autres plus compétents et plus anti-sionistes que lui pourraient le remplacer plus vite qu'il ne pense.


De nombreux indices nous donnent à penser que les peuples de Russie sont victimes de la stratégie du Pays au Moyen Orient et la perte d'intérêts "stratégique de premier ordre" en Georgie et en Adjarie, ou courent les pipelines venant de la mer Caspienne et allant jusqu'à la mère noire, le démontre encore une fois. Les troubles et le "terrorisme" n'apparaissent que là ou il y a du pétrole, la Tchétchénie est le Koweït du Caucase. Les enjeux dans cette région sont énormes, ne situer le problème que sous le prisme sioniste de la "guerre contre le terrorisme" est le pire des mensonges. Le pic de production de pétrole, bien connu des spécialistes et occulté par la presse sioniste, y est pour beaucoup. La raréfaction des réserves pousse certains milieux sionistes dans le monde à la démence. Tout est mis en place pour faire tomber Poutine, que ce soit par des commissions d'enquêtes sur des attentats, ou des pseudo menaces de la Commission Européenne des Droits de l'Homme pour les agissements du pouvoir Russe dans le Caucase et l'obstination de la Russie à vouloir aider l'Iran dans son programme nucléaire civil...


Comme vous l'avez compris, placer Poutine sous pression sert surtout à isoler politiquement l'Iran au niveau international afin de pouvoir frapper ce pays tout en évitant des représailles de la part de la Communauté internationale.

#10 achelhi

achelhi

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Posté 08 septembre 2004 à 18:13

Beslan: qui a déclenché le massacre?


C'est un fonctionnaire, il a participé aux négociations. Il s'appelle Gustiev. Pendant qu'il parlait au téléphone avec un preneur d'otages, il a entendu une déflagration. "Qu'est-ce que vous faites, c'est quoi cette explosion?" a-t-il demandé. "C'est vous qui avez commencé l'assaut" lui a répondu le preneur d'otages, à l'autre bout du fil.
Ensuite ce fut l'enfer.
Le bilan officiel de la tragédie fait état, à l'heure où nous écrivons, de 335 morts. Mais, selon les secouristes présents sur place, il serait beaucoup plus lourd. Des informations, en provenance de la république caucasienne, font état de 600 morts.

On ne sait pas encore exactement ce qui s'est produit, vendredi dernier à Beslan. Qui a pris la responsabilité de déclencher le massacre? Y a-t-il eu un concours de circonstances "fortuites"? Ou bien l'assaut avait-il été décidé par les plus hautes autorités russes?

Vendredi 3 septembre, il est 11 heures. Avec l'accord des preneurs d'otages, une camionnette entre dans la cour de l'école. Quatre hommes sont sur le véhicule (...)

source:
http://www.amnistia....tie/ossetie.htm

Ce message a été modifié par achelhi - 08 septembre 2004 à 18:14.


#11 achelhi

achelhi

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Posté 08 septembre 2004 à 18:37

LE MONDE | 07.09.04

Israël et la Russie resserrent leurs liens contre le "Djihad islamique mondial"

Prévue de longue date, la visite en Israël, lundi 6 septembre, du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, centrée à l'origine sur le processus de paix et la situation régionale, a vu son ordre du jour bouleversé par la tragédie de Beslan, que les médias israéliens ont largement rapportée, la comparant avec le double attentat qui a fait 16 morts, mardi (jour de la prise d'otages en Ossétie du Nord), à Beersheba, une localité du sud d'Israël.

"Le terrorisme qui a frappé la Russie n'est pas différent de celui qui sévit à New York, à Tel-Aviv ou à Madrid", a déclaré Sylvan Shalom, le ministre israélien des affaires étrangères, en recevant son homologue russe lundi. La veille, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, avait appelé Vladimir Poutine pour lui proposer de faire front face au "Djihad islamique mondial". "Il est temps pour le monde libre de s'unir", avait indiqué M. Sharon sur un ton qui tranchait avec les demandes d'explications formulées, dans le même temps, par l'Union européenne envers la Russie, quant au dénouement tragique de la prise d'otages.

S'estimant donc liés par une communauté de destins, les deux Etats souhaitent désormais renforcer leur coopération "dans les domaines de la sécurité, du renseignement et de l'humanitaire".

COOPÉRATION RENFORCÉE

"Il n'est plus possible de soutenir les soi-disant mouvements de libération nationale, qui recourent au terrorisme tout en condamnant les islamistes extrémistes", a expliqué, lundi, un proche d'Ariel Sharon à la presse, dans une allusion au soutien sans failles apporté jadis par Moscou à la cause palestinienne.

Cette page a été tournée. Avec la dislocation de l'URSS en 1991, les liens de la direction russe avec les pays arabes se sont effilochés. Les tenants de cette ligne, à l'image de l'ancien maître espion Evgueni Primakov, ne sont plus aux affaires.

Avec l'arrivée d'un nouveau locataire au Kremlin en mars 2000, tout a changé. Cette année-là, l'ancien lieutenant colonel du KGB, Vladimir Poutine invite l'ancien refuznik Nathan Chtcharanski à un déjeuner en tête à tête. Pour la petite histoire, l'ex-dissident - devenu entre temps ministre dans la coalition de droite emmenée par M. Sharon - attendait son vol de retour pour Israël lorsqu'une limousine vint le quérir, direction le Kremlin. Deux ans plus tard, le président du Sénat russe, Sergueï Mironov, proche de Vladimir Poutine, refusa, lors d'une tournée dans la région, de rencontrer le chef de l'autorité palestinienne, Yasser Arafat.

Ces dernières années, les relations entre Israël et la Russie se sont renforcées. Les deux pays coopèrent dans le domaine de l'armement notamment à la fabrication d'un hélicoptère d'assaut Ka-52 et à celle d'un Awacs A-50, un avion de reconnaissance aérienne. Il y a douze jours, au moment du double attentat commis sur deux avions de ligne en Russie, la presse moscovite, fustigeant les insuffisances de la sécurité aérienne locale, avait vanté les mérites de celui d'Israël, "le plus sûr au monde".

Les échanges commerciaux ont crû, dynamisés par la présence en Israël d'une importante diaspora russophone (1 million de personnes soit 1/6e de la population d'Israël) arrivée en masse entre 1980 et 1990. Restée très attachée à sa culture, cette communauté russe d'Israël lit la presse russe, regarde la télévision russe et, friande de cochonnailles, possède ses propres charcuteries, ce qui n'est pas toujours bien vu.

Elle n'en est pas moins proche des ultra-orthodoxes et constitue un vivier électoral de choix pour les partis de droite. Marqués par la mentalité soviétique, les russophones d'Israël sont généralement partisans d'une ligne dure envers les Palestiniens, assimilés par eux aux "Noirs" ("Tchiornye"), le terme communément employé dans la langue de Pouchkine pour désigner les Caucasiens.

Engagés dans une lutte sans fin contre les guérillas - tchétchène et palestinienne -, les deux Etats échangent depuis longtemps informations et expériences. En 2002, des officiers des forces spéciales russes, dont le général Viatcheslav Ovtchinnikov avait exposé, au Collège israélien de défense nationale, les tactiques de l'armée russe en Tchétchénie. En 2002 également, les forces russes, imitant l'armée israélienne dans les territoires occupés, avaient fait sauter les maisons de kamikazes tchétchènes. La différence, souligne le politologue russe Andreï Riabov, c'est qu'en Israël "une très vive opposition à la politique du gouvernement s'exprime ouvertement, alors que chez nous il n'y a aucun débat".

Marie Jégo

P.S : A qui profite, encore une fois, le crime ?

#12 kierkegaard

kierkegaard

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Posté 08 septembre 2004 à 19:00

OUCH tout cela tient fermement la route ,ceux qui m'inquiète c'est l'accélération soudaine de tous ces évenements mais sont ils vraiment maitrisés ,qu'en penses tu Achelhi ???

#13 achelhi

achelhi

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Posté 08 septembre 2004 à 19:12

kierkegaard, le Mercredi 08 Septembre 2004, 19:07, dit :

OUCH tout cela tient fermement la route ,ceux qui m'inquiète c'est l'accélération soudaine de tous ces évenements mais sont ils vraiment maitrisés ,qu'en penses tu Achelhi ???
Je pense que tout ceci est bien planifié et maîtrisé pour leur grande part, il n'y a qu' à voir le resultat :


Moscou prêt à frapper "dans n'importe quelle région" du monde

8 septembre

MOSCOU (AFP) - La Russie s'est dit prête mercredi à frapper des bases terroristes "dans n'importe quelle région" du monde et a offert une prime de 10 millions de dollars pour toute information permettant de "neutraliser" les chefs de la rébellion tchétchène Aslan Maskhadov et Chamil Bassaïev, accusés d'être derrière la prise d'otages de Beslan.
"Pour ce qui est des frappes préventives, nous l'avons déjà dit, mais je le répète: nous entreprendrons tout pour liquider les bases terroristes dans n'importe quelle région" du monde, a déclaré le chef d'état-major de l'armée, le général Iouri Balouïevski, en précisant qu'il ne s'agissait pas pour autant d'utiliser l'arme nucléaire.
Moscou a assuré que dix personnes venant de pays arabes avaient participé à la prise d'otages, mais ces déclarations pourraient s'adresser en particulier à la Géorgie, accusée par Moscou d'abriter régulièrement des rebelles tchétchènes.

Des avions ont déjà frappé les gorges de Pankissi (nord de la Géorgie) par le passé, mais Moscou a toujours nié son implication.

La menace de la Russie d'attaquer préventivement les terroristes dans toutes les régions du monde est "compréhensible" et conforme aux lois internationales, a déclaré mercredi le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw.

"Je pense que la réaction est compréhensible de la part du président (Vladimir) Poutine", a dit le ministre.

"La charte des Nations unies donne droit à l'autodéfense et l'ONU elle-même a accepté qu'une menace imminente ou probable de terrorisme autorise certainement tout pays à prendre les actions appropriées", a-t-il précisé.

Le Service fédéral de sécurité russe (FSB) a annoncé mercredi qu'il offrait 300 millions de roubles (10 millions de dollars) pour toute information qui permettra de "neutraliser" le chef de guerre radical tchétchène Chamil Bassaïev et le leader indépendantiste Aslan Maskhadov.

Le FSB a donné plusieurs numéros de téléphone, joignables 24 heures sur 24, à Moscou et en Tchétchénie. Il a souligné que Chamil Bassaïev et Aslan Maskhadov étaient les auteurs d'actes terroristes "inhumains" en Russie, sans toutefois faire de référence directe à la prise d'otages de Beslan, la plus meurtrière de l'histoire.

Aucune preuve de l'implication des deux hommes n'a pour l'heure été apportée par les autorités, et Aslan Maskhadov a vivement démenti et a condamné la prise d'otages.

La télévision russe NTV a montré brièvement mardi soir des images angoissantes, filmées par le commando terroriste au premier jour de la prise d'otages, à l'intérieur du gymnase où avaient été amenées la majorité des quelque 1.200 personnes retenues.

Ces images, ravivant en Russie le douloureux souvenir de la tragédie, n'ont pas été rediffusées depuis. "Nous n'avons pour l'instant pas de grande émission d'informations permettant de revenir, de façon générale, sur la prise d'otages", a simplement déclaré un responsable de la chaîne en guise d'explication.

La vidéo montre des centaines d'otages assis à même le sol, dans un silence tendu, un petit garçon apeuré parmi des femmes se tenant la tête, dans une salle où ont été installées de multiples charges explosives, reliées du sol aux paniers de basket. Des membres du commando, cagoulés, apparaissent furtivement derrière les otages. Dans l'encadrement d'une porte, une femme, entièrement voilée de noir, porte une ceinture d'explosifs.

A Vladikavkaz, la capitale régionale d'Ossétie du Nord, plus de 1.000 personnes ont manifesté mercredi, tenant le président de la république caucasienne pour un des responsables de la mauvaise gestion de la crise de Beslan et du "bain de sang" qui s'en est suivi.

Les manifestants, rassemblés devant la présidence, ont scandé le nom de M. Dzassokhov en sifflant. "Nous reviendrons chaque jour tant qu'il n'aura pas démissionné", a déclaré un orateur.

M. Dzassokhov a promis devant les manifestants de limoger son gouvernement "d'ici deux jours", sans préciser si lui-même allait démissionner.

Les informations officielles sur le commando terroriste restent pour l'instant très vagues, notamment sur la nationalité des preneurs d'otages, une semaine jour pour jour après le début du drame qui s'est soldé par la mort de 336 personnes, sans compter les membres du commando (31 tués), selon le dernier bilan des autorités locales.

"Les 32 combattants ont été mis hors d'état de nuire", a juste déclaré le procureur général de Russie, Vladimir Oustinov, lors d'une rencontre avec le président Vladimir Poutine retransmise à la télévision.

M. Oustinov a cité un autre chiffre pour le bilan de la tragédie, parlant de 326 morts, mais peut-être ne comptait-il pas dix membres des forces spéciales du FSB tombés lors de l'opération.

Si elle n'est pour l'heure pas confirmée, la piste tchétchène est dans tous les esprits, en particulier celle de Chamil Bassaïev, le plus radical et le plus influent des chefs de guerre tchétchènes, accusé par la Russie d'être lié au réseau terroriste al-Qaïda.

Il a revendiqué par le passé nombre d'attentats contre des objectifs russes et affirme entretenir un bataillon de femmes martyres pour des attaques suicide.

http://fr.news.yahoo.../202/41mzt.html

Comme aprés le 11 septembre 2001, la Russie à son tour se dit prête a frapper dans n'importe quelle région du monde pour combattre le "terrorisme", les russes utilisent le même schéma que les Etats-Unis et le Ben Laden russe ce sont Aslan Maskhadov et Chamil Bassaïev.

Achelhi

#14 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 09 septembre 2004 à 08:57

:salut:  :salut:

Je voudrais simplement rappeller que nous sommes  (encore) en septembre, en pleines élections américaines.

Ce massacre, comme toujours, touche des civils qui sont la chair à canon de nos armées modernes.

La cassette montrée par NTV en russie semble avoir été totalement censurée, et si cela plait au FSB, il n'y aura plus de chaine indépendante dans ce pays d'ici peu.

Visiblement, cet évènement n'est qu'une action dans ce jeu d'échec que représente cette région. Cependant, je crois qu'il ne faut pas attendre de la Russie, une attitude humaniste, qu'historiquement elle n'a jamais eu.

je pense qu'il convient de prendre le temps de réagir à cette horreur, car les évènement politiques et diplomatiques qui vont suivre dans les mois prochiains seront, à mon avis, plus explicites quant aux tenants et aboutissants.

Nowar

:cingle:  :marteau2:  :cingle:

#15 joel

joel

    Tournicoti, Tournicoton

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Posté 15 septembre 2004 à 10:18

Le vrai journal de Karl Zero du 12 septembre 2004 a consacré un reportage de 5 minutes sur Babitsi et Polotkovskaïa, deux journalistes russes spécialistes de la Tchétchénie qui ont été empêchés de se rendre à Beslan pour enquêter.

Le premier Andreï Babitski (orthographe non garantie) a été passé à tabac par deux inconnus au moment de prendre l'avion puis emprisonné quelques jours, le temps que la prise d'ostages soit terminée.

Image IPB

La deuxième, Anna Politkovskaïa, a été empoisonnée dans l'avion qui devait la mener sur les lieux de la prise d'otages. Elle a été emmenée dans un hôpital où elle se remet difficilement.

Image IPB

Pour Babitski, Poutine ne voulait pas qu'ils puissent entrer en contact avec les meneurs de la prise d'otages. Le psychopathe Poutine martèle qu'"On" ne négocie pas avec des tueurs d'enfants". On a le sentiment étrange et malsain que ça cache autre chose.

Concernant Karl Zero, je suis toujours aussi sidéré par ses considérations à géométrie variable. Alors qu'il idolâtre Politkovskaïa qui n'hésite pas à dénoncer le terrorisme d'état russe, même contre sa propre population civile, il ne parvient pas à concevoir que ce même terrorisme d'état puisse être exercé par l'axe américano-sioniste. De dangereux conspirationnistes paranoïaques, dit-il à l'encontre de Meyssan et Cie. Méfiez-vous des contrefaçons, y compris celles de son vrai-faux journal.

#16 ZeH

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Posté 17 septembre 2004 à 14:59

Une info:

Le radical tchétchène Chamil Bassaïev revendique la prise d'otages de Beslan ainsi que l'attentat de Moscou et l'explosion des deux avions civils. Selon lui, ce sont les forces spéciales russes qui ont lancé l'assaut en Ossétie

AFP – Moscou. Le chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev, leader du mouvement séparatiste radical, a revendiqué la prise d'otages perpétrée dans une école de Beslan, en Ossétie du Nord, dans une lettre publiée vendredi par le site internet Kavkazcenter, proche des indépendantistes. Chamil Bassaïev assure notamment dans cette lettre, dont l'authenticité n'a pu être vérifiée, que la "terrible tragédie" de Beslan est le résultat d'un assaut lancé par les forces russes, et non de l'explosion accidentelle d'une bombe placée par le commando terroriste dans l'école.

"Nous affirmons que les services spéciaux russes ont lancé l'assaut", relève-t-il, soulignant que les murs à l'intérieur du gymnase où étaient détenus les otages ne portaient pas les traces de l'explosion et que toutes les bombes étaient reliées entre elles. Si l'une avait explosé, "les 20 bombes auraient explosé".

Le chef radical propose une enquête indépendante sur les événements de Beslan qui serait menée par l'ONU ou l'Union européenne, et se dit prêt à coopérer à cette enquête.

"Grâce à Allah, la brigade des martyrs « Riadous-Salikhin » (formée il y a deux ans par le chef radical) a mené une série d'opérations militaires réussies sur le territoire russe", dont "l'opération de Beslan menée par le 2e bataillon de martyrs placé sous le commandement du colonel Orstkhoïev", note la lettre de revendication.

Cette brigade revendique par la même occasion l'explosion près de la station de métro Rijskaïa à Moscou, "organisée par le département régional des martyrs de Moscou" (10 morts) et "l'explosion de deux avions civils réalisée par le département des opérations spéciales" (90 morts).

Chamil Bassaïev souligne en outre que le commando de Beslan était composé de 33 personnes : 14 Tchétchènes (dont 2 femmes), 9 Ingouches, 3 Russes, 2 Arabes (sans précision), 2 Ossètes, un Tatar, un Kabarde, et un Gouran (un peuple sibérien).

Les séparatistes tchétchènes radicaux ajoutent n'avoir rien de commun avec "le terrorisme international" dont fait état le président russe Vladimir Poutine. Ils ajoutent que les "brigades Islambouli" n'ont rien à voir avec la récente vague d'attentats perpétrés en Russie et sont le fruit de "l'imagination du FSB" (ex-KGB). Selon un site internet islamiste, les brigades Islambouli avaient revendiqué l'explosion de deux avions russes en vol et l'attentat près de la station de métro de Rijskaïa. "Les Tchétchènes ont les forces pour combattre seuls contre la Russie". Ils "se battent exclusivement contre la Russie pour la liberté et l'indépendance", et "pour l'instant uniquement sur le territoire tchétchène et russe".

Chamil Bassaïev précise avoir transmis lors de la prise d'otages, par l'intermédiaire de l'ex-président ingouche Rouslan Aouchev, une lettre adressée à Vladimir Poutine dans laquelle il demandait le retrait des troupes russes de Tchétchénie et l'indépendance de la république rebelle et proposait en échange la paix et "la sécurité" pour la Russie. La Tchétchénie indépendante s'engagerait à n'adhérer à aucune union économique, politique ou militaire hostile à la Russie, à entrer dans la CEI (Communauté des Etats indépendants) et à garantir la fin de toutes actions armées contre la Russie, notait cette lettre.

"Nous regrettons ce qui s'est passé à Beslan. Mais c'est la guerre, déclarée par Vladimir Poutine il y a cinq ans, et qui a tué plus de 40 000 enfants tchétchènes et rendu plus de 5 000 d'entre eux handicapés". "Nous n'avons pas beaucoup de choix. On nous propose la guerre et nous la mènerons jusqu'à la victoire", ajoute le texte.


© 2004 AFP
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#17 ZeH

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Posté 17 septembre 2004 à 15:18

par Dominique Dhombres
Télévision : Un des terroristes de Beslan venait d'un village voisin

Des habitants de beslan avaient remarqué des allées et venues suspectes plusieurs mois avant la prise d'otages. De prétendus ouvriers ont en particulier travaillé pendant tout l'été dans l'école numéro 1, où ils ont en réalité dissimulé des armes et des explosifs sous le plancher.  

La concierge de l'école avait téléphoné à la police, qui lui avait vertement conseillé de ne pas la déranger pour rien. Ce sont quelques-uns des étonnants témoignages recueillis dans le remarquable reportage de Manon Loizeau diffusé jeudi soir dans "Envoyé spécial", sur France 2. Cette journaliste française s'est rendue en Ossétie du Nord quelques jours après le dénouement de la prise d'otages qui a fait officiellement 338 morts, dont la moitié d'enfants. "Arrestations, intimidations, violence, tout a été fait pour empêcher les journalistes russes spécialistes de la Tchétchénie d'aller à Beslan", explique-t-elle. C'est le cas notamment d'Andreï Babitski, arrêté au moment de monter dans l'avion, à Moscou, le 2 septembre, au deuxième jour de la prise d'otages, et sévèrement passé à tabac.

Beaucoup de gens ont vu les terroristes traverser la ville. "Ils sont arrivés tranquillement. Personne ne les a contrôlés", raconte un chauffeur de taxi. "Avec de l'argent, tu peux tout faire ici", dit-il.

Les 31 membres du commando ont attendu que tous les élèves soient rassemblés, le 1er septembre au matin, avant de faire irruption, les armes à la main, dans l'école numéro 1. Khetag Batagov, un écolier de 14 ans, décrit la scène, et comment il s'est enfui sur-le-champ. Les enfants ont été entassés dans le gymnase, sans eau ni nourriture, pendant trois jours. Des explosifs, reliés par des fils électriques, étaient placés sur le sol, au plafond et sur les paniers de basket-ball. Une jeune femme otage confirme que c'est bien la chute accidentelle d'une bombe, mal fixée par du ruban adhésif, qui a provoqué la première déflagration. Les terroristes ont fait exploser une seconde charge, quelques minutes plus tard, ce qui a déclenché l'assaut des forces spéciales. Les enfants tentaient de s'enfuir en passant par les fenêtres, tandis que les membres du commando leur tiraient dans le dos. L'un d'eux, au moins, Vladimir Khodov, était ossète et originaire d'un village situé à 50 kilomètres de Beslan. Ses voisins se souviennent qu'il s'était converti à l'islam deux ans plus tôt.

LE MONDE
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#18 tatiana

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Posté 17 septembre 2004 à 16:10

amrita, le Mercredi 08 Septembre 2004, 16:59, dit :

Maskhadov prévoit encore plus d'attentats. Il promet d'assassiner celui qui gagnera les élections présidentielles fin août. Ce qui n'empêche pas les Américains d'accorder l'asile à son adjoint Akhmadov. Mieux même, celui-ci est embauché avec un bon salaire au National Endowment for Democracy, une organisation dirigée par Paul Wolfowitz (vice-ministre de la Défense), Frank Carlucci (ancien directeur de la CIA) et le général Wesley Clark (ancien commandant en chef de l'Otan).
Au fait, juste un détail en passant : Paul Wolfowitz ( mouillé pour l'attentat du WTC mais aussi pour l'Ossetie ?...) n'est-il pas tombé, récemment, au sujet du fait qu'il serait un agent double pour le compte du mossad ?... J'en ai entendu parler une seule fois sur France Inter et puis... plus rien...  :hum:
En tous cas, le puzzle commence à bien se dessiner, là !... :tresfache:

#19 joel

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Posté 17 septembre 2004 à 17:33

M'ouais ! On peut se demander pour quelle raison Chamil Bassaïev a attendu  8-10 jours avant de revendiquer la prise d'otages.  :???: Qui plus est sur Internet, où n'importe qui peut se faire passer pour lui.

Et puis quand bien même, le profil de Bassaïev ressemble de plus en plus à celui de Ben Laden.  Un bouc-émissaire extrêmement utile à un certain nombre d'intérêts mais pas vraiment pour la cause tchétchène. Je sens qu'on va encore nous expliquer leur stratégie pour le moins contre-productive en ressortant le refrain de l'irrationalité du terrorisme islamiste.

#20 joel

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Posté 18 septembre 2004 à 19:20

http://www.reseauvol...ticle14948.html

Image IPB

Le Réseau Voltaire émet également les plus grands doutes sur le rôle et les motivations de Bassaïev.

Citation

La prise d'otages de Beslan, qui s'est soldée par la mort de 320 personnes dont la moitié étaient des enfants, ainsi que les attentats contre deux avions russes perpétrés une semaine plus tôt, ont été revendiqués sur un site de rebelles tchétchènes par le commandant Chamil Bassaiev.

Le secrétaire d'État adjoint des États-Unis, Richard Armitage, a commenté cette revendication en déclarant que Bassaiev n'était « pas digne de vivre », cependant le site sur lequel il s'exprime librement n'a pas été inquiété.

Surtout Bassaiev était présenté comme un agent de la CIA, en 1991, lorsqu'il avait rejoint Boris Eltsine sur les barricades pendant le putsch des généraux de Moscou.

En 1995, il avait commandé une prise d'otages très similaire à celle de Beslan, cette fois dans l'hôpital de Budennovsk (sud de la Russie), faisant 150 victimes dont la plupart étaient des patients ou du personnel médical.

Il revenait alors d'un stage intensif en Afghanistan, supervisé par les services secrets pakistanais (ISI, liés à la CIA) qui l'avaient entraîné à ce genre d'opération destinée à provoquer l'émotion de la communauté internationale et à discréditer les autorités russes.

Manipulation, récupération, contre-manipulation, coalition et intérêts croisés, etc... Tous les ingrédients sont réunis pour embrouiller encore plus la situation.... Sincèrement, par rapport à ma toute première réaction sur ce topic, je ne suis pas plus avancé sur l'identité des commanditaires de cette opération...

#21 manu

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Posté 18 septembre 2004 à 22:44

hello  :D

Avec les derniers événements en russie, j'ai l'impression que les russes sont en quette d'un 11 septembre pour pouvoir justifier à leur tour un retour au totilarisme et à une futur dictature et pour pouvoir imposer par la force, comme les ricains, leur politique de merde...

Font tous chier avec leur self made attentat pour instorer la peur et nous rendre docile et esclave de leur phantasmes de complexé du zob... :tresfache:

Petit peuple lève toi !!! :guerrier:  :guerrier:  :guerrier:
Une dictature, même de l'Amour, reste une dictature.

Si tu veux la paix dans le monde, commence par trouver la paix intérieur.

#22 achelhi

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Posté 30 septembre 2004 à 19:18

La responsabilité anglo-saxonne à Beslan

Chacun tire ses conclusions du massacre de Beslan. Pour les néo-conservateurs, la Russie ne peut échapper au choc des civilisations. Pour la presse occidentale, Poutine, après avoir écrasé la Tchétchénie, tue ses propres enfants. Mais pour les Russes, cette prise d'otages est le dernier coup fourré des Anglo-saxons pour faire éclater la Fédération de Russie, une provocation de trop qui relance les conflits périphériques de la Guerre froide.

La comparaison est inévitable. À quelques jours du troisième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, la Fédération de Russie a fait face à son « 3 septembre », une méga-attaque planifiée pour provoquer une terreur maximale, non seulement dans le pays, mais partout dans le monde. À l'instar des attentats de 2001, il est fondamental que la dynamique de ce que l'on nomme le « terrorisme international » soit appréhendée dans son contexte propre : l'islamisme radical.

En réalité nous assistons à un vaste remaniement stratégique global, dans lequel le contrôle et la domination de la région du Caucase, de l'Asie Centrale et de ses réserves énergétiques joue un rôle fondamental entre les parties prenantes à l'échiquier géopolitique au sein duquel le terrorisme est rarement un facteur indépendant.

Le « Grand jeu »

Dans le livre collectif Terreur contre l'État national [1], les objectifs des attentats du 11 septembre sont ainsi décrits :

« L'opération a deux objectifs immédiats. Le premier serait de produire une espèce "d'effet Pearl Harbor", créant ainsi les conditions préalables à la justification d'une opération géopolitique à grande échelle, au Moyen-Orient et en Asie Centrale où l'Afghanistan occupe une position stratégique. Le principe de base serait de provoquer un "choc de civilisations" [2], tel qu'il est défini par les idéologues de l'establishment, et dont Zbigniew Brzezinski et Henry Kissinger sont les promoteurs. Dans cette perspective, il se produirait une réaction en chaîne de l'Occident contre le monde musulman. En réalité ce serait une tentative de réédition du "Grand Jeu", mis en œuvre par l'Empire britannique au XIXe siècle, pour disputer à la Russie la domination de l'Asie Centrale, avec toujours l'Afghanistan en position centrale sur le plan stratégique.

Deuxièmement, les attaques fourniraient le prétexte pour l'établissement d'un régime de "gestion de crise" au plus haut niveau du gouvernement de Washington, dans lequel des restrictions aux droits civils seraient appliquées, lesquelles pourraient ainsi s'étendre pour dessiner les contours d'une authentique dictature, et qui serait acceptée par une population dans un état de panique induit ».

L'escalade d'actes terroristes qui a eu lieu dans la Fédération de Russie ces dernières semaines, dont les atrocités de Beslan en Ossétie du Nord, sont le point culminant, est à replacer dans le contexte des actions de Vladimir V. Poutine, non seulement pour rétablir le contrôle de l'État russe sur les ressources stratégiques de son pays, mais aussi son influence sur les pays de l'ex-l'URSS, comme composante d'une stratégie pour positionner la Russie en pivot d'un vaste axe de coopération euro-asiatique.

Parmi les initiatives de Poutine qui ont provoqué la réprobation de l'Occident se distingue son offensive contre les « oligarques », illustrée par l'action judiciaire contre le patron de l'entreprise pétrolière Yukos, Mikhail Khodorkovsky [3]

Dans le journal du ministère russe de la Défense, Krasnaya Zvezda, Mikhail Alexandrov, un expert de l'institut CIS de Moscou, explique : « La situation en Ossétie du Nord doit être appréhendée dans le contexte de la bataille croissante pour le contrôle de la Transcaucasie entre la Russie et les puissances anglo-saxonnes. Les Anglo-saxons prétendent expulser la Russie de la Transcaucasie et ont besoin pour cela de déstabiliser le nord du Caucase et la Russie en général. »

Désormais astreint à la retenue en sa qualité de chef d'État, Vladimir V. Poutine n'en a pas moins pointé dans la même direction. Lors de sa visite à l'hôpital de Beslan, le samedi 4 au matin, il a souligné « qu'un des objectifs des attaques terroristes était de semer la discorde entre les nationalités et de faire exploser le nord du Caucase ».

Dans un communiqué à la nation, il a affirmé postérieurement : « Ce qui est arrivé, est un crime terroriste inhumain et inhabituellement cruel. Ce n'est pas un défi au président, au Parlement ou au Gouvernement. C'est un défi à toute la Russie. À tout notre peuple (...) Désormais nous n'avons plus à faire face à des actes individuels d'intimidation au moyen d'actes terroristes isolés, mais à une invasion directe de la Russie par le terrorisme international ».

Les méthodes de déstabilisation

La déstabilisation de la Russie par la manipulation de tensions politiques au sein des populations musulmanes des républiques de la Fédération, des pays du Caucase et d'Asie Centrale, est au programme des cercles hégémoniques de l'axe Londres-Washington-Canberra depuis l'époque de l'administration Carter. Sous l'inspiration du conseiller à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, et de l'orientaliste britannique Bernard Lewis (inventeur du célèbre « arc de crise »), les services secrets anglo-saxons ont alors manipulé les événements qui ont déclenché l'invasion soviétique de l'Afghanistan et le djihad entre 1979 et 1989.

Rappelons que Bernard Lewis fut formé par Alexander Benningsen, professeur à la Sorbonne, qui prophétisait la destruction de l'URSS par les Tchétchènes ; une théorie qui fut reprise et modifiée par Hélène Carrère d'Encausse, qui imaginait plutôt une pression démographique qu'un conflit de cette nature.

Il est bon de rappeler que l'Afghanistan a été le « terrain d'entraînement » des réseaux de moujahidines, organisés, financés, formés et entretenus par les services secrets états-uniens et britanniques, saoudiens et pakistanais, et d'où proviennent en grande partie les « terroristes islamistes » que l'on désigne aujourd'hui sous le label générique d'Al-Qaida.

Le projet hégémonique des néo-conservateurs majoritaires au sein de l'administration George W Bush et de leurs alliés britanniques et australiens n'est en fait qu'une actualisation de ces plans, comme cela apparaît dans le manifeste du Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC) [4], Reconstruire les défenses de l'Amérique : stratégies, forces et ressources pour un nouveau siècle [5] .

Brzezinski lui-même a publié en 1997 une actualisation de ses idées dans son livre Le Grand échiquier : la suprématie américaine et ses impératifs géo-stratégiques) [6] dans lequel il affirme que l'intérêt premier des USA comme première puissance véritablement globale, est « de s'assurer qu'aucune puissance rivale n'arrive à contrôler l'Eurasie ».

Les événements en Russie et dans leur proche environnement laissent présager une seconde phase autrement plus dangereuse, d'une stratégie de neutralisation du pays comme acteur global dans la période post-URSS, où on ne peut écarter la perspective d'un conflit généralisé. Cela dépendra, dans une grande mesure, de la réaction de Poutine et de son entourage, mais aussi selon Le Grand échiquier, de la compréhension de cette réalité par les autres pays.

Dans un entretien avec Reseña Estratégica (Brésil), un expert de Washington a livré les commentaires suivants, sur les récentes attaques terroristes en Russie : « Il me semble que l'on peut affirmer avec certitude qu'il y a des éléments extérieurs impliqués dans l'attentat terroriste en Ossétie du Nord, dont les objectifs sont les suivants :
1) Provoquer la Russie pour qu'elle mène à bien des actions agressives contre les terroristes, tant sur le terrain militaire que diplomatique, ce qui affaiblira son alliance fragile avec l'Allemagne et la France, tout en favorisant une réconciliation avec les États-Unis et Israël . _ 2) Préparer le terrain pour des actions terroristes ultérieures contre la Russie, si Moscou nie cette menace et offre simultanées.
3) Restaurer l'alliance "atlantiste" contre la Russie, en manipulant la réaction européenne aux actions russes contre le terrorisme.
L'objectif global étant d'affaiblir tant l'Europe que la Russie, en les opposant l'une à l'autre, et en réduisant leur capacité à coordonner une résistance effective aux opérations états-uniennes et britanniques au Moyen-Orient et ailleurs ».

En définitive, Vladimir Poutine a mis les points sur les « i ». L'Occident tient un double langage lorsqu'il demande au Kremlin de négocier avec le soi-disant gouvernement en exil d'Ashlan Maskhadov. « Pourquoi ne rencontrez-vous pas Oussama ben Laden, ne l'invitez-vous pas à Bruxelles ou à la Maison-Blanche pour engager des pourparlers, pour lui demander ce qu'il veut et pour le lui donner afin qu'il vous laisse en paix ? », a-t-il déclaré sans ambages [7].

Certains secteurs en Russie voient aussi cela comme une bonne occasion de reconstruire leurs capacités militaires et stratégiques, de mobiliser la population et de contrer l'offensive de propagande médiatique contre le pays. Évidemment, on ne peut écarter le fait que ces secteurs ont soutenu, ou au moins n'ont pas entravé les plans des terroristes. Il y a des individus - essentiellement liés aux oligarques - en Russie qui peuvent coopérer avec des éléments extérieurs dans une entreprise destinée à affaiblir la Russie.

L'ingérence anglo-saxonne

Relevons quelques points :

- La Lituanie accepte sur son territoire le Kavkaz Center d'où a été diffusé le communiqué de Bassaïev revendiquant le carnage de Beslan. Or, la même Lituanie a fait demander à la Russie, par le chancelier néerlandais Bernard Bot en sa qualité de président tournant du Conseil européen, de fournir des explications sur le dénouement tragique de l'assaut de Beslan, comme si c'était Poutine et non Bassaïev qui était responsable du massacre. Vilnius joue ainsi un double jeu pour déstabiliser Moscou et perturber les relations euro-russes.

- Chamil Basaïev était présenté, en 1991, comme un agent de la CIA lorsqu'il participa aux côtés de Boris Eltsine aux évènements de Moscou. Il reçut une formation en Afghanistan délivrée par la CIA.

- Le soi-disant gouvernement en exil de la République de Tchétchénie est installé à Londres (où son président Ashlan Maskhadov et son porte-parole, Akhmad Zakayev, jouissent de l'asile politique) et à Washington (où son ministre des Affaires étrangères Ilyas Akhmadov jouit également de l'asile politique).

- Le financement du soi-disant gouvernement tchétchène en exil est assuré par le Comité américain pour la paix en Tchétchénie. Il est co-présidé par le théoricien du système, Zbigniew Brzezinski, et par son praticien, Alexander Haig Jr. Il est hébergé par une officine de la CIA, Freedom House [8].

- Les néo-conservateurs, Daniel Pipes [9] en tête, et les think tanks impérialistes comme le Foreign Policy Research Institute (dont Haig est un des principaux animateurs) [10] se sont empressés de saluer la fermeté du Kremlin, espérant entraîner la Russie dans leur logique de guerre des civilisations. Ils ont condamné le New York Times pour avoir qualifié les Tchétchènes de résistants plutôt que de terroristes. Mais ils ne sont pas plus arrivés à leurs fins qu'avec l'Espagne au lendemain du 11 mars, car Vladimir Poutine leur a répondu : « Il n'y a pas de lien entre la politique russe en Tchétchénie et la prise d'otages de Beslan (…) Certains cercles politiques à l'Ouest, nostalgiques de la Guerre froide, veulent affaiblir la Russie comme les Romains voulaient détruire Carthage ».

- Simultanément, la presse dominante, contrôlée par ces mêmes néo-conservateurs, n'a cessé de présenter le pouvoir russe comme responsable des événements et Vladimir Poutine comme un apprenti Staline ou un nouveau Tsar, au choix. La pression était claire : contraindre Poutine à négocier avec le soi-disant gouvernement en exil à Londres, c'est-à-dire faire éclater la Fédération de Russie en échange du label de « démocrate », comme Eltsine avait accepté de dissoudre l'URSS pour gagner les faveurs de l'Occident, enrichir sa famille et ses amis.

Les deux guerres de Tchétchénie ont déjà produit des cortèges d'horreur. L'ingérence anglo-saxonne vise à prolonger ce drame en en rendant le Kremlin responsable. Cette politique criminelle risque de susciter des réponses de même nature de la Fédération de Russie dans les zones d'influence anglo-saxonne et d'engendrer une spirale de violence sur des théâtres périphériques, comme pendant la Guerre froide.




Marivilia Carrasco et la rédaction
Marivilia Carrasco est une analyste mexicaine sur les questions internationales. Directrice de Reseña Internacional, revue liée au Mouvement de solidatrité ibéro-américain.

Reseña Estratégica est une revue réalisée par une équipe d'analystes du Mouvement de solidarité ibéro-américain (MSIa). Édition : Capax Dei Editora Ltda., Rua México, 31, s. 202, CEP 20031-144, Rio de Janeiro - Brésil, fax 55-21-2532-4086 ; e-mail : ocomplo@terra.com.br


[1] Terror contra el estado nacional

[2] « La guerre des civilisations » par Thierry Meyssan, Voltaire, 4 juin 2004.

[3] « Bush, Khodorkovsky & Associates », Voltaire, 13 novembre 2003.

[4] Le PNAC est une association créée par l'American Enterprise Institute pour rédiger le programme de George W. Bush et solliciter le financement de sa campagne électorale présidentielle. « L'Institut américain de l'entreprise à la Maison-Blanche », Voltaire, 21 juin 2004.

[5] Rebuilding America's Defences : Strategies, Forces and Resources for à New Century.Téléchargement (PDF : 852 Ko).

[6] The Grand Chessboard : American Primacy and its Geostrategic Imperatives par Zbigniew Brzezinski, Basic Books, 1997. Version française : Le Grand échiquier, l'Amérique et le reste du monde, Bayard éd., 1997.

[7] Cité par The Guardian, 7 septembre 2004.

[8] « Freedom House : quand la liberté n'est qu'un slogan », Voltaire, 7 septembre 2004.

[9] « Daniel Pipes, expert de la haine », Voltaire, 5 mai 2004.

[10] « Le FPRI et Robert Strausz-Hupé », Voltaire, 24 septembre 2004.

Ce message a été modifié par achelhi - 30 septembre 2004 à 19:19.


#23 achelhi

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Posté 05 octobre 2004 à 20:15

Une résultante de cette malheureuse prise d'otage :

Selon un sondage publié hier, 60% des russes sont prêt à supporter des limitations de liberté de mouvement dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Source : 20 minutes(mardi 5 octobre 2004)

#24 pierre_t

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    et là, ça marche ?

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Posté 06 octobre 2004 à 09:36

Qu'on enferme donc ces 60% et qu'on laisse les 40% tranquille.

Plus sérieusement, il est évident que tous les sondages sont truqués et n'ont aucune valeur, demandez donc aux personnes SUR LE TERRAIN de vous dire comment elles travaillent.

Et encore, ça c'est pour les instituts les moins malhonnêtes.

En "démocratie", ils servent à démoraliser les votants qui se disent "oh ça sert à rien d'aller voter les jeux sont déjà faits".

C'est un instrument de manipulation, pas d'information.

#25 maria

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    Confirmé

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Posté 14 octobre 2004 à 16:22

Bonjour,

La semaine dernière «Aux Grands Reportages», il y a eu une émission sur Beslan.

La concierge de l'école qui demeure juste de l'autre côté de la rue a vu des personnes durant une période de trois mois entré et sortir de l'école.

Elle a alors contacté les policiers et après s'être identifié, on lui a dit de se mêler de ses affaires.

Sachant qu'avec le système russe, tous les mouvements des étrangers sont épiés à la loupe, il m'est apparu évident que les autorités policières étaient au courant de ce qui se passait et de ce qui allait arriver.

Si vous faite un peu de recherche, vous verrez que Vladimir Poutine est un ancien dirigeant du KGB.

Et que les lois de «l'acte des Patriotes» installé par monsieur Bush au lendemain des attentats du WTC a servi à monsieur Poutine pour réinstaller son règne de terreur en Russie.

Présentement, monsieur Paul Martin est en rencontre avec monsieur Poutine afin de lutter contre le terroriste. Je vois en cela plutôt un acte de terroriste à venir au Canada.

Il faut vraiment se tourner vers le Seigneur Jésus qui est le Sauveur et Seigneur de tous ceux qui croient en Lui. Des temps difficiles viendront bientôt sur le Canada mais je ne peux vous donner une date précise sinon que cela devrait être bientôt avec toutes leurs cachotteries.

Cela permettra de mettre en place la police militaire au travers le pays comme il se passe présentement dans plusieurs régions du monde, si vous suivez les nouvelles.

Un document sur «Qui est monsieur Bush» que j'ai conçu peut être envoyé à ceux qui le désirent. Vous n'avez qu'à m'écrire.

:salut: Maria

#26 neonyss

neonyss

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Posté 15 octobre 2004 à 23:25

Citation

Il faut vraiment se tourner vers le Seigneur Jésus qui est le Sauveur et Seigneur de tous ceux qui croient en Lui.


Je sais maintenant pourquoi j'aime manger des religieuses pour mon 16h  :ptdrasrpt2:

#27 Maximus

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Posté 01 septembre 2005 à 23:32

Fait étrange les preneurs d'otages étaient héroinomane.

A part ça voici l'avais de Meyssan : RV

#28 ferma

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Posté 02 septembre 2005 à 09:11

Remarquer qu'il ne cite pas Ben Laden,ni Alquaida,il parle de gens "riches"




MOSCOU, 1-er septembre. (par Aslanbek Aslakhanov, conseiller du Président de la Fédération de Russie - RIA-Novosti).

A la veille des événements tragiques de l'année dernière en Russie, les analystes qui suivaient de près l'évolution de la situation dans le Caucase du Nord russe avaient bien prévenu que les attentats terroristes se poursuivraient, car le terrorisme n'est pas encore vaincu, loin de là!

Quoi qu'il en soit, nul ne pouvait supposer alors que ces attaques terroristes puissent revêtir des formes aussi monstrueuses et cruelles, qu'il s'agisse des deux avions dynamités, de l'explosion à une entrée du métro de Moscou ou de la prise d'otages, dont des enfants, dans une école en Ossétie du Nord et ce, d'autant plus que tout cela s'est produit en l'espace de moins de dix jours et a fait énormément de victimes.

Qui plus est, la question reste toujours ouverte: qui sont les responsables? En ce qui me concerne personnellement, je n'ai rien à reprocher aux structures de force ni aux organes de sécurité russes bien que certains les accusent de n'avoir pas su prévenir les tragédies. Pourtant, dans ces situations extrêmement critiques, lesdites structures ont fait absolument tout ce qu'elles pouvaient.

A mon avis, il est aujourd'hui parfaitement évident pour tous que les attentats en question n'étaient pas l'œuvre de terroristes solitaires. Même Maskhadov et Bassaïev ne pouvaient être que les simples organisateurs de ces crimes monstrueux et non leurs commanditaires effectifs. C'est que les vrais commanditaires de la prise d'otages à l'école de Beslan, des explosions des deux avions russes et des attentats dans le métro moscovite, ce sont en fait des ennemis très bien organisés de la Russie qui voudraient faire le plus de mal possible à notre pays. Ces personnes extrêmement riches se trouvaient à l'étranger et essayaient de faire peur aux gens pour que le peuple se révolte enfin et exhorte la direction du pays à entamer des négociations avec les terroristes. Néanmoins, ce plan cynique a échoué. Dans cette situation critique, le Centre fédéral a adopté une ligne de comportement parfaitement correcte. En effet, sa réaction réfléchie et réservée a alors permis d'éviter une nouvelle recrudescence du conflit entre les Ossètes et les Ingouches, ainsi que l'aggravation ultérieure de la situation sur l'ensemble du Caucase du Nord, bien que certaines "têtes chaudes" fussent déjà prêtes à se venger sur leurs voisins et à faire couler de nouveau le sang. D'autre part, Moscou n'a pas écouté ceux qui essayaient de coller l'étiquette de terroristes à tout le peuple tchétchène et de déclencher ainsi une nouvelle guerre du Caucase.

La douleur laissée par la tragédie de Beslan et les autres attentats de l'année dernière ne disparaîtra avant très longtemps mais on a tout lieu de dire que le pire, ce que les commanditaires d'une attaque terroriste contre la Russie avait espéré, n'est pas arrivé.

Ce message a été modifié par ferma - 02 septembre 2005 à 10:02.


#29 ferma

ferma

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Posté 02 septembre 2005 à 11:00

Beslan : un an après, le mystère s’éclaircit
par Thierry Meyssan*
http://www.voltairen...icle127219.html
Il n’est pas prudent de considérer l’actualité internationale en faisant abstraction des réalités stratégiques. Lors de la prise d’otages du 3 septembre 2004 à Beslan, en Russie, qui causa la mort de 186 enfants, les relais médiatiques dominants s’étaient démarqués de l’horreur en affirmant leur soutien aux « Tchéchènes modérés » d’Aslan Maskhadov, appuyés par Londres et Washington. Pourtant, un an plus tard, Chamil Bassaïev, organisateur de l’opération conçue pour occasionner un carnage, vient d’être proclamé vice-Premier ministre du gouvernement en exil. Avec du recul, on constate donc qu’une fois de plus l’émotion immédiate sert des intérêts plus complexes : le contrôle des ressources de la Caspienne.


Thèmes
Action secrète : renversement de gouvernement, guerre psychologique...
Tchétchénie : le « grand jeu » au cœur de la Russie

  

Il y a un an exactement, le 1er septembre 2004, un groupe d’hommes armés faisait irruption dans une école à Beslan (Ossétie du Nord) et prenaient enfants, parents et professeurs en otages. Au bout de trois jours de crise, d’une série d’explosions et d’un assaut des forces de l’ordre, 376 personnes trouvèrent la mort, dont 186 enfants. Cette action fut revendiquée par Chamil Bassaïev, un chef de guerre tchétchène. Étrangement, la presse occidentale, loin d’exprimer la moindre compassion pour les Russes, s’acharna contre le président Poutine, accusé d’être responsable du carnage à la fois parce qu’il entretiendrait une atroce guerre coloniale en Tchétchénie et parce qu’il aurait ordonné un assaut aveugle. Certains auteurs allérent plus loin en accusant Vladimir Poutine d’avoir délibéremment provoqué le bain de sang pour justifier de nouvelles mesures autoritaires [1]. De son côté, le Kremlin répondit en affirmant que la prise d’otages serait sans lien avec le conflit tchétchène, lequel serait en voie de normalisation, mais montrerait que la Russie serait devenue une cible du terrorisme international. Cette version fut bientôt modifiée, des experts russes laissant entendre que l’opération aurait en réalité été commanditée par les services britanniques pour affaiblir le pays [2].

Un an après, que savons-nous de ce drame, des objectifs politiques de ses protagonistes et de ses conséquences ?

Le drame tchétchène
Pour répondre à ces questions, il convient d’abord de resituer cette affaire dans son contexte. La Tchétchènie est un État membre de la Fédération de Russie qui a connu deux guerres successives en une décennie et reste plongée dans le chaos [3]. Pour ceux qui ont une vision ethnique de la Russie, blanche et orthodoxe, la question ressort des classiques guerres coloniales. À l’inverse, pour ceux qui ont définition eurasiatique de la Fédération, le problème actuel est une conséquence de l’effondrement de l’État dans la période 1991-1999 au cours de laquelle le président Eltsine hésita entre la guerre à outrance contre sa propre population et l’indépendance de fait. La vacance du pouvoir aurait à la fois profité aux bandes armées et aux précheurs islamistes selon un schéma comparable à celui qu’a connu l’Afghanistan à la même époque.

Ces deux points de vue peuvent être également étayés, mais il importe de bien comprendre les idéologies qui les sous-tendent. La vision ethnique est défendue, en Russie et en Tchétchènie même, par l’extrême droite, et en Occident par les partisans du « choc des civilisations ». La vision eurasiatique est promue par le président Poutine qui ne manque pas une occasion de célébrer l’apport musulman dans l’édification de la Russie [4].

L’analyse historique donne raison aux eurasiates, comme l’a noté le professeur Francisco Veiga de l’université de Barcelone [5], mais il n’infirme pas pour autant le point de vue ethnique qui peut constituer un projet politique.

Quoi qu’il en soit, la question tchétchène est aussi, et peut-être surtout, une question stratégique internationale : cet État est traversé par un réseau d’oléoducs indispensable à l’expoitation russe du pétrole de la Caspienne. Dès lors, il y va de l’intérêt des rivaux et adversaires de la Russie, et singulièrement des États-Unis, que le conflit s’éternise voire qu’il s’étende à tout le Caucase [6]. Ceux-ci déploient des efforts visibles dans la région. Ils ont placé des hommes à eux en Géorgie dont ils encadrent l’armée et contrôlent l’espace aérien depuis leur base turque d’Incirlik [7]. En réponse, les Russes soutiennent en sous-main, en Géorgie, les séparatistes d’Ossétie du Sud [8].

Les élections d’août 2004
Le processus politique en cours permet à la Fédération de Russie d’organiser des élections en Tchétchènie, le 29 août 2004. Les observateurs internationaux unanimes, y compris ceux de la Ligue arabe, attestent de la sincérité du scrutin, tandis que, fidèle à elle même, la presse occidentale persiste à dénoncer une mascarade organisée par l’apprenti-dictateur Poutine.


Rencontre Chirac-Poutine-Schröder à Sochi, la veille de la prise d’otageL’appel des indépendantistes à boycotter le scrutin est peu suivi, puisque le taux de participation atteint 79 %. Le général Alkanov, candidat pro-Fédération, est élu sans difficulté. Mauvaise joueuse, la presse occidentale voit dans ce résultat la preuve d’une manipulation. Deux jours plus tard, le président français, Jacques Chirac, et le chancelier allemand, Gerhard Schröder, qui ont une toute autre analyse, font le voyage de Sochi pour féliciter le président Poutine d’avoir réussi à rétablir des institutions démocratiques en Tchétchénie.

Les partisans du chaos n’avaient pourtant pas ménagé leur peine pour faire échouer le processus politique : le 24 août, un Tupolev 154 reliant Moscou à Sochi et un Tupolev 134 reliant Moscou à Volgograd explosaient en vol, provoquant la mort de 90 personnes. Après avoir évoqué de possibles accidents, les autorités russes admettaient que les deux avions avaient fait l’objet d’attentats. L’action était revendiquée par les Brigades Al-Islambouli (Kata’ib al-Islambuli) [9]. Le 31 août, la même organisation faisait exploser une bombe à Moscou, devant la station de métro Rizhskaya, tuant dix personnes et en blessant une cinquantaine. Mais le plus terrible restait à venir.

Le massacre de Beslan
Le 1er septembre, 32 hommes et femmes en armes pénétrent dans l’école de Beslan (Ossétie du Nord, Fédération de Russie) au cours de la cérémonie du « jour de la connaissance ». Ils rassemblent 1300 otages, élèves, parents d’élèves et personnels, dans le gymnase de l’établissement, qu’ils piégent avec quantité d’explosifs.


Image d’une vidéo prise par les preneurs d’otages, à l’intérieur de l’écoleLes forces de sécurité encerclent l’école, tandis que le docteur Leonid Roshal (qui avait déjà été le négociateur lors de la crise des otages du théâtre de Moscou) vient parlementer. Cependant, les preneurs d’otages n’expriment aucune revendication, refusent de donner à manger et à boire aux otages, et en abattent 20 chaque fois que l’un d’entre eux est blessé par les forces de sécurité.

Pendant ce temps, le Kremlin, qui ne considére pas cette affaire comme émanant de la cause tchétchène, mais comme commanditée par une puissance étrangère, saisit le Conseil de sécurité des Nations Unies. Celui-ci refuse de débattre d’un projet de résolution et se contente d’un communiqué de condamnation de la prise d’otage et des attentats aéronautiques exhortant la communauté internationale à coopérer avec les autorités russes pour arrêter et juger les coupables [10].

Le lendemain, l’ancien président d’Ingouchie, Ruslan Aushev, tente à son tour une médiation, et obtient des libérations au compte-goutte. Les enfants sont toujours privés d’eau et de nourriture, contraints de boire leur urine pour survivre. Les preneurs d’otages se montrent particulièrement insensibles et sarcastiques. Leur chef déclare agir sur ordre du chef de guerre Chamil Bassaïev, sans formuler d’exigence. Il joue le pourrissement de la situation, tandis que les médias du monde entier affluent dans la petite ville. Soudain, il requiert la venue de plusieurs personnalités et déclare qu’il ne donnera à boire aux enfants que lorsque le président Poutine aura annoncé à la télévision l’indépendance de la Tchétchénie.

Le troisième jour, les preneurs d’otages autorisent les services médicaux à venir évacuer les cadavres de 21 otages abattus car, la chaleur et l’humidité aidant, ils commencent à se décomposer. Une explosion retentit à ce moment-là sans que l’on sache exactement s’il s’agissait d’un coup de feu tiré par un parent d’élève de l’extérieur de l’école, ou plus probablement d’une des bombes déclenchée accidentellement. L’explosion fut le signal d’une fusillade générale au cours de laquelle les forces de l’ordre donnèrent l’assaut. Les tirs et les bombes firent 376 morts, dont 11 soldats russes et 32 preneurs d’otages.

Un seul preneur d’otages survivra et sera jugé. Les autopsies révéleront que 22 de ses compagnons d’armes étaient des toxicomanes en état de manque au moment de leur mort. L’identification des attaquants est toujours sujette à caution.
(toxicomanes?Ou des personnes venant de guantanamo??Relisez les témoignages d'anciens prisonniers,et les expériences qu'ils ont subies :cogite: )
L’action a été revendiquée par Chamil Bassaïev et condamnée par le porte-parole du gouvernement tchétchène en exil à Londres, Ahmed Zakaïev.

Quelques remarques
Pour réaliser l’attaque de Beslan, Chamil Bassaïev n’a pas pu compter sur des forces militantes. Il a dû utiliser des toxicomanes, rétribués en drogues, encadrés par quelques combattants aguerris. M. Bassaïev ne dispose pas en effet de légitimité en Tchétchénie et n’a pas de partisans. C’est un chef de guerre qui a connu une carrière de mercenaire dans divers conflits, avant de tenter en vain une percée politique en Tchétchénie, puis de revenir à des activités militaires.

L’opération était conçue pour se terminer en carnage. Le gymnase avait été piégé avec des bombes accrochées aux plafonds par des sparadraps. Un système si précaire que l’on se demande comment il a bien pu tenir trois jours complets. Il semble que l’encadrement militaire du groupe avait prévu de prendre la fuite en sacrifiant sa piétaille, mais a été pris de court par les évènements.

Le commando n’a pas formulé de revendication avant la fin du second jour, c’est-à-dire avant l’arrivée des journalistes étrangers. Au demeurant cette revendication était irréaliste et de pure forme. L’objectif était donc de créer une situation de crise, pas de marchander quoi que ce soit.

La prise d’otage intervient trois jours après l’élection présidentielle en Tchétchénie et quelques heures après la fin du sommet russo-germano-français de Sochi, saluant la normalisation politique de la Tchétchénie. Son objectif principal est de stopper le processus politique et la reconnaissance internationale de l’action de Vladimir Poutine pour établir la démocratie.

Les masques tombent
À l’approche du premier anniversaire du massacre de Beslan, Chamil Bassaïev, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international, a donné une interview à une chaine de télévision états-unienne. Puis, il a été nommé vice-Premier ministre du gouvernement tchétchène en exil à Washington et à Londres, qui avait pourtant officiellement condamné l’opération de Beslan. La distinction, imaginée par les partisans ouest-européens de l’indépendance de la Tchétchènie, entre les « durs » comme Bassaïev (que tous les Occidentaux condamnent) et les « modérés » du gouvernement provisoire (avec lesquels on déplore que le président Poutine refuse de discuter) n’est donc qu’un artifice de communication.
Ce gouvernement est appuyé par l’American Committee for Peace in Chechnya de l’ancien conseiller national de sécurité Zbigniew Brzezinski, installé dans les locaux de la Freedom House [11] de l’ancien directeur de la CIA James Woolsey.
Chamil Bassaïev revendique des liens récents avec Oussama Ben Laden que les États-Unis prétendent aujourd’hui rechercher en vain.

M. Brzezinski est connu pour avoir personnellement recruté Oussama Ben Laden lorsque celui-ci vivait à Beyrouth et lui avoir confié l’organisation d’attentats en Afghanistan visant à provoquer l’intervention soviétique. Dans ces divers ouvrages et conférences, M. Brzezinski n’a cessé de préconiser le démantélement non pas seulement de l’URSS, mais de la Fédération de Russie et d’apporter son soutien à tous les séparatismes pourvus qu’ils soient anti-Russes.

Ce que l’on peut en conclure
L’opération de Beslan a été perpétrée non par des militants, mais par des mercenaires. Elle ne visait donc pas à défendre une cause, que ce soit l’indépendance de la Tchétchénie ou l’instauration d’un Califat. Elle participe du « grand jeu » qui oppose les grandes puissances pour le contrôle du Caucase et des ressources de la Caspienne. Son organisateur, Chamil Bassaïev, est aujourd’hui vice-Premier ministre d’un gouvernement en exil ayant pignon sur rue à Washington et à Londres. Ce dernier dispose de toute l’aide logistique nécessaire fournie par le gouvernement des États-Unis via des officines connues de la CIA.

Thierry Meyssan
Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire.
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Maximus

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Posté 02 septembre 2005 à 22:00

Citation

Pour « Libération », à Beslan tous les Russes sont coupables ou complices
Image IPB
Parmi les articles qui ont traité de la commémoration du massacre de Beslan, nombreux sont ceux qui imputent aux forces russes la responsabilité du bilan ; Non pas qu?on reproche aux forces de l?ordre de ne pas avoir su protéger les otages, mais qu?on les accuse d?avoir elles-mêmes tués les enfants au cours d?un assault aveugle. Dans l?imaginaire occidental, le Russe, c?est bien connu, même s?il n?a plus de couteau entre les dents, reste un être cruel.

De déclarations désespérées des proches de victimes en diabolisation du président Poutine, la presse atlantiste, amalgame dangereusement le ressentiment des familles aux résultats insatisfaisants de l?enquête, de telle sorte que la tristesse s?érige en vérité et qu?il n?est plus aucunement question des preneurs d?otages.

C?est tout particulièrement le cas du journal Libération, titrant « À Beslan, Poutine tente d?acheter le silence des victimes ».

Partant de l?axiome selon lequel c?est Vladimir V. Poutine qui est le responsable du massacre, l?article présente les indemnisations versées aux familles de victimes comme un moyen pour le Pouvoir à la fois d?acheter le silence des familles et de diviser la population de Beslan entre pauvres et « nouveaux riches ». Suit une description du comportement des indemnisés qui montre qu?en Russie le petit peuple ne vaut guère mieux que ses dirigeants.

Par aileurs, Libération n?avait pas interprété l?indemnisation des familles de victimes des attentats du 11 septembre comme une tentative de l?administration Bush d?acheter leur silence. Or, dans ce cas, il aurait précisément été fondé à le faire puisque l?indemnisation était soumise à condition : les familles devaient s?engager par écrit de renoncer à toute poursuite judiciaire, c?est-à-dire de renoncer à connaître la vérité. Par contre, aucune clause n?a été posée par le gouvernement fédéral russe pour les indemnisations des familles de victimes de la prise d?otages de Beslan.
http://www.voltairen...icle127334.html

J'ai lu la même chose dans Le MOnde.
C'est vraiment degueulasse de traiter l'affaire de cette manière.

On croirait que c'est le gvnt Poutine qui a pris en otage les enfants.