du CICNS
Les questions
les plus fréquemment posées sur l'action du CICNS et les sectes en général
....
Un
autre regard sur les sectes ?
Un
regard ouvert, honnête et tolérant sur les
minorités spirituelles...
Vous
semblez dire que les sectes n'existent pas ?
Il
existe en France, comme dans d'autre pays, des minorités spirituelles, c'est-à-dire
des groupes à vocation spirituelle qui ne font pas partie des religions majoritaires
et reconnues. Quelques événements
tragiques et médiatisés ont été utilisés afin de stigmatiser
ces minorités (les mettre toutes dans le même "sac") et d'en faire
des boucs émissaires. Le mot secte est l'emblème de cette stigmatisation.
Un des objectifs du CICNS est de mettre un terme à l'amalgame odieux
entre la criminalité et les minorités spirituelles. La criminalité existe,
mais elle n'est pas le fait des minorités spirituelles.
Mais
le danger existe ?
Il
n'y a pas plus d'individus dangereux dans les minorités spirituelles que partout
ailleurs. En réalité, l'aspiration des personnes en recherche spirituelle
les conduit généralement à plus de fraternité et de paix intérieure. La dérive
éventuelle (et statistiquement rare) d'un membre de minorité spirituelle ne
devrait plus être utilisée pour condamner toutes les nouvelles formes de la
spiritualité, pas plus que le groupe auquel il appartenait, comme c'est le
cas aujourd'hui en France,.
Mais
si vous ne niez pas l'existence de dérives, comment conseillez-vous alors
de les condamner ?
Une
dérive est un acte criminel. Les actes criminels sont le fait d'êtres humains
désorientés, quelle que soit leur éventuelle appartenance à un groupe, que
ce dernier soit politique, religieux ou autre. La
justice a les moyens de gérer ces situations, comme elle doit le
faire, en principe, pour tout citoyen, indépendamment de ses appartenances.
Vous
niez donc qu'il puisse y avoir un lien de cause à effet entre l'appartenance
à une minorité spirituelle et un acte criminel ?
Les
minorités spirituelles n'incitent pas leurs membres à la criminalité ou à
un comportement anti-social. Le mythe de la
secte terroriste et anti-sociale est entretenu par les
médias et certaines autorités au point d'être maintenant ancré dans la pensée
du grand public. Une attitude violente ou désespérée peut se manifester en
tout individu. Quand un individu appartenant à un parti politique ou à une
catégorie professionnelle quelconque se laisse aller à un acte criminel, on
ne fait pas mention de son appartenance. Cela ne se produit que si l'individu
en cause appartient ou a appartenu à une minorité spirituelle. Il n'est venu
à l'esprit de personne de dire que les pompiers étaient une secte quand l'un
des leurs a mis le feu à une forêt il y a quelque temps. L'association entre
les appartenances et certains actes répréhensibles est elle-même criminelle.
Mais
les journaux nous parlent aussi de tendances suicidaires dans les sectes ?
La
Police et l'Education Nationale sont, en France, les institutions où se produit
le plus grand nombre de suicides.
Encore une fois, personne ne s'est permis de considérer que la Police et l'Education
Nationale étaient pénalement responsables de cette situation. On ne
parle pas de la Police Nationale ou de l'Education Nationale comme de "sectes",
non parce qu'elles n'en ont pas les caractéristiques (tout groupe humain contient
un ou plusieurs des critères attribués aux sectes par les activistes anti-sectes)
mais parce que ce genre d'amalgame semblerait indécent à leur égard. Nous
demandons qu'il soit appliqué le même respect aux minorités spirituelles en
France, pays qui se proclame démocratique. Pour les observateurs du CICNS,
il est clair que l'intention derrière ces amalgames est de discréditer les
minorités spirituelles.
Vous
n'exagérez pas un peu ?
Prenez
connaissance de l'incroyable
affaire de l'Essentiel. Nous pensons qu'une véritable
chasse
aux sorcières est menée en France,
ravivant des passions anciennes bien pratiques en période de crise sociale.
Que
faites-vous des grands suicides collectifs qui ont défrayé la chronique ?
Nous
vous invitons à lire les
pages qui leurs sont consacrées sur notre site. Si vous
n'avez entendu qu'un son de cloche à ce sujet, vous serez certainement surpris
de ce que vous allez lire.
Mais,
plus près de chez nous, il y a tout de même des cas indiscutables d'abus ?
Au
CICNS, nous avons pris la saine habitude de les discuter quand même. La
plupart de nos certitudes sont ébranlées quand nous nous penchons vraiment
sur les questions superficiellement abordées dans les médias et orientées
de manière tendancieuse par certaines déclarations
officielles de nos gouvernements. Les abus dont vous parlez
existent, mais ils sont présents dans toutes les strates de notre société
et traités de manière très inégale par la justice. Le cas des minorités spirituelles,
appelées "sectes" par les journaux et le grand public, est l'exemple le plus
criant aujourd'hui d'une manipulation
collective qui a porté ses fruits. Un des résultats de ce conditionnement
est que vous croyez tout ce
qu'on vous dit au sujet des minorités spirituelles. Posez-vous
la question avec honnêteté, pour vous-mêmes : Que savez-vous vraiment ? Et
consultez nos archives pour prendre part à une réflexion plus ouverte sur
le phénomène en question ici.
Mais
nous voyons des gourous farfelus entourés de leurs nombreuses femmes, accrochés
à leur pouvoir et les poches pleines d'argent ?
Bravo,
vous venez de nous présenter la caricature inlassablement dessinée dans toutes
les consciences depuis vingt ans. Interrogez-vous à nouveau sur la
grossièreté de ces traits. On applique sur le bouc émissaire
les
faiblesses humaines de manière exacerbée et cela permet
aux témoins de se reconnaître comme étant dans "le bon camp", celui des "gens
normaux". La caricature est grossière, fallacieuse et intentionnellement destructrice
des valeurs essentielles que prônent et vivent en réalité les minorités spirituelles.
Mais quoi qu'il en soit, nous tenons à rappeler que le fait d'être "farfelu",
"riche", voire même "entouré de femmes" n'est en aucun cas un délit dans une
démocratie et ne justifie pas de stigmatiser les minorités spirituelles. La
majeure partie d'entre elles sont d'ailleurs beaucoup plus discrètes.
Sans
aller jusqu'à la caricature, alors, "la spiritualité" n'est-elle pas souvent
une étiquette masquant des intentions moins avouables ?
Tout
peut être utilisé comme paravent à des intentions moins avouables. La laïcité
peut servir de masque à une attitude anti-religieuse, la politique à un goût
immodéré du pouvoir et la liberté et la démocratie sont souvent mises en avant
pour justifier l'interdiction des minorités spirituelles en France ! Les citoyens
français majeurs doivent user de discernement à tout moment de leur vie et
ce n'est pas à l'Etat de le faire pour eux. Chacun a le droit de s'engager
dans des voies qui peuvent paraître farfelues à son voisin et chacun a même
le droit de se tromper. Les escroqueries dont on accuse "les sectes", quand
elles sont réelles et non pas seulement dues au grossissement des activistes
anti-sectes, sont dérisoires en regard des escroqueries légales de notre société
de consommation. Si vous voulez sincèrement dénoncer l'escroquerie dans notre
société, sachez alors la reconnaître partout où elle se trouve et veillez
à ne pas stigmatiser un groupe minoritaire.
Que
dites-vous de la manipulation mentale ?
La
manipulation mentale est un de ces concept flous et démagogiques utilisés
dans la lutte anti-sectes et trahissant une volonté de condamner plutôt que
de réellement approfondir les questions de société que posent les minorités
spirituelles. S'il existe une manipulation mentale, les minorités spirituelles
ne sont alors pas exclusivement concernées par ce phénomène. Les campagnes
publicitaires et politiques utilisent des outils de persuasion très efficaces
et les relations dans notre vie quotidienne sont parsemées de ces attitudes
qui pourraient être dénoncées comme de la manipulation mentale. La plupart
des émissions télévisées au sujet des sectes utilisent des procédés qui s'apparentent
également à une manipulation. Sur ce point, comme sur les autres, la tendance
de l'être humain à abuser de ses petits ou de ses plus grands pouvoirs ne
devrait pas être associée aux minorités spirituelles qui sont aujourd'hui
des foyers devenus de plus en plus rares où les grandes questions humaines,
justement, sont traitées avec sincérité et attention. L'humanisme s'est absenté
depuis longtemps des structures officielles de notre société et c'est une
des raisons qui a incité le CICNS à faire entendre la voix des minorités spirituelles
et à faire connaître la valeur de leurs démarches.
Quels
sont vos objectifs ?
Le
CICNS propose un nouveau regard sur les minorités spirituelles, délesté des
lieux communs et des raccourcis les plus révoltants qui ont affecté la vie
de milliers de personnes en France depuis une vingtaine d'années à cause de
la campagne anti-sectes.
Nous
travaillons à fournir au grand public une information jusque-là
volontairement occultée dans les débats sur la question des minorités
spirituelles.
Nous
attendons des minorités
elles-mêmes qu'elles sortent du carcan de peur qui pèse sur elle à
cause des menaces que notre pays fait planer implicitement et de plus
en plus explicitement maintenant, qu'elles cessent de croire en "la
secte c'est l'autre" et qu'elles s'associent activement à notre
travail en démontrant ouvertement qu'elles ne sont pas un fléau de
notre société mais une de ses chances et ne manifestant leur respect
des exemplaires des principes qui ont fondé les grandes Constitutions.
Nous
attendons des autorités qu'elles créent un véritable observatoire
des minorités spirituelles qui inclurait les universitaires et les
leaders spirituels jusqu'alors injustement, mais volontairement, délaissés
dans les débats.
Qui
se cache derrière le CICNS ?
Personne
ne se cache. Les membres fondateurs du CICNS ont des orientations
personnelles diverses ou pas du tout. Nous ne sommes liés à aucun grand groupe
qui a fait la une des journaux ni même à aucun de ceux dénoncés sur
la
liste parlementaire des sectes. Certaines personnes avec
lesquelles nous travaillons n'ont pas de démarche spirituelle à proprement
parler et sont simplement soucieuses de défendre les droits fondamentaux d'un
être humain dans une démocratie. Il nous apparaît aujourd'hui que ces droits
ne sont jamais acquis et que nous devons y travailler quotidiennement afin
que les instincts du despotisme et de l'ostracisme ne reprennent pas leur
place dans notre pays.
Vous
êtes assez virulents à l'égard des mouvements anti-sectes, n'ont-ils pas la
même aspiration que vous ?
Les
paroles et les actions de l'ADFI
et du CCMM
nous ont convaincus que leur motivation n'est pas de préserver les valeurs
de la démocratie et en particulier que leurs membres ne sont pas inspirés
par la tolérance et la liberté de conscience. Leur volonté affichée de ne
pas dialoguer, la diabolisation systématique de tous les
courants spirituels sans exception, l'incitation à la haine
contenue explicitement dans certains propos publics et leur totale incompétence
à observer le phénomène spirituel en France dans une perspective sociologique
ou même humaine fait de ces personnes des activistes anti-religieux primaires
qui, bien qu'étant subventionnés par l'état, ne méritent pas l'écoute qui
leur est accordée aujourd'hui dans ce débat. Le crédit qui leur est donné
par notre gouvernement nous a conduits à douter sérieusement de la
volonté des autorités de calmer les passions.
Vous
ne semblez pas être des défenseurs de la laïcité ?
La
laïcité, telle qu'elle est aujourd'hui défendue dans notre pays, est une laïcité
d'exclusion, même si tout le monde s'en défend publiquement.
Les
minorités spirituelles n'ont pas de projet ni aucun moyen de déstabiliser
la République Laïque.
Si
la
laïcité était, à l'origine,
une sage expérimentation dans le contexte où elle est née, elle est
malheureusement aujourd'hui utilisée par les rationalistes et les
anti-religieux pour imposer leur point de vue sur le monde. Une telle
laïcité n'est pas démocratique et enfreint ses principes fondamentaux.
Le point de vue religieux ou spirituel minoritaire sur le monde a
sa place dans notre société et doit être respecté.
Quel
genre d'actions menez-vous ?
Pour
répondre à cette question, le mieux est de lire la charte
du CICNS et la présentation
de notre association.
Point
de vue d'une minorité spirituelle : Vous ne pensez pas qu'il vaut mieux ne
pas s'impliquer dans des actions comme la vôtre qui obligent à faire le jeu
de la polémique et de valeurs qui n'ont rien de "spirituelles" ? Que cela
pourrait être une manière de s'attirer des ennuis plutôt que les éviter ?
Du
point de vue du CICNS, les ennuis sont là. Ils ne peuvent être évités par
personne et il est préférable de ne pas attendre une attaque plus directe
pour prendre conscience du glissement progressif de notre société démocratique
vers une forme de totalitarisme qui ne laissera aucune place à la diversité
religieuse. La démarche spirituelle peut naturellement inclure un regard sur
la société en défendant ses valeurs tout en évitant de se compromettre dans
une guerre. Le CICNS est déterminé à ne pas entrer dans un combat trop militant
et à préserver les valeurs pacifiques que nous défendons mais sans éviter
les nécessaires débats et actions que demande notre engagement. Si les minorités
spirituelles étaient plus solidaires aujourd'hui, autour de la défense de
leurs droits, elles pourraient se faire entendre.
En
France, le pourcentage de la population concerné par une orientation
spirituelle nouvelle ou un choix de vie moins traditionnel est si
important que nous pourrions dès maintenant nous faire connaître,
au-delà de nos différences comme une force vivante, respectable et
pacifique, partie intégrante de notre société.
Seule
une nouvelle relation entre la société et ses minorités peut conduire
à la réduction d'éventuelles dérives. Le fait de marginaliser un groupe,
quel qu'il soit, conduit à des confrontations improductives.
Source : http://www.cicns.net











