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L'entrée de La Turquie dans la communauté européen


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Posté 15 octobre 2004 à 19:08

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Par Claude Lamirand - le 17 Juillet 2004


    DUPONT-AIGNAN OU LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE

    Dans sa rubrique Débats et Opinions, Le Figaro du 2 Juillet 2004, page 12 donne la parole au député UMP de l’Essonne, président de Debout la République à propos de la demande d’adhésion de la Turquie. Le député s’exprime dans un article intitulé : " Turquie : il n’y a rien d’irréversible ". Un article malheureux qui traduit la fixation d’une réflexion sur des thèmes passéistes, des peurs imaginaires et un rejet des " anglo-saxons ", ce dernier terme étant le discriminateur de tous ceux qui de la gauche à la droite conservatrice la plus dure, sont encore dans une affirmation d’un nationalisme français d’ostracisme.

    Monsieur Dupont-Aignan égrène ses peurs, ses craintes d’ou il émerge non seulement un rejet de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, mais une définition malhtusienne de l’Europe dans le souci de conserver une République française jacobine, étatiste et impérative.

    La question du référendum en général

    On peut toutefois être d’accord avec lui sur le principe de l’organisation d’un référendum, comme cela aurait dut être le cas pour tous les élargissements de l’Union européenne, et non juste pour celle de la Turquie qui serait ainsi discriminée dans l’approche actuelle de sa candidature par les débats en Europe. La candidature de la Turquie pourrait être abordée dans un référendum sur nouvel élargissement pour un nouveau groupe de pays candidats, mais les souverainistes exclus à priori un élargissement supplémentaire des pays qui sont aujourd’hui sur les marches de la Russie, la Russie elle-même sans que le critère de leur appartenance à la chrétienté ne les aide a se faire accepté dans l’Europe vortex de Debout la République. Au positif, Monsieur Dupont-Aignan ne peut qu’être suivi lorsqu’il demande un référendum sur l’adhésion turque pour que les citoyens européens aient le droit de dire leur avis et de décider sur des configurations européennes qui engagent leur avenir et leurs moyens. Il n’a pas tort non plus lorsqu’il dénonce " l’irréversibilité " d’une adhésion de la Turquie, terme employé par Jacques Chirac. Il y a dans les termes du président français un acte de disposition qui impose aux Français, et ailleurs en Europe, une décision de conciliabule du sommet qui s’exonérant de principe et a priori de l’avis des peuples. Cette démarche n’est pas gaulliste comme le laisse entendre le député de l’Essonne, mais plutôt bonapartiste. Elle fait du mal à la démocratie française mais aussi à l’idée européenne de plus en plus mal perçue institutionnellement par les citoyens qui ont l’impression de ne compter pour rien. L’union de l’Europe qui reste un projet d’union politique perd ainsi beaucoup de substance et de support populaire à n’être monopolisé que par des accords entre Etats, fussent ils des accords passés entre gouvernements légitimes du point de vue de la démocratie nationale de chacun.

    Effectivement, sur ce point, même un europhile sincère peut se demander quels sont les gains démocratiques de la construction européenne et quelle conséquences cela emporte pour les démocraties nationales membres ? De toute évidence, c’est la contribution positive au débat des députés Dupont-Aignan, comme Philippe de Villiers que de le rappelé sans cesse. Il n’est pas normal, et dangereux, que des démocraties membres et périphériques s’éteignent dans le syphonnage du centralisme technocratique des institutions européennes. Cette façon de faire l’Europe, non par le moteur franco-allemand, mais par des décisions d’Etats souverains exonérés de la consultation des peuples, accrédite et alimente avec raison la crainte de ceux qui redoutent la naissance d’un Super Etat européen parvenu a capter les souverainetés de ses membres mais animé aussi par leur consensus étatiste. Même un europhile objectif, et pas les machins passionnés prêts à faire l’Europe à n’importe quel prix, écoute et admet en partie les arguments souverainistes sur la question de la participation des peuples d’une part, et sur le vide démocratique de la décision et de l’action qui est en train de se mettre en place dans les institutions européennes. C’est là un point important que les fédéralistes doivent résoudre, notamment en permettant au Parlement européen de provoquer lui même un référendum continental sur les questions européennes. Et les questions d’élargissement en sont éminemment un des sujets les plus importants comme d’ailleurs la constitution européenne, ou les Européens sont dramatiquement dépendants des procédures nationales de chaque Etat membre pour se prononcer, directement ou par leurs représentants, sur un sujet constitutionnel les impliquant tous de la même manière. Jacques Chirac comme Tony Blair ont tranché en faveur de la démocratie directe et convoqueront un référendum, d’autres pays aussi le feront, mais pas les Allemands par exemple dont la constitution ne prévoit pas la procédure du référendum. Il n’est pas normal que des peuples puissent approuver un projet soutenu par leur gouvernement ou le rejeter, et que d’autres ne disposent pas de cette possibilité. Les Allemands, essentiels dans le dispositif français en Europe ne devraient pas être privés du droit de ce prononcer eux-aussi directement. Ce que la constitution allemande ne prévoit pas, ne veut pas dire qu’elle l’interdit, et dans cette logique, il serait bon pour l’Europe démocratique, que les autorités légitimes allemandes convoquent aussi l’électorat allemand pour que l’Europe ne reste pas une affaire d’Etat, mais soit de nouveau la passion des peuples. Un droit d’initiative du Parlement européen pour convoquer les électeurs européens aurait bien sur résolu l’iniquité des Européens devant la construction historique et pacifique de l’union de l’Europe. Toutefois, il serait contradictoire et surprenant, que les députés Dupont-Aignan comme Philippe de Villiers admettent un droit de convocation des électeurs européens au Parlement européen, ils y verraient probablement une atteindre nouvelle à la souveraineté des Etats, ce qui ne ferait que confirmer, comme nous le pensons, que leur critique du vide démocratique européen est un argument fallacieux dissimulant leur refus de l’Europe.

    Le refus de la Turquie : sommes de peurs nostalgiques

    Intermède radiomorphée : " Ce matin, le Conseil Européen a écouté le discours du Grand Turc, annonçant les nouveaux objectifs de l’Europe sociale pour la mandature parlementaire qui commence : 1° La liberté de religion est réaffirmée et d’ici 5 ans, le Grand Turc prévoit d’abolir dans tous les Etats membres les lois interdisants aux citoyens de porter le signe de leur religion. 2° Dans la tradition française de la Poule au Pot, le Grand Turc, à décidé que d’ici 5 ans, chaque européen se verra offrir un kebab gratuit à la fin du Ramadan. 3° Le Conseil européen a approuvé la demande du Grand Turc pour changer l’étoile de la Turquie sur le drapeau de l’Europe, en croissant rouge, plus conforme à la culture et à la civilisation des Européens d’origine Turque…Ce Croissant turc sera plus grand que les étoiles et placé au milieu du drapeau de façon à satisfaire les anti-Turcs réclamant depuis longtemps qu’une place particulière soit faite à la Turquie en Europe. Ces mesures devraient être approuvées par le Parlement européen sans difficulté ou la majorité absolue, écrasante, homogène et islamiste du Parti turc Soleil d’Allah sur l’Occident (en Turc : Ont les a bien eu ! Warf, warf !) domine très largement. " crachote le réveil de Monsieur Dupont-Aignan en cet an I de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. " Nom d’une babouche ! " s’écrit il en composant le numéro de téléphone du Pape à Rome d’une main et cherchant la station radio Classique de l’autre pour se réconforter avec la musique des Walkiries. Sur un aéroport dans une campagne française encore endormie dans la brume du petit matin, à l’heure ou le soleil d’Orient ne caresse encore que les têtes chauves des vers de terre de la bonne terre chrétienne, républicaine, grasse et nourricière de France, un avion de tourisme pointe ses hélices tournoyantes en direction de l’Occident, vers la ville " Anglo-saxonne " de New York, dernier centre de la résistance française des souverainistes européens du Parlement. Dupont-Aignan, beau comme " Flash Gordon " s’envole en cette sixième heure du matin sonné au clocher de l’Eglise d’une France Tranquillement affolée vers l’horizon des exclus d’hier devenus les " amis enviés des andouilles d’ici ". (Oui, ils ne se réunissent plus en Europe parce que les députés Turcs sont très nombreux et en plus très jeunes. Ils sont là à traîner dans les couloirs, font du roller avec un balladeur sur les oreilles, pendant que leur marmaille hyper nombreuse occupe les salles de réunions transformées en salle de jeux ou ils jouent aux fléchettes, boivent de la bière et regardent les dames députées turques se déhanchées au milieu des tapis volants en provenance direct du Califat de Bagdad ! Il font du bruit et les députés européens, blancs, français et catholiques notamment, n’arrivent plus à se reposer. Certains parviennent à se rattraper dans l’hémicycle européen, ou ils se réveillent en sursaut au nom de " Algérie française !" et d’autres, plus nostalgiques encore entonnent la chanson de Rollan, …quand ce n’est pas la Marseillaise ou au cris de " Sus aux Sarrazins !". Des eurodéputés redécouvrent la jeunesse et s’habillent même en conte de Dracula, célèbre héros hongrois ayant arrêter les Ottomans, il y a très, très, mais alors très longtemps…En plus, il y règne une étrange odeur de cuisine, naguère attribuée aux Anglais, ce qui est d’un choquant comme si les Anglais savaient faire de la cuisine, mais désormais aux Turcs ! Sans parler des nouvelles toilettes carrément dangereuses pour les personnes d’un certain âge….d’ailleurs on a jamais vu autant de monde dans les jardins. A la bonne franquette, quoi ! Les Ecolos sont ravis !) Il faut dire que Bruxelles à bien changée avec l’arrivée des Turcs. La ville est devenue …pittoresque…avec ses tentes colorées et ses chameaux (le zoo local à fermé ses portes) et le soir tombé, c’est une ville ennuyeuse ou les eurodéputés déambulent à pied ou en fauteuil roulant dans des rues désormais désertées des prostituées albanaises (application de la Charia). La population belge locale se félicite du " nettoyage " et anime des associations civiques formant aujourd’hui le célèbre mouvement populaire belge : Les Janissaires. Au marché noir, un Croissant vaut dix Croix…Une vague odeur de loukoum et de viande de mouton grillé remplace désormais celle du gasoil d’antan sur la ville de Bruxelles, euh, pardon, Al-Brusselstamboul, résidence permanente du Grand Turc, palais Topkapi….Soudain Philippe de Villiers s’éveille d’un sommeil agité ou il a crut que Dupont-Aignan était devenu un pote des " anglo-saxons ". " Ce n’était qu’un rêve, Philippe ! " se dit il à lui-même. Un eunuque dépose le plateau du petit déjeuner, intangiblement porteur d’un café noir, d’un petit pot de lait, un sucre de Guadeloupe, deux croissants français, un petit crucifix saboté dans son support, le journal La Croix et un rasoir " à pensées " pour lire l’avenir comme Sarkosy…Traumatisé par son rêve et le regard perdu dans les chemins de cailloux coupant les champs et les forêts couverts par la brume du matin, la tête embaumée du son des cloches de l’éternité qui sonnent l’alarme " à l’Infidèle " et se voyant, oriflamme au vent, la stature haute, la visière d’un casque sans âge rabattue, il chevauche tel le Messie lui même, les étroites limites de son Europe chrétienne comme un féodal faisait le tour des villages pour chopper les vierges. Pendant ce temps, son café est chagrin de voir le Chevalier du Saint Sépulcre des Herbiers, croquer le sucre qui lui était destiné. Ah, la destinée… Nul doute que ce dessine désormais un affrontement Nord-Sud en Europe : L’Europe de Bruxelles la décadente contre l’Europe de Rome malgré elle, ou l’Amour de Dieu grandirait chaque jour à la vitesse de la montée des murs de la Forteresse Europe dont la particularité est que les assaillants font le siège à l’intérieur.

    

    Reprise : Alors que la constitution européenne semble assez mal partie du fait que l’Allemagne et la France ne parviennent pas à convaincre tous leurs partenaires, et que les nouveaux adhérents permettent l’expression d’un môle transatlantiste au sein des institutions européennes s’opposant aux thèses du pôle franco-allemand, Monsieur Dupont Aignan qui est le Don Quichotte de l’histoire, tient déjà pour un fait acquit qu’elle est adoptée pour faire valoir qu’une Turquie de 100 millions d’habitants détiendra 20% des droits de vote du Conseil européen…loin devant la France, précise t’il.

    Cet argument sur la domination démographique de la Turquie, est le premier problème de la construction européenne qui s’est construite sur la base de souverainetés associées en co-décision et qui arrive aujourd’hui à la fin de ce modèle. Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, en inspirant et poussant à la création du Parlement européen avaient vu les limites du système originel. Le Parlement européen est une institution fédérale de principe mais détourné de ses objectifs à cause du mode de scrutin qui reste nationalement dépendant. Chaque Etat membre fixe ses propres règles à un scrutin pour une institution fédérale. Force est de constater que dans chaque pays, les élections européennes sont le prolongement des combats nationaux entre les forces partisanes qui ne posent pas les questions pour construire l’Europe, réservant ce domaine à l’initiative étatique, mais qui se demandent tous comment renforcer l’influence de l’Etat membre au sein de l’institution fédérale. A partir de là, il ne s’agit plus de construire l’Europe, mais de tenter de reproduire la représentation nationale au Conseil européen dans une institution fondamentalement qui devrait se concevoir pour gérer et décider selon les intérêts de l’Europe et non, fusse en consensus, sur celui d’une ou plusieurs de ses parties.

    En fait, le nombre de voix de la Turquie n’a d’importance que dans le cadre ou l’on maintien le Conseil européen dans les principes actuels qui le dirigent : l’influence des Etats sur l’ensemble. Les limites sont atteintes et tout Etat qui délèguera désormais à un autre un droit de " sureprésentation " sera lésé pour la raison évidente que les grands Etats visent moins à faire une politique profitant au continent, qu’a potentialiser autour d’eux les bénéfices de l’union des autres. Dans l’Europe que propose la constitution, il y aura des Etats suzerains et des Etats vassaux contraints à jouer leur différence en louvoyant sur des questions de détails. La constitution prétend " améliorer le fonctionnement de l’Europe ", ce qu’il faut comprendre qu’elle clarifie les règles de fonctionnement des Etats entre eux d’une part, et de l’autre, qu’en fait d’amélioration, elle ne fera que déplacer le champ de suspicion et de frustration des petits Etats et des Etats moyens. Ses frustrations trouveront simplement de nouvelles bases d’appuis sur des nouvelles règles. Tant que l’Europe ne sera pas pleinement indépendante des Etats-membres et équitable sur leur représentation et leur participation, elle restera cet ensemble de la dispersion, avec le risque que des membres en deviennent les satellites plus ou moins libres dans une galaxie dont l’Europe de la constitution serait la planète Saturne entourée d’un certains nombres d’anneaux, l’ensemble tournant autour d’un soleil Américain de toute façon et dans toute les configurations.

    Cette question de la " sureprésentation " est importante car elle rejoint la question similaire du droit des organisations internationales ou les Etats entre eux conviennent de décisions pour eux-mêmes ou pour les autres, contraire aux dispositions constitutionnelles qui les cadrent ou aux principes de liberté qui normalement les inspirent, et dont les peuples ont disposé pour eux-mêmes. Les accords entre Etats sont producteurs de principes de gouvernement dangereux pour le respect de la démocratie et des libertés individuelles parce qu’ils s’exonèrent des peuples et les engagent quand même. Si la constitution européenne permet la reconnaissance de la personnalité à l’Union européenne, permet la création d’un Président de l’Europe et de mettre en place un ministère des Affaires Etrangères et de la Défense, elle pêche gravement sur les sources de la décision et de la disposition, sur la démocratie, sur les libertés individuelles et les recours des citoyens pour faire respecter leur droit. De quel sorte de droit, des Etats membres quelqu’ils soient devraient souffrir d’être sous représentés au profit d’Etat plus peuplés comme la France et l’Allemagne ? L’hostilité des Français à l’adhésion de la Turquie repose bien sur le refus des Français de se voir appliquer des principes de représentation qu’ils revendiquent pour les petits Etats et les Etats moyens. Dans l’Europe actuelle ou celle de la Constitution proposée, la Turquie sera effectivement un membre sur lequel il faudra compter, membre de l’Otan, partie d’avenir du dispositif global de défense américain, comme la Pologne, et à ce titre potentiellement contradictoire aux positions de la France en matière de politique étrangère et de politique de défense. Ce n’est pas d’hier que la France ne conçoit l’Europe que comme une Grande France, et si les autres Européens parvenaient à comprendre cela, ils mesureraient mieux le danger que la France représente pour la stabilité et la pérennité de l’union de l’Europe. Ces Europes " naturalisées " par un de ses peuples ne fonctionnent pas depuis que l’Europe s’appelle Europe. Le projet français pour l’Europe est limpide. Il tient compte des moyens de la France, de leur insuffisance pour assurer ses ambitions et veut " potentialiser " le partenaire allemand pour dominer le continent avec lui dans le cadre de la vieille rivalité qui a toujours opposé Français et Anglais, qu’il faut entendre comme le Grand Large (les UK d’abord, puis maintenant les USA) par rapport à une ambition française de la Terre continentale. Ne pouvant plus être le " centre du monde " a elle toute seule, la France veut devenir le " centre de l’Europe " pour faire de l’Europe le " centre du monde ". C’est un système de poupées russes ou celui des anneaux de Saturne. Nos partenaires et nos alliés peuvent ils admettre de servir à ce prix la " Grandeur de la France " ? L’histoire de l’Europe ne nous a t’elle rien enseigné de la grandeur des Etats et de la putréfaction des peuples, comme si l’homme ne venait au monde que pour exhaler sa puanteur ? La gloire pue la mort, et en Europe, plus que partout ailleurs dans le monde, ce serait un crime contre notre civilisation ne pas le comprendre cette fois. La France est encore dans une logique de " concert des Nations " là ou il faut construire le " concert des Peuples " en Europe. Ce que l’Union européenne fédérale doit apporter, ce sont la séparation des pouvoirs, la démocratie directe entre les peuples de l’Europe et les institutions représentatives et dirigeantes de l’Europe, les contres-pouvoirs et les droits de recours des citoyens contre les décisions de ces institutions comme pour utiliser le droit de ces institutions pour faire respecter leurs libertés et leurs droits dans les juridictions nationales. Et là, on mesure toutes les dérives du projet de constitution européenne, étatiste et faisant la part belle aux grands Etats qui serviront les corporatismes, leur propre droit au nom de la souveraineté perdue des peuples au nom desquels ils agissent sans rien leur demander et qui flatteront l’orgueil meurtrier des peuples dans un " concert des Nations en Europe " qui ne sera qu’une nouvelle course ouverte à la Grandeur, à la Gloire et au Prestige des Grands Etats. Une Europe menaçante des libertés effectives protégées virtuellement par des textes merveilleux au propre comme au figuré, une Europe de potentialisation de la course à la puissance de ses plus grands Etats, une Europe de la frustration pour les autres. La Turquie doit entrer dans l’Europe, parce qu’elle va renforcer le contre pouvoir contre les Grands Etats impériaux de l’Ouest de l’Europe en rééquilibrant la politique de défense et la politique étrangère vers des problèmatiques de l’Est européen. La Turquie va permettre de donner du poids à tous les pays de l’Est européen de la Baltique à la Mer Noire qui ont aussi des intérêts de toutes sortes à faire prendre en compte dans le Grand Est européen (Russie, Belarus, Ukraine notamment). Et les Arméniens devraient se réjouir de l’entrée de la Turquie en Europe sur ce point. L’Europe de la défense, l’Europe de la politique étrangère comme l’Europe du Marché Unique NE PEUT PAS continuée d’être définie par l’Ouest du continent si elle veut véritablement être l’Europe des Européens. Par conséquent, que des Etats demandent aux autres d’accepter leur sous-représentation est constitutif de très graves lacunes pour l’unité de l’Europe, le jour ou la Russie, et la Turquie seront des puissances économiques, diplomatiques, militaires et concurrentes d’un niveau égal et supérieur à l’Ouest européen. Elles exerceront obligatoirement une grande influence sur l’Est européen dont elles constituent selon la géographie, les arrières pays commerçants ancestraux et naturels. Et c’est sans parler de l’Otan soutenu d’Ouest en Est par des membres atlantistes de l’Union Européenne, et sans rien dire de l’intérêt des Russes à pouvoir jouer de l’étendue de leur territoire et de leurs richesses naturelles, entre l’Union européenne forteresse et les Etats Unis…nos alliés, au service de l’Europe jusqu'à présent.

    Le Conseil européen ne peut pas devenir cette enceinte ou des peuples seraient mis dans une tutelle pour des raisons techniques de gouvernance. La question de la Gouvernance de l’Europe est moins importante que son leadership et de qui le tient ! Ce serait là construire l’Europe à revers des valeurs démocratiques et de la représentativité, et c’est pour cette raison, notamment, que la constitution européenne est mauvaise, parce qu’elle prétend faire cohabiter une Europe en souverainetés associées dirigées par des Etats prépondérants, inégalitaires en démocratie d’un côté, et de l’autre poursuivre de produire des contradictions avec un système fédéral cantonné à la production bureaucratique. Les voix de la Turquie posent donc un problème d’influence au sein du Conseil européen, mais pour des raisons qui relèvent d’abord de la contradiction du projet français pour diriger l’Europe avec l’appui constant de l’Allemagne. La France veut " consommer " l’Europe, et elle veut accepter de la vivre à condition d’en vivre. La Grandeur est a ce prix ! Le prix de la domination des peuples au profit de la Grandeur d’un peuple. Il ne faudrait pas croire que nos dirigeants en France ne sont tocards que sur les questions économiques et sociales. Ils le sont éminemment sur les questions internationales et européennes. Il n’y a que des Français pour acheter des pommes pourries sur les marchés et parvenir à faire croire aux Européens que ce sont les plus belles pommes du monde. Vu la mollesse allemande, quelque part ils sont ce qu’ils écoutent. Allemands, réveillez vous ! Les Français sont en train de vous embobiner !

    Le problème, c’est le souverainisme, pas la Turquie. Un Conseil européen peut être transformé en Sénat avec un nombre fixe de représentants par Etat quelque soit leur population et qui représenterait les Etats face à un Parlement européen d’ou sortirait le gouvernement de l’Europe. A ce moment là, la Turquie aura un même nombre de voix que les autres dans le Conseil européen, mais plus de députés au Parlement européen. La pluralité politique de la Turquie se retrouvera, comme toutes les autres, réparties dans les diverses formations du Parlement européen. Et pour former un gouvernement, il faudra des fusions et des coalitions. A moins que la Turquie soit monocolore, il y a peu de chance que tous les députés Turcs, comme les autres, votent tous contre ou pour la même chose. La Turquie est une société en transition ou cohabitent le XXIème siècle et la tradition. Un pays industriel dynamique et une activité agricole de survivance. Une culture des villes, moderne, branchée, volontariste et une culture des campagne traditionnelle, encore isolée a qui certains tentent d’expliquer que les rumeurs de la ville sont le bruit que font les sabots du Diable occidental. La Turquie est un pays qui change, qui est en train de faire un effort formidable, ce qui ne va pas sans perturber la population. Même les islamistes au pouvoir ont provoqué, volontairement ou malgré eux, un débat interne à l’Islam sur sa place dans la société. La question de l’adhésion turque est finalement moins importante que de savoir comment l’Europe démocratique va exister. La majorité du Conseil européen (Sénat) peut mettre son veto a une loi du Parlement européen. Ce qui assure la recherche des compromis et la séparation des pouvoirs. Identiquement, le Parlement européen peut mettre son véto a une décision du Conseil européen.

    C’est à partir de ce moment là que l’Europe pourra trouver de la clarté, de la cohérence et reprendre le chemin de la démocratie. Parce que la politique qui sera conduite au niveau de l’Europe ne résultera plus de consensus inapplicables et dithyrambiques des Etats, mais des majorités issues du suffrage universel des peuples de l’Europe. Et dans ce jeu là, la " menace turque " qui empêche les souverainistes de dormir disparaîtra dans le jeu normal de la démocratie parce que les Turcs en seront partie et ne pourront faire autre chose que de trouver des accords.

    Le sophisme géographique et la vérité cachée

    Monsieur Dupont Aigan qui est président de l’association Debout la République s’arroge le droit de contredire la géographie de l’Europe, en excluant de facto la Turquie de l’Europe. Mais la Turquie a toujours fait géographiquement partie du continent européen, même si elle est à la limite du Moyen Orient, comme la position de la France est au bord de l’Océan Atlantique et fait face à l’Afrique. Ici, il est inacceptable que nous puissions accepter une amputation du continent européen. On n’ampute pas notre continent par islamophobie ou christophilie, ni par aucune sorte de xénophobie. De ce point de vue, il faudrait donner l’indépendance forcée aux Comores, et largué une bonne partie de nos dépendances d’outre-mer. Si tu n’es pas chrétien, tu ne peux pas être Européen, alors que dire des Musulmans d’Outre-Mer qui sont pourtant Français, depuis des générations ? Sans compter que 20% de la population française de métropole sera de confession musulmane dans moins de 15 ans ! La population française musulmane est équivalente aujourd’hui à la population de la Tunisie et elle ne vote pas a titre de musulman, elle vote à titre de Français !La Turquie est européenne, elle n’est pas asiatique.

    L’Empire Ottoman, qui fut tantôt l’ennemi des royautés européennes catholiques, tantôt leur allié comme sous la France de Louis XIV ou celui de l’Allemagne du Kaiser en 1914 fut un empire musulman. Il faudrait aussi réétudié l’histoire du Royaume franc en Terre Sainte pour savoir que les Chrétiens ont parfaitement su trouver des Musulmans pour faire la guerre à d’autres Chrétiens et vice-versa ! Le seul trait distinctif de cet empire, c’est sa religion. Les autres empires européens étaient effectivement chrétiens. Pour le reste, l’empire Ottoman a strictement le même comportement politique que n’importe quel Etat d’Europe de ce temps. Il s’est allié, il s’est affronté à des Etats européens, parfois pour combattre des Etats musulmans, parfois pour combattre avec des Etats chrétiens d’autres Etats chrétiens. On ne peut pas s’emparer de l’Empire ottoman pour en faire autre chose que ce qu’il fut : une hégémonie parmi d’autres dans l’histoire de l’Europe. Ensuite, l’Empire ottoman n’a jamais été aussi criminel que l’Europe chrétienne qui de guerre de religion, en guerre nationale puis en guerre d’extermination et idéologique à commis toutes les atteintes possibles et imaginables contre la vie humaine, les principes de la religion et la représentation de Dieu, de la morale. De ce point de vue, l’Empire ottoman est presque un petit joueur. Argument rejeté, tout simplement.

    Monsieur Dupont Aignan fait la faute de comparer une adhésion éventuelle de l’Espagne à l’Organisation des Etats Africains, c’est d’une drôlerie terrassante quand on sait que la France est constitutionnellement d’une Communauté française dont les sommets franco-africains sont un des symboles les plus vivants, sans compter la francophonie, musulmane pour près de la moitié, sans compter son " appartenance " de fait à l’Organisation des Etats Africains comme le prouve sa diplomatie internationale dans l’affaire de Côte d’Ivoire. Monsieur Dupont Aignan ne semble concevoir que les différences à sens uniques. Et l’Union Monétaire Ouest Africaine, et le franc CFA ? La France sait très bien s’accommoder des cultures et des religions des autres. Les arguments de Monsieur Dupont-Aignan sont fallacieux et démagogiques.

    La dynamique nationale turque : une exception, vraiment ?

    Il évoque ensuite la dynamique nationale turque tournée vers l’Asie centrale comme si nous les Européens ne venions pas de l’Asie centrale anciennement (encore un qui va croire que l’Empire Romain peut monopoliser le nom d’empire européen et que la civilisation grecque est uniquement un fait athénien), et pour enfoncer le clou il dit qu’Ankara accorde la nationalité turque sur simple demande aux ressortissants des anciennes républiques soviétiques turkophones. Et alors ? L’Allemagne à bien accordé des visas aux Allemands provenant de l’ancienne Union soviétique, de Pologne et d’Europe centrale. Lorsque les colonies françaises sont devenues indépendantes, la France à bien passé des accords de double nationalité avec les nouveaux Etats, notamment la Côte d’Ivoire ou le président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Koulibaly est à la fois Français par sa naissance et Ivoirien. Il en va pareillement pour les Algériens, pour les Marocains, pour les Tunisiens et cela ne pose pas de problème outre-mesure. Que dirait Monsieur Dupont Aignan, si la Turquie faisait ce même reproche à la France ? La Grande-Bretagne, dans le cadre du Commonwealth fait de même, et les ressortissants du Commonwealth sont mêmes favorisés pour aller et venir dans tous les pays du Commonwealth. Et le Commonwealth, c’est beaucoup plus grand que l’Europe, c’est global en fait. Argument rejeté.

    Empire ottoman : Une histoire si singulière en Europe ?

    Enfin l’expansion religieuse qui symbolise selon Monsieur Dupont Aignan les relations entre la Turquie et l’Europe. Dans le cadre de l’histoire européenne, aucun Etat européen n’a échappé à la guerre de son voisin, des guerres entre Chrétiens protestants et Chrétiens catholiques, et inévitablement des guerres entre Musulmans et Chrétiens. C’est un fait européen qui ne discrimine pas du tout la Turquie du reste des Etats européens. C’est aussi oublier que dans ce jeu, c’est l’Europe chrétienne qui a largement menacé le monde musulman pour finir par établir des colonies dans tous les Etats arabes, et pas Turcs, et musulmans actuels, et bien au delà. La plupart du temps, ces colonies européennes furent établies sur les dépendances de l’Empire ottoman, dont l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Maurétanie, l’Egypte, la Libye, la Syrie, le Liban, le désert arabique (Arabie Saoudite à partir de 1923), l’Irak, la Jordanie, Israël. mais pas la Turquie, grâce à Ataturk. La Turquie n’a jamais été une colonie d’un Etat européen. Ennemie ou amie, mais jamais colonie. C’est là une grande assurance pour l’Europe qui doit accueillir ce peuple en total égalité de respect et d’estime. La Turquie est un grand pays, une grande nation qui a une grande histoire, plus grande et plus digne que certains Etats membres pourtant solides. La Turquie est un Etat adulte, il faut arrêter de la voir par christocentrisme ! Argument rejeté.

    La diaspora turque en Europe va voter ! Qué malor !

    Monsieur Dupont Aignan use de toutes les cartouches possibles et parle maintenant de la diaspora turque en Europe. Il craint qu’elle ne modifie le résultat des élections. C’est un pur esprit de la Ligne Maginot. On peut être d’accord pour que ceux qui refusent de prendre la nationalité du pays ou ils résident assument leur choix en n’acquérant pas le droit de vote. Toutefois, c’est à la condition qu’ils ne soient pas ressortissant de l’Union. Un Européen de l’Union devrait pouvoir voter partout, sur tout, et se présenter dans les mêmes limites. En revanche, en Allemagne ou la communauté turque est importante, il lui est très difficile d’acquérir la nationalité allemande. C’est injuste de tenir pour étranger les générations qui ont fait souche dans le pays ayant accueilli leurs parents. Mais là ou les immigrés (on est immigré quand on est né ailleurs que dans le pays ou l’on réside) s’assimilent aux nationaux en ayant un accès à la nationalité du pays ou ils résident, ils participent déjà de la vie politique et c’est particulièrement vrai en France. Le système français de ce point de vue est excellent parce qu’il offre le choix de devenir Français et de voter, ou de rester étranger et de ne pas voter. L’exagération de certain députés français est de revendiquer un droit de vote pour des Etrangers qui ne se naturalisent pas Français alors qu’ils en ont la possibilité. Un choix s’assume et la France a une politique d’accueil de ses nouveaux citoyens. On peut toujours faire plus, mais quand ont revendique un droit national en refusant d’appartenir à la communauté qui a motivé le choix d’immigration, c’est tout simplement de l’abus et de l’exploitation de la communauté accueillante. Pas de droit de vote pour les Etrangers en France sauf ceux détenteurs d’une des nationalités de l’Union européenne.

    La communauté étrangère, et pas seulement turque en France, tend à disparaître des discriminations entre le national et l’étranger parce qu’il est possible de devenir Français. De manière générale, aussi bien en politique que dans une organisation plus restreinte comme l’entreprise, il est important que tous les participants puissent s’imprégner et faire le choix de participer ou pas. Permettre aux citoyens européens d’origine turque de participer aux élections européennes (après l’adhésion) et aux autres, selon les dispositions nationales des pays qui les accueillent, semblent tout simplement relever de la bonne morale, de l’égalité et du respect de la logique démocratique. Il est hors de question de faire une Europe ou certains citoyens européens n’auraient pas le droit de vote ! Quand a savoir s’ils vont " déstabiliser " le résultat des élections, dans l’esprit de Monsieur Dupont Aigan, et voter comme un seul homme Al Qaida, rien n’est moins sur. La Turquie est un Etat industriel en transition sociale et économique. Les styles de vie sont très différents entre la campagne et les villes, un peu comme la France de 1930 accusait une grande différence entre Paris et les villes de province.

    Ce n’est pas la première fois que l’on peut remarquer cette stupéfiante justification xénophobe et anti-musulmane. Le Chrétien A des opinions et dans un groupe de Chrétiens, il y a une pluralité d’opinions. Pour le Musulman, c’est pas possible. Un groupe de Musulman N’A qu’une seule et unique opinion. Tous vos voter pour les mêmes choses, dans le même sens. C’est connu et c’est totalement aberrant, quand ce n’est pas complètement méprisant. Alors que les marxistes ont inventé le déterminisme des classes sociales, les xénophobes inventent le déterminisme ethnique et religieux. Le souverainisme cache bien des choses…et la République Debout semble être une sorte d’impérium étatiste rassemblant des socialistes catholiques ne comprenant rien ni à Dieu, ni à Marx. Savent ils au moins que Platon était d’origine arabe ? Et que nous devons la médecine moderne a Avéroès, arabe et musulman notoire ?

    On dirait que Debout la République fait parti de ces mouvements qui considèrent que la démocratie est totalement inapplicable aux Musulmans, qu’ils en sont incapables. Si Dieu a fait l’homme a son image, on ne peut pas concevoir qu’il est mis moins de potentiel chez les Musulmans que chez les Chrétiens. Les tyrans du monde arabe d’aujourd’hui comme ceux d’hier se sont très bien entendu pour exploiter leur peuple avec le meilleur lait de la chrétienté. Les Turcs islamistes ou les Arabes islamistes aiment aussi leurs enfants, comme les parents nationaux socialistes Allemands aimaient les leurs. L’éducation, les valeurs humanistes quelques soient le nom qu’on leur donne permettent de faire émerger des potentiels brimés, de faire pousser des potentiels appris, d’orienter des choix. Juger le monde musulman aujourd’hui, qu’il soit Turc ou Arabes, ne peut qu’être un jugement politique sur les régimes qui ont trahi l’homme, qui ont piétiné l’image de Dieu avec leurs sabots du Diable. La chrétienté est commisération, responsabilité, engagement et auto-critique. Et cela repose sur des valeurs d’écoute, de compréhension, de pardon et de conseils. Un Croyant, Chrétien ou Musulman, est d’abord une personne qui sait que la vie lui est prêtée, qu’il n’en est que le locataire, et qu’il ne sert jamais mieux la beauté et l’amour de Dieu, qu’en prenant soin de ses créations faites par Dieu à l’image de Dieu. Servir Dieu, c’est respecter son œuvre. Je ne vois rien, ni dans Debout la République, comme dans le Mouvement des Citoyens de Chevènement, qui permettent de voir en quoi la République française actuelle sert la morale, sert l’identité des Français, respecte la Création. La République est une Chienne qui a arrêter ses valeurs sur une époque, qui n’a pas évoluée d’un iota et qui veut, comme la feu Union Soviétique, formé les citoyens à son image. La République aspire a la déité ! Il n’y a qu’un seul Dieu ! Il n’y a qu’une Humanité ! On ne peut pas aimer la République française et rejeter le Veau d’Or.

    En vérité décontingenté des questions d’identité nationale, chaque homme sur terre devrait pouvoir donner son avis sur le sujet qui le concerne lui et ses intérêts. Il est même bizarre que des citoyens votent des " paquets " sur un nom ou une liste, autrement dit, qu’en mettant leur choix dans l’urne, ils votent en mêmes temps sur des sujets dont ils ne connaissent rien et qui ne les concernent en rien. On devrait choisir sur ce qui nous concerne, et si la démocratie est le meilleur système inventé, il reste imparfait parce qu’il est producteur de la " dictature " majoritaire. Les socialistes qui sont plus dangereux que n’importe quel Turc ou Dupont-Aignan, utilisent allègrement la légitimité du vote " majoritaire " pour bafouer les libertés individuelles. Avec eux, le droit et la liberté d’un seul pèse peu face à la décision majoritaire. Les Turcs doivent voter demain en Europe, et votent aujourd’hui dans leur pays. Impossible de voir en quoi que ce soit une menace pour les choix politiques (une société politique doit refléter la volonté de ceux qui la composent), de voir en quoi que ce soit ils menaceraient la république (qui devrait se méfier d’elle même et des ses " valeurs ").

    

    

    Les mots à nus

    L’angoisse de la " voilée " et de la " bombe ISLAM " fait presque sourire parce que Monsieur Dupont Aignan a décidé de stopper l’évolution en Turquie, d’ailleurs il cite le génocide arménien non reconnu, afin d’avoir l’image d’Epinal d’un pays qu’il refuse pour une seule raison : l’ostracisation de l’Islam. C’est un réflexe normal puisque les " valeurs " de la République française ne tiennent aucun compte de l’évolution depuis l’assassinat du roi des Français, et qu’elles prétendent s’imposer de grès ou de force aujourd’hui au XXIème siècle, inentammées. La République a des " valeurs ", alors elle veut des citoyens a son image ! Difficile de savoir ce qui est le pire : vivre les " valeurs " de la République française (ensemble de faux droits garantis sur parole) ou vivre en esclavage. Monsieur Dupont Aignan est encore à la Croisade et l’ont peu s’inquiéter de ne pas l’entendre conclure par " Montjoie, Saint Denis, sus aux Moricos ! ". Une thérapie s’impose à Nicolas du Chardonnet semble t’il ? Un peu de latin par ci, un peu de latin par là, et nous obtiendrons le Grand Dracula, pourfendeur du Grand Ottoman ! Attention Européens, la Chauve souris à prit son envol dans la blémeur d’une nuit de grande lune.

    La Collaboration est plus morale que le génocide des Arméniens ?

    Le génocide des Arméniens de 1915 est un fait de l’histoire turque qui doit encore trouver une réponse adéquate, mais ressortir ce grave fait constamment tout en oubliant que sans de Gaulle, la France aurait été dans le camp des vaincus, c’est un peu l’honneur que l’ignominie fait à la bassesse. Il serait bien que les Turcs, et d’autres mettent un peu la France en face de sa propre histoire, celle du pays des Collabos, des socialiste pétainistes, des capitalistes crémiers et des anti-sémites. Sans compter, la noblesse de notre Police, la rafleuse de femmes, de vieillards et d’enfants français juifs, et celle de notre Administration, merveilleuse de vacuité morale. Si les Turcs n’arrivent pas encore à reconnaître le génocide des Arméniens, les Français oublient avec une rapidité incroyable les trous noirs de leur histoire récente, plus récente que celle du massacre des Arméniens, ou comme les crocodiles, ils se sont livrés les uns les autres à l’ennemi. Sans compter, qu’à peine la guerre finie, de Gaulle a tout lavé au nom de la réconciliation nationale. Hors de question de lâcher la France sur cette partie de l’Histoire aussi !Argument rejeté.

    La laïcité, droit de l’Etat, prison de l’individu.

    Et la laïcité de la Turquie. Pour un pays comme la France qui craint de se faire islamiser on ne peut pas dire qu’elle ne craint pas de tuer la religion chrétienne chez elle. Le problème n’est pas récent en France et remonte à la Révolution et au clergé réfractaire. La loi de 1905, séparant l’Eglise de l’Etat est une continuité de l’anti-cléricalisme, idéologie de la République pour avoir sur le peuple le monopole de la définition des valeurs. C’est par le contrôle de la religion et sa relégation dans des niches que la République transforme le contenu de la citoyenneté. Alors qu’il pourrait être admissible que l’Etat ai ses propres écoles pour enseigner la population dans le cadre d’une pluralité des écoles, il bannit la religion de l’enseignement public, monopolise la définition et le contenu des programme, instaure le collège unique comme si un homme, à fortiori un Etat, était détenteur de La Vérité, qu’il ne se trompait jamais et qu’il était capable de maintenir à travers le temps le même niveau de raison, la même configuration de pertinence. C’est de la vanité ! Aujourd’hui, le sous-développement du monde arabe et les politiques économiques keynésiennes de plus en plus malthusienne conduites en France (France forteresse) ont attiré une main d’œuvre sans qualification dans notre pays. Une main-d’œuvre musulmane qui représente aujourd’hui 9% de la population française et qui doublera cette proportion dans les 15 ans à venir. L’Islam est leur religion et tous ne sont pas pratiquant, ni n’ont les mêmes conception traditionnaliste et radicale, mais le débat revient à l’école ou des citoyennes françaises veulent vivre leur religion à chaque instant. On leur oppose la laîcité de l’Etat parce que l’Education Nationale qui 20 ans auparavent faisait venir des professeurs arabes afin de remédier au problème politique de l’intégration des enfants " entre deux cultures " est aujourd’hui débordée par ceux et celles qui ne voient pas trop, toutes confessions confondues, qu’elles valeurs dispensent l’Education Nationale, fabrique idéologie du citoyen selon la commande de l’Etat. Cependant, interdire le voile islamique est une violation des libertés religieuses en France et des Droits de l’Homme parce que lorsqu’on dit que l’Etat est laîc, ceci signifie que l’Etat n’a pas le droit de discriminer selon les religions les services qu’il doit aux citoyens, cela veut dire que l’Etat ne se réfère à aucune religion. Mais cela ne veut pas dire que les citoyens n’ont pas le droit d’exprimer leur religion devant l’Etat. Les citoyens sont libres et les droits de l’homme ont été écrit pour protéger les citoyens de l’Etat. Avec cette loi sur le foulard, l’Etat se réclame d’une position religieuse : la laîcité. Autrement dit, il transforme un droit des citoyens pour faire valoir devant l’Etat la primauté de leur liberté sur la loi et les actes de l’Etat, en obligation du citoyen soumis à l’exigence de l’Etat. Si les droits de l’homme voulaient dire cela, il serait écrit que les citoyens sont laîcs devant l’Etat. Or il n’y a rien de tel, les citoyen ont bien la liberté religieuse et l’Etat n’a pas a exiger d’eux qu’ils se présentent tels devant lui. Le devoir de laicité est celui de l’Etat, pas des citoyens !

    Alors il est paradoxal de voir Monsieur Dupont Aignan attaquer la Turquie sur l’islam là ou ce pays applique les lois obsolète de l’absolutisme républicain français. Plus grave, il incrimie un gouvernement élu issu d’un parti islamiste pour jeter le soupçon du radicalisme islamiste sur toute la Turquie. Il ignore totalement les autres partis, il ignore totalement les Turcs qui ne pratiquent plus, qui sont athées, qui ne sont pas musulmans, qui sont musulmans et qui ne veulent pas du gouvernement en place, ou qui ne veulent pas plus largement une Turquie islamiste. La démocratie en Turquie ne compte pas. Tout ce passe comme si la Turquie était un pays musulman tyrannique. Et elle l’est du point de vue de la liberté religieuse, comme la France ! Dans son phantasme, il confond volontiers islam terroriste avec islam traditionnel auquel. Il fait de l’euro-catho-centrisme en exigeant du peuple turc et de son gouvernement démocratique le même confort et la même détente que le peuple français et le gouvernement français. Souvenons-nous que les religieux en France ont été très radicaux et inflexibles, qu’ils ont été des lions avant de devenir eux aussi, des lâches devant leur mission de prosélytisme. Ils ne portent plus guère la " parole de Dieu " ailleurs en France que dans les milieux initiés. Ils ne s’adressent rarement à d’autres publics qu’a ceux déjà convaincu. Ils ont déposé le bilan du christianisme dans les tribunaux de la république. Imaginons que le Christ ai fait de même devant les Romains ? Une Europe chrétienne avec une France anti-musulmane " fille aînée de l’Eglise " prostituée aux arguments des souverainistes….La Turquie est une sainte à côté. Au moins, là-bas, ceux qui ont la foi ne l’ont pas abdiqué. C’est une société plus saine que celle de la France, parce qu’elle n’est pas du tout rigidifiée. L’Europe a besoin de l’énergie juvénile de la Turquie sinon les vieux barbons vont en faire une maison de retraite.

    L’armée turque bafoue la démocratie turque

    Enfin l’armée turque serait la garantie de la laïcité turque au détriment de la démocratie ? Tout d’abord, l’armée a dut lutter contre la subversion des communistes et des anarchistes dans les années 1970 et 1980 pendant que la France s’esclaffait sur l’énorme déficit budgétaire américain du " cow-boy " Reagan,, et de son budget de la défense qui " poussait à la course aux armements " le camp soviétique. En 1991, l’affaire est réglé et l’Europe s’élargie contre toutes les prévisions françaises. Dénoncé aujourd’hui l’armée turque qui a assuré la fermeture de la Mer Noire avec les forces de l’Otan durant toute la Guerre Froide, et participer ainsi à la sécurité maritime en Méditerrannée, c’est un geste de grande ingratitude. Quand les communistes turcs ont voulu installé l’anarchie dans le pays, l’armée turque n’a fait que stabilisé un pays clé de l’OTAN, donc utile à la défense de la France. Enfin, lorsque l’armée à prit le pouvoir contre les islamistes élus en Algérie, les voix scandalisées en France ont été assez silencieuses pour des raisons évidentes. La encore, il y a négation par eurocentrisme du stade institutionnel de la Turquie, pays en transition. Il y a aussi une grave lacune sur la transition démocratique de la France (Villepin n’est il pas lui-même un grand admirateur de Napoléon ?), démocratie depuis 1944 en donnant enfin aux femmes françaises le droit de vote, dix ans après les femmes turques (1934).

    Il faut aussi rappelé que la France est le seul pays avec le Zimbabwé a avoir une force armée, la Garde Républicaine, dévouée a défendre le régime républicain. Contre qui ? Contre les Français eux-mêmes s’il le faut ! Si les révolutionnaires anti-républicains venaient a menacer le régime républicain français, il est probable que contre la promesse d’une prime à la Gendarmerie Nationale (force militaire gréviste de la république bannière de Jospin qui aurait dut être licenciée ou dissoute intégralement), la Garde Républicaine sera un outil nécessaire. Quand au reste de l’armée, pour l’instant, on ne peut rien dire. Essayons de toucher la retraite militaire après 15 ans de service, puis comparons islamisme et avantages sociaux. Que l’armée turque veille appartient à l’historique du pays, de même que les gouvernements de réforme chez nous sont surveillés par nos syndicats de sévices publics. Chacun sa tradition, chacun sa transition !

    Ensuite il est comique de dire que l’armée turque bafoue la démocratie turque quand on persiste à ne pas voir dans le gouvernement actuelle de la Turquie autre chose que le prémisse à une révolution islamique. La couleur n’en déplaise, le gouvernement turc actuel est issu des urnes des électeurs turcs. L’armée turque a t’elle renversé le gouvernement des Turcs actuel ? On le saurait.

    L’OTAN, c’est l’Angleterre et les Etats-Unis ! dit le crémier nostalgique.

    La Turquie est membre de l’Otan et monsieur Dupont Aignan parle " d’acharnement à diluer l’Union européenne dans l’OTAN  (Angleterre et Etats-Unis selon lui) ". Il est clair que Monsieur Dupont Aignan ne sait pas a quoi nous devons l’Union européenne. Il serait très curieux de savoir ce que serait l’Europe sans l’OTAN, si l’Union européenne aurait pu voir le jour, si elle se serait élargie aujourd’hui et avec quoi elle, ou chacun de ses Etats garantiraient la sécurité militaire et la force politique sans l’OTAN. Des décennies de sophisme gaulliste sur l’indépendance nationale sont en train de sombrer dans la réalité. L’indépendance nationale, son discours, n’a été rendu possible que par la présence de l’Otan en Europe, à l’ombre de l’OTAN. Si les Français ont jugé bon de développer leur propre " parapluie nucléaire ", ils n’ont fait que ce payer de l’arrogance, de l’image qui devait impressionner la république du Vanuatu ou le Liechtenstein, Vaduz même. Cet investissement inutile dans le cadre du parapluie nucléaire US et de la disproportion des forces ennemies a privé l’armée française de moyens matériels conventionnels supplémentaires, les seuls utilisables sur les théâtres d’opération. La France a voulu joué sur la banquise en produisant son petit glaçon alors que l’emploi de forces conventionnelles ailleurs, comme en Irak en 1990, en Afghanistan en 2001 et de nouveaux en Irak en 2003 lui aurait assuré une position diplomatique potentialisant la puissance des Etats-Unis a son profit et au profit de l’Europe. Là, elle aurait été grande, prestigieuse, écoutée en Europe et dans le monde.

    En réalité, il fait froid dans le dos de repenser à la dissuasion nucléaire française. Le missile capable d’atteindre Moscou et pas encore les Monts Oural ou étaient déployés les SS20 visant Paris, Bonn, Bruxelle ou Londres n’ a existé que dans les deux ou trois dernières années précédents l’effondrement de l’URSS. Le petit engin Pluton, monté sur camion avec une portée limitée à quelques centaines de kilomètres…à quel moment pouvait il être employé sans détruire nos frères européens. Il fut question un moment de déployé un " parapluie nucléaire français " sur l’Allemagne, dont le seul sérieux était que les Allemands recevaient l’assurance qu’ils ne seraient pas bombardés par des missiles nucléaires français défendant le sanctuaire national. Mais pour le reste de l’Europe sur qui les Français comptaient ils lancer des bombes, alors que Moscou était hors d’atteinte et que l’Oural restait interdit aux capacités des missiles français terrestres, peut être d’un sous marin ou alors d’un avion ? Les Français n’ont jamais disposé d’armes intercontinentales qui auraient pu rendre crédible leur petite bombe de fierté, en installant ses armements dans quelques territoires isolés de la planète sous leur juridiction. Quand Mitterand est allé au Bundestag pour soutenir l’installation des Pershing américains en Allemagne face aux déploiement des SS20 soviétique dans les monts Oural, il n’a fait que tenir compte de la vérité du mensonge français, du baratin gaulliste.

    L’Union soviétique ne s’est pas effondré à cause de la pression militaire française, sujet de chipoterie au moment des négociations SALT I et SALT II qui les flattaient davantage que ça ne facilitait le boulot de Reagan, mais à cause de l’explosion du budget de la défense américain et de ce petit voyage à Bonn de Mitterand qui signait l’échec de la tentative de découplement de l’Europe des Etats-Unis conduite par l’Union soviétique et les communistes-pacifistes à l’Ouest. Il faut se souvenir qu’avant que Gorbatchev ne devint ce " héro " de la paix et de l’amitié entre les peuples, il tenta de " finlandiser " l’Europe en proposant de marginaliser l’Amérique par une proposition de " maison commune européenne ". A coup sur, les Français ne se seraient jamais contentés du grenier ou de la cave… Les esprits éclairés, plus formé à rencarder des cow boys qu’a contrer le communisme, n’y ont vu qu’un soutien Français à l’Allemagne (parapluie nucléaire français), là ou il s’agissait en fait d’une reconnaissance française du rôle de l’OTAN, et donc du fondement de l’Union européenne, de la garantie de la perénnité de l’Union européenne par une politique de défense commune et une diplomatie commune dont les Etats-Unis ont toujours eté et jusqu'à nouvel ordre été la clé de voûte. C’est à l’ombre de cette garantie, autant pour innover en Europe que pour ne pas se faire exclure de l’Europe dont il venait de détruire la politique de défense commune, la Communauté Européenne de Défense (la CED) que De Gaulle n’avait pas d’autre choix que de renforcer les liens de la France avec l’Allemagne. Mais par rapport à Washington, la stratégie de de Gaulle est celle d’un second rôle, pas d’une carte blanche. L’enterrement de la CED, la sortie de l’OTAN de la France n’a fait que démontrer aux Européens à quel point le nombrilisme français ne tenait aucun compte des intérêts de l’Europe. Sans l’OTAN, il est difficile d’imaginer ce que serait l’Europe d’aujourd’hui. Peut être que le Russe serait devenu la première langue et que l’allemand ne serait plus parlé après la caresse des missiles du sanctuaire français sur l’Allemagne. Peut être que Marchais aurait été président et que nous lirions la science économique de cet admirable économiste Ceaucescu. Du coup, les keynésiens passeraient pour des capitalistes. Mais il est certain que les trains ne seraient plus jamais en grève : dans les pays communistes, il n’y a jamais de grève, tout le monde est heureux !…et les morts parlent si peu. Le grand mérite de Mitterand, c’est d’avoir prit le cow-boy Reagan au sérieux et d’avoir fait le déplacement à Bonn, pour expliquer aux traitres communistes, socialistes et verts de l’époque qui criaient par millions dans les rues " plutôt rouge que mort " comme si s’était différent, le bien fondé de la menace soviétique et de la réponse américaine. Du coup, Mitterand a été un des alliés les plus essentiels à la politique de Reagan et de l’OTAN. Comme quoi, Chirac est encore plus à gauche que lui aujourd’hui…Et on le comprend Mitterand. Sans rééquilibrage des forces en Europe, la France risquait de ce retrouver en première ligne face à Moscou et d’avoir les frais de défense d’une superpuissance pour faire le poids. L’Amérique et l’OTAN reste indispensables, c’est ça le discours de Mitterand. Il n’a apparemment pas eu le temps d’expliquer sa démarche, ni à gauche, ni à droite et encore moins au locataire de l’Elysée actuel, décidé à joué l’illusion du gaullisme jusqu’au bout. De Gaulle voulait " l’ouvrir ", il s’en est donné les moyens sans en méconnaître les limites. Il nous aimait tant, il savait ce que nous voulions entendre. Il a fait ce que nous attendions de lui. Mais il n’a pas plus grand continuateur réaliste que François Mitterand à Bonn, au Bundestag pendant la crise des Pershing. Critiqué l’OTAN en faisant croire que c’est une machine anglaise et américaine, c’est comme si un crémier à la Libération crachait sur les Allemands qui lui ont tant rapporté. L’OTAN permet à la France de maintenir un peu l’illusion de la puissance en lui évitant les dépenses militaires de sa défense en Europe. Et ce sont les Américains qui payent pour la Grandeur de la France….les Anglo-saxons, terme d’un ridicule achevé qui n’existe que dans le Lenderneau politique français.

    Nos hommes politiques n’ont pas compris Ronald Reagan (sauf Mittérand une fois pour un coup : les Pershing), ni tirés les conséquences de la Chute du Mur, ni celles de l’effondrement de l’Union soviétiques, ni celles de la globalisation, ni les conséquences sur l’Union européenne et l’Otan, l’Otan et l’Union européenne. Ils ne savent qu’avoir peur et réinventer des peurs qui justifient leur propre pouvoir (la mondialisation " libérale " à cause du monopole des services publics et des revenus non compensés par du travail qui sont garantis à des millions d’actifs et d’inactifs Français, le " péril Turc " plus adapté aux Viennois d’Autriche mais fantasme xénophobe aussi bon que l’anti-sémitisme chez certains autres, l’islamisation de la France terme permettant une plus grande exploitation que islamisme intégriste et terroriste) A côté de ça, corruption, népotisme, inégalité devant la loi, " discrimination positive ", atteinte aux libertés religieuses, un quart de l’électorat vote populiste-étatiste, pression fiscal confiscatoire, discrimination fiscale, juridiction judiciaire spéciale, constitution manipulé pour sauver un président, chomage massif, mensonges statistiques à tous les étages, informations sous contrôles, endettement sans précédent en temps de paix et régime économique obligeant les Français a se reproduire sous peine d’effondrement général, voilà la France dans ses œuvres qui s’auto-excuse de ne pas tenir ses accords européens.

    Toutes ses peurs sont alimentées par des constructeurs de lignes Maginot qui ne nous gardent jamais de l’adversité, mais nous gardent toujours dans leur pouvoir. L’Europe va de l’Atlantique au Pacifique (en englobant la Russie asiatique), en englobant la Turquie sans le monde turcophone pour l’instant. Il faudra intégrer la Russie quand elle le voudra et tous les pays entre la Russie et l’actuelle Union européenne. Il faudra aussi intégrer Israël qui sera un Etat membre d’outre-mer au même titre que la France à des territoires d’outre-mer. L’Europe c’est une nouvelle idée, un grand espoir de paix et de développement humain et matériel. Elle ne s’aborde pas avec des idées de l’Ouest d’une péninsule incapable de voir le monde au-delà de Strasbourg. L’Europe doit se penser globalement et avancer avec des institutions fédérales, seules capables de restaurer le droit démocratique des peuples. L’intelligentsia européenne, les médias félons de leur cause, les politiques devraient aussi se demander si l’Europe a les moyens de s’offrir le luxe de l’anti-américanisme.

    Monsieur Dupont-Aignan sombre dans les modes du refus de la modernité, de la réalité et est un des nombreux agents qui construisent l’idéologie, " l'idéologique sociale démocrate " de la résignation au déclin, de la peur des défis. Il est porteur de valeurs républicaines usurpées par les vauriens qui ont mis l’Etat à la place de Dieu, qui ont assassiné un roi des Français constitutionnellement roi, qui ont nationalisé les droits de l’homme et qui contribuent aujourd’hui à les interpréter comme des droits consentis par l’Etat aux individus, là ou ils étaient la garantie inaliénable et sacrée de la liberté des individus contre les tentatives d’abolition inhérentes à l’Etat. Mais c’est quoi cette république ? L’économie est verrouillée par l’Etat qui a la prétention en plus de faire changer les Français sans leur ouvrir les champs fermés de ses monopoles, les patrimoines sont dilapidés par l’Etat, les hommes politiques au dessus des lois et jugés selon une juridiction spéciale reconnu par le Conseil Constitutionnel. Il est interdit de porter sa religion dans l’Etat. Il est interdit d’avoir d’autres valeurs que celles reconnues par l’Etat. Le monopole syndical gouverne le pays. Les partis politiques sont devenus des administrations partisanes à cause du financement public. L’école enseigne la barbarie et les fausses sciences ! La santé assassine nos vieux ! L’Etat fait de la discrimination " positive ". Nous regardons nos sauveurs comme des ennemis et nos ennemis comme des sauveurs. Nous sommes des Européens et nous ne concevons pas que l’Europe ne soit pas française. Et bien tout cela correspond à une époque passée. Tout cela doit changer. Tout !

    Et au moment ou l’Etat républicain sombre dans ses mensonges, ses contradictions, ses erreurs et son entêtement, on veut marteler sur les Français les " valeurs de la République ". C’est quoi ? Il faut se méfier de l’Islam, regarder comme ennemi une fille voilée, se convertir à la religion d’Etat de la laîcité dés que l’on demande un service qui est déjà payé, accepter qu’un musulman soit préfet parce qu’il est musulman, admettre que les chefs d’entreprises proches du pouvoir ne soient jamais punis, admettre que les politiques peuvent forcer les bureaux des juges, fractionner leur porte, que le président peut mépriser la Justice…c’est quoi cette République. Qui peut traduire l’Etat français en Justice, celle de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité de 1789 ? Reste t’il un seul tribunal qui a conservé l’essence des Lumières, qui comprend encore l’Esprit des Lois de Montesquieu ? Comment fait on en France pour défendre sa liberté individuelle quand une loi démocratique a décidé de l’abolir ? Nous n’aimons pas la République française parce qu’elle nomme citoyen ce qui est devenue une paire de menottes.

    Les hommes libres, Français, ne peuvent que sentir les chaînes de la République sur leur dos, ne peuvent que sentir les menottes de l’ordre des valeurs corrompues sur leur poignets, ne peuvent que traîner les boulets du devoir républicain qui abolit leur droit personnel au profit d’une France des casernes, d’une France des faux dieux républicains, d’une France prosternée devant les marbres et les monuments aux morts sur lesquels sont inscrits les victimes du souverainisme tout en recevant l’ordre d’oublier que la liberté de l’Etat est celle d’un cimetière. Monsieur Dupont-Aignan a sans doute une belle carrière politique à faire mousser les nostalgies des contemporains égarés de la sociale démocratie, de la grandeur de la France déchue d’honneur et de vérité, mais il devra faire beaucoup plus pour nous faire oublier que les morts de la Patrie ne sont pas inutiles une fois l’hommage rendu aux combattants alliés, notamment Américains, dont le drapeau flottant dans le ciel de France et au dessus de la terre du repos, nous garanti à nous les Français, que tous les Dupont-Aignan du monde, n’éteindrons pas le feu de la liberté, n’éteindrons pas le feu universel de nos philosophes des Lumières et n’éteindrons jamais l’amour et la confiance que nous portons au peuple américain. Qu’ils ne nous commanderons jamais aussi le droit de discriminé les Turcs parmi les Européens pour servir un nouveau mensonge du déclin.

    Nous sommes fiers d’être Français selon la nuit du 4 Août 1789, nous déchirerons le drapeau quand il aura été totalement approprié par les maîtres de l’Etat et les faux prophètes de l’identité. Nous sommes Français et nous le sommes parce que nous le voulons encore, ce n’est pas à l’Etat de nous nommer, ni à la République de nous intimer. Fidèles à la Révolution française, nous dénonçons tous ceux qui restaurent sur nous l’ordre du pouvoir absolu, qu’il soit monarchique ou républicain. " Français, si je veux " parce que les " individus naissent libres et égaux en droit " ! Parce que l’Europe ne sera pas française, mais faite aussi avec des Français parmi des millions d’hommes et de femmes libres, respectés dans leurs symboles d’identités, respectés dans leurs priorités immédiates. Et pour parvenir à cela, l’Europe ne peut plus ce concevoir entre les Herbiers et les Yvelines, pas davantage entre Paris et Bonn. L’Europe, c’est dans l’idée, les matières et les territoires humains beaucoup plus grand que les petites conceptions souverainistes françaises. Quand à la République française, elle est république de France, et là, c’est un travail qui nous attend pour rétablir les institutions de la liberté. L’Europe de Dupont-Aignan est un grand oiseau qui ne vole pas, les ailes sont trop petite, le poids trop élevé. L’Europe de Dupont-Aignan c’est du jambon-beurre dont le porc à reçu l’extrême onction. L’Europe de Dupont-Aignan est à l’image de sa république : une impasse de certitudes à la dérive.

    Merci d'avoir eu la patience d'arriver au bout.

    Claude Lamirand



1 commentaires sur cette article
Reynald Beaufort mercredi 11 août 2004 à 19:57 de ---.club-internet.fr Bonsoir,

Quelle diatribe! Il faudra que je relise, mais sincèrement bravo!

Je m'étais fendu aussi d'une réponse qui n'a jamais été publiée dans le Figaro, mais que vous trouverez sur notre site (on n'est jamais si bien servi que par soi-même!) à cette adresse:
http://www.turquieeu...3?id_article=88
j'ai fait également une réponse à l'article du 26 juillet d'Alexandre Del Valle, la chemise brune opportuniste, mais le même journal ne semble pas non plus très pressé de la publier, elle sera donc sur le site de Turquie Européenne ce soir.
Accepteriez vous également que nous publiions votre article ci dessus avec, bien sûr, un lien vers l'original?

Amitiés

Reynald Beaufort

Ce message a été modifié par narine - 15 octobre 2004 à 19:11.


#2 aristote

aristote

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Posté 15 octobre 2004 à 20:42

La turquie dans l'europe?????
Ce n'est pas pour renforcer l'europe mais pour continuer dans l'idée de création du monde.
Aprés ce sera israel, le maroc...
On nous prend pour des cons.
La seule chose qu'il veulent c'est divisée une Europe qui l'etait deja suffisemment.
L'amerique doit retenir son souffle car une europe sans politique et sans valeur ce sera leur victoire. MAis avons nous jamais eu une chance????

#3 narine

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Posté 16 octobre 2004 à 00:02

La haine des Turcs incarnée dans un homme : Patrick Devedjian



La respectabilité de Patrick Devedjian (dont le nom vient du turc "devedji" qui signifie "chamelier") n'est qu'une façade. L'opinion publique française ne sait rien ou si peu de ce personnage manipulateur, aujourd'hui député-maire d'Antony et porte-parole du Rassemblement pour la République (RPR). Et pour cause...

Patrick Devedjian nage en eaux troubles et l'on comprend que toute une partie de sa vie reste dans l'ombre. En effet, du grand banditisme aux milieux terroristes arméniens, en passant par des groupuscules néo-nazis français, les accointances passées et présentes de cet individu dérangent et ne peuvent que nuire à son image.

Principal activiste du lobby arménien en France, Patrick Devedjian est animé d'une hargne haineuse à l'endroit des Turcs. Le racisme de cet individu est si profond qu'il n'a pas hésité à soutenir et défendre publiquement les assassinats et attentats perpétrés par l'Asala, la tristement célèbre organisation terroriste et xénophobe arménienne, responsable, entre autres, de l'attentat d'Orly qui a fait plusieurs victimes en 1983. Or, cette haine n'a rien d'étonnant quand on regarde d'un peu plus près le passé peu honorable de Patrick Devedjian. Dès la fin des années 60, ce dernier gravitait déjà dans les milieux néo-nazis et néo-fascistes français... belle constance.

Raciste, l'individu est aussi avide. Bouffi d'ambition, Patrick Devedjian a voulu très vite afficher tous les attributs de la réussite sociale, n'hésitant pas pour ce faire à se lier au grand banditisme et à s'associer à l'ennemi public numéro un français des années 70.

Bref, il y a bien des choses à dire sur ce sinistre personnage. L'équipe de TETE DE TURC lève enfin le voile...




1) Devedjian, un ancien militant néo-fasciste...

A la fin des années 60, l'extrême-droite française tente de se réorganiser après la défaite de la France en Algérie. Dans ce milieu aux contours flous et aux multiples passerelles entre groupes néo-nazis, néo-fascistes, et intégristes chrétiens, deux organisations vont à l'époque se distinguer et illustrer le "renouveau" de l'ultradroite à la française : le mouvement Europe-Action et Occident. Parmi les militants les plus actifs de ces groupuscules figure alors le jeune étudiant en droit, Patrick Devedjian.

Occident et Europe-Action invoquaient la nécessité d'une "révolution nationaliste", laquelle s'articulait autour de quelques thèmes-clés dont celui de la supériorité de l'Occident. Convaincus que "la race est en tout cas la nouvelle patrie, 'patrie charnelle' qu'il convient de défendre avec un acharnement quasi-animal" (1), les responsables de ces organisations utilisaient le racisme biologique afin de démontrer cette supériorité de "la civilisation blanche" sur "les races inférieures, c'est-à-dire incapables, de par leurs caractéristiques psychiques héréditaires, d'accroître au-delà d'une certaine limite leur emprise et leur domination sur le milieu naturel" (2). En conséquence, ces mouvements s'étaient faits les défenseurs de l'apartheid, des mouvements racistes de Rhodésie et du sud des Etats-Unis, tout en s'opposant au métissage et à l'immigration nord-africaine : "la politique de la porte ouverte aboutira, si elle triomphe, à recouvrir la Touraine et la Toscane, le Sussex et la Thuringe, le Vermont et la Crimée, d'une croûte de hideuses paillotes, de gourbis et de cagnas" (3). Sans commentaire...

Le groupe Occident, dont était membre Patrick Devedjian, se démarquait de "l'intellectualisme" d'Europe-Action et préconisait l'usage de la violence. Les terrains de prédilection de cette organisation étaient les lycées et les universités où la distribution de tracts s'accompagnait, comme à la Sorbonne en mars 1966, d'affrontements musclés. Communistes et étrangers étaient les ennemis désignés de ce mouvement, qui a fini par être dissous le 1er novembre 1968 pour avoir plastiqué une librairie maoïste. Jusqu'à cette date, Occident s'agite, tonitrue, menace, et appelle ouvertement au meurtre et à la révolution nationaliste. Mais l'audience de cette organisation reste marginale : elle ne réussira à rassembler que 800 adhérents ; 800 fanatiques, dont un certain avocat d'origine arménienne...

En avril 1986, lorsque Patrick Devedjian est élu député des Hauts-de-Seine, les quotidiens L'Humanité, Libération, et Le Matin jugent nécessaire de rappeler le passé sulfureux et violent du nouveau député. Le 7 décembre 1998, dans un portrait de Devedjian publié par Libération, on pouvait lire ceci : "En 1963, Devedjian avait 19 ans, il étudiait le droit à Assas et militait à Occident. Au lycée déja, il était 'Algérie française'. 'Etre un bon Français, pour moi, à l'époque, c'était défendre une nation forte. J'avais le sentiment de l'éternel reflux des chrétiens face à l'Islam.' De son passage à Occident, (...) il a appris que la seule logique de l'extrême droite 'c'est la guerre, le rapport de force'."

Pour l'anecdote, sachez qu'après la dissolution d'Occident, certains cadres dirigeants de cette organisation ont fondé le Groupe Union Droit (GUD), groupuscule néo-nazi qui sème encore aujourd'hui la terreur dans les milieux universitaires parisiens, et notamment à la Faculté de Droit de Paris-II Assas. D'autres rejoindront une faction fascisante baptisée Ordre Nouveau, qui elle-même donnera naissance au Front National de Jean-Marie Le Pen.

On commence à mieux comprendre la haine hystérique de Devedjian à l'égard des Turcs musulmans. Défense du Christianisme et de la "race", supériorité de la "civilisation blanche" et de l'Occident... autant de thèses terrifiantes qui ont, en d'autres temps, conduit à l'Holocauste juif et à l'Inquisition, et, s'agissant des Turcs, entraîné l'extermination de centaines de milliers des leurs en 1915-1916 par les milices arméniennes.
On comprend également pourquoi Devedjian s'énerve dès qu'on lui parle de son passé. Un passé qui exhale des relents pestilentiels.

Peut-on parler d'une "erreur de jeunesse" à propos de l'adhésion de Devedjian à ces thèses monstrueuses ? Nous sommes d'avis que non. Son engagement et son militantisme actif dans l'extrême-droite arménienne prouve que l'homme n'a pas changé et qu'il reste viscéralement raciste. Force est de constater chez cet individu une permanence dans l'abomination. Haine quand tu nous tiens...

(1) P. Lamotte, "Avenir sombre pour les Etats-Unis", Europe-Action, n°2, février 1963.
(2) Paroles françaises, 30 décembre 1950-12 janvier 1951. Cité par J. Algazy, in : La tentation néo-fasciste en France (1944-1965), Paris, Fayard, 1984, p. 270
(3) Ibid., p. 274



2) Devedjian, un activiste lié aux milieux terroristes et ultranationalistes arméniens...

Dans une interview accordée à l'Armenian Reporter le 6 juin 1985, Patrick Devedjian a qualifié de "résistance" (sic) les actions terroristes de l'"Armée secrète de libération de l'Arménie" (Asala), dont des membres ont été jugés et condamnés en 1985 pour un attentat à la bombe perpétré contre les bureaux de la Turkish Airlines à l'aéroport d'Orly (Paris), en juillet 1983. L'explosion avait fait alors huit morts, dont quatre Français, deux Turcs, un Suédois, un Américain, et environ 60 blessés. Et qui assura la défense des terroristes arméniens lors du procès de l'Asala qui se déroula à Paris en février-mars 1985 ? Un certain Devedjian... Etonnant ? A peine.

L'hebdomadaire turc Nokta, dans son édition du 15 au 21 août 1983, et plusieurs journaux français publiés aux mêmes dates, rappelaient que Devedjian avait annoncé l'attentat d'Orly six mois avant que celui-ci n'ait lieu. "Il va être dangereux d'utiliser la Turkish Airlines" avait lancé l'avocat arménien, plein de menace et de sous-entendu. Six mois plus tard, un carnage avait lieu dans l'aéroport parisien...

Devedjian a les mains pleines du sang des victimes de l'Asala, et celles-ci se comptent par dizaines, essentiellement des diplomates turcs et leurs familles, qui ont été exécutés pour le seul fait d'être turc. Ce ne sont ni plus ni moins que des meurtres monstrueux et racistes. Et Devedjian de parler de "résistance" ! "Tout le monde considère les membres de l'Asala comme des terroristes, moi je vois en eux des résistants !" déclarait-il dans ses plaidoiries au procès d'Orly. "Je ne considère pas que les Arméniens qui tuent des diplomates turcs soient des terroristes. Je les considère comme des activistes" affirmait-il à l'Armenian Reporter... avant de préciser sa pensée et ses objectifs, toujours dans le même journal : "A l'issue de notre combat, il sera possible de libérer les terres arméniennes en Turquie et de les réunifier, indépendamment de l'Union soviétique, avec l'actuelle Arménie. (...) Dans l'histoire, les Turcs ont déjà perdu les trois quarts de leurs territoires. Ils accepteront par la force la naissance d'une nouvelle Arménie". On peut difficilement être plus clair...

Devedjian a soutenu et défendu l'organisation raciste et terroriste de l'Asala, et continue d'entretenir des liens étroits avec les bailleurs de fonds de ce groupuscule aujourd'hui en sommeil mais susceptible d'être réactivé à tout moment : les milieux ultranationalistes arméniens. Ainsi, le 22 avril 1994, Devedjian participait à une réunion de la Fédération Révolutionnaire Arménienne, plus connue sous son nom arménien, Dachnaktsoutioune, dont les liens avec l'Asala ne sont plus à démontrer. Pour mémoire, rappelons que ce sont les comités Dachnaks qui ont orchestré les massacres massifs commis sur les populations turques en Anatolie orientale, sous l'Empire ottoman en 1915-1916.

Dans son "combat" contre les Turcs, Devedjian n'hésite pas à appliquer la fameuse règle qui veut que "les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Connaissant maintenant le personnage, révéler que Devedjian a soutenu et soutient encore activement les terroristes kurdes du PKK ne surprendra personne. D'ailleurs, l'homme ne s'en est jamais caché. Dans l'Armenian Reporter du 6 juin 1985, il insistait clairement sur la nécessité pour les activistes arméniens de collaborer avec leurs homologues marxiste-léninistes kurdes. Il appelait de ses voeux un partenariat terroriste arméno-kurde. Il a été entendu. L'Asala a très tôt entretenu des relations étroites avec le PKK, des militants des deux organisations ayant suivi des formations identiques dans les mêmes camps d'entraînement militaire au Liban dans les années 80. De nos jours, alors que les autorités d'Erevan et la direction de l'Asala continuent d'apporter une aide logistique et financière au PKK, Devedjian et ses amis encouragent le lobby arménien à soutenir activement les associations qui servent de vitrines légales à l'organisation terroriste kurde en France ; laquelle organisation, faut-il le rappeler, est officiellement interdite sur le territoire français (mais aussi en Allemagne et en Grande-Bretagne).

Pour Devedjian, tous les moyens semblent bons pour assouvir la haine rageuse qu'il porte aux Turcs. De façon générale, on peut même affirmer que pour cet homme à l'immoralité manifeste, les méthodes importent peu, la fin justifiant amplement les moyens. L'avidité et l'ambition démesurée de ce fils de modeste immigré arménien l'ont ainsi poussé à fréquenter des gens peu recommandables. L'appât du gain et l'argent facile, des frustrations liées à son enfance ("Il a mal supporté que son père l'enferme à 11 ans au collège arménien, où il s'est retrouvé seul à ne pas parler l'arménien. Il n'aimait pas que son père lui impose l'humiliation des descentes d'huissier" Libération du 7 décembre 1998), et un ego boursouflé, expliquent peut-être pourquoi Patrick Devedjian n'a pas hésité à s'associer à l'ennemi public numéro un français des années 70 et à tisser des liens avec le grand banditisme...



3) Devedjian, l'ami des truands et des gangsters...

Dans son édition du 23 au 29 novembre 2000, le magazine français VSD publie un article explosif de trois pages consacrés aux révélations posthumes de Jean-Charles Willoquet, truand hors série des années 70, qui mettent gravement en cause Patrick Devedjian.

Nous vous livrons telles qu'elles ont été publiées les révélations de ce gangster. Voyage édifiant au pays des malfrats...

Celui que l'on désignait alors comme l'ennemi public n°1 en France, relate d'abord dans ses "mémoires" les circonstances dans lesquelles il a contacté pour la première fois l'avocat arménien : "Fin 1974, alors que j'étais incarcéré à la Santé et que j'avais la ferme intention de m'évader, un de mes amis m'a conseillé de désigner Patrick Devedjian comme avocat, qu'il me serait très utile. (...) En avril 1975, mon ex-beau-frère, Patrick Langlois, a essayé de s'évader du palais de justice, cela alors qu'étant dans le cabinet du juge d'instruction, il avait demandé à aller aux toilettes. Un pistolet avait été déposé dans les cabinets par Patrick Devedjian". "En mai 1975, poursuit Willoquet, Patrick Devedjian devait m'apporter 3 calibres et 2 grenades à la Santé. Il avait été convenu que je le rétribuerais après l'évasion. D'ailleurs, il devait toucher une part sur une affaire dont il m'avait donné quelques tuyaux. Il s'agissait de braquer la paie de l'Imprimerie nationale, rue Lecourbe, dans le 15ème arrondissement". Mais la tentative d'évasion n'est pas menée à son terme précise VSD. Le truand réussira néanmoins à s'évader en juillet 1975 dans d'autres circonstances et reprendra le projet de hold-up de l'Imprimerie nationale. "Fin septembre 1975, je suis allé chez Patrick Devedjian pour prendre possession d'un passeport belge, vierge, qu'un de mes amis avait mis de côté chez lui, affirme Willoquet dans ses écrits. Et pour qu'il me donne tous les détails du braquage, me fournisse le plan des lieux comme cela avait été convenu. Comme il y avait du monde chez lui, j'ai préféré ne pas m'attarder. Je lui fis seulement part des raisons de ma visite et lui dis que je reviendrais. Avant de partir, il me remit le passeport. Nous nous sommes revus quelques jours plus tard, mais par précaution, je ne suis pas allé chez lui ; avec la Mercedes 280 que j'avais à cette époque, je me suis mis en attente à proximité de son domicile dont je surveillais l'immeuble. Vers midi, Patrick Devedjian en est sorti. Aussitôt j'ai avancé la Mercedes jusqu'à sa hauteur et me suis arrêté en l'appelant. Mon ami Dominique Gautier, qui m'accompagnait, a ouvert la porte arrière et j'ai intimé à Patrick Devedjian l'ordre de monter. Ce qu'il a fait. J'ai alors dirigé la voiture vers un square, avec parking, pour que nous puissions discuter tranquillement. Je me suis fait expliquer en détail l'affaire du braquage. N'ayant pas de plan sur lui, il me proposa de retourner à son domicile le chercher, ce à quoi je me refusai. Il m'a alors dessiné le plan de mémoire sur une feuille de papier". Plus loin, Willoquet précise : "L'argent était apporté par la Brink's jusqu'aux bureaux du rez-de-chaussée. Dans un des bureaux, il y avait plusieurs employés et il y avait un système d'alarme (pédale) au pied. Avec mon ami Dominique, nous sommes allés surveiller l'arrivée du fourgon blindé. Comme il y avait un café juste en face de l'Imprimerie nationale, il était facile de surveiller sans se faire remarquer. Tout se déroulait comme Patrick Devedjian l'avait expliqué. Nous décidâmes de passer à l'action en novembre. Malheureusement, mon ami Dominique se fit arrêter à Reims, ce qui compromettait la réalisation du braquage". Le malfrat finit par renoncer à "l'affaire".

Willoquet meurt criblé de balles en 1989, en France, dans un cambriolage qui tourne mal. Quant à son ancien complice, Patrick Devedjian, au moment où l'article de VSD a été publié, il a bien évidemment nié les faits qui lui étaient reprochés. Parole de truand contre parole de truand, sauf que l'un était mort depuis plus de dix ans, l'autre, vivant, était et est encore député-maire et porte-parole d'un important parti politique français. La donne était faussée, l'affaire a été enterrée.



Pour affiner le portrait de Devedjian, nous aurions pu encore évoquer les méthodes peu orthodoxes employées par ses sbires lors des élections municipales à Antony dans le but de museler les candidats rivaux. Agressions physiques, menaces et intimidations, tout y passe. Ainsi, dans les années 80, les dirigeants de la radio Fréquence Libre recevaient de manière systématique, à la veille de chaque élection, des menaces à peine voilées de la part des sympathisants de Devedjian. Mais au vu du curriculum vitae du personnage, cela n'a plus rien d'étonnant.

Au final, que peut-on dire de plus sur ce sinistre personnage ? L'ex-militant néo-fasciste Devedjian, l'ami des truands et des terroristes arméniens, ne porte pas les Turcs et les amis de la Turquie dans son coeur ? Grand bien lui fasse. Sa haine nous honore et fait notre fierté. Nous savons ce qu'il a été, ce qu'il est, et ce qu'il fait, et à ce titre nous n'aurons de cesse de le combattre, lui et ses semblables.


- Quel est l'objectif final de cette politisation de la cause arménienne ? La reconnaissance du soi-disant "génocide" par des Parlements nationaux donnerait aux Arméniens, du moins l'espèrent-ils, un moyen de pression sur la Turquie pour obliger cette dernière à reconnaître à son tour un crime qu'elle n'a pas commis, et lui soutirer des dédommagements financiers, voire, pourquoi pas, lui arracher une partie de son territoire (Ani, la capitale de l'antique royaume d'Arménie qui n'est aujourd'hui que vestiges archéologiques, se trouve en Anatolie orientale).Voir également l'article 11 de la Constitution arménienne). Les tenants d'une Grande Arménie, même s'ils restent très largement minoritaires, existent bel et bien et n'en sont pas moins actifs (lisez les déclarations du parti ultranationaliste Dachnak). Ces derniers ne rêvent que d'une chose : le démembrement de la Turquie ! En France, leur représentant le plus connu est Patrick Devedjian à propos duquel il convient d'ailleurs de se renseigner très vite. Les agissements et la personnalité de ce sinistre individu prouvent s'il en était besoin que le racisme et le nationalisme le plus extrême sont les moteurs essentiels de l'activisme et du terrorisme (intellectuel et physique) arméniens.

En outre, Erevan, en exploitant le thème du "génocide", semble vouloir contraindre la Turquie à desserrer son étau sur l'Arménie dans l'affaire du Haut-Karabakh, qui oppose les Arméniens aux Azéris turcophones soutenus par Ankara (le Haut-Karabakh est une enclave arménienne en Azerbaïdjan qui souhaite son rattachement par la force à l'Arménie. Depuis la guerre, les Arméniens, avec le soutien des Russes, occupent 20% du territoire national azéri et se sont livrés à des tueries effroyables sur les populations civiles locales. La boucherie commise en 1915-1916 par les milices arméniennes, avec l'appui des troupes tsaristes russes, s'est répétée en partie en Azerbaïdjan, dans le silence assourdissant de l'Europe "bien pensante" et "humaniste" !). En clair, le message d'Erevan adressé aux Turcs semble être : plus vous soutiendrez vos frères azéris, plus nous exploiterons sur la scène internationale la question du prétendu "génocide".

- Il ne fait nul doute que certains Arméniens croient sincèrement qu'il y a eu "génocide" en 1915-1916, et attendent que ce dernier soit reconnu par la Turquie pour entamer leur travail de deuil. Les faits sont pourtant là : il n'existe aucune preuve sérieuse d'une décision et d'un plan du gouvernement ottoman visant à exterminer la nation arménienne. Les victimes de terribles événements ont malheureusement tendance à considérer leurs souffrances comme exclusives, et à occulter celles des autres. Les témoignages que les Arméniens se transmettent de génération en génération sont pourtant semblables à ceux qui circulent au sein de dizaines de milliers de familles turques, dont la douleur n'a jamais eu l'audience de celle des Arméniens.
Les massacres de 1915-1916 marqueront à jamais la mémoire des Turcs et des Arméniens. Il revient aux historiens et non aux lobbies politiques de faire toute la lumière sur cette sombre période, et aux Arméniens d'accepter que l'on puisse remettre en cause, interroger, questionner, mettre en doute, leur lecture de l'Histoire, au nom de la Vérité et du devoir de mémoire, qui ne peut et ne doit être une exclusivité arménienne. La réconciliation est à ce prix.

Sources : le site de Patrick Devedjian, l’homme respectable servant de l’UMP et Narkozy.
        Et le site http://www.tetedeturc.com



Narine

#4 narine

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Posté 16 octobre 2004 à 01:59

Lettre ouverte à France… à MA France !


Il m’a fallut plus de onze millénaires pour arriver jusqu’à toi !

Les yeux bridés par la nature, c’est à cheval que j’ai quitté les steppes de ma terre natale: l’Asie centrale. J’ai parcouru un long chemin m’arrêtant en Inde, en Egypte et dans mille autres lieux pour finalement venir m’établir aujourd’hui dans le plus grand musée ouvert de la planète qu’est l’Anatolie. J’ai fait naître et vu disparaître pas moins de quinze empires dont le grand empire des Huns, l’empire des Turcs célestes, le grand empire des Seldjoukides, l’empire ottoman,… et mon seizième état se nomme la République de Turquie !
L’odyssée qui m’a mené jusqu’à toi fut longue et périlleuse mais riche en aventures et en péripéties ! C’est en 1492 que je suis devenue européenne en mettant fin au moyen âge et en causant la chute de Byzance ! Je m’appelais alors l’Ottomane !
Pour t’atteindre, j’ai conquis la moitié de la planète ! Des pays slaves jusqu’aux rives arabes de l’Atlantique, je t’ai enserrée !
Je ne me suis pas contentée de faire trembler les portes de Vienne car au 16ème siècle pour assiéger Nice, j’ai même fait alliance avec l’un de tes Rois, qui porte d’ailleurs ton nom ! Rappelle-toi, j’ai du hiverner à Toulon avec 30 000 des miens pour t’aider à combattre Charles Quint !

Et pourtant, et malgré cette formidable épopée historique, ce n’est que dans le dernier quart du siècle passé que je t’ai rejointe avec mes valises sur les ailes d’un oiseau de la Turkish airlines !

Tes enfants m’appelaient alors « la Turque » ou « l’étrangère » ! C’est toujours plus ou moins ainsi ! Et petit à petit, je me suis habituée à toi France ! Petit à petit, je t’ai découverte et ai appris à t’aimer.
Il m’a fallut 15 longues années pour l’admettre, pour l’accepter ! Reconnaître que finalement j’étais amoureuse de toi, France !
Quinze longues années pour admettre que finalement je ne partirais plus et que ma vie était ici chez toi avec les tiens ! Aussi, j’ai rejoint ta famille la seizième année.
Oui, je t’aime France !
J’aime ta culture, j’adore ta cuisine, j’aime tes odeurs, je suis fascinée par ton art de vivre et ton adoration de la culture. J’aime tes rues, leurs pavés, tes bâtiments, tes décorations, ta rigueur, ta littérature, ta poésie, ton républicanisme, tes lumières et ta révolution !
Je te dois aussi beaucoup, France ! C’est avec ta bourse que j’ai fait des études, c’est dans tes écoles que je suis tombée amoureuse de ta culture, c’est avec toi que j’ai jouis pleinement de la liberté, que j’ai appris le sens de l’initiative, le soucis du parfait, l’esprit de l’excellence, la volonté positiviste et le désir de progrès.
Tu as modelé mon esprit, élargi mon regard et nourri mes espoirs !

Néanmoins, chère France, je dois t’avouer que souvent je m’interroge sur la réciprocité de cet amour !
Aimes-tu tous tes enfants équitablement et indépendamment de leurs origines ou de leur appartenance confessionnelle ?
France, chère France, j’ai mal quand je vois tes médias dénigrer systématiquement mon pays d’origine et ma culture !
Tes enfants ont-ils si rapidement oublié qu’ils me nommaient « Le Grand Turc » il y a peu ? Ont-ils oublié que moi j’avais droit de vote dix ans avant tes femmes ? Ont-ils oublié que pendant que tes filles subissaient le droit de cuissage, moi je gouvernais des tribus !? Ont-ils si rapidement oublié notre amitié et nos liens stratégiques ?
France, j’ai souvent l’impression que tu n’entends pas la voix de tes enfants d’origine turque !!! Tu sembles nous écouter mais tu n’entends pas ! Pourquoi ?
Pourquoi, toi dont la république prône l’anti-communautarisme, laisses-tu des groupes radicaux et traditionnellement anti-turcs exercer des actions communautaristes qui sont contraires au principe d’égalité de tous tes citoyens ?
France, comment donc as-tu pu laisser un 18 janvier 2001 noir, 57 de tes élus faire voter en ton nom une loi strictement communautariste qui crache sur nous tes enfants d’origine turque ? Comment France ? Comment as-tu laissé faire ceci ? Comment as-tu pu nous trahir France ?
Une mère a t-elle le droit de préférer certains de ses enfants aux autres ?

Nous voulons tant t’aimer chère France et pourtant ce goût amer persiste ! Même si derrière des portes fermées tu avoues un « mea culpa », même si tu t’excuses et dis m’aimer… c’est un ressentiment mêlé de tristesse et de déception qui domine.
Certains, en ton nom, veulent bloquer le destin de mon pays d’origine ! Certains, en ton nom, prônent le rejet et la discrimination !
Certains, en ton nom, veulent jeter l’opprobre sur mon histoire qui sera enseignée dans tes écoles !
Certains, en ton nom, détruisent impunément nos liens France !
Quel avenir puis-je espérer pour mes enfants, ma France ?
Comment puis-je te faire confiance et espérer que l’équité et la justice primeront pour chacun quelles que soient ses origines ?
Où es-tu ma France, celle qui a brillé par ses Lumières et sa grandeur culturelle !? Où es-tu France, celle pour qui j’ai fait tant de chemin ?
Où es-tu France dont je suis amoureuse ?

France, ma douce France, entends enfin le cri de tes enfants d’origine turque, entends l’amour et l’affection que nous te portons. Réponds à notre tendresse… mais celui-ci n’est pas intarissable, sache-le…. !

Je t’aime France et veux t’aimer encore plus ! Hors de ton hexagone, c’est ton passeport que je fais valoir, et c’est ton nom que je porte ! C’est toi que je représente et c’est toi que je défends !

Toi, France de ma vie et France de mes espoirs ! Toi, France de mon présent, sauras-tu être la France de mon avenir ?


Kardelen
Magnifique Sultan au Turban Rotatif

#5 narine

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Posté 16 octobre 2004 à 16:33

LA TURQUIE EST-ELLE EUROPÉENNE?
Introduction

En décembre 1999, au sommet d'Helsinki, l'Union européenne (UE) a officiellement reconnu à la Turquie le statut de candidat à l'adhésion.
Cette décision et les perspectives de l'élargissement de l'Union ont remis d'actualité le débat sur l'identité de l'Europe, suscité des interrogations sur ce que doivent être ses frontières géographiques, et relancé la réflexion sur la finalité de la construction européenne. Par un jeu de miroir, ce débat pose aujourd'hui la question de l'identité de la Turquie: ce pays a-t-il vocation à rejoindre les Quinze et fait-il partie de l'Europe ?
Pour les Turcs, dans leur immense majorité, la réponse ne souffre aucun doute: oui. Et nous, auteurs du site www.bleublancturc.com, partageons bien évidemment cette conviction.
Sans prétendre à l'exhaustivité, nous nous proposons dans cette rubrique de vous soumettre quelques arguments et réflexions qui plaident, selon nous, en faveur de l'appartenance de la Turquie à la famille européenne.



1) L'Islam, une entrave à l'entrée de la Turquie dans l'UE ?
Tentons d'abord de répondre à tous ceux qui invoquent la religion dominante en Turquie, à savoir l'Islam, pour affirmer que ce pays n'a pas sa place en Europe. Ces détracteurs, que l'on retrouve essentiellement au sein des partis conservateurs et chrétiens-démocrates européens (par exemple, la CDU allemande), considèrent en effet que la construction européenne relève d'un projet de "civilisation" (bien évidemment chrétienne) dans laquelle les musulmans n'auraient pas leur place. Ils tournent ainsi le dos à une conception citoyenne de l'Europe, pour défendre une vision rétrograde et inquiétante du projet européen dont la finalité exclusive serait de fonder un "Club Chrétien".

Rappelons à ces personnes que l'Islam, indépendamment de la candidature turque à l'UE, est déjà présent, et bien présent, en Europe. Il constitue, par le nombre de ses fidèles, la seconde religion en France et en Allemagne, et d'importantes communautés musulmanes existent en Grande-Bretagne, au Benelux, dans les pays scandinaves, en Autriche, Suisse. En clair, les Européens de confession musulmane, qu'ils soient d'origine extra-communautaire, convertis, ou "de souche" (exemple : les 300 000 Turcs musulmans de Grèce) représentent une population de plusieurs millions d'âmes.
Dire non à la Turquie pour des raisons religieuses, c'est en quelque sorte rejeter ces millions de musulmans, refuser le multiculturalisme, le droit à la différence, et la liberté de choisir et de pratiquer librement sa foi. C'est aussi ne pas reconnaître la vocation de l'Albanie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Bulgarie, de la Macédoine, ou de la Roumanie, qui comptent d'importantes minorités ou une population en majorité musulmanes, à intégrer un jour l'Union européenne.
Cela revient en outre à donner un signe négatif fort au monde musulman dans son ensemble, susceptible de rallumer des ressentiments à l'égard d'une Europe jugée arrogante, méprisante, et discriminante.

Précisons que la Turquie se distingue si franchement des autres pays musulmans que l'on peut parler d'une spécificité turque dans le monde islamique. La Turquie est ainsi le seul Etat musulman à avoir inscrit la laïcité dans sa Constitution. De surcroît, la condition de la femme turque est de loin favorable à celles de la plupart des autres musulmanes. Le Code civil turc, emprunté à celui de la Suisse, et remplaçant la Charia (Loi coranique) en 1926, a reconnu très tôt l'égalité des femmes et des hommes. De même, c'est en 1934 qu'une réforme constitutionnelle a accordé le droit de vote et d'éligibilité aux femmes en Turquie, soit bien avant les Françaises !



2) Bref aperçu historique des rapports turco-européens

a) La marche turque vers l'Europe, une épopée longue de 2500 ans
Depuis le premier millénaire avant l'ère chrétienne, l'histoire des Turcs s'apparente à une longue marche d'Est en Ouest, couvrant des distances et des étendues gigantesques. Des forêts sibériennes aux steppes d'Asie centrale, de l'actuel Afghanistan au nord de l'Inde, de la Perse à la Mésopotamie, de l'Anatolie aux Balkans, les Turcs n'ont eu de cesse de marcher vers le Couchant, créant sur leur passage de nombreux empires et Etats, avant de s'installer définitivement en terre anatolienne et dans le sud-est de l'Europe. Au regard de cette fantastique épopée deux fois millénaire, l'aboutissement naturel et logique de cette marche ne pouvait qu'être l'Europe.
b) Les Turcs, un élément du melting-pot ethnico-culturel européen

Le fait est peu connu, mais les relations entre les Turcs et l'Europe débutent bien avant la naissance de l'Empire Ottoman au 13ème siècle. En effet, au 5ème siècle de l'ère chrétienne, la présence de nombreuses tribus turques est attestée dans l'est et le sud-est de l'Europe, ces dernières ayant alimenté dès cette époque le melting-pot ethnico-culturel européen. Ainsi, il est aujourd'hui avéré par les ethnologues que les Turcs ont des liens de "cousinage" avec les Bulgares et les Hongrois.

Plusieurs siècles avant leur conversion à l'Islam, et bien avant l'arrivée massive des Slaves, des Turcs ont habité les Balkans et les terres au nord de la mer Noire. Parmi eux, les Bulgares, un peuple turc dont le nom, gérondif en ­ar du turc bulga, " mêler ", signifie " les Mélangés " (les Bulgares seraient un amalgame de plusieurs clans turcs). Ces derniers ont été au cours des âges progressivement slavisés, sous l'influence notamment de la religion chrétienne orthodoxe qu'ils ont très tôt embrassée.

S'agissant des Hongrois, qui appartiennent à une famille ethnico-linguistique (les Finno-Ougriens) proche de celle des Turcs (les Ouralo-Alatïques), ils ont une parenté culturelle évidente avec les Turcs. Dès les 5ème et 6ème siècles, de nombreuses tribus turques ayant pris part aux invasions des Huns (qui étaient une fédération de peuples des steppes à majorité turque), s'installent dans les régions de l'actuelle Hongrie pour y faire souche et plus tard se mêler aux Magyars, ou Hongrois, qui formeront au 10ème siècle la dernière vague des grandes invasions occidentale. Cette fusion fait que la langue hongroise d'aujourd'hui a de nombreuses similitudes avec le turc. Petite anecdote : Attila, qui était turc, est aujourd'hui un prénom très répandu en Hongrie du fait de ce brassage culturel.
c) L'Empire Ottoman, une puissance européenne

L'Empire ottoman a longtemps été une puissance européenne avant d'être asiatique. Les Ottomans ont eu très tôt des relations étroites avec les Byzantins, devenant même les arbitres des rivalités entre prétendants au trône grec. Cette proximité était telle qu'Orhan, le fils d'Osman, le fondateur de l'Empire turc, épousa Theodora, la fille du basileus Jean VI Cantacuzène, au 14ème siècle. Rappelons pour l'anecdote cette fameuse phrase prononcée par le megaduc Loukas Notaras peu avant le siège de Constantinople par les armées du sultan Mehmed II dit le Conquérant (1453): "Plutôt le turban des Turcs que la mitre des Latins", qui montre, s'il en était besoin, que les Turcs n'ont pas toujours joué le rôle de "repoussoir" des Européens "chrétiens", rôle auquel on les confine trop souvent et à tort.
L'image d'une Europe unie face à "l'envahisseur turc" est fausse. Quel aurait été l'avenir du Vieux continent si les Ottomans n'avaient pas été les alliés de François Ier contre la Maison d'Autriche au 16ème siècle? Après des siècles de croisade, l'amitié du Roi Très-Chrétien avec le Grand Turc (Süleyman le Magnifique) provoqua certes un immense scandale, qui ne fit que s'accroître quand les galères turques se présentèrent devant Nice (1543) et hibernèrent à Toulon, mais elle montre néanmoins que les Turcs ne faisaient pas que "cohabiter" avec "l'Autre européen".

Comme tous les empires, l'Empire ottoman a fini par disparaître, mais il a tenu sa place dans l'histoire du Vieux Monde, dont il a été la première puissance pendant des siècles (ce qui peut expliquer les jalousies, les rancœurs, les mouvements de vengeance, de déstabilisation, puis de destruction dont il a été l'objet). Les Turcs-Ottomans ont fait partie du "concert des nations" européennes, et ont joué un rôle géopolitique et culturel important. Ils ont notamment marqué de leur emprunte nombre de régions et de pays du sud-est de l'Europe. Qui se souvient que le régime ottoman a été souvent plus favorable au "pauvre peuple" que les despotes qui l'avaient précédé ou qui l'environnaient dans l'Europe de l'époque? Il n'avait manifesté aucune tendance assimilatrice, et, en particulier, aucun esprit de prosélytisme. Cet aspect était capital dans des régions très majoritairement chrétiennes. A long terme, il devait permettre la survie à travers les siècles des identités ethniques dans les Balkans.

L'héritage européen des Turcs s'étale aujourd'hui sous nos yeux. Est-il besoin de rappeler les affinités culturelles, ou les liens ethniques, linguistiques, et religieux, qui unissent la Turquie aux Albanais, aux Bosniaques, aux Turcs de Bulgarie (au nombre d'un million), Turcs et Albanais du Kosovo, Turcs de Grèce et de Chypre, Turcs et Albanais de Macédoine, Turcs de Roumanie, Pomaks et autres Tziganes musulmans, ou encore aux Gagaouzes, Turcs chrétiens orthodoxes de Moldavie?

L'identité de l'Europe s'est construite contre et avec les Turcs. Ne l'oublions pas.
d) L'Europe, un objectif de la révolution kémaliste

La révolution politique et culturelle initiée par le fondateur de la Turquie moderne, Mustafa Kemal Atatürk, est une rupture avec un passé jugé rétrograde, et une marche en avant, forcée à ses débuts, vers la modernité et la "civilisation" occidentale. L'Europe était inscrite dans la matrice idéologique, en grande partie inspirée de la philosophie des Lumières, qui a donné naissance à la République turque (1923). Toutes les réformes mises en oeuvre par les Kémalistes allaient dans le même sens, celui de l'occidentalisation : abandon de l'alphabet arabo-persan pour la graphie latine, abolition du Sultanat et du Califat, laïcisation, interdiction du voile islamique pour les femmes, adoption de codes juridiques européens, etc.
N'oublions pas qu'à la même époque (les années 1920-1930), en Europe orientale, la démocratie, jamais très ardente, fut éteinte par les fascistes locaux et les nazis allemands, puis ses dernières braises piétinées par les nouveaux dirigeants communistes. A l'issue de la seconde guerre mondiale, les trois puissances vaincues de l'Axe se virent quant à elles imposer la démocratie par leurs vainqueurs et, si celle-ci a prospéré depuis dans ces trois pays (Allemagne, Italie, et Japon), rien n'était moins évident alors. Or, les Turcs furent presque les seuls à choisir librement et consciemment la démocratie, à élaborer leurs propres institutions représentatives et à décider, tout logiquement, de rejoindre le camp occidental (jusqu'acquitter dans le sang leur droit d'entrée en envoyant une brigade de l'armée turque en Corée!).
Cette occidentalisation n'a pas été facile pour un peuple qui, après tout, est venu d'Asie, professait l'Islam et appartenait traditionnellement au Proche-Orient musulman dont il fut pendant bien des siècles le chef de file incontesté. Mais celle-ci a eu lieu, et se poursuit encore de nos jours. Cette démarche, volontaire, est celle de toute une nation pour qui l'intégration à l'UE représente en quelque sorte l'accomplissement du projet révolutionnaire kémaliste.
3) La Turquie et l'Europe


Que dire encore à ceux qui mettent en cause l'identité européenne de la Turquie quand on sait que :

- la Turquie est un membre fondateur du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) ;

- la Turquie est membre de l'OTAN, de l'Union de l'Europe Occidentale (UEO, le bras armé de l'UE), et devrait prendre part à la future armée européenne en constitution ;

- pendant la guerre froide, la Turquie a été en première ligne pour défendre la sécurité de l'Europe contre le Bloc de l'Est. Seul pays de l'Alliance Atlantique à avoir une frontière avec l'URSS, elle devait empêcher, en cas de conflit, l'avancé des troupes soviétique et la pénétration en Méditerranée de la flotte russe de la mer Noire. N'y a-t-il pas déjà là, de ce simple fait, une dette morale de l'Europe de l'ouest à l'égard de la Turquie?
- près de quatre millions de Turcs vivent déjà au sein de l'Union européenne (2,5 millions dans la seule Allemagne et 350 000 en France). Outre-Rhin, des personnes issues de la seconde et troisième générations de l'immigration turque sont aujourd'hui députés, médecins, acteurs à succès, sportifs célèbres. Les hommes d'affaires d'origine turque génèrent en Allemagne un volume d'activités commerciales et économiques de plusieurs dizaines de milliards de DM, et ont crée des centaines de milliers d'emplois, dont profitent Turcs et Allemands. Le rêve du retour au pays étant aujourd'hui sérieusement remis en cause, les Turcs s'intègrent progressivement et de plus en plus dans les sociétés d'accueil. Ils constitueront à terme un réservoir électoral que les partis politiques ne pourront négliger. Or, l'intégration de la Turquie à l'Union européenne est l'une de leurs principales revendications;

- les Accords d'Ankara de 1963 prévoient que la Turquie adhère à terme à l'Union européenne : les Quinze sont liés par ces engagements, qu'on le veuille ou non.

Pour finir, nous pouvons aussi avancer quelques arguments d'ordre géostratégique qui plaident en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'UE :

- en intégrant la Turquie, les Quinze pourront enfin jouer un rôle à la mesure de leur poids économique et démographique, au Moyen-Orient, en Asie centrale, et dans le Caucase ;

- en accueillant la Turquie dans son giron, l'UE placera sous son contrôle les voies d'évacuation des hydrocarbures de la mer Caspienne, du brut irakien, des gaz russe et iranien... qui vont transiter ou transitent déjà par le territoire turc ;

- une Turquie dans l'Europe, c'est mettre au service des Quinze le "Château d'eau" du Moyen-Orient : la Turquie détient en effet les plus importantes ressources hydrauliques de la région. A l'avenir, l'or bleu, au même titre que l'or noir aujourd'hui, est amené à jouer un rôle économique et politique essentiel. Les réserves en eaux de la Turquie sont à ce titre une carte stratégique maîtresse.

Le site web du Secrétariat Général aux Affaires Européennes
http://www.abgs.gov.tr/
http://www.abgs.gov.tr/



JUIFS DE TURQUIE
La Turquie dans l'Union européenne ?
Juifs en Turquie
Busbecq
Le Monde - 04/01/2003
Au début du XXème siècle, Salonique (qui faisait encore partie de l'Empire ottoman) était la ville qui comptait la plus importante communauté juive d'Europe. Selon des chiffres datant de 1911 environ, il y avait plus de 42.000 juifs dans la province administrative d'Aydin et 70% d'entre eux vivaient dans la ville d'Izmir (Smyrne)
C'est principalement à la fin du XVème siècle que les Juifs sont arrivés en très grand nombre après, pour certains, un passage peu satisfaisant en Italie du Nord (Turin , Milan et Venise). Ces Juifs venaient surtout du Portugal et d'Espagne d'où ils ont été chassés par le Très Catholique pouvoir royal.
Le Sultan s'est étonné publiquement qu'un souverain se prive ainsi d'une population intelligente et il a aussitôt accueilli les Juifs en leur garantissant la liberté de culte, la sécurité et le respect des tribunaux religieux traditionnels. Il n' y avait là aucune nouveauté: c'est ce qu'il avait établi pour d'autres communautés religieuses.
Les Juifs étaient renommés pour leurs connaissances dans le domaine médical et il y a toujours eu, si j'ai bonne mémoire, un médecin juif attaché au Sultan.
Il n'y a jamais eu de pogrom en Turquie. Les Jufs d'Istanbul étaient principalement installés dans le quartier de Balat puis, au milieu du XIX, les familles les plus riches se sont installées en villégiature sur les Îles des Princes et sur la rive asiatique du côté de Kuskuncuk où se trouve encore aujourd'hui le principal cimetière juif de la ville.
Deux des principales et plus anciennes synagogues en activité se trouvent pratiquement au pied de la Tour Galata. L'équivalent du yiddish est le "ladino", très influencé par la syntaxe et le vocabulaire espagnol , encore parlé en famille et qui dispose d'un magazine hebdomadaire tiré à 12.000 exemplaires. Dans beaucoup de familles juives de Turquie, on parle souvent le français comme deuxième langue et si parfaitement qu'on croirait que les enfants ont étudié dans une école française, ce qui n'est pas le cas.
Si le sujet vous intéresse, la maison d'édition ISIS à Istanbul a publié de très nombreux ouvrages en français (souvenirs, mémoires, études généalogiques, photos, ) sur les communautés juives de Turquie (www.theisispress.com)
Comme disent Giscard, Madelin, Bayrou et Léopold II: "La Turquie n'a rien en commun avec nous". Il est vrai que nous ne partageons pas le même Papon.
Liens:
Yiddish in Istanbul (06.09.2001)

#6 narine

narine

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Posté 16 octobre 2004 à 17:55

NATURE ET ORIGINE DES PREJUGES ANTI-TURCS EN OCCIDENT

-  L’image des Turcs en Occident

    * Introduction
    * Quelques indications sur les origines des Turcs
    * Les Turcs : "peuple de l’Apocalypse" ?
    * Fascination et haine à l’époque ottomane
    * L’image des Turcs de la fin de la 1ère Guerre Mondiale à aujourd’hui

-  Les Turcs face à leur image en Occident

    * Une Turquie et des Turcs repliés sur eux-mêmes
    * Des Turcs qui s’ouvrent progressivement sur l’extérieur
    * Un déficit persistant d’image en Occident

L’image des Turcs en Occident

Introduction

Qui sont les Turcs ? Voici la réponse d’un étudiant américain qui avait vu le film Midnight Express : "C’est ce peuple brutal qui a cruellement puni un Américain pris à faire du trafic de drogue". Et celle d’un lycéen : "Ils portent de longs peignoirs, parlent l’arabe et ont des tas de femmes" [1]. Que dire devant ces réponses, si ce n’est qu’elles révèlent les préjugés et l’ignorance dont sont victimes les Turcs, et qui sont, malheureusement, très largement répandues en Occident. Ces clichés, qui ont la vie dure, renvoient à un passé complexe et conflictuel. En effet, les Turcs sont peut-être le seul peuple qui entretient des rapports aussi ambigus avec l’Occident, et plus particulièrement avec l’Europe. Au fil des siècles, ces rapports ont formé un contentieux fait d’envie et de ressentiment, de fascination et de terreur, le tout constitué sur un fond de préjugés où s’enlise toute approche un tant soit peu rationnelle du problème. Ainsi, l’amour, la haine, le rejet, l’attachement, la peur... se sont inextricablement mêlés au cours des siècles, pour donner, aujourd’hui, une situation qui reste très opaque.

Cette opacité explique peut-être la rareté des études faites sur l’image des Turcs dans la mémoire collective des Occidentaux. Néanmoins, dans ce dossier, nous avons cherché, sans prétendre à l’exhaustivité sur le sujet, à montrer la permanence, de nos jours, de clichés sur les Turcs, et à comprendre, le phénomène qui a présidé à l’élaboration de ces préjugés.

Dans un premier temps, nous poserons quelques jalons historiques montrant comment l’image des Turcs a évolué en Europe. Puis, nous illustrerons la persistance de ces clichés à travers l’analyse d’un cas concret, celui du film Midnight Express, qui est, à lui tout seul, un condensé de tous les préjugés à l’égard des Turcs. Enfin, nous nous pencherons sur les réactions qu’ont eues ces derniers face à ces clichés, et verrons également que certains éléments d’actualité ont entravé les efforts des Turcs pour avoir meilleure presse en Occident.

I - Quelques indications sur les origines des Turcs

Les Turcs (qui ne sont pas des indo-européens, mais des ouralo-altaïques), peuple nomade, pasteur et guerrier, sont originaires des steppes d’Asie Centrale. Mentionnés dans les annales chinoises dès le premier millénaire avant Jésus-Christ, on les retrouve massivement engagés comme mercenaires dans les royaumes arabes (ils donneront naissance, par exemple, à la dynastie Mamelouk d’Egypte), dès le 8ème siècle. Par vagues successives, ils quittent leurs régions arides pour les plaines fertiles du Sud, où ils fondent des empires : ceux des Ghaznévides d’Afghanistan (10ème siècle), des Seldjoukides (11ème siècle), des Ottomans (13ème siècle), ou celui des Grands Moghols (16ème siècle), sont notamment les plus illustres. A l’évocation des Turcs, on se rappelle d’Attila et de ses Huns, des armées de Genghis Khan, des conquêtes de Tamerlan, de la prise de Constantinople par le Sultan Mehmet II, dit "Le Conquérant", ou encore du règne faste de Süleyman "Le Magnifique". Aujourd’hui, on trouve des Turcs sur de vastes étendues, des plaines de Sibérie jusqu’aux montagnes des Balkans, du Turkestan chinois au Nord de l’Inde, mais également dans le Caucase, en Iran, en Irak... et bien sûr, en Turquie. Ils représentent une population de près de 150 millions de personnes (dont 65 dans la seule Turquie).

Au 9ème siècle, la menace des invasions turques pèse déjà lourdement sur l’imaginaire des peuples du Proche et Moyen-Orient (chrétiens, juifs, musulmans). Ainsi, le théologien Abou Isa Mouhammad, originaire de Transoxiane (cette région, qui correspond à l’Ouzbékistan d’aujourd’hui, était à cette époque directement menacée par les Turcs), rapporte dans l’un de ses recueils que le Prophète Mahomet aurait prédit que l’Antéchrist apparaîtrait dans le Khorassan (territoire de l’Iran actuel) suivi "des peuplades qui ont le visage aplati" [2].

II - Les Turcs : "peuple de l’Apocalypse" ?

Le peuple turc fait rapidement l’objet d’une littérature abondante dans le Proche et Moyen-Orients, en raison des menaces qu’il fait peser sur ces régions. Cette littérature est profondément marquée par la peur des invasions de ces "peuples du Nord", et d’aucuns n’hésitent pas à voir dans les Turcs les peuples mythiques de Gog et Magog, évoqués dans les textes sacrés (la Bible : Ezéchiel, XXXVIII ; le Nouveau Testament : Apocalypse, XX, 8 ; le Coran : XVIII, 94). Tabari, historien et encyclopédiste arabe, mort en 923, établit ainsi une ascendance pour le peuple turc. Dans un hadith [3], il tient les propos suivants :

"Noé engendra trois fils, Chem, Ham et Japheth, et chacun d’entre eux en engendra trois autres. Chem engendra les Arabes, les Persans et les Byzantins, d’où vient tout le bien. Japheth engendra les Turcs, les Slaves, et Gog et Magog, d’où ne vient rien de bon. Ham engendra les Coptes, les Soudanais et les Berbères". [4]

Le lien entre les Turcs et les peuples de l’Apocalypse n’est toutefois pas une invention arabe. On retrouve en effet cette vision des Turcs chez les chrétiens orientaux, bien avant la naissance de l’islam. Un auteur du 7ème siècle dresse ainsi un tableau particulièrement terrifiant des peuples du Nord, assimilés aux Huns :

"Les peuples qui viendront du Nord mangent la chair des hommes et boivent le sang des bêtes sauvages comme de l’eau. Ils mangent tout ce qui est impur, les serpents, les scorpions, et toutes les bêtes répugnantes et infâmes, celles qui rampent sur le sol, la chair et les cadavres des brutes et les avortons des femmes. Et ils massacreront les nouveau-nés et les offriront à leur mère ; ils rôtiront leurs chairs et les mangeront. Ils corrompront la terre, ils la souilleront et l’anéantiront et il n’y aura personne capable de leur faire face." [5]

Peu à peu, les Turcs, qui se convertissent progressivement à l’islam au fur et à mesure de leur implantation dans le Moyen-Orient, vont finir par dominer une grande partie du monde arabo-musulman, où leur image, d’abord négative, va se modifier pour devenir celle du peuple conquérant, "glaive de l’islam", en première ligne contre les Chrétiens. Via Byzance et les Croisades, l’Occident va à son tour découvrir les Turcs, qui fondent au 13ème l’un des plus grands empires de l’Histoire, celui des Ottomans.

III - Fascination et haine à l’époque ottomane

Petro Tafur, un Catalan qui a été le dernier à nous laisser un témoignage de Constantinople avant sa chute aux mains des Turcs-Ottomans, rapporte le mot qui court dans la ville en agonie durant l’hiver 1437-1438 : "Les Turcs prendront bien la vengeance de Troie". [6] C’est en effet comme les descendants des Troyens que sont perçus dans un premier temps les Turcs en Occident. Cette vision sera tellement forte que les Turcs eux-mêmes se croiront investi de la mission de venger Troie. D’aucuns iront beaucoup plus loin et assimileront les Turcs aux héritiers des Romains. [7] Ces croyances, qui se multiplient au fur et à mesure des conquêtes ottomanes en Europe, révèlent en fait une fascination des Occidentaux pour les Turcs, fascination qui mêle l’admiration à la crainte. Cette vision va pourtant progressivement et radicalement changer.

Il est très facile de situer l’époque à laquelle même les plus grands auteurs occidentaux ont commencé à laisser libre cours à leur aversion pour les Turcs. Celle-ci correspond en effet à la fin de la domination militaire ottomane sur une grande partie de l’Europe. Il se passe alors un phénomène très intéressant à observer : le Turc est respecté quand on craint sa puissance, mais dès qu’il fait aveu de la moindre faiblesse, il est raillé et méprisé. Dès le 17ème siècle, époque à laquelle est daté le début du déclin ottoman, c’est un déchaînement anti-turc auquel on assiste chez nos auteurs les plus célèbres. C’est notamment le cas pour Diderot, qui dit, parlant de l’Empire Ottoman :

"N’allons pas vivre là, mon ami ! Ô le vilain pays ! Il y a une grande bête féroce qui dévore toutes les autres bêtes féroces qui sont autour d’elle ; et celles-ci, à l’exemple de la première, dévorent toutes celles qui les approchent, et ainsi de proche en proche ; c’est un pays où tout est dévorant et dévoré." [8]

Durant le 18ème siècle, les qualificatifs de "despotique" et "tyrannique" sont couramment appliqués à l’administration de l’Empire Ottoman. Les philosophes des Lumières se serviront en effet des Turcs pour dénoncer les régimes arbitraires occidentaux. Avec Montesquieu, par exemple, le Turc devient le bouc émissaire chargé des pêchés de l’Occident. Les sultans turcs sont considérés tour à tour comme des brutes sanguinaires ou des incapables totalement dégénérés. L’opinion la plus répandue en Europe à cette époque tient en effet pour acquis que le régime ottoman n’a pu survivre au cours des siècles uniquement grâce à la puissance de son armée et à la cruauté des pressions exercées sur les populations dominées. A ce propos, la situation des peuples chrétiens commence à intéresser tout particulièrement l’Europe, qui connaît de la fin du 18ème à la moitié du 19ème siècles la période romantique. On sait pourtant que, loin d’être islamisés ou turquifiés de force, les peuples sous administration ottomane vivaient dans une relative autonomie et pouvaient sans contrainte pratiquer leur religion et leur langue. Fidèles aux conceptions des empires musulmans classiques, les Turcs n’avaient en effet manifesté aucune tendance assimilatrice, et, en particulier, aucun esprit de prosélytisme. Le régime ottoman avait été souvent plus favorable au "pauvre peuple" que les despotes et les rois chrétiens qui l’avaient précédé ou qui l’environnaient dans l’Europe de l’époque. A long terme, ceci permettra la survie à travers les siècles des identités ethniques dans les Balkans. A l’époque cependant, seules les passions s’expriment et l’Europe s’enflamme pour les peuples chrétiens, notamment grec, qui, sous l’influence des idées de la Révolution française et des encouragements des Occidentaux, vont progressivement vouloir s’émanciper de la tutelle ottomane.

Toujours au 18ème siècle, Voltaire ne cachera pas non plus sa haine pour les Turcs, qu’il qualifie de "tyrans des femmes et ennemis des arts". [9] Dans un poème dédié au prince Eugène, vainqueur des Turcs en 1716, il écrit :

Poursuivez les musulmans
Rompez bientôt la barrière
Faîtes mordre la poussière
Aux circoncis insolents
Et plein d’une ardeur guerrière
Foulant aux pieds les turbans
Achevez cette carrière
Au sérail des Ottomans [10]

Il faut "...chasser de l’Europe ces usurpateurs barbares..." [11] dira encore Voltaire. Il reproche en effet aux Turcs d’être les destructeurs du patrimoine antique de l’Empire chrétien d’orient. Là encore, parmi les écrits des auteurs les plus célèbres du 18ème siècle, on trouve des citations saisissantes : Voltaire va même jusqu’à écrire :

"Je n’aime point un peuple qui n’a été que destructeur et qui est l’ennemi des arts" [12] ou encore :

"Je me borne à souhaiter très passionnément que les barbares turcs soient chassés incessamment du pays de Xénophon, de Socrate, de Platon, de Sophocle et d’Euripide. Si l’on voulait, cela serait bientôt fait ; mais on a entrepris sept croisades de superstition et on n’entreprendra jamais une croisade d’honneur". [13] "Nous ne connaissons presque aucune ville bâtie par eux ; ils ont laissé dépérir les plus beaux établissements de l’Antiquité, ils règnent sur des ruines". [14]

Le Turc est donc désormais perçu comme l’usurpateur de l’héritage classique que l’Europe revendique désormais. L’existence même d’un art ottoman est totalement niée : les Turcs sont considérés comme incapables d’avoir une culture digne de ce nom. Cette vision du Turc se répand rapidement, grâce notamment aux récits des voyageurs romantiques. En Europe, à l’effervescence liée aux luttes pour l’indépendance des peuples chrétiens de l’Empire Ottoman (et en cela le romantisme a eu un rôle déterminant en tant que formateur des consciences nationales), se mêlent désormais des considérations politico-économiques, qui donneront naissance à la fameuse Question d’Orient. S’agissant en particulier du peuple grec, qui débute sa guerre de libération en 1821 par le massacre des civils turcs de Morée, force est de constater que, si des atrocités ont été commises par les deux camps, l’opinion occidentale n’a réagi qu’aux massacres de Grecs, notamment celui de Chio (qui deviendra le sujet d’une toile du peintre Delacroix). Pas une seule voix ne s’est élevée à l’époque pour déplorer les massacres de Turcs.

Ainsi, petit à petit, par touches successives, se forge en Occident une image déplorable des Turcs et de l’Empire Ottoman, image faite de rancoeurs, préjugés, mépris, et peurs, longuement entretenus et exploités en Europe. Nous en voulons pour exemple le plus frappant cette définition donnée des Turcs, dans un manuel de géographie destiné à un large public au tout début du 19ème siècle :

"Les Turcs sont généralement grands, forts et bien faits. Ils sont un peuple oisif, sale, cruel et ignorant. Ils aiment bien fumer". [15]

Ou encore, dans un autre livre traitant de géographie :

"L’indolent turc ne connaît pas l’agitation de nos sociétés ; il se repose mollement sur les coussins de son sofa, fume son tabac de Syrie, s’échauffe avec du café de Moka, regarde les danses exécutées par des esclaves, quelques grains d’opium le transportent dans le troisième ciel, au milieu des beautés immortelles". [16]

On peut avancer, sans risque de se tromper, qu’une telle concentration de préjugés à l’égard d’un seul peuple, qui a dominé une très grande partie de l’Europe centrale et orientale pendant des siècles, est un fait exceptionnel et unique dans l’Histoire. Pourtant, la dégradation de l’image des Turcs se poursuivra avant, pendant, et après la Première Guerre Mondiale.

IV - L’image des Turcs de la fin de la Première Guerre Mondiale à aujourd’hui

En 1918, à la fin de la guerre, rare étaient ceux qui n’étaient pas convaincus que la dernière heure des Turcs, qui avaient eu le malheur de s’engager aux côtés des empires centraux, était arrivée. Une importante littérature pamphlétaire, essentiellement inspirée par les intérêts grecs et arméniens, [17] voit le jour. Elle accorde une grande place à la haine des Turcs et à un racisme exprimés de la façon la plus crue. La dégradation de l’image des Turcs en Occident a en quelque sorte atteint sa phase ultime à cette époque de l’après guerre. Voici quelques exemples de ce que l’on pouvait lire durant cette période :

"La mentalité occidentale qui est naturellement portée à envisager et à comprendre les choses d’après les données de son propre milieu se figure en parlant des Turcs et de la Turquie qu’elle parle d’une race spéciale, d’une famille humaine composée d’individus ayant une origine, une langue, une histoire, des coutumes, des traditions communes, bref, qu’elle parle d’une nation homogène ayant une patrie qui serait la Turquie. Or, ce n’est rien de cela, cela l’a jamais été et ne peut pas être". [18]

On le voit ici, les Turcs ne constituent nullement une nation : ils doivent disparaître en tant qu’élément dominateur pour laisser leur place à l’indépendance des nations soumises.

"Les saignées de guerres et de massacres, l’enlèvement des femmes les plus robustes et, ce qui est pire, le ’cueillage’ des enfants [19] , le plus abominable de tous les impôts, firent réduire considérablement la population grecque, tout en ennoblissant le type turc qui, d’horrible qu’il était à l’époque de la prise de Constantinople, perdit graduellement, par l’immixtion du sang grec, le type primitif tartare-mongol pour se rapprocher entièrement du type aryen". [20]

"Au point de vue de la civilisation humaine, c’est un terrible coup que les Turcs portèrent à la culture occidentale. Avec ces exterminations, on assiste à l’élimination de l’élément noble et supérieur par l’élément inférieur et dégénéré". [21]

"...Les Turcs se sont donnés à coeur joie aux plaisirs les plus abjects ; ils se vautrent dans la prostitution, la pédérastie, le stupre et l’inceste, se donnent à toutes les monstruosités sadiques..." [22]

L’ensemble de ces textes, de ces centaines de pamphlets et d’articles racistes, constitue un corpus, unique en son genre, de condamnation à mort de tout une nation, dans sa totalité, sans nuance, avec une violence de propos inouïe et rarement égalée. On comprend que l’impact de ces écrits sur l’imaginaire des Occidentaux de l’époque ait été immense. Impact dont les Turcs subissent encore les effets aujourd’hui. On comprend également pourquoi le travail de reconstruction de l’identité nationale turque fut lent, pénible, et très douloureux. Les séquelles liées au traumatisme de la chute de l’Empire Ottoman et à l’image renvoyée par l’Europe ont encore des conséquences de nos jours sur la quête identitaire des Turcs, perdus entre l’Orient et l’Occident.

La mémoire collective occidentale a donc été terriblement marquée par ces siècles de préjugés et de haine. Et personne n’est mieux placé qu’un Turc pour voir que ces ressentiments sont encore perceptibles de nos jours, en particulier dans l’imaginaire des Européens. La meilleure illustration de la permanence de cette image négative et violente des Turcs n’est-elle pas encore ce film, Midnight Express, dont le succès en Occident fut considérable ?

Les Turcs face à leur image en Occident

I - Une Turquie et des Turcs repliés sur eux-mêmes

La disparition de l’Empire Ottoman, et le choc provoqué par l’occupation de l’Anatolie par les troupes alliées, ont considérablement traumatisé les Turcs, à tel point que ces derniers se sont totalement repliés sur le territoire qu’ils avaient réussi à conserver grâce au sursaut de la guerre d’indépendance nationale (1920-22). Depuis, il ne serait pas hasardeux d’affirmer que les Turcs nourrissent une psychose de nouvelles divisions et pertes territoriales (ceci, par exemple, explique en partie l’intransigeance du gouvernement d’Ankara dans le traitement du séparatisme kurde aujourd’hui). La naissance de la République et la révolution kémaliste, dans les années 1920, ont, en outre, renforcé ce sentiment de repli, car elles ont été, volontairement, des ruptures violentes et brutales avec un passé ottoman jugé rétrograde. Pourtant, malgré ce changement et la volonté affichée de s’intégrer au monde occidental, l’image des Turcs restera négative en Europe. On comprend dès lors pourquoi la psychologie de la Turquie est devenue celle de l’Européen incompris, et mal-aimé.

A l’issue de la première grande guerre, les Turcs ne feront donc pas grand chose pour changer les préjugés véhiculés en Europe, trop occupés qu’ils étaient à reconstruire leur pays dévasté, mais également à reconstituer leur identité nationale durement ébranlée. Pendant longtemps, ils resteront ainsi, renfermés. Leur seul souci sera de gérer leurs relations conflictuelles avec des voisins menaçants, comme l’URSS ou la Bulgarie, et revanchards, comme la Grèce ou la Syrie. C’est la menace soviétique qui décidera d’ailleurs les Turcs à se placer dans le camp occidental, en rejoignant l’OTAN. Bien que cela n’ait pas changé grand chose sur le fond, ce choix de la Turquie lui fera gagner l’image d’un allié sûr et fidèle, protégeant le flanc sud-est de l’Europe.

Les années 50 voient les premiers départs de Turcs émigrés vers l’Europe, et, en particulier, vers l’Allemagne, qui a à l’époque un grand besoin de main-d’oeuvre. Ce sont essentiellement de simples et modestes paysans anatoliens qui tentent l’aventure. Ils ne connaissaient pas les langues de leur pays d’accueil, et nourrissaient l’espoir d’un retour rapide chez eux, avec suffisamment d’argent en poche. Leur faible bagage intellectuel et culturel, la perception de leur exil, qui devait rester momentané, les difficultés et la dureté du quotidien, le choc du déracinement, et les contingences propres à la culture turque, mais aussi allemande (il n’y a pas en Allemagne de principe d’intégration des étrangers comme en France), ont fait que ces émigrés ne se sont jamais intégrés dans la société d’accueil. Par réflexe communautaire, ils sont restés entre eux, sans s’ouvrir sur le monde. Cette situation, bien sûr, n’a eu pour effet que d’accroître davantage les avis négatifs sur les Turcs. Ces derniers, d’ailleurs, n’avaient même pas toujours conscience qu’ils avaient si mauvaise presse. De toute façon, pour la plupart, ils ne connaissaient pas assez bien leur propre culture et leur histoire pour faire face aux critiques éventuelles qui leur étaient adressées. Avec le temps, ils ont néanmoins donné une nouvelle image d’eux-mêmes, celle du brave Turc, un peu rustre, mais courageux et besogneux, ne rechignant pas devant les tâches, souvent ingrates (Par exemple, voir à ce propos, Wallraf Günter, Tête de Turc, La Découverte, 1986). Le bon sauvage en somme. Pourtant, cela a à peine atténué les préjugés, toujours persistants dans le regard de l’Allemand moyen. Pendant des années, cette situation n’a fait que nourrir les complexes des Turcs vis-à-vis des Européens. Et le rôle joué dans ce sens par le film Midnight Express n’a pas été négligeable. Alors que ce dernier a servi de référence à de nombreux Occidentaux, toute discussion ayant trait à ce film était fuie par les Turcs, qui restaient incapables d’exprimer leur colère, leur indignation, ou tout simplement leur peine. D’ailleurs, s’ils s’aventuraient à donner un début d’explication en parlant du poids de l’histoire dans les préjugés d’aujourd’hui, on leur rappelait aussitôt que leur pays était loin d’être un modèle de démocratie. Il est en effet avéré que les trois coups d’Etat qu’a connu la Turquie (1960, 1971, 1980), mais également l’intervention d’Ankara à Chypre en 1974, ont aussi fortement nui à l’image des Turcs, même si la plupart de ces faits historiques trouvent une légitimité dans les événements et le contexte de leur époque.

Cependant, à partir des années 80, on constate tant en Turquie que dans la diaspora turque une prise de conscience et une volonté de faire quelque chose pour changer leur mauvaise image dans le monde.

II - Des Turcs qui s’ouvrent progressivement sur l’extérieur

Comme cela s’est passé dans tous les pays d’Europe occidentale, les rêves des émigrés, qu’ils soient Maghrébins, Africains, Turcs, Grecs, ou autres, de retourner rapidement dans leur patrie d’origine, se sont vite révélés illusoires. L’installation dans les pays d’accueil n’est plus alors ponctuelle mais devient permanente. Les émigrés font souche, et l’on voit apparaître de nouvelles générations, conscientes de leurs origines, mais mieux intégrées que leurs parents dans les sociétés européennes. Dans le cas des Turcs, ces générations montantes, la deuxième, voire la troisième, vont contribuer fortement à modifier l’image de leur pays en Occident. Devenus étudiants, médecins, avocats, ingénieurs, députés... les Turcs sont en effet plus à même de se défendre face aux critiques. Pourtant, cette évolution positive ne doit pas cacher la dure réalité d’une grande partie de la jeunesse turque en Allemagne. Elle se trouve en effet confrontée aux mêmes difficultés que les jeunes "beurs" en France. Malgré tout, le repli communautaire a désormais fait place à une "visibilité" identitaire et culturelle, même si la plupart des jeunes ne connaissent pas pour autant mieux que leurs aînés la culture et le passé turcs. Désormais, en Allemagne ou aux Etats-Unis, la diaspora s’organise et des lobbies commencent à se former, et même à exercer une influence politique.

S’agissant de la Turquie, c’est essentiellement l’explosion du tourisme de masse (10 millions de touristes devraient se rendre cette année en Turquie), depuis 1985, qui a contribué à redorer le blason des Turcs à l’étranger. Dans la mesure où ce sont surtout les Européens, et notamment les Allemands (plusieurs centaines de milliers par an, chiffre qui a dépassé le million au début des années 90), qui se rendent chaque année dans ce pays, on comprend que bon nombre de clichés ou d’idées fausses sur lesTurcsaientété ébranlés en Europe. D’aucuns ont pu se rendre compte par exemple de choses aussi élémentaires que l’existence de Turcs aux yeux clairs, ou aux cheveux blonds ou roux ! Pour des raisons économiques mais aussi pour une question d’image, les autorités turques ont ainsi mené des campagnes de publicité, ou financé des manifestations culturelles en Europe, afin de promouvoir la culture turque dans le monde.

D’autres facteurs, de moindre importance que les précédents, ont également contribué, dans une certaine mesure, à améliorer l’image des Turcs en Europe. Le fait que laTurquie ait posé sa candidature pouradhérer à l’Union européenne, en 1987, ou qu’une femme, Tansu Çiller, ait occupé le poste de premier ministre, ont en effet désamorcé certaines appréhensions à l’égard des Turcs.

Malheureusement, aujourd’hui, des thèmesrécurrents comme celui des droits de l’Homme, de la question kurde, ou encore de la montée de l’islamisme, ont entamélecapitalde sympathiedont la Turquie commençait à bénéficier en Europe. Ces problèmes existent bel et bien, même s’ils sont loin d’avoir la gravité qu’on leur prête en Europe. Il faut toutefois reconnaître qu’il y a en Occident un certain nombre de groupes d’intérêts, qui exploitent et profitent des lacunes turques, pour noircir davantage l’image de la Turquie. On ne peut ne pas tenir compte de ces lobbies anti-turcs pour expliquer le nouveau déficit d’image des Turcs en Occident.

III - Un déficit d’image persistant en Occident

Selon l’expression d’André Fontaine, il demeure encore de nos jours "un déficit d’image qui se traduit par un déficit d’affection" à l’égard de la Turquie. On l’a vu, le poids de l’histoire, ou plutôt de l’enseignement d’une histoire où les Turcs sont présentés comme une menace militaire contre une Europe chrétienne, la transmission cinématographique d’une image hollywoodienne de la Turquie, plus arabe ou hindoue que turque, et l’attitude générale de l’opinion publique occidentale (qui apparente la confession musulmane aux régimes antidémocratiques en terre d’islam, islamistes ou non), sont autant d’éléments qui ont nourri les fantasmes populaires et les préjugés en Occident à l’égard des Turcs.

A cela s’ajoute un autre facteur, de plus en plus déterminant, qui est l’analyse subjective, par les médias occidentaux, des problèmes politiques relatifs à la Turquie. La question kurde, par exemple, y est souvent présentée de façon unilatérale, sans mentionner la violence meurtrière du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan, marxiste-léniniste à l’origine, il a fini par prendre une coloration ultra-nationaliste et xénophobe. Cette organisation souhaite constituer dans le sud-est de la Turquie, un Etat socialiste kurde indépendant). L’implication de ce mouvement dans le commerce de la drogue et des armes est attestéepar les polices européennes [23]. Cette organisation terroriste est d’ailleurs fermement condamnée par les autorités occidentales. Le terrorisme du PKK, qui peut s’apparenter à celui des groupes basque, ETA, ou irlandais, IRA, est soutenu par les pays voisins de la Turquie (Iran, Syrie, Grèce), et empoisonne le fonctionnement démocratique du régime. Pourtant, alors que les séparatistes corses ou basques sont qualifiés de "terroristes", et combattus comme tels, les militants du PKK deviennent dans certains journaux européens des "combattants de la liberté", menant une "lutte juste" pour "l’indépendance nationale des Kurdes" (sic !).

De même, alors que le Parlement de Strasbourg votait de lourdes sanctions contre la Turquie, en raisondesagestion de la question kurde, laRussie,quiécrasait dans le sang la rébellion tchétchéne, était admise au Conseil de l’Europe.

Au regard de ces faits, il n’est pas étonnant que les Turcs aient le sentiment d’être les victimes d’une certaine "hypocrisie" occidentale, ce qui d’ailleurs, fait le jeu des mouvements islamistes, opposés à l’intégration de la Turquie à l’Europe, et qui exploitent habilement la frustration de la population à l’égard du traitement que leur réservent les Européens. Le terrorisme du PKK a rendu de plus l’action diplomatique d’Ankara vulnérable aux critiques portant sur le non-respect des droits de l’Homme. A ce niveau, on constate une interaction entre la défense de la cause kurde et la défense des droits de l’Homme : ceux qui militent pour la première sont souvent aussi ceux qui participent à la seconde. En France, comme en Allemagne, ce sont essentiellement des mouvements de gauche, partis socialiste et communiste, des syndicats, comme la CGT, ou encore des organisations d’extrême gauche, qui constituent le front anti-turc. A ce niveau, une question se pose : le thème des droits de l’Homme n’est-il pas mis en exergue par ces organisations pour discréditer les autorités turques, et donner une image de victimes aux séparatistes du PKK, légitimant ainsi leur combat, et, plus grave encore, leurs méthodes ?

Il convient également de mentionner un autre facteur, jouant un rôle déterminant dans la perception que se font des Turcs les Occidentaux : l’influence des lobbies grec et arménien. Ce point particulier du lobbying est trop souvent occulté, bien qu’il explique dans une grande mesure la persistance d’une image négative des Turcs en Occident. Les communautés grecque et arménienne, du fait des lourds contentieux historiques avec les Turcs, véhiculent souvent une vision déformée et subjective qu’il n’est pas rare de retrouver chez un Américain ou un Européen ayant un Grec ou un Arménien parmi ses amis. Les Grecs ont ainsi longtemps profité de la frilosité des Turcs pour les dénigrer davantage sur la scène internationale. Et leur discours a toujours porté, du fait des a priori favorables que nourrissent les opinions publiques occidentales à leur égard. Une importante diaspora grecque aux Etats-Unis (plus d’un million de personnes), active et très influente, joue très souvent un rôle important au point de perturber, à de nombreuses reprises, les relations américano-turques. Les communautés arméniennes, comme celles de France ou des Etats-Unis, ont, elles aussi, un capital de sympathie dans les opinions publiques occidentales. Grecs et Arméniens ont eu, et ont encore, un rôle central, dont on a souvent tendance à sous-estimer l’influence, dans la vision des Turcs qu’ont les Occidentaux.


Dossier réalisé à partir de l’article du professeur Stéphane Yérasimos, "Quel bonheur de se nommer Turc !", paru dans "Les Turcs", éditions Autrement, septembre 1994, hors série n°76.

[1] Ces citations sont tirées d’un article du Prof. W. J. Griswold, du département d’Histoire de l’Université d’Etat du Colorado, présenté lors de la réunion annuelle de 1982 de l’Association Nord Américaine d’Etudes sur le Moyen-Orient.

[2] Tirmidhi, Sahih, vol. IX, Le Caire, 1934, p. 88.

[3] Hadith : texte portant sur les paroles et le comprtement du Prophète Mahomet, qui, avec le Coran, constituent les sources écrites de la religion islamique.

[4] The history of al-Tabari, vol. II, New-York, 1987, p. 16-17.

[5] Anastasios LOLOS, Die Apokalypse des Pseudo-Methodios, Meisenheim, 1976.

[6] Andanças e viajes de Fero Tafur por diversas partes del mundo avido, Madrid, 1874, p.168

[7] Par exemple, Francesco Sansovino et son Dell’Historia universale dell’origine et imperio de’Turchi, publié en 1560.

[8] M. PORTER, Sur les observations, sur la religion, les lois, le gouvernement et les moeurs des Turcs, traduit de l’anglais par Bergier, 1769.

[9] Dictionnaire philosophique, art. "Mahométans"

[10] Epître VIII, à Monsieur le prince Eugène, 1716

[11] Lettre à la Princesse de Talmont, 15 juin 1771

[12] Voltaire, Epître VIII à Monsieur le Prince Eugène, 1716.

[13] Voltaire, Epître à Frédéric II de Prusse, 1767

[14] Voltaire, Essai sur les moeurs et l’esprit des nations, ch. CXCVII.

[15] Cobbin INGRAM, Elements of Geopraphy, Londres 1833, 3ème Edition.

[16] MALTE-BRUN, Géographie universelle, 1860, Paris, 6ème Edition.

[17] Dans cette littérature,Le Livre bleu, l’une des pièces essentielles versées au dossier de ceux qui prêtent au gouvernement turc de l’époque la volonté d’exterminer le peuple arménien, et d’avoir planifié à dessein les massacres de 1915, a été préparé pour le compte du gouvernement britannique par les historiens Bryce et Toynbee. Or, ce dernier a reconnu que Le Livre Bleu avait été "publié et diffusé en tant que propagande de guerre". In Robert Mantran, Histoire de l’Empire Ottoman, Paris, 1992, p. 624.

[18] V. Marac, La Question de Turquie, La Liquidation de la dette publique ottomane, Paris, L’Orient Illustré, 1919, p. 7-8.

[19] La fameuse pratique du "devchirme" des Ottomans, qui consistait à ramasser des jeunes chrétiens, qui, une fois islamisés et turquifiés, élevés et éduqués, étaient appelés à former une armée directement attachée au sultan, celle des Janissaires, ou à devenir des cadres de l’administration d’Etat. De nombreux grands-vizirs étaient issus du devchirme. Contrairement aux idées reçues, cette pratique ne touchait directement qu’une infime partie de la population chrétienne et offrait, par ailleurs, de remarquables possibilités de promotion. Des familles musulmanes n’hésitaient pas ainsi à confier leurs garçons à des familles chrétiennes pour que leurs enfants aient une chance d’être recrutés au service de La Porte.

[20] Alexandre Antoniades, Le rôle économique des Grecs en Thrace. Rapport soumis à la conférence de la Paix le 27 février 1919, Paris, 1919, p.5.

[21] K. D’Any, L’Extermination des chrétiens de Turquie. A la mémoire de deux millions de chrétiens victimes de la barbarie turque, Lausanne, Imprimerie La Concorde, 15 juillet 1918, p. 25

[22] C.G BELLO, L’Angleterre, la France et le problème de Constantinople. Notes et réflexions sur la Turquie, Paris, Librairie des sciences politiques et sociales, 1920, p. 15-17.

[23] Par exemple, voir à ce propos la presse belge (La Libre Belgique ou Le Soir), et turque (Hürriyet et Milliyet), du 18 et 19 septembre 1996. Des articles font en effet référence à des opérations policières contre le PKK, en Belgique et en Grande-Bretagne. Lors de cette opération, des documents ont été trouvés, prouvant que le PKK se livre à des activités de blanchiment d’argent et à du trafic de clandestins.

#7 Pataphil

Pataphil

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Posté 16 octobre 2004 à 18:28

Il est clair que l’adhésion de la Turquie est sur une voie de garage qu’un référendum démagogique va appuyer.
De ce que j’ai pu lire ci dessus, ne correspond pas à la vision qu’ont la plupart des gens de la Turquie et des Turcs, à moins peut-être de veiller jusqu’à des heures tardives pour découvrir que la télévision peut traiter certains sujets avec intelligence.
Je ne sais que te dire Narine, sinon que la France que tu aimes est encore en devenir, tout du moins officiellement car les personnes âgées qui nous gouvernent sont encore en place pour longtemps.

La peur est mère de l’ignorance.

Les médias ne relèvent que ce qui est négatif, la peur est là.

Bref, c’est pas gagné.

Pataphil

PS : Ce n'est pas Astérix qui à cassé le nez du Sphinx, mais un canon Turc !!!!!
Les Turcs sont responsables de l'état déplorable du Parthénon.
Ces gens ne sont pas fréquentables.
:tss:

#8 narine

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Posté 23 octobre 2004 à 01:07

PETITION internationale pour l'adhésion de la Turquie à l'UE

Nous appelons tous nos visiteurs à signer la grande pétition internationale en faveur de l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne lancée par les organisations Tête de Turc et TurkishForum.


Pour signer la pétition

Pour plus d’informations sur la pétition : http://www.tetedeturc.com

Pour lire notre dossier Turquie-Europe :
http://www.bleublanc...pe/Ana-euro.htm

Pour consulter des articles de presse en faveur de l’adhésion turque :
http://www.bleublanc...resse_UE-TR.htm

Pour lire l’argumentaire pro-européen de Tetedeturc.com

#9 Glingal

Glingal

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Posté 23 octobre 2004 à 02:07

Narine:

Citation

Malheureusement, aujourd’hui, des thèmesrécurrents comme celui des droits de l’Homme, de la question kurde, ou encore de la montée de l’islamisme, ont entamélecapitalde sympathiedont la Turquie commençait à bénéficier en Europe. Ces problèmes existent bel et bien, même s’ils sont loin d’avoir la gravité qu’on leur prête en Europe.

Permets-moi d'en douter Narine! J'ai reçu il y a deux mois à peine la lettre d'un jeune kurde, un clandestin résidant en France. Son courrier nous a fait froid dans le dos. J'ai gardé sa lettre. Voici ce qu'il écrit:

Citation

Jusqu'à maintenant cinq mille villages ont été brûlés, vingt mille kurdes sont en prison à cause de la politique (tous des jeunes), deux milles kurdes étaient tués en prison, deux milles kurdes étaient tués dans la rue en plein jour devant le commissariat. Et le gouvernement turc dit que nous ne savions pas pourquoi se sont faits tués et par qui.

On me dira bien sûr que c'est de source non officielle, que c'est invérifiable... Et bien en effet ce n'est que le témoignage d'un jeune qu'à vu bien des siens massacrés sous ses yeux.

Citation

La question kurde, par exemple, y est souvent présentée de façon unilatérale, sans mentionner la violence meurtrière du PKK (le Parti des travailleurs du Kurdistan, marxiste-léniniste à l’origine, il a fini par prendre une coloration ultra-nationaliste et xénophobe.

C'est d'ailleurs ce dont nous témoignait ce jeune kurd. Quand il a constaté l'appui d'un certaine presse envers ce groupe terroriste, nullement représentatif de l'ensemble du peuple kurde, il a préféré demeurer dans l'insécurité de la clandestinité afin de ne pas être repéré. Cet homme est terrorisé à l'idée de retourner en Turquie.

C'est vrai que la Turquie a un passé douloureux, c'est vrai aussi qu'elle est encore victime de préjugés xénofobes ou de clichés récurants. Doit-on pour autant minimiser le problème kurde? Doit-on fermer les yeux sur ce qui est très loin "d'être un détail" juste parce que nous avons quelque chose à nous reprocher envers eux?

Je n'ai pas envie de signer une pétition pour un pays comme la Turquie entre dans UE désolée... il faudra que certaine choses changent avant cela.

Ce message a été modifié par Glingal - 23 octobre 2004 à 02:09.


#10 narine

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Posté 27 octobre 2004 à 23:53

Jusqu’à ce qu’on comprenne que c’est la même marque de chewing-gum Basque, Catalane, Corse  ou (les nouveaux dans les circuits) comme la Bretagne aux Bretons !

Le PKK et le fait kurde


Diviser pour mieux régner, au moins les lecteurs d‘Onnouscachetout.com, le savent depuis très longtemps !

#11 ZeH

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Posté 09 décembre 2004 à 16:56

C'est ça aussi la Turquie...

Petits arrangements avec l'islam

A Kayseri, ville d'Anatolie, un imam peint des nus, le bazar reste ouvert le vendredi à midi, le mufti inaugure des boutiques de mode féminine et les femmes hésitent : foulard, perruque, tête nue ?

Özhan Ünal est fonctionnaire de l'Etat turc. Il est imam comme d'autres seraient employés des postes. Cinq fois par jour, il officie dans une petite mosquée des environs de Kayseri, une ville de 800 000 habitants en plein milieu de l'Anatolie. En dehors du vendredi, sa mosquée n'attire pas les foules.

Il habite un appartement éclairé au néon, avec sa femme et ses deux filles, dans un quartier pauvre de Kayseri. En qualité d'imam, il gagne l'équivalent de 350 euros par mois, soit plus d'une fois et demie le salaire minimal turc, pour loger et nourrir la famille. Il n'a même pas de quoi acheter du charbon pour l'hiver, mais à l'heure travaillée, comme il dit, "c'est bien payé".

Quand l'imam vient vers vous, il vous serre la main énergiquement, fût-elle féminine : du (presque) jamais vu chez un imam. Son originalité ne s'arrête pas là : à ses nombreuses heures perdues, il pratique à la fois la sculpture et la peinture, notamment de nus, deux activités formellement interdites par l'islam. Il a beau avoir réussi à dénicher quelques passages du Coran illustrant que cette interdiction ne serait pas si certaine, qu'importe : "Même si je devais penser que c'est péché, j'aurais continué à peindre et à sculpter."

Özhan Ünal serait-il fou ? Non. Il est turc. En plein paradoxe. Il dérange les musulmans, mais c'est un fonctionnaire respecté. Le mufti de Kayseri le connaît bien, qui lui a même fait faire son portrait. La direction des affaires religieuses régie par l'Etat (le Dinayet) décide de fermer les yeux sur des pratiques qui concernent la personne privée, sans pour autant en faire la publicité. Les laïques, quant à eux, avaient pris l'imam pour cible : à la suite du brutal "rappel à la laïcité" qui frappa les islamistes de Turquie en 1997, Özhan Ünal fut par erreur accusé par le pouvoir politico-militaire, torturé et emprisonné pendant près de six mois.

Si la Turquie, seul pays musulman laïque, est le seul lieu où ces contradictions sont rendues possibles, la violence politique qui a scandé son histoire est aussi liée à ses hésitations. "Les laïques ne m'aiment pas, les musulmans ne m'aiment pas, conclut l'imam.Je dois peindre en cachette. A Kayseri, j'étouffe."

Kayseri : la ville est apparue le matin, au pied des montagnes enneigées. Le bus parti la veille de la côte égéenne avait fini sa longue traversée du plateau anatolien pour s'arrêter au milieu des buildings modernes, des minarets et de la citadelle ottomane, des effigies d'Atatürk, des publicités criardes et des peaux de mouton sanguinolentes vendues à la criée. Kayseri : un point sur la carte entre l'ouest et l'est de la Turquie, entre l'Europe et l'Asie, entre la modernité et la tradition. Entre différentes obsessions que les habitants s'acharnent acrobatiquement à rendre compatibles. En vrac : l'islam, la laïcité, le business, la démocratie, les traditions familiales... et l'entrée dans l'Union européenne.

Promenez-vous dans le bazar de la ville un vendredi, entre 12 heures et 12 h 30 : à ce moment de la prière, l'islam interdit tout commerce aux hommes. Or la moitié des magasins restent ouverts et on voit de tout dans le bazar. L'un observe le rituel en envoyant les femmes (voilées) garder la boutique ; un vendeur de blue jeans laisse le magasin sans surveillance - "Et j'ai raison, constate-t-il, car je prie si bien que le commerce redouble d'activité quand je reviens de la mosquée". Un autre ne ferme pas son stand, avec à l'appui une argumentation en béton : "Le Coran dit qu'un péché nécessaire n'est pas un vrai péché. Or gagner de l'argent m'est nécessaire..."

Ainsi marche cette ville traditionnelle de la Turquie moderne, à 99 % musulmane comme l'ensemble du pays : par de petits arrangements avec l'islam. Question de dosage entre croyance et esprit pratique. Des femmes font le ramadan, mais ne portent pas le foulard ; des hommes d'affaires n'interrompent pas le commerce le vendredi et renoncent à la prière cinq fois par jour, business oblige, mais s'interdisent toute goutte d'alcool. Certains bricolent un ramadan "à la carte" en jeûnant de temps à autre, bien que ce rite reste généralement très observé. Et ceux qui ne le suivent pas restent discrets : dans la très conformiste Kayseri, les entorses sont mal vues.

L'unique boîte de nuit de la ville, où la jeunesse dorée vient boire, fumer et n'en faire qu'à sa tête, ferme tout de même pendant le mois de ramadan..., alors que la plupart des cafés et des restaurants restent ouverts pendant les heures de jeûne. Logique toute turque. Un peu plus à l'ouest de l'Anatolie centrale, Konya, ville conservatrice et religieuse s'il en est, est également réputée pour détenir le record turc de la consommation de raki (alcool anisé) et de maladies vénériennes.

A Kayseri, l'industrialisation et la modernisation n'ont pas effacé les structures traditionnelles et religieuses. La ville, située sur l'ancienne Route de la soie, a depuis toujours un sens aigu du commerce. "Les juifs de la Turquie", a-t-on coutume de dire de ses habitants, qui ont réussi à faire de Kayseri, avec ses quelque 500 usines, un point névralgique de l'économie nationale. Depuis Istanbul, les blagues ne manquent pas sur le Kayseriote, capable de vendre des Frigidaires aux Esquimaux ou de se plaindre si son bénéfice n'atteint que trois fois son prix de revient. Un entêtement commercial qui n'oublie pas la dimension spirituelle, quitte à faire de celle-ci un atout supplémentaire.

Ahmet Hasyüncü est un homme influent à Kayseri. Il a été élu par ses pairs président de la vaste zone industrielle des faubourgs de la ville et dirige une pimpante usine de coton entièrement automatisée qui n'a rien à envier aux normes européennes. Il revient de vacances à La Mecque et nous vante ses dattes fraîchement rapportées du désert d'Arabie saoudite. Il a le rire facile et communicatif d'un bon vivant.

A l'image des "tigres anatoliens", ces hommes d'affaires à la fois économiquement dynamiques et attachés au conservatisme de leurs valeurs, une nouvelle classe moyenne a fait son nid à Kayseri, où le Parti de la justice et du développement (l'AKP, au pouvoir en Turquie depuis novembre 2002) a obtenu 70 % des voix aux élections municipales de 2004 : le record du pays pour cette formation politique taxée d'islamisme par l'opposition, mais s'affirmant "démocrate musulmane", à l'instar de la démocratie chrétienne européenne.

Religieux et modernes, à la fois "libéraux islamiques" et "conservateurs démocrates", selon les termes revendiqués par les idéologues de l'AKP, ces entrepreneurs sont nombreux à constituer ce que leurs détracteurs nomment un "capital vert" (du nom de la couleur sacrée de l'islam), fondé sur des facilités d'investissements entre musulmans. A Kayseri, des banques aux capitaux koweïtiens ou saoudiens (Kuweyt-Türk Bank, Al-Baraka Türk) affichent en vitrine des formules du genre : "Ici, bénéfices sans intérêts". Simple question d'astuce et de "petits arrangements": l'islam interdisant le prêt avec intérêt, on propose aux musulmans de rémunérer les crédits par un partage des bénéfices.

Ces hommes d'affaires musulmans sont aussi, conformément à une religion qui incite à la charité, les généreux donateurs de services publics : la prestigieuse université Erciyes de Kayseri n'existerait pas sans eux, ni maintes écoles, centres de santé ou de soupes populaires. La ville sait ce qu'elle leur doit. Ils le savent aussi, et obtiennent par leurs dons l'assurance du paradis, spirituel et fiscal.

Eux-mêmes nient toute solidarité d'ordre religieux. Ils aiment répéter qu'ils sont, eux aussi, kémalistes, et que leur foi personnelle est tout à fait distincte de leurs affaires. Ils soulignent que l'entraide informelle est une tradition turque particulièrement vivace à Kayseri et ne se confine pas aux solidarités islamiques.

"Ici, la parole vaut tous les papiers. Nous nous prêtons de l'argent sans contrat ni reconnaissance de dette", affirme Hasan Ali Kilci, président de la chambre de commerce. Les Turcs, d'ailleurs, ne pratiquent quasiment pas le chéquier ; rares sont les magasins qui possèdent un terminal de carte bancaire ; les transactions se font en espèces et les embauches souvent sans contrat de travail ni protection sociale.

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est venu en personne à Kayseri. C'était en juillet, pour inaugurer un ensemble de 139 nouvelles entreprises dans la zone industrielle, en expansion continue. Ahmet Hasyüncü y était. Quand on lui demande si le "capital vert" est toujours d'actualité à Kayseri, il fait cette réponse amusée : "Presque tous les entrepreneurs présents à l'inauguration se trouvaient avec moi en vacances à l'hôtel Hilton de La Mecque..." Puis il s'excuse : il doit s'absenter. Cinq minutes, pas plus, le temps d'aller prier dans la petite salle consacrée, à côté de son bureau.

L'armée, gardienne de la laïcité, veille toujours. Le pays reste figé dans le culte d'Atatürk. Mais les laïques s'inquiètent. Selon le principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche et laïque), l'arrivée au pouvoir de l'AKP a favorisé des attitudes qui mettent en danger la laïcité. La fameuse inauguration des 139 usines, par exemple, a été précédée de prières et d'une lecture du Coran par le mufti de Kayseri. "On n'a jamais autant vu le mufti, ironise Mustafa Aslan, président du CHP local. L'autre jour, il est même venu inaugurer une boutique de mode féminine très "sexy" !"

Ismaïl Ulusoy, président d'une association kémaliste, fait l'inventaire de "signes insidieux" apparus au quotidien : "Au téléphone, de plus en plus de gens vous disent "Salaam aleikum" - la paix soit avec vous, dans la langue du Coran - ; dans les mariages, il arrive maintenant que les femmes se placent d'un côté, les hommes de l'autre."

Les laïques craignent que l'AKP ne parvienne à autoriser le port du foulard dans les lieux publics et à imposer que le vendredi soit férié au lieu du dimanche. Les plus acharnés d'entre eux ne vont pas jusqu'à demander la suppression du muezzin, dont la voix troublante, cinq fois par jour, ne laisse guère oublier l'intrusion permanente de la religion.

L'opposition soupçonne l'AKP de ne désirer l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne que pour obtenir l'abandon de la laïcité "autoritaire", à la française, au profit d'une tolérance à l'anglo-saxonne pratiquée par les autres pays. Mazlumder, une association pour la défense des opprimés animée par Mehmet Ugurlu, directeur d'un des quotidiens pro-AKP de Kayseri, concentre ainsi ses efforts sur les victimes de la laïcité.

"Nous obliger à enlever notre foulard est aussi totalitaire que si nous vous obligions à en mettre un", explique une brillante étudiante qui fut expulsée de l'université pour avoir voulu rester voilée. Nouvelle astuce pour ne fâcher ni Allah ni la loi : dans les hôpitaux ou à l'université, des femmes ont inventé de porter la perruque à la place du foulard. Bataille continuelle, quotidienne et... très française. Mais à Kayseri, le sens des affaires l'emporte. Comme l'aspiration, largement majoritaire, à rejoindre l'Union européenne.

Tugba Topak est lycéenne et nous invite chez elle, selon les coutumes de l'extraordinaire hospitalité turque, un jour de fête d'après ramadan. Des invités masculins sont réunis dans une pièce, leurs femmes dans une autre. Elle présente pour la première fois à ses parents son petit ami étudiant. Sa mère porte le foulard, son père nous fait cadeau d'un Coran et d'un tapis à prières. La fille, elle, a affiché ses cours d'anglais en énorme au-dessus du canapé. Elle prépare avec acharnement le concours de l'université.

Ses parents, comme 90 % des parents turcs, se saignent pour payer à leur fille le "Dersahne", l'une de ces omniprésentes écoles privées de préparation à l'entrée au lycée et à l'université, condition indispensable pour pallier l'insuffisance de l'éducation nationale et réussir les examens. La mère de Tugba ne veut pas que sa fille soit, comme elle, femme au foyer : le sort d'une majorité de femmes dans un pays encore foncièrement phallocrate, et qui contribue à atténuer les statistiques du chômage (officiellement autour de 10 %).

La nouvelle génération de femmes compte se mettre au travail. Les pieux et traditionalistes parents de Tugba le souhaitent pour leur fille : elle doit avoir un vrai métier, être indépendante. "Et ne pas porter le foulard, ajoute sa mère, qui ne veut pas enlever le sien. Il faut bien évoluer."

Marion Van Renterghem



lemonde.fr
En ce qui me concerne, je n'ai pas à m'inquiéter d'être un jour traitre à mes idées, J'en ai jamais eu.

#12 aristote

aristote

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Posté 09 décembre 2004 à 18:20

La Turquie...

Est ce le pays qui a des escadrons de la mort un peu partout dans le monde?
Est le pays qui martyrise la population Kurde?
Est ce le pays qui annexe Chypre?
Est ce le pays qui est sur la plaque asiatique?
Est ce l'allié des americains au moyen orient?
Est ce le pays qui pratique la torture?
Est ce le pays qui est la plaque tournante du trafic mondial de drogue?
Est ce le pays qui a une delinquience qui explose?
Est ce le pays qui a mis un islamiste au pouvoir?
Est ce le pays qui est dirigé en sous main par une dictature militaire?
Est ce le pays qui nous menace d'un choc des civilisations si il ne rentre pas dans l'Europe?
Est ce le pays ou 40% des femmes sont battues?

Bref la turquie dans l'europe trés peu pour moi. Et contrairement à ce que tu sous entends narine, je n'ai rien contre la population Turcs en generale. Je ne suis pas raciste ou quoi que ce soit d'autres. Ta propagande faites de copier coller ne marchera pas sur la plupart des esprits independants présent ici. Alors cesse de disqualifier les gens qui n'ont pas la meme conceptions que toi.
Ce n'est pas en sortant les insultes modernes comme raciste et faciste que tu arriveras à eluder les veritables problémes de cette candidature.
  
Pour moi il n'est pas besoin d'habiter dans la meme maison pour avoir des relations cordiales.
Heuresement car aussi non il faudrait faire rentrer tout le monde dans l'europe.

Ce message a été modifié par aristote - 09 décembre 2004 à 18:26.


#13 TreizeVents

TreizeVents

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Posté 09 décembre 2004 à 20:07

aristote, le Jeudi 09 Décembre 2004, 18:48, dit :

Est ce l'allié des americains au moyen orient ?
Juste un petit passage de ma part pour rappeller que bien qu'en effet la Turquie a longtemps été un grand allié des américains, c'était avant tout par peur de son voisin russe d'en face (par la mer Noire). Et depuis l'effondrement de l'union soviétique, les relations entre les turcs et les américains se sont plutot dégradées...

La preuve lors de la guerre d'Irak, où la Turquie a refusé de laisser passer les troupes américaines sur son sol, obligeant le pentagone a revoir tous ses plans d'invasion, et ce malgré la tres forte somme que la maison blanche proposait au parlement turc.

Je ne me rappelle plus la somme exacte.
Mais je me souviens que ce fait était cité dans le magnifique texte "merci" de paul coelho (je crois que c'est lui), ou il disait en s'adressant a Bush : "Merci d'avoir montré que le parlement turc et son peuple ne se vendent pas, meme pour x millions de dollars".

Parenthèse fermée.....  :D

#14 Her Bak

Her Bak

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Posté 09 décembre 2004 à 20:33

Peut-on se baser sur des critères moraux pour permettre l' adhésion ou non de la Turquie à l' UE?
Dans ce cas, la France dont les prisons sont sans doute pires que les prisons turques, la France seul pays "démocratique" où l' on peut être privé de liberté (garde à vue ou détention provisoire) sans avoir fait l' objet d' un procès voire même sans aucune raison et par des personnes sans aucune légitimité démocratique (procureur/juge d' instruction), la France qui est régulèrement condamnée par Amnesty International et par la Cour de Justice Européenne, la France qui affame l' Afrique et d' autres pays qui ont le malheur de se trouver dans sa sphère d' influence, qui dirige en sous-main des génocides, la France dont les hommes politiques peuvent magouiller en toute impunité au sus et à la vue de tous, la France dont les députés élus profèrent des propos incroyables sur les homosexuels ( un député UMP, il y a 2 jours à l' Assemblée Nationale: " les homosexuels représentent un danger pour l' humanité" !!!), j' en passe et des pires...
Alors la France, si l' adhésion à l' UE devait se fonder sur des critères moraux, devrait immédiatement être exclue de l' UE.
C' est pourquoi je pense que la France est mal placée pour faire la morale à la Turquie ( qui, je l' admets, est loin d' être le paradis des démocrates et des libertés).
L' UE, de toutes façons, n' est pas un rassemblements autour de valeurs telles que la démocratie ou la liberté, c' est un rassemblement autour d' intérêts économiques communs. Dans ce cadre, l' UE a sans doute intérêt à accueillir la Turquie.

#15 Isis Rider

Isis Rider

    Bonobo ? ; )

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Posté 09 décembre 2004 à 22:22

Citation

Est ce le pays ou 40% des femmes sont battues?

Désinformation totale et grotesque. Les femmes ne sont pas plus battues en Turquie qu'en France, ou en Angleterre, ou au Vénézuéla!

Dans toute population masculine il y a un petit pourcentage de violents. C'est une honte de stigmatiser ainsi tout un peuple, de la calomnier sans la moindre trace de preuve.

Quant à "plaque tournante de la drogue" tu as déjà eté à Marseille ou à Rotterdam?

#16 Cheminot

Cheminot

    Qu'est-ce que la Vérité?

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Posté 09 décembre 2004 à 23:16

Citation

Est ce le pays qui est sur la plaque asiatique?

Je dirai là que tu est bien mal informé.
La turquie est, comme l'Inde, et plus récemment l'Arabie, un morceau de l'Afrique qui a dérivé vers la plaque "euroasiatique", qui s'est formée de manière pratiquement définitive il y a 200 à 300 millions d'années, après les plissements baïkaliens et hercyniens.
Des miniplaques (Italie, Turquie, Tibet) sont venues de l'Afrique (qui continue d'ailleurs à se fracturer) et on formé les montagnes du nord de la turquie et le caucase, entraînant aussi des effondrements.
Puis la plaque arabique est entrain de s'engouffrer sous cette miniplaque en donnant les montagnes du sud de la turquie.

Plus sérieusement, il me semble que si l'on veut que les turcs, puis l'islam, évoluent vers un visage plus proche de notre humanisme - quoique, par certains côtés il est plus humain que notre civilisation, par d'autres il l'est moins... et qui suis-je pour juger ainsi! - il faut ouvrir la porte à la Turquie. (Jeu de mot involontaire quand on sait que l'Empire Ottoman était appelé "La Porte" au 18ème siècle). Et puis, on a bien partagé avec les grecs, les portuguais, les irlandais, qui ont profité de l'Europe et ont fait en retour profiter tout le monde. Il n'y a pas de raison que cela ne se passe pas ainsi avec les Turcs.

Et puis,... ils ont un réseau ferré qui, s'il est encore bien lent, traverse des paysages à vous couper le souffle

Image IPB

#17 narine

narine

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Posté 14 avril 2005 à 23:44

Le droit d’expression 'chez le mouton noir de l'Europe' :

Turquie - Arménie - « génocide arménien » - ARTE joue le jeu des révisionnistes arméniens
Quand la chaîne Arte ferme son antenne aux Turcs

La chaîne de télévision Arte a prévu la diffusion, mercredi 13 avril 2005, d’un documentaire partial sur la tragédie turco-arménienne de 1915. Ce dernier ne présente que le seul point de vue arménien. Informée de cette initiative, l’Ambassade de Turquie en France a contacté la direction de la chaîne et lui a proposé d’organiser un débat historique prenant également en compte les positions turques. Fin de non recevoir d’Arte qui a refusé aux Turcs le droit et la possibilité de s’exprimer sur son antenne.

Par cette attitude, la direction d’Arte affiche un mépris intolérable pour la mémoire des centaines de milliers de Musulmans exterminés par les milices arméniennes de 1914 à 1922.

L’Ambassade de Turquie en France a fait une déclaration à la presse sur cette affaire :

Déclaration à la presse de l’Ambassade de Turquie

La lettre de son Excellence Uluç Özülker adressée à la direction d’Arte

Annexe : position de la Turquie


A l’heure où la Turquie prouve au monde entier sa volonté et sa capacité de débattre de la tragédie turco-arménienne, nous déplorons le refus d’Arte d’ouvrir son antenne aux historiens turcs contestant les thèses arméniennes de "génocide". Cette fermeture au dialogue n’est pas digne d’une chaîne qui se veut pluraliste et respectueuse de la vérité historique.

Tête de Turc

#18 aristote

aristote

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Posté 15 avril 2005 à 02:34

Isis Rider, le Jeudi 09 Décembre 2004, 22:38, dit :

Citation

Est ce le pays ou 40% des femmes sont battues?

Désinformation totale et grotesque. Les femmes ne sont pas plus battues en Turquie qu'en France, ou en Angleterre, ou au Vénézuéla!

Dans toute population masculine il y a un petit pourcentage de violents. C'est une honte de stigmatiser ainsi tout un peuple, de la calomnier sans la moindre trace de preuve.

Quant à "plaque tournante de la drogue" tu as déjà eté à Marseille ou à Rotterdam?
Tas vu la manifestations feminine Turque, le jour de la journée de la femme?
Si tu l'as vu tu sais que je ne peux avoir tord. Aller bonne propagande narine.

#19 pop-corn

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Posté 15 avril 2005 à 06:46

c'est drole que les médias s'est jour si souhaite nous montere une image plus sympathique de l'Islam
le tout est de ne pas confondre.

on a eu droit hier dans reportage a un theme sur un retour de memoire au maroc sur ce qu'a fait hassan 2 ce qui nous montre une image sympâthique du maroc
puis a un biographie bien sympatique de Jamel
et aujourd'hui on aura droit a une emision Thalassa orienté dans la même direction.

tout cela est ce pour désoculter la turquie ? vera t'on les semaines qui suivent l'orientation des emisions!!!
La illaha illa Allah

#20 narine

narine

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Posté 15 avril 2005 à 13:48

aristote, le Vendredi 15 Avril 2005, 02:50, dit :

Isis Rider, le Jeudi 09 Décembre 2004, 22:38, dit :

Citation

Est ce le pays ou 40% des femmes sont battues?

Désinformation totale et grotesque. Les femmes ne sont pas plus battues en Turquie qu'en France, ou en Angleterre, ou au Vénézuéla!

Dans toute population masculine il y a un petit pourcentage de violents. C'est une honte de stigmatiser ainsi tout un peuple, de la calomnier sans la moindre trace de preuve.

Quant à "plaque tournante de la drogue" tu as déjà eté à Marseille ou à Rotterdam?
Tas vu la manifestations feminine Turque, le jour de la journée de la femme?
Si tu l'as vu tu sais que je ne peux avoir tord. Aller bonne propagande narine.
La situation ‘chez le mouton noir d’Europe’ au moral irréprochable :
Nommer et compter les violences envers les femmes : une première enquête nationale en France –Raport de l’Ined –Janvier 2001

Citation

Environ 50 000 femmes de 20 à 59 ans victimes de viol en un an

Un indicateur global d'agressions sexuelles a été construit en tenant compte des violences sexuelles subies au cours des douze derniers mois quel qu'en ait été le cadre. Il mesure la proportion de femmes qui ont déclaré avoir subi au moins une fois des attouchements sexuels, une tentative de viol ou un viol ; ces faits concernent 1,2 % des femmes interrogées. Les viols affectent 0,3 % des femmes.

Si l'on applique cette dernière proportion aux 15,9 millions de femmes âgées de 20 à 59 ans vivant en France métropolitaine (lors du recensement de 1999), ce sont quelque 48 000 femmes âgées de 20 à 59 ans qui auraient été victimes de viol dans l'année (2). Cette estimation est à rapprocher des déclarations faites à la police et à la gendarmerie : 7 828 viols en 1998, dont 3 350 concernaient des personnes majeures. Seuls environ 5 % des viols de femmes majeures feraient ainsi l'objet d'une plainte.

Les premiers résultats de l'enquête Enveff montrent que c'est dans leur vie de couple que les femmes adultes subissent le plus de violences psychologiques, physiques et sexuelles. Les coups et les autres brutalités physiques sont majoritairement le fait des conjoints ; toutefois, le terme de « femmes battues » couramment utilisé ne rend pas compte de la totalité des violences conjugales puisque le harcèlement moral y tient une grande place.

Un des enseignements de l'enquête Enveff a été de mettre en évidence l'ampleur du silence et l'occultation des violences par les femmes qui les subissent. L'interrogation des femmes dans un cadre neutre et anonyme a contribué à lever le voile qui masquait les violences sexuelles : un grand nombre de femmes ont parlé pour la première fois au moment de l'enquête des violences sexuelles dont elles ont été victimes. Le secret est d'autant plus fort que la situation se vit dans l'intimité ; il relève probablement d'un sentiment de culpabilité, voire de honte éprouvé par les victimes, et souligne une certaine carence de l'écoute, tant des institutions que des proches.

Violences mâles

Citation

Par Ignacio Ramonet

Cela se passe en Europe. La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin y atteint des dimensions hallucinantes. Au sein du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44 ans, la première cause d’invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route ou le cancer...

Selon les pays, entre le quart et la moitié des femmes sont victimes de sévices. Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l’objet de violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an. En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent chaque mois – une tous les cinq jours –, un tiers d’entre elles poignardées, un autre tiers abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu’à la mort (1)... Dans l’ensemble des quinze Etats de l’Union européenne (avant l’élargissement à vingt-cinq), plus de 600 femmes meurent chaque année – presque deux par jour ! – sous les brutalités sexistes dans le cercle familial (2).

Le profil de l’agresseur n’est pas toujours celui qu’on imagine. On a tendance à associer cette attitude meurtrière à des personnes peu éduquées, issues d’un milieu défavorisé. C’est une erreur. Le drame de Marie Trintignant, tuée le 6 août 2003 par son compagnon, artiste célèbre, en apporte une preuve. Un rapport du Conseil de l’Europe affirme que « l’incidence de la violence domestique semble même augmenter avec les revenus et le niveau d’instruction  ». Il souligne que, aux Pays-Bas, « presque la moitié de tous les auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes sont titulaires d’un diplôme universitaire (3) ». En France, selon les statistiques, l’agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d’un certain pouvoir. On remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la santé (25 %) et d’officiers de la police ou de l’armée (4).

Une autre idée reçue consiste à penser que les violences de genre sont plus fréquentes dans les pays « machistes » du sud de l’Europe que dans les Etats du nord. Là encore, il faut pondérer. La Roumanie apparaît, certes, comme le pays européen où la violence domestique contre les femmes est la plus grave : chaque année, en moyenne, pour chaque million de Roumaines, 12,62 sont tuées par leurs partenaires masculins. Mais, dans le sinistre palmarès des pays les plus féminicides, immédiatement après la Roumanie se situent des pays dans lesquels, paradoxalement, les droits des femmes sont les mieux respectés, comme la Finlande, où tous les ans, pour chaque million de Finlandaises, 8,65 femmes sont tuées dans le huis clos domestique, suivie par la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42) et la Suède (4,59), l’Italie, l’Espagne et l’Irlande occupant les dernières places.

Cela prouve que ces violences sont le fléau mondial le mieux partagé, qu’elles existent dans tous les pays, sur tous les continents et dans tous les groupes sociaux, économiques, religieux et culturels. Il arrive certes que des femmes soient elles-mêmes violentes dans leurs relations avec les hommes ; et on n’a pas attendu les images des tortures infligées par des soldates à des détenus masculins dans la prison Abou Ghraib, en Irak, pour savoir qu’il existe, hélas, des tortionnaires de sexe féminin (5). On pourrait aussi ajouter que les relations homosexuelles ne sont pas non plus exemptes de violence. Mais, dans l’immense majorité des cas, ce sont des femmes qui sont les principales victimes.

Cette violence – sur laquelle les organisations féministes attirent depuis longtemps l’attention des gouvernants (6) – atteint, à l’échelle planétaire, un tel degré de virulence qu’il faut désormais la considérer comme une violation majeure des droits de la personne humaine, doublée d’un problème important de santé publique. Car il n’y a pas que les attaques physiques, aussi meurtrières soient-elles, il y a aussi les violences psychologiques, les menaces et intimidations, et les brutalités sexuelles. Dans de nombreux cas, d’ailleurs, toutes les agressions se cumulent.

Le fait que ces violences se pratiquent au domicile de la victime a toujours été un prétexte pour que les autorités s’en lavent les mains et les qualifient de « problèmes relevant de la sphère privée  ». Une telle attitude constitue un refus collectif d’assistance à personnes en danger. Une scandaleuse hypocrisie. Chacun sait que le privé aussi est politique. Et que ce type de violence est le reflet des relations de pouvoir historiquement inégales entre hommes et femmes. Dues en particulier au patriarcat, système fondé sur l’idée d’une « infériorité naturelle » des femmes et une « suprématie biologique » des hommes. C’est ce système qui engendre les violences. Et qu’il faut liquider par des lois appropriées. Certains objectent que cela prendra du temps. Alors pourquoi ne pas commencer tout de suite par instituer, comme des organisations féministes le réclament, un tribunal international permanent sur les violences faites aux femmes ?
Ignacio Ramonet.

(1) Rapport Henrion, ministère de la santé, Paris, février 2001. Lire également Elisabeth Kulakowska, « Brutalité sexiste dans le huis clos familial », Le Monde diplomatique, juillet 2002.
(2) Cf. les rapports : Mettre fin à la violence contre les femmes, un combat pour aujourd’hui, Amnesty International, Londres, 2004 ; Les violences contre les femmes en France. Une enquête nationale, La Documentation française, Paris, juin 2002 ; et le Rapport mondial sur la violence et la santé, en particulier le chapitre 4, « La violence exercée par des partenaires intimes », Organisation mondiale de la santé, Genève, 2002.
(3) Olga Keltosova, Rapport à l’Assemblée parlementaire sur les violences domestiques, Conseil de l’Europe, Strasbourg, septembre 2002.
(4) Rapport Henrion, op. cit.
(5) Lire Gisèle Halimi, « Tortionnaire, nom féminin », Libération, Paris, 18 juin 2004.
(6) Voir, par exemple, le texte « La violence envers les femmes : là où l’autre monde doit agir », présenté par la Marche mondiale des femmes au Forum social mondial de Porto Alegre, en janvier 2002. Lire le texte intégral sur le site : www.marchemondiale.org/

Les reproches, les condamnations  ne suffisent pas à obnubiler le seuil  à décrasser .
Les chiffres donnés par Mr I. Ramonet indiquant le nombre des femmes victimes des violences en Europe dépassent largement les fréquences de meurtres dits ‘crime d’honneur’ dans le pays cité! Et, cela même si nous voulions mettre dans le panier la culture , l’éducation et plus la religion de tous ces pays souverains aux idéologies masculines.

#21 fox

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Posté 15 avril 2005 à 19:10

en tout cas, moi je suis contre l'entrée de la turquie dans l'UE pas parce qu'il sont turcs mais parce que la turquie ne fait pas partie de l'europe même si une toute petit partie de la turquie est en europe. UE= UNION EUROPEENNE. (d'ailleur, je suis contre aussi qu'israël chante dans l'eurovision).