Je trouve cela extraordinaire que certains de mes coreligionnaires occidentaux aient pu s'arracher de leur milieu, de leur culture, pour aller accomplir une retraite en une terre si lointaine, au sein d'une "philosophie" si étrangère à l'esprit occidental, loin, si loin, dans les Himalaya, sur le toit du monde...
Pour ce qui me concerne, il n'y a que trois éléments qui minorent mon désir de m'investir dans la voie ouverte par le bouddhisme, cette voie si souriante par ailleurs, si simple, si épurée aussi… Ce sont les rites, l'étude du dharma et la langue tibétaine.
Je ne veux apprendre ni l'hindi ni le tibétain. Question de sens pratique. Je maîtrise déjà le Français et l'Anglais, je consentirais bien évidemment à "baragouiner" quelques mots et quelques phrases pour me faire comprendre dans l'une et l'autre langue, mais de là à entamer un apprentissage approfondi de ces deux langues (riches sans aucun doute), il y a là toute une démarche d'acclimatation culturelle dont je voudrais me dispenser (pour aller 'droit au but', si je puis me permettre l'expression).
Je ne désire pas davantage étudier la doctrine que j'ai – plus ou moins sérieusement – étudiée dans des livres traduits en Anglais ou en Français, car j'en ai plutôt assez de l'intellectualité (j'ai 8 ans de philosophie derrière moi). Ce sont plutôt la méditation, l'action, l'ascèse et la danse qui m'interpellent et mobiliseraient toute mon énergie.
Je ne souhaite pas enfin m'encombrer de formes ritualisées (quoique j'en comprenne la fonction) ; là encore pour des considérations pragmatiques. L'expression libre et jaillissante d'une spiritualité combative, est-ce possible, utopique, décalé, dans ces terres si lointaines de l'Himalaya ?
Et pourtant, je 'sais' intuitivement que, quelque part sur le toit du monde, il y a un lieu, un maître, une petite maisonnette de pierre et de bois, sur un flanc de vallée sans arbre, pierreux, à des kilomètres de tout, où je dois me rendre. J'ai vu trois fois ce lieu en rêve (semi-astral), et quant au maître en question, il avait le crâne rasé et m'appelait d'ailleurs "son fils". C'est un peu comme si une partie de mon cœur est quelque part à l'est ou à l'ouest du Népal, mais comme les indices sont minces… C'est comme chercher un Yak à trois cornes dans une montagne de foin
Je sais que mon voyage là-bas ne serait qu'une simple étape, un tremplin vers d'autres horizons, mais plus j'avance en âge (j'ai 28 ans), et plus ce désir s'impose comme une étape fondamentale et incontournable de ma vie. Mais en tant qu'occidentale, n'aurais-je pas trop à souffrir du climat ? du froid, de la mousson ? de l'hygiène ? du décalage culturel massif ?
Et pour ne pas avoir à dépendre de qui que ce soit, combien dois-je mettre de côté ? Je me suis fixée une somme de départ de 15000€ (100 000Fr) pour partir l'esprit "serein", mais est-ce trop, juste ce qu'il faut, un peu juste ? (Disons pour y crapahuter 3 ans, voire 4, avec une vie relativement frugale... Je ne vais pas y faire du tourisme.) Dans mon esprit, l'argent servirait surtout à engager des guides, me payer un peu de thé, quelques fruits, de l'eau ; faire quelques séjours ici et là, en monastère surtout, et chercher (en marchant) jusqu'à ce que je trouve ce maître. Pas vraiment la grande vie, comme vous le voyez.
Est-ce du domaine du possible ? (Trouver un maître à partir de ces quelques éléments, si maigres...)
Quels conseils pratiques auriez-vous à me donner ?
Le bouddhisme tibétain, cela vous inspire quoi ? (Tradition Kagyu - les bonnets jaunes, je crois)
Vous avez l'expérience de l'Himalaya indien, népalais, tibétains ? Venez m'en parler, vous me combleriez !
Amicalement vôtre,
Marie.










