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300 000 Français sont contaminés par le virus de l’hépatite B. Ce chiffre a doublé en dix ans. Tel est le constat alarmant d’une enquête de l’Institut de Veille Sanitaire. Au-delà des polémiques, ces résultats soulignent l’inertie française face à la vaccination contre ce virus très contagieux.
L’enquête nationale sur l’hépatite B menée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) en 2003/2004 a enfin révélé ses résultats. Réalisée auprès de plus de 14 000 personnes âgées de 18 à 80 ans affiliés au régime général de l’assurance maladie, cette étude a pu fournir de nouvelles estimations des épidémies dues aux virus des hépatites.
Deux fois plus de cas en dix ans !
Combien de personnes sont infectées par le virus de l’hépatite B ? Les dernières enquêtes dataient du début des années 1990 et depuis dix ans, on pensait que 150 000 personnes étaient touchées. Mais 13 février 2005, l’InVS rendait public les premiers résultats d’une nouvelle enquête. Et la surprise fut de taille, la proportion de personnes touchées est estimée à 0,68 %, ce qui est nettement supérieur à ce qui était supposé jusqu’à maintenant (0,2 à 0,4 %). Si l’on extrapole ces chiffres à la population française, le nombre de porteurs chroniques de l’hépatite B serait de l’ordre de 300 000. Comme le précise le communiqué du Collectif Hépatites Virales (CHV)1,2, "le constat est glaçant : de 150 000 personnes touchées environ au début des années 1990, on atteint les 300 000 aujourd’hui ! Soit un chiffre qui a doublé en 10 ans !".
Cynthia Benkhoucha de l’association Aides membre du Collectif Hépatites Virales, avoue sa colère alors que les associations multiplient les messages d’alerte depuis plusieurs années. "Bien entendu deux interprétations de ces chiffres sont possibles : soit il y a eu effectivement un doublement des cas en dix ans soit les enquêtes des années 1990 n’étaient pas aussi fiables que cette dernière estimation. Toujours-est-il qu’actuellement, il y a deux fois plus de personnes infectées que prévu !".
Les 18-29 ans parmi les plus touchés
Parmi les porteurs chroniques, les personnes les plus touchées sont celles qui sont déjà les plus exposées à un risque de contamination virale : personnes ayant des partenaires sexuels multiples, consommateurs de drogues, personnes incarcérées, personnes d’origine d’Afrique subsaharienne, etc.
Mais d’autres caractéristiques ont également été soulignées. "La tranche générationnelle des 18-29 ans est l’une des tranches d’âge les plus touchées par l’hépatite B. Près de 1 % (0,93 %) de cette tranche d’âge serait porteurs chroniques du virus. C’est la génération la plus concernée avec celle des 50-59 ans (0,99 %). Chez les hommes, la proportion est estimée à 1,19 % et chez les femmes il est de 0,16 %. La distribution par âge diffère selon le sexe : chez l’homme, ce sont les classes d’âge jeunes (avant 40 ans) et celle de 50-59 ans qui sont les plus touchées. Pour les femmes, la proportion est du même ordre de grandeur selon l’âge, sauf pour la classe d’âge de 50 à 59 ans où elle est la plus élevée.
Enfin, on trouve un lien fort entre précarité et hépatite B. Parmi les bénéficiaires de la CMU en situation précaire, toutes classes d’âge confondues, 2,06 % sont des porteurs chroniques du virus" nous précise Cynthia Benkoucha. Face à ces chiffres, on peut se demander si l’abandon des campagnes de vaccination n’est pas en relation directe avec la contamination des plus jeunes… Seul point positif, près de la moitié des personnes touchées (49 %) sont conscientes de leur statut alors qu’aucune campagne de dépistage n’a réellement été menée.
Se gardant de toute interprétation hâtive, le Collectif Hépatites Virales entend simplement rappeler qu’alors que "l’immobilisme et le silence institutionnel persistent, des personnes continuent à se contaminer dans l’indifférence des pouvoirs publics".
Réagir face à un réel problème de santé publique
Contre l’hépatite B, un vaccin efficace existe. Face à la polémique qui a entouré ce produit, une conférence de consensus sur la vaccination s’est tenue en septembre 2003, confirmant le bénéfice du vaccin chez les personnes les plus exposées. Ces recommandations ont même été re-confirmées lors d’une audition publique d’experts en novembre 2004. Pourtant, la France est le seul pays à cultiver une étonnante inertie vis-à-vis de la vaccination contre l’hépatite B. "Malgré ces différentes recommandations, rien n’a été fait. Le Collectif hépatites Virales ne veut pas prendre position sur le possible risque qui entoure le vaccin de l’hépatite B. Nous ne demandons pas que tout le monde aille se faire vacciner mais que chaque jeune adulte soit informé des bénéfices de la vaccination. Même si ce risque existait, il est beaucoup moins important que les bénéfices attendus. Notons par ailleurs que nulle part ailleurs en Europe, une telle polémique n’existe" commente Cynthia Benkoucha.
Le CHV demande ainsi que plusieurs actions soient rapidement entreprises :
La diffusion de campagnes de prévention ciblées en direction des personnes les plus exposées ;
Une meilleure information du public en général et des professionnels de santé ;
Une relance de la vaccination des nourrissons pour qui aucun danger n’a jamais été avancé3 ;
Un rattrapage au cas par cas de la vaccination chez les personnes les plus exposées, dans le cadre d’une consultation médicale.
Beaucoup de ces propositions avaient déjà été avancées par la conférence de consensus en septembre 2003. Mais depuis, aucune action n’a été entreprise par les autorités sanitaires. Pourtant, la situation n’est plus la même aujourd’hui, comme le rappelle en conclusion Cynthia Benkoucha "Il y a aujourd’hui 300 000 porteurs de l’hépatite B. Ce qui représente un réservoir épidémique énorme et un réel problème de santé publique. Il est aujourd’hui grand temps de réagir !".
Des propositions du comité stratégique de lutte contre les hépatites devraient être prochainement remises au Ministre de la santé. Parallèlement, des analyses complémentaires devront être mises en oeuvre dans les semaines et les mois à venir afin de préciser les principaux facteurs de risque et les meilleures modalités de dépistage.
Un virus dangereux
Le vaccin contre l’hépatite B a été mis au point par des équipes françaises il y a plus de 20 ans et la France a aujourd’hui la plus mauvaise couverture vaccinale des pays riches. Or l’hépatite B est une maladie qui se transmet très facilement. Le virus est présent dans le sang, dans le sperme, dans la salive. L’hépatite B est une maladie grave et répandue.
Parmi les personnes touchées par cette pathologie :
Près d’une personne sur cent va développer une hépatite fulminante qui risque d’être mortelle en l’absence d’une transplantation hépatique dans des délais très courts ;
Près d’une personne sur dix va développer une hépatite chronique qui évoluera dans un cas sur deux vers une cirrhose et/ou un cancer du foie
Les personnes vivant avec le VIH ont un risque accru de développer une hépatite chronique et, pour eux, l’évolution vers la cirrhose est beaucoup plus rapide ;
Dans tous les cas, une hépatite chronique est une maladie contraignante.
Source : Extrait du communiqué du communiqué du CHV du 15 septembre 2004
David Bême
1 - Communiqué du CHV du 26 janvier 2005
2 - Le CHV est composé de 8 associations : Actions Traitements, Act Up-Paris, AIDES, Arcat, Association Française des Hémophiles, Hépatites Info Service/Sida Info Service, Nova Dona, Transhépate.
3 - En septembre 2003, les experts recommandaient la vaccination universelle de tous les nourrissons, en raison du bénéfice attendu. Sur le plan collectif, on peut espérer contrôler voire éliminer l'hépatite B. Sur le plan individuel à long terme, la maladie peut être évitée. Enfin, les experts motivent leur décision en insistant sur la qualité et de la durée de la protection immunitaire en vaccinant à cet âge et l'absence de données actuelles permettant de suspecter un risque d'effet secondaire grave. Actuellement, la vaccination est recommandée avant 13 ans.
Y a tout de même un petit truc qui me chiffonne depuis que je suis au courant . (J'ai le texte en entier si vous le souhaitez. )Dans leur étude ils parlent de la tranche la plus touchée qui est de 18 à 29 ans. Sachant qu'en 1994;1995;1996 nous avons vacciné tous les élèves de 11 ans en sixième comment ce fait il que ceux soit eux qui soient le plus touchés?
Ils ont donc maintenant de 19 à 21 ans. Sachant que nombreux sont ceux qui ont fait également vacciner leur famille et que nous arrivons à 20 ou 25 millions de personnes vaccinées , comment ce fait il que les chiffres aient doublés voire triplés en 10 ans?
Y a quelque chose de pas très net la dessous.
Qu'en pensez vous?
Si vous le souhaitez je vous mettrai la réponse de l'association revahb.
Ce message a été modifié par Libertie - 22 février 2005 à 18:10.











