Citation
L’hebdomadaire “Newsweek” rafraîchit la mémoire des dirigeants américains au sujet d’un certain Saddam Hussein : ce sont les Etats-Unis qui lui ont fourni les armes biologiques.
“Difficile d’y croire ! Dans les années 1980, les Etats-Unis ont permis à Saddam Hussein, et ce de manière tout à fait consciente, d’importer des souches bactériennes utilisables pour produire des armes biologiques”, rapporte cette semaine “Newsweek” !
Vingt ans plus tard, les mêmes Etats-Unis demandent, devant le monde entier, la tête de l’ennemi public numéro un bis (ex aequo avec Oussama Ben Laden). Il aura fallu une bonne dizaine d’années, et la première guerre du Golfe, pour que les Américains se rendent compte qu’“ils ont aidé à la création d’un monstre à la Frankenstein”. Afin de dédouaner les Etats-Unis, l’hebdomadaire rappelle la dure loi de la realpolitik : “Dans le monde réel, comme le dit l’adage, les nations n’ont pas d’amis, juste des intérêts permanents.”
Saddam, l’arme anti-Iran
De fait, “au début des années 1980, le plus gros souci des Etats-Unis au Moyen-Orient n’était pas l’Irak, mais le nouveau régime des Mollah en Iran”. La chute du chah, homme lige de l’administration américaine, privait les Américains de leur source privilégiée d’or noir. Les Etats-Unis optaient alors pour une nouvelle stratégie dans la région. En suivant la théorie des intérêts bien compris “les ennemis de mes ennemis sont mes amis” , l’Irak de Saddam Hussein devint le nouvel allié stratégique local de la puissance américaine.
“Outre des équipements militaires, Saddam Hussein reçut une aide économique importante et des livraisons clandestines de munitions.” A Washington, personne n’était dupe. “Les responsables américains savaient très bien que Saddam Hussein était un psychopathe. Quelques semaines après avoir pris les reines du pouvoir en Irak, Hussein ordonna l’exécution sur le champ de plusieurs délégués de son parti, et ce devant des caméras de télévision.”
Rumsfeld, l’ami de Saddam
Le plus déroutant, dans l’article de “Newsweek”, est l’identité de l’homme qui a rapproché le régime du “psychopathe” Saddam Hussein et l’administration américaine : Donald Rumsfeld. Le 20 décembre 1983, l’envoyé spécial de Ronald Reagan se rendait dans la capitale irakienne pour “affaires”. Sans états d’âme, le futur ministre de la Défense de George W. Bush, serrait chaleureusement la main du “boucher de Bagdad”.
A l’époque, explique “Newsweek”, “Donald Rumsfeld savait pertinemment que Saddam Hussein finançait des terroristes et faisait tout pour acquérir la bombe nucléaire”. Cependant, il prépara sans scrupule les arrivages de produits chimiques, qui allaient servir quelques années plus tard au gazage des Kurdes dans le Nord irakien… De même, l’aide militaire qu’il promit à Saddam Hussein servit à envahir le Koweït en 1990. En bref, en éliminant le “psychopathe” Donald Rumsfeld et George W. Bush souhaitent refermer la boîte de Pandore…
Ph J
© Courrierinternational.com
“Difficile d’y croire ! Dans les années 1980, les Etats-Unis ont permis à Saddam Hussein, et ce de manière tout à fait consciente, d’importer des souches bactériennes utilisables pour produire des armes biologiques”, rapporte cette semaine “Newsweek” !
Vingt ans plus tard, les mêmes Etats-Unis demandent, devant le monde entier, la tête de l’ennemi public numéro un bis (ex aequo avec Oussama Ben Laden). Il aura fallu une bonne dizaine d’années, et la première guerre du Golfe, pour que les Américains se rendent compte qu’“ils ont aidé à la création d’un monstre à la Frankenstein”. Afin de dédouaner les Etats-Unis, l’hebdomadaire rappelle la dure loi de la realpolitik : “Dans le monde réel, comme le dit l’adage, les nations n’ont pas d’amis, juste des intérêts permanents.”
Saddam, l’arme anti-Iran
De fait, “au début des années 1980, le plus gros souci des Etats-Unis au Moyen-Orient n’était pas l’Irak, mais le nouveau régime des Mollah en Iran”. La chute du chah, homme lige de l’administration américaine, privait les Américains de leur source privilégiée d’or noir. Les Etats-Unis optaient alors pour une nouvelle stratégie dans la région. En suivant la théorie des intérêts bien compris “les ennemis de mes ennemis sont mes amis” , l’Irak de Saddam Hussein devint le nouvel allié stratégique local de la puissance américaine.
“Outre des équipements militaires, Saddam Hussein reçut une aide économique importante et des livraisons clandestines de munitions.” A Washington, personne n’était dupe. “Les responsables américains savaient très bien que Saddam Hussein était un psychopathe. Quelques semaines après avoir pris les reines du pouvoir en Irak, Hussein ordonna l’exécution sur le champ de plusieurs délégués de son parti, et ce devant des caméras de télévision.”
Rumsfeld, l’ami de Saddam
Le plus déroutant, dans l’article de “Newsweek”, est l’identité de l’homme qui a rapproché le régime du “psychopathe” Saddam Hussein et l’administration américaine : Donald Rumsfeld. Le 20 décembre 1983, l’envoyé spécial de Ronald Reagan se rendait dans la capitale irakienne pour “affaires”. Sans états d’âme, le futur ministre de la Défense de George W. Bush, serrait chaleureusement la main du “boucher de Bagdad”.
A l’époque, explique “Newsweek”, “Donald Rumsfeld savait pertinemment que Saddam Hussein finançait des terroristes et faisait tout pour acquérir la bombe nucléaire”. Cependant, il prépara sans scrupule les arrivages de produits chimiques, qui allaient servir quelques années plus tard au gazage des Kurdes dans le Nord irakien… De même, l’aide militaire qu’il promit à Saddam Hussein servit à envahir le Koweït en 1990. En bref, en éliminant le “psychopathe” Donald Rumsfeld et George W. Bush souhaitent refermer la boîte de Pandore…
Ph J
© Courrierinternational.com
source: http://www.courrieri...ctual/hebdo.asp










