Voici deux articles offrant quelques chiffres. Peut-êter n'est-ce pas l'aspect historique le plus interessant mais, un mensonge par ommission n'en est pas moins un mensonge.
Dans ce premier article, le sujet a déjà été abordé concernant les noirs victimes de l'holocaustes. Je n'ai pas su le retrouver. Peut-être quelqu'un de plus habile que moi...
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1 - Les Noirs, autres victimes des camps de concentration nazis
Au début du XXè siècle, 60.000 éleveurs namibiens de l'ethnie herero, sont morts dans les premiers camps de concentration mis en place par les colonisateurs allemands dans l'indifférence de la communauté internationale, raconte Serge Bilé dans son livre "Noirs dans les camps nazis".
Plus tard, sous Hitler, une grande partie des "Afro-allemands" seront persécutés, stérilisés et parqués, comme les juifs, dans des camps, eux aussi sous le coup des lois de Nuremberg.
M. Bilé estime à 24.000 ces "Afro-allemands", mais selon l'une des principales associations des Noirs en Allemagne, l'ISD (Initiative des Noirs en Allemagne), il n'existe pas de chiffres précis sur la communauté africaine ou d'origine africaine d'Allemagne avant la Seconde guerre mondiale. L'IDS estime cependant que "plus de 100.000" Noirs devaient y vivre avant 1939.
En Namibie, les Allemands en butte à la résistance des Hereros, des éleveurs mais aussi des guerriers qui résistent à l'occupation de leurs terres, créent dès 1904 les premiers camps de concentration.
"Dans le travail de recherche que j'ai pu faire, c'est ainsi que j'ai découvert que les premiers camps (allemands) n'avaient pas commencé avec Hitler, mais en Namibie. De vrais camps de concentration avec des barbelés, des baraques en bois, des tatouages, des êtres rachitiques, qui mouraient de faim", raconte à l'AFP Serge Bilé, journaliste franco-ivoirien.
Sur 80.000 Hereros présents à l'arrivée des colons, 60.000 mourront de la politique d'extermination menée par les Allemands dans ce qui se révèlera être un laboratoire de la future politique de solution finale des nazis.
D'autant, que, dans ces camps de Namibie, les "deux personnes importantes qu'on retrouve sont le docteur Eugen Fischer, médecin qui fait des expériences médicales, notamment de stérilisation, et qui plus tard aura pour bras droit Josef Mengele, de sinistre réputation pour ses expériences médicales au camp d'extermination d'Auschwitz. On retrouve aussi Heinrich Goering, le gouverneur de la Namibie , le père d'Hermann Goering, qui assistera Hitler", raconte l'auteur du livre publié par les éditions du Serpent à plumes.
"Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il n'y a pas eu de réaction internationale, ça n'intéressait personne, ce génocide ne concernait que des Africains", observe Serge Bilé.
Une autre drame méconnu concerne, sous Hitler, les Noirs des colonies venus vivre en Allemagne.
"On oublie souvent que les Allemands avaient eu des colonies (Togo, Tanganyika, Cameroun) et que beaucoup de Noirs se sont installés en Allemagne. Au moment où Hitler arrive au pouvoir, il est inconcevable pour lui que des Noirs aient des rapports avec des Allemandes", raconte Serge Bilé.
De ces unions naîtront environ 800 enfants métis que les nazis appelleront "les bâtards de la Rhénanie ".
A leur arrivée au pouvoir, ils enlèvent les enfants à leurs parents, les stérilisent et les déportent.
"Les Noirs sont systématiquement stérilisés, pour qu'il n'y ait pas d'enfants qui naissent de leurs unions avec des Aryennes".
Victimes des lois de Nuremberg, comme les juifs, les Afro-allemands seront déportés, sans qu'on sache combien d'entre eux sont envoyés dans les camps parmi les 24.000 vivant en Allemagne, et combien sont morts.
Aucun historien ne s'étant penché sur le sujet, aucune estimation n'a été faite. Au moment de la Seconde guerre mondiale, à l'exception d'Haïti, de l'Éthiopie et du Liberia, il n'existait pas de pays noir indépendant, les Noirs ont donc été comptabilisés avec leur puissance coloniale. Rien ne permet ainsi de différencier dans les statistiques un Noir français déporté, d'un Auvergnat ou d'un Breton.
"Je fais juste une approximation, je pense qu'il y a eu de 1933 à 1944 de dix mille à trente mille déportés noirs", dit l'auteur.
Enfin, Serge Bilé rappelle l'engagement dans la résistance contre les nazis d'Africains et d'Antillais qui, une fois capturés, furent déportés en Allemagne, voire en Guyane pour les résistants martiniquais.
Source : AFP, 25 janvier 2005
A présent concernant les tziganes:
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60ème anniversaire de la libération des camps : La mémoire c'est comme la République : une et indivisible
Nous commémorons en 2005, le 60ème anniversaire de la libération des camps d'extermination, et une cérémonie solennelle aura lieu le 27 janvier à Auschwitz. La communauté internationale va se rassembler, dans une communion de pensée, pour se souvenir, pour condamner, pour tenter de comprendre, pour éviter à tout jamais le retour d'une telle barbarie.
Les victimes de l'holocauste, sans aucune distinction, sont inscrites pour toujours dans notre exigence du devoir de mémoire et de respect. Il ne saurait y avoir de mémoire sélective. Il ne saurait être question d'oublier certains sous l'argument du nombre, ou de négliger les autres parce que leurs descendants souffrent toujours de discriminations. Ainsi, soixante ans après la libération d'Auschwitz, les Tsiganes d'Europe (la plus importante des minorités dans l'Europe des 25) continuent de lutter pour une reconnaissance plus large de leurs souffrances sous l'holocauste. De 400 à 500 000 Tsiganes de tous les pays d'Europe, dont la France , furent massacrés par les nazis, et près de 20 000 d'entre eux périrent dans le camp d'Auschwitz Birkenau, dont des Tsiganes français. La reconnaissance de l'holocauste tsigane a été pratiquement inexistante jusqu'aux années quatre-vingt, et les recherches demeurent rares.
Le génocide tsigane par les nazis ne peut nous faire oublier, en France, la trentaine de " camps d'internement des Tsiganes ", pour certains ouverts en 1940 avant l'occupation, et les derniers libérés au printemps 1946, un an et demi après la libération de Paris ! Les exactions et les crimes commis sous l'autorité dite " gouvernement de l'État français " de Vichy, ont constitué une aide réelle aux occupants nazis. La France n'a jamais reconnu officiellement cette page sombre de son histoire, où environ 6 500 Français furent internés parce qu'ils étaient Tsiganes et abandonnés de tous, sauf de quelques citoyens dévoués : 25 camps en zone occupée, 5 en zone libre, dont certains où Tsiganes, Juifs et autres populations furent internés en même temps. Aujourd'hui encore, la difficulté est grande pour ouvrir les archives de certaines communes qui ont " hébergé " un camp d'internement de Tsiganes, ou bien pour éviter de laisser disparaître les dernières traces de mémoire.
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C'est dans ce contexte de " non-reconnaissance officielle " des camps d'internement des Tsiganes français, que continuent à se développer des actes quotidiens de rejet et de discrimination à l'égard des Tsiganes et Gens du Voyage, qui ont pourtant largement contribué aux sacrifices des deux guerres et à la résistance. Nous devons faire le constat des lois non appliquées (loi Besson, 1990), des lois toujours reportées (2ème loi Besson, 2000), de la loi globalement discriminatoire (loi de 1969) ou abusivement répressive (loi pour la sécurité intérieure, 2002).
Que les plus hautes autorités de l'État se rendent à Auschwitz le 27 janvier, c'est bien et c'est nécessaire. Ce serait bien et nécessaire aussi, de se rendre pendant l'année 2005, avec les autorités locales, sur les lieux des camps d'internement des Tsiganes, à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), à Jargeau (Loiret), à Poitiers (Haute-Vienne), à Linas-Montléry (Essonne), à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et tous les autres, pour commémorer avec les familles tsiganes et gens du voyage, Français à part entière, le souvenir de ces jours sombres de notre histoire, et reconnaître les souffrances et l'injustice qui les ont frappés.
Sans l'engagement personnel d'historiens et de chercheurs, qui ont commencé un travail remarquable de recherche et de témoignages, et sans le soutien des associations, le travail d'information et de mémoire sur les injustices et les souffrances subies par les Tsiganes pendant la dernière guerre n'aurait pas avancé. On peut se référer, entre autres, au centre de documentation tsigane et à la revue Études Tsiganes .
Pour lutter contre l'ignorance absolue, le refoulement des souvenirs et la dénégation, pour contribuer à faire tomber le mur d'incompréhension et de rejet, l'exigence du devoir de mémoire s'impose aux autorités locales et nationales envers les populations tsiganes, sous peine de prendre le risque d'entretenir les germes de la violence des discriminations, et de garder fécond le ventre de la " bête immonde ". La mémoire c'est comme la république : une et indivisible.
Michel Mombrun
Président de la FNASAT , Fédération nationale des associations d'action solidaires avec les Tsiganes et Gens du Voyage
26 janvier 2005
http://jccabanel.fre...h_les_noirs.htm
Ce message a été modifié par Glingal - 17 mars 2005 à 18:45.