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De vastes nuages de gaz "sombre" découverts près du système solaire
PARIS (AFP), le 25-02-2005
De vastes nuages de gaz "sombre", qui avaient jusqu'ici échappé aux observations radio traditionnelles et qui pourraient constituer une partie de la "masse manquante" de notre galaxie, ont été découverts dans le voisinage du système solaire, annoncent trois chercheurs français, vendredi, dans la revue Science.
Dans la Voie lactée, ces nuages sombres constitueraient, estiment les scientifiques (du CEA, de l'Université Paris-VII et du CNRS), une masse totale au moins égale à celle de l'hydrogène moléculaire déjà répertorié.
Selon les modèles actuels, l'Univers, quelques milliards d'années après le Big-Bang, était constitué de matière sombre (ou noire), à hauteur de 25 %, d'énergie noire (ou énergie du vide), pour 70 %, et de matière normale (ou baryonique), pour 5 %. De cette matière baryonique, une petite part, estimée à 10 % du total, est vue dans les étoiles, les galaxies... Le reste constitue la "matière manquante", que les astrophysiciens recherchent - sans grand succès - depuis des décennies.
Concernant le milieu intergalactique, cette masse manquante pourrait résider en grande partie, selon certains scientifiques, dans des nuages de gaz chaud de très faible densité.
Plus près, dans notre galaxie, les scientifiques savent l'existence, dans les parties les plus denses et froides de la Voie lactée, de grands nuages diffus de gaz (hydrogène atomique, hydrogène moléculaire, petites quantités d'atomes plus lourds et de molécules complexes), dont la masse est évaluée à plusieurs milliards de fois celle du Soleil. Les grands nuages d'hydrogène atomique s'effondrent sous leur poids et se fragmentent en coeurs denses d'hydrogène moléculaire dans lesquels se forment les étoiles.
Les astronomes essaient de "voir" ces nuages en radio, dans l'infrarouge, en astronomie gamma. Isabelle Grenier et ses collègues ont combiné ces méthodes. En confrontant la carte des rayonnements gamma établie durant les années 1990 par un des instruments du satellite américain Compton-GRO (Gamma Ray Observatory), EGRET, aux autres sources de données existantes, ils ont ainsi découvert dans les système solaire d'amples nuages de gaz jusqu'ici ignorés.
Ces nuages sombres parsemés de poussières enveloppent tous les nuages moléculaires proches connus, notamment autour des nébuleuses du Serpentaire, du Taureau ou du Chaméléon, à 500 années-lumière, jusqu'à la grande nébuleuse d'Orion, à 1.500 années-lumière. Ils constituent une enveloppe intermédiaire, de 100 à 200 années-lumière d'épaisseur, entre les coeurs moléculaires denses, dans lesquels se forment les étoiles, et les réservoirs d'hydrogène atomique plus étendus.
L'équipe évalue la masse totale de ce gaz sombre dans le voisinage du système solaire à 180.000 fois la masse de notre étoile. Ce gaz, avance-t-elle, est probablement riche en hydrogène moléculaire et très froid, comme les poussières qui l'accompagnent (- 262 degrés C), ce qui expliquerait pourquoi il n'avait pas été vu. Vu sa localisation et sa quantité, il représente une étape-clef dans l'évolution du milieu interstellaire et dans la structuration des futurs sites de formation d'étoiles.
Pour l'ensemble de la Voie lactée, par extrapolation, ce gaz sombre constitue, selon les chercheurs, une masse totale au moins équivalente à celle de tout l'hydrogène moléculaire jusqu'ici détecté (deux milliards de masses solaires). "Les conditions de formation de ce gaz froid étant particulièrement propices dans les régions externes de la Galaxie, il pourrait contribuer encore plus largement, conclut l'équipe, à la matière manquante baryonique tant recherchée à la périphérie de la Voie lactée."
PARIS (AFP), le 25-02-2005
De vastes nuages de gaz "sombre", qui avaient jusqu'ici échappé aux observations radio traditionnelles et qui pourraient constituer une partie de la "masse manquante" de notre galaxie, ont été découverts dans le voisinage du système solaire, annoncent trois chercheurs français, vendredi, dans la revue Science.
Dans la Voie lactée, ces nuages sombres constitueraient, estiment les scientifiques (du CEA, de l'Université Paris-VII et du CNRS), une masse totale au moins égale à celle de l'hydrogène moléculaire déjà répertorié.
Selon les modèles actuels, l'Univers, quelques milliards d'années après le Big-Bang, était constitué de matière sombre (ou noire), à hauteur de 25 %, d'énergie noire (ou énergie du vide), pour 70 %, et de matière normale (ou baryonique), pour 5 %. De cette matière baryonique, une petite part, estimée à 10 % du total, est vue dans les étoiles, les galaxies... Le reste constitue la "matière manquante", que les astrophysiciens recherchent - sans grand succès - depuis des décennies.
Concernant le milieu intergalactique, cette masse manquante pourrait résider en grande partie, selon certains scientifiques, dans des nuages de gaz chaud de très faible densité.
Plus près, dans notre galaxie, les scientifiques savent l'existence, dans les parties les plus denses et froides de la Voie lactée, de grands nuages diffus de gaz (hydrogène atomique, hydrogène moléculaire, petites quantités d'atomes plus lourds et de molécules complexes), dont la masse est évaluée à plusieurs milliards de fois celle du Soleil. Les grands nuages d'hydrogène atomique s'effondrent sous leur poids et se fragmentent en coeurs denses d'hydrogène moléculaire dans lesquels se forment les étoiles.
Les astronomes essaient de "voir" ces nuages en radio, dans l'infrarouge, en astronomie gamma. Isabelle Grenier et ses collègues ont combiné ces méthodes. En confrontant la carte des rayonnements gamma établie durant les années 1990 par un des instruments du satellite américain Compton-GRO (Gamma Ray Observatory), EGRET, aux autres sources de données existantes, ils ont ainsi découvert dans les système solaire d'amples nuages de gaz jusqu'ici ignorés.
Ces nuages sombres parsemés de poussières enveloppent tous les nuages moléculaires proches connus, notamment autour des nébuleuses du Serpentaire, du Taureau ou du Chaméléon, à 500 années-lumière, jusqu'à la grande nébuleuse d'Orion, à 1.500 années-lumière. Ils constituent une enveloppe intermédiaire, de 100 à 200 années-lumière d'épaisseur, entre les coeurs moléculaires denses, dans lesquels se forment les étoiles, et les réservoirs d'hydrogène atomique plus étendus.
L'équipe évalue la masse totale de ce gaz sombre dans le voisinage du système solaire à 180.000 fois la masse de notre étoile. Ce gaz, avance-t-elle, est probablement riche en hydrogène moléculaire et très froid, comme les poussières qui l'accompagnent (- 262 degrés C), ce qui expliquerait pourquoi il n'avait pas été vu. Vu sa localisation et sa quantité, il représente une étape-clef dans l'évolution du milieu interstellaire et dans la structuration des futurs sites de formation d'étoiles.
Pour l'ensemble de la Voie lactée, par extrapolation, ce gaz sombre constitue, selon les chercheurs, une masse totale au moins équivalente à celle de tout l'hydrogène moléculaire jusqu'ici détecté (deux milliards de masses solaires). "Les conditions de formation de ce gaz froid étant particulièrement propices dans les régions externes de la Galaxie, il pourrait contribuer encore plus largement, conclut l'équipe, à la matière manquante baryonique tant recherchée à la périphérie de la Voie lactée."










