Je n'ai pas tout compris

. Ceci dit j'aime bien le sujet.
Peut-on vivre sans identité sociale ?
Oui, bien sûr, mais faut-il refuser pour autant
ce surcroît d'humanité sous prétexte qu'il constituerait un moyen de contrôle ?
Mon humble avis, c'est que la
lucidité nous permet à la fois de supporter/exprimer maintes identités (psychique, culturelle, géographique, sociale, religieuse, linguistique...) sans nous laisser déterminer (enfermer/définir) par elles.
On se sait reconnaissable/identifiable par sa langue, on peut en accepter la détermination, mais on n'accepte pas pour autant de se laisser enfermer par elle, de se laisser totalement définir par cette détermination accidentelle.
L'homme est toujours au-delà de ses identités (accidents, déterminations).
Il s'en enrichit pour peu qu'il sache les considérer comme ce qu'elles sont (à savoir, des déterminations). Autrement dit :
L'homme s'inscrit dans une langue, mais se doit toujours de la transcender.
L'homme s'inscrit dans une culture, mais se doit toujours de la dépasser.
L'homme s'inscrit dans une apparence corporelle (féminin, masculin), mais se doit toujours d'être perçu comme une
personne avant tout.
L'homme s'inscrit dans une identité sociale, mais ne se laisse pas complètement définir par elle.
On peut vivre
avec une identité sociale, mais à condition de savoir trouver la juste distance intérieure vis-à-vis d'elle. Elle n'est supportable que si nous préservons notre lucidité (conscience de soi, avoir conscience de ses déterminations).
L'homme définissable, prévisible, identifiable de A jusqu'à Z, cet homme-là a perdu sa dimension d'infini, sa beauté et son mystère. Pourquoi ? Justement parce qu'il a adhéré sans recul à ses déterminations, parce qu'il n'a laissé aucune distance (aucune lucidité) entre lui-même et ses déterminations/identités.
Marie
Ce message a été modifié par Marie - 28 octobre 2004 à 21:28.