Citation
Par Claude Lamirand - le 17 Juillet 2004
DUPONT-AIGNAN OU LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE
Dans sa rubrique Débats et Opinions, Le Figaro du 2 Juillet 2004, page 12 donne la parole au député UMP de l’Essonne, président de Debout la République à propos de la demande d’adhésion de la Turquie. Le député s’exprime dans un article intitulé : " Turquie : il n’y a rien d’irréversible ". Un article malheureux qui traduit la fixation d’une réflexion sur des thèmes passéistes, des peurs imaginaires et un rejet des " anglo-saxons ", ce dernier terme étant le discriminateur de tous ceux qui de la gauche à la droite conservatrice la plus dure, sont encore dans une affirmation d’un nationalisme français d’ostracisme.
Monsieur Dupont-Aignan égrène ses peurs, ses craintes d’ou il émerge non seulement un rejet de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, mais une définition malhtusienne de l’Europe dans le souci de conserver une République française jacobine, étatiste et impérative.
La question du référendum en général
On peut toutefois être d’accord avec lui sur le principe de l’organisation d’un référendum, comme cela aurait dut être le cas pour tous les élargissements de l’Union européenne, et non juste pour celle de la Turquie qui serait ainsi discriminée dans l’approche actuelle de sa candidature par les débats en Europe. La candidature de la Turquie pourrait être abordée dans un référendum sur nouvel élargissement pour un nouveau groupe de pays candidats, mais les souverainistes exclus à priori un élargissement supplémentaire des pays qui sont aujourd’hui sur les marches de la Russie, la Russie elle-même sans que le critère de leur appartenance à la chrétienté ne les aide a se faire accepté dans l’Europe vortex de Debout la République. Au positif, Monsieur Dupont-Aignan ne peut qu’être suivi lorsqu’il demande un référendum sur l’adhésion turque pour que les citoyens européens aient le droit de dire leur avis et de décider sur des configurations européennes qui engagent leur avenir et leurs moyens. Il n’a pas tort non plus lorsqu’il dénonce " l’irréversibilité " d’une adhésion de la Turquie, terme employé par Jacques Chirac. Il y a dans les termes du président français un acte de disposition qui impose aux Français, et ailleurs en Europe, une décision de conciliabule du sommet qui s’exonérant de principe et a priori de l’avis des peuples. Cette démarche n’est pas gaulliste comme le laisse entendre le député de l’Essonne, mais plutôt bonapartiste. Elle fait du mal à la démocratie française mais aussi à l’idée européenne de plus en plus mal perçue institutionnellement par les citoyens qui ont l’impression de ne compter pour rien. L’union de l’Europe qui reste un projet d’union politique perd ainsi beaucoup de substance et de support populaire à n’être monopolisé que par des accords entre Etats, fussent ils des accords passés entre gouvernements légitimes du point de vue de la démocratie nationale de chacun.
Effectivement, sur ce point, même un europhile sincère peut se demander quels sont les gains démocratiques de la construction européenne et quelle conséquences cela emporte pour les démocraties nationales membres ? De toute évidence, c’est la contribution positive au débat des députés Dupont-Aignan, comme Philippe de Villiers que de le rappelé sans cesse. Il n’est pas normal, et dangereux, que des démocraties membres et périphériques s’éteignent dans le syphonnage du centralisme technocratique des institutions européennes. Cette façon de faire l’Europe, non par le moteur franco-allemand, mais par des décisions d’Etats souverains exonérés de la consultation des peuples, accrédite et alimente avec raison la crainte de ceux qui redoutent la naissance d’un Super Etat européen parvenu a capter les souverainetés de ses membres mais animé aussi par leur consensus étatiste. Même un europhile objectif, et pas les machins passionnés prêts à faire l’Europe à n’importe quel prix, écoute et admet en partie les arguments souverainistes sur la question de la participation des peuples d’une part, et sur le vide démocratique de la décision et de l’action qui est en train de se mettre en place dans les institutions européennes. C’est là un point important que les fédéralistes doivent résoudre, notamment en permettant au Parlement européen de provoquer lui même un référendum continental sur les questions européennes. Et les questions d’élargissement en sont éminemment un des sujets les plus importants comme d’ailleurs la constitution européenne, ou les Européens sont dramatiquement dépendants des procédures nationales de chaque Etat membre pour se prononcer, directement ou par leurs représentants, sur un sujet constitutionnel les impliquant tous de la même manière. Jacques Chirac comme Tony Blair ont tranché en faveur de la démocratie directe et convoqueront un référendum, d’autres pays aussi le feront, mais pas les Allemands par exemple dont la constitution ne prévoit pas la procédure du référendum. Il n’est pas normal que des peuples puissent approuver un projet soutenu par leur gouvernement ou le rejeter, et que d’autres ne disposent pas de cette possibilité. Les Allemands, essentiels dans le dispositif français en Europe ne devraient pas être privés du droit de ce prononcer eux-aussi directement. Ce que la constitution allemande ne prévoit pas, ne veut pas dire qu’elle l’interdit, et dans cette logique, il serait bon pour l’Europe démocratique, que les autorités légitimes allemandes convoquent aussi l’électorat allemand pour que l’Europe ne reste pas une affaire d’Etat, mais soit de nouveau la passion des peuples. Un droit d’initiative du Parlement européen pour convoquer les électeurs européens aurait bien sur résolu l’iniquité des Européens devant la construction historique et pacifique de l’union de l’Europe. Toutefois, il serait contradictoire et surprenant, que les députés Dupont-Aignan comme Philippe de Villiers admettent un droit de convocation des électeurs européens au Parlement européen, ils y verraient probablement une atteindre nouvelle à la souveraineté des Etats, ce qui ne ferait que confirmer, comme nous le pensons, que leur critique du vide démocratique européen est un argument fallacieux dissimulant leur refus de l’Europe.
Le refus de la Turquie : sommes de peurs nostalgiques
Intermède radiomorphée : " Ce matin, le Conseil Européen a écouté le discours du Grand Turc, annonçant les nouveaux objectifs de l’Europe sociale pour la mandature parlementaire qui commence : 1° La liberté de religion est réaffirmée et d’ici 5 ans, le Grand Turc prévoit d’abolir dans tous les Etats membres les lois interdisants aux citoyens de porter le signe de leur religion. 2° Dans la tradition française de la Poule au Pot, le Grand Turc, à décidé que d’ici 5 ans, chaque européen se verra offrir un kebab gratuit à la fin du Ramadan. 3° Le Conseil européen a approuvé la demande du Grand Turc pour changer l’étoile de la Turquie sur le drapeau de l’Europe, en croissant rouge, plus conforme à la culture et à la civilisation des Européens d’origine Turque…Ce Croissant turc sera plus grand que les étoiles et placé au milieu du drapeau de façon à satisfaire les anti-Turcs réclamant depuis longtemps qu’une place particulière soit faite à la Turquie en Europe. Ces mesures devraient être approuvées par le Parlement européen sans difficulté ou la majorité absolue, écrasante, homogène et islamiste du Parti turc Soleil d’Allah sur l’Occident (en Turc : Ont les a bien eu ! Warf, warf !) domine très largement. " crachote le réveil de Monsieur Dupont-Aignan en cet an I de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. " Nom d’une babouche ! " s’écrit il en composant le numéro de téléphone du Pape à Rome d’une main et cherchant la station radio Classique de l’autre pour se réconforter avec la musique des Walkiries. Sur un aéroport dans une campagne française encore endormie dans la brume du petit matin, à l’heure ou le soleil d’Orient ne caresse encore que les têtes chauves des vers de terre de la bonne terre chrétienne, républicaine, grasse et nourricière de France, un avion de tourisme pointe ses hélices tournoyantes en direction de l’Occident, vers la ville " Anglo-saxonne " de New York, dernier centre de la résistance française des souverainistes européens du Parlement. Dupont-Aignan, beau comme " Flash Gordon " s’envole en cette sixième heure du matin sonné au clocher de l’Eglise d’une France Tranquillement affolée vers l’horizon des exclus d’hier devenus les " amis enviés des andouilles d’ici ". (Oui, ils ne se réunissent plus en Europe parce que les députés Turcs sont très nombreux et en plus très jeunes. Ils sont là à traîner dans les couloirs, font du roller avec un balladeur sur les oreilles, pendant que leur marmaille hyper nombreuse occupe les salles de réunions transformées en salle de jeux ou ils jouent aux fléchettes, boivent de la bière et regardent les dames députées turques se déhanchées au milieu des tapis volants en provenance direct du Califat de Bagdad ! Il font du bruit et les députés européens, blancs, français et catholiques notamment, n’arrivent plus à se reposer. Certains parviennent à se rattraper dans l’hémicycle européen, ou ils se réveillent en sursaut au nom de " Algérie française !" et d’autres, plus nostalgiques encore entonnent la chanson de Rollan, …quand ce n’est pas la Marseillaise ou au cris de " Sus aux Sarrazins !". Des eurodéputés redécouvrent la jeunesse et s’habillent même en conte de Dracula, célèbre héros hongrois ayant arrêter les Ottomans, il y a très, très, mais alors très longtemps…En plus, il y règne une étrange odeur de cuisine, naguère attribuée aux Anglais, ce qui est d’un choquant comme si les Anglais savaient faire de la cuisine, mais désormais aux Turcs ! Sans parler des nouvelles toilettes carrément dangereuses pour les personnes d’un certain âge….d’ailleurs on a jamais vu autant de monde dans les jardins. A la bonne franquette, quoi ! Les Ecolos sont ravis !) Il faut dire que Bruxelles à bien changée avec l’arrivée des Turcs. La ville est devenue …pittoresque…avec ses tentes colorées et ses chameaux (le zoo local à fermé ses portes) et le soir tombé, c’est une ville ennuyeuse ou les eurodéputés déambulent à pied ou en fauteuil roulant dans des rues désormais désertées des prostituées albanaises (application de la Charia). La population belge locale se félicite du " nettoyage " et anime des associations civiques formant aujourd’hui le célèbre mouvement populaire belge : Les Janissaires. Au marché noir, un Croissant vaut dix Croix…Une vague odeur de loukoum et de viande de mouton grillé remplace désormais celle du gasoil d’antan sur la ville de Bruxelles, euh, pardon, Al-Brusselstamboul, résidence permanente du Grand Turc, palais Topkapi….Soudain Philippe de Villiers s’éveille d’un sommeil agité ou il a crut que Dupont-Aignan était devenu un pote des " anglo-saxons ". " Ce n’était qu’un rêve, Philippe ! " se dit il à lui-même. Un eunuque dépose le plateau du petit déjeuner, intangiblement porteur d’un café noir, d’un petit pot de lait, un sucre de Guadeloupe, deux croissants français, un petit crucifix saboté dans son support, le journal La Croix et un rasoir " à pensées " pour lire l’avenir comme Sarkosy…Traumatisé par son rêve et le regard perdu dans les chemins de cailloux coupant les champs et les forêts couverts par la brume du matin, la tête embaumée du son des cloches de l’éternité qui sonnent l’alarme " à l’Infidèle " et se voyant, oriflamme au vent, la stature haute, la visière d’un casque sans âge rabattue, il chevauche tel le Messie lui même, les étroites limites de son Europe chrétienne comme un féodal faisait le tour des villages pour chopper les vierges. Pendant ce temps, son café est chagrin de voir le Chevalier du Saint Sépulcre des Herbiers, croquer le sucre qui lui était destiné. Ah, la destinée… Nul doute que ce dessine désormais un affrontement Nord-Sud en Europe : L’Europe de Bruxelles la décadente contre l’Europe de Rome malgré elle, ou l’Amour de Dieu grandirait chaque jour à la vitesse de la montée des murs de la Forteresse Europe dont la particularité est que les assaillants font le siège à l’intérieur.
Reprise : Alors que la constitution européenne semble assez mal partie du fait que l’Allemagne et la France ne parviennent pas à convaincre tous leurs partenaires, et que les nouveaux adhérents permettent l’expression d’un môle transatlantiste au sein des institutions européennes s’opposant aux thèses du pôle franco-allemand, Monsieur Dupont Aignan qui est le Don Quichotte de l’histoire, tient déjà pour un fait acquit qu’elle est adoptée pour faire valoir qu’une Turquie de 100 millions d’habitants détiendra 20% des droits de vote du Conseil européen…loin devant la France, précise t’il.
Cet argument sur la domination démographique de la Turquie, est le premier problème de la construction européenne qui s’est construite sur la base de souverainetés associées en co-décision et qui arrive aujourd’hui à la fin de ce modèle. Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, en inspirant et poussant à la création du Parlement européen avaient vu les limites du système originel. Le Parlement européen est une institution fédérale de principe mais détourné de ses objectifs à cause du mode de scrutin qui reste nationalement dépendant. Chaque Etat membre fixe ses propres règles à un scrutin pour une institution fédérale. Force est de constater que dans chaque pays, les élections européennes sont le prolongement des combats nationaux entre les forces partisanes qui ne posent pas les questions pour construire l’Europe, réservant ce domaine à l’initiative étatique, mais qui se demandent tous comment renforcer l’influence de l’Etat membre au sein de l’institution fédérale. A partir de là, il ne s’agit plus de construire l’Europe, mais de tenter de reproduire la représentation nationale au Conseil européen dans une institution fondamentalement qui devrait se concevoir pour gérer et décider selon les intérêts de l’Europe et non, fusse en consensus, sur celui d’une ou plusieurs de ses parties.
En fait, le nombre de voix de la Turquie n’a d’importance que dans le cadre ou l’on maintien le Conseil européen dans les principes actuels qui le dirigent : l’influence des Etats sur l’ensemble. Les limites sont atteintes et tout Etat qui délèguera désormais à un autre un droit de " sureprésentation " sera lésé pour la raison évidente que les grands Etats visent moins à faire une politique profitant au continent, qu’a potentialiser autour d’eux les bénéfices de l’union des autres. Dans l’Europe que propose la constitution, il y aura des Etats suzerains et des Etats vassaux contraints à jouer leur différence en louvoyant sur des questions de détails. La constitution prétend " améliorer le fonctionnement de l’Europe ", ce qu’il faut comprendre qu’elle clarifie les règles de fonctionnement des Etats entre eux d’une part, et de l’autre, qu’en fait d’amélioration, elle ne fera que déplacer le champ de suspicion et de frustration des petits Etats et des Etats moyens. Ses frustrations trouveront simplement de nouvelles bases d’appuis sur des nouvelles règles. Tant que l’Europe ne sera pas pleinement indépendante des Etats-membres et équitable sur leur représentation et leur participation, elle restera cet ensemble de la dispersion, avec le risque que des membres en deviennent les satellites plus ou moins libres dans une galaxie dont l’Europe de la constitution serait la planète Saturne entourée d’un certains nombres d’anneaux, l’ensemble tournant autour d’un soleil Américain de toute façon et dans toute les configurations.
Cette question de la " sureprésentation " est importante car elle rejoint la question similaire du droit des organisations internationales ou les Etats entre eux conviennent de décisions pour eux-mêmes ou pour les autres, contraire aux dispositions constitutionnelles qui les cadrent ou aux principes de liberté qui normalement les inspirent, et dont les peuples ont disposé pour eux-mêmes. Les accords entre Etats sont producteurs de principes de gouvernement dangereux pour le respect de la démocratie et des libertés individuelles parce qu’ils s’exonèrent des peuples et les engagent quand même. Si la constitution européenne permet la reconnaissance de la personnalité à l’Union européenne, permet la création d’un Président de l’Europe et de mettre en place un ministère des Affaires Etrangères et de la Défense, elle pêche gravement sur les sources de la décision et de la disposition, sur la démocratie, sur les libertés individuelles et les recours des citoyens pour faire respecter leur droit. De quel sorte de droit, des Etats membres quelqu’ils soient devraient souffrir d’être sous représentés au profit d’Etat plus peuplés comme la France et l’Allemagne ? L’hostilité des Français à l’adhésion de la Turquie repose bien sur le refus des Français de se voir appliquer des principes de représentation qu’ils revendiquent pour les petits Etats et les Etats moyens. Dans l’Europe actuelle ou celle de la Constitution proposée, la Turquie sera effectivement un membre sur lequel il faudra compter, membre de l’Otan, partie d’avenir du dispositif global de défense américain, comme la Pologne, et à ce titre potentiellement contradictoire aux positions de la France en matière de politique étrangère et de politique de défense. Ce n’est pas d’hier que la France ne conçoit l’Europe que comme une Grande France, et si les autres Européens parvenaient à comprendre cela, ils mesureraient mieux le danger que la France représente pour la stabilité et la pérennité de l’union de l’Europe. Ces Europes " naturalisées " par un de ses peuples ne fonctionnent pas depuis que l’Europe s’appelle Europe. Le projet français pour l’Europe est limpide. Il tient compte des moyens de la France, de leur insuffisance pour assurer ses ambitions et veut " potentialiser " le partenaire allemand pour dominer le continent avec lui dans le cadre de la vieille rivalité qui a toujours opposé Français et Anglais, qu’il faut entendre comme le Grand Large (les UK d’abord, puis maintenant les USA) par rapport à une ambition française de la Terre continentale. Ne pouvant plus être le " centre du monde " a elle toute seule, la France veut devenir le " centre de l’Europe " pour faire de l’Europe le " centre du monde ". C’est un système de poupées russes ou celui des anneaux de Saturne. Nos partenaires et nos alliés peuvent ils admettre de servir à ce prix la " Grandeur de la France " ? L’histoire de l’Europe ne nous a t’elle rien enseigné de la grandeur des Etats et de la putréfaction des peuples, comme si l’homme ne venait au monde que pour exhaler sa puanteur ? La gloire pue la mort, et en Europe, plus que partout ailleurs dans le monde, ce serait un crime contre notre civilisation ne pas le comprendre cette fois. La France est encore dans une logique de " concert des Nations " là ou il faut construire le " concert des Peuples " en Europe. Ce que l’Union européenne fédérale doit apporter, ce sont la séparation des pouvoirs, la démocratie directe entre les peuples de l’Europe et les institutions représentatives et dirigeantes de l’Europe, les contres-pouvoirs et les droits de recours des citoyens contre les décisions de ces institutions comme pour utiliser le droit de ces institutions pour faire respecter leurs libertés et leurs droits dans les juridictions nationales. Et là, on mesure toutes les dérives du projet de constitution européenne, étatiste et faisant la part belle aux grands Etats qui serviront les corporatismes, leur propre droit au nom de la souveraineté perdue des peuples au nom desquels ils agissent sans rien leur demander et qui flatteront l’orgueil meurtrier des peuples dans un " concert des Nations en Europe " qui ne sera qu’une nouvelle course ouverte à la Grandeur, à la Gloire et au Prestige des Grands Etats. Une Europe menaçante des libertés effectives protégées virtuellement par des textes merveilleux au propre comme au figuré, une Europe de potentialisation de la course à la puissance de ses plus grands Etats, une Europe de la frustration pour les autres. La Turquie doit entrer dans l’Europe, parce qu’elle va renforcer le contre pouvoir contre les Grands Etats impériaux de l’Ouest de l’Europe en rééquilibrant la politique de défense et la politique étrangère vers des problèmatiques de l’Est européen. La Turquie va permettre de donner du poids à tous les pays de l’Est européen de la Baltique à la Mer Noire qui ont aussi des intérêts de toutes sortes à faire prendre en compte dans le Grand Est européen (Russie, Belarus, Ukraine notamment). Et les Arméniens devraient se réjouir de l’entrée de la Turquie en Europe sur ce point. L’Europe de la défense, l’Europe de la politique étrangère comme l’Europe du Marché Unique NE PEUT PAS continuée d’être définie par l’Ouest du continent si elle veut véritablement être l’Europe des Européens. Par conséquent, que des Etats demandent aux autres d’accepter leur sous-représentation est constitutif de très graves lacunes pour l’unité de l’Europe, le jour ou la Russie, et la Turquie seront des puissances économiques, diplomatiques, militaires et concurrentes d’un niveau égal et supérieur à l’Ouest européen. Elles exerceront obligatoirement une grande influence sur l’Est européen dont elles constituent selon la géographie, les arrières pays commerçants ancestraux et naturels. Et c’est sans parler de l’Otan soutenu d’Ouest en Est par des membres atlantistes de l’Union Européenne, et sans rien dire de l’intérêt des Russes à pouvoir jouer de l’étendue de leur territoire et de leurs richesses naturelles, entre l’Union européenne forteresse et les Etats Unis…nos alliés, au service de l’Europe jusqu'à présent.
Le Conseil européen ne peut pas devenir cette enceinte ou des peuples seraient mis dans une tutelle pour des raisons techniques de gouvernance. La question de la Gouvernance de l’Europe est moins importante que son leadership et de qui le tient ! Ce serait là construire l’Europe à revers des valeurs démocratiques et de la représentativité, et c’est pour cette raison, notamment, que la constitution européenne est mauvaise, parce qu’elle prétend faire cohabiter une Europe en souverainetés associées dirigées par des Etats prépondérants, inégalitaires en démocratie d’un côté, et de l’autre poursuivre de produire des contradictions avec un système fédéral cantonné à la production bureaucratique. Les voix de la Turquie posent donc un problème d’influence au sein du Conseil européen, mais pour des raisons qui relèvent d’abord de la contradiction du projet français pour diriger l’Europe avec l’appui constant de l’Allemagne. La France veut " consommer " l’Europe, et elle veut accepter de la vivre à condition d’en vivre. La Grandeur est a ce prix ! Le prix de la domination des peuples au profit de la Grandeur d’un peuple. Il ne faudrait pas croire que nos dirigeants en France ne sont tocards que sur les questions économiques et sociales. Ils le sont éminemment sur les questions internationales et européennes. Il n’y a que des Français pour acheter des pommes pourries sur les marchés et parvenir à faire croire aux Européens que ce sont les plus belles pommes du monde. Vu la mollesse allemande, quelque part ils sont ce qu’ils écoutent. Allemands, réveillez vous ! Les Français sont en train de vous embobiner !
Le problème, c’est le souverainisme, pas la Turquie. Un Conseil européen peut être transformé en Sénat avec un nombre fixe de représentants par Etat quelque soit leur population et qui représenterait les Etats face à un Parlement européen d’ou sortirait le gouvernement de l’Europe. A ce moment là, la Turquie aura un même nombre de voix que les autres dans le Conseil européen, mais plus de députés au Parlement européen. La pluralité politique de la Turquie se retrouvera, comme toutes les autres, réparties dans les diverses formations du Parlement européen. Et pour former un gouvernement, il faudra des fusions et des coalitions. A moins que la Turquie soit monocolore, il y a peu de chance que tous les députés Turcs, comme les autres, votent tous contre ou pour la même chose. La Turquie est une société en transition ou cohabitent le XXIème siècle et la tradition. Un pays industriel dynamique et une activité agricole de survivance. Une culture des villes, moderne, branchée, volontariste et une culture des campagne traditionnelle, encore isolée a qui certains tentent d’expliquer que les rumeurs de la ville sont le bruit que font les sabots du Diable occidental. La Turquie est un pays qui change, qui est en train de faire un effort formidable, ce qui ne va pas sans perturber la population. Même les islamistes au pouvoir ont provoqué, volontairement ou malgré eux, un débat interne à l’Islam sur sa place dans la société. La question de l’adhésion turque est finalement moins importante que de savoir comment l’Europe démocratique va exister. La majorité du Conseil européen (Sénat) peut mettre son veto a une loi du Parlement européen. Ce qui assure la recherche des compromis et la séparation des pouvoirs. Identiquement, le Parlement européen peut mettre son véto a une décision du Conseil européen.
C’est à partir de ce moment là que l’Europe pourra trouver de la clarté, de la cohérence et reprendre le chemin de la démocratie. Parce que la politique qui sera conduite au niveau de l’Europe ne résultera plus de consensus inapplicables et dithyrambiques des Etats, mais des majorités issues du suffrage universel des peuples de l’Europe. Et dans ce jeu là, la " menace turque " qui empêche les souverainistes de dormir disparaîtra dans le jeu normal de la démocratie parce que les Turcs en seront partie et ne pourront faire autre chose que de trouver des accords.
Le sophisme géographique et la vérité cachée
Monsieur Dupont Aigan qui est président de l’association Debout la République s’arroge le droit de contredire la géographie de l’Europe, en excluant de facto la Turquie de l’Europe. Mais la Turquie a toujours fait géographiquement partie du continent européen, même si elle est à la limite du Moyen Orient, comme la position de la France est au bord de l’Océan Atlantique et fait face à l’Afrique. Ici, il est inacceptable que nous puissions accepter une amputation du continent européen. On n’ampute pas notre continent par islamophobie ou christophilie, ni par aucune sorte de xénophobie. De ce point de vue, il faudrait donner l’indépendance forcée aux Comores, et largué une bonne partie de nos dépendances d’outre-mer. Si tu n’es pas chrétien, tu ne peux pas être Européen, alors que dire des Musulmans d’Outre-Mer qui sont pourtant Français, depuis des générations ? Sans compter que 20% de la population française de métropole sera de confession musulmane dans moins de 15 ans ! La population française musulmane est équivalente aujourd’hui à la population de la Tunisie et elle ne vote pas a titre de musulman, elle vote à titre de Français !La Turquie est européenne, elle n’est pas asiatique.
L’Empire Ottoman, qui fut tantôt l’ennemi des royautés européennes catholiques, tantôt leur allié comme sous la France de Louis XIV ou celui de l’Allemagne du Kaiser en 1914 fut un empire musulman. Il faudrait aussi réétudié l’histoire du Royaume franc en Terre Sainte pour savoir que les Chrétiens ont parfaitement su trouver des Musulmans pour faire la guerre à d’autres Chrétiens et vice-versa ! Le seul trait distinctif de cet empire, c’est sa religion. Les autres empires européens étaient effectivement chrétiens. Pour le reste, l’empire Ottoman a strictement le même comportement politique que n’importe quel Etat d’Europe de ce temps. Il s’est allié, il s’est affronté à des Etats européens, parfois pour combattre des Etats musulmans, parfois pour combattre avec des Etats chrétiens d’autres Etats chrétiens. On ne peut pas s’emparer de l’Empire ottoman pour en faire autre chose que ce qu’il fut : une hégémonie parmi d’autres dans l’histoire de l’Europe. Ensuite, l’Empire ottoman n’a jamais été aussi criminel que l’Europe chrétienne qui de guerre de religion, en guerre nationale puis en guerre d’extermination et idéologique à commis toutes les atteintes possibles et imaginables contre la vie humaine, les principes de la religion et la représentation de Dieu, de la morale. De ce point de vue, l’Empire ottoman est presque un petit joueur. Argument rejeté, tout simplement.
Monsieur Dupont Aignan fait la faute de comparer une adhésion éventuelle de l’Espagne à l’Organisation des Etats Africains, c’est d’une drôlerie terrassante quand on sait que la France est constitutionnellement d’une Communauté française dont les sommets franco-africains sont un des symboles les plus vivants, sans compter la francophonie, musulmane pour près de la moitié, sans compter son " appartenance " de fait à l’Organisation des Etats Africains comme le prouve sa diplomatie internationale dans l’affaire de Côte d’Ivoire. Monsieur Dupont Aignan ne semble concevoir que les différences à sens uniques. Et l’Union Monétaire Ouest Africaine, et le franc CFA ? La France sait très bien s’accommoder des cultures et des religions des autres. Les arguments de Monsieur Dupont-Aignan sont fallacieux et démagogiques.
La dynamique nationale turque : une exception, vraiment ?
Il évoque ensuite la dynamique nationale turque tournée vers l’Asie centrale comme si nous les Européens ne venions pas de l’Asie centrale anciennement (encore un qui va croire que l’Empire Romain peut monopoliser le nom d’empire européen et que la civilisation grecque est uniquement un fait athénien), et pour enfoncer le clou il dit qu’Ankara accorde la nationalité turque sur simple demande aux ressortissants des anciennes républiques soviétiques turkophones. Et alors ? L’Allemagne à bien accordé des visas aux Allemands provenant de l’ancienne Union soviétique, de Pologne et d’Europe centrale. Lorsque les colonies françaises sont devenues indépendantes, la France à bien passé des accords de double nationalité avec les nouveaux Etats, notamment la Côte d’Ivoire ou le président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Koulibaly est à la fois Français par sa naissance et Ivoirien. Il en va pareillement pour les Algériens, pour les Marocains, pour les Tunisiens et cela ne pose pas de problème outre-mesure. Que dirait Monsieur Dupont Aignan, si la Turquie faisait ce même reproche à la France ? La Grande-Bretagne, dans le cadre du Commonwealth fait de même, et les ressortissants du Commonwealth sont mêmes favorisés pour aller et venir dans tous les pays du Commonwealth. Et le Commonwealth, c’est beaucoup plus grand que l’Europe, c’est global en fait. Argument rejeté.
Empire ottoman : Une histoire si singulière en Europe ?
Enfin l’expansion religieuse qui symbolise selon Monsieur Dupont Aignan les relations entre la Turquie et l’Europe. Dans le cadre de l’histoire européenne, aucun Etat européen n’a échappé à la guerre de son voisin, des guerres entre Chrétiens protestants et Chrétiens catholiques, et inévitablement des guerres entre Musulmans et Chrétiens. C’est un fait européen qui ne discrimine pas du tout la Turquie du reste des Etats européens. C’est aussi oublier que dans ce jeu, c’est l’Europe chrétienne qui a largement menacé le monde musulman pour finir par établir des colonies dans tous les Etats arabes, et pas Turcs, et musulmans actuels, et bien au delà. La plupart du temps, ces colonies européennes furent établies sur les dépendances de l’Empire ottoman, dont l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Maurétanie, l’Egypte, la Libye, la Syrie, le Liban, le désert arabique (Arabie Saoudite à partir de 1923), l’Irak, la Jordanie, Israël. mais pas la Turquie, grâce à Ataturk. La Turquie n’a jamais été une colonie d’un Etat européen. Ennemie ou amie, mais jamais colonie. C’est là une grande assurance pour l’Europe qui doit accueillir ce peuple en total égalité de respect et d’estime. La Turquie est un grand pays, une grande nation qui a une grande histoire, plus grande et plus digne que certains Etats membres pourtant solides. La Turquie est un Etat adulte, il faut arrêter de la voir par christocentrisme ! Argument rejeté.
La diaspora turque en Europe va voter ! Qué malor !
Monsieur Dupont Aignan use de toutes les cartouches possibles et parle maintenant de la diaspora turque en Europe. Il craint qu’elle ne modifie le résultat des élections. C’est un pur esprit de la Ligne Maginot. On peut être d’accord pour que ceux qui refusent de prendre la nationalité du pays ou ils résident assument leur choix en n’acquérant pas le droit de vote. Toutefois, c’est à la condition qu’ils ne soient pas ressortissant de l’Union. Un Européen de l’Union devrait pouvoir voter partout, sur tout, et se présenter dans les mêmes limites. En revanche, en Allemagne ou la communauté turque est importante, il lui est très difficile d’acquérir la nationalité allemande. C’est injuste de tenir pour étranger les générations qui ont fait souche dans le pays ayant accueilli leurs parents. Mais là ou les immigrés (on est immigré quand on est né ailleurs que dans le pays ou l’on réside) s’assimilent aux nationaux en ayant un accès à la nationalité du pays ou ils résident, ils participent déjà de la vie politique et c’est particulièrement vrai en France. Le système français de ce point de vue est excellent parce qu’il offre le choix de devenir Français et de voter, ou de rester étranger et de ne pas voter. L’exagération de certain députés français est de revendiquer un droit de vote pour des Etrangers qui ne se naturalisent pas Français alors qu’ils en ont la possibilité. Un choix s’assume et la France a une politique d’accueil de ses nouveaux citoyens. On peut toujours faire plus, mais quand ont revendique un droit national en refusant d’appartenir à la communauté qui a motivé le choix d’immigration, c’est tout simplement de l’abus et de l’exploitation de la communauté accueillante. Pas de droit de vote pour les Etrangers en France sauf ceux détenteurs d’une des nationalités de l’Union européenne.
La communauté étrangère, et pas seulement turque en France, tend à disparaître des discriminations entre le national et l’étranger parce qu’il est possible de devenir Français. De manière générale, aussi bien en politique que dans une organisation plus restreinte comme l’entreprise, il est important que tous les participants puissent s’imprégner et faire le choix de participer ou pas. Permettre aux citoyens européens d’origine turque de participer aux élections européennes (après l’adhésion) et aux autres, selon les dispositions nationales des pays qui les accueillent, semblent tout simplement relever de la bonne morale, de l’égalité et du respect de la logique démocratique. Il est hors de question de faire une Europe ou certains citoyens européens n’auraient pas le droit de vote ! Quand a savoir s’ils vont " déstabiliser " le résultat des élections, dans l’esprit de Monsieur Dupont Aigan, et voter comme un seul homme Al Qaida, rien n’est moins sur. La Turquie est un Etat industriel en transition sociale et économique. Les styles de vie sont très différents entre la campagne et les villes, un peu comme la France de 1930 accusait une grande différence entre Paris et les villes de province.
Ce n’est pas la première fois que l’on peut remarquer cette stupéfiante justification xénophobe et anti-musulmane. Le Chrétien A des opinions et dans un groupe de Chrétiens, il y a une pluralité d’opinions. Pour le Musulman, c’est pas possible. Un groupe de Musulman N’A qu’une seule et unique opinion. Tous vos voter pour les mêmes choses, dans le même sens. C’est connu et c’est totalement aberrant, quand ce n’est pas complètement méprisant. Alors que les marxistes ont inventé le déterminisme des classes sociales, les xénophobes inventent le déterminisme ethnique et religieux. Le souverainisme cache bien des choses…et la République Debout semble être une sorte d’impérium étatiste rassemblant des socialistes catholiques ne comprenant rien ni à Dieu, ni à Marx. Savent ils au moins que Platon était d’origine arabe ? Et que nous devons la médecine moderne a Avéroès, arabe et musulman notoire ?
On dirait que Debout la République fait parti de ces mouvements qui considèrent que la démocratie est totalement inapplicable aux Musulmans, qu’ils en sont incapables. Si Dieu a fait l’homme a son image, on ne peut pas concevoir qu’il est mis moins de potentiel chez les Musulmans que chez les Chrétiens. Les tyrans du monde arabe d’aujourd’hui comme ceux d’hier se sont très bien entendu pour exploiter leur peuple avec le meilleur lait de la chrétienté. Les Turcs islamistes ou les Arabes islamistes aiment aussi leurs enfants, comme les parents nationaux socialistes Allemands aimaient les leurs. L’éducation, les valeurs humanistes quelques soient le nom qu’on leur donne permettent de faire émerger des potentiels brimés, de faire pousser des potentiels appris, d’orienter des choix. Juger le monde musulman aujourd’hui, qu’il soit Turc ou Arabes, ne peut qu’être un jugement politique sur les régimes qui ont trahi l’homme, qui ont piétiné l’image de Dieu avec leurs sabots du Diable. La chrétienté est commisération, responsabilité, engagement et auto-critique. Et cela repose sur des valeurs d’écoute, de compréhension, de pardon et de conseils. Un Croyant, Chrétien ou Musulman, est d’abord une personne qui sait que la vie lui est prêtée, qu’il n’en est que le locataire, et qu’il ne sert jamais mieux la beauté et l’amour de Dieu, qu’en prenant soin de ses créations faites par Dieu à l’image de Dieu. Servir Dieu, c’est respecter son œuvre. Je ne vois rien, ni dans Debout la République, comme dans le Mouvement des Citoyens de Chevènement, qui permettent de voir en quoi la République française actuelle sert la morale, sert l’identité des Français, respecte la Création. La République est une Chienne qui a arrêter ses valeurs sur une époque, qui n’a pas évoluée d’un iota et qui veut, comme la feu Union Soviétique, formé les citoyens à son image. La République aspire a la déité ! Il n’y a qu’un seul Dieu ! Il n’y a qu’une Humanité ! On ne peut pas aimer la République française et rejeter le Veau d’Or.
En vérité décontingenté des questions d’identité nationale, chaque homme sur terre devrait pouvoir donner son avis sur le sujet qui le concerne lui et ses intérêts. Il est même bizarre que des citoyens votent des " paquets " sur un nom ou une liste, autrement dit, qu’en mettant leur choix dans l’urne, ils votent en mêmes temps sur des sujets dont ils ne connaissent rien et qui ne les concernent en rien. On devrait choisir sur ce qui nous concerne, et si la démocratie est le meilleur système inventé, il reste imparfait parce qu’il est producteur de la " dictature " majoritaire. Les socialistes qui sont plus dangereux que n’importe quel Turc ou Dupont-Aignan, utilisent allègrement la légitimité du vote " majoritaire " pour bafouer les libertés individuelles. Avec eux, le droit et la liberté d’un seul pèse peu face à la décision majoritaire. Les Turcs doivent voter demain en Europe, et votent aujourd’hui dans leur pays. Impossible de voir en quoi que ce soit une menace pour les choix politiques (une société politique doit refléter la volonté de ceux qui la composent), de voir en quoi que ce soit ils menaceraient la république (qui devrait se méfier d’elle même et des ses " valeurs ").
Les mots à nus
L’angoisse de la " voilée " et de la " bombe ISLAM " fait presque sourire parce que Monsieur Dupont Aignan a décidé de stopper l’évolution en Turquie, d’ailleurs il cite le génocide arménien non reconnu, afin d’avoir l’image d’Epinal d’un pays qu’il refuse pour une seule raison : l’ostracisation de l’Islam. C’est un réflexe normal puisque les " valeurs " de la République française ne tiennent aucun compte de l’évolution depuis l’assassinat du roi des Français, et qu’elles prétendent s’imposer de grès ou de force aujourd’hui au XXIème siècle, inentammées. La République a des " valeurs ", alors elle veut des citoyens a son image ! Difficile de savoir ce qui est le pire : vivre les " valeurs " de la République française (ensemble de faux droits garantis sur parole) ou vivre en esclavage. Monsieur Dupont Aignan est encore à la Croisade et l’ont peu s’inquiéter de ne pas l’entendre conclure par " Montjoie, Saint Denis, sus aux Moricos ! ". Une thérapie s’impose à Nicolas du Chardonnet semble t’il ? Un peu de latin par ci, un peu de latin par là, et nous obtiendrons le Grand Dracula, pourfendeur du Grand Ottoman ! Attention Européens, la Chauve souris à prit son envol dans la blémeur d’une nuit de grande lune.
La Collaboration est plus morale que le génocide des Arméniens ?
Le génocide des Arméniens de 1915 est un fait de l’histoire turque qui doit encore trouver une réponse adéquate, mais ressortir ce grave fait constamment tout en oubliant que sans de Gaulle, la France aurait été dans le camp des vaincus, c’est un peu l’honneur que l’ignominie fait à la bassesse. Il serait bien que les Turcs, et d’autres mettent un peu la France en face de sa propre histoire, celle du pays des Collabos, des socialiste pétainistes, des capitalistes crémiers et des anti-sémites. Sans compter, la noblesse de notre Police, la rafleuse de femmes, de vieillards et d’enfants français juifs, et celle de notre Administration, merveilleuse de vacuité morale. Si les Turcs n’arrivent pas encore à reconnaître le génocide des Arméniens, les Français oublient avec une rapidité incroyable les trous noirs de leur histoire récente, plus récente que celle du massacre des Arméniens, ou comme les crocodiles, ils se sont livrés les uns les autres à l’ennemi. Sans compter, qu’à peine la guerre finie, de Gaulle a tout lavé au nom de la réconciliation nationale. Hors de question de lâcher la France sur cette partie de l’Histoire aussi !Argument rejeté.
La laïcité, droit de l’Etat, prison de l’individu.
Et la laïcité de la Turquie. Pour un pays comme la France qui craint de se faire islamiser on ne peut pas dire qu’elle ne craint pas de tuer la religion chrétienne chez elle. Le problème n’est pas récent en France et remonte à la Révolution et au clergé réfractaire. La loi de 1905, séparant l’Eglise de l’Etat est une continuité de l’anti-cléricalisme, idéologie de la République pour avoir sur le peuple le monopole de la définition des valeurs. C’est par le contrôle de la religion et sa relégation dans des niches que la République transforme le contenu de la citoyenneté. Alors qu’il pourrait être admissible que l’Etat ai ses propres écoles pour enseigner la population dans le cadre d’une pluralité des écoles, il bannit la religion de l’enseignement public, monopolise la définition et le contenu des programme, instaure le collège unique comme si un homme, à fortiori un Etat, était détenteur de La Vérité, qu’il ne se trompait jamais et qu’il était capable de maintenir à travers le temps le même niveau de raison, la même configuration de pertinence. C’est de la vanité ! Aujourd’hui, le sous-développement du monde arabe et les politiques économiques keynésiennes de plus en plus malthusienne conduites en France (France forteresse) ont attiré une main d’œuvre sans qualification dans notre pays. Une main-d’œuvre musulmane qui représente aujourd’hui 9% de la population française et qui doublera cette proportion dans les 15 ans à venir. L’Islam est leur religion et tous ne sont pas pratiquant, ni n’ont les mêmes conception traditionnaliste et radicale, mais le débat revient à l’école ou des citoyennes françaises veulent vivre leur religion à chaque instant. On leur oppose la laîcité de l’Etat parce que l’Education Nationale qui 20 ans auparavent faisait venir des professeurs arabes afin de remédier au problème politique de l’intégration des enfants " entre deux cultures " est aujourd’hui débordée par ceux et celles qui ne voient pas trop, toutes confessions confondues, qu’elles valeurs dispensent l’Education Nationale, fabrique idéologie du citoyen selon la commande de l’Etat. Cependant, interdire le voile islamique est une violation des libertés religieuses en France et des Droits de l’Homme parce que lorsqu’on dit que l’Etat est laîc, ceci signifie que l’Etat n’a pas le droit de discriminer selon les religions les services qu’il doit aux citoyens, cela veut dire que l’Etat ne se réfère à aucune religion. Mais cela ne veut pas dire que les citoyens n’ont pas le droit d’exprimer leur religion devant l’Etat. Les citoyens sont libres et les droits de l’homme ont été écrit pour protéger les citoyens de l’Etat. Avec cette loi sur le foulard, l’Etat se réclame d’une position religieuse : la laîcité. Autrement dit, il transforme un droit des citoyens pour faire valoir devant l’Etat la primauté de leur liberté sur la loi et les actes de l’Etat, en obligation du citoyen soumis à l’exigence de l’Etat. Si les droits de l’homme voulaient dire cela, il serait écrit que les citoyens sont laîcs devant l’Etat. Or il n’y a rien de tel, les citoyen ont bien la liberté religieuse et l’Etat n’a pas a exiger d’eux qu’ils se présentent tels devant lui. Le devoir de laicité est celui de l’Etat, pas des citoyens !
Alors il est paradoxal de voir Monsieur Dupont Aignan attaquer la Turquie sur l’islam là ou ce pays applique les lois obsolète de l’absolutisme républicain français. Plus grave, il incrimie un gouvernement élu issu d’un parti islamiste pour jeter le soupçon du radicalisme islamiste sur toute la Turquie. Il ignore totalement les autres partis, il ignore totalement les Turcs qui ne pratiquent plus, qui sont athées, qui ne sont pas musulmans, qui sont musulmans et qui ne veulent pas du gouvernement en place, ou qui ne veulent pas plus largement une Turquie islamiste. La démocratie en Turquie ne compte pas. Tout ce passe comme si la Turquie était un pays musulman tyrannique. Et elle l’est du point de vue de la liberté religieuse, comme la France ! Dans son phantasme, il confond volontiers islam terroriste avec islam traditionnel auquel. Il fait de l’euro-catho-centrisme en exigeant du peuple turc et de son gouvernement démocratique le même confort et la même détente que le peuple français et le gouvernement français. Souvenons-nous que les religieux en France ont été très radicaux et inflexibles, qu’ils ont été des lions avant de devenir eux aussi, des lâches devant leur mission de prosélytisme. Ils ne portent plus guère la " parole de Dieu " ailleurs en France que dans les milieux initiés. Ils ne s’adressent rarement à d’autres publics qu’a ceux déjà convaincu. Ils ont déposé le bilan du christianisme dans les tribunaux de la république. Imaginons que le Christ ai fait de même devant les Romains ? Une Europe chrétienne avec une France anti-musulmane " fille aînée de l’Eglise " prostituée aux arguments des souverainistes….La Turquie est une sainte à côté. Au moins, là-bas, ceux qui ont la foi ne l’ont pas abdiqué. C’est une société plus saine que celle de la France, parce qu’elle n’est pas du tout rigidifiée. L’Europe a besoin de l’énergie juvénile de la Turquie sinon les vieux barbons vont en faire une maison de retraite.
L’armée turque bafoue la démocratie turque
Enfin l’armée turque serait la garantie de la laïcité turque au détriment de la démocratie ? Tout d’abord, l’armée a dut lutter contre la subversion des communistes et des anarchistes dans les années 1970 et 1980 pendant que la France s’esclaffait sur l’énorme déficit budgétaire américain du " cow-boy " Reagan,, et de son budget de la défense qui " poussait à la course aux armements " le camp soviétique. En 1991, l’affaire est réglé et l’Europe s’élargie contre toutes les prévisions françaises. Dénoncé aujourd’hui l’armée turque qui a assuré la fermeture de la Mer Noire avec les forces de l’Otan durant toute la Guerre Froide, et participer ainsi à la sécurité maritime en Méditerrannée, c’est un geste de grande ingratitude. Quand les communistes turcs ont voulu installé l’anarchie dans le pays, l’armée turque n’a fait que stabilisé un pays clé de l’OTAN, donc utile à la défense de la France. Enfin, lorsque l’armée à prit le pouvoir contre les islamistes élus en Algérie, les voix scandalisées en France ont été assez silencieuses pour des raisons évidentes. La encore, il y a négation par eurocentrisme du stade institutionnel de la Turquie, pays en transition. Il y a aussi une grave lacune sur la transition démocratique de la France (Villepin n’est il pas lui-même un grand admirateur de Napoléon ?), démocratie depuis 1944 en donnant enfin aux femmes françaises le droit de vote, dix ans après les femmes turques (1934).
Il faut aussi rappelé que la France est le seul pays avec le Zimbabwé a avoir une force armée, la Garde Républicaine, dévouée a défendre le régime républicain. Contre qui ? Contre les Français eux-mêmes s’il le faut ! Si les révolutionnaires anti-républicains venaient a menacer le régime républicain français, il est probable que contre la promesse d’une prime à la Gendarmerie Nationale (force militaire gréviste de la république bannière de Jospin qui aurait dut être licenciée ou dissoute intégralement), la Garde Républicaine sera un outil nécessaire. Quand au reste de l’armée, pour l’instant, on ne peut rien dire. Essayons de toucher la retraite militaire après 15 ans de service, puis comparons islamisme et avantages sociaux. Que l’armée turque veille appartient à l’historique du pays, de même que les gouvernements de réforme chez nous sont surveillés par nos syndicats de sévices publics. Chacun sa tradition, chacun sa transition !
Ensuite il est comique de dire que l’armée turque bafoue la démocratie turque quand on persiste à ne pas voir dans le gouvernement actuelle de la Turquie autre chose que le prémisse à une révolution islamique. La couleur n’en déplaise, le gouvernement turc actuel est issu des urnes des électeurs turcs. L’armée turque a t’elle renversé le gouvernement des Turcs actuel ? On le saurait.
L’OTAN, c’est l’Angleterre et les Etats-Unis ! dit le crémier nostalgique.
La Turquie est membre de l’Otan et monsieur Dupont Aignan parle " d’acharnement à diluer l’Union européenne dans l’OTAN (Angleterre et Etats-Unis selon lui) ". Il est clair que Monsieur Dupont Aignan ne sait pas a quoi nous devons l’Union européenne. Il serait très curieux de savoir ce que serait l’Europe sans l’OTAN, si l’Union européenne aurait pu voir le jour, si elle se serait élargie aujourd’hui et avec quoi elle, ou chacun de ses Etats garantiraient la sécurité militaire et la force politique sans l’OTAN. Des décennies de sophisme gaulliste sur l’indépendance nationale sont en train de sombrer dans la réalité. L’indépendance nationale, son discours, n’a été rendu possible que par la présence de l’Otan en Europe, à l’ombre de l’OTAN. Si les Français ont jugé bon de développer leur propre " parapluie nucléaire ", ils n’ont fait que ce payer de l’arrogance, de l’image qui devait impressionner la république du Vanuatu ou le Liechtenstein, Vaduz même. Cet investissement inutile dans le cadre du parapluie nucléaire US et de la disproportion des forces ennemies a privé l’armée française de moyens matériels conventionnels supplémentaires, les seuls utilisables sur les théâtres d’opération. La France a voulu joué sur la banquise en produisant son petit glaçon alors que l’emploi de forces conventionnelles ailleurs, comme en Irak en 1990, en Afghanistan en 2001 et de nouveaux en Irak en 2003 lui aurait assuré une position diplomatique potentialisant la puissance des Etats-Unis a son profit et au profit de l’Europe. Là, elle aurait été grande, prestigieuse, écoutée en Europe et dans le monde.
En réalité, il fait froid dans le dos de repenser à la dissuasion nucléaire française. Le missile capable d’atteindre Moscou et pas encore les Monts Oural ou étaient déployés les SS20 visant Paris, Bonn, Bruxelle ou Londres n’ a existé que dans les deux ou trois dernières années précédents l’effondrement de l’URSS. Le petit engin Pluton, monté sur camion avec une portée limitée à quelques centaines de kilomètres…à quel moment pouvait il être employé sans détruire nos frères européens. Il fut question un moment de déployé un " parapluie nucléaire français " sur l’Allemagne, dont le seul sérieux était que les Allemands recevaient l’assurance qu’ils ne seraient pas bombardés par des missiles nucléaires français défendant le sanctuaire national. Mais pour le reste de l’Europe sur qui les Français comptaient ils lancer des bombes, alors que Moscou était hors d’atteinte et que l’Oural restait interdit aux capacités des missiles français terrestres, peut être d’un sous marin ou alors d’un avion ? Les Français n’ont jamais disposé d’armes intercontinentales qui auraient pu rendre crédible leur petite bombe de fierté, en installant ses armements dans quelques territoires isolés de la planète sous leur juridiction. Quand Mitterand est allé au Bundestag pour soutenir l’installation des Pershing américains en Allemagne face aux déploiement des SS20 soviétique dans les monts Oural, il n’a fait que tenir compte de la vérité du mensonge français, du baratin gaulliste.
L’Union soviétique ne s’est pas effondré à cause de la pression militaire française, sujet de chipoterie au moment des négociations SALT I et SALT II qui les flattaient davantage que ça ne facilitait le boulot de Reagan, mais à cause de l’explosion du budget de la défense américain et de ce petit voyage à Bonn de Mitterand qui signait l’échec de la tentative de découplement de l’Europe des Etats-Unis conduite par l’Union soviétique et les communistes-pacifistes à l’Ouest. Il faut se souvenir qu’avant que Gorbatchev ne devint ce " héro " de la paix et de l’amitié entre les peuples, il tenta de " finlandiser " l’Europe en proposant de marginaliser l’Amérique par une proposition de " maison commune européenne ". A coup sur, les Français ne se seraient jamais contentés du grenier ou de la cave… Les esprits éclairés, plus formé à rencarder des cow boys qu’a contrer le communisme, n’y ont vu qu’un soutien Français à l’Allemagne (parapluie nucléaire français), là ou il s’agissait en fait d’une reconnaissance française du rôle de l’OTAN, et donc du fondement de l’Union européenne, de la garantie de la perénnité de l’Union européenne par une politique de défense commune et une diplomatie commune dont les Etats-Unis ont toujours eté et jusqu'à nouvel ordre été la clé de voûte. C’est à l’ombre de cette garantie, autant pour innover en Europe que pour ne pas se faire exclure de l’Europe dont il venait de détruire la politique de défense commune, la Communauté Européenne de Défense (la CED) que De Gaulle n’avait pas d’autre choix que de renforcer les liens de la France avec l’Allemagne. Mais par rapport à Washington, la stratégie de de Gaulle est celle d’un second rôle, pas d’une carte blanche. L’enterrement de la CED, la sortie de l’OTAN de la France n’a fait que démontrer aux Européens à quel point le nombrilisme français ne tenait aucun compte des intérêts de l’Europe. Sans l’OTAN, il est difficile d’imaginer ce que serait l’Europe d’aujourd’hui. Peut être que le Russe serait devenu la première langue et que l’allemand ne serait plus parlé après la caresse des missiles du sanctuaire français sur l’Allemagne. Peut être que Marchais aurait été président et que nous lirions la science économique de cet admirable économiste Ceaucescu. Du coup, les keynésiens passeraient pour des capitalistes. Mais il est certain que les trains ne seraient plus jamais en grève : dans les pays communistes, il n’y a jamais de grève, tout le monde est heureux !…et les morts parlent si peu. Le grand mérite de Mitterand, c’est d’avoir prit le cow-boy Reagan au sérieux et d’avoir fait le déplacement à Bonn, pour expliquer aux traitres communistes, socialistes et verts de l’époque qui criaient par millions dans les rues " plutôt rouge que mort " comme si s’était différent, le bien fondé de la menace soviétique et de la réponse américaine. Du coup, Mitterand a été un des alliés les plus essentiels à la politique de Reagan et de l’OTAN. Comme quoi, Chirac est encore plus à gauche que lui aujourd’hui…Et on le comprend Mitterand. Sans rééquilibrage des forces en Europe, la France risquait de ce retrouver en première ligne face à Moscou et d’avoir les frais de défense d’une superpuissance pour faire le poids. L’Amérique et l’OTAN reste indispensables, c’est ça le discours de Mitterand. Il n’a apparemment pas eu le temps d’expliquer sa démarche, ni à gauche, ni à droite et encore moins au locataire de l’Elysée actuel, décidé à joué l’illusion du gaullisme jusqu’au bout. De Gaulle voulait " l’ouvrir ", il s’en est donné les moyens sans en méconnaître les limites. Il nous aimait tant, il savait ce que nous voulions entendre. Il a fait ce que nous attendions de lui. Mais il n’a pas plus grand continuateur réaliste que François Mitterand à Bonn, au Bundestag pendant la crise des Pershing. Critiqué l’OTAN en faisant croire que c’est une machine anglaise et américaine, c’est comme si un crémier à la Libération crachait sur les Allemands qui lui ont tant rapporté. L’OTAN permet à la France de maintenir un peu l’illusion de la puissance en lui évitant les dépenses militaires de sa défense en Europe. Et ce sont les Américains qui payent pour la Grandeur de la France….les Anglo-saxons, terme d’un ridicule achevé qui n’existe que dans le Lenderneau politique français.
Nos hommes politiques n’ont pas compris Ronald Reagan (sauf Mittérand une fois pour un coup : les Pershing), ni tirés les conséquences de la Chute du Mur, ni celles de l’effondrement de l’Union soviétiques, ni celles de la globalisation, ni les conséquences sur l’Union européenne et l’Otan, l’Otan et l’Union européenne. Ils ne savent qu’avoir peur et réinventer des peurs qui justifient leur propre pouvoir (la mondialisation " libérale " à cause du monopole des services publics et des revenus non compensés par du travail qui sont garantis à des millions d’actifs et d’inactifs Français, le " péril Turc " plus adapté aux Viennois d’Autriche mais fantasme xénophobe aussi bon que l’anti-sémitisme chez certains autres, l’islamisation de la France terme permettant une plus grande exploitation que islamisme intégriste et terroriste) A côté de ça, corruption, népotisme, inégalité devant la loi, " discrimination positive ", atteinte aux libertés religieuses, un quart de l’électorat vote populiste-étatiste, pression fiscal confiscatoire, discrimination fiscale, juridiction judiciaire spéciale, constitution manipulé pour sauver un président, chomage massif, mensonges statistiques à tous les étages, informations sous contrôles, endettement sans précédent en temps de paix et régime économique obligeant les Français a se reproduire sous peine d’effondrement général, voilà la France dans ses œuvres qui s’auto-excuse de ne pas tenir ses accords européens.
Toutes ses peurs sont alimentées par des constructeurs de lignes Maginot qui ne nous gardent jamais de l’adversité, mais nous gardent toujours dans leur pouvoir. L’Europe va de l’Atlantique au Pacifique (en englobant la Russie asiatique), en englobant la Turquie sans le monde turcophone pour l’instant. Il faudra intégrer la Russie quand elle le voudra et tous les pays entre la Russie et l’actuelle Union européenne. Il faudra aussi intégrer Israël qui sera un Etat membre d’outre-mer au même titre que la France à des territoires d’outre-mer. L’Europe c’est une nouvelle idée, un grand espoir de paix et de développement humain et matériel. Elle ne s’aborde pas avec des idées de l’Ouest d’une péninsule incapable de voir le monde au-delà de Strasbourg. L’Europe doit se penser globalement et avancer avec des institutions fédérales, seules capables de restaurer le droit démocratique des peuples. L’intelligentsia européenne, les médias félons de leur cause, les politiques devraient aussi se demander si l’Europe a les moyens de s’offrir le luxe de l’anti-américanisme.
Monsieur Dupont-Aignan sombre dans les modes du refus de la modernité, de la réalité et est un des nombreux agents qui construisent l’idéologie, " l'idéologique sociale démocrate " de la résignation au déclin, de la peur des défis. Il est porteur de valeurs républicaines usurpées par les vauriens qui ont mis l’Etat à la place de Dieu, qui ont assassiné un roi des Français constitutionnellement roi, qui ont nationalisé les droits de l’homme et qui contribuent aujourd’hui à les interpréter comme des droits consentis par l’Etat aux individus, là ou ils étaient la garantie inaliénable et sacrée de la liberté des individus contre les tentatives d’abolition inhérentes à l’Etat. Mais c’est quoi cette république ? L’économie est verrouillée par l’Etat qui a la prétention en plus de faire changer les Français sans leur ouvrir les champs fermés de ses monopoles, les patrimoines sont dilapidés par l’Etat, les hommes politiques au dessus des lois et jugés selon une juridiction spéciale reconnu par le Conseil Constitutionnel. Il est interdit de porter sa religion dans l’Etat. Il est interdit d’avoir d’autres valeurs que celles reconnues par l’Etat. Le monopole syndical gouverne le pays. Les partis politiques sont devenus des administrations partisanes à cause du financement public. L’école enseigne la barbarie et les fausses sciences ! La santé assassine nos vieux ! L’Etat fait de la discrimination " positive ". Nous regardons nos sauveurs comme des ennemis et nos ennemis comme des sauveurs. Nous sommes des Européens et nous ne concevons pas que l’Europe ne soit pas française. Et bien tout cela correspond à une époque passée. Tout cela doit changer. Tout !
Et au moment ou l’Etat républicain sombre dans ses mensonges, ses contradictions, ses erreurs et son entêtement, on veut marteler sur les Français les " valeurs de la République ". C’est quoi ? Il faut se méfier de l’Islam, regarder comme ennemi une fille voilée, se convertir à la religion d’Etat de la laîcité dés que l’on demande un service qui est déjà payé, accepter qu’un musulman soit préfet parce qu’il est musulman, admettre que les chefs d’entreprises proches du pouvoir ne soient jamais punis, admettre que les politiques peuvent forcer les bureaux des juges, fractionner leur porte, que le président peut mépriser la Justice…c’est quoi cette République. Qui peut traduire l’Etat français en Justice, celle de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité de 1789 ? Reste t’il un seul tribunal qui a conservé l’essence des Lumières, qui comprend encore l’Esprit des Lois de Montesquieu ? Comment fait on en France pour défendre sa liberté individuelle quand une loi démocratique a décidé de l’abolir ? Nous n’aimons pas la République française parce qu’elle nomme citoyen ce qui est devenue une paire de menottes.
Les hommes libres, Français, ne peuvent que sentir les chaînes de la République sur leur dos, ne peuvent que sentir les menottes de l’ordre des valeurs corrompues sur leur poignets, ne peuvent que traîner les boulets du devoir républicain qui abolit leur droit personnel au profit d’une France des casernes, d’une France des faux dieux républicains, d’une France prosternée devant les marbres et les monuments aux morts sur lesquels sont inscrits les victimes du souverainisme tout en recevant l’ordre d’oublier que la liberté de l’Etat est celle d’un cimetière. Monsieur Dupont-Aignan a sans doute une belle carrière politique à faire mousser les nostalgies des contemporains égarés de la sociale démocratie, de la grandeur de la France déchue d’honneur et de vérité, mais il devra faire beaucoup plus pour nous faire oublier que les morts de la Patrie ne sont pas inutiles une fois l’hommage rendu aux combattants alliés, notamment Américains, dont le drapeau flottant dans le ciel de France et au dessus de la terre du repos, nous garanti à nous les Français, que tous les Dupont-Aignan du monde, n’éteindrons pas le feu de la liberté, n’éteindrons pas le feu universel de nos philosophes des Lumières et n’éteindrons jamais l’amour et la confiance que nous portons au peuple américain. Qu’ils ne nous commanderons jamais aussi le droit de discriminé les Turcs parmi les Européens pour servir un nouveau mensonge du déclin.
Nous sommes fiers d’être Français selon la nuit du 4 Août 1789, nous déchirerons le drapeau quand il aura été totalement approprié par les maîtres de l’Etat et les faux prophètes de l’identité. Nous sommes Français et nous le sommes parce que nous le voulons encore, ce n’est pas à l’Etat de nous nommer, ni à la République de nous intimer. Fidèles à la Révolution française, nous dénonçons tous ceux qui restaurent sur nous l’ordre du pouvoir absolu, qu’il soit monarchique ou républicain. " Français, si je veux " parce que les " individus naissent libres et égaux en droit " ! Parce que l’Europe ne sera pas française, mais faite aussi avec des Français parmi des millions d’hommes et de femmes libres, respectés dans leurs symboles d’identités, respectés dans leurs priorités immédiates. Et pour parvenir à cela, l’Europe ne peut plus ce concevoir entre les Herbiers et les Yvelines, pas davantage entre Paris et Bonn. L’Europe, c’est dans l’idée, les matières et les territoires humains beaucoup plus grand que les petites conceptions souverainistes françaises. Quand à la République française, elle est république de France, et là, c’est un travail qui nous attend pour rétablir les institutions de la liberté. L’Europe de Dupont-Aignan est un grand oiseau qui ne vole pas, les ailes sont trop petite, le poids trop élevé. L’Europe de Dupont-Aignan c’est du jambon-beurre dont le porc à reçu l’extrême onction. L’Europe de Dupont-Aignan est à l’image de sa république : une impasse de certitudes à la dérive.
Merci d'avoir eu la patience d'arriver au bout.
Claude Lamirand
1 commentaires sur cette article
Reynald Beaufort mercredi 11 août 2004 à 19:57 de ---.club-internet.fr Bonsoir,
Quelle diatribe! Il faudra que je relise, mais sincèrement bravo!
Je m'étais fendu aussi d'une réponse qui n'a jamais été publiée dans le Figaro, mais que vous trouverez sur notre site (on n'est jamais si bien servi que par soi-même!) à cette adresse:
http://www.turquieeu...3?id_article=88
j'ai fait également une réponse à l'article du 26 juillet d'Alexandre Del Valle, la chemise brune opportuniste, mais le même journal ne semble pas non plus très pressé de la publier, elle sera donc sur le site de Turquie Européenne ce soir.
Accepteriez vous également que nous publiions votre article ci dessus avec, bien sûr, un lien vers l'original?
Amitiés
Reynald Beaufort
Ce message a été modifié par narine - 15 octobre 2004 à 19:11.











