Qui en veut aux fréres Bogdanov?
#1
Posté 28 janvier 2005 à 23:52
#2
Posté 29 janvier 2005 à 02:36
Il y a plus de 20 ans, comme les plus de trente ans doivent le savoir, ils présentaient la remarquable émission "Temps X" dans laquelle ils n'hésitaient pas à inviter des scientifiques déjà controversés comme Jean-Pierre Petit et à évoquer les cas les plus connus de l'histoire ufologique (Kenneth Arnold, Roswell, Marius Dewilde, etc...)
Sans parler des séries "Le Prisonnier" ou "The Twilight Zone" qu'ils nous ont permis de (re)découvrir. Hé oui, je fais mon Cabrel mais c'était du temps où l'on diffusait encore des séries de qualité invitant à développer à la fois l'imaginaire et la réflexion.
D'ailleurs, je vous invite à visionner cet extrait d'une émission de Temps X sur le site de l'INA : http://www.ina.fr/vo...riosite.fr.html

Cette video nous présente en effet un reportage pour le moins ébouriffant sur l'hypothèse d'extra-terrestres vivant sur la Lune.
3 minutes 36 d'hérésie scientifique et télévisuelle ! Hé oui, c'était en 1981 sur une grande chaîne à une heure de grande écoute...
A propos, si quelqu'un pouvait sauvegarder la séquence (avec le son et l'image) et nous la rendre disponible, ce serait vraiment sympa.
#3
Posté 29 janvier 2005 à 13:32
Voici la video en download (que j'ai mis sur un ftp free) : Freres Bogdanov (faites "save target as" (ou enregistrer la cible sous) pour la télécharger sur votre DD )
Vraiment interessant cette video, j'ai du mal a imaginer que ceci est passé à la télé en prime time !!
Ce message a été modifié par devneil - 29 janvier 2005 à 13:33.
#4
Posté 29 janvier 2005 à 14:31
Il y a quelques mois, dans une émission, les frères Bogdanof ont utilisé une image concernant la quantité d'étoiles: " imaginez la surface de la France recouverte d'un mètre de sable, chaque grin de sable est une étoile"
Quelqu'un sait si ce "calcul" a été vérifié ?
Combien de grains de sable dans 1 m3 (ou dans 1 dm3 ) ?
A+
AJH
#5 exos
Posté 29 janvier 2005 à 14:32
avec leur livre et leur 14 annees de calcul
ils ont prouve par les mathematiques l'existence de dieu
ceci etant evidement a la portee d'un certains coeff intellec
il y a quelques annees une emission sur la 5
la formule du temps
commencant par une vue sur un tableau noir remplit de formules mathematiques un journaliste interrogeait un physicien (dans un endroit sur paris ou 10 horloges atomique etaient alignees)
"il semblerait qu'apres plusieurs annees vous ayez decouvert la formule du temps
et oui il a fallu construire des accelerateurs de particules de plusieurs kilometres decouper en segments etc.....
le resultat de la recherche etait egal a 0
fou le journaliste insistait mais qu'es ce que c'est que le temps le physicien repondu naturelement la seul chose que je peus vous dire
c'est ce qu'indique une horloge
et de la on est passe a l'homme qui a constater le cycle du soleil et des saisons
puis vinrent les eglises et leur clocher ou on sonnait les cloches pour prevenir les villageois etc...puis vint l'horlogerie qui finalement nous permet d'avoir des echanges commerciaux en fonction des cycles du jour et de la nuit
tout ca pour dire que le temps n'existe pas
impressionnant les debauches d'energie humaine pour arriver a ce convaincre de l'existence de dieu
moi il m'a juste fallu le temps d'ouvrir les yeux pour m'apercevoir qu'il y avait quelque chose d'autre
#6
Posté 29 janvier 2005 à 17:03
devneil, le Samedi 29 Janvier 2005, 13:32, dit :
Voici la video en download (que j'ai mis sur un ftp free) : Freres Bogdanov (faites "save target as" (ou enregistrer la cible sous) pour la télécharger sur votre DD )
Psst ! Tu m'indiqueras la recette ?
Citation
Hé oui ! Même qu'on faisait des débats de qualité dans "Les Dossiers de l'Ecran" à la fin des années 70. Vraiment une autre époque !
J'y pense, il y a une autre vidéo consacrée à Marius Dewilde qui traîne quelque part dans le Forum. Faudrait retrouver le topic en question.
#7
Posté 29 janvier 2005 à 20:42
http://www.onnouscac...pic.php?p=68095

La vidéo est disponible à cette adresse : Marius Dewilde
Avez-vous des souvenirs de l'émission Temps X des frères Bogdanov ? Ce serait intéressant de voir ce que vous en avez surtout retenu.
#8
Posté 29 janvier 2005 à 21:21
AJH, le Samedi 29 Janvier 2005, 14:31, dit :
Il y a quelques mois, dans une émission, les frères Bogdanof ont utilisé une image concernant la quantité d'étoiles: " imaginez la surface de la France recouverte d'un mètre de sable, chaque grin de sable est une étoile"
Quelqu'un sait si ce "calcul" a été vérifié ?
Combien de grains de sable dans 1 m3 (ou dans 1 dm3 ) ?
A+
AJH
plus serieusement, s'ils ont dit ca, c'est pas pour qu'on se mette a calculer et verifier leurs dires, mais pour nous ouvrir les yeux
#9
Posté 29 janvier 2005 à 22:07
Citation
Psst ! Tu m'indiqueras la recette ? _biglol.gif ( Pasque c'était du stream.... et que je ne sais pas comment faire icon_confus.gif )
Salut Joel ! En fait c'est tout bête. Regarde la vidéo en streaming avec internet Explorer. Puis tu vas dans les outils internet. Dans fichiers internet temporaire tu cliques sur "parametres", puis "afficher les fichiers". Et hop il te suffit de chercher la video (tu tries les fichiers par taille et tu la trouves en 3 secondes ) voila
Citation
#10
Posté 04 février 2005 à 18:52
#11
Posté 04 février 2005 à 18:58
#12
Posté 04 février 2005 à 19:29
Il n'y avait pas encore le rapport Cometa qui avait prévenu 'officiellement' le gouvernement Français. Depuis, il se sont mis au pas des Americains, motus et bouche cousue...
L'idée d'une 'tutelle' extra terrestre me plait assez bien. Mais c'est qui ces deux types ?
#13
Posté 04 février 2005 à 20:31
Citation
si j'ai bien compris les freres bogda
avec leur livre et leur 14 annees de calcul
ils ont prouve par les mathematiques l'existence de dieu
ceci etant evidement a la portee d'un certains coeff intellec
ce livre doit être trés intéressents comment s'apelle t'il quelqu'un peut m'en dire plus?
merci
#14
Posté 05 février 2005 à 13:57
#15
Posté 05 février 2005 à 14:16
Amilcar, le Samedi 05 Février 2005, 13:57, dit :
Voir par exemple http://sapiensweb.fr...iaux/index.html , choix "éditorial 10" ..
#17
Posté 05 février 2005 à 17:15
joel, le Samedi 29 Janvier 2005, 21:42, dit :
Ben, je les ai tous vu, grâce à un père fan de science-fiction.
Mais ce qu'il m'en reste est beaucoup plus flou que toi, essentiellement des souvenirs des séries (beaucoup), du plateau et des fonds bleus d'espace qui tournent en boucle hypnotiques, des costumes argentés (avec plusieurs modèles), peu de trace des dossiers et des infos qui y passaient, c'est peut-être à cause l'âge (j'avais 10 ans en 81).
Ceci dit, même à l'époque, il ne faisait pas très crédibles (trop théatraux malgrés eux) et je préférait les dossiers traités dans "l'avenir du futur" ou dans les "Planète"...
#18
Posté 05 février 2005 à 17:16
Je pense qu'ils en ont suffisament souffert à l'école pour qu'on puisse au moins arrêter de les embêter avec ça!
Ce qu'il ont à nous apprendre est en plus très interessant et bien expliqué (pour une fois), donc il serait bête de les boycotter uniquement pour des raisons physiques! Dire que quelques uns croient encore que la beauté est amenée par l'intelligence...
#19
Posté 05 février 2005 à 17:42
#20
Posté 05 février 2005 à 17:52
Alpha_Zero1, le Samedi 05 Février 2005, 17:42, dit :
ps : quoique la ...
Ce message a été modifié par mcotiga - 05 février 2005 à 17:52.
#21
Posté 06 février 2005 à 12:35
#22
Posté 06 février 2005 à 13:10
#23 AsJacks
Posté 06 février 2005 à 13:44
Citation
Pourrais tu nous donner l'adresse de leur site STP ?
Un texte interessant nous en disant plus sur les freres bogdanov (que je n'ai jamais pris au serieux).
C'est pas le premier article sur eux que je lis et qui nous affirme que ce sont des escrocs mais disons que ceux là, sont facilement verifiable.
TRIBUNE
Les frères Bogdanov, la science et les médias
Publié le lundi 29 novembre 2004
Acrimed ne dispose pas collectivement des compétences scientifiques qui nous permettrait d’évaluer la controverse scientifique qui sous-tend cette contribution (que nous publions par conséquent en « tribune libre »). Mais la prétention de certains médias non spécialisés d’intervenir en arbitre de ces controverses justifie amplement qu’on la conteste. Cette variété de l’emprise du journalisme est d’autant plus nocive qu’elle est mise au service de la promotion médiatique de personnes traitées comme des étoiles de la science parce qu’elles sont ... des « stars » du petit écran. (Acrimed)
LES FRERES BOGDANOV, LA SCIENCE ET LES MEDIAS
Dans la place infime laissée à la culture à la télévision, même publique, la science devait déjà se contenter de peu, voilà que ce peu est détourné de son but à des fins de promotion personnelle au mépris de tout esprit critique et de toute honnêteté, ces deux traits fondamentaux de l’esprit scientifique.
La vulgarisation scientifique façon Bogdanov ne vise qu’à mystifier le public et à se faire admirer de lui en ne jouant que sur le spectaculaire, le clinquant et à bien expliquer qu’il ne peut comprendre ce que eux, génies incomparables ayant dépassé Einstein et toute la physique contemporaine, ont, à l’égal des dieux, compris : l’origine des choses.
Deux thèses médiocres péniblement achevées
Quand Grichka et Igor Bogdanov obtiennent leurs thèses de doctorat (le premier en mathématiques en 1999, le second en physique trois ans plus tard), ils réalisent sans doute un vieux rêve, auquel ils avaient déjà cru un peu trop vite en se faisant présenter comme « docteurs en science » en quatrième de couverture de Dieu et la Science, compilation d’entretiens avec Jean Guitton, médiocre catéchisme accusé de plagiat par l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan.
Les soutenances n’auront pas eu lieu sans mal : « Le langage scientifique était juste une apparence derrière laquelle se cachaient une incompétence et une ignorance de la physique, même de base. » (Le Monde 20/12/2002), juge Igniatios Antoniadis, un de leur rapporteur, et pour Alain Connes, un des plus grands mathématiciens français spécialiste de physique mathématique : « Il ne m’a pas fallu longtemps pour m’assurer qu’ils parlent de choses qu’ils ne maîtrisent pas » (Ibid). Ce n’est qu’au bout de plus du triple de la durée habituelle d’une thèse scientifique et après moultes changements d’orientation et de laboratoires qu’ils décrochent au final leurs doctorats avec la mention honorable qui selon les usages académiques désigne un travail très moyen, voire médiocre.
Pendant leurs thèses, les frères Bogdanov, sommés par leur encadrement de publier dans des revues scientifiques, ont pu y faire passer six articles, tous quasiment identiques. La plus prestigieuse d’entre elles, Classical and Quantum Gravity, a communiqué plus tard que « l’article n’aurait pas dû y être publié » et « qu’il n’atteint pas le niveau nécessaire attendu dans le journal » (Nature 420, 2002). Ces articles vont donner lieu en 2002 à une polémique assez inédite en sciences dures.
En effet, plusieurs physiciens en trouvent le contenu tellement absurde qu’ils soupçonnent un canular monté à la manière d’Alain Sokal pour montrer qu’en sciences exactes aussi on peut mystifier son monde. Igor et Grichka, manifestement convaincus d’avoir réalisé des travaux de grande valeur, protestent avec véhémence et faute de pouvoir répondre correctement à des objections sur le contenu de leurs travaux invoquent des autorités reconnues dans le milieu scientifique : Shahn Majid de l’université de Cambridge, Costas Kounnas de l’École Normale Supérieure ou encore Roman Jackiw du M.I.T., qui, si tant est qu’ils suivent les discussions sur le forum Internet sci.physics.research, restent silencieux. Plus récemment, l’autorité la plus souvent invoquée par les frères Bogdanov, Shahn Majid, a protesté publiquement, jugeant les Bogdanov coupables de lui faire dire ce qu’il n’a pas dit, quand ce n’est pas carrément le contraire, dans leur livre comme dans des forums Internet. Au passage, on aura appris qu’il les tient pour des « étudiants très faibles » (forum fr.sci.physique, le 30/09/2004).
Un livre de vulgarisation calamiteux
En juin 2004, paraît chez Grasset « Avant le Big Bang ». Igor et Grichka Bogdanov affirment y poursuivre deux buts : présenter l’histoire récente de la physique au travers de l’émergence de la cosmologie moderne et de l’hypothèse du Big Bang et y présenter leurs propres travaux.
Le livre n’est en fait qu’un plaidoyer pro domo particulièrement répétitif dans son vocabulaire outrancièrement sensationnel (impensable, effrayant, prodigieux, phénoménal, inouï, etc.) Le peu d’histoire des sciences évoqué a pour unique rôle de démontrer qu’entre les jumeaux et les plus grands physiciens (Einstein, Feynman, Gell-Mann, etc.) il n’y a qu’une poignée de main, deux au maximum. L’ouvrage est surtout littéralement truffé d’erreurs de mathématiques et de physique élémentaires : la moitié d’entre elles sont du niveau de la classe de terminale scientifique, les autres ne dépassent pas le niveau de la licence. Ainsi on y apprend que le nombre d’or est transcendant (alors qu’il vérifie justement la condition décisive pour ne pas l’être). Une autre bourde moins triviale, mais au cœur du domaine qu’ils prétendent vulgariser, la cosmologie : l’expansion de l’Univers impliquerait naturellement que le système solaire est si sensiblement plus petit au début de l’histoire de la Terre qu’aujourd’hui que le soleil y apparaissait alors bien plus brillant dans le ciel et Mars semblait « presque à portée de la main » (ce qui est géologiquement et biologiquement absurde, et calculatoirement faux dans le modèle standard du Big Bang). Les maladresses y alternent avec les contresens. Aucun domaine n’est épargné : l’algèbre élémentaire (innombrables confusions sur les nombres dits imaginaires), la Relativité (le concept de base d’événement leur échappe totalement), la physique classique (la force y est proportionnelle à la distance parcouru et la vitesse est un absolu, quand on ne tombe pas carrément dans la numérologie façon Elizabeth Teissier (autre Docteur de l’Université [1].
Quand les frères Bogdanov évoquent leurs travaux et leurs prétendus résultats, c’est pour les présenter sur le même plan (et même au dessus : ils auraient réussi le tour de force d’atteindre ce qui terrorisait tous les scientifiques avant eux) que les hypothèses et résultats les plus reconnus de la science moderne. Il leur manque bien quelques références. Alors ils les inventent de toute pièce : ils traduisent de travers telle ou telle phrase du physicien Peter Woit ou de leurs rapporteurs de thèse (« certainement possible » devient « tout à fait certain ») Et surtout ils caviardent à tout va : ainsi un texte du physicien Urs Schreiber, posté initialement sur le forum sci.physics.research et cité en annexe du livre, qui démontre très précisément l’absurdité des pseudo-raisonnements d’Igor et Grichka se voit amputé de phrases entières. [2] pour en inverser le sens. Pour le lecteur, le texte d’Urs Schreiber apparaît alors comme un docte commentaire sur des idées très avancées et parfaitement recevables, alors qu’il est une destruction en règle des prétentions grotesques des Bogdanov.
Bref, le livre apparaît comme une pure mystification : d’une part à cause des nombreuses citations truquées ou tendancieusement traduites pour donner au lecteur l’impression que les travaux des auteurs sont largement reconnus comme valables, d’autre part par l’avalanche de jargon mathématique non expliqué, insistant bien lourdement sur la très haute difficulté des notions en jeu, déboulant à tort et à travers et en fait constellée d’erreurs grossières dont rougirait un étudiant de première année d’université (une liste commentée des nombreuse erreurs du livre peut être lue sur le site Épiphysique.)
Une manipulation médiatique
Les frères Bogdanov et leur calamiteux ouvrage vont être la coqueluche des médias au cours d’une opération de promotion rondement menée. La reconnaissance que l’Université et la science leur ont refusée, les Bogdanov iront la chercher à la radio et à la télévision, où l’on voit bien l’intérêt des relations et copinages préservés depuis l’époque de Temps X. Certes, les émissions choisies ne se distinguent guère pour leur sérieux en matière intellectuelle, a fortiori scientifique : Tout le monde en parle, On ne peut pas plaire à tout le monde, C’est ma vie, On a tout essayé, 20H10 pétantes, ... Mais c’est l’occasion de quelques belles et nouvelles bourdes : Igor et Grichka auraient « inventé » le terme Internet en parlant d’un « Internex »dès 1979 (dommage que l’Internet Protocol ait été inventé en 1972) ; les nombres complexes n’auraient rien à voir avec les nombres imaginaires (énormité assénée en direct au téléphone à une pauvre étudiante en mathématiques qui a du en perdre son latin, ou plutôt son algèbre). En tout cas, malgré le ridicule des jumeaux qui y posent en scientifiques si caricaturalement que plusieurs animateurs les mettent en boîte, le livre se vend bien.
Le classement au top des best sellers de l’été n’est pas suffisant pour Igor et Grichka, il leur faudra en plus présenter au plus grand nombre leurs sublimes travaux qui dévoilent l’origine de l’Univers. Leur rôle de présentateurs virtuels (ils apparaissent en image de synthèse) d’une émission de vulgarisation scientifique sur la chaîne publique France 2 va leur permettre de réussir un joli coup : en montant des enregistrements d’entretiens de scientifiques renommés, réalisés deux mois auparavant, avec la mise en scène virtuelle de leur émission Rayons X et quelques reportages qui présentent leur non-sens sur le même plan que les résultats de la cosmologie moderne, les frères Bogdanov se mettent en scène comme des scientifiques à la pointe de la recherche et reconnus comme tels par toute la communauté scientifique représentée par des plus illustres de ses membres.
Profitant sans vergogne de leurs postes d’animateurs sur une chaîne de télévision du service public, en détournant la traditionnelle « Nuit des étoiles », Igor et Grichka Bogdanov se sont livrés à un mélange des genres fort peu déontologique, en déguisant en émission spéciale consacrée à la naissance de l’Univers en une promotion de thèses personnelles, pseudo-scientifiques, à la limite du discours religieux, profitant du montage pour donner l’illusion que les plus grands scientifiques français les soutiennent. Ceux qui comme le prix Nobel Georges Charpak (« Les Bogdanov sont inexistants en science ») ou le médaillé Field Alain Connes sont au courant de l’inanité des pseudo-travaux d’Igor et Grichka ne s’y laissent pas prendre, d’autres moins avertis ou plus confiants n’ont vu qu’après sa diffusion à quelle farce ils avaient été associés. Voici ce qu’en dit un de ces « invités », piégés par le procédé de nos vulgarisateurs, Jean-Louis Heudier, astrophysicien à l’observatoire de Nice [3] :
[Citation supprimée le 12-12-2004. Après avoir accordé à l’auteur de cette tribune l’autorisation de publier un extrait de sa correspondance, Jean-Louis Heudier nous a fait parvenir le souhait suivant : "Compte tenu des polémiques qui semblent se développer autour de cette affaire, je souhaite que mes propos,ou ceux qui me sont prêtés, disparaissent de toute publication" [4].Sans commentaires... (Acrimed)]
Igor et Grichka ont en effet préparé leur émission plusieurs mois à l’avance en enregistrant une série d’entretiens avec des astrophysiciens où ils se mettent très peu en avant, se montrant de parfaits présentateurs d’émission scientifique, se contentant, effacés, d’introduire les sujets. L’émission diffusée le 5 août 2004 alterne opportunément ces entretiens, mis en scène a posteriori dans un environnement de mauvaise science-fiction en image de synthèse, avec des mini-reportages de leur cru plus spectaculaires que scientifiques et truffés des mêmes grossières inexactitudes qu’on trouve dans leur livre, et surtout de célébration de leurs propres thèses et personnes, présentées sur un pied d’égalité avec la science moderne et les plus grands noms du XXème siècle.
L’astrophysicien Alain Blanchard, lui aussi mis en scène dans le barnum bogdanovite, est très pessimiste sur les conséquences de cette affaire [5] :
« Il y a suffisamment d’éléments pour considérer que les travaux scientifiques dont il est question ne présentent pas les garanties de rigueur qui permette la délivrance du diplôme de doctorat. Je ressens donc un malaise profond, en tant que professeur des universités, que tout cet ensemble repose sur une validation institutionnelle de l’université. Un dégât irréparable à mes yeux. »
Dans le sillage de l’émission télévisée, Paris Match consacre un article de six pages consacré aux fascinantes découvertes des Bogdanov. L’article manifestement dicté, sinon écrit, par les jumeaux s’accompagne d’une caution extérieure de taille : un entretien avec Jean-Paul Delahaye, mathématicien connu pour ses travaux en informatique théorique et ses ouvrages de vulgarisation. Il s’avère que cet entretien a été largement coupé et réécrit, et qu’un titre à sensation, proclamant que le Professeur Delahaye « confirme » les thèses des Bogdanov, y a été ajouté. En l’absence d’explication satisfaisante de la part des deux frères, J.-P. Delahaye sera amené à rendre publique une mise au point furibonde sur l’Internet.
La riposte commencera dans la presse scientifique dans l’éditorial de Pour la Science de juin 2004 (« le monde cathodo-édito-médiatique résonne des affirmations de deux génies, les jumeaux Bogdanoff, qui ont révolutionné, comme ils l’avouent avec la modestie des gens de télévision [...] ») tout d’abord, puis dans l’enquête très fouillée de David Fossé dans Ciel & Espace qui démonte les ressorts de la « Mystification des Bogdanov » et avec une critique goguenarde du livre par Fabien Besnard dans La Recherche. Après l’ami déclaré Luc Ferry qui les défendra, sans prétendre y avoir compris goutte, dans Le Figaro, c’est dans Paris-Match (du groupe Hachette, tout comme l’éditeur Grasset) puis dans Le Point (relais bien connu du même éditeur) que des (publi-)reportages tout à leur gloire tenteront de limiter les dégâts, si outrancièrement qu’ils en arrivent à faire effet inverse.
Le but des activités médiatiques des Bogdanov, on le voit bien, n’a pas grand chose à voir avec la science. Pour compléter le tableau, ils se sentent obligés, eux-mêmes sous un nom d’emprunt ou avec l’aide d’amis bien intentionnés, de traîner dans la boue de vrais scientifiques qui œuvrent à populariser brillamment la science comme l’américain John Baez (« jaloux », forcément...) ou le prix Nobel Georges Charpak, sur un forum scientifique de l’Internet (fr.sci.physique, le 14/06/2004 sous le nom de « Roland Schwartz » [6]) :
« Alors je te laisse bien rigoler en compagnie de Charpak. Si tu étais un peu plus au jus de sa réputation, tu comprendrais peut-être que ce prix nobel n’aurait jamais du lui être attribué. Charpak est à la retraite, c’est un bonhomme vieillissant et aigri, dont l’arrogance fait qu’il est détesté par tout le monde (y compris ses anciens collègues). Cites moi une seule de ses soit-disant découvertes. Il n’a jamais rien fait de vraiment important et il ne compte pas dans le monde la physique théorique. C’est un expérimentateur. Il ne connaît rien aux mathématiques. Encore moins aux groupes quantiques. Alors qui est-il pour juger des travaux des Bogdanoff ? »
Ce n’est pas sur les chaînes commerciales de si mauvaise réputation que cette pantalonnade a lieu : mais sur la principale chaîne de service public, et qu’elles s’y poursuivent tous les jours dans le ridicule des postures qu’Igor et Grichka y tiennent. Un tel détournement, proprement scandaleux, à des fins personnelles des moyens de la télévision publique est inédit dans le domaine de la vulgarisation scientifique. TF1 avait déjà préféré sacrifier Temps X et virer les jumeaux à l’époque de Dieu et la Science, France 2 aurait-elle une éthique scientifique moins haute que la chaîne Bouygues ?
Jean-Pierre Messager
Ingénieur en informatique et mathématiques appliquées
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Pour en savoir plus :
- Les articles du site Épiphysique sur les Bogdanov :
http://ybmessager.free.fr/wp/index.php ?cat=3
- Le point de vue du mathématicien Fabien Besnard :
http://perso.wanadoo...d/bogdanoff.htm
- La mise au point de Jean-Paul Delahaye :
http://ybmessager.fr...eParisMatch.pdf
- L’affaire Bogdanov vue par le physicien américain John Baez :
http://math.ucr.edu/...z/bogdanov.html
[1] Dont une critique de la thèse de sociologie est disponible ici : http://www.zetetique...se_teissier.pdf.
[2] Celle ci par exemple : « Que ce soit bien clair : Je ne pense pas que quoi que ce soit dans ce qui précède ne soit un raisonnement valide. J’ai écrit ceci seulement afin de préciser ce qui constitue à mon avis les “idées” centrales que les auteurs avaient en écrivant leurs articles et qui les ont mené à leurs conclusions. » Cf. le site Web d’Urs Schreiber : http://golem.ph.utex...ves/000377.html.
[3] Dans une correspondance privée qu’il nous a autorisé à reproduire
[4] L’autorisation initiale atteste que Jean-Louis Heudier a effectivement tenu les propos qu’il nous a demandé de faire "diparaître".
[5] Dans une correspondance privée qu’il nous a autorisé à reproduire
[6] Igor Bogdanov a reconnu avoir utilisé systématiquement des noms d’emprunt, dont celui ci, et a tenté de minimiser l’impact de ce commentaire sur G. Charpak. À ce sujet, voir aussi « Le Monde des Livres » du 15 octobre 2004 : « Les frères Bogdanov, princes de l’auto-science-fiction », p. X.
Source
Ce message a été modifié par AsJacks - 06 février 2005 à 14:03.
#24
Posté 06 février 2005 à 16:01
J'espère ne pas transgresser la charte du site en donnant cette adresse ? si c'est le cas dites le moi et je ne le referais plus... promis !
c'est par ici !!
consulter un peu le sujet et vous tomberez sur les réponses, voilà,
Lo.
#25
Posté 06 février 2005 à 16:20
la première, nous ne sommes suffisament pas à l'aise avec les calculs de cette fameuse thèse pour pouvoir dire si oui ou non elle se tient. Dans cette optique, nous allons alors ecouter les hommes de science reconnus qui nous diront si oui ou non cette hypothèse de fluctuation quantique est du pipo ou bien si tout à coup, nous venons de voir apparaître les réincarnarnations d'Einstein.
Dans ce cadre précis, il est bon de faire comme tu l'a si justement fait Asjacks un rappel précis des faits de toute cette affaire dans un historique poussé afin, que tout le monde puisse se faire sa propre idée.
Pour ce faire, voici donc un petit texte de DANIEL STERNHEIMER, DIRECTEUR DE RECHERCHE AU CNRS
Fin octobre 2002 commence à se répandre sur Internet une rumeur surprenante, provoquée par un courrier électronique d’un physicien théoricien de Tours : deux articles de Grichka et Igor Bogdanoff, parus dans de grandes revues scientifiques (Annals of Physics et Classical and Quantum Gravity), seraient-ils une réponse au célèbre article-canular publié par le physicien Alain Sokal dans une revue de sociologie ?
La dimension médiatique de cette question attire aussitôt l’attention d’un certain nombre de publications de par le monde, dont de grands quotidiens, aux Etats-Unis et ailleurs. En réalité le problème, si problème il y a, apparaît plus d’ordre sociologique que scientifique. A commencer par la rumeur, attisée notamment par le groupe de discussion Science Physics Research sur Internet, où la plupart des intervenants n’ont pas lu sérieusement les travaux en question. Un « modérateur » de ce groupe a même déclaré au Figaro, entre autres gracieusetés : «Il faut peut-être faire lire ces publications à des gens objectifs, hors de France ».
Cette attitude est caractéristique d’une inadmissible manoeuvre de dénigrement de la France, en provenance surtout des ´ Etats-Unis. Voilà qui a certainement amplifié le phénomène. Il est rapidement devenu clair que l’hypothèse du canular inverse n’avait aucun fondement. Mais le dénigrement de la France auquel la rumeur a donné lieu est d’autant plus injuste que les deux revues de physique théorique mentionnées ci-dessus, très sélectives par ailleurs, sont éditées l’une aux Etats-Unis et l’autre au Royaume-Uni. Les articles des Bogdanoff ont été acceptés après un processus normal d’évaluation par des rapporteurs (pour la seconde, après deux révisions). Tout ceci est pour moi, leur directeur de thèse au moment des soutenances, beaucoup de bruit pour pas grandchose. Le bruit concerne d’ailleurs plus les publications conjointes des Bogdanoff que leurs thèses, qui ont été « jointes à l’accusation » par la rumeur. Il convient donc d’examiner de façon précise les faits. Et de s’en tenir aux faits.
En premier lieu, pour les thèses, toute la procédure a été conforme à la réglementation en vigueur, appliquée parfois avec sévérité. Grichka et Igor Bogdanoff, chercheurs non rétribués, ont été régulièrement inscrits en doctorat au Centre d’ Etudes Nucléaires de l’Université de Bordeaux I, en 1991/92 et 1992/93. Ils avaient pour cela les diplômes requis. Leur premier directeur de thèse, Gabriel Simonoff, physicien très respecté, deux fois président de Section au Comité National du CNRS, a été éIève de Joliot-Curie. En 1994, sur le conseil d’André Lichnerowicz, éminent physicien mathématicien, et avec l’accord des présidents des deux universités et des directeurs de thèse, leur inscription a été transférée à l’Université de Bourgogne en physique mathématique (composante du département de mathématiques de l’UFR multidisciplinaire Sciences et Techniques).
Cette inscription sera renouvelée les années suivantes. Leur nouveau directeur de thèse, Moshé Flato, arrivé en France en 1963 dans l’équipe de Louis de Broglie, a travaillé en symbiose avec Lichnerowicz pendant plus de trente ans. Il a été consulté par le Comité Nobel de physique de 1971 à son décès en novembre 1998 et a fondé en 1975 Letters in Mathematical Physics, qui est rapidement devenue l’une des plus sérieuses revues de physique mathématique. Il atteindra en 1988 le sommet de la carrière des professeurs d’université en mathématiques. En juin 1998 une première version des thèses a été soumise au professeur Flato, ainsi qu’à deux rapporteurs pour Grichka, un mathématicien et un physicien théoricien. Ces experts, réputés dans leur domaines, avaient discuté avec le candidat de son travail, depuis 1995 pour le premier et 1997 pour le second. L’un et l’autre avaient trouvé un intérêt certain dans ces échanges.
Tous ont considéré, après lecture, qu’il y avait matière à thèse, mais que Grichka devait réduire considérablement son texte, se concentrant sur son apport. Pour Igor, il lui a été demandé d’élaguer son manuscrit et d’étoffer son apport. J’avais suivi les développements jusque là et j’ai pris le relais comme directeur de thèse après le décès brutal de Flato dont j’étais un proche collaborateur depuis 1964, y compris en codirigeant certaines des 41 thèses dont il fut directeur rien qu’en France.
Au printemps 1999 Grichka a remis une version de sa thèse réduite à environ 200 pages. La réglementation sur les thèses prévoit que celles-ci doivent être examinées par (au moins) deux rapporteurs extérieurs. La soutenance ne peut avoir lieu que si les rapporteurs le recommandent sur les formulaires officiels de l’Université. La thèse de Grichka a été soumise par l’Université à trois rapporteurs (les deux précédents et un autre mathématicien) qui ont conclu sans équivoque, par écrit, que la thèse, originale, provocatrice et intéressante, méritait d’être soutenue et le diplôme de docteur attribué (spécialité « mathématiques »). Environ un mois plus tard, Igor a remis une nouvelle version de sa thèse, que l’université a soumise à deux rapporteurs : leur conclusion écrite était que la thèse apportait une contribution utile et intéressante, méritant d’être soutenue en vue d’attribuer à Igor le diplôme de doctorat.
Pour réunir les deux jurys, présidés par leur premier directeur de thèse, il s’est avéré nécessaire de prévoir la soutenance en région parisienne le 26 juin 1999. Le choix s’est porté sur les locaux de l’ Ecole Polytechnique, où exerçait alors l’un des rapporteurs d’Igor (également examinateur de Grichka). Selon l’usage en pareil cas, une convention a été signée à cet effet entre le Président de l’Université de Bourgogne et le Général, Directeur de l’ Ecole Polytechnique. Elle prévoyait entre autres ceci : «La responsabilité scientifique de ces deux soutenances de thèse est assumée par l’Université de Bourgogne ». Après une longue soutenance Grichka a été fait docteur de l’Université de Bourgogne, spécialité mathématiques, sous condition de revoir son manuscrit.
Igor a été ajourné (la mention honorable qui apparaissait dans le rapport de soutenance de GB, rarement attribuée, était le résultat de péripéties sans liens directs avec le contenu scientifique de la thèse; pour IB, les mentions concernant les doctorats ont été abolies par un arrêté du 25 avril 2002 ). La révision du texte de Grichka sera achevée en janvier 2000, sous le contrôle (confirmé par des rapports) de cinq scientifiques, chacun pour la partie dont il est spécialiste. Je tiens à préciser que ces experts ne sont intervenus, à la demande du jury, que pour la révision finale du manuscrit de thèse de Grichka et son évaluation. La partie mathématique a été précisée ; elle contient un résultat nouveau sur un aspect de la théorie dite des « groupes quantiques ». La motivation physique, notamment deux conjectures probables sur la physique à l’échelle de Planck, a été réduite et mieux formulée. Le diplôme a alors été délivré à Grichka.
De son côté Igor s’est réinscrit en doctorat les années suivantes, en physique théorique, sous la co-direction d’un professeur de physique d’une grande université américaine et de moi-même. Depuis 2000, comme la plupart des autres, l’ Ecole Doctorale de notre UFR de l’Université de Bourgogne exige des candidats à un doctorat (en préalable à la soutenance) d’avoir deux publications acceptées dans des revues à comité de lecture (auparavant ce n’était qu’une recommandation). En 2001 Igor (seul auteur) a eu deux publications acceptées, où il développait une partie de son travail antérieur. Puis Igor et Grichka, poursuivant leur recherche conjointe, ont eu deux publications acceptées dans les revues mentionnées plus haut. Les articles (en anglais) sont parus au printemps 2002 (un cinquième, dans une revue italienne, est paru depuis).
Igor remettra alors son manuscrit de thèse, composé de ces quatre articles (cela est courant et ce sont ses articles qu’Igor reprend dans sa thèse) et d’une introduction en français où l’approche est présentée et où (à ma demande) sont précisés certains points, que j’estimais mal formulés dans les articles publiés. Deux rapporteurs, professeurs dans de grandes universités des ´ Etats Unis, ont, à la demande de l’Université, confirmé par écrit que la thèse d’Igor pouvait être soutenue. La soutenance a eu lieu à Dijon le 8 juillet 2002 devant un jury réglementaire. Igor a été fait docteur de l’Université de Bourgogne (spécialité physique théorique). Le jury a estimé que les idées et développements scientifiques non conventionnels méritent un doctorat.
Le système des rapporteurs est certes faillible mais en matière de recherche, rien ne peut remplacer un jugement par les pairs. Pour ce qui est des thèses, l’intervention de rapporteurs extérieurs est prévue par la réglementation ; les rapporteurs sont des scientifiques ayant eux-mêmes dirigé des recherches, désignés par les Universités autonomes. Dans le cas présent ces rapporteurs de haut niveau (et moi également) se seraient certainement dispensés des remous suscités par cette ‘affaire’ d’autant plus que ce travail d’évaluation est un devoir envers la communauté, bénévole et prenant. Les avis favorables des rapporteurs ont été formuléssur la base des manuscrits des thèses des Bogdanoff. Chaque citoyen majeur est responsable de ses actes.
Pour ce qui est des revues scientifiques (en tout cas, pour celles auxquelles je collabore comme Editeur ou rapporteur) chaque contribution est examinée par au moins un rapporteur (en général deux ou plus, anonymes pour les auteurs) et la décision finale est prise par les Editeurs. Dans les grandes revues la majorité des manuscrits soumis n’est pas acceptée. Il est difficile de faire mieux. Dans certains domaines où la rapidité de publication est essentielle, il peut y avoir plus de failles que dans d’autres, notamment au niveau de la finition. C’est peut-être là où le bât blesse certains. Il peut y avoir un problème latent dans certains domaines très spéculatifs. Néanmoins en matière de recherche une publication, même imparfaite, est préférable à la censure. Incidemment, ce qui de mon point de vue constitue des excès dans ces domaines est plus rare en France que dans d’autres pays. Quoi qu’il en soit je me garderai bien de censurer même ces excès, tant les voies du Seigneur sont impénétrables, pour ce qui touche à la recherche scientifique. La diversité est une bonne chose en science. Le pape de la physique théorique du milieu du siècle dernier, Wolfgang Pauli, avait d’ailleurs coutume de dire d’articles corrects mais sans âme qu’ils n’étaient « même pas faux », tant il est vrai qu’une erreur inspirée peut être féconde. Il est même admissible, en physique, de prendre des libertés avec la rigueur mathématique s’il s’agit de promouvoir une direction de recherche, non d’en interdire une.
Un contexte peu courant
Afin de mieux saisir ce qui s’est réellement passé la chronologie a son importance. Voici, dans leur déroulement, plusieurs événements surprenants.
a) Peu après l’inscription des Bogdanoff en 1991, des interventions ont été effectuées auprès du directeur de thèse d’alors, puis des autorités de l’Université de Bordeaux I, incitant au non renouvellement de leurs inscriptions. A la suite de cette inadmissible censure a priori eut lieu, au printemps 1994, le transfert d’inscription mentionné plus haut. Le contexte extra scientifique a été évoqué dans la presse ; il ne devrait pas intervenir à ce niveau.
b) Peu avant les soutenances de 1999, le général, directeur de l’ Ecole Polytechnique, a informé par courtoisie son directeur des études doctorales de la soutenance prochaine, dans les locaux de l’ Ecole, de thèses de l’Université de Bourgogne, hors du ressort du directeur des études doctorales. C’est après cela que les rapporteurs d’Igor, tout en continuant à reconnaître que le manuscrit contenait des parties intéressantes (cela se retrouve dans le rapport de soutenance) ont brusquement manifesté des « doutes » sur la maîtrise des sujets évoqués. On ne peut manquer de se demander s’il n’y a pas, dans cette succession d’événements, la marque d’une action inconnue.
c) Les articles ont été publiés, pour les deux principaux, au printemps 2002. La thèse de Grichka a été soutenue publiquement en 1999 et celle d’Igor le 8 juillet 2002. Le 5 octobre les Bogdanoff ont lancé une nouvelle émission sur FR2, le lundi à la fin du journal télévisé de 20h, où en deux minutes ils évoquent un sujet montrant que la recherche scientifique est importante. Le 22 octobre est apparue la rumeur sur Internet. La chronologie est troublante.
Sous-jacent à tout cela il y a aussi en France d’antiques querelles d’école en physique théorique, qui remontent au moins au milieu du vingtième siècle, ont connu divers avatars et s’ajoutent à des divergences d’ordre philosophique entre (pour schématiser) idéalistes et rationalistes. Les succès de l’ouvrage que les Bogdanoff ont publié en 1991 avec Jean Guitton, et de leur émission sur TF1 des années 80, n’ont pas arrangé les choses. C’est peut-être même un des facteurs occultes dans les événements mentionnés ci-dessus.
Une approche non-standard
Les options scientifiques et philosophiques des Bogdanoff ne sont pas les miennes : cela n’autorise ni à les censurer ni à ne pas sanctionner par un diplôme un travail effectué comportant un intérêt et une originalité reconnus par les rapporteurs extérieurs. Au delà des commentaires extrêmes suscités par les Bogdanoff, dont l’enthousiasme sympathique est parfois irritant, il reste qu’ils ont, en matière scientifique, un point de vue qui interpelle et mérite intérêt.
Pour ce qui est de la recherche, celle-ci concerne la question complexe et hautement spéculative de la Singularité Initiale de l’espace-temps au voisinage du ‘Big Bang’ ainsi que les outils mathématiques utilisables pour la traiter. Selon leur approche, à l’échelle de Planck, avant le « Big Bang », l’Univers était en équilibre thermique (« état KMS »). Alors le temps, complexe, oscille entre temps réel et temps imaginaire ; la métrique (distance d’espace-temps) fluctue entre la forme minkowskienne de la relativité Restreinte (notre Univers) et la forme euclidienne (la Singularité Initiale). Dans ce cadre les idées conventionnelles sur le début de l’Univers sont considérablement modifiées, particulièrement la notion de la Singularité Initiale. L’approche des Bogdanoff, selon les rapporteurs, présente des idées nouvelles qui ont des implications plausibles en cosmologie et dans d’autres phénomènes gravitationnels. La partie mathématique de la thèse de Grichka (dont le résultat mentionné plus haut) est motivée par ces idées. Certes, leur style est non-standard dans les publications scientifiques. Mais ceux qui (comme les rapporteurs et d’autres qui ont passé du temps à discuter avec eux) veulent s’en donner la peine peuvent découvrir un point de vue original et, le cas échéant, s’en inspirer. La recherche ne procède pas autrement.
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A la lecture de ce texte chacun se fera sa propre idée mais, je crois que nous ne devons pas dériver comme d'autres forums l'ont déjà fait. Soyons impartiaux dans notre jugement .
Afin d'agréementer cet avis, j'ai lu leur livre et il est vrai que malgré mes compétences réduites dans La KMS, a la fin du bouquin je me suis posé une question :
Imaginons que vous soyez un scientifique de renom avec le nobel et tout et tout. Vous avez pondu une théorie qui à bouleversé les mathématiques en son temps. Depuis vous travaillez avec vos équipes de recherches dans votre objectif et vous êtes sur de vos travaux.
Maintenant, imaginons encore qu'un autre scientifique arrive et démonte maladroitement mais justement avec certaines inconnues, ce que la science tient pour acquis depuis des dizaines d'années. dans ce cas, ne serait-il pas possible que le science elle même refuse cet état de fait ?
Cette question à elle seule peut en soulever bien d'autres !
Il suffit pour cela de regarder dans notre passé les quelques illustres scientifiques cloués au mur de la science parce qu'ils avaient raison. Citons comme exemple copernic ou même plus proche de nous l'illustre einstein qui refusait la condition ultime de sa thèorie de la relativité : celle qu'un jour, l'univers étant en expension, ce dernier disparaîrait.
Il est vrai qu'il ne faut pas tout prendre pour argent comptant mais n'y aurait-il pas dans leur thèse un fondement qui viendrait troubler l'ordre de la science ?
La question est posée !
Pour ceux qui se sentent à l'aise avec cette théorie voici le lien de téléchargement :
http://tel.ccsd.cnrs...s0/00/00/15/02/
Chercheur de vérité...................................................
#26
Posté 06 février 2005 à 21:56
#27
Posté 07 février 2005 à 01:04
Je corrige :
http://users.skynet....ev/bogdanov.htm
Amicalement
Chercheur de Vérité
#28
Posté 14 avril 2005 à 11:34
Page 1 : http://img173.echo.c...elerama13cd.jpg
Page 2 : http://img173.echo.c...elerama22ri.jpg
Page 3 : http://img173.echo.c...elerama39lb.jpg
Page 4 : http://img173.echo.c...elerama48ds.jpg
A noter également que le chercheur Arkadiusz Jadczyk leur a consacré une sorte de blog comprenant une vingtaine d'articles.
L'adresse : http://www.quantumfu...bog-content.htm
Malheureusement en anglais...
#29
Posté 14 avril 2005 à 13:34
L'origine US du "produit" est suspecte et le maintien de l'attribution d'un grand nombre de ressources à une "physique" qui ne produit rien de tangible peut faire soupçonner un méga-hoax scientifique alimenté par les services US à travers les médias pour aiguiller la recherche en physique théorique dans le reste du monde sur de fausses pistes . JPP ne le dit pas mais on peut le déduire en confrontant la promotion de cette théorie des cordes avec la militarisation de la recherche aux US et la tendance actuelle des US à vouloir garder leurs découvertes notamment en science fondamentale pour eux mêmes .
Quel rapport avec I et G Bogdannof ? Je n'ai ni le temps ni la patience de m'intéresser aux travaux de ces derniers cependant et il est possible qu'il s'agisse de pur pipeau quoique en physique théorique on ait déjà pas mal déliré (et on continue ) sans pour autant être frappé d'anathème . Je crois que ce qui est reproché au deux hommes est plus subtil : rappeler aux chercheurs français et européens qu'il existe des voies de recherche dont l'origine et les premiers papiers ne se situent pas aux US . Dans cette perspective , féconds ou pas , ces travaux sont une atteinte au leadership scientifique ( en voie d'effritement ), il est vrai des états unis . Il est aussi possible que la physique théorique mondiale soit à la veille d'une découverte majeure et inévitable et que les manoeuvres actuelles ne sont là que pour permettre à un certain pays qui l'a déjà faite de prendre l'avance nécessaire pour ne plus craindre d'être rattrapé . Je rappelle que la "déviation" de la recherche scientifique fondamentale des années 80 à 2000 , sa mise au service de l'industrie ( voire de l'entreprise ) , toutes ces idées ont la même origine : les US . Pendant ce temps , la recherche US continuait en secret dans les labos militaires . On peut se demander si tout cela n'est pas le fruit d'une action concertée ayant pour but l'élimination des concurrents européens dans certains domaines chauds ( gravitation , théorie du champ , et structure de l'univers ). Je me souviens à l'époque de véritables campagnes de la presse atlantiste visaient cette "science non rentable " qui ne servait pas la "compétitivité des entreprises " qui ont abouti à l'époque socialiste à la réduction des crédits de recherche à un grand nombre de labos sans contrat de recherche avec l'industrie .
Dommage que notre De Gaulle national soit mort parce que je suis sûr qu'il verrait d'un très mauvais oeil l'essentiel des projets de la recherche française piloté par des gens certes compétents et unanimement rrespectés mais qui servent peut-être d'autres intérêts que les intérêts français et européens .
Ce message a été modifié par Daman - 14 avril 2005 à 13:47.
Où vont-ils se réfugier ?
La voix du violon ne peut couvrir le braiment de l'âne.
#30
Posté 14 avril 2005 à 14:14
Concernant les thèses des Bogdanov, je n'ai évidemment pas les compétences pour infirmer ou confirmer leur crédibilité. Mais même si il s'avérait qu'ils étaient dans l'erreur, je trouve malhonnête de leur manquer de respect en parlant de "conneries". Je constate par ailleurs que ces derniers connaissent à la fois JPP et A. Jadczyk. Ce n'est sans doute pas un hasard.
Toujours sur les Bogdanov, voici un autre site qui mérite aussi un petit détour : http://users.skynet....ev/bogdanov.htm
Ce message a été modifié par joel - 14 avril 2005 à 14:45.












