Aller au contenu


antisionisme = antisémitisme ?


103 réponses dans ce topic

#1 kierkegaard

    Chercheur

  • Membres
  • 310 Messages :

Posté 19 octobre 2004 à 15:16

Le Monde daté du 20 Octobre 2004 Page 12


L'écrivain JC Rufin classe "l'antisionisme radical" dans l'antisémitisme dans un rapport envoyé au ministre Villepin

attention a ce que vous dite sur la politique d'israel cela pourrait vous couter cher
voir aussi l'article pages 4 "le sionisme chrétien" propice aux battaillons electoraux de Bush

Dieudo va encore sauter au plafond :ptdr: :ptdr:


au fait je suis catholique :parano: :parano:

Ce message a été modifié par kierkegaard - 19 octobre 2004 à 16:15.


#2 Nowar

    congénitalement curieux

  • Membres
  • 2 249 Messages :
  • Localisation : Toulouse

Posté 19 octobre 2004 à 16:10

:salut: :salut:

l'art d'entretenir la confusion

Nowar

:cingle: :marteau2: :cingle:

#3 Frédérique

    Expert

  • Bannis
  • 227 Messages :
  • Localisation : Boulogne-Billancourt

Posté 19 octobre 2004 à 16:25

Bonjour,

Comme tu le dis… c’est sacrément vicelard. Et comme ils sont derrière tous les mauvais coups, on a l’impression d’un piège qui se referme !

En quelques mois, Dieudonné, Soral, le discours foireux de Bush, le journaliste de RFI obligé de démissionner, et tout ce que j’oublie et tout ce dont je ne suis pas au courant : c’est l’horreur.

Le facisme s’installe tranquilement sous couvert d’antisémitisme/sionisme. Quand on voit ce qu’ils ont infligé à leur propre peuple, on peut commencer à flipper sérieusement !!!

Frédérique

#4 paul&mickey

    Expert

  • Membres
  • 238 Messages :

Posté 19 octobre 2004 à 16:28

Et sur les Belges, y a rien dans ce rapport ?
Coluche, s'il etait vivant, risquerait de choper la peine de mort...
Et, d'ailleurs, c'est pour ça qu'il n'est plus parmi nous...
Allez, au suivant! Quoi, y a personne???

#5 EcliptuX

    Père fouettard

  • Fondateurs
  • 7 862 Messages :
  • Genre : Homme
  • Localisation : La Terre
  • Intérêts : La Vie :)

Posté 19 octobre 2004 à 16:31

Coluche oui, mais aussi Desproges.....
Un journaleux avait justement posé la question à un mec dont j'ai oublié le nom : "Pensez-vous que Desproges pourrait encore faire de l'humour aujourd'hui sans être taxé d'antisémitisme ?"
Si ma mémoire est bonne, il n'y avait pas eu de réponse de l'intéressé :cpasmafaute:

#6 Jai_arreté

  • Invités

Posté 19 octobre 2004 à 20:38

Je voudrais juste ajouter ce passage de l'article du Monde :

Citation

Ouvrir l'immigration économique


A la fin de son rapport, M. Rufin se penche sur un dossier bien éloigné de son sujet : l'immigration économique en France. Constatant que cette question est "purement et simplement occultée depuis trente ans", l'écrivain estime qu'il est temps d'ouvrir un "débat national" sur la question de savoir "de qui avons-nous besoin et en quelle quantité ?". Il prône ainsi "l'ouverture d'un deuxième guichet" pour une "filière officielle d'immigration économique", "à côté" de celui de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Une solution également utile pour "réduire les préjugés qui fondent le racisme".

Citation

l'écrivain estime qu'il est temps d'ouvrir un "débat national" sur la question de savoir "de qui avons-nous besoin et en quelle quantité ?
Rassurez-moi, il parle pas des immigrés là ??????

C'est très marrant les coincidences, parceque je ne connaissais pas du tout cet écrivain, et que ce matin j'ai acheté "Globalia", de lui, qui ma foi, au moins sur les 100 premières pages, à l'air assez interessant.

#7 TomTom

    revenant

  • Membres
  • 202 Messages :

Posté 19 octobre 2004 à 23:50

Citation

Rassurez-moi, il parle pas des immigrés là ??????

J'ai bien peur que si.

#8 joel

    Tournicoti, Tournicoton

  • Membres
  • 2 859 Messages :
  • Genre : Homme

Posté 20 octobre 2004 à 13:36

Un article de La Voix du Nord du 20 octobre 2004 :

Antisémitisme : un rapport pointe des niveaux de responsabilités. Jean-Christophe Rufin suggère de pénaliser les accusations de racisme portées contre Israël.

Citation

Un rapport remis hier au ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, tord le cou à certaines idées reçues : les actes antijuifs ne sont pas l'apanage des enfants issus de l'immigration ou de l'extrême droite.

Dans son étude, l'écrivain et médecin Jean-Christophe Rufin établit « trois niveaux de responsabilité » dans les actes antisémites : les auteurs, les « manipulateurs » (idéologues, réseaux politiques ou terroristes), qui utilisent l'antisémitisme comme stratégie, et les « facilitateurs », à l'origine d'un « antisémitisme par procuration ».

L'auteur suggère de « réfléchir » à la création d'un texte de loi qui permettrait de punir ceux qui comparent l'État hébreu à l'apartheid ou au nazisme.

Il propose aussi un texte spécifique réprimant l'expression du racisme et de l'antisémitisme, qui soit distinct de la loi sur la presse de 1881.

Question du journaliste : Dans votre rapport, vous évoquez « l'antisémitisme par procuration », qu'entendez-vous par là ?

Rufin : « Nous attirons l'attention des Français sur leurs responsabilités, nos silences, et des prises de positions souvent inconsidérées qui peuvent peut-être faciliter le passage à l'acte. Je pense à la formulation de l'antisionisme : il peut se concevoir comme une opinion si l'on critique un gouvernement. En revanche, quand on utilise des comparaisons violentes, quand on dit : "Israël est raciste, Israël est nazi", je pense qu'on légitime toutes formes de violences ici et là-bas et que l'on porte une grave responsabilité. » -

Q : Vous demandez que cela soit condamné ?

R : « Je pense qu'il faut ouvrir un débat. L'utilisation du mot raciste, les comparaisons avec le nazisme, l'apartheid sont aujourd'hui devenus des bombes, des mots très lourds, dont il faut limiter l'usage, conformément au droit international. Parler de l'Afrique du Sud de l'apartheid comme d'un pays raciste, oui, parce qu'il y a des textes, un consensus international. Parler d'Israël comme d'un pays raciste et nazi, c'est, je crois, aller trop loin. Il faut trouver les moyens pour fixer des limites. »

Q : Pouvez-vous revenir sur le profil des auteurs d'actes antisémites ?

R : « Le schéma classique, aujourd'hui, c'est de dire l'antisémitisme vient de moins en moins de l'extrême droite et de plus en plus des jeunes issus de l'immigration, en particulier maghrébine. En fait, ce n'est pas du tout ça. Quand on regarde le profil des auteurs, on découvre qu'un certain nombre seulement sont issus de l'immigration maghrébine. Il s'agit de jeunes déclassés privés de repères. Leur antisémitisme est le fait d'influences. Il y a aujourd'hui ce que Gilles Kepel appelle une bataille d'Europe pour la jeunesse : soit on arrive à convaincre les jeunes Français d'entrer dans nos valeurs républicaines, soit on les laisse glisser vers ces influences. Je crois que sur l'antisémitisme, on est au point central où se fait le destin de la société. »

On se demande de quelles influences veut parler Mr Rufin ? Sait-il seulement que de plus en plus d'actes antisémites sont commis par les sionistes eux-mêmes, parmi les plus extrémistes et les plus déséquilibrés ? Et que Sharon n'est pas le dernier pour jeter de l'huile sur le feu, pour détourner l'attention publique de ses crimes et inciter la communauté juive de France à rejoindre la "Terre Promise" (la fameuse Aliyah) ?

Je me demandais pourquoi Globalia, que certains critiques considèrent comme un 1984 au rabais, avait été porté aux nues par l'ensemble des médias. Maintenant, je commence à comprendre.

Voilà, si ce projet passe, certains auront effectivement beaucoup de soucis à se faire. Déjà que la presse est de plus en plus muselée (la prise de contrôle du Figaro par Dassault, à quoi faut-il s'attendre ?), des humoristes, des journalistes et des auteurs seront condamnés, des sites web connus pour leur dénonciation du système seront fermés. Bref, la liberté d'expression en France n'était déjà pas des plus florissantes mais avec l'application de cette nouvelle mesure, il n'y aura plus d'illusions à se faire sur les valeurs démocratiques qui donnaient paraît-il une très bonne réputation au pays des Lumières.

D'ailleurs, la justice n'avait pas attendu le rapport Rufin pour condamner les mesures de boycott d'Israël : J.C. Willem l'ancien maire de Seclin, une ville du Nord, avait été condamné il y a quelques mois pour avoir appelé au boycott des produits importés d'Israël dans les achats de la cantine scolaire de la commune. Ceci pour protester contre la politique du gouvernement d'Ariel Sharon à l'encontre du peuple palestinien. Relaxé en première instance mais suite aux protestations du garde des Sceaux Dominique Perben, Mr Willem avait été condamné le 11 septembre 2003 par la Cour d'Appel de Douai, pour provocation à la discrimination raciale. Depuis, son pourvoi en Cour de Cassation a été rejeté le 28 septembre 2004. No Comment...

Le sujet avait été traité dans les posts suivants : http://www.onnouscac...pic.php?p=41631 et http://www.onnouscac...pic.php?p=41642 Relisez-les, c'est très instructif ...

Pour enchaîner sur la réflexion de Frédérique un peu plus haut, c'est à se demander effectivement si l'on ne profite pas de la polémique antisémitisme/antisionisme pour rendre clandestin et criminel tout contestataire à la pensée unique, compte tenu par exemple des liens privilégiés entre les alter-mondialistes et ceux qui condamnent la politique d'Israël visant à détruire le peuple palestinien ?

C'est Bertold Brecht, je crois, qui disait ceci :

Citation

Un jour ils ont ordonné le ratissage des juifs mais, comme je n'étais pas juif je n'ai rien dit.

Le lendemain ils ont ordonné le ratissage des homosexuels, mais comme je n'étais pas homosexuel, je n'ai rien dit.

Le surlendemain ils ont ordonné le ratissage des coiffeurs, mais comme je n'étais pas coiffeur, je n'ai rien dit.

Le quatrième jour ils ont ordonné le ratissage des gauchistes, mais comme je n'étais pas gauchiste, je n'ai rien dit.

Le cinquième jour ils ont ordonné le ratissage des contestataires, mais comme je n'étais pas contestataires, je n'ai rien dit.

Etc...

Le dernier jour ils ont ordonné mon ratissage, et il n'y avait plus personne pour contester.

Imaginez qu'un nouveau texte soit créé cette fois avec pour cibles les palestiniens, les antisionistes, les alter-mondialistes, les "facilitateurs" (ceux qui, selon Rufin, dénoncent le racisme de la politique israëlienne), etc... Imaginez la réaction qui s'ensuivrait... :peur:

#9 Frédérique

    Expert

  • Bannis
  • 227 Messages :
  • Localisation : Boulogne-Billancourt

Posté 20 octobre 2004 à 14:40

:D Bonjour,

A propos de Ruffin, il a obtenu le prix Goncourt en 2001 pour Rouge Brésil.

Cela raconte le casse-gueule des Français :roi1: au Brésil quand ils ont essayé de s'y installer au XVI ou XVIIe siècle ou quelque chose comme ça !!!

Cela me fait marrer :ptdrasrpt2: parce que les Français se sont pris la patée... comme colonialistes :torture: !!!

En fait, c'est un proche :cageole: de Chirac...

Frédérique

#10 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 20 octobre 2004 à 15:49

"L’antiaméricanisme français est une version politiquement correcte de l’antisémitisme"

Dans un entretien qu'il a accordé au correspondant du quotidien israélien Yediot Aharonot, l'ancien éditorialiste de Courrier international Alexandre Adler ne mâche pas ses mots.

Avec une chronique hebdomadaire dans Le Figaro, un bulletin radio par semaine, des interviews à répétition accordées aux télévisions et deux best-sellers en deux ans, il est devenu impossible de rater Alexandre Adler, une véritable encyclopédie vivante, un Juif fier de l’être et, Dieu nous garde, un intellectuel français proaméricain. Après des conflits avec Le Monde, un quotidien de gauche [et propriétaire de Courrier international], il a décidé de rejoindre Le Figaro, un quotidien de droite, en qualité de commentateur stratégique. Parmi ses anciens camarades de gauche devenus ses adversaires, peu osent se frotter à lui dans des débats en direct.


Ce qui préoccupe le plus aujourd’hui Alexandre Adler, c’est le simplisme dont font preuve les Français dès qu’il s’agit de parler des Américains. "Au XIXe siècle, un intellectuel français du nom d’Alexis de Tocqueville écrivait son célèbre ‘De la démocratie en Amérique’. En pleine guerre froide, la France de gauche, la France communiste, éprouvait encore une réelle fascination pour les Etats-Unis, et Paris accueillait à bras ouverts la peinture expressionniste de Rothko et de Pollock. Mais aujourd’hui, nous sommes en pleine régression. Peut-être est-ce trop demander aux intellectuels et aux artistes français que de soutenir la guerre de George Bush en Irak, mais ils pourraient au moins reconnaître la complexité de la situation et faire montre de plus de subtilité… J’ai écrit dans un de mes éditoriaux que, même si la victoire de John Kerry était souhaitable, la première raison pour laquelle j’éprouvais de la sympathie pour Bush, c’est qu’il était un antiraciste convaincu et bénéficiait d’un énorme capital de sympathie chez les Noirs et les Hispaniques. Dans certains milieux, cela été pris comme si j’avais dit qu’Hitler aimait la musique et adorait écouter Wagner."

"La France se trouve dans une situation de régression morale et intellectuelle d’une rare gravité. Nous sommes un pays convaincu que si nous travaillons 35 heures par semaine et mettons les gens à la retraite à 55 ans, nous pourrons continuer à préserver notre prospérité. Nous sommes un pays qui détruit son système éducatif. Nous sommes un pays qui continue à porter un regard fasciné sur l’islam extrémiste. Nous sommes un Etat dans lequel les Juifs vivent très bien mais où les médias charrient les clichés antijuifs les plus éculés et les plus violents. Si Engels disait que l’antisémitisme était le socialisme des imbéciles, l’antiaméricanisme français est une version politiquement correcte de l’antisémitisme. Après la Seconde Guerre mondiale, il n’est plus possible en France de dire contre les Juifs tout ce que les gens aimeraient pouvoir dire, mais contre les Américains, on peut presque tout dire."

Et la politique française à l’égard d’Israël ? "Je partage largement l’exaspération des Israéliens. Mais il faut rester attentif à la complexité des rapports entre la France et l’Afrique du Nord. Le pragmatisme de la politique française à l’égard du Maghreb est aux antipodes de son unilatéralisme proarabe au Moyen-Orient. Alors, dès l’instant où l’un des régimes du Maghreb succombera aux assauts de l’extrémisme musulman, il se développera dans les banlieues françaises une situation tellement insupportable et intenable qu’une réconciliation entre Paris et Jérusalem deviendra alors inévitable."

N’est-il pas seul dans son combat ? Loin de là. "Même si je pense et exprime pratiquement le contraire de presque tous mes confrères sur presque tous les sujets, je reste extrêmement populaire. C’est également le cas d’autres intellectuels, juifs pour la plupart, qui défendent des idées politiquement incorrectes comme Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut. Derrière une presse qui se montre presque unanimement hostile aux Etats-Unis et à Israël, il existe des gens qui se posent des questions, désirent des réponses et veulent nous écouter. Nous n’avons pas encore gagné le combat, mais nous ne l’avons pas perdu non plus."


Sefy Hendler, Yediot Aharonot (extraits), Tel-Aviv


source

Autre source

#11 joel

    Tournicoti, Tournicoton

  • Membres
  • 2 859 Messages :
  • Genre : Homme

Posté 20 octobre 2004 à 22:27

Un article intéressant daté du 29 août 2004 :

http://www.oulala.ne...id_article=1370

Quelques extraits particulièrement savoureux :

Citation

La France et l’antisémitisme par Evangelitz

« Les déclarations sont importantes mais les actes le sont aussi. » a déclaré Silvan Shalom, lors d’un entretien avec monsieur de Villepin, jugeant que les efforts n’étaient pas suffisants en France pour lutter contre l’antisémitisme. Vraiment monsieur Shalom ? Les actes sont importants ? Nous sommes fort heureux de l’apprendre ! Mais il est vrai que les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs.

Nous aussi nous demandons des actes ! Nous demandons : l’arrêt de la construction du mur de l’apartheid, le démantèlement et le blocage de la colonisation dont votre gouvernement a décidé d’intensifier le tragique développement.

Nous demandons la prise en considération des 7000 prisonniers qui font la grève de la faim, la libération des mille hommes de 16 à 40 ans qui ont été arrêtés aujourd’hui à Naplouse et des réparations pour les deux femmes, battues par vos soldats, dont une enceinte de 7 mois.

Nous demandons la fin des démolitions des maisons, l’arrêt des pilonnages... la cessation immédiate des exactions en tous genres que votre soldatesque perpètre sur le sol de Palestine ! ! !

Et faut-il aussi énumérer la longue liste de toutes les personnes qui ont été assassinées froidement ces derniers jours ? Ou toutes celles tombées depuis 5O ans ? Ou simplement ébaucher la centrale nucléaire de Dimona et les déchets radioactifs que le gentil gouvernement israélien enfouit dans la bande de Gaza ?

Il semblerait que vous inversiez les rôles monsieur Shalom ! ! !
L’antisémitisme en France ferait-il autant de victimes que le sionisme en Palestine ? Nous ne le pensons pas ! Nous ne sommes pas des barbares, nous ! Nous pouvons prétendre appartenir à un pays vraiment « démocratique ». Pas comme certain Etat se targuant de l’être mais exerçant la démocratie comme une dictature.

(...)

Et Silvan Shalom déambule devant nos ministres en leur faisant la morale. « Je voudrais voir la presse, l’autorité judiciaire, l’Éducation, lutter ensemble pour condamner ce phénomène et tenter de punir ceux qui sont derrière ces actes odieux » s’est-il permis. Il « voudrait ». Pour un peu il exigerait. Prendrait-il ses désirs pour des ordres ? Se croit-il autorisé à nous dicter notre conduite ? Se sent-il habilité à donner des leçons et à s’immiscer dans notre vie politique ? Vraiment, on croit rêver ! En parlant « d’actes odieux », qu’il balaye un peu devant son mur et dans ses prisons ! Son gouvernement est-il un bon exemple ?

L’antisémitisme ne sévit-il pas davantage sur son territoire que sur le nôtre... vu que le peuple arabe est aussi « sémite » ? Mais où va-t-on ? Est-ce que tout le monde serait atteint de surdité et de cécité ? Ou du syndrome de lâcheté ? Aucun de nos grands Elus n’aura le courage de relever enfin la tête et de prendre parti pour un peuple que l’on assassine ? Au lieu de se laisser sermonner comme si c’était NOUS les coupables ?

Non ! Silvan Shalom arrive, accusateur... il inverse les rôles mais nos lâches dirigeants gobent la mouche, piquent du nez et culpabilisent lamentablement derrière le faux problème de l’antisémitisme pointé du doigt par l’envoyé d’Israël ! Au lieu de lui asséner en face la vérité sur la cruelle situation qui s’éternise en Palestine . Inadmissible ! ! !

Et nous, citoyens de la terre, combien de temps nous faudra-t-il supporter d’être les otages de ces cabales organisées et de ces mises en scène orchestrées, de toutes pièces, par les hérauts de l’antisémitisme, complices de Sharon et surtout déstabilisateurs de notre pays ? Croyez-vous que nous soyons dupes de tous ces stratagèmes et aveugles pour ne pas discerner où l’ON veut nous mener et à qui profite toutes ces diversions ? L’antisémitisme est l’arbre qui cache la forêt.

(...)

Or, toutes ces manifestations intempestives n’ont qu’un seul but : que le gouvernement de Sharon et plus précisément l’Etat d’Israël ne soit pas critiqué. En voilà une preuve flagrante : Le ministre israélien en charge des affaires de la diaspora juive, Nathan Chtcharansky, a lancé, mardi 24 août à Jérusalem, un avertissement : "Le gouvernement français doit comprendre qu’on ne peut pas dissocier antisionisme et antisémitisme."

Bien sûr. Nous avons très bien compris où l’ON veut en venir. Que les dirigeants d’Israël continuent donc de perpétrer leurs crimes en toute impunité ! Que les palestiniens soient opprimés à satiété ! Que le sol de Palestine s’amenuise comme peau de chagrin ! Ne vous gênez pas... prenez tout... Qu’il n’en reste bientôt plus rien... quelle importance ! Quoi de plus naturel ? Pourquoi s’inquiéter ? Cela ne regarde personne. Et surtout pas la France ! Elle a l’épée de Damoclès au-dessus de la tête la France. ON la bâillonne. ON lui fait du chantage. ON veut lui faire avaler que critiquer la politique inhumaine du gouvernement Sharon c’est de l’antisémitisme. En son temps, ON a bien failli extirper une résolution à l’ONU allant dans ce sens. Ca vous arrangerait bien, hein, que l’antisionisme soit de l’antisémitisme ? Comme ça l’Etat d’Israël pourrait tranquillement continuer de poursuivre son génocide à son aise puisqu’il nous serait interdit de parler et donc de dénoncer ! ! ! Et qu’est-ce qu’elle dit la France ? Qu’est-ce qu’elle fait ? De quoi a-t-elle peur ? Et n’a-t-elle pas honte de se mettre à plat ventre ?

(...)

Car il faut voir nos gouvernants baissant la tête, penauds, contrits, comme pris en faute... subissant les semonces... obligés à chaque fois d’inventer des lois nouvelles pour satisfaire aux exigences des soi-disant persécutés et calmer ainsi le jeu.
Ils ne savent plus où donner de la tête, les pauvres ! C’est à celui qui rampera le plus devant l’antisémitisme.

(...)

Qu’il (le gouvernement d’Israël) apprenne le vrai sens de la Justice, de la Liberté, de la Fraternité et qu’il en fasse profiter ce malheureux Peuple Palestinien qu’il opprime depuis 1947.

Si le monde entier condamne l’Etat d’Israël, ce n’est pas sans raison. Puisqu’il est capable du pire qu’il nous montre aussi que le Meilleur lui est possible. Et alors là, sûrement que les critiques cesseront. Mais en attendant, nous ne cautionnerons pas tous les crimes dont il se rend coupable et l’antisémitisme n’a rien à voir là-dedans mais les défenseurs d’Israël le savent bien.

(..)

Hé bien, un mois et demi après la mise en ligne de cet article, force est de constater que nos dirigeants ne sont pas restés insensibles aux "recommandations" des dirigeants israëliens. :neutre:

#12 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 23 octobre 2004 à 16:48

Quand Jean-Christophe Rufin prône le délit d'opinion

Par Dominique Vidal

C’est une mode détestable : les intellectuels médiatiques se croient autorisés à pontifier sur des sujets dont ils ignorent tout, ou presque. Jean-Christophe Rufin, qu’on a connu plus rigoureux et plus pertinent, a le mérite de le reconnaître : il « en savait peu » sur la question de l’antisémitisme et du racisme (1). Et pourtant il a accepté de préparer un rapport à ce sujet pour le ministère de l’intérieur (2).
Rien d’étonnant, dès lors, si son incompétence éclate à la lecture de ce rapport. Certes, l’auteur a repris à son compte une série d’analyses et de propositions de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNDCH) et des associations engagées dans la lutte contre ces fléaux. Il y a donc, parmi les idées avancées, un certain nombre de suggestions positives : on lira notamment, dans la partie consacrée au racisme, les innovations concernant le signalement et le recensement des actes racistes, les cellules départementales de lutte, la diversification du recrutement des policiers, la création d’un observatoire du racisme et de l’antisémitisme sur Internet, l’ouverture d’une filière d’immigration économique distincte de l’OFPRA, etc.

Mais, à côté de ces éléments positifs, le rapport Rufin comporte - outre des parti-pris non fondés (3) - deux erreurs graves et dangereuses. La première consiste à séparer radicalement l’antisémitisme des autres formes de racisme, ce qui contredit tous les acquis de la recherche :

- un simple examen des statistiques des violences racistes depuis des années suffit à s’en convaincre : les actes anti-juifs et anti-arabes, par exemple, progressent et régressent simultanément, attestant bien l’existence, au-delà des spécificités, d’un phénomène raciste global ;

- ce phénomène a connu - avec notamment les profanations, les attaques et les agressions anti-juives et anti-arabes - une poussée considérable en 2002 et - après un recul en 2003 - en 2004. Si les premières apparaissent plus nombreuses dans les recensements officiels, Haïm Musikant, le secrétaire général du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) l’a souligné à juste titre : « Comme les plaintes sont mieux considérées qu’autrefois, que la police est plus mobilisée pour retrouver les agresseurs, et la justice pour les condamner, les [juifs] victimes d’agressions hésitent moins à porter plainte. » Ce n’est pas encore le cas, loin de là, des victimes arabes, noires et a fortiori tziganes ;

- la hiérarchisation implicite des racismes suggérée par le rapport néglige aussi l’évolution soulignée par la CNCDH dans ses derniers rapports (4) : si les violences anti-juives comme anti-arabes sont le fait de petits groupes, les premières ne s’appuient pas sur un courant d’opinion antisémite massif alors que les secondes jouent sur une percée du racisme anti-arabe et de l’islamophobie. Le terme « islam », nous révèle par exemple le rapport 2004 de la CNCDH, est perçu comme « positif » par 23 % des sondés et « négatif » par 66 % d’entre eux - pour le « christianisme », les chiffres sont respectivement de 52 % et 13 %, et pour le judaïsme de 30 % et 20 % ...

- cette affirmation d’un racisme en quelque sorte « supérieur » aux autres est - faut-il le souligner ? - contreproductive. Car elle ne peut, évidemment, que renforcer l’antisémitisme : combien de fois, dans les débats en banlieue (6), entendons-nous des jeunes issus de l’immigration se plaindre que les agressions anti-juives suscitent une levée de boucliers de toute la classe politique et médiatique, qui tarde à se mobiliser lorsque les victimes sont des Arabes, des musulmans ou des Noirs ? Le plus étrange est que Jean-Christophe Rufin en est conscient, puisque, dans la seconde partie de son rapport, il écrit : « L’impression chez beaucoup de membres de communautés qui subissent elles aussi des agressions est que l’attention qui leur est portée n’est pas suffisante. »

Pour justifier ses thèses, Jean-Christophe Rufin en appelle aux leçons de l’histoire. Les jeunes Français doivent évidemment apprendre (et ils le font déjà) ce que fut l’extermination des juifs par les nazis, avec la collaboration active de l’Etat français, génocide sans précédent dans la longue chaîne des massacres de masse. Ils doivent aussi connaître (ce qui n’est pas suffisamment le cas) l’histoire coloniale de la France, marquée par des guerres sanglantes. Curieusement, Rufin cite, mais à contre-sens, un article du Monde diplomatique (7), qui relatait une enquête réalisée dans l’académie de Versailles : celle-ci montrait que l’enseignement de la Shoah posait parfois problème (dans des cas très minoritaires) surtout quand était oubliée la guerre d’Algérie et que l’on assistait alors à une espèce de « concurrence » des victimes...

La seconde erreur majeure du rapport Rufin consiste à assimiler antisémitisme, « antisionisme radical » et critique de la politique du gouvernement israélien, pour placer sur le banc des accusés « l’extrême gauche altermondialiste et verte ». Cette analyse n’a guère de rapport avec les faits :

- la référence même au sionisme est discutable. Le mouvement créé par Theodor Herzl en 1897 se fixait en effet pour objectif l’établissement d’un Etat juif. Or, depuis le 14 mai 1948, Israël existe. Ce n’est donc plus du sionisme qu’il s’agit, mais d’un Etat, dont, comme tous les Etats, la politique intérieure et extérieure peut être analysée et, le cas échéant, critiquée. D’autant qu’aucune force politique, en France, ne remet en question son existence. Objets d’étude - passionnant - pour l’historien, le mouvement et l’idéologie sionistes sont moins utiles pour décrypter la politique du général Ariel Sharon que l’analyse de l’économie, de la société et des institutions israéliennes dans leurs contradictions ;

- de surcroît, créer un nouveau concept ne suffit pas à donner corps à la réalité qu’il prétend exprimer. De l’« antisionisme radical » inventé pour les besoins de ce rapport, nul, ou presque, ne se réclame en France. Une poignée de négationnistes et quelques groupes islamistes intégristes ne forment pas un courant politique. Quant à l’agression commise contre des jeunes porteurs de kippa lors d’une manifestation contre la guerre d’Irak, aux banderoles mettant l’étoile de David sur le même plan que la croix gammée ou à la diffusion de textes antisémites de l’écrivain israélien Israël Shamir, ce sont là des faits qui ont été condamnés à juste titre par tout le mouvement pacifiste ;

- le pire vient ensuite : à cet « antisionisme radical », Jean-Christophe Rufin assimile, par cercles concentriques, tous ceux qui critiquent la politique du gouvernement israélien, comme si, par là même, ils se prononçaient pour la disparition de l’Etat d’Israël. L’écrasante majorité d’entre eux - dont, bien sûr, Le Monde diplomatique - considèrent, au contraire, le droit à l’existence et à la sécurité d’Israël comme une des conditions sine qua non d’une paix juste et durable au Proche-Orient. Ce glissement sémantique est donc à la fois absurde et scandaleux. Dénoncer la guerre génocidaire menée par Vladimir Poutine en Tchétchénie, est-ce vouloir la disparition de la Russie ? S’en prendre à l’action internationale de George W. Bush, est-ce prôner la dissolution des Etats-Unis ? Condamner le récent putsch de l’Elysée en Polynésie, est-ce vouloir raser la France ? Il faudrait, en revanche, que Rufin explique pourquoi, selon lui, Israël serait le seul Etat au monde qui pourrait bafouer impunément, depuis des décennies, les résolutions des Nations unies.

Cet exercice linguistico-politique est d’ailleurs parfaitement vain. Car Jean-Christophe Rufin, reprenant les analyses de la CNCDH, explique à propos des auteurs d’actes antisémites : « La partie la plus importante d’entre eux ne peut être cataloguée ni à l’extrême droite ni parmi les délinquants connus des quartiers difficiles. » Et il ajoute : « Sur les jeunes interpellés qui sont issus des quartiers sensibles, seul un nombre relativement faible est d’origine maghrébine. Beaucoup d’autres sont originaires de pays sans lien avec la question israélo-arabe, ce qui rend déjà moins “naturelle” leur identification éventuelle à la cause palestinienne. »

Schizophrène, Jean-Christophe Rufin n’en propose pas moins au Parlement de voter une nouvelle loi pour « punir ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme. »

Qualifier la politique israélienne de nazie n’a évidemment aucun sens : aussi insupportable que soit le sort des populations palestiniennes, notamment depuis quatre ans, il n’a rien de commun avec celui des victimes juives, tziganes et slaves du génocide nazi. La référence à l’apartheid a plus d’arguments, s’agissant de la Cisjordanie et de la bande de Gaza où les 250 000 colons juifs jouissent de droits déniés à 3,5 millions de Palestiniens, à commencer par celui de voter - mais, comme un article de Leila Farsakh l’a montré, le système d’occupation diffère, sur plusieurs points, de l’apartheid pratiqué autrefois en Afrique du Sud.

Mais la vraie question est ailleurs : Jean-Christophe Rufin pense-t-il vraiment que ce soit à la justice de trancher de tels débats ? Il est quand même paradoxal que l’auteur de L’Empire et les nouveaux barbares se fasse le héraut du délit d’opinion...

Dominique Vidal.

(1) Voir Le Monde, 20 octobre 2004.
(2)Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, 19 octobre 2004
(3) Le rapport fait, par exemple, sienne la version israélienne du déclenchement de la seconde Intifada, pourtant contredite par un grand nombre de témoins et d’observateurs des sommets de Camp David (juillet 2000) et de Taba (janvier 2001).
(4) Voir Ceci
(5)Si l’on remplace le terme « islam » par l’expression « religion musulmane », la proportion d’opinions négatives tombe de 66 % à 31 %. C’est dire l’efficacité de la focalisation sur l’« islam » de la haine des Houellebecq, Fallaci et autres Imbert… Sur la haine et les violences anti-musulmanes, lire le rapport d’étape du Collectif contre l’islamophobie : contact@islamophobie.net
(6)La déléguée générale de Palestine en France Leila Shahid, le militant pacifiste israélien Michel Warschawski et moi-même débattons depuis deux ans, dans les banlieues, avec les enfants de l’immigration. Outre l’information sur le conflit israélo-palestinien, c’est aussi une occasion privilégier de lutter contre le racisme, et notamment contre les préjugés antisémites.
(7) Benoît Falaize, « Peut-on encore enseigner la Shoah ? », Le Monde diplomatique, mai 2004.
( 8 ) « De l’Afrique du Sud à la Palestine », Le Monde diplomatique, novembre 2003.

Le Monde diplomatique

#13 Glingal

    Chercheur de vérités

  • Membres
  • 1 321 Messages :
  • Localisation : pas bouger!!!

Posté 23 octobre 2004 à 18:17

Citation

...Schizophrène, Jean-Christophe Rufin n’en propose pas moins au Parlement de voter une nouvelle loi pour « punir ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme. »

Je m'aperçois que selon cette nouvelle loi je serais une criminelle alors... aux vues d'un sujet parallele à celui-ci. Combien serons-nous à être "punis"??? :torture:

Le déli d'opinion... c'est le nom que l'on donne à la fin de la liberté de la presse. Le total contrôle sur les médias devient finalement le premier pouvoir!... la pression sur les journalistes... la pollution de l'opinion publique... la dictature de la pensée unique...
La chaine qui rattache le collier à la niche du chien n'est-elle pas peu à peu raccourcie?

Les carottes sont cuites à la mode... Vichy!!!... A part que cette fois il ne s'agit plus de déportation de juifs mais de déplacer le ligne de démarquation de la liberté d'expression.

Que des propos antisémites soient condamnables oui... mais pas de forme arbitraire et avec la même mesure pour tous. La Justice dans un pays commence souvent dans les petites choses. Prenez le journal local, tous ont une partie réservée pour les offices religieux. Dans la plupart des cas, nous pouvons voir des annonces faites pour les communautés chrétiennes et juives, rarement pour la communauté musulmane. Pourquoi une telle inégalité de la part des municipalités? :humhum: Notez que je n'ai pas parler d'apartheid... pourtant!...
Vous avez dit laïcité?

#14 joel

    Tournicoti, Tournicoton

  • Membres
  • 2 859 Messages :
  • Genre : Homme

Posté 24 octobre 2004 à 20:19

Rufin s'est fait de nouveaux amis :

Citation

Le Goncourt, la sémantique et le Pouvoir

vendredi 22 octobre 2004, par Gilles Lestrade

On peut être prix Goncourt, avoir un avis sur tout et être très approximatif ou partial sur un sujet réputé sérieux.
Tel est le cas d’un certain Jean Christophe Rufin qui s’essaye, sur commande, à la rédaction d’un rapport sur l’antisémitisme et le racisme.

(....)

Rufin, lui, se sent une âme de philosophe-enquêteur-rapporteur et considérant que la sémantique s’accommoderait bien mieux à la sauce israélienne, que sud-africaine, (par exemple) notre homme de lettres nous pond un document qui voudrait envoyer devant les tribunaux toutes celles et ceux qui auraient la malencontreuse idée de critiquer l’état israélien ou pire, de le traiter de raciste. (Je profite de l’écrire avant qu’on ne me l’interdise... bien sûr.)

Notre confrère Alain Ménarges en a fait la rude expérience, par anticipation, dans le silence assourdissant de la presse progressiste. Ainsi, l’Humanité, le journal de Jaurès n’a pas écrit une ligne sur ce scandale et cette atteinte à la liberté de penser. Y-a-t-il encore un penseur à l’Humanité ? telle et la question que se posent quelques abonnés épars. D’autres, aussi, sur le net, pour qui nous avions une affection particulière n’ont pas daigné prendre position. Comme si, dire que « l’Etat d’Israël est un état raciste » relevait de quelque discours fascisant ou du racisme le plus populiste qui soit.

(....)

Au moment même ou le fondateur de la Star’Ac est en route vers la canonisation télévisuelle et médiatique et où le dernier rejeton venu qui pousse sa beuglante dans la lucarne est traité de génie de la chanson, tout peut arriver. Et tout arrive, n’ayez crainte.

Donc Rufin est là, au bon moment, et avec l’analyse qu’il convient de développer. Il dit les mots que chacun veut entendre - notamment dans les médias - et que le pouvoir et quelques institutions rêvaient qu’on leur écrivit sans oser le faire eux-même.

Ainsi donc, notre tâcheron de la plume, à l’analyse sélective, nous assène qu’il convient de légiférer pour « punir ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme. » [2] Rien que ça !

Qui sera donc chargé de définir ce qui est justifié de ce qui ne l’est pas ? Le CRIF ? La LICRA ? La LDH ? L’ONU ? Le Vatican ? Le MEDEF ? l’UMP ? la justice ? Dassault ? l’opinion publique ? Le FBI ?

On sent là une adaptation à une situation que personne ne veut nommer mais qui semble encombrer l’esprit de Rufin. Pour ceux qui douteraient encore, ils constateront à la lecture que sur cinquante et une pages que compte ce rapport, trente et une sont exclusivement consacrées à l’antisémitisme ou à l’antisionisme en faisant bien en sorte de lier étroitement les deux, pour - sémantique Rufinienne oblige - leur donner la même signification. Rufin doit, qui plus est, être hermétique à l’histoire !

Est ce une coïncidence si ce rapport vient conclure ou couronner quelques faits marquants d’actualité et qui se sont produits dans un laps de temps pour le moins concentré ? Au hasard : la visite de Barnier en Israël, les déclarations de Golnich, la condamnation d’Alain Menarges, la remise sur la scène médiatique du "voile" dans les écoles et, cerise sur le gâteau, le président américain, George W. Bush, qui a annoncé, samedi 16 octobre, avoir promulgué une nouvelle loi qui obligera le département d’Etat à recenser les actions antisémites à travers le monde et à évaluer l’attitude des pays sur ce sujet. Si ce n’est pas de la coordination, c’est que le hasard a décidément envie de participer à cette oeuvre mondiale.

(....)

Au regard de ce constat - navrant - il est urgent de se mettre à l’affût de la réaction des parlementaires. Leur silence serait un aveu... de complicité ou d’impuissance.

D’autant que, le Ministre de l’Intérieur a approuvé la proposition de Jean-Christophe Rufin d’un texte spécifique réprimant l’expression du racisme et de l’antisémitisme qui soit distinct de la loi sur la presse de 1881. [3]

Quand on légifère pour interdire le débat, à l’échelle nationale et mondiale ;
Quand on s’en prend systématiquement à la personne plutôt qu’aux idées ;
Quand on bouscule la sémantique pour faire dire aux mots ce qu’ils ne sont pas censé dire ;
Et quand on se rend complice de l’assassinat de milliers d’enfants et de personnes sans défense ;
C’est le début du totalitarisme - d’aucuns diront du fascisme. Le début seulement...

Pour lire l'article en entier : http://www.oulala.ne...id_article=1449

Les réactions des lecteurs d'oulala.net ne sont pas mal non plus ! Deux exemples :

Citation

Félicitations pour cet article qui exprime très bien ce que peuvent ressentir tous les vrais humanistes en lisant le rapport Rufin. Les dérives de la sémantique sur le mot "racisme" sont en train d’atteindre le sommet de la bêtise humaine. Et l’on sent bien que le "muselage" de l’information sur Israël est le but principal de cette "rufinade". La question que l’on peut se poser est : Qui est derrière ce môssieur ? Et celle-ci en appelle une autre : Va-t-ON encore longtemps nous prendre pour des imbéciles ? ? ?

Citation

Bravo Lestrade ! Vous avez mis le doigt dans une plaie purulente qui non seulement gruge la France mais bien d’autres pays qui aussi proclament bien fort de par leurs élites, une mauvaise foi déconcertante.

Que ce soit Gluksman qui s’indigne sur le sort de tous les otages de la planète... et il a raison, mais qui jamais ne dit mot sur le martyr infligé par Israël aux Palestiniens. Que ce soit Kouchner qui promène ses bottes en Bosnie et ailleurs, sans jamais toutefois être allé aider les Palestiniens. Que ce soit B H Levy qui se promène soit-disant partout ou le monde souffre, mais qui lui non plus n’a jamais foutu les pieds en Palestine pour s’assurer comme il le fait ailleurs qu’on assassine un peuple.

Rufin n’est que la suite de cette ribambelle de mythomanes, qui grâce à leur dialectique font passer chez un peuple pas toujours averti, leur sale besogne. Bien évidemment souvent avec l’aval de nos gouvernements.

Tout cela est dégueulasse, mais à part le dire à notre tour bien fort, que pouvons-nous faire d’autre ?

A lire également en complément le très bon article de Dominique Vidal du Monde Diplomatique : Les pompiers pyromanes de l’antisémitisme : http://www.monde-dip.../05/VIDAL/11185

#15 Daman

    Démiurge désinvolte

  • Membres
  • 4 260 Messages :
  • Genre : Homme
  • Intérêts : Sieste(s).

Posté 25 octobre 2004 à 05:12

J'ai envie de dire ...Attention à la censure .Elle peut conduire à la violence . Quand on ne peut pas librement dénoncer , on frappe en secret .

Mais peut-être cette évolution est-elle souhaitée ?
Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#16 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 28 octobre 2004 à 16:53

Le rapport Rufin, entre parti pris pro israélien et traitement différencié des racismes


Par Karim Kettani
lundi 25 octobre 2004


Le rapport Rufin (1) aura surtout fait parler de lui pour ses propositions ahurissantes sur le conflit moyen-oriental, puisqu’il propose rien de moins que la criminalisation de l’antisionisme, mesure extrême que même Israël n’a pas prise. Rufin, plus sioniste que Sharon ? Il n’est pas interdit de le penser.


Son rapport ne contient cependant pas que cette proposition ahurissante. Il révèle, par exemple, que des réunions hebdomadaires ont lieu entre représentants du CRIF et du ministère de l’intérieur (2), sans aucune mention de réunions hebdomadaires avec les représentants du CFCM. Il affirme que racisme et antisémitisme doivent être traités séparément, conformément aux revendications de nombreuses organisations communautaires juives (3). Rufin déclare en outre "totalement irrecevable" toute tentative de mettre en balance l’antisémitisme avec les actes racistes frappant d’autres communautés ethnico-religieuses (4). Il assimile le terme feuj (juif en verlan) à un antisémitisme du quotidien, sans faire de remarque équivalente pour le terme beur (5). Il écrit, visant implicitement la communauté maghrébine, qu’un "effet de communauté" peut amener à une banalisation de l’antisémitisme, ce qui équivaut à traiter la communauté maghrébine d’intrinsèquement antisémite (6). Il recommande que les faits d’antisémitisme en milieu scolaire (il ne se prononce pas à cet égard sur les autres formes de racisme, qui ne présentent pas à ses yeux la même dignité) soient systématiquement portés à l’attention de la police et de la justice (7). Il propose que le génocide juif et le négationnisme fassent l’objet d’un enseignement spécifique pour les étrangers primo arrivants, qui suivent les formations dans le cadre du Contrat d’accueil et de formation( 8 ). Il écrit maladroitement : "le FN a nettement infléchi sa position à l’égard des Juifs...il concentre prioritairement ses attaques sur l’immigration. Cette évolution ne doit pas pour autant inciter à l’optimisme...", laissant ainsi entendre, ce qui n’est sûrement pas voulu, que le passage de l’antisémitisme au racisme anti-immigré serait une évolution positive (9). Il fait également une allusion voilée à la procédure lancée contre la chaîne de télévision Al Manar, du Hezbollah libanais (10). Se concentrant encore une fois sur l’antisémitisme au détriment de toute autre forme de racisme, Rufin se demande, dans une litanie assez surprenante dans un rapport officiel : "Où sont les chanteurs, les artistes, qui se mobilisent pourtant volontiers pour les famines en Afrique ? Où est la foule de Carpentras ? (...) Que des footballeurs en vue, des chanteurs de rap, des vedettes de la télévision se mobilisent à l’appui d’une campagne dont le slogan serait « Qui que vous soyez, ne touchez pas aux juifs de France ! », la portée serait toute autre" (11). Il écrit "ce dont il faut convaincre les Français, c’est que l’antisémitisme est l’ennemi commun des Juifs et de la République", sans étendre cette remarque, fort juste, aux autres formes de racisme (12). Il affirme que le génocide juif "doit garder sa valeur singulière, universelle, unique", ce qui l’entraîne dans la délicate controverse de l’unicité du génocide juif par rapport aux autres génocides (13).


Le morceau de bravoure, si l’on ose dire, se trouve sous l’intitulé "Lutter contre l’esprit de Durban", du nom de cette conférence anti-raciste organisée par l’ONU et controversée en raison des dénonciations d’Israël qui s’y produisirent. Sous cette rubrique, Rufin assimile l’antisionisme radical à de l’antisémitisme. Plutôt que de commenter, il convient ici de reproduire les propos de Rufin, dont le caractère partisan est patent : "cet antisionisme moderne est né au confluent des luttes anticoloniales, anti-mondialisation, anti-racistes, tiers-mondistes et écologistes. Il est fortement représenté au sein d’une mouvance d’extrême gauche altermondialiste et verte. Dans cette représentation du monde, Israël, assimilé aux Etats-Unis et à la mondialisation libérale, est présenté comme un Etat colonial et raciste qui opprime sans fondement un peuple innocent du Tiers-monde" (14). Encore plus fort : Rufin fait un lien allusif entre la conférence de Durban et le 11 septembre...


Sur une note bienveillante, Rufin souligne que tous les écologistes et altermondialistes ne sont pas antisionistes, ce qui, dans son vocabulaire, les absout d’antisémitisme ...


Ce n’est pas tout : s’aventurant imprudemment sur le terrain du conflit israélo-palestinien, Rufin écrit en toutes lettres que le droit au retour des réfugiés palestiniens, principe de droit international public affirmé tant par l’assemblée générale de l’ONU que par le Conseil de sécurité, met en danger la survie d’Israël : "on découvre facilement que cet antisionisme n’est pas la simple critique conjoncturelle d’une politique mais bien une remise en cause des fondements même de l’Etat d’Israël. Depuis le lancement de l’Intifada Al-Aqsa par Yasser Arafat, le discours est en effet nettement régressif. Alors que les accord d’Oslo établissaient clairement la reconnaissance par tous du droit à l’existence et à la sécurité d’Israël, la thématique nouvelle du « droit au retour » des réfugiés palestiniens remet en question la survie même d’un Etat où les juifs du monde entier peuvent trouver la sécurité" (16).


Ce passage ahurissant, dont on peut se demander ce qu’il fait dans un rapport officiel sur le racisme et l’antisémitisme en France, adopte au passage la thèse officielle du gouvernement israélien, selon laquelle l’Intifada aurait été déclenchée sur ordre d’Arafat, et semble faire implicitement de l’affirmation du droit au retour des réfugiés palestiniens un appel à l’éradication de l’Etat d’Israël. Comme Rufin propose de criminaliser l’antisionisme radical, un petit avertissement aux professeurs de droit international public en France : évitez de donner un cours sur la question palestinienne, vous risqueriez de vous retrouver derrière les barreaux...Rufin semble lui-même remarquablement mal informé de la question palestinienne, puisqu’il indique, à la note 31 à la page 30, que l’accusation de racisme ou d’apartheid contre un Etat, en l’occurrence Israël, serait justifié si des arrêts de la Cour internationale de justice ou des résolutions du Conseil de sécurité iraient en ce sens. Il se trouve que l’assemblée générale de l’ONU ainsi que plusieurs rapporteurs spéciaux de l’ONU en Palestine ont affirmé maintes fois qu’Israël se rendait coupable de discrimination raciale...mais c’est peut-être à dessein que Rufin ne les inclut pas dans la liste des organes onusiens dotés du monopole de qualifier un Etat de raciste...


On peut par ailleurs souligner que Desmond Tutu, qu’on peut présumer détenteur d’une certaine connaissance de l’apartheid, a estimé que le traitement des Palestiniens des territoires occupés équivalait à de l’apartheid (16 bis). La proposition de Jean-Christophe Rufin aboutirait à criminaliser ses propos - ce qui en soi suffit à décrédibiliser totalement celle-ci.


Le bêtisier rufinesque ne s’arrête pas en si bon chemin : "En légitimant la lutte armée des Palestiniens quelle qu’en soit la forme, même lorsqu’elle vise des civils innocents, l’antisionisme propose une lecture radicale de l’actualité, propre à légitimer les actions violentes commises en France même" (17) - on remarquera que le sionisme, qui amène certains de ses sectateurs à justifier les violences tuant des civils palestiniens innocents, ne fait l’objet d’aucun commentaire.


Ce n’est pas fini : "L’antisionisme est en effet amalgamé à des thématiques auxquelles les jeunes sont sensibles : l’avenir de la mondialisation, les dangers écologiques, la pauvreté croissante du Tiers-monde. Lorsque des militants de la confédération paysanne passent de l’action violente ici à des opérations de soutien à la direction du Fatah là-bas, le mécanisme d’identification à la cause palestinienne des jeunes en déshérence tourne à plein, d’autant plus s’ils sont d’origine arabe et/ou de confession musulmane. L’intervention de penseurs « islamistes modérés », dont le discours reste ambigu complète cette identification et la prolonge. Derrière les critiques violentes qui assimilent le sionisme au nazisme, on entend, en écho subliminal, la voix interdite mais bien relayée des terroristes islamistes qui généralisent le combat et affirment « qu’il faut attaquer les Juifs partout où ils se trouvent »" (18). Dans un amalgame qui donne le vertige, Rufin mélange le Fatah, la Confédération paysanne de José Bové, les intellectuels musulmans modérés à la Tariq Ramadan, des jeunes en "déshérence", des terroristes islamistes et un appel "à attaquer le juif partout où il se trouve"...Encore une fois, la base empirique de ces observations semble avoir le même degré de certitude factuelle que les communiqués officiels du gouvernement israélien...


S’érigeant policier de la pensée sioniste, Rufin remarque que "notre arsenal juridique, s’il est adapté à la prévention et à la répression des formes classiques d’injures à caractère racial et des actes de violence ou de discrimination, se montre extrêmement démuni quant aux formes nouvelles de l’antisionisme radical (...) Ce qu’il s’agit de sanctionner c’est le retournement pervers et diffamatoire du racisme contre ceux-là même qui en ont été victimes à un degré inégalé. Les accusations de racisme, d’apartheid, de nazisme portent des implications morales extrêmement graves. Elles ont, dans la situation où nous nous trouvons aujourd’hui des conséquences majeures qui peuvent, par contagion, mettre en danger la vie de nos concitoyens juifs. Il est légitime d’imposer par le droit qu’elles ne soient pas portées à la légère. C’est pourquoi nous invitons à réfléchir sur l’opportunité et l’applicabilité d’un texte de loi qui complèterait les dispositions de la loi du 1 juillet 1972 et celles de la loi du 13 juillet 1990 (dite loi Gayssot). Ce texte permettrait de punir ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme" (19).


Le comble est atteint par le paragraphe suivant : "En conclusion, j’ajouterai quelques remarques qui sortent du cadre de ce chantier mais me paraissent devoir le compléter. Il n’est pas concevable aujourd’hui de lutter efficacement en France contre l’antisémitisme dans ses formes nouvelles sans tout tenter pour rééquilibrer l’appréciation par l’opinion publique de la situation au Moyen-Orient. Depuis la « rupture » de 1967, l’image de l’Etat d’Israël n’a cessé de dériver au point de produire à son endroit une véritable anesthésie victimaire. Les civils israéliens bombardés à la roquette, les enfants tués dans des bus par des kamikazes n’émeuvent apparemment personne tandis que la répression organisée par l’Etat hébreu suscite à juste titre l’émotion quand elle atteint des innocents. Bien des facteurs concourent à cette asymétrie. Les carences du droit international humanitaire d’abord qui dénonce avec force les exactions quand elles sont commises par les Etats mais qui ne contraint les mouvements de libération ou de résistance à rendre aucun compte sur les méthodes qu’ils emploient. Comprendre les souffrances endurées de part et d’autre ne veut pas dire excuser ou tolérer mais seulement restituer un peu du tragique de cette situation et s’éloigner de la caricature qui en est faite". En effet, ce paragraphe totalement hors sujet, mais guère plus que les paragraphes précédents, reprend fidèlement les positions des porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, selon lesquelles les médias occidentaux seraient anti-israéliens, et donc antisémites.


La deuxième partie du rapport Rufin, la plus courte aussi, concerne le racisme autre qu’antisémite. On peut y lire des propos tranchant avec le ton ferme et implacable de la partie consacrée à l’antisémitisme : "Ainsi va le racisme, qui en fait un sujet déroutant, à aborder avec prudence. Les « frottements » de la vie en société, particulièrement dans les grandes villes, peuvent faire exploser des paroles à caractère raciste et provoquer un grand tapage. Pourtant, les individus qui y prennent part ne font parfois qu’exprimer avec violence un préjugé. Ils le regrettent et déclarent sincèrement qu’ils ne sont pas racistes. Leur comportement reste isolé, lié à une situation de stress et les mêmes, dans leur vie professionnelle ou sociale peuvent se montrer respectueux et tolérants. (...) Voilà pourquoi, répondre aux manifestations du racisme exige discernement et justice." (20). Ces propos prudents voire lénifiants, visant à ne pas stigmatiser l’auteur de propos racistes, et semblant manifester une certaine compréhension pour ceux "qui ne font qu’exprimer avec violence un préjugé", sont à comparer avec la très grande fermeté des propos à l’encontre d’auteurs d’actes ou déclarations antisémites.


Rufin surprend par contre positivement en soulignant la nécessité d’éviter une "fracture raciale" entre la police et le pays (21). Il se reprend immédiatement en appelant au discernement face au traitement judiciaire d’actes ou propos racistes en milieu scolaire, contrairement à ce qu’il préconise en matière d’antisémitisme : "Cependant, là encore, il faut faire preuve de discernement dans la judiciarisation des comportements racistes à l’école. Il est capital de distinguer ce qui est superficiel, tel que les injures proférées entre groupes dans le cours de la vie scolaire et ce qui peut devenir une véritable persécution par la mise à l’écart, la stigmatisation violente et parfois l’agression physique d’un élève ou d’un groupe minoritaire et vulnérable. Cette dimension de protection est essentielle dans la réponse scolaire et la judiciarisation qui s’y attache" (22).


Conclusion : sur les 51 pages du rapport, 33 sont consacrées à l’antisémitisme. Les propos tenus (et précités) marquent une rupture fondamentale, sur des sujets relativement controversés, avec les positions officielles de la France, quand ils ne reprennent pas textuellement la position du gouvernement israélien. Pour le reste, outre quelques bonnes propositions, un déséquilibre flagrant entre le traitement, implacable, de l’antisémitisme, et une attitude beaucoup plus circonspecte sur le racisme autre qu’antisémite. Un rapport biaisé et décevant, malgré quelques bonnes propositions, qui ne peut malheureusement servir de base à une véritable réflexion sur l’action contre tous les racismes en France. Peu étonnant dès lors que des organisations communautaristes juives - et l’ambassadeur d’Israël en France...- s’en soient emparés avec enthousiasme (23).


oumma.com

#17 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 28 octobre 2004 à 22:27

Alain Gresh sera-t-il interdit de conférence à l’Université de St-Etienne ?

LE RÉDACTEUR EN CHEF DU MONDE DIPLOMATIQUE DOIT VENIR PARLER DE SON DERNIER LIVRE "L’ISLAM, LA RÉPUBLIQUE ET LE MONDE".
dimanche 24 octobre 2004, par Roger Dubien

Voici un nouveau signe qu’il souffle un vent mauvais pour la liberté de conscience, pour la liberté d’expression, et pour les idées anti-racistes et de dialogue des civilisations.

Alain Gresh, auteur et journaliste, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, devait venir à St-Etienne le 4 novembre prochain. Pour parler de son nouveau livre : "L’islam, la République et le monde".
Pour cette conférence, une demande d’utilisation de l’amphi JO1 du campus de Tréfilerie a été faite auprès de l’Université de St-Etienne par des étudiant(e)s qui animent le Réseau Actions Jeunes, à l’initiative de cette conférence-débat avec le Forum des Réseaux citoyens, le Centre Al Qalam, etc...
Mais il est apparu que la mise à disposition d’une salle de l’université n’allait pas de soi. Et en milieu de semaine une rencontre a donc eu lieu avec le directeur de cabinet du Président de l’Université, M. Jean-Luc Foury. Une fois déblayés divers prétextes et obstacles plutôt flous, que les organisateurs étaient décidés à surmonter, quitte à changer de date, il est apparu qu’une salle ne serait pas accordée pour le 4 novembre, mais surtout que la véritable raison de ce refus consistait dans le sujet de la conférence-débat, qui touchait aux questions de l’islam, de la société, du monde.
Si l’équipe du réseau actions jeunes a bien compris, le directeur du cabinet du Président de l’Université ne souhaite pas laisser entrer à l’université l’influence de quelque religion que ce soit, par crainte de débordements inacceptables dans un établissement laïque et respectueux des principes républicains. Au nom même de la laïcité et de la liberté d’expression.

On attend maintenant la réponse écrite, et les motifs que la direction de l’université osera mettre noir sur blanc. Le résultat est cependant déjà que cette conférence n’aura pas lieu le 4 novembre, bien qu’il n’y ait pas d’obstacles matériels.

Cette censure est grave. Ce n’est cependant pas la première fois. En décembre 2003, il n’a pas été possible, pour des raisons semblables, mais exprimées moins ouvertement, que se tienne à l’Université une soirée-débat sur l’islamophobie avec Mouloud Aounit, secrétaire du MRAP, Vincent Geisser et Tarik Ramadan. La conférence avait donc eu lieu à la salle Jeanne d’Arc, avec 750 participants. Comme cette initiative avait dû, pour des raisons de calendrier des conférenciers, être préparée en quelques jours, on n’avait alors pas eu le temps de tirer les choses au clair avec l’université et on en était resté là. Mais on voit bien que quand on laisse les choses se dégrader, elles se dégradent.

Car aujourd’hui, c’est autour du rédacteur en chef du Monde diplomatique d’être interdit d’expression.
Cette fois, on ne peut donc pas en rester là.

Si cette position de l’Université de St-Etienne est maintenue, plusieurs remarques peuvent être faites.

Empêcher une conférence d’Alain Gresh est une atteinte pure et simple à la liberté d’expression. Depuis quand est-il interdit dans l’Université française, qui est depuis des siècles un lieu de liberté, de parler de questions ayant un rapport avec des religions et des civilisations ? Qui a pris cette décision dans l’université de St-Etienne ?
La laïcité, ce n’est pas une philosophie officielle et l’interdiction du débat d’idées, ni la dictature de l’athéisme, l’interdiction des religions, et de toute discussion touchant aux religions et aux philosophies. ça c’est la définition du totalitarisme. La laïcité, c’est l’organisation de l’espace public pour que chacun y soit respecté, y ait sa place et droit d’expression, avec ses croyances et ses idées...

Empêcher une conférence d’Alain Gresh sur son livre est une discrimination. Car il est faux de dire que l’Université de St-Etienne interdit tout débat touchant aux religions. Il y en a eu plusieurs, dont récemment la conférence de René Rémond (par ailleurs membre de la commission Stasi) sur "Les religions gouvernent-elles le monde ?", et c’est tant mieux.

Il s’agit aussi d’une censure politique caractérisée. Car le livre de Gresh touche à la question de l’Islam mais porte plus globalement sur la question du racisme et de la guerre ou du dialogue des civilisations. Sur l’avenir de la société française et du monde.

Ce refus est donc extrêmement grave. Suffisamment pour obliger tout le monde, individus comme associations et organisations, à devoir prendre ses responsabilités.

On sent bien évidemment que tout ceci est lié au contexte national et international. Et pas sans lien non plus avec l’influence des idées de l’extrême droite dans la région stéphanoise. Idées maintenant largement banalisées dans diverses sphères.
Un exemple parmi d’autres : il y a quelques jours, était invitée à la Fête du Livre de St-Etienne - et a participé à un débat sur l’islam qui a eu lieu dans la mairie même, salle Aristide Briand - Mme Delcambre, auteure du livre "l’Islam des interdits" dont l’idée centrale est : "L’intégrisme n’est pas la maladie de l’islam. Il est l’intégralité de l’Islam".
Pour plus de détails sur ce genre d’idées, on peut aller faire un tour sur le site web du FNBelge, qui en parle largement... Voir à http://www.fnb.to/FN...9/delcambre.htm . On peut regarder au passage la rubrique "liens" de ce site, c’est instructif. Voilà ce qui circule maintenant de façon tout à fait banale...
Pendant que serait refusée une conférence d’Alain Gresh à l’Université ?

Cette conférence d’Alain Gresh n’est donc plus possible le 4 novembre à l’Université. Mais ce déni de liberté ne sera pas entériné en cherchant une salle ailleurs. Une nouvelle demande va être faite, qui empêche tout refus sous les prétextes les plus divers. Et chacun va être mis devant ses responsabilités.

Ceci étant, il ne faudrait pas perdre de vue... le livre d’Alain Gresh ("L’islam, la République et le monde"). Un livre qui va compter pour celles et ceux qui préfèrent les idées, l’humanisme et le dialogue des cultures, à la guerre des civilisations et à la propagande de guerre.

Roger Dubien


source

#18 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 28 octobre 2004 à 22:32

Alain Gresh, pour ceux qui le connaitrait pas assez voire pas du tout, est le redacteur en chef du monde diplomatique et il est connu pour ses idées antisioniste.

#19 aristote

    Chercheur

  • Bannis
  • 440 Messages :

Posté 29 octobre 2004 à 00:24

achelhi, le Jeudi 28 Octobre 2004, 22:50, dit :

Alain Gresh sera-t-il interdit de conférence à l’Université de St-Etienne ?

LE RÉDACTEUR EN CHEF DU MONDE DIPLOMATIQUE DOIT VENIR PARLER DE SON DERNIER LIVRE "L’ISLAM, LA RÉPUBLIQUE ET LE MONDE".
dimanche 24 octobre 2004, par Roger Dubien

Voici un nouveau signe qu’il souffle un vent mauvais pour la liberté de conscience, pour la liberté d’expression, et pour les idées anti-racistes et de dialogue des civilisations.

Alain Gresh, auteur et journaliste, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, devait venir à St-Etienne le 4 novembre prochain. Pour parler de son nouveau livre : "L’islam, la République et le monde".
Pour cette conférence, une demande d’utilisation de l’amphi JO1 du campus de Tréfilerie a été faite auprès de l’Université de St-Etienne par des étudiant(e)s qui animent le Réseau Actions Jeunes, à l’initiative de cette conférence-débat avec le Forum des Réseaux citoyens, le Centre Al Qalam, etc...
Mais il est apparu que la mise à disposition d’une salle de l’université n’allait pas de soi. Et en milieu de semaine une rencontre a donc eu lieu avec le directeur de cabinet du Président de l’Université, M. Jean-Luc Foury. Une fois déblayés divers prétextes et obstacles plutôt flous, que les organisateurs étaient décidés à surmonter, quitte à changer de date, il est apparu qu’une salle ne serait pas accordée pour le 4 novembre, mais surtout que la véritable raison de ce refus consistait dans le sujet de la conférence-débat, qui touchait aux questions de l’islam, de la société, du monde.
Si l’équipe du réseau actions jeunes a bien compris, le directeur du cabinet du Président de l’Université ne souhaite pas laisser entrer à l’université l’influence de quelque religion que ce soit, par crainte de débordements inacceptables dans un établissement laïque et respectueux des principes républicains. Au nom même de la laïcité et de la liberté d’expression.

On attend maintenant la réponse écrite, et les motifs que la direction de l’université osera mettre noir sur blanc. Le résultat est cependant déjà que cette conférence n’aura pas lieu le 4 novembre, bien qu’il n’y ait pas d’obstacles matériels.

Cette censure est grave. Ce n’est cependant pas la première fois. En décembre 2003, il n’a pas été possible, pour des raisons semblables, mais exprimées moins ouvertement, que se tienne à l’Université une soirée-débat sur l’islamophobie avec Mouloud Aounit, secrétaire du MRAP, Vincent Geisser et Tarik Ramadan. La conférence avait donc eu lieu à la salle Jeanne d’Arc, avec 750 participants. Comme cette initiative avait dû, pour des raisons de calendrier des conférenciers, être préparée en quelques jours, on n’avait alors pas eu le temps de tirer les choses au clair avec l’université et on en était resté là. Mais on voit bien que quand on laisse les choses se dégrader, elles se dégradent.

Car aujourd’hui, c’est autour du rédacteur en chef du Monde diplomatique d’être interdit d’expression.
Cette fois, on ne peut donc pas en rester là.

Si cette position de l’Université de St-Etienne est maintenue, plusieurs remarques peuvent être faites.

Empêcher une conférence d’Alain Gresh est une atteinte pure et simple à la liberté d’expression. Depuis quand est-il interdit dans l’Université française, qui est depuis des siècles un lieu de liberté, de parler de questions ayant un rapport avec des religions et des civilisations ? Qui a pris cette décision dans l’université de St-Etienne ?
La laïcité, ce n’est pas une philosophie officielle et l’interdiction du débat d’idées, ni la dictature de l’athéisme, l’interdiction des religions, et de toute discussion touchant aux religions et aux philosophies. ça c’est la définition du totalitarisme. La laïcité, c’est l’organisation de l’espace public pour que chacun y soit respecté, y ait sa place et droit d’expression, avec ses croyances et ses idées...

Empêcher une conférence d’Alain Gresh sur son livre est une discrimination. Car il est faux de dire que l’Université de St-Etienne interdit tout débat touchant aux religions. Il y en a eu plusieurs, dont récemment la conférence de René Rémond (par ailleurs membre de la commission Stasi) sur "Les religions gouvernent-elles le monde ?", et c’est tant mieux.

Il s’agit aussi d’une censure politique caractérisée. Car le livre de Gresh touche à la question de l’Islam mais porte plus globalement sur la question du racisme et de la guerre ou du dialogue des civilisations. Sur l’avenir de la société française et du monde.

Ce refus est donc extrêmement grave. Suffisamment pour obliger tout le monde, individus comme associations et organisations, à devoir prendre ses responsabilités.

On sent bien évidemment que tout ceci est lié au contexte national et international. Et pas sans lien non plus avec l’influence des idées de l’extrême droite dans la région stéphanoise. Idées maintenant largement banalisées dans diverses sphères.
Un exemple parmi d’autres : il y a quelques jours, était invitée à la Fête du Livre de St-Etienne - et a participé à un débat sur l’islam qui a eu lieu dans la mairie même, salle Aristide Briand - Mme Delcambre, auteure du livre "l’Islam des interdits" dont l’idée centrale est : "L’intégrisme n’est pas la maladie de l’islam. Il est l’intégralité de l’Islam".
Pour plus de détails sur ce genre d’idées, on peut aller faire un tour sur le site web du FNBelge, qui en parle largement... Voir à http://www.fnb.to/FN...9/delcambre.htm . On peut regarder au passage la rubrique "liens" de ce site, c’est instructif. Voilà ce qui circule maintenant de façon tout à fait banale...
Pendant que serait refusée une conférence d’Alain Gresh à l’Université ?

Cette conférence d’Alain Gresh n’est donc plus possible le 4 novembre à l’Université. Mais ce déni de liberté ne sera pas entériné en cherchant une salle ailleurs. Une nouvelle demande va être faite, qui empêche tout refus sous les prétextes les plus divers. Et chacun va être mis devant ses responsabilités.

Ceci étant, il ne faudrait pas perdre de vue... le livre d’Alain Gresh ("L’islam, la République et le monde"). Un livre qui va compter pour celles et ceux qui préfèrent les idées, l’humanisme et le dialogue des cultures, à la guerre des civilisations et à la propagande de guerre.

Roger Dubien


source
L'islam a envie de la France et de l'Europe. Elle la veut et lorgne dessus depuis fort longtemps. L'europe déposédé de toute spiritualité, s'offrira corps et ame à cette forme d'anti mondialisation néo-liberal. Une fois passé les premiers temps, elle saura se montrer severe envers la decadence Européene. Soyez en sur.
Dire que l'islam est dangereux pour l'europe et la france est faire preuve d'une grande lucidité je trouve. A mille lieu de tes visions partisanes, je refuse de choisir entre le clan Americano sioniste et le pouvoir Islamique.
Je rejete purement et simplement ces deux visions totalitaire du monde. Et je choisi ma voie. celle de ma nation européene, de mon peuple. Pas celui de ces deux puissances envahissantes.
J'encourage pourtant les nations belligerantes à se defaire leurs préjugés, à changer de dirigeants et j'espere qu'ils auront le courage de faire la paix veritable dans le respect de l'autre au delà de ses differences.

Alors desolé de ne pas rentrer dans ton cadre obtus qui nui au nuance de jugement.
Pour comprendre une idéologie , à fortiori une religion il faut regarder son prophéte pour voir la germe qu'il porte en lui.
Tu sais aussi bien que moi que l'histoire de mahommet est celle d'un brigand des grands chemin, notoirement connu pour sa soif de savoir et pour son gout immodéré pour les jeunes filles (fatima, 9 ans, sa derniére epouse).
Un homme qui a basé sa vie (aprés la revelation) à guerroyer et à etendre son pouvoir, divin bien sur. Un dieu guerrier c'est une vision trop paienne pour moi.
L'islam est née par la conquete, il vivra par la conquete et perira par la conquete.

#20 aristote

    Chercheur

  • Bannis
  • 440 Messages :

Posté 29 octobre 2004 à 00:33

Glingal, le Samedi 23 Octobre 2004, 18:40, dit :

Citation

...Schizophrène, Jean-Christophe Rufin n’en propose pas moins au Parlement de voter une nouvelle loi pour « punir ceux qui porteraient sans fondement à l’encontre de groupes, d’institutions ou d’Etats des accusations de racisme et utiliseraient à leur propos des comparaisons injustifiées avec l’apartheid ou le nazisme. »

Je m'aperçois que selon cette nouvelle loi je serais une criminelle alors... aux vues d'un sujet parallele à celui-ci. Combien serons-nous à être "punis"??? :torture:

Le déli d'opinion... c'est le nom que l'on donne à la fin de la liberté de la presse. Le total contrôle sur les médias devient finalement le premier pouvoir!... la pression sur les journalistes... la pollution de l'opinion publique... la dictature de la pensée unique...
La chaine qui rattache le collier à la niche du chien n'est-elle pas peu à peu raccourcie?

Les carottes sont cuites à la mode... Vichy!!!... A part que cette fois il ne s'agit plus de déportation de juifs mais de déplacer le ligne de démarquation de la liberté d'expression.

Que des propos antisémites soient condamnables oui... mais pas de forme arbitraire et avec la même mesure pour tous. La Justice dans un pays commence souvent dans les petites choses. Prenez le journal local, tous ont une partie réservée pour les offices religieux. Dans la plupart des cas, nous pouvons voir des annonces faites pour les communautés chrétiennes et juives, rarement pour la communauté musulmane. Pourquoi une telle inégalité de la part des municipalités? :humhum: Notez que je n'ai pas parler d'apartheid... pourtant!...
Vous avez dit laïcité?
Souhaites tu voir des gens feter les nazis dans la rue?
Bien sur que non, c'est que tu autorise la liberté d'expression quand ca t'arrange.
Et là ca revele de la mauvaise fois intellectuelle. Je trouve cela limite de qualifier les israeliens de Nazi. C'est un rapprochement de trés mauvais gout.

Comme tu vois, je viens de plus de parler des nazis, veritable boite de pandor qui sert à argumenter dans quasiment toutes les conversations.

Ce message a été modifié par aristote - 29 octobre 2004 à 00:36.


#21 TomTom

    revenant

  • Membres
  • 202 Messages :

Posté 29 octobre 2004 à 02:48

Citation

Souhaites-tu voir des gens fêter les nazis dans la rue?

Tu n'as pas l'impression de poser une question piégée, là?
Tu ne te sens pas un peu gêné?
Mais je ne t’en tiendrai pas rigueur. Ce n'est pas toi le chasseur qui a conçu le piège, tu es un bénévole chargé de le poser, y compris sur les chemins que parcourt ta propre pensée.

En tous cas, marchant soigneusement aux abords du piège en essayant de ne point y tomber je vais dire ce que personnellement je trouverais souhaitable : que les gens aient la possibilité d’être eux-mêmes, que ce soit dans la rue, dans les cafés ou dans les salons.

Fini le consensus mou des cerveaux morts nés, finis les actes de présence sur le terrain de la conscience, finis les trop-polis-pour-être-honnêtes.

La dissimulation des opinions constituerait une vertu? Que nenni ! Je dirai même que certainement une part de l'attirance que certains - surtout les plus jeunes, mais pas uniquement - peuvent éprouver pour des mouvements extrémistes tient au charme romantique de la clandestinité. Si chacun était autorisé à exposer librement ses idées à la claire lumière du soleil, quelles qu'elles puissent être, beaucoup de manœuvres malhonnêtes s'en retrouveraient étouffées dans l'œuf et on pourrait - peut-être - opposer des idées aux idées.

Ce n'est pas en diabolisant certaines doctrines que l'on s'en débarrasse, bien au contraire.

Ainsi, si un groupe cherchait à cultiver l'antisémitisme, il ne pourrait pas pu mieux faire que de commanditer un rapport de type ruffinesque.

Le danger ne provient pas des idéologies, mais des moyens dont leurs prosélytes disposent afin de les propager. Les moyens d'information, parce que notre système permet à des idéologues intéressés d'en devenir propriétaires de manière souvent opaque. Celui qui a de l'argent s'achète des médias pour que ceux-ci chantent ses louanges, fassent autant de bruit que possible et discréditent ses adversaires.

C'est d'ailleurs ainsi que fonctionne la presse capitaliste depuis sa création : il n'y a qu'à lire L'Argent de Zola ou même les Illusions Perdues de Balzac pour s'en rendre compte.

Quelle solution alors? Hélas! Je n'en vois qu'une : abolir les médias de masse. Ah! J’en entends déjà qui s’agitent tels des toxicomanes en manque, capables de briser nuitamment la vitrine d’une pharmacie!

A part celle-là, cependant, il n'en existe aucune, hormis bien entendu l'abolition non pas du capital mais de l'esprit même du capital. Il est pour l'instant impossible de compter sur l'honnêteté intellectuelle des différents protagonistes. En ce qui me concerne, un média peut bien s'autoproclamer indépendant ou libre, rien ne me prouve qu'il l'est réellement et qu'il n'est pas secrètement à la solde de politiques ou de financiers.

Votez, votez, votez des lois, des pages et des pages et des pages, des millions de mégaoctets de textes de lois toujours plus exigeantes et précises! Le seul résultat tangible sera le remplissage des caisses de l'Etat par les amendes extorquées à ceux des contrevenants qui ne bénéficieront pas des protections nécessaires. Grâce à ce revenu, l'Etat pourra ainsi faire construire toujours plus de prisons - aux normes européennes - et s’acheter des médias toujours plus efficaces pour leur propagande.

Ce message a été modifié par TomTom - 29 octobre 2004 à 02:49.


#22 Daman

    Démiurge désinvolte

  • Membres
  • 4 260 Messages :
  • Genre : Homme
  • Intérêts : Sieste(s).

Posté 30 octobre 2004 à 13:56

aristote, le Vendredi 29 Octobre 2004, 00:47, dit :

L'europe déposédé de toute spiritualité,  s'offrira corps et ame à cette forme d'anti mondialisation néo-liberal.
Mais pourquoi l'Europe a-t-elle répudié la Sainte Inquisition qui protégeait si bien sa "spiritualité" !?On se le demande . Le résultat est catastrophique .

Je m'interroge : combien de "padre" déguisés en jeunes gens férus de politique hantent ces forums incognito en cherchant à faire des adeptes pour l'Opus Dei ?

J'en ai bien repéré quelques uns ...Tout d'abord ils sont tous laïques , en attendant de glisser un pied dans la porte entrebaillée de notre écoute ... D'une laïcité catholique et romaine , celle-là même que 1789 renvoya à ses chères études .

D'après eux , l'Occident ( c'est aussi un terme à eux , mais à géométrie variable ) qui n'est autre que la zone géographique dont ils continuent à considérer les habitants comme une espèce de cheptel leur appartenant , est en perdition car il a perdu le contact avec la spiritualité ( la leur ) .

Ils ne se rendent pas compte que la spiritualité ne s'est jamais aussi bien portée en "Occident" mais que pour une fois depuis de nombreux siècles , les gens osent penser à cela par eux mêmes , s'interroger .Cette spiritualité leur paraît improductive .

Evidemment , pour nos amis , être présent à la messe le dimanche , anonner sans les comprendre des répons en latin , obeïr au curé et faire pénitence sans discuter est preuve de grande spiritualité , car en fait , dans leur esprit , peu importe que la pietaille du bas peuple ait un avis , l'important c'est qu'elle fasse nombre et qu'ils parlent en son nom quand il s'agit de discuter gros sous avec le pouvoir politique .

S'égailler dans tous les sens à la recherche , chacun de son côté d'une approche personnelle de la spiritualité , c'est l'anarchie , le chaos malsain, dangereux car dans l'ombre d'autres mafias religieuses convoitent le territoire racketté et risquent de s'en emparer , vu la naïveté déconcertante de leurs ex-ouailles toujours à la recherche d'un contact authentique avec Dieu .

Où est le spirituel dans tout ça ?

Nulle part ... on s'en tamponne .Ils ont dépassé depuis longtemps les "superstitions" pour avoir compris qu'il y a "eux" et "nous" et que c'est "eux" ou "nous" . C'est à qui profitera de la crédulité du peuple. L'important c'est la conservation des privilèges juteux et des charges et le prix , c'est que la religion soit élevée au rang de patrimoine culturel .

Ah le bon vieux temps de la spiritualité européenne généralisée et en pret-à-porter ! Tout y était plus simple .

Ce message a été modifié par Daman - 30 octobre 2004 à 14:35.

Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#23 joel

    Tournicoti, Tournicoton

  • Membres
  • 2 859 Messages :
  • Genre : Homme

Posté 30 octobre 2004 à 17:45

Voici la dernière affiche que l'UEJF s'apprêtait à diffuser massivement dans notre beau pays antisémite :

Image IPB

Finalement, suite sans doute aux réactions indignées d'associations catholiques, la campagne a été annulée au dernier moment. (ou reportée on ne sait pas encore..:-?)

L'un des responsables de l'UEJF a eu comme simple commentaire que c'était contre-productif...

Sinon, toujours sur le sujet, un article sur le site oulala.net, intitulé

Le Galiléen crucifié deux fois...
LA LAIDEUR DES MOTS ET L’OUTRAGE DES PHOTOS


http://www.oulala.ne...id_article=1451

#24 Daman

    Démiurge désinvolte

  • Membres
  • 4 260 Messages :
  • Genre : Homme
  • Intérêts : Sieste(s).

Posté 01 novembre 2004 à 05:19

Tout à fait d'accord Joel . On a beau ne pas croire à une religion , il faut respecter ceux pour qui elle est la Vérité .

Mais dans le cas présent , UEJF a cru pouvoir mettre les chrétiens de son côté en tentant l'amalgame juifs/chrétiens mais en oubliant entre autres détails qu'une fraction non négligeable des palestiniens est de confession chrétienne et que cela ne change rigoureusement rien pour les sionistes .

Les juifs n'étant pas particulièrement persécutés en France , on est amené à penser que cette campagne avait pour objectif de servir la cause sioniste qui est rappelons le la doctrine d'un état étranger , fortement contesté (ainsi que sa doctrine) dans le monde entier .

D'autre part , certains sites chrétiens , un peu partout , y compris en Amérique , dénoncent la judaïsation rampante des valeurs chrétiennes ce qui explique la crispation qui s'observe ces derniers temps . Je ne prends pas parti sur cette question , dont je laisse les chrétiens débattre entre eux , mais j'observe que cette tendance nouvelle n'est pas du tout favorable à un oecuménisme judéo-chrétien et se manifeste par un désir de la part des chrétiens d'une prise de distance par rapport au judaïsme .

Il me semble , mais ce n'est qu'un point de vue personnel , que les deux religions sont si dissemblables que l'illusion de la judéochristianité n'a pas duré plus que quelques décennies et se dissipe à la vitesse V .

Nos étudiants de l'UEJF décidément amateurs sur ce coup là n'ont pas compris qu'ils touchaient un point sensible et un levier dangereux pour de multiples raisons .

Les elections US sont proches et les sionistes sont en bonne place aux commandes de la société US . Beaucoup de citoyens US s'en étonnent ( enfin ...) et cette publicité , si elle s'était diffusée en France aurait immanquablement suscité un écho auprès de l'électorat US et comme les sionistes sont très proches (pour l'instant ) de Bush , vous imaginez le résultat .

C'était jouer avec le feu d'autant plus que des personnalité ouvertement prosionistes ont pris position de la façon la plus tranchée à propos de l'affaire du foulard . Cette affaire a été suivie de près par beaucoup de chrétiens , qui même s'ils ne sont pas foncièrement pro-musulmans y ont vu l'exemple de la manière dont on peut , le pouvoir aidant , diaboliser un culte dans le but d'en recueillir des bénéfices sur le plan international .

Certains se sont donc posé la question : "Osera-t-on s'en prendre à nous maintenant ?" . La question en elle-même est dangereuse à terme si on la rapproche du contexte irrationnel dans lequel se déroule la politique mondiale ces dernières années .

Si l'UEJF a renoncé à cette campagne ce n'est donc pas par respect des chrétiens mais par crainte de voir une partie des chrétiens basculer dans l'hostilité ouverte en voyant sa foi instrumentalisée à des fins de basse politique sioniste .Il aurait fallu réfléchir avant .

Il eut donc été plus sage de s'en tenir à une campagne antiraciste classique en rappelant que l'antisémitisme est un racisme .

Les sionistes font parfois de grosses conneries tout simplement par mépris pour les croyances de certains peuples . Je subodore déjà qu'ils ne se rendent pas compte qu'un basculement de cette nature et qui conduira sans doute à des débordements de haine encore jamais vus se prépare actuellement aux US .

Le citoyen US moyen est lent à réagir mais les "détails" se succèdent qui forment de plus en plus son jugement . Les évènements du 11/09 et le cortège de mensonges qui les a suivis n'y sont pas pour rien .

Le caractère entier et excessif de l'opinion US étant bien connu , les sionistes devraient peut-être se méfier et reprendre leur billes dans ce pays là ...Mais sauront-ils ouvrir les yeux à temps .

Personnellement je suis prêt à parier que non .

Ce message a été modifié par Daman - 01 novembre 2004 à 06:08.

Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#25 Daman

    Démiurge désinvolte

  • Membres
  • 4 260 Messages :
  • Genre : Homme
  • Intérêts : Sieste(s).

Posté 01 novembre 2004 à 06:17

En tout cas Adriana Evangelitz ne les a pas ratés ...

"Quel est donc l’être perfide qui eut cette idée outrageante ?"

Ce message a été modifié par Daman - 01 novembre 2004 à 06:19.

Laissez-moi rire... :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#26 Loom

  • Invités

Posté 01 novembre 2004 à 09:43

joel, le Samedi 30 Octobre 2004, 19:08, dit :

Image IPB
Le Galiléen crucifié deux fois...
LA LAIDEUR DES MOTS ET L’OUTRAGE DES PHOTOS


http://www.oulala.ne...id_article=1451
Bel article. A vouloir marquer les esprit, on en arrive facilement à faire n'importe quoi. Comme le dit l'article, si Jésus fut effectivement juif, il s'est opposé au judaïsme de son époque. Il fut plutôt un "Juif rebel". Il y a fort à parier qu'il aurait eu le même comportement face aux débordements actuels du judaïsme (certainement aussi face aux christianisme et à l'islam, d'ailleur).

#27 achelhi

    Chercheur

  • Membres
  • 459 Messages :

Posté 03 novembre 2004 à 14:24

L'assimilation des termes antisioniste et antisémite est aussi reprise dans le rapport Ruffin.

De la critique à l'antisémitisme

Par Pascal BONIFACE


mercredi 03 novembre 2004





De nombreux responsables communautaires juifs et des intellectuels * juifs et non juifs * ont largement répandu l'idée que la critique du gouvernement israélien n'était qu'un alibi pour exprimer au nom des victimes palestiniennes un antisémitisme que l'on ne veut pas afficher franchement. Cette thèse a été reprise par Jean-Christophe Rufin dans un rapport au ministre de l'Intérieur sur la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Il estime qu'il existe «un antisionisme moderne né au confluent des luttes anticoloniales, antimondialisation, antiracistes, tiers-mondistes et gauchistes». Selon lui cet «antisionisme est un antisémitisme par procuration».

Il faut d'abord définir les termes. Qu'est-ce que l'antisémitisme ? Qu'est-ce que l'antisionisme ? L'antisémitisme est l'hostilité * et même parfois la haine * à l'égard des juifs, pris indifféremment pour la seule raison qu'ils sont juifs. Dans l'histoire, l'antisémitisme a conduit à des persécutions, des pogroms et à la Shoah. L'antisionisme est différent, c'est le refus de l'existence de l'Etat d'Israël. Les deux concepts peuvent être liés, mais ils ne le sont pas automatiquement. Il y a évidemment des gens qui, étant antisémites, refusent au peuple juif le droit à disposer d'un Etat. Mais, en même temps, il y a au sein de la communauté juive de nombreux juifs antisionistes. Ils peuvent l'être pour des raisons religieuses. Au nom de la Torah, des religieux nient à l'Etat d'Israël le droit de représenter tous les juifs. Ils estiment même que la politique d'Israël met les juifs de la diaspora en danger. D'autres sont antisionistes pour des raisons politiques. Ils estiment que les juifs doivent être intégrés individuellement dans les Etats où ils vivent et ne se reconnaissent pas dans un Etat qui serait fondé sur des critères de race ou de religion.

D'autres, enfin, sont sionistes mais c'est justement leur attachement à Israël qui les conduit à critiquer Sharon, coupable à leurs yeux de porter atteinte aux intérêts à long terme d'Israël.

Il peut y avoir des sionistes antisémites. Une partie de l'extrême droite française l'est. Elle préfère voir les juifs en Israël plutôt qu'en France. Elle approuve la politique de répression contre des Palestiniens du fait d'un racisme antiarabe. Les chrétiens sionistes américains soutiennent la politique de Sharon. Pour eux, le retour des juifs en Terre sainte servirait de prélude à leur adhésion au Christ et, pour ceux qui ne le font pas, à leur destruction physique. Ils sont donc antisémites et sionistes. On le voit, il y a donc de multiples combinaisons des termes «sionisme», «antisionisme» et «antisémitisme».

L'assimilation des termes «antisioniste» et «antisémite», si elle est possible, n'est en rien automatique. Dans le cas présent, elle vise avant tout ceux qui combattent l'antisémitisme, qui reconnaissent le droit pour Israël d'exister dans des frontières sûres et reconnues, qui condamnent les attentats-suicides mais qui critiquent la conduite de son gouvernement. Ils ne reprochent pas à Israël d'exister, ils critiquent ce que fait Israël. Or le fait de critiquer le comportement d'un gouvernement ne revient pas à nier le droit à un Etat d'exister.

Il est indéniable que le peuple juif est celui qui a le plus souffert du racisme, et le génocide juif a un caractère unique. Cela ne permet pas pour autant d'accuser d'antisémitisme ceux qui critiquent le gouvernement de l'Etat d'Israël. Bien sûr, vos accusateurs affirmeront qu'il est possible de critiquer Sharon sans être taxé d'antisémitisme. Ils disent d'ailleurs qu'eux-mêmes peuvent exprimer des réserves sur la politique israélienne. Mais, outre le fait qu'on a du mal à identifier de telles critiques venant de leur part, ils interdisent aux autres dans la pratique ce qu'ils disent tolérer en théorie. Car la critique du gouvernement israélien est comparable à ce qu'était la liberté syndicale ou religieuse dans les pays communistes. C'est théoriquement possible. Mais, si vous passez à la pratique, vous allez au-devant de graves problèmes.

Si l'on critique George W. Bush pour son comportement en Irak, ou pour son refus de respecter le droit international d'interdiction de recours à la guerre, on ne sera pas accusé automatiquement de faire de l'antiaméricanisme (bien que cela soit de plus en plus fréquent), ni de faire du racisme antiaméricain. De même, si l'on critique le gouvernement Poutine en Tchétchénie, on ne se verra pas reprocher de faire du racisme antirusse, on constatera un désaccord politique avec les exactions des Russes dans cette région. On pourra critiquer le gouvernement chinois sans être traité de racisme antichinois, avoir des jugements très durs à l'égard d'Arafat sans encourir le procès d'un racisme antiarabe. Ceux qui par exemple désapprouvent la politique française au Proche-Orient ne sont pas accusés de faire du racisme antifrançais.

On voit bien le danger d'un tel raisonnement sous couvert de lutter contre l'antisémitisme, on criminalise la critique politique d'un gouvernement. Il y a bel et bien une tentative d'empêcher le libre exercice du débat démocratique sous couvert de lutte contre l'antisémitisme. Cette tactique peut avoir des avantages. Elle est, dans l'optique du gouvernement israélien, dans un premier temps efficace.

Qui pourrait assumer l'accusation infamante d'antisémitisme ? L'accusation d'antisémitisme même injustifiée fait de vous un paria dans de nombreux cercles. Peu de gens iront vérifier si les accusations ont un réel fondement ou si elles sont simplement un moyen d'exclure de la vie de la cité une personne dont le seul tort est d'avoir critiqué le gouvernement israélien. En ce cas, c'est au défenseur d'apporter la preuve de son innocence et non à l'accusation de prouver la culpabilité. Il suffit de l'affirmer.

Mais, à terme, cette politique est catastrophique, elle revient à banaliser l'antisémitisme. Elle crée une assimilation entre juifs français et Israéliens qu'elle condamne par ailleurs et qui ne correspond pas à la réalité.

Si l'on veut combattre efficacement l'antisémitisme, il ne faut pas pénaliser la critique de l'Etat d'Israël. Il ne faut pas établir un lien automatique entre Juifs français et Israéliens. Il faut distinguer la lutte contre l'antisémitisme de la défense d'Israël.

Dernier ouvrage paru : Est-il permis de critiquer Israël ?, Robert Laffont, 2003.



Pascal Boniface directeur
de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques)

Article paru dans liberation

#28 Frédérique

    Expert

  • Bannis
  • 227 Messages :
  • Localisation : Boulogne-Billancourt

Posté 03 novembre 2004 à 17:30

:D Bonjour,

Mon avis sur l'affiche douteuse :grognon:. C'est la rupture avec son milieu d'origine qui fait toute la puissance du message du Christ :aureole7: !

Cette récupération est stupide et minable :sommeil: !!!

Je passe un article qui résume un peu la situation... sur la bouillie intellectuelle :ptdrasrpt2: qui sévit particulièrement au sujet de l'antisémitisme.

http://www.oulala.ne...id_article=1455

Citation

Les folies françaises
AU PAYS DE VOLTAIRE, LES ÉLITES :yo: :yo: PERDENT LA RAISON
lundi 25 octobre 2004, par Judith

Dans le tropisme médiatique actuel, qui veut que les hommes politiques s’intéressent plus à la revue de presse qu’à ce que pense le peuple, chacun suit l’idée fixe lancée par un irresponsable ou par ceux, nombreux, qui s’ingénient à brouiller les cartes... Le non autochtone, qui lirait la presse française ces jours derniers, pourrait légitimement se demander si le pays de Voltaire n’est pas en train de perdre la tête...

Commençons par les doux huluberlus ! Dans la sophistication générale des médiacrates, qui ne savent plus quoi inventer pour échapper à la triviale réalité, signalons la pétition lancée par Marianne auprès des intellectuels français pour les appeler à "voter Kerry". Voilà qui va aider la campagne de ce dernier aux USA !... Marianne, qui voit le danger principal du moment dans l’anti-américanisme primaire dont seraient affligés nos concitoyens, n’a pas la moindre idée de la vague anti-française qui s’est déchaînée aux USA...

Contre la France, et je cite, "son avorton" la Belgique... Kerry, le "snob" bousté par une pétition d’intellectuels français, représente à peu près l’équivalent d’un candidat en France, après la guerre de 70, venu solliciter les suffrages lesté d’une pétition d’officiers prussiens en sa faveur...

Déjà plus lourde de conséquence, il y a la question de l’entrée de la Turquie, qui n’est pas à l’ordre du jour, et pourtant est en train de prendre le pas sur la question réellement posée par le réferendume sur la Constitution élaborée par Giscard,notre ancien président qui n’appartient pas à l’aile la plus progressiste dela société française... En effet cette Constitution nous promet une concurrence sans entrave, au moment même où, au nom de cette concurrence, on tente de nous introduire les licenciements "boursiers", où le chantage patronal et les délocalisations battent leur plein. Remarquez nos médiacrates ont crié "Vive la crise", dénoncé les privilégiés du service public, le gouffre de la sécurité sociale, nos retraites dilapidant le budget de l’État et stigmatisé les conservatismes syndicaux, s’émouvoir pour la question de la Turquie, au nom de la chrétienté ou de la démocratie, alors qu’il est question de salaires, de démantèlement du service public et de mise au chômage, n’est qu’une manière comme une autre d’aller à la gamelle... En produisant des leurres.... Bref, l’histoire de la Turquie en France joue un rôle identique à l’affaire du voile face aux problèmes de l’Ecole...

Il y a eu la semaine dernière, le lancement de la campagne publicitaire de l’UEJF (Union des Etudiants Juifs de France), pour lutter contre l’antisémitisme, campagne soutenue par nos grands médias, le Monde en tête, avec deux grands portraits de Jésus et de Marie barrés du délicat slogan : "Sale Juif". Voilà qui était susceptible de provoquer la sympathie de la famille Duquesnoy se rendant à la messe... Ils y ont renoncé à la dernière minute. On respire. Jusqu’où aurait pu aller cette intéressante campagne ? Jusque dans les préaux de nos écoles ? Comment aurait-on pu logiquement laisser entrer Marie dans ces temples de la laïcité que sont les écoles alors qu’elle porte le voile islamique et que, si on le lui enlève, personne ne la reconnaîtra ? Ce qui certes prouve au sixième degré l’unicité du monothéisme mais au premier degré l’imbécilité des élites françaises... qui font d’un antisémitisme, dont le "déchaînement" en France n’existe que dans leur imagination, la lutte prioritaire et exclusive...

Car là où la mise dans la stratosphère de nos "élites" a des conséquences de plus en plus inquiétantes, c’est quand, à la suite cette campagne médiatique sur un antisémitisme déchaîné, vient de tomber le très officiel rapport Rufin. Ce rapport propose rien moins que d’introduire le délit d’opinion pour qui qualifie l’état d’Israël de raciste ou de promoteur d’un nouvel apartheid. Pourquoi Israël doit-il jouir d’un traitement particulier, pourquoi pas l’Ouzbékistan ? Israël serait menacé dans son existence. Tiens il me semblait que c’était plutôt la viabilité d’un État palestinien, sans parler de la population palestinienne que l’on prétend, par assassinat, destruction de leurs maisons et de leurs champs, chasser de leur terre ancestrale... Et si la conscience humaine commence à s’interroger, au vu des fruits, sur le projet sioniste, il n’existe pas une seule force politique française qui, quelles que soient les exactions intolérables commises par cet État, réclame la fin d’Israël ?

Mais par dessus tout, en quoi un citoyen français de confession juive a-t-il à voir avec les péchés d’Israël ? À moins que vous retourniez au statut médiéval du juif, éternel étranger dans le pays où il vit....

Introduire le délit d’opinion, une discrimination dans la citoyenneté, et tout cela pour nous protéger d’un antisémitisme déchaîné, qui n’existe que dans l’esprit des médias français, de quelques caciques du PS, de Sarkozy, et d’Ariel Sharon... Voilà pour la rationalité...

Rufin, qui par ailleurs reconnaît n’avoir qu’une vague connaissance du problème, nous pond un rapport qui distingue allégrement l’antisémitisme du racisme, ce qui ne semble pas le cas du dernier profanateur de cimetière. Phinéas, avant d’aller inscrire quelques croix gammées sur des tombes juives, avait attaqué à coup de hachette, dans l’indifférence générale, deux braves passants maghrébins. C’est une constante chez ce type d’individu mi-paranoïaque, mi-épris de reconnaissance médiatique que de ne pas savoir distinguer entre les Juifs, les Arabes, les Nègres et autres Tziganes... Il est à noter qu’il y a peu de musulmans dans ces agressions racistes sauf dans l’imaginaire médiatique ou celui de la mythomane du RER...

Le rapport témoigne d’une ignorance tout aussi manifeste d’ailleurs du fait que, si on enlève les agressions simulées, les délires de mythomanes il semble bien que les musulmans soient tout de même plus souvent les victimes que les juifs ne serait-ce que parce qu’il est plus difficile, s’il ne se déguise pas en Rabbi Jacob , de reconnaître un Juif ou alors on le prend pour un Arabe...

Il y aurait eu en 2003, une montée préoccupante des actes antisémites ? Non ! Nuance : des plaintes pour actes antisémites. La montée des actes racistes signalés dans les commissariats a toute chance de dépendre de la tendance des victimes à porter plainte. Et beaucoup de clandestins ou de jeunes des banlieues n’ont pas le réflexe spontané d’aller porter plainte contre celui qui les a traité de "sale bicot", ni même contre le propriétaire qui leur refuse un logement, ou le patron qui n’accepte d’employer que les "Français", sans parler du policier qui fouille avec quelque rudesse le jeune au teint basané... Alors que tout est fait socialement pour que le Français de confession juive se montre plus déterminé à faire sanctionner le moindre manquement sans qu’il soit pour autant manifeste qu’il souffre du racisme ordinaire décrit précédemment... Aggraver la discrimination sociale entre victimes du racisme, est-ce vraiment le but recherché ?

Le racisme est indivisible, malgré le rapport Rufin : distinguer l’antisémitisme, faire un sort particulier au juif, cela revient à donner de la graine à moudre aux diverses errances polico-médiatiques, celles des organisations juives et d’Alexandre Adler qui, tels les alcooliques au dernier stade du delirium tremens, voient la vermine rampante du IIIe Reich dans la moindre contradiction face à leur défense passionnée de la politique de Sharon ; celles de la grande presse française à la recherche du sensationnel,et le trouvant dans l’hypothétique invasion des beaux quartiers par les hordes islamiques des banlieues ; celles de Sharon, enfin, rendant service à son allié américain en créant des problèmes à la France "chiraquienne" en appelant les Juifs de France à venir se réfugier dans la "sécurité" d’Israël, alors pourquoi construit-il un mur sur les terres palestiniennes ? .

Sans bénéfice aucun pour les Juifs ! être "distingués" ainsi, jouir d’un tel excès de "discrimination positive" est le simple revers du l’obsession antisémite... Il suffit de lire les thèses en miroir d’une poignée de négationnistes rassemblés autour d’Israël Shamir sur internet. Russe, puis Israëlien converti, surgi dont ne sait où, et lié à Dieu sait qui, il revendique la filiation de Saint Paul, voire de Staline, recyclé en icône orthodoxe, le tout pour fonder une église anti-impérialiste dénonçant "le complot juif mondial", à la manière de Drumont [1]. Obsédés du seul antisémitisme et antisémites patentés ont au moins en commun de ne penser qu’à ça ! ! ! Le terme d’alliés objectifs résume assez bien la situation car l’existence, pourtant confidentielle, de ces idéologues néo-nazis, semble avoir pour unique fonction de diviser la solidarité palestinienne et de permettre aux amis les plus passionnés de G.W.Bush et de Sharon, de stigmatiser le mouvement alter mondialiste, qui a pourtant dénoncés Israël Shamir...

Le rapport Ruffin, rapport officiel de la République poursuit ces troubles démarches en choisissant l’effet loupe sur les seuls juifs. Il crée ainsi un "super-racisme" justifiable d’un traitement spécifique, ce qui ne peut que faire monter la conscience de l’injustice chez les populations immigrées de nos anciennes colonies, légitimement exaspérées de surcroît par ce qui se passe en Palestine. Mais peut-être est ce là l’effet recherché ? Car le fond n’est-il pas que la France a la particularité sociologique d’avoir le plus grand nombre de Juifs et de Musulmans de tous les pays européens comme citoyens français, et qu’elle a la particularité politique, par suite de la position de son gouvernement en Irak, d’avoir fortement déplu à son "allié" nord-américain et à l’équipe Bush en particulier ? Dans ce cas est-il raisonnable qu’un rapport très officiel contribue à la division française souhaitée par les irascibles locataires actuels de la Maison Blanche ?

On se dit ce n’est qu’un rapport ! Pourtant, au train où vont les choses et la folie qui semble s’être emparé des médias et du landerneau politique, on imagine bien un excité, partisan fanatique de l’alliance atlantiste -il s’en trouve dans tous les camps, même si les plus actifs semblent se concentrer dans le P.S. - proposant que le dit Rapport Rufin débouche sur un texte législatif... Et l’Assemblée Nationale le votant à la quasi unanimité, , de peur d’être accusée d’antisémitisme par la grande presse... En attendant nous aurions désormais institué le délit d’opinion, la discrimination entre citoyens suivant leur origine géographique ou religieuse, et les conditions objectives d’une division de la population française, sans parler de celle d’une vague antisémitisme véritable...

Frédérique

#29 Rodney McKay

    And they've a plan...

  • Membres
  • 672 Messages :

Posté 28 décembre 2005 à 12:13

Les posts suivants ont été séparés du topic sur Dieudonné MBala Mbala et combinés avec un topic qui traitait du même sujet.
La citation est extraite de ce post : http://www.onnouscac...ic.php?p=164464


frizer32, le Mercredi 28 Décembre 2005, 00:22, dit :

Etre antisioniste c'est être antisemite maintenant ! il y a même des juifs antisionistes, ils seraient contre eux même ?

Amicalement,

Frizer32
cela depend ce que l'on entend par "sioniste".... Si on considère un sioniste comme une personne qui pense que les Juifs ont le droit de vivre en Israel, alors dans ce cas antisionisme=antisémitisme. Si on dit qu'un sioniste est une personne style Netanayu qui pense que les Juifs doivent controler TOUTE la Palestine et eradiquer ou au moins expulser les Palestiniens de cette terre, alors ce n'est pas equivalent.. la très grande majorité des Juifs sont "sioniste" dans le sens ou il sont pour l'existence d'Israel, sans pour autant dénier aux Palestinien le droit d'y vivre aussi avec leur propre Etat

#30 Tixi

    Sans Titre

  • Bannis
  • 3 070 Messages :
  • Localisation : Agen

Posté 28 décembre 2005 à 12:43

merde rodney selon ta définition je suis antisémite alors ... c'est bizarre quand même

Selon le dico
sioniste : mouvement pour l'instauration d'un état juif en palestine

Je suis antisioniste, les juifs n'ont rien à foutre en palestine et doivent tout rendre aux palestiniens
Je ne suis pas antisémite, je ne déteste pas les juifs

Faut faire attention au vocabulaire ....