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Le génocide des arméniens


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6 réponses dans ce topic

#1 loupdessteppes

loupdessteppes

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Posté 20 décembre 2004 à 13:44

24 avril 1915


Le génocide des Arméniens


Le samedi 24 avril 1915, à Istamboul, capitale de l'empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement.

C'est le début d'un génocide, le premier du XXe siècle. Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l'empire turc.

Image IPB
  
Un empire composite

Aux premiers siècles de son existence, l'empire ottoman comptait une majorité de chrétiens.

Ils jouaient un grand rôle dans le commerce et l'administration, et leur influence s'étendait au Sérail, le palais du sultan.

Ces «protégés» (dhimmis en arabe coranique) n'en étaient pas moins soumis à de très lourds impôts et avaient l'interdiction de porter les armes.

Les sultans, qui étaient souvent nés d'une mère chrétienne - esclave du harem de leur père -, témoignaient d'une certaine bienveillance à l'égard des dhimmis, tant les Grecs orthodoxes que les Arméniens monophysites.

Ces derniers étaient surtout établis dans l'ancien royaume d'Arménie, au pied du Caucase, ainsi qu'en Cilicie, une province du sud de l'Asie mineure que l'on appelle parfois «Petite Arménie».

L'ensemble de l'empire comptait environ 2 millions d'Arméniens à la fin du XIXe siècle sur 36 millions d'habitants.

Tensions croissantes

Dans les années qui précèdent la Première Guerre mondiale, la décadence de l'empire ottoman s'accélère malgré certains efforts de modernisation sociale et politique.

Le sultan Abdul-Hamid II n'hésite pas à attiser sans vergogne les haines religieuses pour consolider son pouvoir (les derniers tsars de Russie font de même dans leur empire).

Entre 1894 et 1896, comme les Arméniens réclament des réformes et une modernisation des institutions, le sultan en fait massacrer 100.000 à 150.000 avec le concours diligent des montagnards kurdes...

Les Occidentaux se contentent de plates protestations mais le crime ne profite guère au sultan.

De jeunes Arméniens entrent non sans courage en rébellion contre les autorités.

Coupable de livrer l'empire aux appétits étrangers, Abdul-Hamid II est déposé en 1909 par le mouvement nationaliste des «Jeunes-Turcs», sous le commandement du jeune Enver pacha (27 ans).

Ces nationalistes veulent se démarquer des «Vieux-Turcs» qui, au début du XIXe siècle, s'opposèrent à la modernisation de l'empire. Confrontés à un lent démembrement de l'empire multinational, ils se font les champions du «touranisme».

Le touranisme prône l'union de tous les peuples de langue turque ou assimilée, de la mer Égée aux confins de la Chine (Anatolie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, etc) (*).

Les Jeunes-Turcs tentent dans un premier temps de se rallier les minorités de l'Empire mais, dès 1909, leurs troupes multiplient les exactions contre les Arméniens.

La Turquie dans la guerre de 1914-1918

Sous le règne du nouveau sultan, Mahomet V, la Turquie se rapproche de l'Allemagne. En novembre 1914, elle entre dans la Grande Guerre aux côtés des Puissance centrales (Allemagne et Autriche), contre la Russie et les Occidentaux.

Les Jeunes-Turcs tentent de soulever en leur faveur les Arméniens de Russie. Mal leur en prend...

Les Russes écrasent les Turcs et pénètrent dans l'empire ottoman. L'armée turque en retraite multiplie les violences à l'égard des Arméniens dans les territoires qu'elle traverse.

Les Russes, à leur tour, retournent en leur faveur les Arméniens de Turquie. Le 7 avril 1915, la ville de Van, à l'est de la Turquie, se soulève et proclame un gouvernement arménien autonome.

Dans le même temps, à l'initiative du Lord britannique de l'Amirauté, un certain Winston Churchill, les Français et les Britanniques préparent un débarquement dans le détroit des Dardanelles pour se saisir d'Istamboul.

Le génocide

Les Jeunes-Turcs profitent de l'occasion pour accomplir leur dessein d'éliminer les Arméniens avec la brutalité que l'on sait.

L'un de leurs chefs, le ministre de l'Intérieur Talaat Pacha, ordonne l'assassinat des Arméniens d'Istamboul puis des Arméniens de l'armée. C'est ensuite le tour des nombreuses populations arméniennes de l'est du pays.

Voici le texte d'un télégramme transmis par le ministre aux cellules de Jeunes-Turcs : «Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici.»

Dans les sept provinces orientales, les Arméniens sont tués sur place par l'armée ou réunis en longs convois et déportés vers le sud.

Ces longues marches se déroulent sous le soleil de l'été, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux. Elles débouchent en général sur une mort rapide.

Après les habitants de l'est vient le tour des autres Arméniens de l'empire. Au total périssent les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

Le cinéaste français d'origine arménienne Henri Verneuil a montré dans un film émouvant, Mayrig, la réalité de ce génocide.

Les Européens et le génocide

En Occident, les informations sur le génocide émeuvent l'opinion mais le sultan se justifie en arguant de la nécessité de déplacer les populations pour des raisons militaires !

Le gouvernement allemand allié de la Turquie censure quant à lui les informations sur le génocide.

L'empereur Guillaume II ne cache pas sa sympathie pour le sultan. Il croit retrouver dans l'islam beaucoup de «vertus prussiennes» : obéissance, discipline, monolithisme,...

L'Allemagne entretient en Turquie, pendant le conflit, une mission militaire très importante (jusqu'à 12.000 hommes) et des officiers allemands ont même la haute main sur les services secrets ottomans qui supervisent le génocide arménien !

Après la guerre, c'est en Allemagne que se réfugient les responsables du génocide, y compris Talaat Pacha. Ce dernier est assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien.

L'assassin sera acquitté par la justice allemande, preuve si besoin est d'une réelle démocratisation de la vie allemande sous le régime républicain issu de Weimar !

Les nazis tireront quant à eux les leçons du premier génocide de l'Histoire...

«Qui se souvient encore de l'extermination des Arméniens ? » aurait interrogé Hitler en 1939, à la veille d'exterminer les handicapés de son pays (l'extermination des Juifs viendra deux ans plus tard).

Les Turcs d'aujourd'hui et le génocide

Après la défaite des Puissances centrales, l'Entente victorieuse a la tentation de réduire à rien ce qui reste de l'empire multinational des Ottomans. Elle impose aux Turcs le traité de Sèvres.

Mais plusieurs décennies de reculades ont réveillé le sentiment national turc. Celui-ci se trouve un chef avec Moustafa Kémal, qui fonde la Turquie moderne et laïque sur les ruines du passé.

La rupture avec le passé ottoman et le souvenir lancinant des anciennes humiliations expliquent le refus obstiné des Turcs actuels de reconnaître leur responsabilité dans le génocide arménien.

Ce refus se confronte à la volonté poignante des Arméniens de la diaspora d'obtenir une reconnaissance officielle du génocide.

Il faudra un leader d'un très grand courage pour affranchir le peuple turc de son terrible passé. D'autant que le pays doit affronter à nouveau, en ce XXIe siècle, de violents défis identitaires.

La Turquie est écartelée entre la tentation d'un rapprochement avec l'Europe développée et celle d'un regroupement des peuples turcophones répandus du Bosphore aux portes de la Chine ; entre la rivalité séculaire avec la Grèce et l'insurrection kurde.


Source: herodote.net

#2 Frédérique

Frédérique

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Posté 20 décembre 2004 à 14:21

Bonjour,

C'est étrange de ressortir ce génocide au moment où on parle de l'entrée de la Turquie dans l'Europe.

Mon petit nez me dit qu'à l'avenir, c'est des Arméniens qu'il va falloir se méfier. D'autant plus que le gouvernement actuel a dans ses rangs, un de leurs ressortissants au passé très douteux et très proche de la grande marionnette de l'UMP...

Enfin, bon ! Je me demande si cela va venir s'ajouter aux commémorations juives !!!

Peut-être en fait que tous ces braves gens oeuvrent ensemble pour l'avènement d'un nouveau génocide déjà bien entamé et qui va concerner tous les anti-fascistes...

A+

Frédérique

#3 Diégo

Diégo

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Posté 01 novembre 2005 à 14:59

Topic combiné. Merci d'utiliser la fonction RECHERCHE avant de créer un nouveau topic

:tresfache: J'ai terminé ce livre. Or j'ai été touché, surpris par les derniers propos de Y. Ternon. Voir page 354, 355.

.....<< Lorsque le doute légitime du savant - (ils furent 69 spécialistes de l'assemblée des associations turco-américaines, Professor of Near Eastern History, Princeton University [ Ces signataires ont récusé l'accusation de génocide ] ....la négation du génocide arménien fait partie d'une politique de soutien à la Turquie, membre de l'OTAN ) - se transforme en négation, lorsqu'il refuse de se rendre aux arguments de la raison [ témoignages de consuls et de milliers de victimes rescapées ], ce savant a cessé d'en être un. Elle devient celle du droit de l'homme de science au mensonge. Le mensonge n'est sans doute pas conscient. Le menteur ne sait pas toujours qu'il ment, car il se situe alors dans un univers mental irrationnel où le mensonge n'est plus perçu comme tel, mais où il devient une nécessité au service d'une cause supérieure.....>>.


Si nos devions élargir ce sanglant épisode de l'histoire et y glisser les autres génocides, probables, confirmés ou à infirmer, ne serions-nous pas amenés à penser que : Tout historien ne peut, en aucun cas, se laisser subjuguer par la politique, ou acheter par les plus puissants. Tout génocide, c'est mon avis personnel, démontré ou à récuser, ne peut être analysé avec rigueur que dans la mesure ou les toutes les archives peuvent leur être ouvertes. Or la main politique, poussée par des intérêts supérieurs, interdit que l'Histoire soit la stricte réalité du contexte. L' historien n'est tout simplement pas un scientifique historique mais bien scientifique politique. Toutes les dérives sont permises par la puissance de l'intérêt et de l'argent.



JE NE PUIS QUE RESTER DANS LE DOUTE SUR TOUT QUI A ETE DIT JUSQU'A L'HEURE SUR CES SUJETS.
Ni négationniste , ni positiviste.
Mais complètement écœuré
Comme le disait un jour mon père, résistant de la première heure, on ne m'y prendra plus.

#4 Daman

Daman

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Posté 01 novembre 2005 à 17:34

Les algériens attendent avec impatience* la reconnaissance du génocide arménien, reconnaissance qui a été grandement favorisée par la diplomatie française en partie d'origine arménienne. En effet, de 1830 à 1847 la France s'est rendus coupable d'un génocide ( population algérienne passant de 6 à 3 millions d'après l'armée française elle-même ) de plus grande envergure que celui des arméniens accompagné de destruction de récoltes , d'exterminations de tribus entières par différents moyen dans le but de vider le pays de ses habitants. Plus tard , lors de la fameuse guerre d'Algérie, on tua systématiquement les habitants de villages entiers sur le seul critère de leur appartenance ethnique, ce qui est la principale caractéristique du génocide.

Les accords d'Evian ont débouché sur l'amnistie par rapport aux crimes commis à cette époque mais le crime de génocide n'étant pas amnistiable, il sort de fait du cadre des accords.

En tout cas, s'il est un cas où la France peut en toute logique être accusée d'un génocide au moins aussi grave que celui des arméniens, c'est celui là. On peut aussi évoquer l'indubitable mais toujours oublié génocide des amérindiens . Les pays puissants échapperont-ils indéfiniment au jugement de l'Histoire ? Pire , pourront-ils éternellement se poser en gardiens d'une morale qu'ils ne respectent pas ?

Je pense pour ma part que des génocides, il y en a eu et qu'il y en a encore beaucoup même aujourd'hui . Leur reconnaissance dépend essentiellement du pouvoir économique et politique des survivants et de leurs descendants introduisant ainsi de fait un droit supplémentaire pour le plus riche. L'introduction de ce concept délicat à mettre en oeuvre n'a donc fait qu'aggraver les inégalités entre les peuples . La notion de génocide nous amène petit à petit à reconnaître des droits supérieurs à certains peuples qui ont les moyens de faire reconnaître ces droits et à les refuser aux peuples pauvres. Je propose tout simplement de renoncer à cette qualification sans intérêt en se limitant à reconnaître les crimes de guerre et en les rendant non amnistiables.


*( je sors un peu du sujet ...) impatience d'autant plus justifiée qu'il s'avère d'après les dernières information recueillies en Algérie, au Maroc et en Allemagne, que le GIA qui assassina des milliers d'algériens lors des années 90 était sans doute partiellement  une création des services secrets français ( aux mains des socialistes à l'époque) qui en a recruté les membres  ( certains de ses agents opéraient comme barbouzes égorgeurs)et en a assuré la formation aux techniques du massacre efficace, tout ceci pour venir en aide à ses amis généraux algériens totalement complices qui avaient été mis en difficulté face aux percées électorales des islamistes politiques du FIS qui jouissaient d'une grande popularité au sein de la population.  On comprend peut-être mieux pourquoi la France fut visée ( mais par qui, au juste ? n'était-ce pas déjà un inside job ? ) par des attentats terroristes qui accréditèrent fort commodément la thèse d'un islam dangereux en France. Je pense que pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans le monde, il faut étudier à nouveau cette période charnière des années 90 où le terrorisme fut adopté comme méthode de travail pour les services occidentaux d'abord dans le tiers-monde puis à l'intérieur des sociétés qu'ils étaient censés protéger. Fin de la parenthèse...



Diégo dit :

L' historien n'est tout simplement pas un scientifique historique mais bien scientifique politique.

Peut-on même parler de scientifique, au vu de la relation étroite qu'il y a entre les positions politique de l'historien moyen et ses propres conclusions dans son domaine d'activité ?  Ce n'est  pas pour rien que l'enseignement de l'histoire est un des mieux surveillés , cadrés, par le monde politique en France . Histoire = propagande forcément  ?

Ce message a été modifié par Daman - 01 novembre 2005 à 18:17.

Laissez-moi rire...  :D
Où vont-ils se réfugier ?

La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.

#5 a200tq1977

a200tq1977

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Posté 07 avril 2006 à 12:42

Alors là Daman je voudrais connaitre tes sources car je n'ai jamais entendu parler de 6 millions d'Algériens en 1830 mais plutôt de 10x moins.

A+

#6 Angel Of Death

Angel Of Death

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Posté 07 avril 2006 à 13:49

Faudrait pas oublier le génocide des Grecs par les Turques pendant la même période.
« Désirer avec indifférence, c’est l’essence même du jeu. »
Henry de Montherlant

« La justice n'est que le rêve imbécile de quelques hommes. L'injustice est la volonté même de Dieu. »
Anatole France

#7 psyduck

psyduck

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Posté 26 septembre 2006 à 12:17

Daman, le Mardi 01 Novembre 2005 à 17h27, dit :

Les algériens attendent avec impatience* la reconnaissance du génocide arménien, reconnaissance qui a été grandement favorisée par la diplomatie française en partie d'origine arménienne. En effet, de 1830 à 1847 la France s'est rendus coupable d'un génocide ( population algérienne passant de 6 à 3 millions d'après l'armée française elle-même ) de plus grande envergure que celui des arméniens accompagné de destruction de récoltes , d'exterminations de tribus entières par différents moyen dans le but de vider le pays de ses habitants. Plus tard , lors de la fameuse guerre d'Algérie, on tua systématiquement les habitants de villages entiers sur le seul critère de leur appartenance ethnique, ce qui est la principale caractéristique du génocide.

Les accords d'Evian ont débouché sur l'amnistie par rapport aux crimes commis à cette époque mais le crime de génocide n'étant pas amnistiable, il sort de fait du cadre des accords.

En tout cas, s'il est un cas où la France peut en toute logique être accusée d'un génocide au moins aussi grave que celui des arméniens, c'est celui là. 

http://perso.orange....col/node31.html

http://perso.orange....col/node58.html

http://perso.orange....col/node82.html


http://perso.orange....col/node17.html

http://perso.orange....ol/node110.html

http://perso.orange....ol/node117.html

http://perso.orange....col/node55.html

http://perso.orange....col/node33.html

http://perso.orange....col/prolog.html

Ce message a été modifié par psyduck - 26 septembre 2006 à 12:19.