Biocarburants et l'huile oubliée
#61
Posté 30 novembre 2005 à 21:21
#62
Posté 30 novembre 2005 à 22:27
l'HVB est ni plus ni moins que de l'huile vierge, que l'on trouve en supermarché (ou chez un producteur honnète) pour faire sa sauce à salade... et qui fonctionne sous certaines conditions dans tous les moteurs diesel.
le biodiesel, ou EMHV (Esther Methilique d'Huile Végétale) est, comme le cite Isis Rider, produit à partir d'HVB et de Methanol (très toxique). Son utilisation est donc beaucoup moins écolo, et c'est sous cette forme que les vendeurs de "jus de dino" (terme déposé sur oliomobile
faire un produit toxique et non comestible (EMHV) à partir de ressources naturelles (HVB) consomme beaucoup d'énergie, et la rentabilité d'un tel procédé n'est bonne que pour les industriels... qui n'auraient aucune contrainte de pesticides en cultivant du colza, vu que ce n'est pas pour une utilisation alimentaire.
aujourd'hui, on trouve encore de l'HVB à la pompe en Allemagne, en Belgique, ou en Suisse (?).
mais pour combien de temps ?
pour plus d'infos et plus de débats sur la question de l'huile végétale carburant, le site oliomobile
#63
Posté 30 novembre 2005 à 23:04
ça sent quand même moins que les vieux feux à pétrole!
Dites moi, est-ce que c'est mauvais pour la santé? Surtout que je suis toujours collée au feu, étant très frileuse
Notre feu a plusieurs sécurités mais ds la notice ils disent d'aérer 1mn par heure
#64
Posté 17 décembre 2005 à 18:13
Démarage sans aucun problème après une nuit dehors par -10°C.
Dans un premier temps le vehicule fût un peu moins nerveux, mais avec des dispositifs magnétiques (digne de ce nom), la puissance est excellente et la consommation moindre.
Donc je puis vous assurez que l'on nous ment, l'huile n'endommage pas les HDi, ni les moteurs diesel en général !
Mais fait perdre de l'argent (taxes) à l'état, en revenche ça pollue moins.
Et pour ceux qui ont peur sachez que les derniers moteurs HDi sont non seulement catalysé, mais ont des filtres à particules, alors pour les odeurs !... Moi ressent aucune différence !
Encore un plus ces moteurs récents ont tous des réchauffeurs de carburant très efficace, donc le froid n'est pas à craindre !
Ce me laisse penser que je devrais pouvoir rouler à ... 100% !
Pour ceux qui veulent m'imiter voici ce que je fais :
Je vide 15 L d'huile dans le réservoir presque vide (en égoutant bien les bouteilles, car on peut perdre 10% d'huile, si on les égoute pas assez) et je fais le plein à la pompe aussitôt après (gasoil optimal avec additif, sans supplément de prix) au supermarchès local.
NB: réservoir de 45 L
#65
Posté 18 décembre 2005 à 19:59
Peux-tu nous donner le modèle exact de ton véhicule, histoire d'avoir une référence sous la main ?
#66
Posté 13 mai 2006 à 08:57
http://www.6clones.com/index.php
http://lbasic.over-b...le-1128928.html
http://www.notre-pla...ocarburants.php
et l'indispensable :
http://www.oliomobil...forum/index.php
Bonne lecture et reflechissé ca vaut le coup
#67
Posté 07 juin 2006 à 11:32
#68
Posté 08 juin 2006 à 17:37
Curieux comme les actions de nos gouvernants ne suivent pas les paroles soit disant "écologiques".$$$
Biocarburant indésirable
mercredi 7 juin 2006.
En octobre 2005, la CCV, communauté de communes du Villeneuvois (Lot-et-Garonne), mettait en route un projet d’utilisation d’huile végétale pure comme carburant pour ses dix camions de collecte des ordures ménagères (source).
« Nous espérons arriver à terme à faire circuler la totalité des 45 véhicules de la flotte des différents services de la communauté de communes avec ce biocarburant. Cela représenterait 160.000 litres par an, et une économie annuelle de 50.000 euros, sur la base des tarifs actuels du gazole », affirmait alors Olivier Dourthe, directeur de cabinet du président de la CCV.
On pourrait penser l’initiative encouragée par les autorités, à l’heure où les biocarburants ont la cote en haut lieu. Mais ce serait compter sans les effets du lobbying sur les lois et les pratiques.
Côté lois, il faut préciser que, bizarre, bizarre, seuls deux types de carburants propres sont autorisés en France, à l’heure actuelle. Il s’agit des éthers de méthyle (dérivés huilés) et des éthanols. Or ces deux types de carburants sont uniquement produits industriellement.
Le projet villeneuvois, utilisant de l’’huile végétale pure tombe sous le coup de la loi qui n’autorise l’utilisation de celles-ci que dans le cadre de l’auto-consommation des agriculteurs.
C’est du moins le raisonnement du préfet du Lot-et-Garonne qui a déféré, en février dernier, la collectivité devant le tribunal administratif.
Selon Libération du 7/06/06, les choses sont mal parties pour la communauté de communes, puisque le commissaire du gouvernement, se rangeant à l’avis du préfet, a requis l’annulation de la délibération d’octobre.
Ce n’est pas une surprise. Il y a un vrai conflit d’intérêt et une véritable question politique quant au fait de savoir quels types de biocarburants seront privilégiés. Parle-t-on d’un additif se combinant en très faible pourcentage avec les carburants à base de pétrole ? Ira-t-on vers une utilisation plus massive d’éthanol extrait de plantes produites à grand renfort d’engrais, de pesticides et d’OGM ? Ou donnera-t-on, pour une fois, un vrai contenu au cliché de "développement durable" ?
C’est, à l’évidence, dans cette voie qu’a souhaité s’engager la CCV qui explique sur son site le choix technique retenu :
« Pourquoi le choix du tournesol ?
- Ne nécessitant ni l’abondance d’eau du maïs, ni les nombreux apports d’engrais du colza, la culture du tournesol correspond parfaitement à la nature des sols et au climat de notre région.
- En outre, sa transformation en « HVP [1] qualité carburant » ne produit pas de déchets et ne consomme que très peu d’énergie. Les tourteaux issus de cette transformation sont très appréciés pour l’alimentation du bétail et constituent une plus-value pour l’agriculteur.
- Produite localement, l’HVP permet ainsi de faire fonctionner le tissu agricole local et d’éviter les transports internationaux venant encore accentuer en négatif le bilan environnemental du gasoil. »
Une telle réflexion ne pouvait qu’entrer en conflit avec les intérêts industriels. Comme ils l’expliquent, « les élus de la CCV ont toujours su qu’ils heurteraient le Ministère du budget qui souhaite conserver à la taxe sur les produits pétroliers un rendement maximal. Vouloir empêcher l’utilisation de biocarburants, au mépris du bon sens, de l’intérêt économique des départements ruraux comme le Lot et Garonne, et du droit Européen n’a qu’un but et un seul : assurer des rentrées fiscales » (source).
Estimant que le droit communautaire doit l’emporter sur notre droit national, les élus se disent déterminés. « Si nécessaire toutes les voies de recours seront utilisées pour faire prévaloir le droit, le bon sens et l’intérêt général. »
Ce message a été modifié par illusion - 08 juin 2006 à 17:41.
#69 luimeme
Posté 08 juin 2006 à 19:59
l'état français prouve une fois de plus qu'il est de mèche
avec l'industrie pétrolière,et qu'il ne peut se passer du fric générer
par les taxe des carburants.
moi,je roule à l'huile de colza,avec une 205 diesiel,
que j'achète en supermarché discount.
mais je préfère mélanger avec le gazoil,
pour faire moins épais au niveau du filtre à gazoil.
1 litre d'huile = 0,79 €
1 litre de gazole ~ 1,06 €
par contre il y a 1 semaine ils ont augmenté l'huile : 0,85 €
Et oui ,dans la région, tout le monde le fait, et ça continue.
Après tout,il faut pas lutter contre la pollution ?
pourquoi on ne demanderais pas aux agriculteurs de fabriquer de l'huile ?,
cela pourrait leur faire un bon revenu,au lieu de gaspiller de l'eau pour le maîs.
#70
Posté 19 juin 2006 à 19:57
Si on ne risquait pas grand chose à mettre de l'huile végétale dans les véhicules !
Malheureusement si ceci était encore valable il y a plusieurs mois, ce n'est plus le cas maintenant en France la composition du gasoil a été modifié et le rajout d'huile est fortement déconseillé !!!
Le risque majeur est la destruction de la pompe à injection, car le mélange n'est plus homogène et la pompe subit de brutales variations de pression (selon dosage), ce qui entraine sa destruction !!!
Vous pouvez vérifier ce que je dis, je vous encourage même à le faire vivement et à donner vos commentaires.
Mettre du gazoil dans un flacon transparant (une eprouvette par exemple) et vider de l'huile végétale, vous pourez constater une séparation entre les deux composants !
Après mélange c'est OK, mais après repos, cela se resépare à nouveau !
Le fuel lui ne semble pas avoir subit de modification et réagit comme l'ancien gasoil, l'huile végétale s'y mélange parfaitement.
Bien sur il est formellement interdit de rouler au "rouge", mais mettre des additifs pour détruire les pompes à injection en cas de mélange à l'huile, n'est pas très honnète non plus !!!
Le diesel vert (gasoil Allemand écologique) accepte très bien l'huile végétale sans soucis ...
L'usage d'huile pure n'entraine pas de soucis majeur, mais nécessite quelques modifications.
Chers internautes je vous laisse juge
#71
Posté 19 juin 2006 à 20:51
Si c'est confirmé, c'est vraiment grave... vraiment....
#72
Posté 19 juin 2006 à 21:33
Cela m'a étonné, puis un de mes amis y a laissé sa pompe à injection sur un vieux véhicule (avec plus de 50% d'huile de colza).
Ensuite, j'ai testé 2 gasoil (ELF et CARREFOUR) par rapport à un gasoil témoin (un peu d'un an) de chez Champion (magasin idem à Carrefour).
Les tests sont formels, l'huile se mélange très bien sur l'ancien gasoil et pas bien sur le gasoil récent.
De toute façon, je vais analyser cela et publier les tests sur mon site perso !
Si d'autres lecteurs peuvent eux aussi faire des tests, entre autre sur des gasoils européens et Français, il serait très profitable pour tous de publier leurs résultat ici.
#73
Posté 10 septembre 2006 à 18:46
on va se dépècher d'adapter le véhicule pour être à 100%....d'huile bien sûr
#74
Posté 11 octobre 2006 à 10:00
D'avance merci pour vos réponses, et surtout merci à picchou pour toutes les idées données et son site que je vais aller visiter.
Mon lien
#75
Posté 11 octobre 2006 à 19:18
Comme je l'ai mentionner sur mon site et ici sur un autre forum, le mélange huile végétale et gasoil, présente des risques pour la pompe à injection.
Aussi toujours désireux de trouver des solutions économiques et moins polluantes, j'ai testé un additif économique et très efficace : l'acétone !
Il suffit de mettre 0,015% d'acétone juste avant de remplir son réservoir de gasoil (qui doit être presque vide) pour faire chuter sa consommation de plus de 5%, avec le gasoil le plus mauvais et le moins cher du marché (Leclerc).
Ainsi additionné le gasoil devient plus performant que du gasoil ELF ou TOTAL bien plus cher !!!
La voiture roule mieux, le moteur "cliquette" moins, pollut moins et en plus on consomme moins.
L'huile végétale ayant été revue à la hausse et le gasoil à la baisse, c'est actuellement le meilleur moyen de faire des économies sans aucun risque et de façon totalement légal !
A bientôt...
#76
Posté 12 octobre 2006 à 09:22
Si chirac a fait l'annonce des bio-carburants, c'est pour se mettre dans la poche le lobby des grands céréaliers qui touchent déjà 80% des subventions agricoles européennes en plantant des semences américaines...
#77
Posté 16 octobre 2006 à 15:50
Donc attention à bien vérifier ses infos avant de les retransmettre.
#78
Posté 28 novembre 2006 à 19:28
Les véhicules équipé de pompe BOSH résistent mieux que les autres au mélange d'huile végétale et gasoil, mais il vaut mieux ne pas dépasser 30%
Le problème des basses températures qui posaient problème étaient résolu par un rajout de pétrole lampant (jusqu'à 10%); ce n'est maintenant plus possible, car il a été ajouté une subtance détectable par les douanes, je vous laisse immaginer le résultat de ceux qui seront contrôlés !...
L'aspect du pétrole est une couleur jaune prononcé, alors qu'avant il était transparant !
Pour fluidifier le mélange il faut ajouter de l'essence 95 plus cher et moins bon, car plus "sec", l'état est donc toujours très avide à prendre l'automobile pour la vache laitière du pays
Toujours est-il que je vous confirme que l'ajout d'acétone est pour l'instant la meilleurs solution
Bonne économie à tous.
#79
Posté 28 novembre 2006 à 19:44
En tout cas, tjrs pas de retours négatifs de mon côté, sur les personnes que je côtoies et qui roulent avec 30, 40 voire 50% d'HVP en plus de leur gasoil, sans aucun additif...
#80
Posté 28 novembre 2006 à 19:48
Bin moi, quand j'avais une voiture (c'était une BX), je pouvais la faire tourner qu'à l'huile de colza !!! ... disons 90 % !!! il faut juste que la mécanique soit robuste !!!
mais on perd un peu en puissance !!! tan pis puisque c'est plus écologique !!!
#81
Posté 11 janvier 2007 à 13:39
Citation
© AFP
Une personne s'apprête à se servir d'une pompe à superéthanol dans un centre E. Leclerc le 13 décembre 2006 à Reims.Les biocarburants issus du colza et autre canne à sucre à peine sortis de la confidentialité, les scientifiques testent déjà une nouvelle poule aux oeufs d'or énergétique: les microalgues, riches en lipide aptes à faire tourner un moteur.
Dans les locaux du Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (LOV), des flacons remplis d'un liquide trouble tantôt rouge, vert ou jaune, sont l'objet de toutes les attentions: chacun d'entre eux concentre plusieurs millions de microalgues, des organismes microscopiques qui poussent par photosynthèse dans l'eau douce ou l'eau de mer.
"La particularité de certaines espèces de microalgues est de produire des réserves de lipides allant jusqu'à 70% de leur masse lorsqu'elles sont soumises à des stress comme la privation d'azote ou une augmentation brutale de lumière", explique Olivier Bernard, chargé de recherche à l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) de Sophia-Antipolis.
Une propriété qui fait briller les yeux des chercheurs en biocarburant : à raison d'environ cent grammes d'huile extrait d'un litre de microalgues, la production de ces cellules permet d'espérer un rendement à l'hectare trente fois supérieur aux oléagineux terrestres comme le colza ou le tournesol.
Autre avantage: si les biocarburants des céréaliers peuvent difficilement se passer d'engrais et de pesticides néfastes pour l'environnement, la culture de microalgues en serre à grande échelle -des photobioreacteurs- évite cet écueil, tout en permettant une maîtrise du cycle de l'azote et du phosphore, grâce au recyclage des différents éléments nutritifs.
Sans compter le gain de place offert par ce procédé en comparaison des cultures oléagineuses terrestres! "Selon certains experts, il faudrait planter l'équivalent de la surface de la France en oléagineux pour faire rouler toutes les voitures du pays", explique Antoine Sciandra, directeur de recherche du CNRS au laboratoire de Villefranche.
Reste à rendre rentable la production des acides gras issus des microalgues et leur transformation en biocarburant. Pour y parvenir, l'Agence nationale de la recherche (ANR) fait plancher sept équipes universitaires françaises, cordonnées par Olivier Bernard et associées à la PME Valcobio, sur l'élaboration d'un modèle viable de production.
Le programme Shamash, doté d'un budget de 2,8 millions d'euros pour trois ans, a démarré en décembre après avoir été labellisé par le pôle de compétitivité "Mer" de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Plusieurs pistes permettent d'espérer une meilleure rentabilité : "Outre les acides gras, les microalgues contiennent des molécules très recherchées dans les domaines agro-alimentaire et pharmaceutique, comme les Oméga 3 et les antioxydants. Il nous faut améliorer les procédés de séparation de ces molécules", décrit Olivier Bernard.
Les chercheurs traquent aussi le "graal" des microalgues, celle qui parmi les 200.000 à un million d'espèces existantes offrira la meilleure production lipidique. "Nous sommes en compétition avec des scientifiques d'Amérique, du Japon, d'Allemagne, d'Angleterre, chacun cherche +la bête de course+!".
Les Français ont un allié discret: Shamash, divinité babylonienne qui donne son nom à leur programme de recherche, représenté par un soleil dans une roue, "comme une métaphore du biocarburant".
#82
Posté 02 avril 2007 à 01:20
Je vous rappelle le scandale du programme pétrole contre nourriture : comment peut-on troquer la vie de millions de personnes contre un carburant, certes nécessaire mais pas aussi indispensable que la nourriture ?
Voici une réflexion de Fidel Castro sur la question :
Citation
Fidel Castro : « Convertir les aliments en carburant, c’est créer la famine »
par Fidel Castro Ruz*
Convalescent, Fidel Castro n’en demeure pas moins un observateur attentif de la globalisation. Il dénonce ici la nouvelle politique énergétique étatsunienne : après avoir multiplié les guerres pour piller les champs pétroliers, Washington s’empare des terres fertiles du tiers-monde pour y faire produire des biocarburants. À moyen terme, trois milliards de personnes sont menacées de famine.
31 mars 2007
Depuis
La Havane (Cuba)
Outils
Imprimer
Envoyer
Thèmes
Globalisation économique, privatisation des services publics
Agriculture et réforme agraire
Plus de trois milliards de personnes dans le monde sont condamnées à mourir prématurément de faim et de soif. Je n’exagère pas ; je serais même plutôt prudent. J’ai beaucoup réfléchi là-dessus après la réunion du président Bush avec les fabricants de voitures étasuniens.
Ce lundi 26 mars 2007, l’idée sinistre de convertir les aliments en carburant a été définitivement établie comme un des grands axes économiques de la politique extérieure des États-Unis.
Une dépêche de l’agence de presse étasunienne, AP, qui parvient à tous les endroits du monde, affirme textuellement :
« WASHINGTON, 26 mars (AP). Le président George W. Bush a vanté, ce lundi, les avantages des voitures roulant à l’éthanol et au biodiesel au cours d’une réunion avec les fabricants d’automobiles où il s’est efforcé de promouvoir ses plans de carburants alternatifs.
Bush a affirmé qu’un engagement des dirigeants de l’industrie automobile nationale de doubler leur production de voiture fonctionnant au carburant alternatif pousserait les automobilistes à renoncer aux moteurs à essence et réduirait la dépendance du pays par rapport au pétrole importé.
"C’est là une grande avancée technologique pour le pays”, a affirmé Bush après avoir inspecté trois voitures à carburant alternatif. “Si la nation veut réduire sa consommation d’essence, le consommateur doit avoir la possibilité de prendre une décision rationnelle."
Le président a pressé le Congrès d’adopter sans retard une loi que le gouvernement a proposée récemment afin d’ordonner l’utilisation de 132 milliards de litres de carburants alternatifs d’ici 2017 et d’imposer des normes plus exigeantes d’économie de carburant automobile.
Bush a soutenu une réunion avec Rich Wagoner, président du Conseil d’administration et P.D. G. de General Motors Corp., Alan Mulally, P. D. G. de Ford Motor Co., et Tom LaSorda, P.D. G. du groupe Chrysler de Daimler Chrysler AG.
Tous les quatre ont discuté de mesures destinées à soutenir la fabrication de voitures à carburant alternatif, d’essais de produire de l’éthanol à partir de sources telles que le gazon et la sciure, et d’une proposition de réduire la consommation d’essence de 20 p. 100 d’ici dix ans.
Les discussions se sont déroulées alors que les prix de l’essence ont monté. L’étude la plus récente de l’organisation Lundberg Survey signale que le gallon d’essence (3,78 litres) a augmenté de 6 centimes en moyenne dans le pays ces deux dernières semaines pour atteindre 2,61 dollars. »
Je pense que réduire mais aussi recycler tous les moteurs à électricité et à essence est une nécessité élémentaire et urgente pour toute l’humanité. L’idée tragique n’est pas de diminuer ces dépenses d’énergie, mais de convertir les aliments en carburant.
L’on sait aujourd’hui exactement qu’une tonne de maïs ne peut produire que 413 litres d’éthanol en moyenne, selon les densités, soit 109 gallons.
Le cours moyen du maïs aux ports étasuniens est de 167 dollars la tonne. Il faut donc 320 millions de tonnes de maïs pour produire 35 milliards de gallons d’éthanol.
Selon la FAO, la récolte de maïs aux USA a été de 280 200 000 tonnes en 2005.
Bien que le président Bush parle de produire du carburant à partir du gazon ou de la sciure, n’importe qui comprend qu’il s’agit de phrases absolument irréalistes. Calculons bien : 35 milliards, c’est 35 suivi de neuf zéros !
On nous sortira ensuite de beaux exemples au sujet de la productivité par homme et par hectare qu’atteignent les agriculteurs expérimentés et bien organisés des USA ; du maïs converti en éthanol ; des résidus de ce maïs convertis en aliments pour animaux à 26 % de protéine ; des excréments du bétail utilisés comme matière première pour la production de gaz. Et ce, bien entendu, après de gros investissements à la portée seulement des entreprises les plus puissantes où tout fonctionne à l’électricité et au carburant. Appliquez donc cette recette aux pays du tiers monde et vous verrez combien de personnes parmi les masses affamées de notre planète cesseront de manger du maïs. Pis encore : prêtez donc des crédits aux pays pauvres pour qu’ils produisent de l’éthanol de maïs ou de tout autre type d’aliment, et il ne restera pas un seul arbre pour défendre l’humanité des changements climatiques !
D’autres pays du monde riche ont prévu d’utiliser non seulement le maïs, mais encore le blé, les graines de tournesol et de colza et d’autres aliments pour produire des carburants. Il serait rentable pour les Européens, par exemple, d’importer tout le soja du monde afin de réduire la consommation d’essence de leurs voitures et de nourrir leurs animaux avec des résidus de cette légumineuse spécialement riche en tous types d’acides aminés essentiels.
À Cuba, les alcools étaient un sous-produit de l’industrie sucrière, après trois extractions de sucre du vesou. Les changements climatiques portent déjà préjudice à notre production sucrière. De grandes sécheresses alternent avec des pluies record, ce qui permet à peine de produire du sucre pendant cent jours avec des rendements adéquats durant les mois de notre hiver très modéré, de sorte qu’il manque toujours du sucre par tonne de canne ou de la canne par hectare à cause des sécheresses prolongées à l’époque des semailles et de la culture.
Je crois savoir qu’on utiliserait l’alcool au Venezuela non pour l’exporter, mais pour améliorer les effets qualitatifs du carburant sur l’environnement. Aussi, indépendamment de l’excellente technologie brésilienne de production d’alcool, son utilisation à Cuba pour produire directement de l’alcool à partir du vesou ne constitue qu’un rêve ou un délire de ceux qui s’illusionnent sur cette idée. Dans notre pays, les terres consacrées à la production directe d’alcool peuvent être bien plus utiles à la production d’aliments pour la population et à la protection de l’environnement.
Tous les pays du monde, riches et pauvres, sans la moindre exception, pourraient économiser des milliards de dollars en investissements et en carburants rien qu’en substituant à leurs ampoules à incandescence des ampoules fluorescentes, comme Cuba l’a fait dans tous ses foyers. Cela signifierait un répit qui permettrait de mieux résister aux changements climatiques sans tuer les masses pauvres du monde de faim.
Je ne qualifie pas, on le constatera, ni le système ni les maîtres du monde. Les experts en information et les hommes de sciences socio-économiques et politiques honnêtes qui abondent dans le monde et ne cessent de fouiner dans l’actualité et l’avenir de notre espèce savent le faire excellemment. Il suffit d’un ordinateur et des réseaux croissants d’Internet.
Nous sommes face aujourd’hui, pour la première fois, à une économie vraiment mondialisée et à une puissance dominante sur le terrain économique, politique et militaire qui ne ressemble en rien à la Rome impériale.
Certains se demanderont pourquoi je parle de faim et de soif. Je réponds : il ne s’agit pas du revers de la médaille, mais de plusieurs face d’une autre pièce, à la manière d’un dé à six faces ou d’un polyèdre à encore plus de plans
Je m’en remets en l’occurrence à une agence de presse officielle fondée en 1945 et généralement bien informée des problèmes économiques et sociaux du monde : TELAM, qui affirme textuellement :
« (TELAM) - Près de deux milliards de personne habiteront d’ici à peine dix-huit ans dans des pays et des régions où l’eau ne sera plus qu’un lointain souvenir. Les deux tiers de la population mondiale risquent de vivre à des endroits où cette rareté provoquera des tensions sociales et économiques d’une telle ampleur qu’elles pourraient conduire les peuples à la guerre pour le précieux "or bleu".
Ces cent dernières années, l’utilisation de l’eau a augmenté à un rythme de plus de deux fois supérieur au taux de croissance de la population.
Le Conseil mondial de l’eau (WWC) estime que 3,5 milliards de personnes seront touchées par cette grave situation d’ici 2015.
L’Organisation des Nations Unies a fêté le 23 mars, Journée mondiale de l’eau, en appelant à faire face d’ores et déjà à la rareté de l’eau dans le monde sous la coordination de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), en vue de souligner l’importance croissante de cette rareté de l’eau à l’échelle mondiale et la nécessité d’une intégration et d’une coopération accrues qui permettent de garantir une gestion soutenue et efficace des ressources en eau.
De nombreuses régions du monde souffrent une grave pénurie d’eau, à raison de moins de 500 mètres cubes par personne et par an. Toujours plus de régions connaissent un manque chronique de cet élément vital.
Les principales conséquences de cette pénurie d’eau sont les quantités insuffisantes de ce liquide indispensable à la production d’aliments, l’impossibilité du développement industriel, urbain et touristique et les problèmes de santé. »
Je me garde de signaler ici d’autres faits importants, comme le dégel au Groenland et dans l’Antarctique, les dommages causés à la couche d’ozone, et les quantités de mercure croissantes que l’on trouve dans de nombreuses espèces de poissons de consommation habituelle.
Je pourrais aborder d’autres questions, mais je ne prétendais faire qu’un simple commentaire sur la réunion du président Bush avec les P.D. G. des compagnies d’automobiles étasuniennes.
Fidel Castro Ruz
Président de Cuba. Commandant en chef de la Révolution.
Source : http://www.voltairen...icle146710.html
Je vous propose de lire également l'article de Kokopelli : http://www.kokopelli....cgi?id_news=90
Redevenons autonomes et libres.
Toficus
#83
Posté 02 avril 2011 à 20:33
Citation
Les énergies renouvelables offrent des alternatives aux carburants. La réflexion portant sur la recherche d’alternatives s’intensifie d’une part pour protéger l’environnement mais également pour faire face à la flambée des prix.
Un premier module de production pré-industrielle portant sur des micro-algues est en cours sur le département. D’ici trois mois, deux autres photo-bio réacteurs seront installés mais pour profiter des algues transformées en bio-carburant mais il va falloir patienter encore six ans au moins. Pour l’heure, la société Bioalgostral a encore besoin de financement pour venir à bout de ce projet.
Sur le département, un partenariat actif entre la société réunionnaise Bioalgostral et le laboratoire allemand IGV laisse place à tous les espoirs en matière de production et de valorisation des microalgues à des fins énergétiques, plus particulièrement en matière de production de biocarburant.
Bioalgostral Océan Indien est une société d’ ingénierie et de conseil spécialisée dans la production et la valorisation des microalgues en zone inter tropicale.
La Réunion se positionne comme l’un des meilleurs sites de production au monde pour la production de ces micro-algues. En bref, des extractions d’huile sont ensuite réalisées à partir de ces micro-algues pour ensuite être utilisées comme biocarburant. A ce jour, "on estime que la production avoisinerait 200 000 litres en 2017 mais pour l’heure", impossible de connaître le prix de vente de ce biocarburant.
Autre alternative à plus court terme : le gasoil sans souffre prêt à l’emploi avec une arrivée sur le marché annoncée pour le début de l’année 2012. Ce gasoil sans souffre sera fabriqué à partir de déchets plastiques industriels en sachant que la Réunion en produit en moyenne 100 000 tonnes.
En attendant, certains automobilistes optent pour des solutions alternatives moins coûteuses que les carburants où l’huile végétale vient côtoyer le pétrole. Mais sur ce point, un garagiste expérimenté affirme que cette possibilité est clairement limitée.
Si des solutions existent pour atténuer la dépendance sur le baril du pétrole, il faudra encore attendre avant qu’elles soient répandues. Et pour l’heure, les Réunionnais doivent subir les conséquences de la flambée des prix puisque ce vendredi 1er avril, la gasoil a augmenté de 5 centimes par litre, tout comme le sans plomb.
Dommage qu'il faille attendre encore... cela permettrait d'arrêter les affrontements qu'il se passe en Libye.
Mon lien
Mon lien
#84
Posté 03 avril 2011 à 04:55
Fleur de Diamant, le 02 avril 2011 à 20:33, dit :
Dommage qu'il faille attendre encore... cela permettrait d'arrêter les affrontements qu'il se passe en Libye.
Mon lien
pour exemple en amerique du nord on a de l'essence regulier sans plomb depuis des années deja
ensuite selon le prix on a du super a indice d'octane plus elevé, mais entre les les deux yen a un autre je sais plus lequel car de toute facon on prend tous du regulier . ensuite pour les camions de transports on a le diesel qui s'appelle aussi mazout pour les bateaux , et puis pour se chauffer a" l'huile de chauffage" ce n'est ni plus ni moins que du mazout . sauf pour les camions qui est un mazout disons raffiné juste un petit peu pour nous faire croire que c'est meilleur donc un peu plus cher. un vrai racket. donc le gasoil est ce du diesel ou de l'huile a chauffage?.
Ce message a été modifié par collie barbu - 03 avril 2011 à 04:56.
#85
Posté 03 avril 2011 à 05:20
collie barbu, le 03 avril 2011 à 04:55, dit :
pour exemple en amerique du nord on a de l'essence regulier sans plomb depuis des années deja
ensuite selon le prix on a du super a indice d'octane plus elevé, mais entre les les deux yen a un autre je sais plus lequel car de toute facon on prend tous du regulier . ensuite pour les camions de transports on a le diesel qui s'appelle aussi mazout pour les bateaux , et puis pour se chauffer a" l'huile de chauffage" ce n'est ni plus ni moins que du mazout . sauf pour les camions qui est un mazout disons raffiné juste un petit peu pour nous faire croire que c'est meilleur donc un peu plus cher. un vrai racket. donc le gasoil est ce du diesel ou de l'huile a chauffage?.
#86
Posté 16 juin 2011 à 11:00
Citation
Dans l'Etat du Mato Grosso do Sul, situé dans le Sud-Ouest du pays, environ 13 000 indigènes, pour la plupart des indiens Guarani [3], travaillent dans les plantations de canne à sucre et dans les usines de transformation d'éthanol. Depuis des dizaines d'années, ils constituent la main-d'œuvre principale de cette industrie et en paient le prix. Mauvaise alimentation, sanitaires bouchés voire inexistants, logements précaires, dortoirs surpeuplés et insalubres, accidents du travail dûs aux exigences d'une productivité en constante augmentation, salaires impayés etc [4] : telles sont les conditions d'exploitation des travailleurs des plantations, révélées par les inspecteurs de l'Etat en novembre dernier. Des conditions apparentées, par les autorités elles-mêmes, à de l'esclavage.
Protection insuffisante des travailleurs indigènes
Dans les années 1980, un programme national de promotion de l'éthanol (dit « Programme Proálcool ») a été adopté pour inciter à la production de canne à sucre dans l'État du Mato Grosso do Sul. Les hommes Guarani ont alors quitté leurs villages, en direction des exploitations de cannes, parfois distantes de plusieurs centaines de kilomètres. S'entassant dans des baraquements de toile précaires et buvant les eaux de rivière souvent polluées par les agro toxiques utilisés dans les plantations, ces hommes étaient employés de manière informelle et anarchique. Il n'existait pas de contrat de travail et les salaires étaient régulièrement détournés voire pas versés du tout.
Dans les années 1990, grâce aux pressions exercées par certaines organisations de la société civile, on assista à quelques améliorations. En 1999, fut signé dans le Mato Grosso, le « Pacte du travailleur indigène ». Celui-ci imposa le contrat de travail pour les ouvriers de la canne, d'une durée maximum de 70 jours, pour permettre le retour des indiens dans leurs villages, et ainsi favoriser la continuité de la vie communautaire et le respect des normes de confort, d'hygiène et de sécurité s'appliquant à tous les travailleurs ruraux.
Mais l'application de ce Pacte a été, et reste aujourd'hui encore, largement insuffisante. Au cours des dernières années, des inspections du ministère du Travail et de l'Emploi ont révélé des violations persistantes des droits des travailleurs chez les ouvriers du secteur sucrier et de l'éthanol, notamment des irrégularités concernant la signature des contrats de travail et les conditions de sécurité et de logement.
Bien que mal appliquée, cette réglementation du Travail a conduit les grands propriétaires d'exploitations de canne à sucre, toujours incités par le gouvernement à investir dans l'éthanol [5], à intensifier la mécanisation des récoltes.
La mécanisation menace les travailleurs
Les Guarani occupaient originellement 8 Mha de forêts dans le Mato Grosso do Sul actuel. Expulsés par les planteurs de soja et les éleveurs de bétail, les 42 000 Guarani restants vivent aujourd'hui dans des campements surpeuplés, dans lesquels sévissent la malnutrition, la misère, l'alcoolisme et la violence. « On leur a volé leurs terres, on a détruit leurs ressources naturelles et on les a confinés dans des camps pour les intégrer de force au monde du sous-emploi » explique André Campos, du Conseil indigène missionnaire (CIMI), une organisation qui œuvre pour la défense des droits des peuples indigènes au Brésil. Le travail hors du village a généré insécurité et violence et l'économie indigène s'en est retrouvée totalement déstructurée, la production d'aliments étant gravement affectée, et la population étant tombée dans une totale dépendance vis-à-vis de l'assistance publique du gouvernement.
C'est dans ce contexte économique et social, que la société Louis Dreyfus Commodities Bioenegia a décidé en 2007, d'acheter des usines et d'installer un nouveau complexe sucre-éthanol, qui a été inauguré en août dernier, dans le Mato Grosso do Sul. D'après la multinationale, toutes les activités de récolte de la canne y seront entièrement mécanisées. Une politique qui devrait en outre être suivie dans les autres usines de l'entreprise, six en tout , en service dans cet Etat. Au total, ce sont 10 000 à 12 000 emplois qui seront supprimés par la mécanisation dans cet Etat, dans lequel Dreyfus est le premier employeur du secteur. Qu'est-ce qui arrivera alors ? Quelles seront les conséquences pour les milliers de familles qui se retrouveront sans travail ?
Pour le CIMI, en tant que premier employeur du Mato Grosso do Sul, et deuxième plus gros producteur d'éthanol et de sucre du pays, la société Louis Dreyfus ne peut ignorer les conséquences économiques et sociales qu'aura la mécanisation sur les populations Guarani de l'Etat. Celle-ci a fait et va continuer à faire d'énormes bénéfices en investissant dans une industrie qui depuis des années s'est développée au prix d'énormes préjudices pour les populations indigènes locales. Aujourd'hui, si l'on peut espérer que la mécanisation mettra un terme aux abus dont les Guarani sont victimes dans leur travail, et notamment au travail esclave dans les plantations, tout porte à croire qu'ils seront à nouveau les laissés pour compte de l'expansion de l'éthanol.
C'est pourquoi le CIMI en appelle aujourd'hui à votre solidarité, en vous demandant d'écrire à Robert Louis Dreyfus, pour l'exhorter à prendre en compte le sort des travailleurs Guarani dans le Mato Grosso do Sul, en indemnisant d'une part les travailleurs qui vont se retrouver sans emploi, et en accompagnant le processus de mécanisation d'un soutien à des programmes de formation permettant aux travailleurs de se reconvertir, en lien avec les acteurs de la société civile locale.
Source Peuples Solidaires
Les grosses firmes y voient un intérêt dans ces agrocarburants :
Citation
Le Brésil est le premier exportateur mondial d'éthanol , ses exportations sont en constante augmentation avec 5,16 millions de litres en 2008, soit 47% de mieux que les 3,5 millions de litres de 2007. Ce commerce est sous la tutelle d'entreprises comme Archer Daniels Midland (ADM) et Bunge qui se battent pour le contrôle de ce marché juteux tourné largement vers le marché américain.
Au Brésil cela fait plus de 30 ans l'éthanol de cannes à sucre est utilisé comme carburant, parfois pur ou parfois mélangé à hauteur de 25% avec le gasoil vendu dans toutes les stations du pays. Les déchets de cannes (la biomasse qui demeure après le meulage) sont recyclés pour générer de la « bioélectricité » et il y a peu une « bioraffinerie » pionnière a été inaugurée, elle produira du plastique à partir de cannes à sucre. En 2008 les agrocarburants sont devenus la seconde source énergétique du pays (16% de la production totale), derrière le pétrole (36.7%) et devant l'hydro-électricité (14.7%).
Ce modèle énergétique rencontre néanmoins la résistance d'une majorité d'organisations et de mouvements sociaux au Brésil qui s'opposent à l'idée que cette source d'énergie soit qualifiée de « verte » ou de « propre » puisque les agrocarburants à base de canne à sucre génèrent des impacts sociaux et environnementaux de plus en plus dévastateurs.
Mais alors, « quel est donc la base qui soutient ce gigantesque moteur économique qu'est l'éthanol de canne Made in Brazil ? »
La canne à sucre est devenue la culture star parmi les agrocarburants, cela est notamment dû à son avance vers la transition de ce qu'on appelle les « agrocarburants de seconde génération » à base d'éthanol de cellulose. La culture de la canne continue de se répandre et d'occuper les meilleures terres , entre 2007 et 2008 l'expansion a été de 8.6% pour atteindre les 7 millions d'hectares dans le pays. La production se concentre sur grandes haciendas sous contrôle direct de groupes industriels puissants. Afin de maintenir le Brésil dans sa position de leader mondial, la production s'organise et les terres sont reparties au niveau régional entre cartels ou entre des fonds d'investissement, chacun obtenant en moyenne des surfaces de 200 000 à 500 000 hectares. Il s'agit véritablement d'une production industrielle à grande échelle largement tournée vers le marché extérieur et attirant de plus en plus les grandes multinationales étrangères.
La multinationale américaine Monsanto a annoncé en novembre 2008 se lancer dans la production de canne à sucre transgénique car d'après l'entreprise « aujourd'hui la canne à sucre fait partie des global commodities (produit exploitable à l'échelle mondiale) comme le soja ou le coton ». C'est un marché mondial très lucratif sachant que la demande pour l'éthanol de canne excède déjà largement la capacité de production.
Par ailleurs Monsanto s'est offert pour 290 millions de dollars deux compagnies brésiliennes de biotechnologie, Canavialis SA et Alellyx SA, pionnières dans les modifications génétiques de la canne à sucre. Canavialis est la plus grande entreprise mondiale de semences de canne à sucre et collabore directement avec 46 centres de production au Brésil, ce qui représentent 20% de la production nationale pour une superficie totale de 1.1 millions d'hectares. Alellyx est une compagnie de génétique appliquée qui se dédie au développement de canne à sucre et d'eucalyptus transgéniques. Ces deux entreprises étaient déjà sous contrat avec Monsanto depuis 2007 pour développer une canne à sucre « Roundup Ready » tolérante au Roundup, l'herbicide vedette de la compagnie. Monsanto affirme vouloir, avec l'aide de ces deux nouvelles entreprises, développer des semences de cannes à sucre avec des rendements améliorés d'ici à l'horizon 2016.
Tout cela soulève des vives opposition chez les acteurs de la société civile brésilienne, qui s'inquiètent de la promotion et de l'exportation du modèle de production d'agrocarburant brésilien vanté comme étant un modèle vertueux. Il existe de nombreux rapports bien documentés, ainsi que des enquêtes de terrains sérieuses, réalisés par des mouvements paysans, des organisations écologistes, des groupes de défense des Droits de l'Homme, des syndicats, des universitaires, même l'Eglise, qui rejettent tous l'image de « l'éthanol vert » tel que le Brésil essaye de le vendre au monde.
Au Brésil, l'éthanol est perçu par la société civile brésilienne comme un symbole de dégradation environnementale, de raréfaction et de spéculation sur les terres agricoles causant l'expulsion des paysans de leur lopin, mais aussi de contamination des sols et de gaspillage des ressources en eau. De plus avec l'usage massif de pesticides sur les plantations, ainsi que les techniques de brûlis utilisées, des milliers de particules chimiques se chargent dans les fumées et provoquent des maladies respiratoires tant chez les travailleurs que les populations avoisinantes, comme dans l'Etat de Sao Paulo.
Au Brésil, un militant de Terra de Direitos déclare : « nous sommes dans un démarche constante de partage de nos expériences entre les différentes organisations sociales afin de proposer un modèle alternatif d'utilisation de la biomasse. Nous pensons que les agrocarburants peuvent se développer à petite échelle et pour un approvisionnement local, mais cela ne peut s'envisager que dans le cadre d'un débat plus profond sur un autre modèle énergétique et social, avec une réorganisation drastique des priorités de notre pays. »
Il ajoute ensuite : « Sans une nouvelle organisation, utiliser les agrocarburants pour alimenter le même système industriel, basé sur l'agro-exportation, et soutenant notre société consumériste à l'origine du réchauffement climatique, ne permettra pas de résoudre les problèmes qui se posent à nous, cela pourrait même les aggraver. Nous ne pouvons pas prendre ce risque, il faut trouver des solutions réelles, des solutions à échelle humaine principalement... » Malheureusement, la tendance générale fait que les agrocarburants, cette « énergie propre et alternative », se vendent aujourd'hui comme n'importe quel autre produit sur le marché international, sans se soucier ni de ses origines ni de l'impact de sa production sur les populations locales ou sur l'environnement.
Enfin, la manne des agrocarburants n'arrive pas dans les mains des citoyens brésiliens mais profitent surtout aux principaux acteurs économiques du Brésil et aux multinationales contrôlant déjà l'ensemble du marché agricole, depuis l'appropriation des terres jusqu'aux royalties sur la production comme le fait si bien Monsanto.
Comment faire du biocarburant "durable", selon d'autres grosses frimes multinaitonales :
</h5>
Citation
Lancé par Shell et Cosan, Raizen est une coentreprise qui a pour objectif de devenir un producteur mondial de biocarburants à faible teneur en carbone, en commercialisant plus de 2 milliards de litres par an, d'éthanol produit à partir de la canne à sucre brésilienne. Raizen distribuera des biocarburants et plus de 20 milliards de litres d'autres carburants industriels et destinés aux transports annuellement, par l'intermédiaire d'un réseau combiné de près de 4 500 stations-service de la marque Shell. Il devient la troisième société de carburants la plus importante au Brésil. La société prévoit d'étendre sa portée dans les années à venir pour exporter plus d'éthanol vers d'autres marchés clés.
"Les biocarburants à faible teneur en carbone seront la façon la plus pratique et la plus réaliste sur le plan commercial d'éliminer dans les années à venir le dioxyde de carbone (CO2) des carburants destinés aux transports, et joueront un rôle essentiel au sein du futur bouquet énergétique" explique Shell.
Cette association pourrait potentiellement accélérer la production commerciale des biocarburants issus de résidus de récolte et de plantes non comestibles.
Les 24 usines de traitement de Raizen sont capables de transformer jusqu'à 62 millions de tonnes de canne en sucre en éthanol chaque année, tout en étant suffisamment flexibles pour s'adapter à la demande du marché.
"Nous établissons une position de premier plan dans le pays producteur d'éthanol le plus efficace au monde", a déclaré Peter Voser, PDG de Shell. "Les biocarburants durables et à faible teneur en carbone seront de plus en plus importants dans le bouquet mondial de carburants destinés aux transports."
"Il s'agit d'un tournant décisif dans la recherche de sources d'énergie alternatives", a soutenu Rubens Ometto Silveira Mello, Président du Conseil d'administration de Cosan. " Raizen est l'une des sociétés les plus importantes au Brésil et est prête à proposer aux marchés internationaux une solution propre, renouvelable et économiquement viable. "
Répondre à la demande mondiale
En Europe et aux États-Unis, les nouvelles politiques en matière d'énergie exigent des carburants plus propres et à moindre teneur en carbone pour les transports. Les biocarburants représentent environ 4 % des carburants destinés aux transports en Europe, et 3 % aux États-Unis. À l'échelle mondiale, les biocarburants répondent actuellement à environ 3 % de la demande en carburants destinés aux transports routiers. Selon Shell, ce pourcentage devrait augmenter et atteindre 9 % d'ici à 2030.
Le Brésil est le numéro un mondial en termes d'utilisation des biocarburants de transports. Il est fort probable que ces derniers représentent plus de 40 % du bouquet de carburants destinés aux transports du pays d'ici à 2030, soit le double de la proportion d'aujourd'hui. L'actuelle capacité de production annuelle de Raizen suffira à répondre à près de 9 % de la demande actuelle en éthanol du Brésil.
À la pompe, les automobilistes brésiliens ont le choix entre de l'éthanol pur ou un mélange de pétrole (essence) et d'éthanol. Environ 90 % des automobiles du pays sont capables de fonctionner avec l'un ou l'autre de ces types de carburant.
"Le modèle opérationnel de Raizen, qui combine les actifs de Shell et Cosan et dispose d'un accès direct aux consommateurs, constitue une véritable percée dans le secteur des biocarburants", a expliqué Marcos Marinho Lutz, Président-directeur général de Cosan.
Le processus de transformation de canne à sucre en éthanol utilisé par Raizen est la méthode la plus efficace de transformation de biomasse en carburant. Selon l'UNICA, l'union de l'industrie cannière brésilienne, la canne à sucre brésilienne permet de produire 7 000 litres d'éthanol par hectare de canne, en comparaison avec, par exemple, 3 800 litres par hectare de maïs aux États-Unis et 2 500 litres par hectare de blé en Europe.
"La canne à sucre est, à notre connaissance, la plante la plus efficace en termes de conversion de la lumière du soleil en énergie", a déclaré le Professeur Edgar de Beauclair, du Département des cultures agricoles de l'Université d'État de Sao Paulo.
Des biocarburants de meilleure qualité
La transformation de la canne à sucre en éthanol offre un certain nombre d'avantages environnementaux, par rapport à d'autres processus de production de biocarburants explique Cosan. Pendant sa croissance, la canne à sucre absorbe généralement du CO2 en proportion supérieure par rapport aux autres plantes cultivées pour produire des biocarburants comme le soja.
L'éthanol obtenu à partir de la canne à sucre brésilienne produit environ 70 % de CO2 de moins que le pétrole, lorsque les processus de culture et de production sont pris en compte. Selon l'UNICA, depuis 2003, l'utilisation de l'éthanol au Brésil a évité l'émission de plus de 103 millions de tonnes du CO2 que le pétrole qu'il a remplacé aurait produite.
Les produits de récupération issus de la transformation de la canne à sucre en éthanol sont recyclés en engrais organique. Le résidu de la canne à sucre, appelé bagasse, est brûlé pour alimenter les usines de traitement et l'énergie excédentaire est fournie au réseau national.
Afin d'améliorer davantage sa productivité, Raizen utilisera son propre système avancé d'informations géographiques pour gérer de ses terres. Cela permet aux scientifiques de prédire avec précision le rendement des cultures et d'ajuster la quantité d'engrais appliquée ou l'intervention phytosanitaire - par exemple pour améliorer la production.
"L'éthanol produit à partir de la canne à sucre brésilienne est l'un des biocarburants les plus durables et à la teneur en CO2 la plus faible actuellement disponible", a expliqué Mark Gainsborough, Vice-président exécutif des énergies alternatives chez Shell. "Le développement des carburants modernes devrait bénéficier des matières premières de Cosan et de son expertise dans le domaine de la production de biocarburants à grande échelle. Cela peut potentiellement accélérer la future viabilité commerciale de l'éthanol cellulosique."
L'accord inclut une partie de l'intérêt de Shell dans la société Iogen, qui utilise des enzymes pour transformer les déchets végétaux en éthanol, ainsi que l'intérêt de Shell dans Codexis, qui développe des "super-enzymes" pour accélérer la conversion des déchets végétaux en carburants destinés aux transports.
Une production durable
Raizen s'efforcera d'améliorer la durabilité de ses opérations. La canne à sucre utilisée pour produire de l'éthanol requiert l'ajout de peu d'eau, car les pluies tropicales brésiliennes fournissent une irrigation naturelle. Dans le processus industriel, Raizen a introduit un système qui recycle jusqu'à 90 % de l'eau utilisée.
Raizen soutient le développement de différentes variétés de canne à sucre adaptées au climat régional et capables de résister aux maladies. S'agissant de la protection phytosanitaire, la société élève et libère des prédateurs naturels, ce qui réduit davantage l'utilisation de pesticides chimiques.
Raizen est parvenue à un stade avancé dans le déploiement de la récolte mécanisée, répondant déjà aux exigences qui entreront en vigueur d'ici à 2014 dans le principal état brésilien producteur de canne à sucre de Sao Paulo. La société utilise déjà des machines sur environ 64 % de ses terres où cela est possible (celles présentant une inclinaison inférieure à 12 %). Les émissions de CO2 peuvent être réduites grâce à la récolte mécanisée, car cette dernière supprime le besoin de brûler la paille dure, une étape nécessaire dans la coupe manuelle.
L'actuelle production de canne à sucre au Brésil occupe jusqu'à 8,1 millions d'hectares, soit environ 0,9 % du territoire total du pays. La législation gouvernementale interdit aux industries d'entrer dans des zones sensibles comme les forêts tropicales humides ou les terrains requis pour d'autres cultures vivrières. Elle interdit également de déplacer des cultures vivrières dans d'autres zones sensibles. En outre, les lois nationales reconnaissent les droits des communautés autochtones, ainsi que leurs revendications de la propriété des terres. Les principales zones de culture de canne à sucre se trouvent à des centaines de kilomètres de la forêt amazonienne.
Source Enerzine.com
Le Bresil lèche les bottes de ces multinationales, il se soumet à leur volonté :
Citation
Le Brésil veut investir 50 milliards de dollars en dix ans dans l'éthanol
LEMONDE.FR avec AFP | 06.06.11 | 23h03 • Mis à jour le 06.06.11 | 23h03
Le Brésil a prévu d'investir 50 milliards de dollars au cours des dix prochaines années pour développer la filière de l'éthanol, dont il est déjà le premier exportateur mondial, a annoncé, lundi 6 juin, le responsable brésilien du secteur.
La demande mondiale d'agrocombustibles et "la pression croissante de la société pour des énergies non fossiles" vont soutenir le développement du secteur au Brésil, a déclaré le président de la filière brésilienne sucre-éthanol, Marcos Jank, lors de l'ouverture du troisième sommet de l'éthanol à Sao Paulo. Il a souligné qu'à cette fin le Brésil prévoyait d'investir 80 milliards de reais (51 milliards de dollars) pour construire cent trente nouvelles usines au cours des dix prochaines années.
"AVOIR L'UNE DES SOURCES D'ÉNERGIE LES PLUS PROPRES DU MONDE"
Le Brésil est le premier exportateur mondial d'éthanol et le deuxième producteur mondial derrière les Etats-Unis, qui le produisent à base de maïs. Cependant, l'éthanol brésilien souffre de problèmes de "régularité dans l'approvisionnement et de stabilité des prix" et doit "devenir plus compétitif dans la chaîne productive", a souligné M. Jank. Le responsable a assuré que des "possibilités immenses de croissance" existaient sans provoquer de déforestation ni concurrencer la production alimentaire, deux des principales critiques faites à l'éthanol.
Le ministre des mines et de l'énergie brésilien, Edson Lobao, a annoncé de son côté la création d'un plan sur dix ans, qu'il n'a pas détaillé, pour encourager la production d'agrocarburants, ce qui permettra au Brésil "d'avoir l'une des sources d'énergie les plus propres du monde", selon lui.
D'après M. Lobao, grâce à l'utilisation d'éthanol au lieu d'essence dans les voitures brésiliennes depuis 1975, le pays a évité de rejeter 960 millions de tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Actuellement 13 millions de véhicules "flex" fonctionnent indifféremment à l'éthanol et à l'essence au Brésil. Au cours des dix dernières années, la part du pétrole comme source d'énergie y a chuté de 45 % à 37 % tandis que celle de l'éthanol a grimpé de 18 %.
La spéculation sur les matières premières touchent aussi les agrocarburants dont ils sont issus aussi :
Citation
Au premier trimestre 2011, le prix du sucre avait augmenté de 73 % depuis juin 2010. Celui du maïs aussi (et même plus au Brésil, en Argentine…). Le blé est sur la même ligne. Bien qu’un peu plus stable, le prix du riz enregistre des hausses de plus de 40 % en six mois au Vietnam et au Burundi. La flambée des prix alimentaires est liée à celle des prix des combustibles : les cours du pétrole brut ont augmenté de 21 % au premier trimestre 2011, suite aux troubles survenus au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
D’après l’institution, dans de nombreux pays, les prix des légumes, de la viande, des fruits et de l’huile de cuisson ont subi une hausse de nature à nuire à l’alimentation des pauvres, et une nouvelle hausse de 10 % précipiterait 10 millions de personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté (1,25 dollar par jour), où sont déjà plongés 1,2 milliard d’individus dans le monde.
Les prix des produits alimentaires se sont envolés sous l’effet de plusieurs facteurs : les phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresse, inondations, etc.) survenus dans certains grands pays exportateurs de céréales, les restrictions sur les exportations, l’utilisation accrue de produits agricoles dans la fabrication d’agrocarburants, le faible niveau des stocks mondiaux et une spéculation de plus en plus effrénée.
Le scandale des agrocarburants
Pour expliquer le retour de la crise alimentaire, Lucien Bourgeois, économiste, membre du Conseil scientifique de la Fondation Res Publica, pointe du doigt « un élément nouveau qui n’est pas très visible dans les statistiques habituelles, la transformation d’une part croissante de la récolte en énergie ». Il s’agit de la production d’éthanol aux Etats-Unis. Représentant moins de 5 % de la production de maïs avant le 11 septembre 2001, cette proportion dépassait 10 % en 2003, 20 % en 2007, et l’on a désormais franchi le cap de 40 %. Au total, le Centre international des céréales estime que les usages industriels des céréales portent sur 293 millions de tonnes, soit très exactement 16,7 % de la production mondiale !
Le quotidien britannique The Guardian a publié le 1er juin une enquête révélant l’importance croissante du nombre d’entreprises britanniques qui font main basse sur les terres cultivables en Afrique pour produire des agrocarburants. La ruée sur cette forme d’énergie de faible rendement a été encouragée par la décision de l’Union européenne de pourvoir 10 % de l’énergie nécessaire aux transports par des énergies renouvelables en 2020, souligne le quotidien en citant un responsable d’une des sociétés britanniques impliquées, Sun Biofuels, qui exploite 8000 hectares en Tanzanie.
Sur les 3,2 millions d’hectares destinés à la production d’agrocarburants, recensés dans les pays d’Afrique subsaharienne, plus de la moitié sont liés à onze sociétés britanniques, loin devant les entreprises d’autres pays. Le champion en la matière est le groupe Crest Global Green Energy, qui détiendrait à lui seul 900 000 hectares au Mali, en Guinée et au Sénégal. Vient ensuite Gem Biofuels, avec quelque 450 000 hectares à Madagascar. L’Italie suit de près avec sept entreprises implantées en Afrique, suivie par l’Allemagne (six), la France (six) et les Etats-Unis (quatre). Le Brésil et la Chine acquièrent aussi des terres en Afrique pour produire des agrocarburants et de la nourriture, même si dans l’immédiat, l’enquête n’a mis à jour qu’une poignée de projets concrétisés.
Du côté américain, le ministre de l’Agriculture américain Tom Vilsack a rappelé le 24 mai la politique d’Obama dans ce domaine, affirmant sans vergogne que les « agrocarburants n’ont joué qu’un rôle mineur dans la hausse des prix alimentaires ». Petit détail : il s’exprimait devant un parterre de financiers invités à « l’Initiative agricole » du Chicago Council of World Affairs, sponsorisé par Bill Gates et coprésidé par Dan Glickman, un administrateur du Chicago Mercantile Exchange, la plus grande bourse de référence pour la spéculation sur les denrées alimentaires !
En réduisant les surfaces consacrées aux cultures vivrières, surtout dans les pays du Sud, cette production alimente la flambée des produits alimentaires. Rappelons que pour remplir d’éthanol le réservoir d’un 4x4, il faut 230 kg de maïs, soit l’équivalent de la consommation annuelle moyenne d’un Mexicain.
Spéculation
En février dernier, même notre ministre de l’Economie Christine Lagarde, à la réunion du G20 « finance », avait évoqué cette spéculation : « A Chicago, il s’échange dans l’année 46 fois la production mondiale de blé, et 24 fois la production mondiale de maïs, entre des opérateurs privés qui n’ont aucun lien avec la matière première ». Et elle dénonçait une « financiarisation excessive ».
Bruno Le Maire, en tant que ministre de l’Agriculture, avait lui aussi forcé le trait : « Attention à la colère populaire au cas où certains spéculeraient sur la faim dans le monde. (…) Une régulation financière est nécessaire pour ne pas revivre sur l’agriculture ce qu’on a connu dans l’immobilier », déclarait-il devant l’association des journalistes économiques et financiers.
Une telle prise de conscience devrait résulter dans des actes, en particulier lors du G20 Agriculture qui aura lieu le 22 et 23 juin à Paris. Hélas, dans les tragédies de Shakespeare, le personnage français, souvent intelligent mais encore plus souvent soumis ou impuissant, se nomme « Paroles ».
Source Solidarité et Progrès
#87
Posté 16 juin 2011 à 12:24
Cassiopée, le 03 avril 2011 à 05:20, dit :
La différence c'est surtout un détournement de la taxe sur les carburants et donc des problèmes
Par contre c'est autorisé pour les véhicules d'exploitation, donc pas la tuture privée.
Et ça ne fonctionne pas avec n'importe quels moteurs diesel, suivant l'indice de cétane qu'ils supportent.
Mais comme l'utilisation d'un véhicule privé est déjà bien passée de luxe à nécessité, il est possible que ça change.
#88
Posté 01 février 2012 à 13:31
http://www.bastamag....rticle2098.html
"La Cour des comptes vient de publier un rapport très critique sur les agrocarburants, demandant l’arrêt des subventions au secteur en France. Principal argument avancé : le coût pour les consommateurs s’élève à près de 3 milliards d’euros pour 2005-2010. Et les agrocarburants occupent aujourd’hui 6 % de la surface agricole en France
Selon le rapport, la politique française en faveur des agrocarburants a rapporté plus de 500 millions d’euros à Sofiprotéol, fonds d’investissement dirigé par Xavier Beulin, actuel président de la FNSEA,
Les agrocarburants bénéficient notamment d’une forte réduction de la taxe sur les produits pétroliers (ex-Tipp, devenue TIC). Un manque à gagner pour l’État de 2,7 milliards d’euros, entre 2005 et 2010. Et des « transferts financiers non négligeables en direction de l’agro-industrie », pointe le rapport de la Cour des comptes."
petit commerce mafieux entre amis !!!
Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays"
Propaganda -1928 -E. Bernays










