bonsoir les amis
je me permet de vous retranscrire un article du journaliste Réal Pelletier du journal La Presse en page A12 en date d'aujourd'hui.
La tentation d'enclaver le Vénézuela, comme Cuba.
Montréal a une vieille histoire de rapports commerciaux avec le Vénézuela. Avant que le régime Trudeau ne pousse la consommation de pétrole canadien, initiative qui devait avantager notamment Sarnia, en Ontario, au détriment de Montréal-est comme grand centre de rafinage, un pipeline reliant Portland, dans le Maine, a Montréal-est alimentait ses raffineries en pétrole vénézuélien. Les États-unis entre-temps ont entretenu cette histoire: le pétrole vénézuélien est demeuré objet de grande consommation chez nos voisins mais l'avénement d'un gouvernement populiste de gauche, dirigé par Hugo Chavez, irrite simultanément aujourd'hui le tout-Houston du pétrole, Wall Street et Washington. Au point que plusieurs se demandent si l'administration Bush ne prépare pas a l'égard du Vénézuela un joli carcan diplomatique et économique du type de celui qu'applique Washington a Cuba depuis l'avénement de Fidel Castro.
La grande presse anglo-saxonne releve régulierement les initiatives d'Hugo Chavez qui porteraient la marque d'une politique antiaméricaine et d'inspiration castriste. Au premier plan de cette politique figure la question vitale du pétrole.
La clé pétroliere
Pendant que M. Cavez met les bois dans les roues de plusieurs pétrolieres américaines s'approvisionnant au Vénézuela, M. Chavez concocte des accords de commerce et d'investissement pétroliers avec des pays comme la Russie, le Brésil, l'Iran et la Chine. Ce qui amene les observateurs a Washington a se demander si Caracas ne prépare pas tranquillement une vaste diversion de ses exportations pétrolieres des Etats-unis vers la Chine, note The Economist. Actuellement, plus de la moitié du pétrole exporté par le Vénézuela prend le chemin des Etats-unis, ou le pétrole vénézuelien représente 15% de la consommation.
Autre facteur d'inquiétude pour Washington: le type d'évolution militaire pratiqué par Hugo Chavez. Se proclamant ouvertement partisan de Fidel, le président Chavez a commencé a réformer sa défense nationale sur le modele cubain, créant des unités de défense populaire de 50 a 500 civils dans les usines et dans les fermes, comme pour préparer une guerre de résistance a un éventuel envahisseur américain.
Dans le meme temps, Caracas vient de se procurer en Russie 40 hélicopteres Mi35 et 100 000 fusils Kalashnikov et négocie au Brésil l'achat de 24 avions d'attaque Super-Tucano et des corvettes en Espagne. L'inquiétude de Washington, partagée par la Colombie voisine, est que les vieux armements du Vénézuela n'aboutissent entre les mains des forces révolutionnaires de gauche de Colombie, les FARC.
Finalement, Washington redoute que la démocratie vénézuélienne ne dégénere en dictature. La nouvelle secrétaire d'état, Condoleezza Rice, ne cache pas ses appréhensions, indiquant que le régime de M. Chavez représente une *force négative* dans la région et que certains aspects de sa gouverne sont *tres profondément troublants*. On subodore dans l'orientation actuelle de M. Chavez la formation d'un second Cuba et un projet d'exporter sa révolution dans le reste de la région.
Le premier réflexe du département d'état consiste a vouloir isoler diplomatiquement le Vénézuela, mais l'opération ne parait pas facile. L'incident récent de l'arrestation d'un dirigeant important des FARC fut l'occasion, avec l'aide de Fidel Castro, d'une rencontre de rapprochement du Vénézuela avec le Brésil, le Chili et le Pérou. Ce sont les Etats-unis dans ce cas-la qui se sont retrouvés isolés, note The Economist. Le lendemain, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, se rendait a Caracas pour y signer une alliance stratégique sous la forme de deux douzaines d'accords de commerce et d'inverstissement.
Richard Lapper, directeur de l'information sur l'amérique latine pour le Financial times, de Londres, croit que l'offensive diplomatique américaine contre Hugo Chavez est bien mal amorcée.
Offensive ratée
L'obsession de Washington a propos de Hugo Chavez tend a *simplifier et a personnaliser* les problemes de la région: *il est facile, face a des problemes complexes, de blamer des individus et de diaboliser des tyrans mais cela fait rarement une bonne politique, comme les Etats-unis et leurs alliés l'ont vu a propos de l'Irak.*
L'auteur juge que Washington serait mieux avisé de cultiver patiemment et finement ses rapports avec des hommes comme Lula da Silva au Brésil et Ricardo Logos au Chili.
Sans compter qu'au plan intérieur, M. Chavez renforce actuellement sa base en s'attelant a un theme vénéré en amérique latine: la réforme agraire, en luttant contre la pauvreté urbaine (ce que n'avaient pas fait les précédents régimes, tout absorbés par les réformes de l'économie de marché) et en mettant de l'avant des programmes de santé publique (avec l'aide de Cuba) et d'éducation.
fin
La tentation d'enclaver le Vénézuela
Commencé par
finestere
, 08 mar 2005 à 00:14
2 réponses dans ce topic
#1
Posté 08 mars 2005 à 00:14
#2
Posté 08 mars 2005 à 03:19
La Réforme agraire au Vénézuela, parlons-en.
Voler la terre aux propriétaires terriens pour les redistribuer aux paysans, ça peut parraître logique aux yeux des pauvres, mais ça ne va pas résoudre tous les problèmes de pauvreté dans ce pays.
Du point de vue des “riches” Chavez c’est un voleur!
Il confisque les terres car il estime que ces terres sont improductives, moi je veux bien, mais il y a d’autres moyens pour rendre ces terres productives.
Maintenant, les pauvres paysans ont des terres, et ça leur fait une belle jambe.
Pourquoi chavez ne fait-il pas comme au Brésil? Ça a l’air de marcher non?
Ici j’ai trouvé un texte qui résume très bien le problème, il a été rédigé par l’ex directeur du journal “El Avance Criollo de La Habana” de Cuba
J’en ai traduit sommairement 2 petits extraits
Vous allez leur donner, monsieur Le President, des instruments de travail à ces paysans “Privilégiés”, en distribuant la Terre? Allez-vous leur donner des tracteurs, des moissonneuses, des moteurs...etc?
Que savent ces paysans de la terre qu’ils vont recevoir? Est-elle appropriée pour planter des pommes de terre ou de la vigne? Savent-ils lire les cotations en bourse pour savoir combien, et ce qu’ils doivent semer? Savent-ils quel est le fertilisant adequat, et si il est nécéssaire, combien doivent-ils en mettre et avec quelle fréquence?
De quoi vont-ils vivre jusqu’à ce qu’ils puissent vendre leur première récolte, en supposant qu’ils puissent la vendre utilement et qu’elle leur permette de survivre jusqu’à la prochaine?
Toutes, absolument toutes les réfomes agraires ont été un fiasco dans toutes les parties du monde.
Consultez cette phrase avec des experts non endoctrinés, et ils vous le confirmeront. Il n’y a aucune réforme agraire qui ait fonctionné, que ce soit au Mexique, en Russie, ou dans d’autres Pays.
D’accord, c’est triste de voir des paysans sans emplois, alors qu’il y a des terres incultivées. Mais il est très facile de le solutionner avec un simple impôt progressif sur les terres non cultivées. De ce fait les grands propriétaires terriens engageraient ces paysans pour éviter cet impôt, et les paysans trouveraient du travail, et le Vénézuela ne devrait pas importer beaucoup de produits agricoles alors que ses terres peuvent produire le nécéssaire
Cassiopée
Voler la terre aux propriétaires terriens pour les redistribuer aux paysans, ça peut parraître logique aux yeux des pauvres, mais ça ne va pas résoudre tous les problèmes de pauvreté dans ce pays.
Du point de vue des “riches” Chavez c’est un voleur!
Il confisque les terres car il estime que ces terres sont improductives, moi je veux bien, mais il y a d’autres moyens pour rendre ces terres productives.
Maintenant, les pauvres paysans ont des terres, et ça leur fait une belle jambe.
Pourquoi chavez ne fait-il pas comme au Brésil? Ça a l’air de marcher non?
Ici j’ai trouvé un texte qui résume très bien le problème, il a été rédigé par l’ex directeur du journal “El Avance Criollo de La Habana” de Cuba
J’en ai traduit sommairement 2 petits extraits
Citation
¿Le va a dar usted. Señor Presidente, instrumentos de trabajo a esos campesinos "favorecidos" en el reparto de la tierra? ¿Le va a dar tractores, rastrillos, recogedoras, motores, etc.?
¿Qué saben esos campesinos de la tierra que recibirán? ¿Es la apropiada para sembrar papas o uvas? ¿Saben leer sobre los mercados para enterarse de cuanto y que deben de
sembrar? ¿Saben cual es el fertilizante oportuno si es que deben de utilizar alguno y en que cantidad y frecuencia?
¿De que van a vivir hasta que logren vender su primera cosecha suponiendo que la logren vender con utilidad alguna que les permita sobrevivir hasta la próxima?
¿Qué saben esos campesinos de la tierra que recibirán? ¿Es la apropiada para sembrar papas o uvas? ¿Saben leer sobre los mercados para enterarse de cuanto y que deben de
sembrar? ¿Saben cual es el fertilizante oportuno si es que deben de utilizar alguno y en que cantidad y frecuencia?
¿De que van a vivir hasta que logren vender su primera cosecha suponiendo que la logren vender con utilidad alguna que les permita sobrevivir hasta la próxima?
Vous allez leur donner, monsieur Le President, des instruments de travail à ces paysans “Privilégiés”, en distribuant la Terre? Allez-vous leur donner des tracteurs, des moissonneuses, des moteurs...etc?
Que savent ces paysans de la terre qu’ils vont recevoir? Est-elle appropriée pour planter des pommes de terre ou de la vigne? Savent-ils lire les cotations en bourse pour savoir combien, et ce qu’ils doivent semer? Savent-ils quel est le fertilisant adequat, et si il est nécéssaire, combien doivent-ils en mettre et avec quelle fréquence?
De quoi vont-ils vivre jusqu’à ce qu’ils puissent vendre leur première récolte, en supposant qu’ils puissent la vendre utilement et qu’elle leur permette de survivre jusqu’à la prochaine?
Citation
Todas, absolutamente todas, las reformas agrarias han sido un fracaso en todas las partes del mundo.
Consulte esta frase mía con sus expertos que no sean doctrinarios y se lo confirmaran. No hay una sola reforma agraria que haya tenido éxito, ni la de Méjico, ni la de Rusia, ni las llevadas a cabo en otros países.
Claro que es triste ver a campesinos desempleados mientras hay tierras sin cultivar. .Pero eso es muy fácil de solucionar con un simple impuesto progresivo sobre las tierras no cultivadas. Entonces los latifundistas contratarían a esos campesinos para evitar el impuesto, los campesinos tendrían trabajo y Venezuela no tendría que importar muchos productos agrícolas que sus fértiles suelos pueden producir.
Consulte esta frase mía con sus expertos que no sean doctrinarios y se lo confirmaran. No hay una sola reforma agraria que haya tenido éxito, ni la de Méjico, ni la de Rusia, ni las llevadas a cabo en otros países.
Claro que es triste ver a campesinos desempleados mientras hay tierras sin cultivar. .Pero eso es muy fácil de solucionar con un simple impuesto progresivo sobre las tierras no cultivadas. Entonces los latifundistas contratarían a esos campesinos para evitar el impuesto, los campesinos tendrían trabajo y Venezuela no tendría que importar muchos productos agrícolas que sus fértiles suelos pueden producir.
Toutes, absolument toutes les réfomes agraires ont été un fiasco dans toutes les parties du monde.
Consultez cette phrase avec des experts non endoctrinés, et ils vous le confirmeront. Il n’y a aucune réforme agraire qui ait fonctionné, que ce soit au Mexique, en Russie, ou dans d’autres Pays.
D’accord, c’est triste de voir des paysans sans emplois, alors qu’il y a des terres incultivées. Mais il est très facile de le solutionner avec un simple impôt progressif sur les terres non cultivées. De ce fait les grands propriétaires terriens engageraient ces paysans pour éviter cet impôt, et les paysans trouveraient du travail, et le Vénézuela ne devrait pas importer beaucoup de produits agricoles alors que ses terres peuvent produire le nécéssaire
Cassiopée
#3
Posté 10 mars 2005 à 15:26
bonjour a tous
dans toutes réformes il y a des risques de dérapage surtout quand les autorités sont incompétant ou corrompus. Les réformes agraires sont rarement bénéfiques? Souhaitons qu'a force de faire face aux memes problemes, l'homme soit enfin assez sage pour écouter le peuple et prendre les bonnes décisions.
Je suis encore tombé sur un article qui traite de nouvels alliances mondial, on sent l'affaiblissement des USA, les gens sont méfiants je crois. En tout cas ca rejoint le sujet de beaucoup de débats sur ce site: ex. le pic de Hubert, perte de confiance monnaie USA, pétrole euro etc.
LES ETATS-UNIS EN VOIE DE PERDRE LEUR ARRIERE-COUR
Jooneed Khan, Regard sur le monde
Le Vénézuela "bolivarien" de Hugo Chavez, qui recoit aujourd'hui le président iranien Mohammad Khatami, vient de conclure avec la Chine, l'Inde et la Russie des accords énergétiques et commerciaux qui représentent un défi de taille a la vieille hégémonie des usa dans leur arriere-cour latino-américaine.
Alors que l'administration Bush mene la guerre au terrorisme, occupe l'Irak et veut refaire la géopolitique du Moyen-orient, l'amérique latine lui échape, écrit Xuan Trang-Ho, chercheur au council on hemispheric affaires, institut privé de Washington.
Le commerce bilatéral entre la chine et l'amérique latine était d'a peine 200 millions de dollars us en 1975. Avec 400 accords et contrats signés récemment, ces échanges dépassaient 36 milliards en 2004, et la chine s'est engagée a y investir jusqu'a 50 milliards dans divers domaines, dont la construction pour les pauvres.
Avec la deuxieme économie au monde, affichant le plus haut taux de croissance, la chine éprouve un insatiable appétit pour le pétrole et le gaz, important jusqu'a 50% de ses besoins. La diplomatie pétroliere de la chine fournit de l'aide a l'amérique latine.
Pour sa premiere visite en amérique latine, en novembre 2004, le président Hu Jintao a séjourné au brésil, en argentine, au chili et a cuba. Le brésil, son troisieme partenaire, s'est vu promettre 7 milliards d'investissements portuaires et ferroviaires, et l'argentine, son quatrieme partenaire, 20 milliards. La chine brasse aussi de grosses affaires avec le mexique, panama, la bolivie, le pérou, l'équateur et la colombie.
Mais c'est le vénézuela du remuant Hugo Chavez, bete noire de Washington a cause de ses énormes réserves énergétiques, ses priorités sociales, ses projets d'échanges sud-sud et son altermondialisme, qui a dramatisé ce que Xuan Trang-Ho appelle "l'effritement de la doctrine Monroe" (consacrant depuis 1823 l'hégémonie des usa en amérique latine) et la "paralysie de la ZLEA" (le projet étatsunien d'une zone de libre-échange des amériques).
Cinquieme exportateur mondial de pétrole, fournissant 15% des besoins usa , et recelant peut-etre les deuxiemes et troisiemes plus importantes réserves de la planete, le Vénézuela s'active a diversifier ses échanges alors que s'intensifie a Washington le rejet du régime Chavez, pourtant démocratiquement élu et réélu depuis 1998.
Chavez était lui-meme a pékin en décembre, et il recevait une importante délégation chinoise a caracas en janvier. Des compagnies chinoises ont obtenu une participation dans le secteur pétrolier et gazier vénézuelien, tant au plan de l'exploitation que de l'exploration. Il vient d'achever en inde la premiere visite officielle d'un chef d'état de son pays, et les firmes indiennes ONGC et GAIL ont obtenu les memes droits, avec, en échange, une participation vénézuelienne dans le raffinage indien.
Les dizaines d'ententes de principes signées avec la chine et l'inde incluent les transferts de technologie vers le vénézuela, et le développement agricole, le pays importe jusqu'a 80% des aliments qu'il consomme. La russe lukoil a elle aussi pris pied au vénézuela, qui vient de faire monter de plusieurs crans l'irritation de washington en annoncant l'acquisition d'hélicopteres légers et de fusils kalachnikov russes, tout en étudiant le remplacement de ses chasseurs f16 par des mig.
Chavez ne cache pas que sa démarche est aussi diplomatique et géopolitique, vouée a l'édification d'un contrepoids de taille a l'hégémonie américaine au sein d'un monde multipolaire. "L'entrée éventuelle de l'inde et du brésil au conseil de sécurité de l'onu signifiera moins de guerre". "Il faut revitaliser le mouvement des non alignés". "Les américains ont besoin de notre pétrole et nous continuerons a le leur vendre, mais l'ere du pétrole bon marché est révolue, et si washington m'assassine, le vénézuela fermera le robinet" a-t-il ajouté. Washington nie vouloir l'assassiner. Mais Richard Lugar, président de la commission des relations étrangeres du sénat, a commandé une enquete exhaustive sur l'impact éventuelle de la diversification vénézuélienne sur la puissance des états-unis. Et il veut des plans de riposte au cas ou caracas "fermerait le robinet" du pétrole.
La Presse, 10 mars 2005, page A19
fin
dans toutes réformes il y a des risques de dérapage surtout quand les autorités sont incompétant ou corrompus. Les réformes agraires sont rarement bénéfiques? Souhaitons qu'a force de faire face aux memes problemes, l'homme soit enfin assez sage pour écouter le peuple et prendre les bonnes décisions.
Je suis encore tombé sur un article qui traite de nouvels alliances mondial, on sent l'affaiblissement des USA, les gens sont méfiants je crois. En tout cas ca rejoint le sujet de beaucoup de débats sur ce site: ex. le pic de Hubert, perte de confiance monnaie USA, pétrole euro etc.
LES ETATS-UNIS EN VOIE DE PERDRE LEUR ARRIERE-COUR
Jooneed Khan, Regard sur le monde
Le Vénézuela "bolivarien" de Hugo Chavez, qui recoit aujourd'hui le président iranien Mohammad Khatami, vient de conclure avec la Chine, l'Inde et la Russie des accords énergétiques et commerciaux qui représentent un défi de taille a la vieille hégémonie des usa dans leur arriere-cour latino-américaine.
Alors que l'administration Bush mene la guerre au terrorisme, occupe l'Irak et veut refaire la géopolitique du Moyen-orient, l'amérique latine lui échape, écrit Xuan Trang-Ho, chercheur au council on hemispheric affaires, institut privé de Washington.
Le commerce bilatéral entre la chine et l'amérique latine était d'a peine 200 millions de dollars us en 1975. Avec 400 accords et contrats signés récemment, ces échanges dépassaient 36 milliards en 2004, et la chine s'est engagée a y investir jusqu'a 50 milliards dans divers domaines, dont la construction pour les pauvres.
Avec la deuxieme économie au monde, affichant le plus haut taux de croissance, la chine éprouve un insatiable appétit pour le pétrole et le gaz, important jusqu'a 50% de ses besoins. La diplomatie pétroliere de la chine fournit de l'aide a l'amérique latine.
Pour sa premiere visite en amérique latine, en novembre 2004, le président Hu Jintao a séjourné au brésil, en argentine, au chili et a cuba. Le brésil, son troisieme partenaire, s'est vu promettre 7 milliards d'investissements portuaires et ferroviaires, et l'argentine, son quatrieme partenaire, 20 milliards. La chine brasse aussi de grosses affaires avec le mexique, panama, la bolivie, le pérou, l'équateur et la colombie.
Mais c'est le vénézuela du remuant Hugo Chavez, bete noire de Washington a cause de ses énormes réserves énergétiques, ses priorités sociales, ses projets d'échanges sud-sud et son altermondialisme, qui a dramatisé ce que Xuan Trang-Ho appelle "l'effritement de la doctrine Monroe" (consacrant depuis 1823 l'hégémonie des usa en amérique latine) et la "paralysie de la ZLEA" (le projet étatsunien d'une zone de libre-échange des amériques).
Cinquieme exportateur mondial de pétrole, fournissant 15% des besoins usa , et recelant peut-etre les deuxiemes et troisiemes plus importantes réserves de la planete, le Vénézuela s'active a diversifier ses échanges alors que s'intensifie a Washington le rejet du régime Chavez, pourtant démocratiquement élu et réélu depuis 1998.
Chavez était lui-meme a pékin en décembre, et il recevait une importante délégation chinoise a caracas en janvier. Des compagnies chinoises ont obtenu une participation dans le secteur pétrolier et gazier vénézuelien, tant au plan de l'exploitation que de l'exploration. Il vient d'achever en inde la premiere visite officielle d'un chef d'état de son pays, et les firmes indiennes ONGC et GAIL ont obtenu les memes droits, avec, en échange, une participation vénézuelienne dans le raffinage indien.
Les dizaines d'ententes de principes signées avec la chine et l'inde incluent les transferts de technologie vers le vénézuela, et le développement agricole, le pays importe jusqu'a 80% des aliments qu'il consomme. La russe lukoil a elle aussi pris pied au vénézuela, qui vient de faire monter de plusieurs crans l'irritation de washington en annoncant l'acquisition d'hélicopteres légers et de fusils kalachnikov russes, tout en étudiant le remplacement de ses chasseurs f16 par des mig.
Chavez ne cache pas que sa démarche est aussi diplomatique et géopolitique, vouée a l'édification d'un contrepoids de taille a l'hégémonie américaine au sein d'un monde multipolaire. "L'entrée éventuelle de l'inde et du brésil au conseil de sécurité de l'onu signifiera moins de guerre". "Il faut revitaliser le mouvement des non alignés". "Les américains ont besoin de notre pétrole et nous continuerons a le leur vendre, mais l'ere du pétrole bon marché est révolue, et si washington m'assassine, le vénézuela fermera le robinet" a-t-il ajouté. Washington nie vouloir l'assassiner. Mais Richard Lugar, président de la commission des relations étrangeres du sénat, a commandé une enquete exhaustive sur l'impact éventuelle de la diversification vénézuélienne sur la puissance des états-unis. Et il veut des plans de riposte au cas ou caracas "fermerait le robinet" du pétrole.
La Presse, 10 mars 2005, page A19
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