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l'Evangile selon Judas


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54 réponses dans ce topic

#31 Tixi

Tixi

    Sans Titre

  • Bannis
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Posté 08 avril 2006 à 01:41

Citation

Je ne veux pas polémiquer avec vous mais relisez-vous: vous êtes haineux. Vous parlez de "dénazifier", comparaison ô combien stupide et déplacée, vous parlez de lobbying du criff, de Dieudonné...J'ai pas envie de vous prouver que vous avez tort, pour moi c'est évident. Je vais même pas vous dire que vous êtes antisémite, il suffit de vous lire. Je n'ai pas d'aggressivité particulière envers les racistes, je les plains de vivre dans la haine et la peur des autres (juifs arabes blancs peut importe...).

mouarf, ben oui bien sur je suis un raciste ^^ diantre je suis découvert

je suis seulement quelqu'un qui en marre d'un état impuni qui se croit tout permis en exterminant comme des nazis (comparaison pas du tout stupide, ils utilisent certaines méthodes barbares comme les nazis et autres tortionnaires) un peuple palestinien auquel ils ont voler la terre, ce dont ils se foutent complètement

je m'en fous du juif à coté de chez moi qui emmerde personne, j'ai rien contre lui j'en éprouve même de la sympathie parce qu'il pratique sa foi dans la tolérance et le respect d'autrui, ce que les sionistes ne font pas.

Ma haine est politique, pas raciale, alors avant de dire autant de conneries et partir sur des préjugés laya, informez-toi ça te fera du bien. La haine, on ne peut éprouver que ça envers des sionistes qui exterminent en étant content un peuple entier.

#32 zinnia

zinnia
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Posté 08 avril 2006 à 01:59

[QUOTE=Angel Of Death,Vendredi 07 Avril 2006 à 18h46] [QUOTE=Tiens je viens d'apprendre un truc marrant aujourd'hui, le mot "négro" viendrait de l'ancient Egyptien "N-G-R" qui est une particule sacrée du mot "Dieu", la même particule aurait donné les mots "nature" et "nourriture", ça doit faire mal aux racistes ça :ptdrasrpt2: [/QUOTE]
Elle est bien bonne! ca voudrait dire que les fachiste raciste traitais les gens a la peau noire de dieu sans le savoir! :ptdrasrpt2:  :bravooo:

Je pence bien que ngr ce prononce neguer

Ce message a été modifié par zinnia - 08 avril 2006 à 02:01.


#33 Angel Of Death

Angel Of Death

    Définir, c'est limiter

  • Bannis
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Posté 08 avril 2006 à 02:44

Tixi tu savais que les Ashkénazes passaient les enfants Sépharades sous des néons récupérés dans les hostos pour leur provoquer des cancers ? Si c'est pas une méthode nazie qu'est-ce que c'est ?
« Désirer avec indifférence, c’est l’essence même du jeu. »
Henry de Montherlant

« La justice n'est que le rêve imbécile de quelques hommes. L'injustice est la volonté même de Dieu. »
Anatole France

#34 cristal

cristal

    Confirmé

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Posté 08 avril 2006 à 09:43

zinnia, le Samedi 08 Avril 2006 à 01h13, dit :

Aussi l'encienne religion, celle de moise, pronnais la constuction dune eglise pour le dieux unique maitre de tout les dieux.

(...)

contrerement a l'encienne eglise plus "controlante et meme violante" je soupsonne le dieux de moise de ne pas etre de la meme source que celle de lesprit saint dont parlais jesus au disciple... De la probablement toute les source de guerre entre religions plus ou moin chretienne, (base sur le dieu: yave). jesus parlais a son"pere" et il nutilisais pas des terme comme "maitre".

Salutation à tous,

La preuve existe dans la bible concernant le dieu de l'ancien testament et le dieu (Père) de Jésus.

Même si l’église a beaucoup dénaturé le nouveau testament, il reste encore quelques Lumières que l’on retrouve aussi dans d’autres traditions. Voici des versets où Jésus nous dit qui est notre créateur. On comprend mieux le monde dans lequel nous vivons, ses souffrances, ses mensonges, ses inconsciences et ses ignorances.

Jean chapitre huit :

37-Vous êtes la descendance d’Abraham, je le sais ; mais parce que ma parole ne pénètre pas en vous, vous cherchez à me faire mourir.

38-Moi, je dis ce que j’ai vu auprès de mon Père, tandis que vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père ! »

39-Ils ripostèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « si vous êtes enfants d’Abraham, faites donc les œuvres d’Abraham.

40-Or, vous cherchez maintenant à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendu auprès de Dieu : cela Abraham ne l’a pas fait.

41-Mais vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui répliquèrent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul père, Dieu !

42-Jésus leur dit : Si Dieu était votre père, vous m’auriez aimé, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c’est Lui qui m’a envoyé.

43-Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce ce vous n’êtes pas capables d’écouter ma parole.

44-Votre père, c’est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement, il s’est attaché à faire mourir l’homme ; il ne s’est pas tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Lorsqu’il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu’il est menteur et père du mensonge.

Il parle du dieu de l’ancien testament et qui nous a fait à son image. Il semble qu’il ne soit pas l’unique dieu.

Génèse, chapitre 3, verset 22 : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bonheur et du malheur. Maintenant qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l ‘arbre de vie, en manger et en vivre à jamais ! »

Pour tous ceux qui veulent plus de précision, j’ai publié un article « Le Seigneur des mondes » où l’auteur (ce n’est pas moi) démontre ce point crucial de la création et surtout comment avoir l’espoir de transformer cette création.

Voir : Le Seigneur des mondes

:aureole7:

Bonne lecture!

Ce message a été modifié par cristal - 08 avril 2006 à 09:55.

Le Mal triomphe par l'inaction des gens de bien. E Burke

L'expérience de chacun est la richesse de tous.

#35 Espritlibre

Espritlibre

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Posté 08 avril 2006 à 10:30

Et si jésus n'avais jamais existé physiquement, qu'il est la représentation d'un évènement plus grand que son personnage annonçait dans le nouveau testament.
Et ceci sans remettre en question sont enseignement et la foi dans sa parole, je m'explique, ce n'est pas parce que je ferais dire à un personnage inventé des révélations que celle ci le soit aussi (inventé).Il n'existe pas de preuves réels de sont existence physique, croyez vous que cela soit un hazard?

Les découvertes archéologiques convergent de plus en plus vers cette hypothèse et ce n'est pas pour rien.
Par contre eux cherchent pour certain à démistifiés les écritures.Ce n'est pas mon but, je crois qu'au contraire les découvertes vont apporter une autre lumière sur les écritures saintes.

Croyez vous aussi que les divers religions qui sont nées des écritures soit un hazard aussi?

Le personnage de jésus dit: je ne suis pas venu apporter la paix mais la division (en résumer)

Croyez vous que cela à un sens par rapport au message d'amour et de fraternité qu'il dispense à travers son témoignage si ce n'est dans un but bien déterminé?

La bible entière parle d'une séparation, d'une division des humains, du blé et de l'ivraie.Croyez vous que le personnage important qu'est Jésus ne participerai pas à ce travail?

Des faux enseignants et de fausses religions (mode de vie) allaient se lever derrière l'enseignement de Jésus dans un but bien précis et parce qu'il devait en être ainsi parce que la vie de jésus n'est pas seulement la narration d'un personnage et de sa vie mais une prophétie.

#36 Acacia

Acacia

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Posté 08 avril 2006 à 10:48

Le rôle de Judas dans la vie de jésus a déjà fait l'objet de nombreuses hypothèses : celle qui apparait aujourd'hui via cet évangile apocryphe  était présente dans le roman de Nikos Kazantzakis "la dernière tentation du Christ" adapté au cinéma par Martin Scorcese.
Il est maintenant acquis - y compris pour des théologiens-que les intentions de judas étaient plus obscures que celles décrites dans les évangiles. Pourquoi aurait-il trahi pour une somme modeste quelqu'un pour qui il a tout quitté et pour lequel il a accepté de vivre pendant des mois comme un médiant? Quelles étaient ses liens avec le mouvement zélotes auquel il semble avoir appartenu (tout comme Simon-Pierre) ? Sa "trahison" est-elle liée au refus de Jésus de se conduire en chef de guerre contre les romains ? Il était visiblement un homme de confiance puisque les évangiles nous le présentent comme le trésorier de la communauté, est-ce sérieux de ne le voir que comme un fourbe et un traître ?
En ce qui concerne l'aspect gnostique, on peut avoir la même analyse avec l'évangile selon saint Jean et surtaout avec le seul évangile dont on peut êtree sûr qu'il n'a pas connu d'altérations majeures comme les autres : celui de Thomas.

#37 Espritlibre

Espritlibre

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Posté 08 avril 2006 à 11:09

oui acacia , il y a enormement de fait curieux et insolite dans la bible lorsque on l'interprète à la lettre ou avec les dogmes religieux ,aux amtipodes de la vérité il me semble.

Je crois que les interprétations de l'humanité sur la bible sont à revoir.

#38 Acacia

Acacia

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Posté 08 avril 2006 à 11:26

Je ne crois pas qu'il s'agisse de faits curieux à proprement parler : il a fallu centraliser le christiannisme afin d'en avoir un ensemble cohérent... donc on a gommé les divergences en bidouillant les textes, on a supprimé des témoignages ou déclarer des visions de jésus hérétique... Il a pls s'agit d'une vaste entreprise d'uniformisation sure le plus petit dénominateur commun. Judas est un exemple de ce a quoi réduit le manichéisme de cette approche. Il est devenu pour les siècles des siècles, la figure du traître du renégat, du salaud. Aujourd'hui, plus beaucoup de monde n'adhère à cette vision et , plus qu'une réalité historique, judas est devenu un symbole.

#39 Malkuth

Malkuth

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Posté 08 avril 2006 à 12:02

En tout cas cela remet au gout du jour, la thèse selon laquelle Jésus était "un" fils de Dieu et qu'il porta la révélation a tous les hommes.

Son sacrifice, et le role de Judas, me laisse penser comme Moryason, que Jésus était un grand mage, un grand initié, et que la mort sur la creoix était le rituel supreme, dont on parle encore aujourd'hui.

#40 nagualo

nagualo
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Posté 08 avril 2006 à 12:51

Malkuth, le Samedi 08 Avril 2006 à 11h45, dit :

Son sacrifice, et le role de Judas, me laisse penser comme Moryason, que Jésus était un grand mage, un grand initié, et que la mort sur la creoix était le rituel supreme, dont on parle encore aujourd'hui.


La mort sur la croix et au delà puisque cette mort est indissociable de la résurrection qui représente la victoire sur la mort, la victoire sur le monde... et sur son "Prince".

#41 TRON

TRON

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Posté 08 avril 2006 à 14:09

Et si jean s'appelait en vérité Jeanne, Jean l'apôtre que Jésus aimait!

Ce message a été modifié par TRON - 08 avril 2006 à 14:09.


#42 nagualo

nagualo
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Posté 08 avril 2006 à 14:40

TRON, le Samedi 08 Avril 2006 à 13h52, dit :

Et si jean s'appelait en vérité Jeanne, Jean l'apôtre que Jésus aimait!

Cette rumeur qui circule actuellement me rappelle une autre rumeur des  années 80 qui voulait que Jésus ait été gay...  A man love a man, a man fuck a man ! Signe des temps ! Dans les années 70, Jésus fumait de l'herbe à Woodstock avec un regard bleu qui plane et il aimait les filles aux seins nus... Oh Johnny ! Tout çà, c'est de la manip'bon marché !  En fait, ce genre de rumeur "caricaturale" vient toujours du même Esprit...  ;)

#43 TRON

TRON

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Posté 08 avril 2006 à 14:45

nagualo, le Samedi 08 Avril 2006 à 14h23, dit :

TRON, le Samedi 08 Avril 2006 à 13h52, dit :

Et si jean s'appelait en vérité Jeanne, Jean l'apôtre que Jésus aimait!

Cette rumeur qui circule actuellement me rappelle une autre rumeur des  années 80 qui voulait que Jésus ait été gay...  A man love a man, a man fuck a man ! Signe des temps ! Dans les années 70, Jésus fumait de l'herbe à Woodstock avec un regard bleu qui plane et il aimait les filles aux seins nus... Oh Johnny ! Tout çà, c'est de la manip'bon marché !  En fait, ce genre de rumeur "caricaturale" vient toujours du même Esprit...  ;)
Certes, mais que penses-tu de "La Cène" de Vinci

#44 nagualo

nagualo
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Posté 08 avril 2006 à 15:41

TRON, le Samedi 08 Avril 2006 à 14h28, dit :


Certes, mais que penses-tu de "La Cène" de Vinci


  Je pense que c'est l'androgynie qui est évoquée dans cette Cène, l'androgynie spirituelle des êtres réalisés (ou proches de la réalisation, comme devaient l'être les apôtres).
Pourquoi l'androgynie ? Parce que nous sommes dans la dualité (dont la facette masculin-féminin) et que notre but dans l'Uni-vers, c'est l'Unité (fusion yin-yang ou androgynie véritable).
En Orient, les dieux sont souvent représentés sous des traits très androgynes pour cette raison. Mais par exemple, Shiva est bien "dieu" (le principe) et non "déesse" (la shakti ou Ma-nifestation).



Shiva.

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Shiva & Parvati.

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#45 Acacia

Acacia

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Posté 08 avril 2006 à 17:07

Jean? une femme? :ptdrasrpt2:
Tout d'abord, la cène n'est pas un témoignage historique mais une oeuvre d'art et si on peut trouver des traits féminins au personnage à côté de jésus, les canons classiques de réprésentation de l'homme jeune sont respectés.
Je ne vois pas l'intérêt des évangélistes à masculiniser l'un d'eux autant dans ce cas là le faire disparaître : lui confier en plus la rédaction d'un évangile...
Il n'y a pas le début d'une once de preuve permettant de supposer que Jean était une femme, ni dans la tradition chrétienne, ni dans la tradition hermétique... pas plus de preuve que Jésus était gay ou babacool!

#46 gaetan8888

gaetan8888

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Posté 08 avril 2006 à 17:37

Citation

La découverte d'un ancien manuscrit datant d'il y a environ 1.700 ans pourrait apporter un nouvel éclairage sur la relation qu'entretenaient Jésus et Judas, le disciple qui l'a trahi, a révélé jeudi 6 avril le magazine américain National Geographic.

Hello

L'évangile de Juda a été composé dans la première moitié du 2ème siècle et il était connu par St Irénée, évêque de Lyon, au 2ème siècle. L'original était vraisemblablement en grec. C'est un évangile apocryphe qui n'est pas reconnu par l'Église qui le considère comme hérétique.

Irénée avait dénoncé le caractère hérétique de cet évangile. Dans «Adversus Haereses», nous pouvons lire «ils déclarent que Judas le traître était bien avisé de ces choses, et que lui seul, connaissant la vérité comme aucun autre, a accomplit le mystère de la trahison. Ils ont produit une histoire fictive de ce genre, qu’ils ont appelé l’Evangile de Judas». Selon Irénée, l’Evangile de Judas serait l’œuvre principale d’une secte appelée « Les Caïnites » (les héritiers de Caïn).

Faut-il rappeler que la Bible chrétienne se compose de deux grandes parties : l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. L'Ancien Testament est la Bible des Juifs ; les livres ont été écrits pendant des siècles et la liste des livres qui font partie de la Bible a été fixée dès le troisième siècle avant notre ère et confirmée de manière définitive au premier siècle par les pharisiens lors de la réorganisation du judaïsme après la destruction du Temple par Titus. Cette décision a fait que l'on a écarté un certain nombre de livres ; considérés comme non canoniques, ils font partie de la littérature que les érudits qualifient d'intertestamentaire. L'empereur Constantin est venu quatre siècles plus tard.

Le Nouveau Testament est moins ancien puisqu'il parle de Jésus et de ses apôtres. Les évangiles ont été écrits dans leur version définitive avant la fin du premier siècle ; les épîtres sont antérieures. La liste des textes n'a pas été établie de manière autoritaire, mais par consentement mutuel dans les échanges entre les communautés. Il est scientifiquement avéré que dès le deuxième siècle l'accord était fait pour considérer que le Nouveau Testament comporte quatre évangiles, les Actes des apôtres, les épîtres et enfin l'Apocalypse. Cette décision s'est faite sans difficulté, tout naturellement, sauf pour l'Apocalypse qui a été l'objet de discussions. La décision n'avait pas besoin d'être prise de manière autoritaire ni disciplinaire ; le mouvement même de la vie et la santé de la foi s'exprimaient dans cet accord. Cette décision a écarté des textes qui se présentaient en parallèle avec ces écrits ; pour cette raison ils sont appelés apocryphes- le suffixe grec apo désigne ce qui est écarté.

Les apocryphes sont apparus au fur et à mesure du développement de l'Église dans certains milieux. Certains ont eu une grande influence - comme par exemple l'évangile de Jacques qui rapporte les phénomènes merveilleux de la naissance de Jésus, source des contes de Noël. D'autres sont restés marginaux, car écrits dans le cadre de petits groupes. Le caractère apocryphe ne se réfère pas à une tendance particulière. Il relève du genre littéraire dit pseudépigraphie, où l'auteur se place sous le patronage d'un illustre ancien.

Gaétan

#47 zinnia

zinnia
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Posté 08 avril 2006 à 18:22

cristal, le Samedi 08 Avril 2006 à 03h26, dit :

zinnia, le Samedi 08 Avril 2006 à 01h13, dit :

Aussi l'encienne religion, celle de moise, pronnais la constuction dune eglise pour le dieux unique maitre de tout les dieux.

(...)

contrerement a l'encienne eglise plus "controlante et meme violante" je soupsonne le dieux de moise de ne pas etre de la meme source que celle de lesprit saint dont parlais jesus au disciple... De la probablement toute les source de guerre entre religions plus ou moin chretienne, (base sur le dieu: yave). jesus parlais a son"pere" et il nutilisais pas des terme comme "maitre".

Salutation à tous,

La preuve existe dans la bible concernant le dieu de l'ancien testament et le dieu (Père) de Jésus.

Même si l’église a beaucoup dénaturé le nouveau testament, il reste encore quelques Lumières que l’on retrouve aussi dans d’autres traditions. Voici des versets où Jésus nous dit qui est notre créateur. On comprend mieux le monde dans lequel nous vivons, ses souffrances, ses mensonges, ses inconsciences et ses ignorances.

Jean chapitre huit :

37-Vous êtes la descendance d’Abraham, je le sais ; mais parce que ma parole ne pénètre pas en vous, vous cherchez à me faire mourir.

38-Moi, je dis ce que j’ai vu auprès de mon Père, tandis que vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père ! »

39-Ils ripostèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « si vous êtes enfants d’Abraham, faites donc les œuvres d’Abraham.

40-Or, vous cherchez maintenant à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendu auprès de Dieu : cela Abraham ne l’a pas fait.

41-Mais vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui répliquèrent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul père, Dieu !

42-Jésus leur dit : Si Dieu était votre père, vous m’auriez aimé, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de mon propre chef, c’est Lui qui m’a envoyé.

43-Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage ? Parce ce vous n’êtes pas capables d’écouter ma parole.

44-Votre père, c’est le diable, et vous avez la volonté de réaliser les désirs de votre père. Dès le commencement, il s’est attaché à faire mourir l’homme ; il ne s’est pas tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas en lui de vérité. Lorsqu’il profère le mensonge, il puise dans son propre bien parce qu’il est menteur et père du mensonge.

Il parle du dieu de l’ancien testament et qui nous a fait à son image. Il semble qu’il ne soit pas l’unique dieu.

Génèse, chapitre 3, verset 22 : « Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous par la connaissance du bonheur et du malheur. Maintenant qu’il ne tende pas la main pour prendre aussi de l ‘arbre de vie, en manger et en vivre à jamais ! »

Pour tous ceux qui veulent plus de précision, j’ai publié un article « Le Seigneur des mondes » où l’auteur (ce n’est pas moi) démontre ce point crucial de la création et surtout comment avoir l’espoir de transformer cette création.

Voir : Le Seigneur des mondes

:aureole7:

Bonne lecture!
Bonjour cristal, ce que tu dit m'interpelle enormement et j'aimerais avoir ta permition pour mettre ce que tu dit ici et ton texte intituler: le seigneur des mondes, sur mon forum. me le permet tu? :o  :)

#48 Acacia

Acacia

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Posté 08 avril 2006 à 18:24

ça ne s'est pas fait dans la douleur, en effet, des la fin du deuxième siècle la liste des évangfiles officielles étaient établies... ce qui ne veut pas dire non plus que ces évangiles n'ont pas été retouché et modifié. La recherche actuelle sur les textes montre qu'il n'ya pas un chapitre dont on ne puisse contester l'authenticité au regard de critères linguistiques , historiques ou scientifiques. Les versions primitives de ces textes étaient sans doute différentes de celle que nous connaissons au M-A. C'était la grande tradition des faussaires comme par exemple pour Flavius Josephe. De plus, les évangiles apocryphes (enfin, sur les critères qui les déclarent "apocryphes", les synoptiques le sont aussi) ont continué d'être utilisé dans des communautés pour qui la notion de canon auquel il fallait se plier n'a pas vraiment marché. La reprise en main autoritaire sera bien plus tardive.

Ce message a été modifié par Acacia - 08 avril 2006 à 18:24.


#49 Aurore

Aurore
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Posté 09 avril 2006 à 23:33

Les textes bibliques ont été retouchés bien avant le moyen-âge, les textes de l'ancien testament notamment sont touchés et retouchés, et leur rédaction est très tardive, les auteurs sont souvent des imposteurs (se font passer pour des grands personnages comme Moïse etc...)
La lignée judéo-chrétienne malgré la scission causée par Jésus a de tout temps tenu à préserver intacte une certaine forme de tradition, les chrétiens ont absolument voulu s'inscrire dans la tradition juive et ont tout fait malgré les différents de taille qui les séparaient, pour se justifier vis-à-vis d'elle. Les récits qui représentaient un danger pour cette tradition ont été écartés, le fait est que les évangiles que nous avons en notre possession ne sont pas plus authentiques que les apocryphes, le choix de les canoniser a reposé en grande partie sur l'établissement du dogme.
(le livre d'Enoch a été rejeté sous certains prétextes fallacieux, en réalité les raison pour lesquelles il fut écarté sont plus sectaires, ce livre qui fut post-daté par rapport à sa vraie date d'origine, fut retrouvé parmi les manuscrits de la mer morte notamment, et le problème qu'il posait était le fait qu'il éclairait l'ancien testament sous son angle réel: les anges qui séduisaient les femmes pour coucher avec elles, qui n'ont rien à voir avec les esprits sans sexe de Jésus, étaient en fait non pas des esprits purs au service de Dieu mais des êtres similaires aux humains venant du ciel qui apprirent aux hommes "ce qui se passait dans le ciel: comment faire des épées et des boucliers..."
Version corroborée par le protévangile de Jacques, où Joseph se demande si Marie n'est pas enceinte d'un ange comme cela est apparement déjà arrivé... (texte qui fut aussi rejeté)
Les chrétiens ont reproduit ce qu'avant eux les Juifs avaient accompli: "tailler" les textes à la forme exacte du moule de la tradition et des intérêts...

#50 Aurore

Aurore
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Posté 10 avril 2006 à 00:00

Par rapport aux discussions théologiques de l'époque visant à établir le dogme, cette remarque peut être faite:
"Certains chrétiens des premiers siècles ont même pensé que Jésus était un ange, et non un homme ou un Dieu, ce qui provoqua des discussions théologiques poussant les chrétiens à préciser progressivement les deux natures et humaine et divine du Christ."

Les spécialistes s'interrogent sur le but initial de ces récits et tentent de découvrir ce qu'ils révèlent sur l'Evangile qui les a produits.
Il semblerait que les évangiles aient été écrites à l'origine en hébreu et non en araméen: certains passages se traduisent au mot à mot (évangile de marc et de luc en entier ainsi que les deux premiers chapitres de l'Evangile selon Luc).Des ouvrages autrefois considérés comme le produit d'un seul individu identifiable (Matthieu, Marc, Luc ou Jean) sont aujourd'hui reconnus comme étant la production d'une école, d'une Église, d'une communauté ou d'une personne qui a pris la tradition courante et l'a adaptée à des besoins urgents.



ERASME: "...Comme si la religion chrétienne n'avait d'autre rempart que l'ignorance qu'on en a."

#51 ZeH

ZeH

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Posté 03 mai 2006 à 22:15

Voici une des premières traductions de l'évangile de Judas.

Image IPB

Archéologie: Un baiser de Judas, première traduction en français avec notes et commentaires de l'évangile gnostique de Judas.

NDLR: L'introduction et l'analyse de conclusion sont de notre frère Jean Degert. Les passages en italique sont des commentaires de Jean sur le texte lui-même.

Depuis quelques jours une incontestable excitation s'empare de certains esprits suite à la parution en anglais de l'évangile de Judas. Il s'agit d'un livre apocryphe dont on dit qu'il remet en cause la Bible, comme si automatiquement deux millénaires de foi allaient s'effondrer. Comme si la découverte d'un texte singulier emportait l'invalidation des autres.

Le texte n’a pas été rédigé par Judas lui-même, mais par la secte des Caïnites qui arborait un nom déjà révélateur en lui-même. Il s'agissait d'une secte faisant parti des mouvements ophiolâtres (les Ophites stricto sensu étaient les Naasséniens) (Leur nom vient du terme sémitique nahas qui signifie «-serpent » ; en grec «ophis»= serpent) proprement dits, bien que ce nom s'emploie mieux pour désigner le groupe de toutes les sectes ophiolâtres du gnosticisme

Les Caïnites affirmaient que Yahvé, qui avait crée le ciel et la Terre était incomplet, rempli d'ignorance et d'orgueil. Pour parfaire la nature divine, les Caïnites recherchaient des vérités prenant le contre-pied de la révélation juive et, à ce titre, érigeaient en modèles les antithèses des valeurs du monothéisme, dont Caïn. En effet, selon eux, Caïn, en tuant frère Abel aurait prouvé qu'il était supérieur à Yahvé veillant sur Abel. Ils lui ajoutaient pour compagnons de faits d'armes héroïques à travers les générations Ésaü, les habitants de Sodome et, bien, sûr Judas l'Iscariote. Ce dernier, selon ce que relate leur évangile n'aurait pas trahi le Christ, mais aurait été son "complice" pour que le salut de l'humanité puisse se réaliser. Judas aurait agi d'autant noblement qu'il savait qu'il serait maudit par les apôtres et les Chrétiens à travers les âges. Cette haine aurait aussi été également motivée par la jalousie des disciples envers Judas à qui seul Jésus aurait révélé des vérités gnostiques.

Les écrits apocryphes existent depuis aussi longtemps que certains textes canonisés et pourtant il n'y a pas de ferveur autour d'eux dans les médias. Dante Alighieri a trouvé le matériau de 'la Divine Comédie' dans l'évangile de Nicodème et un poète, pourtant très puritain, comme John Milton a écrit "le Paradis perdu" en puisant certains éléments hors des écrits canoniques. Le monde protestant ne leur confère d'autre valeur qu'historique et leur valeur esthétique n'approche pas celle de la Bible dont l'écrivain Michel Houellebecq dit qu'elle est très belle "parce que les juifs ont un sacré talent littéraire".

Pourtant une revue plutôt éprouvée- Science et Avenir pour ne pas la citer- n'a pas résisté à la tentation de la vulgarisation sensationnelle pour mieux concurrencer peut-être sa rivale, Science &Vie, mieux rôdée au genre. Depuis, les autres médias se sont fait l'écho de la nouvelle et des auteurs doivent passer des nuits blanches pour publier au plus tôt un roman sur le disciple renégat.

Le texte a été publié en anglais et présenté à Pâques; une traduction française doit arriver sous peu. Pour ma part, j'ai eu envie de traduire le texte afin de partager mes réflexions fleuries de versets bibliques auxquelles le curieux peut se référer ici, sur la section Bible du site voxdei

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EVANGILE DE JUDAS (*, **, ***)



Introduction

Jésus fait la révélation à Judas trois jours avant la Pâque.

Le ministère terrestre de Jésus

Jésus, sur Terre, a réalisé de nombreux miracles pour le salut de l'humanité. Il a été intègre alors qu'il était parmi des pécheurs. Et il a appelé à lui 12 disciples.

Il ne leur apparaissait souvent comme un enfant (comment ils ont interprété son comportement ou ses paroles. La question est de savoir si le sens d'enfant est l’Innocence, la douceur ou s’il apparaissait physiquement en tant qu’enfant parmi eux).

SCENE 1: Jésus discute avec ses disciples. Prière d'actions de grâces ou eucharistie.

Un jour où il se trouvait avec ses disciples en Judée, Jésus les découvrit recueillis dans une attitude pieuse en observance des commandements. Quand il s'approcha d'eux, alors qu'ils offraient des actions de grâce pour le pain, Jésus rit. Les disciples lui demandèrent la raison de ses moqueries quant à leurs prières puisqu'ils avaient fait cela comme demandé. Il répondit qu'il ne se moquait pas d'eux. "Vous ne faites pas ceci de votre propre gré, car c'est ainsi que votre Dieu sera loué" répondit-il. Ils lui dirent : "Maître, tu es le fils de Dieu!" Il répondit :"Comment le savez-vous? En réalité, aucun des enfants de cette génération (plus encore : "aucune génération de ce peuple") ne me connaîtra.

Les disciples se mettent en colère

En entendant cela les disciples se mirent en colère intérieurement, blasphémant contre lui dans leurs cœurs. Jésus leur demanda pourquoi cette agitation/trouble les avait poussé à la colère, ajoutant que Dieu en eux poussait leurs âmes à l'aigreur. Il demanda aussi que si l'un d'entre eux était suffisamment fort parmi les hommes pour atteindre la perfection (connaissance?) il se tînt devant lui (comme les anges au vu de la suite). Tous répondirent qu'ils avaient la force requise, mais leurs esprits n'osèrent se tenir devant lui, à l'exception de celui de Judas qui, cependant, ne put soutenir son regard. Judas lui dit : "Je sais qui tu es et d'où tu viens : du Royaume immortel de Barbélo. Je ne suis pas digne de prononcer le nom de celui qui t'a envoyé". (Barbélo, dans la tradition gnostique, est l'aspect féminin de la Divinité et serait à l'origine du malheur dans ce monde. Barbélo se serait repenti, après quoi Dieu aurait envoyé le Christ sur Terre pour sauver l'Humanité.)

Jésus prend Judas en aparté

Voyant que Judas était prêt à être illuminé/à accéder à des connaissances supérieures, Jésus s'isola avec Judas pour lui enseigner les mystères du Royaume et lui dit qu'il était possible pour lui de l'atteindre, mais qu'il y aurait un lourd tribut à payer pour cela. Judas serait injustement blâmé et maudit par les Chrétiens. Jésus lui dit qu'un autre le remplacerait afin que le nombre de disciples soit toujours égal à douze afin d'atteindre l'accomplissement (plénitude?) avec Dieu. Judas lui demande "Quand me révèleras-tu ces choses et quand se lèvera l'aube du grand jour pour cette génération/ce peuple?" Mais quand il posa cette question, Jésus prit congé de lui.


SCENE 2 : JESUS APPARAIT DE NOUVEAU AUX DISCIPLES (un Jésus par éclipses)

Jésus réapparaît et révèle aux disciples qu'il est allé voir une autre génération sainte et formidable. Riant à la question de ses disciples curieux d'en savoir plus sur cette génération supérieure et davantage sainte, hors du royaume actuel, Jésus leur décrit ses qualités : aucune personne née de cet éon (La traduction anglaise donne «aeon» qui signifie temps infini. Je pense qu'ici, il est possible, vu le contexte mythologique, qu'«éon» fasse plus référence au temps qu' à l'entité dans la scène 3) ne la verra, aucune personne née de la naissance mortelle ne lui sera associée, et les anges ne règneront pas sur elle. Les disciples sont troublés et restent cois. Un autre jour, Jésus vient vers eux et ils lui parlent d'une vision qu'ils ont eue à son sujet.

Les disciples parlent du temple qu'ils ont aperçu

Ils ont vu un immense autel, douze hommes qui leur ont semblé être des prêtres et un nom. Egalement, une foule attendant devant l'autel que les prêtres agréent l'offrande. Quant à eux, ils ont attendu (apparemment à l'écart).

Quand Jésus leur demande à quoi ressemblaient les prêtres, les disciples les décrivent comme pervertis : ils sacrifiaient leurs enfants, leurs épouses, étaient sodomites et impliqués dans des meurtres. Ils commettaient une multitude de péchés et répandaient le désordre/l'anarchie. Quant aux hommes devant l'autel, ils invoquaient le nom de Jésus et leurs sacrifices déficients étaient parfaits (participe passé du verbe et non l'adjectif). Après avoir parlé, leur trouble est oublié.

(Il n’est pas évident de savoir si en premier, les disciples décrivent les prêtres ou la foule pécheresse et l'attitude des prêtres, dans une réponse progressive. Soit les abominations sont le fait des 12 prêtres, dans le cas où les disciples répondent directement à la question, soit du peuple dans l'autre cas. Même au regard de la suite, cela reste ambigu)

Jésus donne une interprétation allégorique de la vision du temple

Jésus ne semble pas comprendre la raison de leur émoi et dit que les prêtres devant l'autel invoquaient son nom éternel qui dure d'âge en âge. Ils ont planté des arbres sans fruits, d'une honteuse manière.

Il leur dit que ceux qu'ils ont vu recevoir les offrandes, ce sont eux les disciples. Quant au bétail offert, il représente les gens que les disciples ont égarés/menés à leur perte devant l'autel... "Se tiendra debout et se servira de mon nom sur ce sentier et les générations d'hommes pieux lui conserveront leur fidélité. Et après, un autre homme se dressera parmi les fornicateurs, un autre parmi les infanticides, un autre parmi les sodomites, et ceux qui s'abstiennent, et le reste du peuple plein de souillure, d'anarchie et d'hérésies, et ceux qui disent qu'ils sont comme des anges. Ils sont les étoiles qui mènent toute chose à sa fin. Pour les hommes de tous temps il a été dit que Dieu recevait les offrandes par l'entremise des prêtres- c'est un faux ministère. C'est le Seigneur de l'univers qui commande : "dans les derniers jours, ils seront un sujet de honte!".

Jésus leur dit : "cessez les sacrifices sur l'autel .... (Manques notables)

Jésus leur dit "cessez de lutter avec moi/me résister. Chacun de vous a sa propre étoile... (Manquent 17 lignes).

Judas questionne Jésus à propos de cette génération et de celle des hommes

Judas demande à Jésus quelle sorte de fruits produit cette génération. Jésus répond, à propos de toutes les générations, que leurs âmes périront. Cependant quand ces gens auront parachevé le temps du royaume (auront vécu leur vie terrestre?) et quand l'Esprit les aura guidé, ils seront sauvés alors que leur enveloppe se corrompra.

Judas demande ce que fera le reste de l'humanité, ce à quoi Jésus répond qu'il est impossible de semer des graines sur des pierres et d'en moissonner les fruits. (Puis il condamne apparemment la sagesse corruptible, mais il y a des vides. Il se peut que ce soit déjà une référence au dernier des éons, la Sagesse. Celle-ci, pour certaines sectes ophites, cherchant l'être, tombe dans le vide, où elle produit une sagesse inférieure. Elle est ramenée au monde divin par le Saint Esprit ; mais, avant d'y arriver, elle a pleuré dans le vide, et de ces pleurs est né notre monde).

Sur ces mots, Jésus s'en va.


SCENE 3 : JUDAS NARRE SA VISION A JESUS QUI LUI REPOND/ L'ECLAIRE (illuminer)

Judas dit : "Maintenant que tu as entendu les autres, écoute la description de mon rêve, car j'ai eu une grande vision". Entendant cela, Jésus rit et lui dit "toi le treizième esprit, pourquoi (me ?) éprouves-tu si durement? Mais n'aies crainte de parler, je suis à tes côtés! (ce Jésus s'adresse peut-être à un esprit qui va le tenter à l'approche de la mort en le tourmentant par le récit de Juda, puis il s'adresse à nouveau à Judas; comme quand le Christ semble réprimander Pierre; cf. Marc 8; 33)

Judas lui dit : "dans la vision, je me suis vu alors que les autres disciples me lapidaient et me persécutaient gravement (il parle de douze disciples, donc il sait déjà qu'il sera remplacé). Je rejoignis ensuite la place à ta suite. (Des manques). Je vis une maison dont mes yeux ne pouvaient saisir la mesure, entourée par beaucoup de gens et au toit en verdure. En son milieu se tenait une foule.

Jésus répondit à Judas "ton étoile (probablement au sens de destin, dans un sens quasi astrologique) t'a fourvoyé. Aucun homme de naissance mortelle n'est digne d'entrer dans la maison que tu as vue, ce lieu étant réservé aux saints. Ni le Soleil, ni la Lune n'y règneront jamais, mais les saints y demeureront toujours, dans le royaume éternel avec les saints anges. Regarde! Je t'ai expliqué le mystère du royaume et je t'ai enseigné quant aux erreurs des étoiles. Phrase incomplète signifiant peut-être "j'envoie cela aux douze éons".

(Les éons- du grec «aion», durée, éternité, parce qu'on leur attribuait une existence éternelle- sont pour certains gnostiques des puissances d'origine divine, et qui servent à expliquer la création du monde visible. Ces puissances produisent des êtres de même nature que la leur. Les éons formaient une chaîne d'êtres intermédiaires entre Dieu et l'homme. Et plus exactement entre le Dieu suprême et le Yahvé des Juifs (dont les gnostiques faisaient une divinité secondaire), entre le Père et le Fils, et enfin entre ce dernier et les hommes).

Judas interroge Jésus au sujet de son destin personnel

Judas demande s'il se peut/si cela veut dire que ce qu'il sème est dirigé par le souverain (vraisemblablement le fait qu'il est destiné à livrer le Christ dans une perspective fataliste).

Jésus répond (manque) qu'il sera très affligé en voyant le royaume et toute sa génération.

Judas demande pour quelle raison, c'est à lui seul que Jésus a parlé. Ce dernier répond qu'il sera le treizième disciple, qu'il sera maudit à travers les générations et qu'il viendra régner sur elles. «Dans les derniers temps, ajoute-t-il, ils maudiront ton ascension vers la génération sainte».

Jésus enseigne Judas en matière de Cosmologie : l'Esprit et l'Auto-Généré (infini, qui ne procède que de lui-même, une sorte d'hyper Dieu vu qu'il y aurait un Dieu-écran)

Jésus demande à Judas de venir et dit qu'il lui révèlera des secrets inédits, car existe un royaume sans bornes dont aucune génération d'anges n'a connu toute l'étendue et où se trouve l'Esprit, immatériel, que nul oeil d'ange n'a jamais vu, que nulle pensée du coeur n'a jamais pu appréhender, et à qui aucun nom n'a jamais été donné.

(Narration de Jésus :)
"Alors, un nuage lumineux apparut et dit de laisser entrer un ange pour le servir". Un superbe ange, le lumineux et divin Auto-Généré, émergea du nuage. A cause de lui (de par sa volonté) quatre autres anges sortirent d'autres nuages et se mirent à le servir. Il créa la première/originelle lumière sur laquelle il régna. Il dit de laisser les anges prendre possession de l'existence (et des cieux peut-être) pour le servir et des myriades indénombrables prirent leurs places. Il dit de laisser un éon étincelant entrer en existence (pas forcément au sens du vivant basique, mais de la connaissance ; ils trouveraient leur essence, leur raison d'être).

Il ouvrit la seconde lumière et régna sur elle avec des milliers d'anges sans nombre à son service. C'est ainsi qu'il créa le reste des éons illuminés. Il les fit régner sur eux et il créa des myriades d'anges pour les assister".

Adamas et les lumières (probablement les corps célestes).

(Adamas, selon les Naasséniens- ophites stricto sensu, était le Fils de l'humain ; c’est un androgyne dont sourd le courant de toute vie et d’où s’écoule de concert la matière et l’esprit de tout être. Il se peut que les Caïnites aient approché ces idées).

"Adamas était dans le premier nuage lumineux qu'aucun des anges n'avait vu parmi ceux qui l'appelaient Dieu. Il est à l'origine de la génération incorruptible dont procède Seth" (Seth, en plus d'être le nom du fils d'Adam et Eve est aussi celui du frère du dieu égyptien Osiris ; un lien existe peut-être dans leur gnose, du moins une récupération syncrétique. Mais les Séthiens, autre secte ophite, comme les Caïnites honoraient en Seth le fils de la divine Sagesse, représentant l'esprit, en opposition à Abel qui représentait I'âme et à Caïn qui représentait la chair; des éléments ont pu être repris ; et ici, Seth est le Christ).

"Il fit procéder soixante-douze lumières de cette génération absolument pure, de connivence avec la volonté de l'Esprit. Les soixante-douze lumières, quant à elles, firent trois cent soixante pareillement, toujours en accord avec la volonté de l'Esprit, ce qui donne cinq lumières pour chacune d'entre elles.

Les douze éons (il en est fait mention auparavant, mais la phrase est émaillée de manques) sont les sphères des douze lumières, avec six paradis/cieux pour chaque éon de sorte qu'il y a soixante-douze cieux pour soixante-douze lumières".

"Il leur avait été donné autorité et ont été mis à leur service un nombre infini d'anges, pour leur gloire et, ajouté à ceux-là, des esprits vierges/saints qui glorifiaient et adoraient les éons, les cieux et leurs firmaments".

Le Cosmos, le Chaos et l'Enfer

"Cette multitude d'immortels est nommée le Cosmos- c'est-à-dire la perdition- par le Père et les soixante-douze lumières auprès de l'Auto-Généré ainsi que les soixante-douze éons. En lui, apparut le premier homme avec des pouvoirs incorruptibles. Et l'éon apparu avec cette génération, celui en qui la nue de la connaissance et les anges, est appelé El. Après cela, l'éon ordonna de laisser douze anges prendre le règne sur le Chaos et les Enfers. Et du nuage apparut un ange dont le visage était comme incandescent et qui se présentait comme maculé de sang. Il avait pour nom Nebro qui signifie rebelle ; les autres le nommaient Yaldabaoth. Un autre ange, Saklas, sortit aussi du nuage. Nebro créa, comme Saklas, six anges pour qu'ils l'aident et chacun de ces douze anges reçut une portion dans les cieux".
(Chez les Ophites, Yaldabaoth est un éon identifié à El-Shaddaï, ou Yahvé connu sous le nom « le Tout-Puissant » ; il procède d’Adamas)

Les souverains et les anges

"Les douze régnants parlèrent aux douze anges..." (La phrase, importante vu l'un des sujets, est largement incomplète. On peut supposer qu'ils les nomment et leur attribuent des fonctions).

"- Le premier est Seth, autrement appelé "Christ".
- Le deuxième est Harmathoth.
- Le troisième est Galila.
- Le quatrième est Yobel.
- Le cinquième est Adonaios.

Ce sont ces cinq qui règnent sur les Enfers et avant tout sur le Chaos".

La création de l'Humanité

"Alors Saklas dit à ses anges « créons un homme à notre image et notre ressemblance ! » Ils modelèrent Adam et sa femme Eve dont le nom dans les nuages est Zoé. C'est sous ce nom que les autres générations identifièrent l'homme et que chacune d'entre elles nomma la femme. Le souverain dit à Adam que longue vie lui serait accordée, à lui et à sa postérité (et sûrement à Eve)".

Judas s'enquiert du sort d'Adam et de l'Humanité

Judas demande à Jésus combien de jours vivra l'homme au plus. Jésus lui demande pourquoi il s'interroge à ce propos, Adam ayant vécu, avec sa génération le temps qui lui était imparti dans le royaume qu'il avait reçu.

Judas demande si l'esprit humain est mortel. Jésus répond que Dieu avait demandé à Michael de seulement prêter les esprits afin qu'ils puissent servir, mais le Grand-Un a ordonné à Gabriel d'accorder des esprits aux grandes générations sans mesure- il s'agit de l'esprit et de l'âme.

Jésus discute de la destruction des pécheurs avec Judas et les autres disciples

(Manque) "Mais Dieu a fait en sorte que la connaissance soit donnée à Adam afin que le roi du Chaos et de l'Enfer ne puisse pas régner sur eux".

Judas demanda ce que ferait alors cette génération et Jésus lui répondit qu'en vérité, pour chacune d'elles les étoiles ont fourni des moyens d'achèvement/perfection. Quand Saklas parachève le temps qui lui a été imparti, leurs premières étoiles apparaîtront avec les générations et elles achèveront ce qu'ils avaient projeté de faire. Alors ils forniqueront en mon nom et ils tueront leurs enfants" (manquent six lignes et demie).

Après cela Jésus rit et Judas lui demanda la raison de son attitude à leur endroit Jésus répondit qu'il ne se moquait pas d'eux, mais de l'erreur des étoiles qui se trompent au sujet des cinq combattants et qui seraient toutes détruites avec leurs créatures.

Jésus parle des baptisés et de la trahison de Judas

Judas demande à Jésus ce que feront/deviendront ceux qui auront été baptisés en son nom. (Vide de 9 lignes). Jésus répond :"En vérité, ceux qui font des sacrifices à Saklas (manque) Dieu… (Manque 3 lignes) toutes ces choses qui sont mauvaises"."Mais tu les surpassera tous, car tu sacrifieras l'enveloppe qui me revêt"

"Déjà ta corne a été relevée
ton courroux s'est enflammé
ton étoile a brillé
et ton coeur a ..."

(Des manques) "Et alors l'image de la grande génération d'Adam sera exaltée, car avant le ciel, la terre et les anges, cette génération, qui est des royaumes éternels, existe déjà (au présent dans le texte anglais, comme quand Jésus dit, de façon apparemment anachronique «avant qu’Abraham fût, je suis» de Jean 8 v. 58 ; probablement un effet de style dans une volonté imitatrice pour conférer de la vraisemblance et gnostique).
"Toutes choses t'ont été enseignées. Lève tes yeux et regarde le nuage, sa lumière et les étoiles qui l'environnent et l'étoile qui ouvre le chemin est la tienne".

Judas leva le regard, vit le nuage lumineux et y entra. (Manque).

Conclusion : Judas trahit Jésus

...Leurs grands prêtres murmurèrent, car il était entré dans la chambre d'invités pour prier. Mais des scribes veillaient là attentivement avec l'intention de l'arrêter durant sa prière, car ils avaient peur du peuple depuis qu'il était considéré par tous comme un prophète.

Ils s'approchèrent de Jésus et lui demandèrent s'il était un disciple de Jésus et il leur répondit dans le sens qu'ils désiraient et reçut en main propre la somme.

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JUDAS VICTIME DE SON ETOILE ?


La dernière page du document éclaire la première scène lorsque Jésus s'isole avec Judas pour lui annoncer qu'il pourra atteindre le royaume, mais qu'il lui faudra en payer le prix. Judas dans cet évangile, comme dans les écrits canoniques livre Jésus pour une poignée de deniers.

Dans son numéro de janvier 2006, Science et Avenir sous-titrait sous forme interrogative "la réhabilitation du disciple maudit". Le magazine, d'ordinaire sérieux quand il aborde les sciences dures, donnant la parole aux experts semblait même sous-entendre que la version caïnite selon laquelle Judas n'aurait pas été maître de son oeuvre, car il n'aurait fait qu'obéir à Jésus, est tout aussi, sinon davantage, crédible que les Evangiles retenus. Depuis la restauration et présentation de ce manuscrit il semble qu'on s'évertue à présenter le disciple comme un pion sur l'échiquier de l'Histoire et qui, indispensable n'aurait pas eu le choix. Les savants parlent de fatalité...

Pourtant, quand Jésus discute isolément avec Judas dans la deuxième scène de ce texte, l'idée même de fatalité est écartée. Le Christ annonce à Judas qu'il pourra atteindre le royaume, mais qu'il devra en payer le prix. Sans commenter la valeur de ces écrits, seulement leur propos par rapport au scoop, on constate une dissonance logique. Ce que dit Jésus dans cet épisode s'oppose franchement au la philosophie du fatalisme et ce sur deux aspects : Jésus dit à Judas qu'il lui "est possible de parvenir à la connaissance des mystères du royaume, mais qu'il connaîtra beaucoup de chagrin". Ce discours suppose, d'une part, que le disciple a le choix, l'idée de possibilité comprenant celle de libre-arbitre; d'autre part, il est entendu que pour qu'il accède au royaume il faut une contrepartie et cela est, en réalité, non du fatalisme, mais une vision déterministe : son destin est lié ses actes, à sa volonté. C'est la logique de la chaîne de causalité : ici comptent les causes et les conséquences et non un diktat, une sujétion privant Judas de toute liberté.

La fatalité se définit comme un état où la volonté est contrainte en tout domaine par une force extérieure et supérieure qui lui nie toute emprise sur sa propre réalisation. La conséquence en est que le sujet voit sa destinée fixée d'avance et qu'il ne peut s'y soustraire. Judas, nous le voyons dans son évangile aussi, était loin de subir cette situation. Certains pourraient objecter que son salut dépendait de sa part à la crucifixion, qu'en quelque sorte il n'avait pas le choix et qu'il s'agirait d'un genre de fatalité relative, il n'en reste pas moins que la suite était subordonnée à sa volonté et que donc un principe de causalité est bien présent ici excluant l'idée d'un acte lié. Secondement, pour le Chrétien, même en considérant l'éventualité de cette fatalité relative, elle se mettrait directement en porte-à-faux avec l'enseignement des Ecritures laissant à l'homme le choix de gouverner sa vie (Deutéronome 30 : 15 ; ou Luc 18 : 41 où Jésus demande à un aveugle sa volonté, dans une apparente naïveté).

Luc (6 : 16) cite le nom "Judas qui devint traître" et même si le narrateur se place a posteriori, une fois l'histoire réalisée, il n'emploie pas le verbe"être" ce qui met en échec l'idée de fatalité, de prédestination. Si Judas avait été commis d'avance pour cette oeuvre funeste, cela aurait été comme inscrit dans ses gènes. S'il devient c'est qu'il ne l'était pas, c'est d'une simplicité biblique.

Par ailleurs, à plusieurs reprises Jésus annonce sa mort dans les Evangiles canoniques (Matthieu 16 : 21), mais ce n'est qu'à l'orée de sa mort qu'il révèle qu'il sera trahi (Jean 13 : 21). Ainsi bien que sachant dès le début qu'il serait livré (Jean 6 ; 64), Jésus ne le révèle pas réservant au concerné le choix. Connaissant le manque d'intégrité d'un de ses disciples, il lui laissait, néanmoins, toute latitude pour changer de voie et lui confie la bourse en ce sens. Ce n'est qu'à la fin que le Malin s'empare de Judas quand il est endurci comme Pharaon (Exode 10 : 20), Achab (2 Chroniques 18 : 19-20) ou le peuple (Esaïe 6 : 10). Ces exemples ne condamnent pas Dieu, mais révèlent qu'à un moment, le coeur humain s'étant tellement endurci dans la méchanceté, il est entraîné dans la cécité. Comme dans le cas de Judas. Si le Malin s'impose à Judas, c'est parce que celui-ci lui ouvre la porte (Ephésiens 4 : 27).

Le disciple maudit que le texte litigieux tente de réhabiliter avait déjà laissé l'ennemi des âmes s'emparer de la sienne jusqu'à l'aveugler à la Pâque. Il volait dans la bourse (Jean 12 : 6) ce qui n'était pas spécialement recommandé pour garder son âme pure. Le cheminement qui a conduit Satan a prendre possession de Judas n'a rien de fataliste, mais se situe dans un schéma déterministe où chaque situation est la conséquence de la précédente et où la volonté d'un sujet a emprise sur ses actes. Judas pouvait se repentir de ses mauvaises pensées et le lion dévorant (1 Pierre 5 : 8) ne se serait pas introduit en lui (Jacques 4 : 7), mais il a gardé son cap et la suite en a été affectée. Malgré cela, il lui est resté une possibilité de repentance sur laquelle ses remords n'ont malheureusement pas débouché.

La théorie de l’obéissance

Puisque la fatalité trop vite avancée ne peut expliquer le comportement de Judas inscrit dans une logique de cause à effet où il est seul responsable, se peut-il que la théorie de l'obéissance le disculpe?

Avant d'examiner cette question, il est attristant de noter que les médias incrédules manquent de bon sens en présentant Judas comme un esclave d'une puissance supérieure quant par ailleurs ils se gaussent des Chrétiens qu'ils jugent naïfs. Ce sont les mêmes qui, tout en n’étant pas catholiques, souhaitent être enfermés en conclave pour élire le Pape. Et en conséquence, ils ne se sont pas privés de dire que ce texte allait révolutionner une base du Christianisme (Science et Avenir, préc. p. 38 ; Le Monde 9 avril 2006). A ma connaissance, seule France 2 a remis les choses à leur place, notamment en donnant la parole à l'historien des religions Odon Vallet.

La nouvelle sensationnelle reposait sur l'idée du destin fatal de Judas, mais trouve, donc, peu d'étais aussi bien dans les écrits canoniques que dans l'évangile de Judas. Alors les médias mettent en avant que le Christ dans les écrits classiques aurait donné l'ordre, lors de la Pâque, à Judas de le livrer (Jean 13 : 27) en lui disant de faire promptement ce qu'il avait à faire. Est-il impossible aux chasseurs de nouvelles à sensations de réaliser qu'il ne s'agit pas d'un ordre mais de la constatation par le Christ de la décision du félon ? Jésus ne fait que dire ce qui est, qui est sur le point de survenir, dans une phrase purement déclarative où il ne fait que révéler à Judas qu'il sait ce qui se trame et qu'il ne s'y opposera pas. Pour Odon Vallet, si Jésus avait vraiment demandé à son "meilleur ami" de le trahir, il ne serait qu'un "malade". Il y a bien une différence entre accepter ce qui va arriver et demander à un ami de trois ans d'y prendre part.

Plus tard, Judas reconnaîtra son péché (Matthieu 27 : 3-5). Si vraiment il n'avait fait qu'obéir à Dieu ou n'avait pu échapper à son destin, pourquoi parler de "péché" qui est une notion relative à l'existence du libre-arbitre ? C'est la volonté qui détermine la présence d'un acte pécheur ou non (d'où l'existence de villes de refuges pour les meurtriers involontaires; Nombres 35 : 11) et même le Christ, enfant, a du attendre l'âge de discerner le Bien du Mal (Esaïe 7 : 15).

Judas n'était pas nécessaire à l'arrestation de Jésus. Chaque jour, ce dernier était assis dans le Temple et personne ne l'y avait jamais saisi. Il y était, d'ailleurs, si tranquille qu'il a même pu y faire usage d'un fouet (Jean 2 : 15). Le temps était tout simplement venu.

Ceux qui voudraient voir dans les Ecritures une connivence douteuse entre Jésus et Judas en se référant à la Cène en vue de démontrer que l'Evangile de Judas n'est pas farfelu, pour ne pas dire ordurier, risquent de sous-entendre que le Christ s'est ignoblement joué de Judas, car ce dernier, dans les Evangiles canonique ne l'a pas livré conscient du fait qu'ils mourraient, tous les deux, sous peu (Matthieu 27 : 3-5). Serait-ce là l'image d'un Christ aimant ? Cela remettrait indubitablement en question l'amour de tous ses disciples à travers les âges et le reste de la Parole (par exemple Ephésiens 3 : 17-19)

Subsidiairement, admettre les théories de cet évangile, c'est faire sienne la prédication du salut par les oeuvres. Et quelles oeuvres aurait du accomplir, selon cet apocryphe, Judas pour être sauvé !

Une vie de croisés

Peut-être Judas était-il, comme l'affirment certains historiens, un zélote torturé par le dégoût que lui inspirait l'occupation romaine. On peut imaginer qu'il avait peut-être espéré que le Christ chasserait les envahisseurs et avait du enrager de le voir guérir le serviteur d'un centurion (Matthieu 8 : 5 s.). Si le disciple était vraiment un zélote, il devait opérer une confusion entre le message du Christ et ses visées politiques. Qu'il ait éventuellement souhaité la libération d'Israël n'est pas du tout blâmable- au contraire ! La présence romaine avec son polythéisme était une insulte qui rappelle la colère d'un autre Judas, du livre apocryphe des Macchabées, qui rejette le paganisme hellénique imposé par les Syriens. On peut imaginer que des raisons politico-religieuses aient amené Judas à suivre Jésus. Mais si sa foi en Jésus et ses choix politiques avaient peut-être semblé coïncider pour lui, ce qui alors justifiait ses actes et sa morale aux côtés du Maître, était peut-être ses options politiques plus que sa foi. Pour faire dans l'anachronisme, on pourrait alors dire que Judas vivait une théologie de la libération. On peut dire que c'est aussi, en quelque sorte, un problème contemporain qui se révèle lorsque les choix politiques d'un Chrétien lui donnent le sentiment que sa foi est plus saine que celles des autres, alors que cette dernière n'est parfois qu'influencée par ses convictions- par exemple en matière sociale- et non l'inverse. Judas, malgré cet éventuel amour pour un Israël pur de tout paganisme romain, ne fait qu’honorer Dieu des lèvres en ne faisant pas coïncider ses actes et pensées avec la loi d’amour.

Judas est celui à qui Jésus confie la bourse tout en connaissant les coeurs (Luc 11:17). Le disciple entendant les sermons, les paraboles du maître et constatant les miracles auxquels il participe, n'aurait-il pas comme Pierre au nom de tous pu dire "Tu es le Fils de Dieu!" à son ami (Luc 9 : 20) ? Si avec les autres, il en avait parlé, il semblait ne pas avoir réalisé l'importance de la révélation. Quand le Seigneur lui laisse la garde de l'escarcelle, n'est-ce pas parce qu'il lui laissait l'opportunité de changer de vie? Judas voyant le Christ révéler les pensées ne pouvait-il à un moment ou à un autre réaliser que le Christ n'était pas dupe et cesser ses vols? Soit pris par son péché il était aveuglé, soit il s'était accoutumé à ce regard jusqu'à ne plus être y sensible.

Comme les autres, Judas avait été missionné pour chasser démons et guérir les malades (Luc 9 :1). En attendant de recevoir le Saint Esprit et la conversion (Jean 14 : 17 ; Luc 22, 32), ils recevaient tous le même enseignement.

Jésus ne le déconsidérait pas et même lors de leur dernière rencontre il l'a encore appelé "mon ami" (Matthieu 26 ; 50). Judas a laissé l'ennemi entrer en lui quand il volait, quand il s'est emporté à propos du parfum versé sur les pieds de Jésus par la femme pécheresse (Jean 12 : 4-5). Apparemment, c'est suite à cet épisode que Judas a livré Jésus (Marc 14 : 10). Si les droits contemporains -même le droit pénal romain dont les droits européens continentaux s'inspirent- ne retiennent, en général, pas la responsabilité de l'aliéné, Judas était toutefois coupable d'avoir donné accès au diable.


UN ECRIT GNOSTIQUE

Le deuxième aspect important de cet évangile est la volonté de révélation de l'occulte qui y abonde. Le problème n'est pas, si l'on feint d' y accorder crédit, le que le Christ fait des révélations, mais que Judas cherche à accéder à des connaissances mystiques. En effet, Dieu a dévoilé des choses impressionnantes à Daniel, à Jean et a ravi Paul aux cieux (2 Corinthiens 12 : 2), mais sont-ce eux qui tentaient d'accéder à des connaissances supérieures? La réponse est négative. Qui plus est, le contenu des révélations apocryphes ne ressemble pas aux autres habituels, non seulement en raison de leur flagrante hérésie, mais aussi parce qu'il ne s'agit pas de prophétie, mais de description des origines.

La Parole de Dieu met en garde contre la tentation de ce savoir pour savoir, du culte des secrets. Le Psaume 131 dit « Je ne m'occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi » ; Colossiens (1 : 26-27) dit que le mystère révélé est Christ. Encore, le Psaume 19 : 8 dit que "La loi de l'Éternel est parfaite, qu'elle restaure l'âme" ; il nous suffit d'être guidé par le Christ et de vivre ses commandements éclairés.

Cet écrit est inondé de ballades d'anges qui peuvent constituer une attraction pour ceux qui s'y intéressent beaucoup. On peut trouver une telle curiosité dans le Livre de Mormon (Moroni 10 : 14) qui parle du don de voir les anges et les esprits qui servent ; de même dans la volonté de quasi cabalistique de décoder la Bible pour prédire l'avenir. Cela jure avec l'attitude de Moïse qui plus que la présence d'un ange demande celle de Dieu (Exode 33 : 2 et 33 : 15) et avec Galates 1 : 8 renvoyant au diable tout ange apportant un évangile nouveau.

Existe, ici, une volonté de présenter le Christ comme ayant un comportement mystique. Ce Jésus vit parmi eux par éclipses et se moque de leurs faiblesses intellectuelles. Il s'agit d'un Jésus désagréable qui m'évoque le sympathique personnage de B.D. Léonard de Vinci (auteurs : Turk & de Groot) qui aime écraser son disciple. La B.D. est, d'ailleurs, plus intéressante que cet apocryphe.

Cet évangile insiste, aussi, sur la nécessité qu'il y ait douze disciples pour atteindre la perfection alors que la Bible dit qu'il ont été choisis en ce nombre pour juger les douze tribus (Luc 22 : 30). Dieu n'a pas eu besoin de 12 disciples pour atteindre une sorte de perfection; il se suffit à lui, ne doit rien à personne et a crée l'humanité gratuitement (Job 41 :2).

Il s'agit probablement de l'insertion de la croyance antique en perfection du 12 comme unité de mesure du temps et de l'espace. Ce chiffre a été en tout lieux le nombre des cycles parfais, immuables, de la nature et de la vie.

A la fin de la scène 3 quand Jésus discute de la destruction des pécheurs avec Judas et les autres disciples, il dit que Dieu donne la connaissance à Adam pour que l'Ennemi ne règne pas sur les hommes. En réalité, s'il s'agit d'une allusion à la chute, le fait de consommer le fruit interdit ne donnait pas la connaissance proprement dite à l'homme, mais la connaissance du Bien et du Mal (Genèse 2 : 17). L'homme et la femme n'avaient pas été crées stupides, puisqu'ils dominaient sur les animaux et ne pouvaient certainement pas s'abaisser à leur niveau, contrairement à ce qui dit Pic de la Mirandole dans son "Oratio de dignitate hominis". Il ne leur manquait pas la connaissance, à laquelle Dieu ne s'oppose pas, mais ils ont voulu savoir ce qu'était le Mal.

Enfin, ce texte ne révèle pas le vrai Dieu en ne présentant Le Seigneur des Juifs et des Chrétiens que comme un hypo-théos, un sous-dieu. Cela ne ressemble pas tellement au mot d'Esaïe 45 : 21 ou de Jean 17 : 3.


ET JUDAS ENSUITE ?

Après avoir dit que Judas a reçu l'argent, l'évangile est achevé. Cela dit, il ne s'agit pas d'une contradiction avec les autres évangiles ici, car ils ne mentionnent pas tous le devenir de Judas. Seul Mathieu (Matthieu 27 : 5) et les Actes (1 : 18) disent qu'il s'est tué et l'apparente contradiction entre les deux textes n'est pas inexplicable : un pendu par suicide peut aussi tomber sur un objet blessant sur lequel il a pu monter, par exemple, avant de le basculer. Une image d’un site athée donne ce genre d’exemple.

Cependant si les trois autres évangiles ne parlent pas de son suicide, en ce qui concerne ce texte apocryphe on peut s'étonner qu'il n'en fasse pas mention, car ne s'agit-il pas d'un évangile rédigé par ses disciples? Une explication est qu'ils ont peut-être voulu faire croire qu'il n'avait pas pu le signaler puisque justement il s'était donné la mort. Cela l'aurait-il alors empêché de l'écrire avant?

L'évangile de Judas dit aussi que le disciple aurait à subir la maltraitance à travers les siècles. Voila encore une criante négation de la Parole (Hébreu 9 : 27). Les morts sont là où ils sont et les insultes à l'encontre de Judas sont en déshérence.

A trop vouloir chercher à côté de la Bible, on peut arriver à des inventions syncrétiques comme celles des Catholiques japonais qui tendent presque à considérer que la repentance de Pierre après sa trahison (Marc 14 : 72) est inférieure à celle de Judas qui, lui, aurait eu un geste d'honneur en se suicidant (doutons qu'à ce moment, Judas l'ai fait par sens de l'honneur et, qui plus, est cela ne peut absolument pas équivaloir à un repentir).


QUID DE JESUS ?

Jésus est crucifié et l'Evangile apocryphe est conclu. En effet, Judas a permis qu'il soit dépouillé de son enveloppe. Si un Chrétien pouvait penser que ce texte complète les Ecritures il devrait se poser non seulement des questions sur la compatibilité, mais aussi sur la conformité de cet écrit avec le/au "reste" de la Parole.

PORTEE DE CET EVANGILE

Il est légitime de s'inquiéter quant aux conséquences de la publication de cet évangile, bonne nouvelle douteuse, qui prétend rajouter plus qu'un iota à la Parole. L'inquiétude est d'autant plus permise quand nous voyons l'hystérie autour du Da Vinci Code.

Certains qui ne se soucient pas de la foi et de l'histoire de l'Eglise, dès qu'ils entendent parler d'un texte révolutionnaire en la matière, se précipitent chez le libraire pour s'offrir une culture théologique, voire littéraire en ce qui concerne ces romans, qui n'est certainement pas du meilleur cru. Et ils ne sont probablement pas peu nombreux ceux qui n'arrivent pas à distinguer la fiction de la réalité.

Avant même la publication de cet évangile quelques livres portaient à peu près le même titre (de Nicolas Grimaldi, Maurice Chappaz, Daniel Eastermann, ...) preuve que le sujet est porteur. C'est un filon intéressant du fait qu'on présente sous un angle singulier un nom réprimandé à travers le temps en Chrétienté.

Le bruit recommence à courir que c'est uniquement au Concile de Nicée (325) qu'il a été décidé, sous l'impulsion de l'Empereur Constantin d'écarter la trentaine d'autres évangiles alors que dès le deuxième siècle les Chrétiens ne se référaient plus qu'aux quatre évangiles qui allaient être canonisés et aux épîtres que contient notre Bible. Le Saint Esprit guidait l'émergence de l'Eglise et la critique scientifique a le devoir, par souci d'honnêteté, d'admettre qu'en matière de foi elle rencontre une zone qu'elle ne peut appréhender et, donc, ne peut nier l'action de l'Esprit. La foi dépasse les discours exagérément rationalistes.

En réalité, Dieu sait défendre sa Parole qui ne passera pas (Matthieu 5 : 18) et à l'exécution de laquelle il veille (Jérémie 1 : 12). Quand on prétendit critiquer de manière scientifique sa Parole, le Seigneur permit la découverte des manuscrits de la grotte de Qmrân, au bord de la Mer morte, au moment souhaité. Charles Spurgeon n’avait-il pas ce bon mot "défendre la Bible? Autant défendre un lion!" ?

Finalement pour qui est ébranlé et ne connaît pas encore le Christ, la Bible ne dit-elle pas qu'elle ne repose "pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance" (1Corinthiens 2:4). Celui qui a des doutes peut se tourner vers Dieu pour le prier.

Jean Degert


Notes:
* Mes remerciements vont à David Leigh qui a bien voulu relire ma traduction et à Rachel Hannhardt, Jean Gasteuil et Alexander Foote qui m'ont simultanément aidé par leur suggestion quant à la formulation d'une phrase pourtant simple.

** Le texte en anglais se trouve au lien suivant : http://www9.national...spelofJudas.pdf

*** Bien que tout le texte ait été traduit, il ne s'agit pas d'une traduction littérale qui aurait été trop lourde dans un article. En effet, les dialogues sont émaillés de tels manques, que les restituer tels quels ne présenterait d'autre intérêt qu'archéologique. Il s'agit d'un texte que je ne trouve pas très beau, même s'il se veut parfois poétique. Quand il y a eu des phrases avec trop de manques, je n'ai vu aucun intérêt à les restituer. Certaines phrases peuvent sembler difficiles, cela est du aux manques qui privent d'éclairage; peut-être aussi à une certaine volonté d'hermétisme sans abus des caïnites dans le but de rendre l’évangile assez attrayant. Enfin, j’ai alterné, selon les scènes et les actes, présent et passé simple de façon volontaire.

Enfin, pour qui souhaite en savoir plus sur les apocryphes, deux livres intéressants en traitent sans évidemment parler de l’évangile de Judas trop récent :
- Le mystère apocryphe ; Dir. J.-D. Kaestil et D. Marguerat, éd. Labor et Fides, 1995
- La Bible apocryphe ; F. Amiot (parmi les textes choisis par Daniel Rops), Librairie Arthème Fayard, Paris, 1952


Source: L'évangile de Judas
En ce qui me concerne, je n'ai pas à m'inquiéter d'être un jour traitre à mes idées, J'en ai jamais eu.

#52 djydjy

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Posté 22 juin 2006 à 14:02

Bonjour à tous

Je viens de lire tout le topic, il serait dommage, maintenant que le livre est sorti que nous n'en parlions pas ensemble ! Quelles sont nos conclusions ? Nos espoirs pour cette humanité qui ne sait plus où aller et qui est en recherche de vérités ? Les livres, les films, les sites bougent autour de cette recherche, alors causons !!!! :roll:  :calin:  :calin:  :calin:  :calin:  :aureole7: