Marrant, toute cette excitation et tous ces grands débats autour d'un truc tout simple ...
Qu'est-ce qui peut bien vous sembler si bizarre ou choquant ?
Perso, j'ai allaité 4 enfants (j'allaite toujours le dernier d'ailleurs), et l'idée d'allaiter éventuellement des bébés d'une autre espèce ne me choque pas du tout, pas plus que ne me choque l'idée d'allaiter l'enfant d'une autre femme ou que mon enfant tète un autre sein (ce qu'il a déjà fait chez plusieurs de mes amies d'ailleurs, le filou

)
C'est quelque chose d'aussi naturel pour moi que de donner à manger et de la tendresse d'une autre manière. Où est la différence ?
Cette femme a vu deux tigrous abandonnés par leur mère, avec tout le traumatisme que cela peut générer chez un bébé de n'importe quelle espèce mammifère. Ces petits recherchent, plus que du lait et des anticorps, simplement le contact chaleureux d'un sein maternel, le plaisir de téter quelque chose de chaud et de vivant et pas une tétine en plastique. Et tout naturellement, une femme l'a senti, s'est ouverte et a donné ce qu'elle avait envie de donner à ce moment là ?
C'est peut-être pas courant, mais ça me semble sain et simple ...
De la même manière qu'allaiter des enfant n'a rien à voir avec simplement les "nourrir", mais signifie cent fois plus que cela (tendresse, chaleur, confiance en soi, développement affectif, apaisement crânien post-accouchement au travers des mouvements de mâchoire etc ... )
D'ailleurs, c'est bien pour ce contact qu'ils tètent, plus que pour le lait en lui-même, puisqu'ils reçoivent des biberons par ailleurs pour le simple remplissage de panse !
Pour répondre à certaines affirmation :
Non, son bébé ne sera pas lésé parce qu'elle allaite ailleurs : la quantité de lait produite s'adapte toujours à la demande et s'ajuste en quelques jours à de nouveaux besoins. La nature a bien fait les choses, et pour peu qu'on ne se prenne pas la tête avec des angoisses d'occidentaux dénaturés, on peut allaiter plusieurs enfants en même temps sans aucun souci.
Non, le lait maternel n'est pas recherché comme le graal par chez nous ... beaucoup de maternités ne savent même pas très bien quoi faire si vous leur proposez votre lait, et s'en méfient comme si vous étiez porteuse de toutes les maladies infectieuses de la terre (pensez-vous, il s'agit d'un produit potentiellement sale, comme le sang, les urines etc ... bouh).
Perso, j'ai proposé mon lait à trois endroits différents lorsque j'ai allaité me deuxième fille et me suis rendu compte que je pouvais en produire autant que je désirais en tirer. J'ai voulu faire quelque chose d'utile pour les petits prémas cruellement en manque de cela. Résultat : personne n'en a voulu. Trop compliqué, madame.
Depuis, j'ai gardé "mon" lait pour "mes" enfants. Chaque chose à sa place, et les vaches seront bien gardées
Non, les mères n'éliminent ou ne tuent pas toujours leurs petits pour de "bonnes" raisons. Il y a dans la nature également des mères sans aucun instinct maternel, ou dénaturées par une longue captivité et un manque d'exemple de maternage autour d'elles, ou qui repoussent leur petit pour une raison bien simple : odeur humaine, stress etc ...
Pourquoi fautdrait-il laisser mourir ces petits ?
Et les mères humaines qui ne veulent pas de leurs mômes, ou les tuent, on les laisse crever aussi ? C'est la sélection naturelle, et elles ont sûrement une bonne raison pour refuser cette maternité ?
Perso, quand j'étais môme, on élevait des chèvres. Il arrivait parfois qu'une mère refuse d'allaiter un chevreau en particulier, ou les deux. Généralement il y avait une raison toute bête (on l'avait touché trop tôt, ou on avait dérangé la chèvre lors de la mise bas), parfois on ne voyait pas de raison (cela veut-il dire qu'il n'y en avait pas ... ?) mais en tout cas ce n'était pas du tout dû aux conditions de vie (optimales) ou à la viabilité du chevreau.
Glingal, je ne suis pas certaine que les anticorps du lait maternel humain soient très utiles à un tigre, mais là j'avoue mon ignorance. Les anticorps maternels se transmettent au bébé humain à travers le lait au fur et à mesure de la rencontre de l'organisme maternel avec tel ou tel agent infectieux propre à l'espèce, protégeant ainsi l'enfant vivant dans le même milieu. En inter-espèces, je ne sais pas si ça joue de la même manière ??
Pour terminer, je dirais qu'il s'agit d'un fait isolé, qui relève plus de l'anecdote qu'autre chose, et que je ne vois absolument pas ce qu'il y a de choquant au comportement de cette femme. Pourquoi faut-il que dès que quelqu'un ne se comporte pas comme on s'y attend, on lui diagnostique des problèmes psychologiques ou on lui impute des raisons bassements intéressées ???
Ne peut-on pas vivre ses pulsions et ses émotions hors de tout cadre pathologique ou vénal ?
Je vous trouve bien étriqués !