La réincarnation et les religions
Depuis le début de toutes les religions, la réincarnation a été considérée comme une alternative à la mort. Les premiers à en avoir parlé, sont les égyptiens, quoique cela ne soit pas reconnu par l'Egyptologie officielle, mais dans plusieurs passages du Livre des Morts, il en est fait mention. Plus connus sont le Bouddhisme et l'Hindouisme, qui ont perpétué l'idée de réincarnation jusqu'à nos jours. Au Tibet, quand on parle de réincarnation, on ne peut s'empêcher penser au dalaï lama dont tout le monde a retenu qu'il est l'incarnation actuelle du premier dalaï lama. En Grèce au 7ème et 6ème siècle avant Jésus Christ, l'orphisme, doctrine théologique admettaient l'immortalité de l'âme. L'âme impure était soumise à des réincarnations successives.
Dans les évangiles, le Christ a fait plusieurs fois référence à des vies antérieures : " Jésus dit alors: Je vous le dis, en vérité, parmi les enfants des hommes, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean, le Baptiste. Si vous voulez le comprendre, lui-même est Elie qui devait revenir, que celui-là entende, qui a des oreilles pour entendre " (Saint Mathieu, XI, 11-15). " En vérité, je te le dis : nul, s'il ne naît à nouveau, ne peut voir le royaume de Dieu "(Saint Jean III,3) Au sujet d'un aveugle de naissance, Jésus, qu'on interrogeait sur les raisons cette cécité, : "Ce n'est pas lui ni ses parents qui ont pêché...." (Saint Jean, IX-3) Rappelons-nous que jusqu'en l'an 553 de notre ère, la réincarnation faisait partie de la religion chrétienne, mais a été mis à l'index après le concile de Constantinople, simplement parce-que, dit-on, le concept de la réincarnation gênait l'impératrice Théodora (qui avait beaucoup à se reprocher !) et ne voulait pas accepter qu'elle puisse être d'un rang inférieur dans une vie future. Cette croyance fut donc éliminée, mais non totalement interdite, et elle ne fut jamais déclarée anathème
On peut rajouter que la réincarnation était gênant au regard de la féodalité qui se méttait doucement en place.
On peut ajouter que la réincarnation était gênat par rapport àl'éternité des peines,dogmes bien pratique pour contrôler les masses.
. Dans le Zohar : " Toutes les âmes sont soumises aux épreuves de la transmigration ". La Kabbale affirme que les renaissances permettent aux hommes de se purifier. Plus près de nous, au 13e siècle, les cathares disaient : "Nous sommes venus trop tôt ; nous reviendrons dans 700 ans".
<La Réincarnation dans la Bible
Nous ne nous proposons pas de faire une étude complète de ce sujet dans cet article, mais un simple aperçu montrera que la doctrine de la Réincarnation est incluse dans la Bible. Naturellement, ceux qui s'en tiennent uniquement à ce que l'Eglise enseigne actuellement au sujet ce l'homme, de sa nature et de sa destinée, n'accepteront pas aisément une interprétation différente de la conception théologique, mais beaucoup d'hommes, sans être restés dans l'Eglise, ont conservé un certain attachement pour les Ecritures qui servirent à leur éducation.
En premier lieu, il faut se rappeler que les auteurs des livres bibliques étaient, à quelques exceptions près, des Juifs, et que le fondateur du Christianisme, Jésus, était lui-même un Juif. En examinant ses propres paroles, on voit qu'il avait la conviction intime que sa mission s'adressait uniquement aux Juifs, et nullement aux Gentils. Il dit : « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël » . Ceci s'adressait nettement aux Juifs et excluait aussi nettement les Gentils. El, une fois, il se refusa pendant un moment à venir en aide à une femme Gentille, jusqu'à ce que son insistance l'obligeât d'agir; mais, même dans ce cas il fit allusion à sa mission envers les Juifs. Aussi, pour comprendre Jésus, devons-nous considérer quelles étaient les croyances juives à cette époque. Les Juifs croyaient alors sans aucun doute à la réincarnation. Cette doctrine était en ce temps, aussi communément acceptée par eux qu'elle l'est maintenant dans l'Hindoustan, et Jésus devait la connaître. Nous sommes amenés à le croire
Pour deux raisons : d'abord parce que les Chrétiens prétendent qu'il est le Fils de Dieu rempli de sagesse ; et ensuite, parce qu'il avait reçu une éducation qui lui avait permis de discuter avec les docteurs en théologie. La théorie de la Réincarnation était déjà très ancienne en ce temps, et les livres de l'Ancien Testament le prouvent.
Cette doctrine apparait dans les « Proverbes » où Salomon dit qu'il était auprès du Créateur depuis le commencement et que sa joie consistait à se trouver avec les fils des hommes dans les parties habitables de la terre. On explique habituellement ce passage par l'existence de Salomon dans la prescience du Créateur mais le fait que Salomon parle de sa vie sur terre avec les hommes nous fait rejeter cette explication. Il est dit qu'Elie et beaucoup d'autres hommes célèbres devaient vraiment revenir sur terre, et périodiquement le peuple les attendait. On prétendait qu'Adam s'était réincarné pour poursuivre le travail qu'il avait si mal commencé, et que Seth, Moïse et d'autres se réincarnèrent et furent les grands personnages à différentes époques. La terre des Juifs est orientale, et les Orientaux professèrent toujours la croyance à la renaissance des mortels sur terre. On n'en parlait pas souvent au sujet de l'homme ordinaire qui mourait, mais cette doctrine s'affirmait lorsqu'on parlait de grands prophètes, de voyants et de législateurs. Si nos lecteurs veulent questionner un Juif instruit qui n'est pas « réformé », ils obtiendront de nombreux renseignements sur la doctrine de ce peuple.
Plaçons-nous maintenant à l'époque où vivait Jésus et considérons ses paroles à la lumière de ce qui vient d'être dit. Et naturellement si son enseignement ne concorde pas avec l'interprétation de l'Eglise, c'est cette interprétation qui doit être rejetée à moins de mettre en doute la sagesse de l'instructeur et son aptitude à guider un grand mouvement. Or, en fait, l'Eglise a promulgué des dogmes et condamné entièrement des doctrines, sans aucune autorité, et jeté l'anathème sur certaines idées que Jésus acceptait.
Saint Paul, lui aussi, présente la théorie de la réincarnation dans ses Epîtres où il fait allusion aux cas de Jacob et d'Esaü lorsqu'il dit que le Seigneur aimait l'un et haïssait l'autre avant qu'ils ne fussent nés. II semble évident que le Seigneur ne pouvait aimer ou haïr un être non existant et que Saint Paul signifiait par là que Jacob et Esaü avaient été, dans leur vie passée, respectivement bon et méchant, de sorte que le Seigneur - ou Karma - aimait l'un et haïssait l'autre avant qu'ils ne naissent sous la forme de Jacob et d'Esaü. Et Paul parlait ici du même événement que celui narré par l'ancien prophète Malachie, d'accord avec l'idée de réincarnation qui était communément répandue. Après Paul et les disciples, vinrent les premiers Pères de l'Eglise, et beaucoup donnaient le même enseignement. Origène fut le plus grand parmi eux. Il présenta la doctrine d'une façon précise et c'est par suite de l'influence de ses idées, que le Concile de Constantinople, 500 ans après J.-C., crut bien faire en condamnant l'ensemble de l'origénisme, jugé pernicieux. Cet anathème fut lancé parce que les Pères de l'Eglise étaient des hommes ignorants, pour la plupart des Gentils, qui ne s'intéressaient pas aux anciennes doctrines, et même les détestaient. C'est ainsi que la doctrine de la réincarnation disparut des enseignements exotériques et fut perdue pour le monde occidental. Mais elle revivra, car c'est une croyance du fondateur du Christianisme lui-même, et comme elle offre une base solide et durable pour l'éthique, elle est effectivement la plus importante de toutes les doctrines théosophiques.
William BREHON.
EXTRAITS DE LA BIBLE
Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais ; et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. (Jérémie, 1, 5).
Réponse de Jésus à la femme cananéenne : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël .... I1 n'est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». (Matthieu, 15, 24, 26).
Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes : N'allez pas vers les païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. (Matthieu, 10, 5-6).
Tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu'à Jean, et, si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Elie qui devait venir. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. (Matthieu, 11, 13-15).
Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'Homme. Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste; les autres Elie; les autres, Jérémie, ou l'un des prophètes.(Matthieu, 16, 13-15).
Les disciples lui firent cette question : Pourquoi donc les scribes disent-ils qu'Elie doit venir premierement ? Il répondit : Il est vrai qu'Elie doit venir, et rétablir toutes choses. Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu. De même le Fils de l'Homme souffrira de leur part. Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean. (Matthieu, 17, 10-13).
Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. Ses disciples lui firent cette question : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle. (Jean, 9, 1-3).
Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus. (Apocalypse, 3, 12).
http://www.matiere-e...incarnation.htm
"Un pape à la mémoire courte"
Interview du cardinal Ratzinger
donnée à l'Express en mars 1997.
( from L'Express du 25/04/2005 )
propos recueillis par Michel Cool
En mars 1997, alors qu'il affirmait vouloir quitter ses fonctions romaines, Joseph Ratzinger nous avait accordé un entretien. Pour parler doctrine et... évoquer le successeur de Jean-Paul II
En France, vous êtes la bête noire des chrétiens progressistes, qui vous reprochent d'enterrer le concile. Ce débat vous paraît-il dépassé ?
Nous sommes dans la deuxième génération du concile. Pour elle, Vatican II appartient déjà à l'Histoire, même si son message reste actuel. Sa relation avec le concile est donc différente de celle de la génération qui l'a vécue. Celle-ci s'est partagée dès le début autour de deux interprétations contradictoires: l'une, réformiste, entendait renouveler l'Eglise, mais dans la fidélité à son histoire et au grand message du Christ. L'autre, révolutionnaire, condamnait le passé et appelait l'Eglise à s'engager dans la création d'un monde nouveau de fraternité et de paix. Ces promesses de monde nouveau ont évidemment fasciné les jeunes de 1968. L'échec historique de ces idéologies révolutionnaires nous a montré comment ces promesses pouvaient finir: dans l'esclavage! La jeune génération actuelle l'a très bien compris. C'est pourquoi il y a maintenant une plus grande disponibilité pour reconnaître dans la voie réformatrice du concile une chance pour l'humanité et pour l'Eglise.
«Demain, on aura grand besoin d'un pape qui nous rappelle les fondements spirituels de notre vie»
N'avez-vous pas été plus sévère avec les théologiens de la libération qu'avec les partisans de Mgr Lefebvre ?
A la différence du «lefebvrisme», qui est foncièrement anachronique, la théologie de la libération s'inscrivait dans un mouvement de l'histoire de notre temps. Notre vigilance s'est accrue du fait, aussi, qu'elle suscitait beaucoup d'espérance et d'idéalisme dans la jeunesse. Certes, les chrétiens doivent réaliser leur foi dans la vie politique et sociale, surtout dans des contextes de pauvreté et d'injustice. Mais la politisation de la théologie et la théologisation de la politique sont des dérives dangereuses et inacceptables. J'ai d'ailleurs toujours été surpris que les défenseurs de la laïcité ne protestent pas davantage contre les prétentions de la théologie de la libération à dominer la vie politique!
La collusion entre les catholiques traditionalistes et le Front national ne vous inquiète-t-elle pas ?
Comme dans la théologie de la libération, c'est une identification inacceptable de la foi chrétienne à un régime politique. Ces deux courants s'opposent radicalement, mais commettent la même erreur: identifier la foi, pour l'une, à une idéologie révolutionnaire, et, pour l'autre, à un régime totalitaire, intégriste. Dans le courant lefebvriste, il faut cependant distinguer un noyau dur, qui est fondamentalement hostile au concile, et des fidèles qui ont la nostalgie d'une liturgie plus contemplative.
Les Français plébiscitent régulièrement l'abbé Pierre, sœur Emmanuelle et Mgr Gaillot. Cela ne vous gêne-t-il pas que les mêmes critiquent le Vatican sur les questions de mœurs ?
Je pense qu'on admire avec raison leur engagement en faveur des pauvres et des marginaux. Leur liberté de parole fascine aussi certainement. Surtout quand elle émane d'un évêque qui s'oppose à l'autorité! Aussi convient-il de nuancer la popularité de ces personnalités. Elles ne reflètent pas la réalité entière du catholicisme français: par exemple, la grande attraction qu'exercent les monastères, les pèlerinages, la vie religieuse... Et puis, le pape a été vraiment plébiscité lors de sa visite, l'an dernier [1996], en France.
Mgr Gaillot souhaite que l'Eglise reconnaisse son charisme d'évêque des exclus. Qu'en pensez-vous ?
Son intention d'être témoin de l'Evangile auprès des marginaux est positive. Mais un pasteur de l'Eglise doit surtout avoir l'humilité d'être présent pour ses brebis dans son diocèse. Notamment près de celles qui souffrent et ont besoin de l'aide personnelle de l'évêque. Il a lui-même reconnu ne pas avoir ce charisme, ce qui a justifié la décision du Saint-Siège. Il dit en avoir un autre. Mais il doit encore mieux le définir.
Craignez-vous que les catholiques ne perdent leur âme en dialoguant avec d'autres religions, comme le bouddhisme ?
Le dialogue entre les religions est nécessaire dans un monde qui tend à s'unifier. Mais le danger est que s'instaure un dialogue superficiel. Car le relativisme qui s'est emparé aujourd'hui des esprits développe une sorte d'anarchisme moral et intellectuel qui conduit les hommes à ne plus accepter de vérité unique. Affirmer sa vérité passe désormais pour une marque d'intolérance. Or un vrai dialogue n'est pas un mouvement dans le vide. Il a un but: la recherche commune de la vérité. Un chrétien ne peut pas renoncer à sa connaissance de la vérité, révélée pour lui en Jésus-Christ, fils unique de Dieu.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Si le bouddhisme séduit, c'est parce qu'il apparaît comme une possibilité de toucher à l'infini, à la félicité sans avoir d'obligations religieuses concrètes. Un autoérotisme spirituel, en quelque sorte. Quelqu'un avait justement prédit, dans les années 1950, que le défi de l'Eglise au XXe siècle serait non pas le marxisme, mais le bouddhisme.
Que dites-vous à un catholique tenté de croire à la réincarnation ?
Celle-ci a un sens dans la religion hindoue, celui d'un chemin de purification. Hors de ce contexte, la réincarnation est moralement cruelle, car ces éternels retours à la vie terrestre ressemblent à un cycle infernal.
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
La laïcité à la française est-elle un modèle exportable des rapports entre l'Etat et les confessions religieuses, y compris l'islam ?
Elle s'est déjà exportée en Europe et en Amérique Latine. Mais la laïcité n'est ni parfaite ni immuable. Les sociétés laïques occidentales respectent actuellement le dimanche, les fêtes et le calendrier chrétiens, et le mariage monogamique. Mais rien ne dit qu'un jour ces éléments fondamentaux de notre vie sociale ne seront pas remis en question. Par ailleurs, l'islam ne peut pas renoncer à sa volonté intrinsèque d'être un élément décisif de l'ordre public. S'il s'insère pour l'instant dans la société laïque, peut-on dire que cette situation soit définitive? Enfin, je pense qu'un Etat absolument neutre ne peut pas sérieusement garantir la liberté et la tolérance dans une société s'il n'incarne pas lui-même des valeurs hautement morales et humaines. Pour tous ces motifs, la laïcité n'est pas un acquis définitif.
Comprenez-vous que le président Chirac ait été critiqué pour avoir communié devant des caméras de télévision ?
Un homme politique ne doit pas imposer sa foi à ses concitoyens dans une société démocratique pluraliste. Mais il ne doit pas non plus devenir schizophrène. La discrétion doit enseigner aux hommes politiques un art de parler qui leur permette à la fois de respecter les structures démocratiques et pluralistes et de révéler ce qui les guide personnellement dans leur vie.
Quel profil attendez-vous du successeur de Jean-Paul II ?
Personne n'attendait Jean XXIII après Pie XII. Encore moins le pape actuel après Jean-Paul Ier. Je ne me hasarderai donc pas à faire des pronostics. En revanche, la papauté continuera d'exercer trois missions essentielles. D'abord, veiller à l'unité des catholiques dans l'Eglise et dans le monde. Ensuite, promouvoir le dialogue entre le christianisme et les autres religions : le pape sera toujours l'artisan de l'œcuménisme, car il dispose d'une autorité mondiale que n'a aucun autre responsable ou organisme religieux. Enfin, être la voix de l'éthique et de la religion dans un monde dominé par la science et par la technique. Demain, dans un environnement anonyme et bureaucratique, on aura grand besoin d'une instance à visage humain, d'un pape qui nous rappelle les fondements spirituels de notre vie.
Ce message a été modifié par Jeff - 12 mai 2005 à 18:54.










