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samedi 13 novembre 2004, 15h00
Début lundi du procès des "écoutes de l'Elysée"
PARIS (AP) - Vingt-deux ans après la création de la cellule antiterroriste de l'Elysée par François Mitterrand, le tribunal correctionnel de Paris va se pencher à partir de lundi sur les activités de cette mission spéciale, dirigée par Christian Prouteau, dans l'affaire dite des "écoutes de l'Elysée".
Douze personnes seront jugées pendant plus de quatre mois pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" des diverses personnalités placées sur écoute pendant des années ou "conservation en mémoire informatisée de données nominatives".
Parmi les prévenus se trouvent Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet adjoint de François Mitterrand de 1982 à 1986, Christian Prouteau, ancien chef de la cellule antiterroriste de l'Elysée, et son adjoint le capitaine Paul Barril. Mais aussi Michel Delebarre et Louis Schweitzer, respectivement anciens directeurs de cabinet de Pierre Mauroy et de Laurent Fabius à Matignon, et l'ex-commissaire de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Pierre-Yves Gilleron.
L'affaire éclate en 1993, lorsque le quotidien "Libération" révèle que des personnalités politiques, du spectacle ou des journalistes avaient fait l'objet d'écoutes illégales de la part de la cellule antiterroriste de l'Elysée entre 1982 et 1986.
Près de 150 personnes, comme Edwy Plenel aujourd'hui directeur de la rédaction du "Monde", certains avocats, le député François d'Aubert, le compagnon de l'actrice Carole Bouquet ou encore l'écrivain aujourd'hui décédé Jean-Edern Hallier ont été "branchées" occasionnellement ou pendant des années.
Les premières investigations du juge d'instruction permettront d'établir que "la cellule antiterroriste de l'Elysée avait bénéficié d'un contingent de vingt lignes au Groupement interministériel de contrôle pour procéder aux écoutes administratives" et "qu'elle disposait d'un système informatique doté d'un logiciel capable de produire des synthèses d'écoutes".
Par la suite, l'enquête, rythmée au gré des rebondissements et des révélations, s'est pourtant longtemps heurtée à la notion de "secret-défense" invoquée par les gouvernements successifs. En juin 1998, le Premier ministre Lionel Jospin acceptera finalement de lever ce "secret-défense".
Une perquisition réalisée en 1997 permettra par ailleurs de mettre la main sur les archives de Christian Prouteau dans un garage à Plaisir (Yvelines). Les agendas de M. Prouteau, des cassettes audio et des registres livreront leurs secrets.
Plus de 50 personnes s'étaient constituées parties civiles dans ce dossier, mais certaines ont été écartées au cours de l'enquête par le juge d'instruction.
Le procès doit se tenir devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris présidée par Jean-Claude Kross. Elle siégera tous les lundi, mardi et mercredi après-midis, pendant quatre mois, dans la salle des Criées du Palais de justice de Paris. AP
Début lundi du procès des "écoutes de l'Elysée"
PARIS (AP) - Vingt-deux ans après la création de la cellule antiterroriste de l'Elysée par François Mitterrand, le tribunal correctionnel de Paris va se pencher à partir de lundi sur les activités de cette mission spéciale, dirigée par Christian Prouteau, dans l'affaire dite des "écoutes de l'Elysée".
Douze personnes seront jugées pendant plus de quatre mois pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" des diverses personnalités placées sur écoute pendant des années ou "conservation en mémoire informatisée de données nominatives".
Parmi les prévenus se trouvent Gilles Ménage, ancien directeur de cabinet adjoint de François Mitterrand de 1982 à 1986, Christian Prouteau, ancien chef de la cellule antiterroriste de l'Elysée, et son adjoint le capitaine Paul Barril. Mais aussi Michel Delebarre et Louis Schweitzer, respectivement anciens directeurs de cabinet de Pierre Mauroy et de Laurent Fabius à Matignon, et l'ex-commissaire de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Pierre-Yves Gilleron.
L'affaire éclate en 1993, lorsque le quotidien "Libération" révèle que des personnalités politiques, du spectacle ou des journalistes avaient fait l'objet d'écoutes illégales de la part de la cellule antiterroriste de l'Elysée entre 1982 et 1986.
Près de 150 personnes, comme Edwy Plenel aujourd'hui directeur de la rédaction du "Monde", certains avocats, le député François d'Aubert, le compagnon de l'actrice Carole Bouquet ou encore l'écrivain aujourd'hui décédé Jean-Edern Hallier ont été "branchées" occasionnellement ou pendant des années.
Les premières investigations du juge d'instruction permettront d'établir que "la cellule antiterroriste de l'Elysée avait bénéficié d'un contingent de vingt lignes au Groupement interministériel de contrôle pour procéder aux écoutes administratives" et "qu'elle disposait d'un système informatique doté d'un logiciel capable de produire des synthèses d'écoutes".
Par la suite, l'enquête, rythmée au gré des rebondissements et des révélations, s'est pourtant longtemps heurtée à la notion de "secret-défense" invoquée par les gouvernements successifs. En juin 1998, le Premier ministre Lionel Jospin acceptera finalement de lever ce "secret-défense".
Une perquisition réalisée en 1997 permettra par ailleurs de mettre la main sur les archives de Christian Prouteau dans un garage à Plaisir (Yvelines). Les agendas de M. Prouteau, des cassettes audio et des registres livreront leurs secrets.
Plus de 50 personnes s'étaient constituées parties civiles dans ce dossier, mais certaines ont été écartées au cours de l'enquête par le juge d'instruction.
Le procès doit se tenir devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris présidée par Jean-Claude Kross. Elle siégera tous les lundi, mardi et mercredi après-midis, pendant quatre mois, dans la salle des Criées du Palais de justice de Paris. AP
Source : Yahoo










