Par contre ce topique nous plonge dans le vif du sujet sur le fait de la communication entre nous.
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Ben oui, çà c’est sûr ! Mais c’est justement là que se joue l’autonomie de l’auteur et celle du lecteur, car je ne vois pas bien comment on pourrait éviter d’écrire affectivement, mais aussi de lire affectivement.
C’est sans doute la raison d’être de tous ces smileys qui ne sont rien d’autre que des indicateurs d’affect.
Donc, se pose le problème de notre expression et de la façon dont est perçue notre expression. Le fait même que la question soit posée renvoie forcément au sujet du topique : l’autonomie affective.
Si l’autonomie affective était une réalité quelconque, on ne se poserait même pas la question du regard de l’autre : on n’aurait simplement rien à justifier, et d’ailleurs, très probablement, on n’écrirait même pas ici. Seulement il se trouve justement que l’on s’y exprime et de plus, en prenant plus ou moins en compte cet autre regard, soit au moment de l’écriture elle-même de manière à mettre le plus de chances de notre côté pour être perçu comme on entend l’être, soit au moment du retour ou de la réaction de l’autre à nos propos.
Et à mon avis, j’aurais tendance à dire : pas si simple !!! Nous nous trouvons de manière générale, bien plus impliqué-e-s par cet autre regard que nous voulons bien l’admettre. Et je n’y vois là rien qui ne soit fondamentalement naturel mais qui m’incite d’autant plus à considérer cette notion d’autonomie affective comme une réalité des plus relatives.
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Et là on entre dans une appréciation des plus subjectives.
Généralement, on a rarement l’impression que quelqu’un cherche à imposer ses idées lorsque les idées développées ne remettent pas en cause nos propres conceptions. L’impression par contre, peut se faire plus aigue quand il y a « confrontation » avec une différence de point de vue.
Il faut bien se positionner par rapport à une différence d’approche. Que le fait soit conscient ou inconscient ne change pas grand-chose : la différence déstabilise toujours un peu. Va t-on simplement admettre qu’elle soit (tout en reconnaissant que notre cheminement étant différent, il ne nous mène pas forcément sur ces cases-là du jeu de l’oie), va t-on accepter de lui trouver une pertinence (en lui permettant éventuellement d’enclencher une remise en question de soi-même) ou va t-on tout simplement la refuser (et là, il faudra bien se justifier à soi-même les raisons de ce refus) ?
Dans ce dernier cas, à défaut de justifier sur un plan argumentaire, il nous faudra bien délégitimer d’une façon ou d’une autre cette parole qui pose problème, et c’est là qu’on va mettre en cause, une motivation supposée.
Là, la porte est grande ouverte à tous les possibles.
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- "Je propose une vision de quelque chose, de mon point de vue à moi, avec mon ressenti, mon vécu, mes mots qui résonnent et qui sont pas les mêmes pour tous, mes lumières et mes obscurités...pouvez-vous l'entendre?"
Probablement autant sur ce forum que dans la vie réelle. Mais l’inverse devrait-il être moins légitime ? A savoir :
Je propose une vision de quelque chose, de mon point de vue à moi, avec mon ressenti, mon vécu, mes mots qui résonnent et qui ne sont pas les mêmes pour tous, mes lumières et mes obscurités... pouvez-vous l'entendre?"
Ne s’agit-il pas là typiquement d’un échange où quelque part, on se trouve crédité globalement de la qualité d’écoute que l’on accorde soi-même à l’autre ?
C’est pour cette raison que pour moi l’autonomie affective est un vain mot qui peut masquer sous des atours plus ou moins angéliques, une réalité bien plus paranoïaque. Le rapport à l’autre, quelque soit la façon dont on l’envisage demeure un fait incontestable. Le percevoir sous l’angle d’un rapport de force va nous amener à considérer les choses sous l’angle d’une forme de dépendance, donc de prise de pouvoir de l’autre sur nous, même si nous sommes celle ou celui qui, à la base, a conféré ce pouvoir à l’autre. La réaction normale face à cela, c’est de se libérer de cette tutelle en se voulant plus autonome. Mais, même ainsi, on ne sort pas du rapport de force, on est toujours déterminé par un rapport de force.
Pour moi, la solution n’est pas dans une affirmation d’indépendance qui me semble des plus réactives et illusoires et le plus sûr moyen de se faire des lendemains qui déchantent, mais dans l’établissement d’un véritable équilibre où l’on ne se nie pas plus qu’on ne nie l’autre, et où on se trouve finalement accepté à la mesure où l’on accepte l’autre.
Dans cette situation d’équilibre, l’affect circule librement dans tous les sens, sans se sentir agressé, sans se sentir dépossédé, sans devoir se protéger ou se tenir sur la défensive.
Il ne se trouve pas non plus déshabillé de ses intentions, de séduction, de volonté de convaincre, etc … mais il se fait sur un mode moins dramatique et plus proche du jeu qui n’est pas le pire des rapports entre les êtres puisqu’il peut provoquer de l’amusement.
On n’est pas forcé de s’emmerder non plus !!!










