Tout d'abord le récit en partie auto-biographique de Franz Bardon (1909-1958)
Frabato Le Magicien
http://lemeunier.gil..... Magicien.pdf
Le récit allégorique de Louis Claude de St Martin (1743 - 1803), Le crocodile
http://apollonius.free.fr/N0085285.PDF
Par exemple :
In A. Moryason La lumière sur le Royaume
affidés agissent, nous souhaitons livrer à votre méditation
quelques lignes extraites de l'oeuvre de Louis-Claude de Saint-
Martin, le Philosophe Inconnu, intitulée : « Le Crocodile, ou la
guerre du Bien et du Mal ». Cet épisode est la description
« symbolique » d'un cercle de magiciens noirs, saisi et crayonné
sur le vif de leurs opérations scélérates. Elle montre comment
la pile génératrice d'influences négatives est amorcée et la
chaîne électromagnétique bouclée afin que... le Crime puisse
techniquement fonctionner...
Nous entrons dans le récit au moment où le héros, Ourdeck
(Aoûr d'Aesch, la Lumière du Feu), pénètre dans un temple ou
prêche un redoutable Hiérophante, grand maître d'un cercle
de magiciens pervers, et nous conte ce dont il est témoin :
« J'entre, je trouve un grand concours de peuple assemblé et paraissant
écouter un homme qui était assis dans une chaire et leur
parlait. Je pus, à mon aise, lire toutes les paroles de son discours,
parce que, comme il parlait seul, elles s'étaient conservées d'une
manière très distincte ; et je puis dire que ce discours renfermait tout
ce que la plus Sage Philosophie du Portique et du Pyrée a jamais
enseigné de plus pur et de plus imposant, quant à la sévérité des
Principes et à la sainteté de la Doctrine. »
« Mais chose étonnante ! indépendamment de ces paroles visibles,
et qui étaient sorties de la bouche de l'orateur, j'en apercevais, dans
son intérieur, qui étaient un peu moins marquées, mais qui l'étaient
assez pour que je pusse les lire et les discerner ; c'était comme des
germes de paroles, dont les uns étaient presque entièrement développés,
d'autres à moitié, d'autres au tiers. Ce qui me confondit et me
remplit d'indignation, ce fut de voir que ces paroles, que j'apercevais
dans l'intérieur du corps de l'orateur, avaient un sens absolument
opposé à celles qui étaient sorties de sa bouche ; autant celles-ci
étaient sensées, sages et édifiantes, autant les autres étaient impies,
extravagantes et blasphématoires, de façon que je ne pus douter alors
que cet orateur en avait imposé audacieusement à son auditoire, et
qu'il ne croyait pas un mot de ce qu'il lui avait débité... »
« Comme cet orateur traitait de matières saintes et divines, et qu'il
les traitait publiquement, il fallait qu'il fit tous ses efforts, non
seulement pour ne pas scandaliser son monde, mais encore pour
l'édifier ; d'un autre côté, ces efforts eux-mêmes contrariant ses senti
ments intérieurs, il redoublait aussi d'efforts en dedans, pour faire le
contre-poids de ce qu'il était obligé de débiter tout haut ; et ce sont ces
efforts secrets, qui, donnant à ses pensées sacrilèges un plus grand
--. degré de fermentation, donnaient en même temps aux paroles internes
qui en naissaient, une forme plus déterminée et un caractère
plus marqué... »
« ... A force de l'examiner avec attention, je remarquai encore qu'il
sortait de son coeur comme un courant de ces mêmes paroles impies et
sacrilèges. Ce courant était d'une couleur sombre et bronzée : il était
IpK double, c'est-à-dire qu'il y en avait un rentrant et l'autre sortant ; et
le
•..::, coeur de l'orateur était à la fois comme le foyer et le terme de ce double
courant : ces effluves se succédaient avec rapidité, et s'étendaient
dans le Temple et même au-delà, car ils passaient outre par la grande
porte d'entrée ; mais comme je les voyais aussi rentrer par cette même
porte, je présumai qu'il devait y avoir un second foyer à l'autre
extrémité de ce courant, et je résolus de le chercher à l'instant, en
suivant les traces très sensibles de cet extraordinaire phénomène. »
« Je parcourus donc, non sans souffrir, cette longue chaîne de
paroles impies sortant du coeur de l'orateur ;je détournai mes yeux de
tout autre objet, tant j'avais envie de satisfaire ma curiosité... En
sortant de la grande porte du temple, je vis ce courant infect tourner
à gauche dans une grande rue, au bout de laquelle se trouvait une
place elliptique assez vaste ; il la traversait par le milieu, et de là
entrait dans une petite rue sombre, malpropre, mal alignée et d'une
longueur à m'ennuyer ; au bout de cette rue, il en enfilait une autre,
qui me parut encore plus désagréable, plus sale et plus tortueuse.
Mais ces dégoûts furent tempérés, en partie, par la joie et l'espoir de
trouver ce que je désirais avec tant d'ardeur ; car enfin, en regardant
l'inscription de cette vilaine rue, je vis qu'elle s'appelait « la rue des
Singes » ; et je n'eus pas atteint la vingtième maison de cette rue, que
ce double courant de paroles qui m'y avait conduit, entra dans une
porte au-dessus de laquelle je vis écrit : « l'Hiérophante. »
« Jugez de ma satisfaction. Je ne doutai point que cet Hiérophante
ne fût ce même personnage... que je venais de voir prêchant dans le
Temple. J'entre précipitamment par cette porte ; je traverse, toujours
à la lumière sombre du double courant, une petite allée obscure, au
fond de laquelle se trouvait un escalier, dont une partie montait à des
appartements supérieurs ; mais dont l'autre, recouverte seulement
par une trappe, descendait dans une cave ; le courant se dirigeait sur
cette trappe, je la lève et je la suis jusque dans la cave, où j'arrive
après avoir descendu cinquante marches. »
« Là, je trouve un grand emplacement de forme pentagonale. Quatorze
personnes étaient rangées tout autour sur des sièges de fer,
ayant chacune au-dessus de leur tête un nom écrit, qui indiquait leur
fonction et leur emploi dans cette assemblée ; au fond de cette cave, et
sur une estrade élevée de deux gradins, était un autre siège de fer plus
ample que les autres et mieux travaillé, mais vide ; et au-dessus de ce
siège était écrit en grandes lettres : « l'Hiérophante ». J'eus alors une
pleine conviction que j'avais trouvé ce qui était l'objet de mes recherches.
»
« Indépendamment de ce courant de paroles qui m'avait conduit
jusqu'à cette cave et qui avait précisément le fauteuil de l'Hiérophante
pour second centre, il y avait de semblables courants qui allaient
depuis ce fauteuil de l'Hiérophante jusqu'à la bouche de chacun des
quatorze assistants, et qui retournaient de leurs bouches à ce fauteuil
; de façon que je jugeai que cet Hiérophante était comme l'âme de
leur paroles, et qu'ils n'en étaient que les organes et les instruments. »
« Au milieu de la place était une grande table de fer, ayant la
forme pentagonale comme la cave, et sur cette table, une espèce de
lanterne de papier, transparente, également pentagonale, et dont les
côtés répondaient aux côtés de la table et à ceux de la cave ; au centre
de cette lanterne, il y avait une pierre brune, mais luisante, et qui
laissait voir à chaque assistant, des mots et des phrases toutes entières,
écrites sur les faces du papier qui lui étaient correspondantes ;
et ces phrases répondaient aux paroles que j'avais lues dans l'intérieur
de l'Hiérophante. »
« Devant son fauteuil, il y avait une autre table oblongue, aussi de
fer, et sur cette table, deux singes de fer qui avaient chacun à chaque
patte et au col, une chaîne de fer rivée sur cette table ; ce qui, faisait
dix chaînes. Devant ces deux singes de fer, il y avait un gros livre dont
les feuillets étaient aussi en fer, et que je pouvais remuer et lire à mon
gré. »
J'y lus clairement les traités des différents émissaires des docteurs
occultes, avec plusieurs conquérants de la terre, et les horribles
conditions sous lesquelles ils leur livraient les nations de ce
monde... »
J'y lus que ces entreprises avaient pour but de faire
anéantir l'ordre de toutes choses, et d'établir à sa place un
ordre fictif qui ne fût qu'une fausse figure de la vérité.295 On
devait renverser tous les calculs, connus depuis sous le nom de
calculs de Pythagore, et tellement les confondre, que l'esprit le plus
simple et le mieux conservé ne pût jamais en retrouver les traces. »
« On devait ramener par celte même loi tous les règnes de la
nature et de l'esprit, à un seul règne ; toutes les substances, soit
élémentaires, soit spirituelles, à une seule substance ; toutes les actions
visibles ou occultes des êtres à une seule action ; toutes les
qualités, bonnes ou mauvaises, vivantes ou mortes, à une seule qualité
; et ce seul règne, cette seule substance, cette seule action, cette seule
propriété, devait résider dans ce chef de l'assemblée, ou dans ce
Hiérophante, qui allait bientôt lancer hautement dans le monde cette
doctrine, et exiger pour récompense, dès son vivant, les honneurs de
l'apothéose et sa divinisation, à l'exclusion de tout autre Dieu... »
« Ourdeck, notre héros, frémit d'horreur et d'indignation à la
lecture de ce grimoire annonçant les malheurs et la ruine devant
fondre sur l'Europe et le Monde ; mais il découvrit qu'un Mage de
Lumière doit lutter contre ce Hiérophante des Ténèbres, afin
de déjouer ses horribles trames et ruiner ses exécrables projets.
Le coeur d'Ourdeck (La Lumière du Feu) s'embrasa du violent
désir de connaître le Nom de celui par qui seraient sauvés les
hommes. Il poursuivit son récit... »
« Ce désir s'empara tellement de moi, qu'il fut comme un feu
brûlant dans mon sein ; mais bientôt ce feu ne pouvant plus ce
contenir en moi, il en sortit une Lumière d'une blancheur ravissante,
au milieu de laquelle je uis clairement le nom d'Éléazard, et cela par
trois fois consécutives... »
« Sachez donc qu'à l'instant où ce nom d'Éléazard fut ainsi manifesté
dans cette enceinte souterraine, les quatorze hommes qui étaient
assis sur des sièges de fer reprirent la vie, en faisant des grimaces et
des contorsions épouvantables ; sachez que les courants particuliers
qui les liaient au fauteuil de l'Hiérophante se détachèrent de ce
fauteuil, et rentrèrent dans ces quatorze hommes, ce qui sembla
rendre leur état plus violent ; sachez que les deux singes de fer, qui
étaient enchaînés sur la petite table, furent détachés à l'instant ;
qu'ils devinrent vivants et engendrèrent aussitôt chacun six autres
singes vivants comme eux ; que ces quatorze singes se jetèrent comme
des éperviers, chacun sur un des quatorze hommes, et les dévorèrent
tous. »
« Sachez que l'Hiérophante même, par une violente attraction, fut
amené en un clin d'oeil depuis le Temple jusqu'à son fauteuil, où il me
parut à lui seul plus tourmenté que les quatorze autres ; sachez aussi
que les quatorze singes se précipitèrent aussitôt sur lui, et le dévorèrent,
après lui avoir arraché les yeux ; sachez que les quatorze singes,
après avoir mangé tout le monde, finirent par se manger les uns les
autres, sans qu'il en restât vestige devant mes yeux... »
« Sachez enfin, qu'il se fit un tremblement de /erre .s/ violent, que
tout sembla prêt à s'écrouler sur moi. Mais ou milieu de ces scènes si.
effrayantes, une main invisible s'est emparé de moi... ; et elle m'a
transporté, je ne sais par où ni par quels moyens, jusqu'à cet égout de
la rue Montmartre, où vous savez que j'ai pris terre. »
Ici ce termine ce récit, écrit en 1798 !... (Toute cette horreur
n'est pas nouvelle !) Lisez-le avec attention. Vous débusquerez,
avec l'acuité de votre esprit et la lumière de votre intuition,
décrite sous une forme imagée, l'organisation secrète et
destructrice de notre planète.
Ce message a été modifié par bobokado - 25 mai 2005 à 18:14.










