Amitié toute relative comme d'habitude...
"L'action de feu n'était pas justifiée..."
Giuliana Sgrena, la journaliste ex-otage blessée à son départ d'Irak vendredi, a déclaré samedi aux magistrats chargés de l'enquête que les tirs des soldats américains sur la voiture qui la transportait à l'aéroport de Bagdad, n'étaient pas justifiés par l'allure du véhicule.
"L'action de feu n'était pas justifiée par l'allure de notre véhicule", a dit Giuliana Sgrena, selon ses déclarations rapportées par l'agence italienne Ansa. "Notre véhicule roulait à une allure normale et non susceptible de malentendus", a expliqué la journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto, infirmant la thèse de l'armée américaine selon laquelle la voiture roulait à grande vitesse et pouvait faire craindre un attentat suicide."Ce n'était pas un point de contrôle, mais une patrouille qui nous a tiré dessus juste après nous avoir illuminés avec un phare", ont précisé aux enquêteurs Giuliana Sgrena et l'agent des services secrets italiens blessé qui est rentré à Rome en sa compagnie.
Vendredi soir, en confirmant l'incident, l'armée américaine avait indiqué que ses soldats avaient d'abord agité les bras, fait clignoter des lumières blanches et procédé à des tirs de sommation pour stopper le véhicule
"UNE EMBUSCADE"
Selon son compagnon Pier Scolari "Giuliana avait des informations et les militaires américains ne voulaient pas qu'elle s'en sorte vivante", évoquant "une embuscade" américaine dans des déclarations faites à la sortie de l'hôpital militaire Celio de Rome où la journaliste a été admise.
Envoyée spéciale du quotidien de gauche Il Manifesto, Giuliana Sgrena, 56 ans, travaillait à un reportage sur des fugitifs de Falloujah venus s'abriter dans une mosquée de Bagdad après les bombardements américains sur le bastion sunnite quand elle a été prise en otage le 4 février.
Visiblement fatiguée, l'épaule en écharpe, la journaliste a descendu la passerelle du Falcon 900 du gouvernement italien soutenue par deux personnes, avant de faire quelques pas sur le tarmac pour monter dans une ambulance militaire. Une "pluie de feu" s'est abattue sur la voiture "au moment même où je parlais avec Nicola Calipari", 51 ans, l'agent des services spéciaux italiens mort en faisant bouclier de son corps, a-t-elle raconté un peu plus tard par téléphone à une télévision italienne.
"On n'allait pas très vite étant donné les circonstances (...) Le feu continuait. Le chauffeur n'arrivait même pas à expliquer que nous étions italiens", a-t-elle ajouté.
"Nicola Calipari est mort sur le coup, il a été touché à la tête", a déclaré Pier Scolari. "Les Américains et les Italiens avaient été avisés du passage de la voiture. Ils étaient à 700 mètres de l'aéroport, ce qui veut dire qu'ils avaient passé tous les contrôles", a précisé Pier Scolari."Toute la fusillade a été suivie en direct par la présidence du Conseil qui était au téléphone avec un des membres des services spéciaux. Puis les militaires américains ont confisqué et éteint les téléphones portables", a ajouté M. Scolari, qui a ce moment-là était présent au Palazzo Chigi.
Le gouvernement de Silvio Berlusconi a soutenu l'intervention américaine en Irak et envoyé un contingent de 3.000 hommes dans le sud du pays en juin 2003. Mais une importante partie de l'opinion publique est contre cette intervention et les manifestations pour la paix ont été très nombreuses en Italie. Et une partie de l'opposition réclame le retour immédiat des troupes italiennes.
Avec AFP
Lemonde.fr
En ce qui me concerne, je n'ai pas à m'inquiéter d'être un jour traitre à mes idées, J'en ai jamais eu.