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Les bio hackers


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8 réponses dans ce topic

#1 AquaViva

AquaViva
  • Invités

Posté 25 septembre 2002 à 23:43

Citation

LE MONDE | 17.09.02 | 13h27
• MIS A JOUR LE 17.09.02 | 16h43
Les pirates du génome
En Californie, des bio-informaticiens rebelles conçoivent et diffusent gratuitement sur Internet des données scientifiques permettant au grand public de faire des manipulations génétiques.



Dans le jardinet coincé entre sa véranda et la palissade du voisin, Eric Engelhard a installé trois ruches en bois blanc. Elles sont en pleine activité, des centaines d'abeilles volent en permanence autour de sa maison : "La saison dernière, elles ont produit 140 kg de miel, j'en donne à tout le monde autour de moi". Pourtant, ce n'est pas le miel qui intéresse Eric, mais les abeilles. Elles lui servent de cobayes pour effectuer des manipulations génétiques qu'il réalise seul, chez lui, en toute liberté, sans en référer à quiconque. Son but est de créer un animal qui n'existe pas dans la nature : l'abeille sans venin, dont la piqûre sera sans danger et presque indolore...

Eric, trente-six ans, n'est pas un amateur. Installé à Davis, ville universitaire au nord-est de San Francisco réputée pour ses centres de recherche en sciences de la vie, il exerce le métier de "bio-informaticien": après des études de biologie, il a décidé de se consacrer à l'informatique, car désormais la recherche génétique dépend entièrement des ordinateurs, seuls capables de compiler, assembler, représenter et analyser le flux gigantesque de données brutes produites nuit et jour par les laboratoires. Il travaille actuellement pour une société spécialisée dans la recherche sur le cancer : "Mon projet personnel, n'a rien à voir avec ce que je fais pour gagner ma vie, mais je possède les connaissances nécessaires grâce à mon expérience professionnelle".

Eric a installé un laboratoire de fortune dans la chambre de sa fille de trois ans, qui dort désormais avec son grand frère : "Quand on s'y connaît, on n'a pas besoin de grand' chose pour faire du génie génétique. Un établi, des récipients étanches, et des produits chimiques et de cultures bactériennes en vente libre. Et bien sûr, il me faut de l'ADN, en l'occurrence des abeilles" - ou plus exactement, des dards et glandes à venin broyés dans un mixer. A partir de cette pâte, Eric réussit à obtenir de l'ADN pur, grâce à une série de réactions chimiques réalisées dans des tupperware. Puis, pour identifier le gène responsable de la production de venin, il fait analyser ses échantillons par une société locale spécialisée dans le décryptage du code génétique : "Il s'agit d'une opération automatisée tout à fait banale, qui coûte à peine 25 dollars. Les résultats sont envoyés directement dans mes ordinateurs via Internet, je n'ai plus qu'à utiliser mes logiciels bio-informatiques pour les interpréter".

Par approximations, il finit par découvrir quel type de gène artificiel il faudra implanter dans le génome pour inhiber la production de venin. Il s'attaque alors à la conception puis à la duplication du gène modifié, toujours dans des petits bacs en plastique. Le tout aura coûté moins de 500 dollars.

Aujourd'hui, Eric possède plusieurs tubes remplis d'ADN modifié, tous rangés dans le congélateur familial. Il est prêt à passer à l'étape suivante : "Je vais extraire du sperme de bourdon - c'est assez cruel, il faut leur arracher les organes génitaux -, le déshydrater, puis le réhydrater dans une solution contenant les gènes modifiés, qui seront incorporés aux cellules de sperme". Ensuite, il se procurera une cinquantaine d'abeilles-reines, qu'il va inséminer artificiellement, une à une : "C'est un procédé ancien et désuet, mais l'université de Davis possède les instruments adéquats, ils vont me les prêter". Les ouvrières qui naîtront de cette manipulation possèderont, dans leur génome, une copie du gène modifié, qui neutralisera la glande à venin : "Avant l'été prochain, des abeilles sans venin voleront dans mon jardin. Pour le reste, leur aspect et leur comportement resteront inchangés - enfin, en théorie".

Eric sait qu'aux Etats-Unis, il est illégal de lâcher dans la nature des organismes génétiquement modifiés sans autorisation officielle, mais cela ne l'inquiète pas : "Je vais lire les nouvelles lois, pour savoir ce que je risque. Au pire, je ferai mon expérience dans une serre, où mes abeilles resteront prisonnières - en attendant mieux. Mais récemment, l'agence fédérale de protection de l'environnement a donné à une grande firme des autorisations de dissémination pour des organismes bien plus dangereux, notamment des virus modifiés porteurs de gènes de scorpion, destinés à tuer les chenilles dans les champs de coton".

Il sait également que l'Etat ne sera pas le seul à s'intéresser à ses travaux : "Ici à Davis, il y a une forte communauté de militants écolos, je ne sais pas ce qu'il vont penser de mes abeilles. Je peux aussi craindre des réactions de la part des églises protestantes conservatrices, qui sont violemment opposées à toute forme de génie génétique. Cela dit, moi aussi, je suis prêt à me battre pour mes idées. Je suis partisan de la liberté absolue de la recherche scientifique, mon projet ira à son terme".

Eric a la conviction de travailler dans l'intérêt de la science, car il a décidé de diffuser gratuitement sur Internet les résultats de ses recherches, sa méthodologie et ses logiciels. Il fera même cadeau de ses abeilles à d'autres chercheurs désireux de poursuivre son œuvre. En fait, il s'est lancé dans une croisade contre l'esprit de mercantilisme et de concurrence acharnée qui règne dans les entreprises de biotechnologies américaines : "Mon projet-abeilles est une passion personnelle, comme d'autres font de la musique, mais c'est aussi une libération, une réaction contre le climat de secret et de surveillance qui sévit sur mon lieu de travail, contre la propagande qu'on nous assène à longueur de journée sur le caractère sacro-saint de la propriété intellectuelle". Eric s'insurge en particulier contre la pratique, courante aux Etats-Unis, consistant à déposer des brevets sur des gènes : "Un gène humain n'est pas une invention, il est le produit de trois milliards d'années d'évolution, et il réside dans chaque cellule de chacun d'entre nous : comment une société privée peut-elle prétendre en devenir propriétaire ?".

Eric n'est pas isolé dans son combat. Sa collègue Katherine Nelson, qui fut l'une des responsables du grand projet international de séquençage du génome humain à Berkeley avant de rejoindre le secteur privé, est encore plus catégorique : "Nos patrons se fichent éperdument de guérir le cancer, ils veulent gagner beaucoup d'argent très vite, c'est tout. Notre entreprise a breveté 800 gènes responsables de certains cancers, et désormais elle confisque cette information pour son seul usage. Si nous partagions nos résultats, d'autres labos se joindraient à nous, et ensemble, nous trouverions des remèdes plus rapidement, mais on nous l'interdit. Au contraire, nos chefs nous ordonnent souvent d'abandonner des pistes prometteuses parce qu'ils ont peur que ce ne soit pas rentable. Tout le système est pervers : les laboratoires privés collectent des informations scientifiques du domaine public, ils y rajoutent un petit quelque chose, puis ils déposent un brevet couvrant la totalité des données. C'est du vol légalisé. ".

Eric et Katherine ont créé une association baptisée CVBIG (groupe d'intérêt de bio-informatique de la Vallée Centrale), qui organise des conférences mensuelles : "Nous espérions une quinzaine de membres, nous en sommes à 180 en moins d'un an".Tous ne partagent pas les convictions des deux fondateurs, loin de là, mais Eric remarque que de nombreux bio-informaticiens sont favorables au principe de l'entraide et du partage : "La contagion avec Internet a joué. Quand je me suis mis à l'informatique, j'ai découvert l'esprit de coopération désintéressée des hackers et de la communauté du logiciel libre, qui travaille en "open source" (source ouverte) : les auteurs publient l'intégralité du code constituant leurs logiciels. Aujourd'hui, la majorité des ordinateurs utilisés en bio-informatique fonctionnent avec le système d'exploitation libre Linux. Il est bien meilleur que les produits commerciaux équivalents, car il est le fruit d'une entraide entre des milliers de bénévoles passionnés".

Eric milite aussi dans l'association locale des utilisateurs de Linux (LUGOD), qui compte plus de 500 membres. Il fait tout son possible pour favoriser les contacts entre les deux groupes, qui ont commencé à se mélanger. Ainsi, Mike Simons, vice-président de LUGOD, est devenu un membre actif de CVBIG : "Je viens promouvoir l'usage des logiciels libres de bio-informatique. Il y en a de plus en plus, car la philosophie "open source" progresse dans ce milieu. Les universités californiennes avaient pour habitude de déposer des copyright sur tous les logiciels créés par leurs chercheurs, mais désormais certains d'entre eux exigent que leurs logiciels soient distribués en open source".

L'un des pionniers de la "bio-informatique libre", Jim Kent, fait des recherches pour l'université de Santa Cruz, à trois heures de route de Davis. Il travaille surtout chez lui, une grande maison à demi-restaurée dans un quartier d'ateliers et d'entrepôts. Au printemps 2000, il s'était rendu célèbre en créant en un temps record un logiciel permettant d'assembler et de présenter sous forme graphique les données brutes provenant des différents laboratoires participant au projet international de séquençage du génome humain. La base de données gratuite de Santa Cruz n'est pas aussi complète que celle de Celera, mais elle s'en rapproche. Par ailleurs, Jim Kent a diffusé gratuitement plusieurs autres logiciels : "je les ai écrits pour mes propres recherches sur le génome de l'homme et de la souris, puis je les ai prêtés à des confrères, et ils se sont répandus naturellement. Certains chercheurs les adaptent ou les améliorent, d'autres m'appellent pour me demander d'ajouter telle ou telle fonction. Quand je peux, je le fais, pour rendre service".

En revanche, Jim ne sait que penser du projet-abeille d'Eric : "Le généticien de garage, travaillant isolément, sans aucun garde-fous, est une nouveauté, il n'y a aucun précédent. Quand on fabrique un être vivant et qu'on le lâche dans la nature, il va se reproduire, interagir avec son milieu. Comment évoluera une abeille si son arme principale ne fonctionne plus ? Mystère... Espérons que les généticiens sauvages seront moins irresponsables que ceux qui travaillent dans les multinationales".

A sa connaissance, Eric n'a pas encore fait d'émules, mais cela ne saurait tarder. Dans la région de San Francisco, le débat sur la "génétique libre" est sorti du ghetto des spécialistes, grâce notamment à l'action de différents mouvements culturels avant-gardistes. Des groupes de plasticiens, de sculpteurs et de vidéastes, qui se sont baptisés "bio-artistes", ou " biopunks" - en référence au mouvement cyberpunk également né à San Francisco -, ont décidé d'intervenir à leur façon. Ils multiplient les expositions picturales ludiques ou provocatrices, les conférences et même les interventions dans les écoles. Ils mettent en garde l'opinion contre les agissements des firmes de biotechnologie, mais s'opposent aussi aux traditionalistes, religieux ou laïques, qui voudraient empêcher l'avènement d'un monde nouveau, refaçonné par le génie génétique. Déjà, ils militent pour la légalisation de toutes les formes de manipulations génétiques "consensuelles", c'est-à-dire pratiquées sur un adulte consentant ou sur soi-même.

Eric ne fréquente pas de bio-punks, mais comme eux, il rêve de voir apparaître au sein de la jeunesse américaine une génération de "bio-hackers", qui se passionneront pour la génétique, comme leurs aînés se sont passionnés pour Internet et les jeux vidéo : "Cela arrivera, si on leur donne accès à tous les outils et à toute l'information. Bientôt, les adolescents surferont sur le génome humain en toute liberté, et Dieu sait ce qu'ils découvriront... Une bande de gamins s'amusant sur Internet peut faire avancer la connaissance plus vite qu'un grand projet pyramidal et bureaucratique. Je suis sûr que mes abeilles sans venin vont être adoptées : leur avenir est assuré, même s'il est imprévisible".


Yves Eudes

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.09.02


#2 Laurencia

Laurencia

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Posté 26 septembre 2002 à 06:39

Ayoye!  Quel paquet de questions ça pose cette histoire!

Autant je trouve réjouissant qu'émerge enfin la "Révélation" au sens du partage des informations entre tous de façon gratuite, autant je trouve un peu inquiétant qu'on joue ainsi à l'apprenti-sorcier avec la nature.  Ici, l'intention est officiellement bénéfique pour les personnes allergiques au venin des abeilles mais la question de savoir comment la race des petites bourdonnantes arrivera à survivre sans son unique moyen de défense est aussi bien pertinente, non?  Les questions éthiques se posent ici:  a-t-on le droit de menacer tout un petit peuple et par le fait même l'équilibre naturel au nom de la protection de quelques humains fragilisés dans leur système de défenses???  

Là je vais affirmer quelque chose qui pourrait en choquer certains je le sais.  Tant pis j'en prends la responsabilité.  Les progrès de la médecine et de l'hygiène ont fait que nous sauvons désormais de la mort des enfants qui auparavant n'auraient pas survécu.  Dans le même temps, nos folies contre l'environnement ont encore contribué à fragiliser de plus en plus d'humains.  Par exemple, quand j'étais enfant - il y a une bonne cinquantaine d'années - nous étions pauvres et assez souffreteux autour de moi:  tous les rhumes et aussi toutes les maladies infantiles comme la rougeole, la picote, la scarlatine (moi seulement pourtant l'aînée des 7 enfants mais maman m'avait isolée  :wink: ), les oreillons, etc.  Par contre,  JAMAIS d'allergies!  Je serai la première dans mon milieu à en avoir développé une que nous découvrirons vers mes 18 ans...  à la pénicilline (reçue 12 ans auparavant).  De nos jours, on ne compte plus les enfants allergiques qui au beurre d'arachides - l'an dernier ma soeur enseignante en avait un dans sa classe et a dû se priver de cette délicatesse de même que tous les autres enfants de la classe pendant toute l'année - ou encore au pollen ou quoi encore?

Sommes-nous en train de nous préparer des générations d'"enfants-bulles" à force de chercher à contrecarrer les lois de la nature?  Je me le demande sérieusement.

Qu'on ne s'y trompe pas.  Je ne suis nullement en train de prêcher pour l'eugénisme et ma conviction est au contraire appuyée sur beaucoup de respect des êtres plus faibles et démunis au point de départ.  C'est juste que je crois profondément que nous sommes plus qu'un corps physique et que l'expérience - même si elle peut sembler douloureuse et aboutir à la mort - choisie par l'entité qui s'est donné X conditions pour la réaliser mérite aussi d'être prise en compte là-dedans.  Il est d'ailleurs possible que leur "mission" soit justement de nous ouvrir à la compassion et - pourquoi pas? -  à enfin respecter notre héritage commun...  cette planète-terre que nous maltraîtons allègrement.

Par exemple, je me réjouis qu'au Québec nous soyons en train de passer une loi - déjà en vigueur dans ma municipalité - interdisant l'usage de tous les "ides" qu'il s'agisse de pesticides ou d'herbicides à usage domestique.  Perso, je n'en utilisais déjà pas mais dans mon coin,  je faisais figure de délinquante patentée avec ma pelouse ensemencée par mes soins de lotier corniculé auparavant.  D'ici quelques années, tout le monde autour de moi voudra connaître le secret de ma pelouse verte même par temps de sécheresse et presque dépourvue des autres "mauvaises herbes" telles le plantain et les fameux pissenlits (dandelions).    Adieu le gazon et les verts de golf,  vive les "pelouses de fermier"!  

P.S.1   C'est un lobby de groupes "anti-cancer" qui a réussi à obtenir cette loi...  
P.S.2   C'est tellement joli les petits ballons jaunes du lotier corniculé avant de passer la tondeuse dedans.  Ah, je rêve du jour où les gens assortiront les couvre-sols aux couleurs de leurs maisons ou de leurs goûts en lieu et place de cette uniformité verte qui nous rend esclaves de la tondeuse.    Un exemple de ce que je veux dire?  Cette petite famille de l'Abitibi dans sa pelouse d'épervières:

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#3 AquaViva

AquaViva
  • Invités

Posté 26 septembre 2002 à 14:16

Ce texte rédactionnel ouvre la porte à une avalanche de questions des plus préoccupantes. Certes il est vrai que le gars en question ne par pas d’un mauvais sentiment je dirais même qu’il part d’un bon sentiment. Mais il ne semble pas mesurer la conséquence dramatique de son geste. Il a tout bêtement dans sont action de révolte oublier que science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Car si à moyen ou long terme cela peu conduire a la disparition pure simple des abeilles dans sa région. Car sans dard les abeilles ne sont plus dotées de leur arme naturelle de défense pour proteger leur ruche face au vandale qui vont très régulièrement aller se goinfrer de leur miel. ET cela aura pour répercutions a terme la disparition des abeille de cette région  car elle ne pourront plus nourrir leurs larges. Si en plus les bourdons fertilisent des ruches de façon exponentielle a terme les abeilles disparaîtrons a grande échelle.
Ceci dit ce que j’ai raconté la plus haut n’est pas le pire danger de la chose et de loin. C’est homme vient de mettre a la porter de tout chacun la possibilité de faire des armes biologiques dramatiquement destructrices  pour moins de 600 €. Il ne rend pas compte que désormais n’importe quel psychopathe va pouvoir de chez lui mettre au point des armes biologiques absolument terrifiantes pour moins de 600 €. Ce qui était impossible par exemple avec l’arme nucléaire.
De mon humble point de vu cette expérience pourrais être complètement remodeler et devenir même une bonne chose expérience dans la mesure dans la mesure ou l’on contrôlerais  parfaitement le truc ce qui est pas possible pour le moment. L’idée était pas si mauvaise a la base mais très mal exploité elle en est devenu une folie effroyable et terrifiante. Dommage que la conscience ne se développe pas simultanément avec le savoir faire technologique ce genres de choses nous coûteras très cher a moyen terme

#4 gulliver

gulliver

    Chercheur

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Posté 26 septembre 2002 à 15:28

Ca m'a fait réfléchir pas mal cet article, et au fond, bon poussez pas de grands cris horrifiés, je trouve ça pas plus mal.. Je m'explique quand même, Aquaviva a raison lorsqu'il dit que pour le nucléaire, la 'démocratisation' est impossible, ça demande trop de moyens, c'est donc une arme de destruction massive qui au niveau politique est plus ou moins dictatoriale ou si on veut qui sous-entend une concentration du pouvoir, c'est une arme d'Etat. Au contraire avec la divulgation d'idées comme 'fabrique ta bombe chimique dans ta cuisine' on a à faire à une arme démocratique et qui en plus se fout pas mal des barrières nord/sud, chacun peut en puissance massacrer ses voisins, c'est le même principe qu'avoir une arme de poing mais c'est beaucoup plus efficace, un peu comme ce que la bombe atomique pouvait être au boulet de canon (et encore)
Il faut voir d'abord que la possibilité d'utiliser une telle arme ne veut pas dire qu'on va l'utiliser réellement, à la limite même il est clair que plus les gens vont y avoir accès moins ils vont s'en servir, sauf si on leur donne des raisons de le faire... c'est là que le bât blesse d'accord. Mais à l'inverse si on légifère encore là-dessus (faudrait encore pouvoir le faire!)  d'une part il y a de fortes chances que ça capote, d'autre part, on laisse ce pouvoir à des personnes dont on sait très bien qu'elles n'ont pas plus de conscience que le quidam du coin.. Il faut bien finir par se faire à l'idée qu'on n'arrête pas la 'science' et surtout pas avec des lois et que, à la limite le seul moyen de la rendre plus humaine et de la rendre à tous les humains, si à court terme, c'est sans doute la cata, à plus long terme ça pourrait bien devenir l'inverse, si chacun est capable d'agir en toute conscience seulement j'arrive à penser qu'on ne peut pas avoir 'conscience' si on vit au milieu de zones d'ombres, si on n'a pas accès librement aux connaissances..
C'est sans doute de l'utopie, ou un peu, je ne sais pas si vous avez lu Ravage de Barjavel, la fin m'a toujours fait tiquer, la technologie est interdite et le patriarche détruit une machine qui vient d'être inventée par un jeune homme.. mais quand le patriarche ne sera plus là? quand plusieurs générations se seront succédées on imagine bien que petit à petit ces technologies reviendront, en fait à vouloir empêcher les choses d'arriver on ne fait que reculer l'échéance..

Bon hein c'est déjà long..

#5 AquaViva

AquaViva
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Posté 26 septembre 2002 à 19:36

Il est clair que le classique réquisitoire anti-scientifique est une absurdité sur lequel il est totalement inutile de s’attarder trop longtemps de par l’intrinsèque stérilité de ce genre de résonnement et d’émanation cérébrale. De plus et la je rejoint Gulliver l’apocalypse (au sens courant du terme pas au sens étymologique)  ou l’age d’or sont les deux facettes, les deux aboutissements possibles d’un même passage obligé pour une civilisation atteignant le stade planétaire de civilisation et aspirant au stade interplanétaire évolution logique des choses. Apres il est évident aussi que légiférer bien que plus facile est infiniment moins efficace a moyen et long terme que le fait de permettre l’avènement de la prise de conscience profonde et durable seul et unique remède contre la folie et cela de tout temps, toute époque. De plus il serait très difficile à une législation de justifier dans l’honnêteté la plus totale une telle démarche étant donné que les gouvernements et états depuis toujours pratique le terroriste et mettent en application la loi de la jungle. Mais dans le cas présent il s’agit tout de même d’être pragmatique car même si il existait une volonté politique d’élever le niveau de conscience des populations et que les moyens maximum était mis dans ce sens (ce qui n’est  absolument pas le cas bien au contraire) il faudrait un certain temps pour voir les résultats effectifs d’une tel mise en œuvre apparaître. Il en est de même pour la démographie mondiale et une multitude d’autres domaines… Le problème de fond étant toujours  le même comment avoir les résultats concret d’un changement d’attitude mentale de la par des terriens par le biais de la prise de conscience avant que la mise en œuvre des moyens de destruction sur lesquels l’humanité entière travail activement passe en phase effective. Il serais temps en 2002 de l’ère chrétienne que la population réalise qu’on en est la et uniquement et seulement  la aujourd’hui !!!
Le fait qu’une telle démocratisation biotechnologique ce fasse présentement dans le contexte planétaire représente un danger de plus effectivement et non pas le danger unique et central. Néanmoins il faut tout de même de rendre compte ce qui n’est pas facile je le reconnais, que la tecno science  d’aujourd’hui démultiplie considérablement les moyens de destructions à comparer à ce qu’elle était il n’y a seulement trente ans. Maintenant  est-ce que dans la population globale il y a des gens a même de ce servir de cela comme arme biologique alors la je le dit au et fort : OUI et cela ne fait aucun doute. Le raisonnement basé sur la raison precedement annoncé dans le topic en  est  d’ailleurs la principale cause. Je m’explique. La logique de la raison a toujours été et de tout temps opposé a la logique dite de conscience (qui d’ailleurs n’est pas une logique a proprement parlé). Le mari qui bat sa femme estime avoir raison de le faire puisque cette dernière a eu une relation intime avec un autre homme. La femme estime avoir raison d’avoir eu une relation avec un autre homme puisque sont mari la bat et ne lui accorde pas l’attention qu’elle désirais. Tout le monde a une bonne raison de faire ce qu’il fait. Lorsque le matin à huit heure on prend le métro pour ce rendre au boulot certes il faut avoir connu le métro parisien ou new-yorkais pour bien réaliser mais même si vous ne l’avez jamais vécu imaginé. La place disponible dans la rame est deux à trois fois inférieur à la quantité de personne attendant sur le quai. Ce qui inévitablement déclanche au moment de l’ouverture des portes de la rame une foire d’empoigne sans nom ainsi que les instincts les plus barbares des personnes ayant pour objectif légitime d’aller au travail pour vivre. Les moins bien lotis en terme d’agressivité ou de force évidement reste sur le quai pendant que le personnel embaucher ses dernières années par la ratp pousse avec pied pour pouvoir fermer les rames et permettre au métro de partir. Tout les individus s’étant comporté comme des barbares primitifs estime avoir eu une très bonne raison de le faire puisque sinon il n’aurais pas pu arriver à l’heure sur leur lieu de travail qui est leur unique gagne pain. A l’heure ou une multitudes d’êtres humains dans les mégapole en sont ramenés au stade de planter un coup de couteau dans un autre humain pour le seul motif que l’autre « lui a pris la tête ». Et encore je passe sur les coup de « gun » et les tournantes (viole collectif de filles) qui sont choses régulière dans les mégapoles.
Lorsque qu’on voit le nombre de virus informatique qui se trimbale sur le net constamment renouveler. Vous pensez vraiment que certain hésiterons a confectionner des virus biologique la ou aucun a hésiter a faire des virus informatique. Surtout que ses derniers auront une excellente raison de le faire au vu du  comportement ce ceux qui les auront éventuellement fais souffrir precedement en les laissant quotidiennement monter dans le métro en dernier étant donné qu’ils sont moins forts physiquement. Il  est évidement  logique et raisonnable de supprimer les êtres qui sont la manifestation d’autant de barbarisme et de primitivisme et d’égoïsme. La raison pour commettre le pire est donc déjà toute trouvé. Dans un coup de nerf ou la souffrance psychologique peu être atrocement intense est il conscient de pensé que certain ne ferons de dangereux virus pour faire payer les injustices ressenti  a leur congénère. Surtout si cela devient aussi facilement réalisable que des images de synthèses ou des virus informatiques grâce au logiciel de bioinformatique. Je sais déjà que certains me diront que les deux tiers des virus sont réalisés par les mêmes sociétés qui vendent les antivirus. C’est vrai au même titre que les labo pharmaceutique ne travail pas pour la guérison mais pour la maladie et cela en raison de la notion de profit partie intégrante de notre système de société actuellement. Cependant il reste un tiers des virus fait part des particuliers. Si dans le cas de virus informatique cela ne porte pas à de grande conséquence en ce qui concerne les virus biologiques cela est considérablement différent car la c’est notre vie qui est en jeu pas le système informatique pour sa partie logiciel et dans certain cas une petite partie du matériel (disque dur). D’autant que je ne vois ce qui empêcherait les déséquilibrés d’agir en toute  légitimité d’utilisé cela puisque depuis l’aube des temps les humains terriens on toujours et systématique imaginer fabriquer  et utiliser les armes dans lesquels ils ont mi la quintessence de leur intelligence et leur savoir faire. Parce que comprenez bien que la tecno science militaire est deux niveau au dessus de la tecno science civiles.  
Alors que faire me direz vous. Je pense, bien qu’étant libertaire et  n’aimant pas légiférer dans le cas présent il faudrait le faire  quand même et parallèlement, enclencher au niveau mondiale la plus grande campagne de conscientisation jamais effectuer à ce jour. Et cela au niveau planétaire j’insiste sur ce point. Et ainsi au bout d’une génération nous pourrions envisager de libéraliser la biotechnologie pour le particulier. Mais toujours pareil pas pour faire n’importe quoi dans sont jardin mais plutôt en contribuant a de grand projet de type terraforming de Mars par exemple. Car la au lieu de déséquilibrer un écosystème déjà mal en point nous pourrions apprendre tous collectivement a en créer un, sagement avec le temps même si sa prend 1 ou 2 siècles a le finaliser car créer et mettre au point un biotope auto équilibrant c’est difficile et il faudra probablement de longs affinements avant d’atteindre le parfait équilibres. Mais par contre quelle aventure merveilleuse passionnante que de transformer des destructeurs de monde en créateurs de monde ne serais ce pas la plus admirable des transmutations, n’est ce pas infiniment plus noble et enrichissant que de laisser les êtres humains souffrant de frustration et d’injustice jouer au docteur Mengélé dans leur cave de banlieue ou même laisser les psychopathe en costard cravate assouvir leur perversion et leur frustration a faire les cons dans leur garage à coup  d’acide désoxiribonnucléïque ???
A chacun de voir mais pour ce qui concerne c’est déjà tout vu !

#6 Reptyl

Reptyl

    Premier secrétaire à la direction des mondes lointains

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Posté 28 septembre 2002 à 18:08

mon oncle un fameux bricoleur faisait en amateur des bombes atomiques  

sans avoir jamais rien appris c'était un vrai génie question travaux pratique  

Il travaillait toute la journée dedant son atelier avec acharnement  

quant le soir il rentrait chez lui il nous mettait en trance en nous racontant tout :

" ho mes enfant ! oui croyez moi , pour faire une bombe A c'est vraiment de la tarte ,

la question du détonateur se résout en un quart d'heure c'est de celle qu'on écarte  

le problème ce que les miennes n'ont qu'un rayon d'action de 3 mêtre 50  

y'a quequ'chose qui cloche là d'dant , j'y retourne immédiatement"

#7 gulliver

gulliver

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Posté 28 septembre 2002 à 18:21

Bon c'est pas vian qui chante :ouf:  mais ça colle..


#8 Reptyl

Reptyl

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Posté 28 septembre 2002 à 18:24

Citation

science sans conscience n’est que ruine de l’âme
cette phrase de Gargantua ne doit pas être pris dans ce sens là .

A l'époque , le mot science signifiait connaissance . Ce que veux dire Gargantua c'est que cela ne sert à rien de connaitre par coeur une chose si on ignore ce que cela signifie .

Cependant , je suis assez d'accord avec le sens actuelle aussi ...



Par contre , lorce que vous parlez d'une disparition à grande écheille des abeilles , vous allez trop vite :

Si une éspèce d'abeille sans dart est condamnée à disparaitre , ce gène ne se mutlipiras pas et seules les abeilles génétiquement modifiées disparaitrons . Cela ne présente pas de danger pour le petit peuple des abeilles . En tout cas si on se cantonne à ces données là ...

Sinon , je pence que le génie génétique est une bonne chose , mais à utiliser avec raison ! c'est un outils qu'il ne faut pas laisser aux mains de personnes qui ne savent pas prendre les précautions nécessaires .

mais au fond , les bio-hacker désintérèssé, ne sont ils pas plus responsables que les multinationnales qui veulent se faire du fric ? à voir ...

Aquaviva a raison , il ne faut pas négliger la possibilité de faire des armes terrifiantes avec cette technique ... Mais n'étais-ce pas déja le cas lorce que on a inventé la poudre ?

Que peut on faire contre ça ? nous ne sommes que des hommes au fond ... le progrès scientifique c'est un peu comme donner un pistolet à un bébé , sommes nous assez mature pour pouvoir y toucher ?

de toute façon il est déja trop tard ...