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Publications médicales et désinformation


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#1 zazen

zazen

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Posté 02 novembre 2004 à 12:52

ERIC GIACOMETTI , (journaliste d'investigation au Parisien, a consacré quatre années d'enquête à ce dossier qu'il a contribué à révèler) EXTRAIT DE SON OUVRAGE :

"La Santé Publique En Otage". EDITIONS ALBIN MICHEL Janvier 2001


Des médecins sous influence :


« Ces journaux orientent considérablement les informations qu'ils diffusent vers les médecins dans un sens favorable aux intérêts des annonceurs pharmaceutiques. »

Rapport sur la presse médicale par le syndicat de médecins MG France en vue de la création d'une commission d'enquête parlementaire.
« L'information médicale est trop souvent la simple couverture du message publicitaire. »
Comité consultatif national d'éthique, 1995.

Comment votre médecin est-il informé sur les vaccins, les médicaments, leurs bienfaits et leurs dangers ? Selon diverses études, les délégués médicaux des laboratoires constituent la première source d'information suivie par la presse médicale généraliste. On a vu l'objectivité des dépliants publicitaires fournis pendant la campagne de 1994.

Les délégués médicaux sont payés pour faire vendre les produits, ils ne vont pas s'étendre sur les effets indésirables (Le plus amusant c'est que les techniques marketing des labos sont les mêmes d'un bout à l'autre de la planète. Ainsi, dans le New Zealand Medical Journal du 13 septembre 1989, un médecin néozélandais, Jonathan Jarman, ironise sur les techniques de promotion de SmithMine : « L'une de leurs délégués médicaux m'affirmait même qu'elle ne passerait jamais une nuit dans une chambre d'hôtel dont l'occupant précédent était porteur du virus. Que de confusion! »)

Reste la presse médicale, très diffusée auprès des généralistes et qui a toujours défendu le vaccin.

« Pendant quelques années, explique Dominique Huas, j'ai participé à la rédaction des pages formation d'un journal médical, j'ai pu y écrire ce que je pensais sans contrainte. Jusqu'au jour où on m'a proposé d'écrire quelques lignes sur les vaccinations avant un voyage en Asie. J'émis de sérieuses réserves sur l'utilité du vaccin contre l'hépatite B (...) le rédacteur en chef m'avertit que mon propos avait choqué le comité éditorial, d'autant que le numéro spécial vacances était financé par un des laboratoires commercialisant ce vaccin. II me proposait donc de revoir ma copie. Devant mon refus indigné, il me prévint qu'il ne pourrait pas passer mon papier et demanderait à un autre généraliste de réécrire le texte. Ce qu'il a fait. Ma collaboration avec ce journal s'arrêta donc là. »

Ce médecin généraliste est particulièrement remonté en cette fin 1995 quand il alerte ses collègues de la revue Pratiques sur les curieuses méthodes de certains titres de la presse médicale. Dès le début de la campagne lancée par Philippe Douste Blazy, et en dépit de la polémique sur les effets secondaires, toutes les revues commerciales spécialisées prirent fait et cause pour le vaccin. Au moment de chaque nouvelle crise, la ligne Maginot de défense du vaccin se dressait fièrement.

« Sclérose en plaques : un vaccin hors de cause », pour l'hebdomadaire Impact Médecin du 20 décembre 1996. Avec cette prophétie cocasse : « Cette décision officielle devrait mettre fin à la polémique sur les dangers du vaccin, largement montée en épingle par certains médias. » « Pourquoi SmithKline-Beecham fait appel », titre Le Quotidien du médecin du 9 juin 1998, à propos du jugement de Nanterre favorable à une victime. « Hépatite B, la poursuite de la prévention vaccinale est capitale », affirmait déjà Le Quotidien du médecin le 20 mai 1997. « Les enragés de l'antivaccination », s'indigne Le, journal international de médecine en janvier 1997. D'une année sur l'autre, la ligne ne varie pas. À propos de la décision d'indemniser les victimes du vaccin en mars 2000, Le Panorama titre : « Faut-il accuser la direction générale de la Santé ? »

Le contenu des articles respecte toujours la même logique : interview d'un partisan du vaccin - laboratoire ou médecin hospitalier - et questions à l'avenant. Dans « Vaccin hépatite B comment rassurer les patients », Impact Quotidien du 22 janvier 1998 livre à ses lecteurs médecins une interview du PDG de Pasteur-Mérieux-Connaught. On tremble devant la témérité de la question posée : « La vaccination est-elle en danger ? »

Le PDG d'Impact Médecin en personne fulmine contre « les ligues antivaccination et les médias grand public tapageurs responsables de véhiculer des rumeurs », lors d'une conférence organisée par Pasteur-Mérieux-MSD, en direct de Lyon, et retransmise en vidéo dans quarante et une villes de France à l'intention de trois mille médecins.

Dans le déluge d'articles, souvent issus de colloques organisés par les firmes, on ne trouve nulle trace de dossiers détaillés sur les publications médicales internationales qui jettent le doute.


Idéologie ou information ?


Ces journaux sont offerts par les firmes aux médecins. Elles financent en masse les abonnements. Attractives, bien informées, avec de belles photos, ces publications se présentent comme des organes d'information, avec des articles scientifiques bien rédigés, souvent réalisés en collaboration avec de grands spécialistes hospitaliers. Elles se veulent les défenseurs de la corporation et se targuent de délivrer une information objective et complète. Pourtant, alors que la plupart des sujets médicaux sont traités avec rigueur et professionnalisme, un domaine passe souvent sous silence : les effets indésirables des médicaments. Même le puissant syndicat de médecins généralistes, MG France, a publié un rapport accablant sur les liens unissant l'industrie pharmaceutique et les titres les plus lus par les médecins

« Il s'agit donc bien d'une presse uniquement destinée au conditionnement idéologique des médecins libéraux et en particulier des médecins généralistes. L'ensemble des dispositions réglementaires régissant tant la presse en général que les périodiques destinés aux seuls médecins ou la publicité pour les produits pharmaceutiques remboursés par l'assurance maladie sont violées en toute impunité. Au moins 80 % de la diffusion concerne des médecins non abonnés, la publicité rédactionnelle n'est souvent pas signalée, les mentions légales des firmes pharmaceutiques sont illisibles, le volume publicitaire est très largement supérieur au pourcentage utilisé. De façon assez étrange aucun contrôle n'a été effectué depuis plus de dix ans sur aucun de ces titres et pour aucune anomalie signalée ci-dessus (...). Le problème est suffisamment grave, à un moment où c'est l'existence même de notre régime de Sécurité sociale qui est enjeu. » Le syndicat demande à l'époque la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le sujet.

La seule revue qui échappe à ces accusations s'appelle Prescrire. Elle refuse la publicité des laboratoires et diffuse chaque mois des articles cinglants sur l'efficacité et la sécurité des médicaments.

On pourrait croire les laboratoires satisfaits par tant de relais journalistiques. Même pas. Pour bien enfoncer le clou, ils publient ce qu'on appelle dans le jargon du métier des « publi-rédactionnels ». Il s'agit de pages de publicité qui ressemblent à de véritables articles. Avantage : le laboratoire contrôle de A à Z ce qu'il met dans ces pages et le lecteur médecin a l'impression de lire un véritable article. Même l'Inserm reproduit dans sa revue de presse, diffusée aux instances responsables et aux chercheurs, le publirédactionnel de SmithKline-Beecham comme si c'était un « vrai » article.

Certaines études sur les risques du vaccin sont même payées par les firmes. L'une d'entre elles, signée des docteurs Zipp et Weil (SKB) et publiée dans Nature médecine en 1999, a été reprise par nombre de journalistes médicaux en France. Elle démontrait, preuves à l'appui, que le vaccin ne provoquait aucune maladie nerveuse. Enfin une bonne nouvelle... À ceci près que les experts de l'Agence du médicament l'ont descendue en flammes « problèmes méthodologiques, pas de validation de diagnostic, confusion (...), à prendre avec circonspection ».

La tarte à la crème de l'indépendance des experts

Il faut donc apprendre à décoder les informations dès que l'on parle d'« experts ». Quand un journal annonce de façon péremptoire : « Les experts mondiaux sont formels, le vaccin est inoffensif » ou encore : « Tous les experts consultés s'accordent à dire que », il faut savoir de qui on parle et dans quelle mesure ils sont totalement libres.

L'indépendance des experts est un débat récurrent en santé publique, une tarte à la crème. Les affaires de l'amiante, du sang contaminé, des hormones de croissance, du nucléaire ont toutes mis en lumière, à un moment ou à un autre, le verrouillage par les experts. Prenons l'Afssaps, ancienne Agence du médicament, l'organisme chargé de la mise sur le marché des médicaments et du contrôle des effets indésirables. L'Agence fait appel à trois cents experts extérieurs, tous qualifiés par une compétence reconnue : épidémiologistes, toxicologues, virologues... Des spécialistes que l'Agence serait incapable de payer à plein temps. Ils sont donc souvent appointés par... l'industrie pharmaceutique.

Simone Veil, alors ministre des Affaires sociales, avait imposé que tous ces spécialistes déclarent leurs liens financiers avec les laboratoires. Chaque année, le rapport annuel de l'Afssaps publie donc ces déclarations d'intérêt en annexe. Une simple déclaration sur l'honneur. Il n'y a aucun contrôle. Si certains experts n'affichent aucun lien, parfois un ou deux, d'autres étalent sans complexe des intérêts avec une quarantaine de laboratoires. On se demande comment ils font puisque, en théorie, ils n'ont pas le droit de s'occuper de dossiers de laboratoires qui les financent. Cela s'appelle un conflit d'intérêts. La revue médicale Prescrire en fait régulièrement ses choux gras et épingle les champions du partenariat avec les laboratoires : « L'emploi du temps de ces personnalités doit être fort chargé (...) en principe cela implique que ces personnes quittent la salle de réunion quand le débat aborde un dossier les concernant même de façon indirecte. De ce fait, il doit y avoir beaucoup de mouvements dans les couloirs de l'Agence du médicament. Il doit aussi y avoir des réunions en bien petit comité et des présidents de commission qui ne doivent pas pouvoir présider très souvent... »Dans l'affaire du vaccin hépatite B, les experts de la commission de pharmacovigilance, ceux qui ont innocenté le vaccin en décembre 1996, avaient-ils des liens avec les laboratoires fabricants ? J'ai demandé leurs noms à l'Agence. On m'a renvoyé à la liste du journal officiel. Sachant que tous ces médecins ne siègent pas dans toutes les commissions, il est impossible de savoir qui précisément était présent. En revanche, parmi les experts de la liste générale, quatre d'entre eux avaient des liens déclarés avec les deux fabricants du vaccin.

En France, le business du médicament se porte à merveille. En dix ans, il est passé de 45 à 100 milliards de francs.

http://www.ifrance.c...rive/scan5.html

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Posté 02 novembre 2004 à 13:09

Désinformations à tous les étages


«La suspicion de sclérose en plaques pour le vaccin contre l'hépatite B n'a aucun fondement scientifique. »
Professeur Daniel Floret lors des Journées de vaccinologie, 1999.

« Quand j'entends dire qu'il n'y a aucun risque avec ce vaccin, c'est grotesque. »Professeur Bernard Bégaud, vice-président de la commission nationale de pharmacovigilance, Libération, 10 mars 2000.

le 1 er octobre 1998 : jour de cauchemar pour les firmes pharmaceutiques. Au terme d'une interminable conférence de presse, Bernard Kouchner, secrétaire d'État à la Santé, entouré d'une brochette de spécialistes de santé publique, annonce, à la surprise générale, qu' « en vertu du principe de précaution, la vaccination dans les collèges est stoppée ». Le vaccin est toujours recommandé mais il existe peut-être un risque et, dans le doute, on recadre la vaccination. C'est un véritable camouflet pour Philippe Douste-Blazy. Cette annonce provoque la stupeur dans le public comme chez les médecins. N'avait-on pas dit que le vaccin était sans danger, que la polémique ne reposait sur aucun argument scientifique sérieux, qu'elle n'était le fruit que de médias racoleurs et de sectes antivaccinales ? Et voilà que le ministère se met, à son tour, à douter de la sécurité du vaccin.

La décision apparaît ambiguë. Si les injections sont supprimées dans les collèges, elles continuent néanmoins dans les cabinets privés et reste recommandée aux enfants et adolescents. « Incompréhensible, dramatique, stupide, inadmissible » - les commentaires acides fusent chez les hépatologues et dans les instances ordinales. Comment expliquer aux parents la nécessité de faire vacciner leurs enfants malgré cet arrêt à l'école, sous prétexte d'un risque potentiel ? Le syndicat national des pédiatres dénonce « l'incohérence totale » de la décision. La presse médicale relaie les inquiétudes des généralistes et des pédiatres qui voient les parents débarquer dans leurs cabinets, affolés à l'idée que leurs enfants vaccinés aient pu attraper une sclérose en plaques

Bernard Kouchner adresse aux médecins une longue lettre dans laquelle il explique ses motivations. Si les spécialistes du foie ruent dans les brancards, en revanche les médecins et les infirmières scolaires sont soulagés de ne plus être mêlés à cette affaire. Personne ne s'est vraiment plaint de cette décision, d'autant que la médecine scolaire était au bord du gouffre par manque d'effectifs et de moyens. Pour les laboratoires, c'est une catastrophe. Les réunions de crise s'enchaînent aux sièges des deux firmes, à la Défense et à Lyon. Les rapports des délégués médicaux confirment le malaise des médecins. Les responsables des firmes sont d'autant plus inquiets que la décision de Bernard Kouchner a été répercutée dans les autres pays occidentaux, dont les EtatsUnis. Si encore le ministre était un inconnu comme ses prédécesseurs, mais le french doctor, jouit d'une aura internationale. La contre-attaque ne va pourtant pas venir des firmes mais de la prestigieuse OMS. « Cette décision, estime-telle, va entraîner une perte de confiance du public dans ce vaccin et d'autres pays risquent de suspendre cette vaccination ou d'en retarder l'introduction (...). Arrêter la vaccination se traduirait par une augmentation considérable du nombre de malades de cancers du foie et de cirrhoses. »

L'OMS digère d'autant plus mal la décision française qu'elle avait organisé pendant trois jours, du 28 au 30 septembre, un colloque de crise sur la sécurité du vaccin hépatite B en réunissant une quarantaine de spécialistes sous l'égide du Conseil pour la prévention de l'hépatite virale, le comité décisionnel le plus important dans les recommandations vaccinales contre l'hépatite B. Les conclusions des experts indépendants, dirigés par le docteur David Heymann, établissaient l'absence de lien entre le vaccin et les maladies observées.

L'OMS nage en réalité en plein conflit d'intérêts. L'équipe de Bernard Kouchner diffuse la liste des experts présents à cette réunion. Sur quarante-deux participants, onze appartiennent aux trois grandes firmes Merck, SKB, Pasteur-Mérieux. À ces représentants de firmes s'ajoutent une dizaine d'autres médecins qui ont été les promoteurs de la vaccination sur le plan mondial, ou dans leurs pays respectifs. En réplique, l'OMS, dans son bulletin officiel, accuse Bernard Kouchner d'avoir cédé au lobby antivaccination. Dans les instances de santé publique, ce genre d'attaque peut ruiner une réputation. Pourtant, le professeur Bernard Bégaud, viceprésident de la commission nationale de pharmacovigilance, reconnaîtra : « Bernard Kouchner a pris la seule décision intelligente. Il n'y en avait pas d'autre. » Passé le moment de stupeur face à ces attaques, l'entourage de Kouchner fait savoir que l'OMS devrait se mêler de ses affaires, et que la France n'est pas un pays du tiers-monde. Il ironise sur les liens privilégiés entre l'organisation et les fabricants de vaccin. La France a battu tous les records de vaccination, cela laisse de la marge pour les années à venir.

Un mois plus tard, les fabricants de vaccin se lamentent de la chute des ventes. Dans Libération, Philippe Bouvier, directeur général de PasteurMérieux France, annonce une baisse de 60 % des achats de doses et souligne que « les gens ne veulent plus se faire vacciner ». « Ils se disent que si on a arrêté dans les collèges, c'est parce qu'il y a des problèmes », constate-t-il. De son côté, SKB annonce une chute des ventes de 40 %. Deux ans plus tard, toujours dans Libération, le professeur Bégaud fulmine contre ceux qui veulent faire porter le chapeau à Bernard Kouchner : « La chute a eu lieu avant la décision qui a permis au contraire de relancer sur des bases plus claires. C'est une vraie manipulation. »

La science dans l'étau

« Il n'y a rien de scientifique pour étayer les accusations contre le vaccin hépatite B, toute l'affaire ne tient que sur les témoignages de pauvres gens victimes de coïncidences et les discours de mauvaise foi de ligues antivaccination. Aucune étude épidémiologique n'a jamais rien montré de concluant ni en France ni dans le monde. » Telle est, en substance, la position des laboratoires, de l'OMS et d'une partie du corps médical. À partir du moment où le virus de l'hépatite B ne provoque pas de maladies démyélinisantes, le vaccin est innocent. Quu'en est-il réellement des connaissances de la science ?

La première interrogation date de 1976, dans un article de la revue La Recherche (n° 72) : « Pour plusieurs virologistes et en particulier pour le professeur Arie J. Zuckerman, l'utilisation de l'antigène HBs dans les vaccinations n'est pas sans danger. On soupçonne en effet cet antigène de contenir des protéines humaines et son injection comme vaccin pourrait donc s'accompagner de troubles autoimmunes. »

Le professeur Zuckerman est le patron du département de microbiologie de l'école de médecine tropicale de Londres et un grand partisan de la vaccination. Son avertissement s'est révélé prémonitoire.

Depuis 1986, au moins 136 notifications médicales de maladies apparues après cette vaccination contre l'hépatite B ont été publiées dans les revues spécialisées nationales et internationales ( voir sur le site). Une publication est effectuée par un ou plusieurs médecins, généralement des spécialistes de bon niveau, et elle décortique le cas d'un ou plusieurs malades après l'injection. Ces articles ont une longueur d'une demi-page à une dizaine, selon le nombre de sujets étudiés, et sont assortis d'une discussion sur les mécanismes possibles de responsabilité du vaccin. Chaque article est relu par un comité d'experts, ce qui permet de filtrer les discours fantaisistes ou trop biaisés. Malheureusement, ces articles sont peu répercutés par la presse médicale commerciale. Rares sont donc les médecins généralistes qui peuvent les consulter dans leur intégralité.

Si, dans ces publications, la majorité des médecins signataires ne remet pas en cause le bien-fondé de la vaccination, ils se posent en revanche de sérieuses questions sur son innocuité. Ils décrivent toujours les mêmes maladies : des affections autoimmunes, le système immunitaire censé protéger contre les agressions externes qui s'emballe et se retourne contre le corps. Or, c'est le champ d'action restreint dans lequel agit le vaccin, qui n'est autre qu'un agent de stimulation de l'immunité. Ces maladies constituent un véritable fourre-tout, allant de l'atteinte des nerfs aux rhumatismes, en passant par la peau, les yeux ou les oreilles. Les principales familles de troubles observés sont :

Neurologie : la sclérose en plaques a été la plus médiatisée mais ne représente qu'une partie de ce que l'on appelle les maladies démyélinisantes. On trouve aussi des cas de paralysies faciales, polyradiculopathies, GuillainBarré, névrites, myélites, sclérose latérale amyotrophique.

Rhumatologie: polyarthrites rhumatoïdes, spondylarthropathies, arthralgies.

Ophtalmologie : occlusion de la veine centrale de la rétine, neuro-papillite, diplopie, névrite optique, épithéliopathie.

Dermatologie: érythème noueux, lupus, lupus érythémateux, lichen plan, sclérodermies.

Hématologie : thrombocytopénie, purpura, aplasies, cryoglobulinémie.

divers : alopécie (perte des cheveux), surdité, atteinte pulmonaire, diabète, myasthénie (atteintes musculaires), syndromes hépatiques.


Aron Dov Cohen et Yehuda Shoenfeld, chefs du département de médecine des maladies auto-immunes du centre médical de Sheba à Tel Aviv, ont publié une étude de cinq pages sur le sujet en 1996. Ils précisent que « le nouveau vaccin recombinant contre l'hépatite B est différent des autres vaccins par son aptitude à déclencher l'auto-immunité, probablement par différents mécanismes ». Une observation que ne partagent cependant pas d'autres auteurs.

Une réalité demeure : les médecins ne rapportent pas dans ce type de publications des maladies couramment répandues dans la population et dont les facteurs de déclenchement sont connus : cancers, maladies cardio-vasculaires, etc. En d'autres termes, une personne vaccinée qui ferait quelques jours, quelques semaines ou quelques mois après un infarctus, souffrirait d'un cancer du sein ou d'une fracture du col du fémur, ou déclarerait un sida - ce qui est statistiquement possible sachant qu'en France presque la moitié de la population a été vaccinée -, ne rentre pas dans le champ d'investigation. Cette méthode réduit donc massivement l'éventail des coïncidences. D'ailleurs, les associations de victimes, en France et aux ÉtatsUnis, qui recueillent depuis des années de façon spontanée les témoignages, recoupent exactement les mêmes maladies auto-immunes. Il est important de le signaler car ces cas ont été recueillis bien avant la médiatisation des effets du vaccin, un phénomène qui pourrait inciter des victimes potentielles à focaliser sur telle ou telle maladie.

Cinq pistes pour une enquête sulfureuse

Observer une maladie, même récurrente, ne suffit pas, il faut pouvoir identifier le mécanisme possible de son déclenchement. Les scientifiques envisagent six hypothèses sérieuses mais qui demeurent sujettes à controverse.


1. L'effet accélérateur. L'injection du vaccin ne provoque pas les maladies mais les révèle par une stimulation brutale des mécanismes immunitaires. Les victimes seraient porteuses silencieuses de leur maladie (sclérose en plaques, lupus, etc.) qu'elles auraient développée de toute façon sans le vaccin. Celui-ci n'aurait fait qu' « accélérer » la survenue des symptômes. C'est la seule hypothèse retenue, du bout des lèvres, par les partisans du vaccin quand ils écartent la théorie des coïncidences.

2. Le mimétisme moléculaire. Le vaccin stimule la production d'anticorps et de cellules immunitaires qui se trompent de cible et confondraient les protéines de la personne vaccinée avec celles contenues dans la préparation vaccinale. Dans l'exemple de la sclérose en plaques, certains auteurs suspectent que les constituants de la gaine de myéline entourant les nerfs, et qui se disloque pendant la maladie, présentent des ressemblances avec une partie du virus. Cette hypothèse s'appuie sur des travaux qui, en 1985, ont identifié chez le lapin cinq acides aminés d'un fragment de myéline commun avec une partie du virus de l'hépatite B. Un modèle qui, pour le moment, n'a pas été retrouvé chez l'homme.

3. Les adjuvants et conservateurs toxiques. Pour augmenter l'efficacité du vaccin, les industriels ont rajouté deux éléments chimiques, en très faibles quantités, suspectés de déclencher des maladies neurologiques quand ils sont diffusés à forte dose
le mercure et l'aluminium. Le mercuthiolate sodique est ainsi employé pour mieux conserver les vaccins. Or, dans leurs recommandations de juin 2000, les experts de l'Afssaps et la FDA aux Etats-Unis recommandent aux fabricants de ne plus utiliser ce produit et aux médecins d'éviter les vaccins contenant du mercuthiolate pour les nourrissons et les femmes enceintes. Après avoir laissé le temps aux laboratoires d'écouler leur stock... Quant à l'hydroxyde d'aluminium, ajouté pour stimuler la réponse immunitaire, des études sont en cours pour évaluer ses effets alors qu'une polémique a été déclenchée en France sur la responsabilité de la présence d'aluminium dans l'eau du robinet dans la hausse de maladies d'Alzheimer 2.

4. Les complexes immuns. Les anticorps sécrétés par l'organisme et les antigènes du vaccin se mettraient en « boule » pour former des amas, appelés complexes. Ces grappilles iraient se loger dans les reins, les articulations, la peau, les nerfs... et bouleverseraient leur fonctionnement. L'hypothèse est d'autant plus intéressante que l'on observe aussi la formation de ces complexes chez des personnes infectées par le virus de l'hépatite B. « Un grand nombre des manifestations extra-hépatiques du virus B correspond à la réaction inflammatoire secondaire à un dépôt de complexes immuns circulant dans la paroi des vaisseaux (...). 30 à 40 % des périartérites noueuses sont associées à des complexes antigèneanticorps-antiHBs », notent des médecins du CHR d'Orléans .

5. La susceptibilité génétique. C'est l'une des pistes les plus séduisantes. Nous ne sommes pas tous égaux devant la vaccination et certains groupes de population, minoritaires, ne la supporteraient pas. Explications : les chromosomes de nos cellules portent notre patrimoine héréditaire, des milliers et des milliers de gènes qui contrôlent la fabrication des protéines, les unités élémentaires constituant notre corps; chaque gène possède une fonction précise - la couleur des yeux, la carnation de la peau... - mais il existe des gènes dont la fonction est plus complexe, ainsi ceux du système appelé complexe majeur d'histocompatibilité, nommé HLA, centre principal de commande des réactions immunitaires de l'organisme. Cet ensemble de gènes situés sur le sixième chromosome contrôle le rejet ou l'acceptation des greffes. Ce système, d'une complexité fascinante, a été découvert par le professeur jean Dausset et lui a valu le prix Nobel de médecine. Or, on sait que des variantes de ces gènes favorisent la survenue de différentes maladies autoimmunes. Les porteurs des gènes DR2, BL7, ont une probabilité supplémentaire de souffrir de sclérose en plaques, d'autres de polyarthrite rhumatoïde, etc. Il existe aussi des tableaux de correspondance entre gène et maladie associée. Ce qui ne signifie pas que toute personne possédant ces gènes va tomber malade, mais ils constituent un facteur de risque.


Dans une soixantaine de publications, les médecins ont retrouvé ces marqueurs et s'interrogent sur l'existence d'une population hypersensible au vaccin. Ainsi, en 1998, lors des journées nationales de la Société française de rhumatologie, une équipe de spécialistes de six services hospitaliers de rhumatologie (Dijon, Strasbourg, Besançon, Lyon, Bourg, Grenoble) a présenté une étude portant sur dixneuf malades atteints d'arthropathies survenues après une vaccination hépatite B. Le délai séparant l'injection des troubles variait entre un jour et deux mois, et des patients étaient porteurs du HLA DR4 et B27. « Cette vaccination peut donner lieu à des réactions d'hypersensibilité mais pourrait également jouer un rôle de "gâchette" dans le déclenchement d'affections auto-immunes et/ou inflammatoires chez des sujets prédisposés. »

Un autre argument va dans le sens d'une prédisposition génétique. Depuis de nombreuses années, les chercheurs se sont aperçus qu'entre 5 et 12 % des personnes vaccinées contre l'hépatite B ne répondent pas aux injections. En langage de laboratoires, on les appelle des « immuno-incompétents », ceux pour qui « ça ne marche pas ». Ces immunodéficients ne fabriquent pas assez d'anticorps pour les protéger contre une infection de l'hépatite B et sont, eux aussi, identifiés par des gènes HLA précis, DR3, DR7 et d'autres marqueurs. « S'il existe une population de non-répondeurs, il est concevable qu'il existe un sous-groupe de mauvais répondeurs qui ne supportent pas le vaccin », explique l'un des signataires.

Bouche cousue chez les blouses blanches

Si les spécialistes n'hésitent pas à publier leurs travaux dans des revues professionnelles, ils sont très réticents à les diffuser dans un média grand public. Au début, je ne comprenais pas pourquoi les médecins que je contactais refusaient tout entretien jusqu'au jour où l'un d'entre eux accepta de m'expliquer sa position : « Depuis la médiatisation de l'affaire, je ne veux pas parler aux journalistes pour deux raisons. La première, c'est que mes déclarations risquent d'être amplifiées et qu'à partir de quelques dossiers médicaux, pour lesquels je suis convaincu que le vaccin est l'élément déclencheur, les lecteurs non avertis vont croire que le vaccin va provoquer ces maladies pour tout le monde. Ce qui serait faux et dangereux. La seconde, c'est que critiquer un vaccin, même en restant prudent, équivaut à s'exposer à un retour de bâton de certains confrères et à se faire le complice des ligues antivaccination. Le seul fait d'avoir publié dans une revue médicale m'a attiré quelques réflexions désagréables, encore que, paradoxalement, il soit plus facile de publier maintenant depuis que l'affaire est médiatisée. »

Il arrive parfois que les pressions brisent la réputation d'un chercheur. C'est ce qui est arrivé au docteur Bart Classen quand il a voulu alerter l'opinion sur les hausses de diabète chez les enfants vaccinés contre l'hépatite B. En octobre 1999, lors d'une enquête aux États-Unis, j'ai rencontré à Washington cet immunologiste, ancien chercheur au NIH, Institut de médecine national, qui avait publié un article médical

« En 1996, j'ai publié dans le New Zealand Medical journal une étude qui montrait une augmentation de 60 % des diabètes chez les enfants après la campagne de vaccination massive entre 1988 et 1991. Le diabète est une maladie autoimmune qui peut avoir plusieurs causes et qui est bien connue des spécialistes de la sécurité des vaccins. À l'époque, je voulais seulement lancer un signal d'alerte et que les pouvoirs publics lancent des études sur ce sujet.

» Un rapport officiel est paru deux ans plus tard pour mettre en pièce mes travaux. Selon ce texte, aucun autre médecin n'avait trouvé les mêmes tendances. Mais mes véritables ennuis ont commencé après mon passage à la télévision dans une émission d'ABC. J'ai été convoqué par le docteur Neal Hal sey, l'une des plus grosses huiles du milieu de la vaccination, professeur au john Hopkins Hospital, responsable de l'association des pédiatres américains, membre du Comité national des vaccinations. En guise d'entretien, c'était un procès en bonne et due forme. Je me suis retrouvé seul face à une assemblée de médecins, du NIH, du CDC, de la FDA, qui m'ont attaqué violemment, me reprochant d'avoir voulu affoler la population sans fondements. Selon eux, je risquais de détruire la campagne de vaccination alors que mes travaux avaient été réfutés. Exprimer des inquiétudes dans un média grand public sur un vaccin était inqualifiable. Depuis, j'ai été marginalisé comme opposant aux vaccins, un comble alors que mes recherches n'ont comme seul but que de renforcer leur sécurité ! Or, il existe un véritable problème avec ce vaccin et le public est en droit d'exiger une plus grande transparence, mais il est clair que cette affaire met en jeu des intérêts énormes. Si on ne trouve rien, c'est surtout parce qu'on ne veut rien trouver. »

Par la suite, j'apprendrai que le docteur Halsey, l'accusateur principal de Classen, entretient des liens financiers avec les fabricants de vaccins.

La médecine est un milieu souvent impitoyable, surtout quand des intérêts financiers sont en jeu. Quelques spécialistes ont néanmoins accepté de témoigner. Le premier, en 1996, fut le docteur Olivier Gout, neurologue dans l'équipe du professeur Lyon-Caen à l'hôpital de la Salpêtrière. C'est de ce service que partit l'alerte en 1995. Une trentaine de patients atteints de sclérose en plaques postvaccinales hépatite B y étaient suivis. Sur la responsabilité du vaccin, il se montre particulièrement prudent : « C'est extrêmement difficile de se prononcer de façon tranchée. Disons qu'il y a peut-être quelque chose. De là à dire que le vaccin est responsable, c'est un pas que je ne franchis pas. Il faudra attendre le résultat d'études épidémiologiques pour savoir si le lien est bien réel ou si c'est une coïncidence. »

Or, même cette formulation provoqua à l'époque des remous dans le corps médical et exposa son service à quelques pressions senties. Non seulement je n'ai jamais réussi à refaire témoigner le docteur Gout, mais lui et ses collègues ont tout fait ensuite pour tenir les journalistes à distance et continuer leurs travaux dans le calme. Ce qui peut se comprendre.

Pourtant, dans leurs publications le chercheur et ses confrères sont beaucoup plus précis. Dans la Revue de neurologie, il souligne que « les complications neurologiques semblent survenir avec prédilection chez les patients les plus susceptibles de développer une sclérose en plaques, sexe féminin, moyenne d'âge proche de trente ans, surreprésentation des groupes HLA DR 2, antécédents de sclérose en plaques dans la famille », et de revenir sur l'hypothèse du mécanisme de mimétisme moléculaire.

Le professeur Jean-Marie Durand, spécialiste de médecine interne à l'hôpital Sainte-Marguerite de Marseille, a publié, avec des confères, en 1995, dans le Journal of Neurology Neurosurgery, le cas d'un malade souffrant d'atteintes démyélinisantes après une vaccination. Deux ans plus tard, il a envoyé une lettre à la revue La Presse médicales pour demander l'élargissement des contre-indications aux personnes atteintes de maladies auto-immunes. Lors d'un entretien, il m'a expliqué alors : « Dans cette affaire, il faut faire preuve de bon sens. Si on ne peut écarter l'hypothèse de coïncidences, on ne peut pas non plus écarter la piste d'un effet secondaire. On sait que des maladies, souvent les mêmes, ont été observées après cette vaccination. Pour des raisons inconnues, la mécanique immunitaire s'est emballée chez ces gens. La stimulation vaccinale peut induire une activation des lymphocytes B qui peut aboutir à la synthèse d'auto-anticorps. Nous pensons que, par exemple, des maladies comme le purpura et le lupus systématique évolutif sont des contre-indications à ce vaccin. »

L'avertissement était d'autant plus important que le professeur se déclarait en faveur du vaccin pour les populations à risques et les adolescents. Quand il exerçait au Laos, il avait même regretté de ne pas avoir suffisamment de doses vaccinales, tant l'épidémie faisait des ravages dans la population locale.

Victimes, combien de divisions ?

L'existence de ces publications scientifiques ne suffit pas pour trancher mais démontre que le doute existe et qu'il est basé sur des observations médicales, ce qui réduit en pièces la théorie d'une affaire basée seulement sur des racontars de malades et des affabulations d'associations farfelues. Même deux cents publications additionnées ne prouvent pas une responsabilité du vaccin. Pour savoir s'il existe un risque avec un médicament, on étudie les déclarations d'effets secondaires. On peut aussi lancer des études épidémiologiques pendant des mois, voire des années, chez mille, dix mille, cent mille personnes vaccinées, en regardant si elles ont eu des maladies suspectes après l'injection. On compare avec une population de référence non vaccinée.

« Victimes, comptez vos divisions », me lança un jour un épidémiologiste en verve. Or, aucune étude publiée à ce jour sur le vaccin contre l'hépatite B, française ou internationale, n'indique un risque fort. Les opposants au vaccin peuvent trouver des biais, des incohérences, des faiblesses dans les échantillons, des suspicions de conflits d'intérêt des auteurs avec les fabricants, mais il n'empêche que rien n'indique un risque majeur.

En d'autres termes, cela écarte l'hypothèse d'un danger pour une majorité de la population. Vingt cinq millions de Français se sont fait vacciner et - heureusement! - on n'a pas vingt-cinq millions de sclérosés en plaques, de diabétiques ou de « rhumatismeux » souffreteux.

Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise, c'est qu'il existe un doute pour une partie de la population. Une absence de statistique ne signifie pas l'inexistence d'un risque. L'inquiétude porte sur des centaines, voire des milliers d'individus. Ce soupçon est confirmé par les conclusions des études rendues publiques le 6 mars 2000 par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Les experts ont remis au jour les dossiers des victimes recensées à la fin 1999 par la pharmacovigilance, intégré une partie des cas de l'association Revahb, et passé en revue les nouvelles études publiées dans l'année. En conclusion, si un risque fort est écarté, il « n'est pas exclu pour des souspopulations présentant des facteurs de sensibilité particuliers ». Il faut savoir traduire ce langage : il signifie que l'on reconnaît un risque potentiel, un pas énorme comparé aux déclarations officielles de 1996 accordant l'absolution totale au vaccin.

L'une des études publiées est particulièrement intéressante. Réalisée par l'unité de pharmacovigilance de Bordeaux 7, elle a comparé le nombre de cas recensés de maladies démiélynisantes chez les vaccinés et le nombre de cas théoriques attendus. Sans être significatif statistiquement, le chiffre observé est légèrement supérieur à celui attendu. « Peu de cas supplémentaires seraient nécessaires pour que l'excès devienne significatif » et prouve ainsi un lien. C'est un nouveau signal d'alerte.

D'où l'enjeu crucial, pour le système de pharmacovigilance, de recenser le nombre exact de victimes, car il est admis que la sous-notification des effets secondaires des médicaments par les médecins est un problème préoccupant. C'est pourquoi, dans leurs études, les experts ne s'en tiennent pas aux chiffres bruts mais utilisent des méthodes complexes pour obtenir une estimation plus fine. Et là, on entre au coeur de l'affaire et probablement de tout le système de détection des effets indésirables des médicaments en général. Le système actuel est parfait pour repérer des alertes fortes, mais incapable de mesurer un risque pour une sous-population d'individus que l'on ne peut identifier.

Pour comprendre ce casse-tête, imaginez un terrain de football en plein soleil empli de milliers de personnes de couleur et de dix albinos. À la fin de la journée, un observateur remarquera que les dix albinos ont présenté des brûlures de la peau alors que la majorité n'a rien eu. En clair, la situation est sans risque pour une majorité - le soleil ne leur est pas déconseillé - et dix cas de brûlures sur des milliers ce n'est rien. Il n'en demeure pas moins que le risque solaire est énorme pour les albinos. Transposez cette analogie à l'affaire du vaccin : les experts en pharmacovigilance constatent des accidents, suspectent une hypersensibilité au vaccin, mais sont incapables de définir précisément le groupe à risques.

D'où les exigences de l'association Revahb et de plusieurs médecins, basées sur les observations décrites dans les publications scientifiques, de reprendre les études en ciblant sur les groupes HLA afin de voir s'il n'y aurait pas une sur-représentation de certains de ces gènes chez les victimes.

L'un des scandales de ce dossier réside dans le comportement des pouvoirs publics. Ils affirment avoir la situation en main et vouloir faire la lumière. C'est faux. L'État se contente de comptabiliser. Il répertorie les accidentés, compare avec les bienportants et attend de voir si le plateau de la balance penche d'un côté ou de l'autre. Aucune recherche n'est lancée pour étudier les mécanismes biologiques des effets secondaires de ces vaccins. Aucune unité de l'Inserm, aucun laboratoire d'université, aucun département hospitalier ne travaille sur ce sujet. Telle était, en mars 2000, la situation. Pour prouver leur bonne foi, les pouvoirs publics soulignent qu'ils ont déjà dépensé près de deux millions de francs pour les études de l'Afssaps, l'une des plus grosses dépenses de la décennie dans ce type d'affaire. Deux millions, tel est donc le prix estimé par l'État pour la sécurité de vingt-cinq millions de Français. Un chiffre à mettre en perspective avec les cinq milliards de francs empochés en France par les laboratoires pharmaceutiques grâce à ce vaccin !

« Ne jetez pas la pierre aux fonctionnaires. N'oubliez pas que nous sommes dans un pays qui finance la recherche génétique à l'aide du Téléthon et d'enfants exposés en fauteuil roulant à la télévision ! Alors le vaccin... », me confia un immunologiste dégoûté par le manque de crédits attribués à la recherche en général.

Journalistes d'enquête contre journalistes médicaux


« En 1995, j'ai appelé des rédactions sur Paris, je leur ai envoyé des documents scientifiques, des dossiers d'hospitalisation. Peine perdue, personne ne m'a contacté, ne serait-ce que pour m'écouter quelques minutes. Le seul qui ait daigné me prendre au bout du fil m'a accusé de faire de la propagande pour les sectes antivaccinales. II n'y a eu à l'époque que L'Impatient pour publier mon témoignage et celui de ma femme. » Cinq ans après, Hector Delgado ne comprend toujours pas pourquoi aucun des nombreux journalistes médicaux n'a jamais voulu l'écouter. Il n'est pas le seul, de nombreuses victimes du Revahb ont trouvé porte close.

La médiatisation de l'affaire s'est faite aux forceps. Après l'article de VSD en novembre 1996, brisant le tabou, le sujet a failli être enterré suite au communiqué du ministère de la Santé innocentant le vaccin. Une partie des journalistes médicaux relayèrent fidèlement le message des autorités. Les titres des articles en témoignent : « Vaccination hépatite B, l'info arrive après l'émoi », « Hépatite B, vaccination sans risque », « Hépatite B : le vaccin reste valable ». La plupart des journalistes, sûrement de bonne foi, s'en tinrent à la version officielle. Puisque les experts le disent, c'est donc vrai. Pas besoin d'interroger des victimes... qui n'en sont pas. Seuls Sciences et Avenir, VSD et Viva, le mensuel des mutuelles, continuèrent l'enquête et apportèrent de nouveaux éléments.

À la télévision, une tentative avortée pour traiter le sujet intervint courant 1997. Sur TF1, Paul Amar prépara un « Monde de Léa » sur cette vaccination. Une équipe partit filmer quelques victimes dont la jeune Sabine Petit. Un plateau était prévu pour courant mars puis... plus rien. L'un des journalistes enverra aux Petit, quelque temps plus tard, une lettre d'explication: « Il n'y a pas eu, ici, de fin de non-recevoir. Programmé après ma venue chez vous, le sujet a été "reporté" à plusieurs reprises (...). Nous avons tous, moi-même ainsi que l'équipe, été très touchés (le mot est faible) par le drame que vit Sabine (...). J'espère que nous pourrons le dénoncer prochainement sur cette chaîne. » Le reportage restera dans un tiroir. Opiniâtre, Paul Amar traitera quand même l'affaire, un an plus tard, mais sur France 2.

Avec un producteur indépendant, Jean Yves Casgha, de Sciences Frontières, nous avons réalisé un reportage. Proposé à différentes chaînes, il a été refusé. Une partie en a été rachetée par France 3. Peut-être étions-nous venus trop tôt.

Cinq mois plus tard, en mai 1997, l'affaire repart avec la parution, dans Le Parisien, de la première décision de justice favorable à une victime. Le soufflet retombe le jour suivant. Une dizaine de jours après, le 23 mai 1997, l'OMS sort l'artillerie lourde dans son bulletin hebdomadaire international. L'organisation de Genève attaque directement les médias « Au cours de l'année écoulée, la presse populaire et la télévision françaises ont propagé des rumeurs faisant état d'un lien possible entre la vaccination contre l'hépatite B et des poussées de sclérose en plaques ou d'autres maladies démyélinisantes. À la suite de ces rumeurs, on a enregistré un recul considérable de la vaccination contre l'hépatite B et cette désinformation pourrait se répandre dans d'autres pays. » Suit une longue analyse des bienfaits du vaccin. Le terme « populaire » est pris naturellement dans un sens péjoratif : sousentendu, les journaux sérieux ne publient pas n'importe quoi. La menace porte ses fruits. Huit mois s'écoulent avant que le dossier ne resurgisse avec l'affaire du surdosage à la fin janvier 1998 (Parisien/Aujourd'hui du 21 janvier 1998). Le 20 heures de France 2 révèle, quelques semaines plus tard, d'autres zones d'ombre, non sans que n'en résultent quelques pressions sur le journaliste. « À peine avais-je quitté son cabinet que le ministère appelait le directeur de la rédaction, Albert du Roy, pour se plaindre, en vain, de mon impertinence pendant l'interview, se souvient Olivier Galzi. Ça, plus les coups de bistouri en interne, les refus des labos, les pressions du genre "vous serez responsable des milliers de morts non vaccinés", ce fut l'un des reportages les plus délicats que j'ai pu tourner. À côté, l'Afghanistan et la corruption à la Commission européenne étaient une partie de plaisir. »

Si la presse parisienne tarde à se réveiller, les quotidiens régionaux ne se privent pas d'enquêter :

Le Progrès de Lyon, Ouest France, L Est républicain, Le Midi libre, La Dépêche du Midi, La Voix du Nord, Le Courrier picard, j'en oublie probablement. « Nous avons l'avantage d'être loin de Paris, la ligne téléphonique directe du secrétaire d'État à la Santé n'a pas été tirée jusqu'ici, explique l'un des journalistes concernés. Si des lecteurs nous appellent pour nous dire qu'ils ont eu un problème avec le vaccin, la moindre des choses est de les écouter. »

Les vannes de l'information s'ouvrent peu à peu. France 3 diffuse, dans le cadre de l'émission « Nimbus », une enquête de Pascale justice, seul reportage d'investigation à ce jour sur les écrans. Il vaut à son auteur une descente en flammes par Le Monde. Sur TFI Corinne Lalo livre une enquête sur les accidents avec les bébés. Elle sera la seule à s'exercer sur ce terrain sensible.

L' Express consacre un dossier au vaccin. Annie Kouchner, ancienne belle-sueur du french doctor, révèle que des chercheurs américains prennent l'affaire au sérieux. Pierre Rossion, dans Sciences et Vie, dissèque le dossier sous l'angle scientifique. Ces deux enquêtes ont un impact jusque dans les nombreuses procédures opposant victimes et laboratoires. Elles aident l'avocate des victimes, Me Mor, à fournir autre chose que des coupures de la presse « populaire ». Les avocats des laboratoires adorent en effet expliquer qu'on ne peut comparer le sérieux du Monde au racolage du Parisien ou de VSD.

Si Le Monde le dit, c'est que c'est vrai... De fait, les articles de jean-Yves Nau et ses piges dans la presse médicale suisse garnissent les mémoires juridiques des laboratoires. Belle affiche : Le Monde - le journalisme sérieux - au côté des multinationales du vaccin face à la presse « popu » - au journalisme racoleur défendant les victimes, pour une bonne partie smicardes et paralytiques. Les anciens trotskistes qui dirigent le quotidien du soir apprécieront ce délicieux paradoxe. Jamais Le Monde n'a interviewé un plaignant dans la douzaine d'articles consacrés à ce sujet au cours des quatre dernières années, ni diffusé la moindre publication scientifique donnant crédit aux victimes. Alors que les fabricants, les fonctionnaires et les ministres concernés, ainsi que les médecins favorables au vaccin, ont eu colonne ouverte pour s'exprimer sans contrainte. Pour Le Monde, la polémique a surtout été « ampli fiée, caricaturée et parfois déformée par voie de presse écrite ou télévisuelle $ ». N'est-ce pas cocasse de recevoir des leçons de journalisme en matière de santé publique de la part d'un collaborateur du Monde blâmé par sa rédaction pour avoir reçu de l'argent de la société internationale de transfusion sanguine, dont le secrétaire général était le docteur Garretta ?

En février 2000, au moment de la publication de nouvelles études évoquant un doute sur l'innocuité du vaccin, Le Monde est le seul quotidien à affirmer l'innocence totale des injections. Même Le Figaro, jusque-là peu porté sur la polémique, nuance. Quant à Libération, il a publié les témoignages des deux parties et son chroniqueur médical, Eric Favereau, plutôt provaccin, a développé les points de vue antagonistes.

Que dire des journaux médicaux? Sur soixante articles rassemblés dans différents supports entre 1996 et 1999, je n'ai pas trouvé trace d'un portrait ou de l'interview d'une victime. Quel contraste avec les dizaines d'entretiens avec des médecins favorables aux vaccins, de comptes rendus de colloques organisés par les fabricants, d'analyses toutes plus pertinentes les unes que les autres démontrant les bienfaits du vaccin !

Comment expliquer ces oublis ? Les victimes de vaccins posent un problème de conscience aux journalistes médicaux, souvent eux-mêmes médecins. Leur donner la parole, c'est mettre en péril la vaccination. Et à partir du moment où la science ne reconnaît pas un lien de causalité, ces victimes n'en sont pas. Point final. Quand l'association Revahb a dépensé une partie de son maigre budget pour monter une conférence de presse à Paris, fin 1998, seulement cinq journalistes se sont déplacés, et quasi aucun n'appartenait à un grand média ! Les organisateurs avaient passé des nuits blanches à réaliser un dossier sur le nombre de malades, à rassembler les informations scientifiques. Pour éviter tout malentendu, ils avaient fourni des documents prouvant qu'ils n'étaient pas une association antivaccinale. En vain. « Il y avait cinq fois plus de malades que de journalistes dans la salle », se souvient l'un des organisateurs désemparé.

Un véritable clivage s'est manifesté entre deux catégories de journalistes : les spécialistes de l'enquête et des sujets chauds d'une part, contre les chroniqueurs médicaux d'autre part. Excellents spécialistes de leur discipline et imprégnés d'une conscience aiguë de leur responsabilité face au public, ces derniers sont coincés entre des rédactions en chef qui exigent des scoops peu compatibles avec la nature même de la médecine, et un corps médical moins complice qu'on pourrait le croire. À de rares exceptions près ( Comme Anne-Marie Casteret de L' Express, la tombeuse du sang contaminé, Christine Coignard du Progrès de Lyon, et Françoise Valet de France 2.), ils n'ont pas de culture d'investigation et refusent toute remise en cause de l'establishment médical. Le traitement médiatique peu glorieux du sang contaminé reste dans les mémoires. «,Janvier 1987. Un homme se présente à la rédaction d'un grand quotidien du soir, (...) il montre des documents, cite des noms, des dates. Les journalistes n'y croient pas. Encore un cinglé, ont-ils l'air de penser. Arrêtez de déconner, lui lance l'un d'eux. Fin de l'entretien (...). Il pousse la porte de tous les journaux. Ses efforts n'aboutissent à rien, il est éconduit à chaque fois. Manque d'info, peur des procès, les médias préfèrent se taire. » Cet homme, c'était jean Péron Garvanoff, celui qui, le premier, dénonça le scandale du sang contaminé.

Ces chroniqueurs spécialisés raisonnent avant tout en médecins, très respectueux de l'autorité de leur discipline. « Le silence médiatique autour des malades du vaccin hépatite B rappelle étrangement ce qu'ont vécu en leur temps les victimes du sang contaminé, explique Olivier Duplessis, président de l'AFT, l'Association française des transfusés. Par expérience des médias, je sais maintenant qu'une affaire peut sortir avec un peu de patience et l'apport de dossiers crédibles. Mis à part certains journalistes qui ne veulent pas bousculer le système et ferment le couvercle, beaucoup n'ont pas le temps de faire des enquêtes car trop débordés de travail, il faut donc leur fournir de la matière. Ce qui m'avait surpris aussi, c'étaient les étranges binômes formés par certains journalistes médicaux et des médecins, toujours les mêmes, soucieux de jeter un voile pudique sur notre tragédie. »

Cette dichotomie entre journalistes spécialisés et reporters masque parfois des haines féroces. Sur France 2, par exemple, une guerre sans merci s'est déroulée pour imposer sa vision. En juin 2000, alors que l'État accepte d'indemniser des vaccinés atteints de sclérose en plaques, au journal de 13 heures jean-Daniel Flaysaquier minimise l'information, en duplex de Tours. Il a interrompu ses vacances pour défendre le vaccin et tient à rassurer la population. Estimant cette intervention partiale, son confrère Olivier Galzi pique un coup de sang et demande à diffuser un autre point de vue. Le soir même, les téléspectateurs ont la surprise de découvrir une version nettement plus polémique. Qui a raison, qui a tort? À chacun de juger en décryptant les reportages, en sachant néanmoins que le journaliste médical, médecin de formation, s'est targué dans la rédaction d'avoir fait partie de l'équipe qui a mis au point... le vaccin hépatite B. Le conflit a d'ailleurs été tranché dans le bureau de la direction de la rédaction.

Alors, omerta concertée sur les dangers de ce vaccin ? On peut se poser la question quand on lit dans Le Panorama du médecin cette déclaration surprenante du professeur Christian Bréchot, grand défenseur du vaccin : « À chaque fois que le vaccin est visé, je suis surpris de voir que les journalistes de télévision favorables à la vaccination nous conseillent de ne pas déclencher de communiqués ou d'autres actions. Il vaut mieux ne rien faire, car plus on fait de bruit plus on donne l'impression aux groupes qui ont envie de souffler sur les braises que si l'on parle autant du vaccin c'est parce qu'il y a anguille sous roche. »

Des ménages en or

Au souci légitime de ne pas affoler la population, s'ajoute le soupçon de vouloir préserver les laboratoires pharmaceutiques. Ceux-ci savent se montrer généreux avec les chroniqueurs médicaux. Celui de France Info, présentateur et producteur d'une émission médicale quotidienne sur la Cinquième, titulaire d'une consultation dans un hôpital parisien, est aussi le patron d'une société de communication médicale chargée de l'organisation de foires et de salons au chiffre d'affaires annuel d'un million de francs. Ses clients sont des laboratoires.

D'autres chroniqueurs n'ont pas la franchise d'afficher publiquement leurs diverses casquettes. Une consoeur a touché 60 000 francs pour deux journées d'animation d'une réunion organisée par un laboratoire, soit quatre fois le montant des piges versées à un journaliste pour une véritable enquête.

N'oublions pas les voyages de presse à l'étranger, les bonnes bouffes, voire les soirées en boîte de nuit offerts par les laboratoires. Il existe même un cercle d'initiés, le Club Santé, une association de journalistes médicaux triés sur le volet, qui organise des voyages somptueux pour parler médecine. Le Vietnam, Cuba, les États-Unis, Saint-Pétersbourg, Israël... ce petit monde est invité, en compagnie de grands pontes des différentes spécialités, par l'industrie pharmaceutique. Boycottés par quelques irréductibles, dont Corine Thébault du Parisien, ces voyages font cependant carton plein dans la profession, de l'AFP aux journaux de santé grand public.

Les thèmes de travail préfigurent souvent, comme pour les défilés de mode, les tendances de la médecine pour l'année à venir.

Le grand patron du Club Santé est Daniel Vial, dont nous avons déjà évoqué le rôle décisif dans le lobbying de l'industrie pharmaceutique, et du vaccin contre l'hépatite B en particulier.

Ce système est pervers et, autant balayer devant sa porte, j'en ai profité au début de ma carrière quand je travaillais dans un mensuel professionnel lié à l'agrochimie pharmaceutique. Avec des salaires ne dépassant pas les 11 000 francs net, ces voyages offerts par les firmes étaient considérés par la direction du journal comme une récompense pour les plumitifs méritants. Tout le monde trouvait cela normal, moi le premier.

L'investigation et le médical ne feront jamais bon ménage. Dans un rapport sur le devoir de précaution remis à Lionel Jospin en 1998, le patron de l'Institut Pasteur, le professeur Kourilski, propose très sérieusement de créer un comité de contrôle des journalistes trop indépendants. Cet éminent scientifique, par ailleurs conseiller de la firme Pasteur, qui regrettait dans Le Monde l'acharnement des médias et des victimes dans l'affaire du sang contaminé, oublie de suggérer un autre contrôle: celui des liens avec les laboratoires... Quelques rares journalistes ont sursauté à la lecture de ce rapport rapidement enterré par le Premier ministre. Jean-Claude Jaillette y a consacré une analyse lucide dans un ouvrage sur la « malbouffe ».

http://www.ifrance.c...rive/scan4.html

#3 zazen

zazen

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Posté 02 novembre 2004 à 13:15

Les États-Unis eux aussi dans la tourmente



« Ce vaccin est sûr, efficace et sans danger. »
Docteur Neal Halsey, président de l'association des pédiatres, membre des comités de vaccination.
« Un réseau de vieux copains siège au CDC et à la FDA, dans toutes les instances décisionnelles (...) certains ont des liens financiers avec les fabricants, c'est inacceptable. »
Dan Burton, président de la commissiond'enquête de membres de la Chambre des représentants sur les vaccinations. Washington DC, Congrès des États-Unis, 18 mai 1999, 10 heures.


La scène semble extraite d'un film sur la justice. Assis devant une longue table, des représentants réajustent leurs micros et feuillettent quelques notes. À gauche de la pièce, la bannière étoilée, et, au centre, face aux élus, deux hommes et trois femmes se lèvent, portent la main sur le coeur pour prêter serment avant de livrer leur témoignage. Il s'agit de la première audition de la commission d'enquête parlementaire sur les dangers du vaccin hépatite B, dans le cadre d'une investigation menée par le sous-comité dépendant de la justice criminelle et de la politique du médicament. Présidé par Dan Burton, représentant de la Floride, le comité doit entendre les principaux protagonistes de l'affaire du vaccin : des victimes, des scientifiques, des associations et des hauts fonctionnaires. Les estropiés de l'hépatite B ouvrent le feu. Le premier témoin, un homme barbu d'une quarantaine d'années, montre aux représentants la photo d'un bébé, sa fille, Lyla Rose Belkin, morte huit heures après une injection du vaccin.

Retour en arrière. La polémique n'a débuté que depuis deux ans, avec la publication d'un article dans la revue Science Magazine, en août 1998. Quelques mois plus tard, la décision de Bernard Kouchner de retirer le vaccin des écoles françaises a été relayée par les médias. Ce n'est qu'en janvier 1999 que les Américains ont découvert, avec stupeur, sur la chaîne ABC, l'ampleur du problème. Du coup, de nombreuses victimes se sont réveillées et ont contacté les associations, dont le NVIC (National Vaccine Information Center), la plus grande association américaine de victimes de vaccination, qui ont alerté les parlementaires.

Retour à la commission d'enquête. Après les témoignages des victimes, c'est au tour des scientifiques et des fonctionnaires de la santé d'exprimer leurs points de vue. Officiellement, aucune victime du vaccin hépatite B n'a été recensée. Selon la FDA (Food and Drug Administration chargée de répertorier les accidents de vaccins), et le VAERS (Vaccine Events Reporting System), le répertoire officiel des effets secondaires des vaccinations, il n'existerait que des coïncidences. Une opinion commune à une bonne partie du corps médical et, bien sûr, aux deux industriels qui se partagent le marché, Merck et SKB. Le docteur Harold Margolis, chef de la section hépatite des maladies infectieuses au CDC, défend longuement le vaccin : « Ce virus est un tueur silencieux et cause la mort de cinq mille Américains chaque année. Il est de notre responsabilité de protéger la santé actuelle et future de nos enfants en généralisant l'utilisation du vaccin. Aucune étude épidémiologique ne démontre quoi que ce soit. » Et de marteler l'absence de tout lien entre le vaccin et les maladies observées chez les plaignants. La fin de la matinée sera consacrée à deux associations, d'avis opposés sur le vaccin.

En octobre 1999, lorsque je suis allé enquêter aux ÉtatsUnis, les partisans du vaccin en France clamaient que cette affaire était strictement hexagonale et qu'aucun pays n'avait enregistré de victimes. Un bien gros mensonge ou une ignorance crasse de la réalité. Selon les données du VAERS, 9763 Américains, dont 1 200 enfants, ont déclenché des maladies graves après cette vaccination. Chaque fiche livre la maladie observée, le délai d'apparition après l'injection, l'âge du patient... Plus inquiétant, 439 personnes sont mortes après ces injections, mais les services officiels tablent sur des coïncidences chronologiques.

Cette explication lapidaire ne convainc pas les malades et les associations qui les représentent. ÀVienna, en Virginie, à trois quarts d'heure de la capitale fédérale, se trouve le siège du National Vaccine Information Center. Le NVIC occupe un niveau d'un immeuble de trois étages. Dans une des pièces, un grande meuble métallique contient des centaines de dossiers de victimes précieusement archivés. Au mur, les photos d'enfants décédés. À la tête du NVIC 1, une mère de famille énergique d'une quarantaine d'années, Barbara Loe Fischer, qui a pris comme modèle Ralph Nader, le pape des mouvements consuméristes américains.

Barbara et deux autres mères de famille ont fondé leur association en 1982, après que leurs enfants furent tombés gravement malades à la suite d'une vaccination DTPolio. Au fil des ans, le NVIC a tissé un réseau d'alerte puissant dans tous les États-Unis et développe une activité de lobbying intense auprès du gouvernement et du corps médical. À la différence de la France, le NVIC ne professe pas d'idéologie antivaccinaliste extrémiste et entretient des relations avec des cabinets d'avocats et de médecins.

«J'ai siégé pendant quatre ans en tant que représentante des consommateurs au comité des effets indésirables des vaccins au département de la Santé, explique tranquillement cette femme qui fait figure d'épouvantail pour les fabricants de vaccin et une bonne partie du corps médical voyant en elle et son association une véritable menace pour la santé publique. Je connais bien les coulisses des instances vaccinales gouvernementales et je peux vous dire que le lobbying des firmes pharmaceutiques est au-delà de ce que vous pouvez imaginer,tant dans le corps médical qu'auprès des partis politiques. À cause de notre activisme pour dénoncer des dangers bien réels, le gouvernement fédéral et les industriels ont créé, en 1986, un fonds spécial d'indemnisation des victimes de vaccin. Cela prouve, s'il en était besoin, que nos arguments ont porté. »

A l'époque, les fabricants, effrayés par les menaces de procès, ont accepté que, sur chaque dose de vaccin vendu, un pourcentage alimente ce fonds qui a versé, depuis sa création, près de cinq milliards de francs à des victimes. « Il faut constamment maintenir la pression pour contrer des lobbies extrêmement puissants, poursuit Barbara Loe Fischer. Si nous nous étions contentés des déclarations niaiseuses de l'administration, nous n'aurions jamais obtenu ce fonds pour les victimes. Nous avons aussi forcé le gouvernement à nous communiquer le listing informatique des effets indésirables du vaccin hépatite B à l'aide de la loi FOIA (Freedom of Information Act), utilisée à ses débuts contre le manque de transparence du FBI dans les grandes affaires politiques des années soixante-dix. »

C'est néanmoins le combat du pot de terre contre le pot de fer. Aux États-Unis, la politique de vaccination en matière d'hépatite B est très différente de celle menée en France : on a moins vacciné les adultes mais on a mis la pression sur les enfants. Dans trente-cinq États, ce vaccin est obligatoire pour qu'un élève puisse être admis dans une école. Et, pour inciter les États, le gouvernement fédéral verse une prime de 700 francs par enfant à jour de toutes ses vaccinations. En cas de non-respect, la sanction est sévère. Une mère a été mise en prison pour mauvais traitements parce qu'elle avait refusé que son bébé soit vacciné contre l'hépatite B. Quelques États comme le New Jersey ou l'Ohio ont fait marche arrière et offrent aux parents une liberté de choix pour des motifs personnels.

Le jour où je rencontrai Barbara Loe Fischer, le gouvernement américain annonçait le retrait du rotavirus, vaccin contre la diarrhée des bébés. « Voilà un superbe exemple des délires des pouvoirs publics en matière de vaccination, m'indiquet-elle. Ce vaccin a été lancé l'année dernière alors qu'il y avait très peu de cas de cette maladie aux Etats-Unis. Dès que nous avons eu des témoignages de parents qui nous signalaient des effets secondaires graves, nous avons alerté les autorités. On ne nous a pas pris au sérieux et voilà que j'apprends que le vaccin est retiré de la circulation. »

A l'époque, deux cents demandes d'indemnisation sur ce vaccin étaient déposées dans trois cabinets d'avocats spécialisés. À Boston, l'office Conway, Crowley et Homer compte parmi les meilleurs spécialistes de défense des victimes de vaccination. Le cabinet est devenu célèbre dans les années quatre-vingt et a fait l'objet d'un best-seller (A Civil Action, de Jonathan Harr. Un film hollywoodien à grand spectacle a été réalisé à partir de ce livre, avec John Travolta dans le rôle d'un des ex-associés. Les avocats avaient pris la défense de familles d'une petite ville de la banlieue de Boston, Wooburn, dont les enfants mouraient mystérieusement de leucémie. Les parents étaient convaincus que l'eau du robinet était contaminée par des rejets d'industries chimiques locales. Au terme d'un procès fleuve de dix ans et après avoir dépensé des millions de dollars en expertises, le cabinet a failli mettre la clé sous la porte. Au-delà d'une douloureuse affaire de responsabilité industrielle, le livre démonte les rouages du système judiciaire américain avec ce qu'il comporte comme efficacité et hypocrisie. Il explique comment les avocats, rémunérés au pourcentage en cas de victoire, ont pris la défense des victimes à partir de l'instant où ils ont chiffré combien la partie adverse allait verser de millions de dollars d'indemnités de compensation. Pour avoir pris l'affaire trop à coeur et s'être lancé dans une croisade contre les industriels, l'un des avocats a mis en faillite le cabinet. Le livre, traduit en français sous le titre Préjudice (Robert Laffont), est l'un des meilleurs ouvrages du genre.)

Vu de l'extérieur, le célèbre cabinet Conway, Crowley et Homer ne paie pas de mine. Situé à côté d'un fast-food dans un immeuble en briques, à une centaine de mètres du fleuve, il faut y regarder à deux fois avant d'apercevoir la plaque signalétique. Le cabinet est composé d'une grande pièce lumineuse entourée de bureaux séparés par des portes en verre, des hauts-parleurs diffusent du rock et un chien accueille joyeusement les visiteurs. Un décor digne d'une sitcom, très loin des cabinets d'avocats français confinés dans leurs ambiances louis-philippardes.

Assis autour d'une grande table, Tom Conway, Ron Homer et Sylvia Chen me montrent les piles de dossiers de leurs clients. « Nous avons soixantedix victimes du vaccin hépatite B, hommes, femmes et enfants, qui soufrent de maladies auto-immunes et d'atteintes démyélinisantes, des pathologies similaires à celles que vous avez recensées en France, m'explique Tom Conway. Leur nombre n'a pas cessé de croître depuis la médiatisation de l'affaire, en janvier 1999. Apparemment, beaucoup de gensn'avaient pas fait le lien jusqu'alors. Tous ces dossiers ont été déposés au fonds d'indemnisation mais aucun n'a encore été accepté. Contrairement à la France, on ne peut pas porter plainte contre des fabricants de vaccin, sauf s'il existe une faute manifeste. La création du fonds les a dégagés de toute poursuite ultérieure. »

La procédure est longue, au minimum quatre ans, et les tarifs sont standardisés : 1,5 million de francs en cas de décès et 3 millions pour un handicap lourd, des sommes modestes comparées aux indemnisations d'accidents médicaux en vigueur aux États-Unis.

« Et en plus, il faut que les maladies observées après une vaccination soient reconnues dans une liste de référence établie par le fonds, ajoute Sylvia Chen. Dans le cas du vaccin hépatite B, ni les maladies auto-immunes ni les affections démyélinisantes ne sont inscrites. Autant dire qu'il va falloir se battre d'arrache-pied. Votre système judiciaire français nous bat à plate couture. »

Ce système juridique est contesté par de nombreuses victimes et parents d'enfants décédés qui exigent de voir établies des responsabilités. A New York, Michael Belkin dirige pour le NVIC le dossier du vaccin hépatite B. C'est lui, le barbu qui a témoigné devant la commission de la Chambre des représentants. Habitant à Greenwich Village, le quartier chic et bohème de la « grosse pomme », rien ne prédisposait cet analyste financier de haut niveau à s'impliquer dans des affaires de vaccination. Tout en déjeunant dans un restaurant italien du quartier, il me raconte comment sa vie a basculé.« Ma fille unique, Lyla Rose, est morte dans mes bras huit heures après avoir reçu l'injection du vaccin hépatite B. C'était le 16 septembre 1998, elle avait à peine cinq semaines. Elle était rayonnante de santé, puis elle a commencé à gémir et à s'agiter pour ne plus se réveiller. Le médecin légiste nous a dit qu'elle avait le cerveau gonflé, l'un des symptômes de mort subite du nourrisson, et que le vaccin n'était pas responsable. La thèse de la coïncidence ne m'a pas convaincu et j'ai enquêté pour savoir s'il existait d'autres cas similaires. À l'époque, les médias américains n'avaient pas relevé d'incidents avec ce vaccin. Je n'ai su que par la suite que l'affaire avait été révélée en France depuis quelques années. J'ai rencontré des scientifiques et participé à un colloque médical, mais j'ai été sidéré quand nous avons pu nous procurer les rapports officiels du VAERS sur les accidents liés à ce vaccin. Non seulement des milliers de personnes avaient eu des problèmes graves, mais en plus des enfants étaient morts après des injections. Je suis diplômé en statistiques de Berkeley et je manipule des chiffres chaque jour dans mon travail. Je peux vous dire que j'ai été effaré quand j'ai vu comment les pouvoirs publics et les laboratoires utilisaient les chiffres. Heureusement qu'en matière de finances nous ne travaillons pas comme ça. Nous irions à la faillite ! En janvier 1999, après une interview dans l'émission d'ABC, j'ai reçu des dizaines de témoignages spontanés de victimes : un pilote de ligne impotent, des parents d'enfants handicapés, un directeur d'une grosse entreprise, des infirmières. Point commun à tous ces gens : leur médecin n'était pas au courant et, pour certains, on les a pris pour des cinglés. Maintenant que l'affaire est bien partie et qu'une commission d'enquête va aller jusqu'au bout, je ne lâcherai pas le morceau. Je veux savoir ce qui est arrivé à ma fille et pourquoi on l'a vaccinée alors qu'elle n'avait aucun risque d'attraper le virus, transmissible uniquement par rapport sexuel ou par transfusion de sang. »

Michael Belkin m'a rappelé des victimes françaises, à la fois indignées et parfois excessives, mais mues par une détermination farouche à aller jusqu'au bout. Quand je lui ai fait remarquer que son témoignage pouvait affoler des millions de mères de famille dont les enfants ont été vaccinés et qui se portent très bien, il m'a répondu avec fermeté

« C'est ce que disent les médecins qui nous accusent, moi et d'autres parents, de mettre en péril la campagne de vaccination et donc d'être moralement responsables de contaminations futures. C'est révoltant. Non seulement je pleure ma fille chaque jour, mais en plus je devrais me sentir coupable pour d'autres enfants. »

La rencontre avec deux autres victimes du vaccin, cette fois adultes, m'a laissé stupéfait. À huit mille kilomètres de distance, et trois ans d'intervalle, j'avais l'impression de revivre la même scène. Ce n'était pas la même langue, pas la même tête, mais bien le même calvaire : « On m'a convaincu de me faire vacciner car l'hépatite B était comme le sida. Trois jours après la première injection on m'a envoyé d'urgence à l'hôpital... »

Si la communauté médicale est plutôt sceptique sur les dangers du vaccin, certains scientifiques croient à sa responsabilité. C'est le cas de Bonnie Dunbar, professeur en biologie cellulaire au Baylor College of Medicine à Houston, dans le Texas


« Mon frère john et l'un des étudiants en médecine qui travaillaient dans mon laboratoire ont souffert de graves maladies auto-immunes, dont une sclérose en plaques, après cette vaccination. L'étudiant a perdu la vue d'un oeil et l'imputabilité du cas de mon frère a été reconnue par dix spécialistes. Comme je travaillais à la mise au point de vaccins, j'ai enquêté auprès de confrères et découvert d'autres cas similaires. Je suis persuadée que ce vaccin peut être néfaste pour une partie de la population et que nous sommes face à un problème différent des autres affaires de vaccins. La théorie du mimétisme moléculaire tient la route pour expliquer les effets du vaccin mais encore faut-il développer des recherches pour étayer les hypothèses. Or, personne ne veut mettre un dollar pour découvrir la vérité, ni les pouvoirs publics et encore moins les fabricants. Vous devriez vous intéresser aux liens entre les experts qui mettent en place la politique vaccinale et les firmes, vous seriez étonné de l'inceste ambiant. »

Réunion secrète à Atlanta

Au cours de mon enquête, l'un de mes interlocuteurs m'a fourni un document précieux, qui montre des liens entre l'OMS, les agences gouvernementales et les fabricants. Il s'agit d'un compte rendu confidentiel d'une réunion importante qui s'est tenue au siège du CDC, à Atlanta, le 21 mars 1997, sur la sécurité du vaccin hépatite B. Les participants, triés sur le volet, sont venus du monde entier pour déterminer la conduite à tenir face à l'affaire du vaccin qui avait pris de l'ampleur dans les médias français grand public. En lisant le texte, je me revoyais à l'hiver 1996 après la rédaction de mon article dans VSD qui avait tout déclenché. La direction générale de la Santé avait innocenté le vaccin et, officiellement, les firmes assuraient qu'il n'y avait rien de sérieux dans cette histoire. Qui trouvait-on à la réunion d'Atlanta? L'OMS, le CDC, des associations de médecins américains, et les trois fabricants du vaccin, Merck, PasteurMérieux, SKB. Qui présidait les débats ? Le docteur Robert Chen du CDC - ce qui est normal - et le docteur Robert Sharar, haut responsable de la firme Merck. Qui représentait la France et a brossé un tableau de la situation dans notre pays ? Le docteur Sadier, de PasteurMérieux. A l'issue de la journée, les participants ont adopté un accord, resté confidentiel, qui lie toutes les parties présentes sur huit points dont ce dernier : « Les différents participants décideront de ce qui sera le mieux pour leur organisation respective et chacun s'engage à tenir informé les uns les autres de ses actions. »

Ainsi, les fabricants du vaccin, les fonctionnaires chargés de l'épidémiologie du virus et ceux qui surveillent les effets secondaires, les associations de médecins et de pédiatres travaillent dans une entente parfaite ! Cela paraît normal dans ce milieu, mais peut-être pas aux yeux du citoyen. Ce document, inédit en France, est aussi tombé entre les mains de la commission parlementaire d'enquête sur les vaccins. Intrigués, les représentants ont décidé d'étendre leurs investigations aux liens financiers existant entre les multinationales et les médecins qui décident de la politique vaccinale. Prenant prétexte du vaccin hépatite B et de celui du rotavirus, lancé en fanfare puis retiré un an plus tard en raison d'effets secondaires plus graves que prévu, ils ont révélé, le 15 juin 2000 au cours d'une audition publique, des informations capitales sur certains experts

« Des membres au plus haut niveau des comités en charge des vaccinations, au sein de la FDA et du CDC, possèdent des actions des industriels du vaccin. Trois des cinq membres de la FDA ont donné un avis positif sur un vaccin alors qu'ils avaient des intérêts financiers avec la firme fabricante. » Les élus américains livrent dans le menu des noms, des chiffres, des mises en perspective.

« Le docteur john M., qui a servi quatre ans au comité du CDC et à la FDA, était aussi employé de la firme Merck et possède 200 000 francs d'actions de la compagnie. Le docteur Paul O. a reçu des fonds importants de deux fabricants pour développer des vaccins et a été payé par les industriels pour voyager à travers tout le pays afin d'expliquer aux médecins les bienfaits et la sécurité des vaccins. Le docteur Patricia F. possédait 130 000 francs d'actions de Merck alors qu'elle était à la FDA. Le docteur Harry G., membre de FDA, possède pour plus d'un millions de francs d'actions d'industriels du vaccin en cause. » Une mention spéciale pour le docteur Neal Halsey, l'homme qui avait convoqué le docteur Bart Classen pour lui reprocher d'affoler la population, le grand ordonnateur de la politique vaccinale aux Etats-Unis, président de l'association des pédiatres, membre influent du CDC et de la FDA : il a admis, selon la commission d'enquête, avoir reçu des fonds importants des industriels du vaccin.

Face à ces liens, Dan Burton, le président de la commission, ne mâche pas ses mots : « Comment peut-on avoir confiance dans ce système où il apparaît que six membres sur dix du comité des vaccinations ont des liens étroits avec les fabricants, quand le président du comité de la FDA possède des actions, quand un réseau de vieux copains noyautent toutes les instances décisionnelles et y siègent pour certains depuis plus de seize ans ? Sur sept cent mille médecins américains n'en trouve-t-on aucun pour les remplacer ? Le CDC et la FDA croient-ils vraiment que les scientifiques sont plus immunisés contre les conflits d'intérêts que les simples mortels ? (...) Si les experts qui ont fourni les recommandations ont les mêmes conflits d'intérêts que ceux que nous avons trouvés dans l'affaire du rotavirus, alors tout le système est pollué et la confiance des citoyens a été trahie. »
Les révélations du comité n'entame pas la puissance d'un lobby particulièrement efficace, qui passe par la création d'associations puissantes financées en bonne partie par les laboratoires. Les objectifs de ces associations sont généreux : lutter contre les hépatites, informer le public. Tel le groupe Hepatitis B Action Group, National Coalition for Adult Immunization, financé par la Merck Vaccine Division, SKB, et PasteurMérieux-Connaught. Et parmi les groupes associés, on ratisse large : des groupes de lesbiennes en passant par les associations de paysans ou la fédération des Églises noires.

Comment choisir un bon docteur ?

Une autre association vaut le détour, la Fondation hépatite internationale (HFI). Cette organisation américaine a pour but d'informer la population sur la prévention et les traitements des hépatites. Elle possède un serveur Internet, édite des brochures pour le grand public, organise des colloques pour les médecins. La HFI mène un travail remarquable d'information qui lui a valu plusieurs fois les félicitations officielles du président Bill Clinton. Mais qui finance ses actions ? Quatre laboratoires, dont SmithKline-Beecham. En plus de ce financement, la firme sponsorise des actions ponctuelles. Le plus cocasse sont les tuyaux que la HFI donne aux Américains pour bien choisir leurs docteurs en cas d'hépatite B

- A-t-il un casier judiciaire vierge ? Est-il un délinquant ? Traîne-t-il derrière lui des patients mal soignés ?

- Demandez si le médecin a été sanctionné pour négligence ou comportement non éthique. Si c'est le cas, essayez d'en apprendre un maximum.Certains États fournissent des numéros de téléphone pour vous aider.

- Certaines cours de justice peuvent vous apprendre si un médecin a été attaqué en justice.

- Public Citizen, une organisation de consommateurs, publie un annuaire des médecins incompétents, obsédés sexuels ou consommateurs de drogues. Cela coûte 19 dollars.

- Propreté. Son apparence et l'état de son cabinet sont des indicateurs de problèmes.

- Sobriété. Existe-t-il des signes qu'il soit alcoolique ou drogué ? Des études démontrent que 5 à 15 % des médecins abusent de drogue et d'alcool. Un détail qui ne trompe pas : une haleine alcoolisée, des pupilles dilatées, un comportement bizarre, une mauvaise élocution, autant de signes que votre médecin n'est pas en bonne condition pour vous soigner. Appelez HFI pour vous aider.

Imagine-t-on ce genre de conseils en France ? Comment réagiraient les syndicats de médecin ?

Si vous voulez des posters, poursuit l'association, achetez « L'hépatite B : une menace pour la santé de votre enfant », vendu 2 dollars, et sponsorisé par SKB. HFI a même une mascotte, Oliver, le petit foie rigolo qui vous donne de bons tuyaux sur les hépatites. A quand un Hépatitland avec manèges en forme de virus et montagnes russes dans une seringue géante ?

http://www.ifrance.c...rive/scan7.html

#4 diamant bleue

diamant bleue
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Posté 02 novembre 2004 à 15:13

zazen, le Mardi 02 Novembre 2004, 14:32, dit :

Désinformations à tous les étages

(ERIC GIACOMETTI , journaliste d'investigation au Parisien, a consacré quatre années d'enquête à ce dossier qu'il a contribué à révèler) EXTRAIT DE SON OUVRAGE :

"La Santé Publique En Otage". EDITIONS ALBIN MICHEL Janvier 2001
Excellent texte de Giacometti... On sent qu'il connait bien le domaine journalistique et les relations malsaines que les labos imposent à différents niveaux....
Il faut que ces articles paraissent et que les médias fassent leur boulot.
Douste va bientot y avoir droit, comme Garetta.

Citation

L'investigation et le médical ne feront jamais bon ménage. Dans un rapport sur le devoir de précaution remis à Lionel Jospin en 1998, le patron de l'Institut Pasteur, le professeur Kourilski, propose très sérieusement de créer un comité de contrôle des journalistes trop indépendants. Cet éminent scientifique, par ailleurs conseiller de la firme Pasteur, qui regrettait dans Le Monde l'acharnement des médias et des victimes dans l'affaire du sang contaminé, oublie de suggérer un autre contrôle: celui des liens avec les laboratoires... Quelques rares journalistes ont sursauté à la lecture de ce rapport rapidement enterré par le Premier ministre. Jean-Claude Jaillette y a consacré une analyse lucide dans un ouvrage sur la « malbouffe ».
Alors là, franchement sachant qui est ce "professeur", je n'en suis pas étonnée...
Ce type mériterait une petite enquete de journaliste indépendant, genre Giacometti ou autre... Lui aussi il a de belles casseroles qui trainent... Avant d'etre directeur, il a été sur le terrain en Afrique puis il a été aussi rémunéré par un labo... L'indépendance de l'Institut Pasteur... ya un livre entier à faire la dessus... en commençant avec l'emission Contre courant qui fait l'objet d'un topic ici.

Diamant

#5 Nowar

Nowar

    congénitalement curieux

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Posté 04 novembre 2004 à 10:53

:salut:  :salut:

Pendant ce temps, la désimformation continue

Citation


Une protection longue durée contre le cancer du col de l'utérus
  
Le vaccin préventif contre le cancer du col de l’utérus confirme sont efficacité : quatre ans après avoir reçu l’injection, 94% des femmes vaccinées sont toujours protégées contre le virus impliqué dans la moitié des cas de cancer du col chez la femme. Ces nouveaux résultats ont été annoncés lundi au congrès de la Société américaine de microbiologie.

Les cancers du col de l’utérus évoluent à partir de lésions provoquées par des papillomavirus humain (PVH) transmis par relations sexuelles. Toutes les souches n’ont pas la même pathogénicité. La plus dangereuse de toute est la PVH-16, responsable d’un cancer du col de l’utérus sur deux. D’où l’idée de vacciner contre ce virus pour prévenir ce cancer qui tue plus d’un millier de femmes par an en France et plus de 250.000 dans le monde.

Sur les 755 femmes vaccinées contre le PVH-16, seules sept ont eu une infection liés au virus quatre ans après l’injection. Aucune n’a développé de lésions précancéreuses, ont expliqué les chercheurs de l’Université de Washington qui ont mené cette étude, financée par le laboratoire Merck, concepteur du vaccin. Dans le groupe de femmes ayant reçu un vaccin placebo, 111 ont été infectées par le PVH-16 et 12 ont développé des lésions précancéreuses.

Deux compagnies développent ce vaccin préventif anti-cancer, Merck et GlaxoSmithKline. Les laboratoires Merck travaillent aussi sur une version polyvalente du vaccin, qui protégerait contre plusieurs souches de papillomavirus. Le vaccin doit être administré chez les jeunes filles afin qu’elles soient protégées lors de leurs relations sexuelles. Les hommes pourraient également être vaccinés pour éviter de transmettre l’infection.

C.D.
(02/11/04)


sciences.nouvelobs.com

Mesdames, puis messieurs, attendez vous à de nouvelles propositions malhonnetes

Nowar

:cingle:  :marteau2:  :cingle:

#6 zazen

zazen

    en...quète perpétuelle

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Posté 04 novembre 2004 à 10:54

PAS D'INFORMATION ENVERS LES PATIENTS...........ET POUR LE RESTE AUSSI ??????

AGENCE FRANCAISE DE SECURITE SANITAIRE DES PRODUITS DE SANTE  
Les alertes sanitaires

le 22/10/2004

Complément d'information sur le retrait de lots de médicaments dérivés du sang par le Laboratoire du Fractionnement et des Biotechnologies
diffusé le 20 octobre 2004
Conduite à tenir vis à vis des patients

information aux pharmacies hospitalières

Dans le cadre du retrait (MED/04/A23/B21) diffusé ce jour, il vous a été demandé de procéder à la récupération et à la destruction de lots de médicaments dérivés du sang (MDS) y compris les médicaments rétrocédés.

Aux vues des connaissances scientifiques, le rappel a été effectué à titre de précaution.
Les MDS, fabriqués à partir du plasma, subissent au cours du fractionnement un certain nombre d'étapes qui augmentent leur niveau de sécurité au regard du risque prion (agent de la maladie de Creutzfeldt-Jakob). Pour certains produits (Facteur VIII et facteur IX et immunoglobuline), une étape de nanofiltration mise en place depuis 2001, apporte un degré de sécurité supplémentaire.

A ce stade, l'Afssaps ne demande pas que soit procédé à l'information nominative des patients ayant reçu des produits des lots considérés. L'éventualité du risque au niveau individuel et la nécessité d'une information ultérieure feront l'objet d'une analyse complémentaire par un groupe d'experts réunis à l'Afssaps.

Un jeu de questions/réponses est disponible sur le site www.afssaps.sante.fr


Analyse ultérieure, hum hum  :tresfache:

#7 johanne

johanne

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Posté 04 novembre 2004 à 14:54

dossuer encore sombre :tresfache:

Quand aux futurs vaccins contre le cancer pour moi le doute subsiste pour les autres je ne sais ce qu'ils en pensent cela n'engage que moi :grognon:  lorsque l'on a été touché une fois par un vaccin et dévelopé une maladie la confiance est quasi nulle. :oops: Johanne

#8 Libertie

Libertie

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Posté 10 novembre 2004 à 13:53

:evil: Attention aprés le vaccin contre la varicelle celui de l'herpès est en préparation!
A quand le vaccin contre la bêtise??
Je pense qu'il y en a beaucoup en ce bas monde qui en aurait grand besoin! :oops:
"On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux"! Extrait du petit prince de St Exupéry.

#9 diamant bleue

diamant bleue
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Posté 10 décembre 2006 à 21:50

Sir Richard Doll à la solde des industriels ?

Le chercheur britannique aurait été sous contrat avec Monsanto.

(Liberation samedi 9 décembre 2006)

Le célèbre épidémiologiste britannique Richard Doll, surtout respecté pour avoir établi la corrélation entre le cancer du poumon et le tabac*, a travaillé toute sa vie à étudier les effets sur la santé de certains produits toxiques industriels. Selon le quotidien britannique The Guardian de vendredi, il aurait reçu d'importantes sommes d'argent de l'industrie chimique pendant plus de vingt ans. Le journal affirme que, dans les années 80, Richard Doll aurait ainsi perçu 1 200 euros par jour de la part de la société chimique américaine Monsanto, et cela pendant un an. De quoi mettre en doute certaines de ses conclusions scientifiques.
Décédé en juillet 2005 à l'age de 92 ans, Doll avait également mené des recherches sur les effets de l'"agent orange", l'herbicide utilisé par les Etats-Unis pendant la guerre du Vietnam et produit par Monsanto. Le journal affirme avoir vu le contrat liant le chercheur à Monsanto, indiquant une collaboration de mai 1979 a mai 1986. Richard Doll affirmait alors à une commission australienne qu'il n'y avait aucune relation entre les deux, alors que l'on sait aujourd'hui que ce produit a été des plus nocifs pour la population vietnamienne.
Un autre document montre que Doll avait également touche 22 000 euros de la part de plusieurs multinationales de la chimie, dont Chemical Manufacturers Association, Dow Chemical et ICI, pour avoir publié une étude assurant qu'il n'y avait aucun lien entre le chlorure de vinyle (utilise dans les matières plastiques) et le cancer (sauf celui du foie). Une conclusion que l'OMS (Organisation mondiale de la santé) conteste toujours.
Cette affaire risque de déchirer le monde scientifique : sir Richard Doll restera un pionnier pour avoir sauvé des millions de personnes, tout au long de sa vie au service de la santé.

Note du MDRGF : Sir Richard Doll avec son collègue Peto sont les auteurs d'un travail date de 1981 qui fait encore figure de référence pour certains et qui estimait les causes environnementales du cancer à des niveaux très bas, seulement de 1 a 3% des cas ! (voir Doll R, Peto R, " The cause of cancer, quantitative estimates of avoidable risks of cancer in the united states today" J.Natl. Cancer Inst. 1981.66, 1191-1308.) . L'information selon laquelle Richard Doll aurait été sous contrat avec des firmes comme Monsanto éclaire ces travaux d'un jour nouveau !

source : http://www.mdrgf.org

* note perso : voir le topic sur le tabac qui justement remet en cause cette corrélation en soumettant le fait que d'autres causes (environnementales particulièrement) sont plus importantes et que cette corrélation sert de paravent aux vrais pollueurs

#10 Phoibos

Phoibos

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Posté 11 décembre 2006 à 18:22

Concernant les révélations faites sur les liens de Richard Doll avec l'industrie pharmaceutique, à noter:

certaines infos intéressantes postées par les internautes dans la rubrique "Comment is free" du site web de The Guardian, le quotiden british à l'origine de ces révélations dans un article publié le 8 décembre 2006.

Outre les posts pro Richard Doll et les posts anti Richard Doll, on y apprend notamment que celui-ci a entretenu également des liens avec Turner & Newall, un fabricant d'amiante, et ce pendant plus de 30 ans. Après les révélations d'un documentaire télévisé sur les dangers de l'amiante, Turner & Newall avait envoyé Richard Doll sur les sites industriels afin d'expliquer aux employés des usines Turner & Newall que leur exposition à l'amiante dans le cadre de leur travail était sans danger.

Sources:

L'article du Guardian: Renowned cancer scientist was paid by chemical firm for 20 years

Rubrique "Comment is free" du Guardian sur le sujet

InjuryWatch (association british d'aides aux victimes) sur le sujet