Posté 03 mai 2005 à 15:46
La quête
Quête I
Un jeune homme, à la fois révolté et désespéré, s’adressa un jour à un religieux en ces termes:
Les grands animaux mangent les petits, puis sont dévorés à leur tour par plus grand qu’eux. Les hommes élèvent du bétail pour le tuer. La foudre anéantit les forêts et brûle les maisons quand ce ne sont pas les incendiaires. Une vache marche sur une fourmilière et la détruit. Des dictateurs sanguinaires règnent sur de nombreux pays. La société ecrase les individus sous ses lois, ses normes, ses attentes. Guerres, catastrophes, famines, tromperies et promesses lectorales remplissent les journaux. Pourquoi donc le monde est-il si horrible?
Dans Sa sagesse Dieu a créé la Création et l’a offerte aux hommes, répondit le religieux. Dieu existe. Il est bon et puissant. Bien que de manière incompréhensible, il s 'occupe de sa Création.
— Si Dieu est bon et qu’il laisse la souffrance pétrir le monde, il n’est pas puissant, et s’il est puissant, pour la même raison, il n’est pas bon, répliqua le jeune homme.
Le jour où le monde arrivera à son terme, nous comprendrons tout ce que nous désirons comprendre.
Le jeune homme ne voulait pas attendre la fin des temps pour comprendre. Comme il ne se trouvait pas satisfait par les réponses de ce religieux, il en chercha un autre qu’il interrogea de la même façon.
Celui-ci répondit:
L’homme est pécheur dès l’origine. C’est à cause de son péché que le mal, l’affliction et la mort sont entrés dans le monde. Mais Dieu a envoyé Jésus, son fils unique, pour racheter le péché du monde, et Jésus est mort puis ressuscité pour nous montrer la gloire de Dieu.
Qui est sage?
— Mais le monde est toujours dans le même état depuis que le Fils de Dieu est venu puis reparti!
— Voilà un grand mystère lui répondit le religieux. Nos souffrances présentes nous permettront de gagner la vie éternelle. Nous ne comprenons pas les desseins de Dieu. Si
nous les comprenions, il faudrait supposer que son intelligence est aussi limitée que la nôtre.
Notre jeune homme n’était pas satisfait par ces réponses. Non seulement rien ne l’assurait que Dieu existât, mais il pouvait légitimement douter de tout ce que l’on construisait sur cette supposée existence. Il se rendit tout de même auprès d’un autre religieux avec la même question.
Celui-ci lui répondit:
— Notre prophète et notre Livre nous enseignent que lorsque Dieu décide une chose, il la détermine et, après l’avoir déterminée, il l’inscrit sur le Livre. Et c’est conformément à ce Livre qu’il crée tous les êtres et qu’il gouverne leur vie. Dieu est aussi proche de chacun que sa veine jugulaire.
Lorsque le malheur et la souffrance nous frappent, nous devons apprendre la patience, nous devons nous résigner, car Dieu nous éprouve. Notre souffrance est une épreuve de notre foi.
— Quel est le sens de son malheur pour l’homme qui périt dans une catastrophe? Si ce que vous dites est juste, c’est Dieu lui-même qui organiserait la souffrance. Non seule-ment le monde est horrible, mais Dieu aussi!
Le jeune homme était loin de pouvoir se contenter de ces réponses. Elles lui semblaient soit illogiques, soit plus déroutantes encore que le monde dont il constatait la misère.
Il se rendit auprès d’un autre religieux avec la même question.
Contes de Sagesse
— Il n’y a pas d’effet sans cause, lui répondit doctement son interlocuteur. Tous les événements sont liés selon la Loi de causalité. Les êtres qui souffrent le doivent à des actions qu’ils ont commises dans le passé ou dans une vie précédente...
Concevoir l’univers comme un grand apothicaire pesant avec minutie les bonnes et les mauvaises actions de chacun, et infligeant le mal pour le mal, et le bien pour le bien, parut insensé au jeune homme.
— Supposons un homme affamé, répondit-il au religieux Selon la Loi de causalité, la raison de sa souffrance est dans un passé dont il n’a probablement aucune mémoire. Il paye une faute sans savoir de quoi elle était faite. Ainsi, il n’apprend rien.
« Maintenant, supposons que cet homme affamé vole pour se nourrir, poursuivit le jeune homme. En souffrant de la
faim, cet homme subit la Loi de causalité. Mais son larcin produira une cause future de malheur. Pour soulager Sa souffrance, il génère encore plus de souffrance. Ainsi, le passé devient la cause de son propre renouvellement. Pour arrêter ce processus il faudrait que cet homme accepte de mourir de faim! Cette Loi de causalité est une loi de passivité. Je ne sais pas si celui qui fait le mal engendre son futur malheur, ce que je sais, c’est qu’il subit la souffrance présente et qu’il tente de s’en soulager.»
Le jeune homme quitta ce religieux plus insatisfait, plus
révolté et plus désespéré que jamais.
Quête Il
Il laissa beaucoup de temps passer avant, des annees plus tard, de se rendre auprès d’un ascète. Il lui posa sa question.
Tu désires changer le monde ? Comme cela est noble, lui
dit celui-ci. Mais vers quoi vas-tu le transformer. Si tu
détournes une rivière, cela permettra d’irriguer de vastes
régions, mais cela privera d’autres contrées de l’eau qui leur est nécessaire. Si tu veux que les animaux cessent de s entre-dévorer, tu devras tous les capturer. Tu les priveras de liberté, et que leur donneras-tu à manger ? Tu prétends transformer l’homme, mais comment t’y prendras-tu pour lui proposer d’être bon sans l’y contraindre? Comment sauras-tu si ce que tu améliores ici ne détruit pas plus encore ailleurs? Si tu désires changer le monde, ru dois commencer par toi-même. Seul un homme libre peut conduire un autre homme sur le chemin de la liberté.
Vouloir changer le monde est un désir, poursuivit l’ascète, même si celui-ci paraît être moins égoïste que les autres. Le désir, quel qu’il soit, est le moteur premier de la Création. Il la produit et la reproduit, la perpétue telle qu’elle est ou autrement, mais selon le même principe. Va au-delà du désir. Là, tu détruiras le monde tel qu’il est. C’est ce que tente de faire l’humble créature qui est devant toi.
Aujourd’hui, renonce à une chose, une seule chose qui ne t’est pas absolument nécessaire. Et fais de même demain, puis chaque jour suivant, conclut son interlocuteur.
Le jeune homme ne renonça à rien, comprenant vaguement qu’au bout de ce chemin, lorsqu’il n’aurait plus rien a abandonner, c’est à lui-même qu’il devrait renoncer Il ne saisissait pas le but d’un tel projet. La vie doit-elle sacrifier ce qu’elle est pour se comprendre?
Il se rendit auprès d’un homme connu pour son dévouement auprès des plus démunis.
Le monde est ainsi fait. Mais nous pouvons tenter de
I aimer quand même. Aide chacun sur ta route sans choisir
a qui tu offres assistance. Le contraire de l’amour ce n’est
pas la haine. Ce sont le dégoût, la domination, la préférence. Ils créent et maintiennent une différentiation
Contes de Sagesse
radicale entre toi et l’autre. On les surmonte grâce à l’amour, car l’amour est le comblement de la différentiation. Une mère n’éprouve pas de dégoût devant son enfant sale. Elle l’aime comme une partie d’elle-même. Nous pouvons aimer les autres comme notre propre enfant, les aider comme notre propre mère.
Comment aimer, comment dissoudre cette différenttation?
En regardant le principe de vie, commun à tous les êtres, qui anime chacun, plutôt que ce qui fait que l’autre est différent de soi. Si ru reconnais que le principe de vie qui anime l’autre est le même que celui qui t’anime toi, si tU perçois en l’autre ce principe que tu reconnais en toi, tu ne peux pas ne pas aimer l’autre comme toi-même. L’autre est une manifestation de la vie comme toi. Comme toi, il puise sa force de vivre dans le principe de vie qui te fait affirmer « je veux vivre». De même que tu veux vivre, lui
aussi veut vivre. L’aimer, c’est reconnaîttre et respecter, donner de la valeur, à ce désir commun.
Sa vie s’exprime d’une façon que tu apprécies plus ou moins; tu aimes plus ou moins ses caractères, sa façon d’être, ses idées, mais au niveau du principe, vous êtes unis dans le même amour de la vie. Aimer l’autre, c’est aimer la vie au sens large. Reconnaître que tu aimes la vie te permet d’aimer i autre.
Quête III
Notre jeune homme n ‘était pas sûr de pouvoir se contenter de ces réponses. Quelque chose comme une révolte contre l’impuissance le portait à les refuser. Il se rendit auprès d’un sage dont on lui avait recommandé la perspicacité, toujours avec sa même question.
— Vous posez bien le problème de la souffrance, monsieur, lui concéda celui-ci. S’il y a un Dieu, ce Dieu n’est certai
Qui est sage?
nement pas une assurance tous risques car le malheur frappe indifféremment le croyant et le blasphémateur. Il est temps de réviser nos conceptions de Dieu afin qu’elles expliquent plutôt qu’elles ne nient la réalité du monde dans lequel nous vivons.
Dieu est un enseignement spirituel plutôt qu’un superman Que dit cet enseignement? Il dit que si le monde était par fait, nous serions sans besoins, sans désirs, et donc sans conscience, tels des zombies dans un univers de rêve. Para doxalement, c’est l’imperfection du monde qui ouvre l’homme à sa liberté.
Le jeune homme fut troublé par cette logique. Mais il ne la comprenait pas complètement. Il s’en fut à la ren contre d’un autre sage.
Celui-ci lui répondit:
— Ce que tu décris est exact mais n’est pas juste. Les opposés que tu dénonces en vérité ne sont pas séparés. Rien n’est bon ou mauvais en soi. Rien n’est juste ou injuste. Chacun de nos jugements s’oppose à un autre. Ce qui est plaisant un jour peut être une torture dans un autre contexte et ce qui est utile à l’un, néfaste à un autre. Le même soleil est parfois trop brûlant, parfois pas assez, et il brille de la même façon sur le bon et le méchant. Tout est ainsi. Le feu réchauffe, éclaire et brûle à la fois. Une rivière est une source de bienfaits, mais c’est aussi un obstacle pour celui qui veut la traverser, et une calamité pour qui s’y noie.
Nos appréciations et nos jugements sont relatifs à nous mêmes; ils surgissent de notre faculté de penser, de nos émotions, de nos humeurs et de nos besoins. La réalité est bonne ou mauvaise pour nous selon la circonstance.
L’ignorant se place au centre de ses réflexions. L’homme instruit y place l’Homme. Mais tous deux ne tiennent pas compte des autres points de vue. Ce dont nous sommes informés n’est rien en regard de ce que nous ignorons. Dieu n’est ni bon ni puissant, il ne connaît ni le bien ni le mal
Contes de Sagesse
Il est simplement le Centre transcendant du cercle des points de vue.
Nous ne pouvons modifier ni les lois de la nature, ni le monde. Mais nous Pouvons nous transformer nous-mêmes, changer d’attitude, nous porter dans ce centre transcendant, conclut le sage.
— Cela signifie~t.il que nous devons laisser les horreurs dominer le monde?
— Le monde n’est pas plus dominé par l’horreur que par la félicité, reprit patiemment son interlocuteur. Comme nous ne pouvons pas soumettre la nature, essayons de nous comprendre nous-mêmes Le mystère de la sagesse ne réside que dans la manière de voir. La seule sagesse utile trans-forme le regard, l’exerce à voir au-delà du bien et du mal.
S’il n’y a pas de bien et de mal, il n’y a pas non plus de repères. Pourtant celui qui se noie se débat, l’animal qui va se faire dévorer tente de s’enffuir. Tout ce qui vit résiste à la souffrance et l’anéantissement. Comment voir cela autrement ? pensa notre jeune homme. Il se rendit aupres d’un autre sage. Celui-ci lui dit:
— Dieu est Un, alors que le monde est dualiste. La souffrance est un des pôles de la dualité; elle s’oppose au plaisir Dieu étant Un, il ignore la souffrance comme le plaisir~ il n’en est ni responsable ni comptable. Si nous parvenions à nous unir à Dieu, nous ne connaîtrions pas non plus la souffrance et nous aurions résolu votre question en la dépassant.
— Comment est-il possible de s’unir à Dieu?
— Il s’agit de chercher l’Un, l’unité. La Loi première du monde est l’unité. La seconde est la dualité. Le monde est Un, un tout. Lorsque l’individu se prend lui-même pour un tout, il se soumet à la loi seconde celle de la dualité car il oppose ce qu’il est, ou croit être, àtout ce qui est autre.
La vie est à la fois la mère et la fille de l’existence. Chaque existence se prend pour la vie mais elle n’en est qu’une infime partie. Concevoir la vie à l’oeuvre en toute chose plutôt que le mystère de la séparation, est une manière de voir l’unité. Observer toute chose sans la juger selon des opposés comme le bien et le mal, le bon et le mauvais, c’est observer l’unité.
Voir l’unité, c’est être à la fois l’observateur, l’objet observé et l’observation. Unir en soi les trois facteurs qui composent toute expérience, conclut-il.
Qui est sage?
Notre jeune homme n’était pas encore satisfait. Il lui semblait que ces réponses éludaient le problème de la souffrance qu’il voyait à l’oeuvre partout. Il chercha, questionna encore.
L’un de ses interlocuteurs, placide, lui répondit en citant d’anciennes Ecritures:
— Bienfait et catastrophe sont également surprenants. Car le bienfait vous enthousiasme et la catastrophe vous terrasse. Toute épreuve se ressent en soi-même. Elle n’existe que parce qu’elle atteint l’être. Si l’être n’y était pas, qui la subirait? C’est pourquoi celui qui chérit le monde, chérit son être et prend le monde en charge. Mais celui qui maîtrise son être, maîtrise le monde et le dirige
Un autre l’interrogea ainsi:
— Qui pose cette question, monsieur? Qui est l’auteur de vos perceptions, de vos jugements, de vos interrogations? Qui est derrière vos pensées? Qui est derrière toute question? Qui? Cherchez en vous celui qui pourrait affirmer « je suis » sans que ce «je suis » ne soit limité par une identité, et cette identité aliénée par des jugements, et ces jugements conditionnés par sa culture, son conditionnement, son passé et le souci de son avenir.
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Nul ne peut vous empêcher de travailler à transformer le monde. Vous pensez être dans le monde mais ce monde n’est peut-être qu’en vous. Et s’il est en vous, c’est vous qui le créez et vous seul qui pouvez le modifier. Vous croyez que le monde existe parce que vous croyez exister. Il y a une réalité dans laquelle vous avez un corps, mais si vous ne le considérez pas «vôtre », alors la réalité se transforme en temps, en espace, en mouvements, en actes impersonnels. Votre personne et ce Qui, témoin de cette personne, sont actuellement séparés.
Lorsque vous aurez trouvé ce Qui, vous aurez découvert le visionnaire qui fut temporairement abîmé dans les mirages du monde. Vous aurez trouvé ce « je suis » qui règne au-dedans et au-delà de tout. Vous connaîtrez celui qui, audelà du mouvement, du jugement, des heurts et des vicissitudes, est toujours resté immuable, parce que sans forme, sans nom. Cherchez ce Qui sans forme et sans qualité, audelà du nom, au-delà de la conscience .
Quête V
Le jeune homme poursuivit sa quête. Il se rendit auprès d’autres sages, et encore d’autres sages, toujours avec sa question.
Un jour, l’un d’eux lui répondit:
Votre question me fait penser à cette histoire : « Un
homme fut atteint par une flèche empoisonnée. Ses
parents et ses amis appelèrent le médecin afin que la flèche
lui fût retirée dans les meilleures conditions, et la plaie
s.traitée comme il se doit, mais notre homme s’y opposa. Il
objecta, disant : “Attendez! Avant qu’on ne la retire, je
veux savoir qui a tiré cette flèche ? Etait-ce un homme ou,
une femme? D’une noble naissance ou non? De quelle
matière cette flèche est-elle faite, de bambou ou de bois? Et la plume au bout de la flèche, de quel oiseau a-t-elle été prise? A-t-elle été tirée par un arc grand ou petit ? Et de cet
arc, la corde était-elle de fibres ou de boyaux ? Avant qu’on ne retire la flèche, je veux savoir toutes ces choses.” Bien sûr, avant qu’on eût pu lui fournir toutes ces informations, le poison fit son effet et l’homme mourut lrn,»
Ne venez pas me demander pourquoi le monde est comme il est, s’il y a un Dieu ou s’il n’y en a pas, si la société est bien ou mal organisée, si je vois le monde comme vous le décrivez. Toutes ces questions peuvent attendre. L’urgence, c’est d’abord de traiter votre propre souffrance, d’éteindre en vous le feu des passions, des désirs, du chagrin et des lamentations.
L’esprit est conscience sans objet. Aussitôt qu’un objet S’impose à la conscience l’esprit sépare objet et moi. Cette séparation est la cause initiale de la chute de l’esprit dans la forme. Cette chute se poursuit ensuite dans une perception détaillée et plus précise qui décrit l’objet ou la circonstance. Elle s’établit un peu plus dans des jugements objectifs et subjectifs qui se cristallisent dans la mémoire et se transforment en tendances, en caractères, en habitudes. Cette chute est inconsciente généralement, nous ignorons la cause de la séparation première de la totalité-une à la perception de la séparation. L’urgence, c’est de retrouver la conscience sans objet, l’esprit dans la totalité-une. Pour cela, retrouvez le calme, pacifiez votre esprit, observez ces agitations qui sont produites par vos constructions mentales, Apprenez à votre esprit le chemin du retour à la conscience unie en pratiquant la concentration sur un seul point...
Un autre sage lui dit:
— L’état du monde que tu décris révèle la pérennité de la
souffrance à l’oeuvre dans la nature. Mais nous pouvons la
supprimer en nous et enseigner ce chemin aux autres.
— Comment vaincre la souffrance en soi?
— D’abord constater la souffrance à l’oeuvre. Ensuite planter en soi les graines de la libération de la souffrance et pour cela d’abord supprimer les désirs mondains, ensuite supprimer la propension à s’attacher à des choses éphémères. Enfin ayant reconnu que le bonheur et le malheur sont un seul et même phénomène qui naît dans l’esprit, s’entraîner à garder son esprit stable, libre de réaction, égal en toutes circonstances.
Il était une fois un homme qui, essayant de planter un clou, se frappa le doigt. Il ressentit une douleur intense. Il accusa le clou, le marteau, son bras, Dieu ou le diable d’en être responsable. Puis il réfléchit: « Cette douleur est une réaction de l’esprit.» Il songea encore: «L’esprit gouverne les phénomènes. Il précède toute action et détermine toute réaction, Si l’esprit est stable, le monde est stable. Donc, si je contrôle mon esprit, je peux éviter la souffrance. »
Toute la souffrance du monde est due à la faculté de disperSion de l’esprit, conclut le sage.
Si cette réponse ne te satisfait pas, va voir mon maître. Peut-être te dira-t-il quelque chose que ru pourras mieux comprendre.»
Le jeune homme se rendit auprès de ce maître.
Celui-ci lui dit:
— Il n’y a aucun moyen d’anéantir la souffrance parce qu’elle n’a pas d’existence réelle. Tout ce qui est est le résultat d’une combinaison complexe du vide et de la lumière dans une forme impermanente. Comprenez profondément l’impermanence, vous développerez automanquement le détachement. À partir du détachement,
vous retrouverez le vide et la lumière contenus en tout. Et
vous n~ aurez plus de questions.
Alors le jeune homme se résigna. Il pouvait accepter ou refùser des réponses, mais ces réponses ne changeaient ni le monde ni lui-même. Il fallait qu’il les intègre, qu’il suive un chemin de transformation jusqu’à son accomplissement. Il cessa de chercher des sages, il renonça àattendre d’un autre qu’il réponde à ses questions. Enrichi
par toutes ses recontres , il commença à chercher ses propres eéponses , è suivre son propre chemin .Et pour transformer le monde , il commença par lui même.
contes de sagesses patrick levi