La prélature de l'Opus Dei
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Si l'intégrisme musulman a fait la « Une » des journaux, les activités de la droite chrétienne s'effectuent souvent dans l'ombre, comme en témoigne la troublante ascension de l'Opus Dei, appelé également «l'Oeuvre»
Opus Dei ! Ce nom suscite des controverses acharnées. Société secrète, Pieuvre cléricale, Garde blanche du pape, Sainte mafia.. J'ai voulu en savoir plus.
Internet est un bel outil. L'Opus Dei y a un site de propagande fort d'une cinquantaine de pages. Le «réseau Voltaire » association de journalistes pour la liberté d'expression, a édité de nombreux articles sur
les personnalités gravitant autour de l'Opus Dei. Des notes ont également été tirées des archives du monde diplomatique, et quelques autres organes de presse.
Voilà pour les sources qui sont toutes consultables sur différents sites Internet.
Tout d'abord, il est bon de faire un petit résumé historique.
L'Opus Dei est une société religieuse fondée en 1928 par un prêtre espagnol : José Maria Escriva de Balaguer (née en 1902 et ordonné prêtre en 1925). A la suite d'inspirations divines, à un moment où déferle en Espagne un anticléricalisme des plus violents, il déclare que les catholiques doivent exercer leur foi dans la foule, sans être visibles.
Il recrute ses membres parmi l'élite, les étudiants, les universitaires et les professions libérales.
En 1933, le premier centre ouvre à Madrid « l'académie DYA » où l'on y dispense des cours de droit et d'architecture. Dya deviendra par la suite une résidence universitaire.
Les membres y proposent une formation chrétienne et diffusent la catéchèse de l'Opus Dei qui se résume à : Sanctifie le travail de tous les jours. Une partie importante de cette tâche consiste à assurer la catéchèse
et l'assistance aux pauvres et aux malades des quartiers de la banlieue de Madrid.
En 1935, Escriva de Balaguer fait éditer un petit livre appelé Camino » (le chemin), comprenant 999 courtes maximes, conseils et préceptes, publié en 11 langues. C'est le fondement de l'Opus Dei, une référence incontournable pour les adeptes. Ce recueil est gorgé de toute la mythologie fasciste, aliéné par l'idolâtrie, avec une soumission totale de la hiérarchie, dur, dépourvu de sentiment, militariste intolérant, convaincu que lui seul et les siens sont les bons.
A cette époque, il choisi son camp : celui de franquistes.
Escriva de Balaguer vit la guerre civile en Espagne comme une lutte entre catholiques et communistes en qui il voyait l'incarnation du mal. Il se réfugie près d'Andorre où l'église n'est pas persécutée.
En 1939, la croisade franquiste a vaincu le communisme et l'église est dans le camp du vainqueur. Il rentre à Madrid. Il a deux objectifs : siéger à Rome et contrôler les universités.
Le terrain est propice. Il n'y a plus de bastion universitaire en Espagne. Beaucoup étaient sympathisants du côté républicain. Il y a eu épuration et répression. A la conquête des chaires universitaires l'Opus Dei, en manipulant certains responsables, obtiendront près de 40% des postes.
1943 voit la fondation de « la société sacerdotale de la sainte croix », qui permettra l'ordination des prêtres de l'Opus Dei.
Tout comme Pie XII, Escriva minimise ensuite l'horreur du nazisme et même la gravité de l'holocauste y voyant un rempart providentiel contre le communisme. Le monde diplomatique cite une de ses paroles : « Le christianisme a été sauvé du communisme par la prise de pouvoir du général Franco avec l'appui du chancelier Hitler, ce dernier, étant contre les slaves, était contre le communisme ».
Est-ce un hasard si l'on retrouvera Paul Touvier, milicien du régime pétainiste, dans un cloître proche de Nice, propriété de l'Opus Dei.
D'abord défini par le Vatican comme « Pieuse union » réunissant des laïcs (85 % de ses membres ne sont pas du clergé), l'Opus Dei s'installe à Rome en 1946 et devient en 1947 le premier institut séculier de l'Eglise, dont les membres pratiquent les conseils évangéliques, en vue d'atteindre la perfection chrétienne. Pie XII promulgue alors un décret de louanges de l'Opus Dei.
En 1950, Le saint siège accorde son approbation définitive à l'Opus Dei, d'admettre dans l'Oeuvre des personnes mariées. En 1953, un collège romain pour la formation des femmes du monde entier est créé.
Pour sortir de la crise économique, Franco s'entoure de ministres faisant partie de l'Opus Dei. De 1957 à 1974, le fondateur effectue de nombreux voyages de propagande et de catéchèse à l'étranger, notamment en Amérique du Sud.
A cette époque, l'Opus Dei joue un rôle important au sein du gouvernement espagnol. Avec les juntes militaires, l'Opus Dei s'identifie au parti unique. Le règne des technocrates va durer 15 ans.
En 1969, Franco proclame Juan Carlos héritier de la couronne, celui-ci a été élevé par un précepteur de l'Opus Dei. Quelques mois plus tard, sur 19 ministres du gouvernement, 12 sont membres de l'Opus Dei.
Une série de scandales financiers secoue l'Opus Dei que ses détracteurs appellent « sainte mafia » ou encore «franc maçonnerie blanche ».
A cette époque, les financiers de l'Oeuvre mettaient en place le réseau, qui allait permettre à tous de jongler avec des millions de dollars. Plusieurs fondations sont créées en Allemagne et en Amérique Latine, avec l'appui de banques espagnoles.
Très vite va graviter une nébuleuse de sociétés, de banques et de fondations, dirigées anonymement par des membres de l'Opus Dei.
En 1973, après le coup d'état de Augusto Pinochet au Chili, Escriva de Balaguer se rend à Santiago, célébrer une action de grâce pour son fils spirituel, également l'un des plus hauts dignitaires de l'ordre souverain de Malte. Là encore, il choisit son camp.
Lorsque le fondateur de l'Opus Dei décède en 1975, plus de 60 000 personnes de 85 nationalités font partie de l'oeuvre.
En 1982, Jean-Paul II fait accéder cette association au rang de prélature personnelle ». De ce fait, elle ne reçoit plus les ordres de l'évêché du lieu d'implantation de la structure, mais directement du pape, par l'intermédiaire de son Prélat que le Saint Siège ordonne évêque.
En 1992, soit 17 ans après sa mort, à l'issue d'un procès expéditif où seuls les témoignages positifs ont été retenus, José Maria Escriva de Balaguer sera béatifié par Jean-Paul II.
Déjà évêque de Cracovie, ce dernier venait à Rome invité par l'Opus et était hébergé dans une des belles demeures cossues de l'Oeuvre.
Il était le candidat idéal de l'Opus Dei à la Papauté. Il fallait un pape jeune et en bonne santé, et surtout qu'il plaise aux représentants des pays du tiers monde car le tiers monde est l'un des enjeux majeurs pour l'Eglise à cette époque.
Tout l'entourage de Jean-Paul II est d'ailleurs, depuis son élection, membre de l'Opus Dei.
A ce moment là, personne ne savait qu'il était membre de l'ouvre. Ceci a été su, lorsqu'il a fait imprimer un recueil de ses prédications dans les centres de l'Opus Dei. Jusqu'alors, tout le monde ignorait son cursus.
L'Opus s'est toujours montré généreux envers les polonais, en participant par exemple au financement de Solidarnosc et plus tard en aidant Lech Walesa, membre de l'Opus Dei, à être candidat à l'union européenne.
Mais venons en à la description et l'organisation de la prélature de l'Opus Dei.
Opus Dei veut dire : Ouvre de Dieu. Son nom complet officiel est : Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei ».
Son activité se borne au conseil spirituel de ses adhérents et sa mission est de promouvoir, parmi les fidèles chrétiens de toute condition, une vie pleinement cohérente avec la foi et contribuer à l'évangélisation de la société.
Pour les fidèles, sanctifier le travail veut dire : travailler avec la plus grande perfection possible et réaliser ce travail dans le respect des lois et y rechercher l'union avec Dieu.
Les fidèles de la prélature réalisent leur tâche d'évangélisation dans tous les milieux de la société, puisqu'ils travaillent dans tous les domaines professionnels et doivent contribuer à apporter une solution chrétienne aux problèmes de la société, en y rendant témoignage de leur foi.
L'esprit de l'Opus Dei invite à cultiver la prière et la pénitence, qui permettent de soutenir l'effort pour sanctifier les occupations ordinaires.
C'est pourquoi les fidèles doivent intégrer dans leur vie des pratiques régulières : méditation, assistance quotidienne à la messe, confession fréquente, récitation du chapelet, retraites spirituelles, etc...
Bien que l'Opus Dei veuille se présenter comme une association laïque au service de la foi chrétienne, il ne faut pas oublier que l'association a été fondée par un prêtre, qu'elle est encadrée et dirigée par des prêtres, et ce à proximité de la hiérarchie catholique qui lui apporte aide et sympathie.
D'où le nom de prélature, entité analogue aux diocèses puisque dirigée par un prélat, qui peut être évêque, et composée de prêtres séculiers et de fidèles laïcs. Le 28 novembre 1982, l'Opus Dei fut érigé par Jean-Paul II en prélature personnelle de dimension internationale par commission apostolique.
De ce fait l'Opus Dei possède des objectifs clairs, et la capacité d'intervenir sur la scène internationale pour influencer, directement ou indirectement, sur les Etats des Pays considérés sociologiquement, à majorité catholique...
L'Opus Dei se situe dans la ligne des holdings et des conglomérats financiers, qui interviennent dans les circuits économiques, échappant de plus en plus aux Etats.
La structure de l'Opus Dei est complexe.
Ses membres partagent une même vocation, mais sous des formes diverses. Il y a deux filières : l'une masculine, l'autre féminine.On les dits selon leur engagement et leur disponibilité :
« Numéraires », c'est l'élite, qui incarne l'unité de la foi et de la science, le noyau dur, possédant au moins un doctorat, totalement disponibles pour s'occuper des tâches apostoliques et de la formation, ils vivent dans les centres de la prélature.
« agrégés ou associés », qui ont certaines obligations, mais moins rigoureuses, hommes ou femmes célibataires qui sont disponibles pour certaines activités apostoliques.
Ceux qui appartiennent à ces deux catégories doivent faire voeux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ils sont dans l'obligation de verser la quasi totalité de leur gain à l'oeuvre.
« surnuméraires », environ 70% des membres, pour la plupart mariés, qui doivent respecter les obligations de pauvreté et d'obéissance.
« coopérateurs », s'ils soutiennent l'oeuvre par le travail et l'aumône, sans lui appartenir. Ils peuvent participer aux moyens de formation de la prélature.
Mais surtout lui est organiquement unie « la société sacerdotale de la sainte croix », association de plus de 2 000 diacres et prêtres, du clergé diocésain du monde entier, choisis parmi les « numéraires » et « associés» masculins, qui ont été sollicités pour la prêtrise. En fait, il y 2 catégories de prêtres. Ceux qui sont admis après avoir été ordonnés restent sous la dépendance de leur évêque et ne pratiquent que la spiritualité de l'Opus.
Les fidèles suivent des cours hebdomadaires, sur des sujets doctrinaux ainsi que des retraites. La formation est donnée dans les sièges des centres de la prélature. La méfiance entre les membres est entretenue, par tout un faisceau de prescriptions méticuleuses, règles domestiques, contrôle mutuel, interdictions.
Outre la formation et le soutien de ses membres, l'Opus Dei assume des engagements, qui s'exercent principalement dans l'enseignement universitaire, la recherche scientifique, l'architecture, le droit et l'action éducative, telle l'université de Navarre à Pampelune, qui jouit d'une réputation internationale. Elle comprend actuellement 20 universités et une clinique universitaire.
Pour faire partie de l'Opus Dei, il faut le solliciter et que les autorités de la prélature acceptent la demande.
Au bout de 6 mois, on peut accorder l'admission au demandeur, un an plus tard, l'intéressé peut s'incorporer à la prélature, pour une période renouvelable tous les ans.
Cinq ans après, il peut s'incorporer de façon définitive, en s'engageant à respecter les normes qui régissent la prélature.
Les engagements sont les suivants :
De la part de la prélature : dispenser à l'intéressé une formation à la foi catholique et à l'esprit de l'Opus ; et lui apporter toute l'attention pastorale nécessaire par les prêtres de la prélature.
De la part de l'intéressé : se placer sous la juridiction du prélat, respecter les normes qui la régissent, et accomplir les obligations propres aux fidèles, en fait, s'engager à rechercher la sainteté et faire de l'apostolat selon l'esprit de l'Opus...
Mais les activités de l'Opus Dei ont été observées méticuleusement et ont y trouve des pratiques sectaires.
La doctrine est empreinte des mêmes thèmes : croire et affirmer que Dieu les a choisies, pour interpréter son plan et servir la vérité.L'organisation avance masquée. Les membres attirent l'attention des familles, qui cherchent des structures éducatives pour leurs enfants, ou des groupes à vocation culturelle.
Utilisation de l'isolement en internat, contrôle du processus rationnel de pensée, élimination de toute information ou influence extérieure, qui pourrait briser la fascination et le processus d'assimilation des sentiments et des modèles de comportement.Toute lecture doit être autorisée par les supérieurs et il existe un index des livres prohibés. Les amitiés extérieures à l'ordre sont exclues.
Méthodes d'altération de la conscience par bombardement intellectuel, conduisant à des perturbations de la connaissance, utilisation de clichés inhibant la réflexion.
Maintien des recrues dans un état d'occupation continue, exhortation et formations continuelles, dans le but d'arriver dans un état d'exaltation spirituelle, de soumission automatique aux directives.De plus les membres incitent les jeunes au mensonge, en leur disant de ne rien dire aux parents.
On y relève également l'obligation de se confesser auprès d'un prêtre membre de l'Opus Dei. Ces derniers utilisent les informations recueillies pour orienter la stratégie de formation interne.
Les personnes choisies sont ciblées parmi l'élite intellectuelle du pays. Les membres recruteurs, particulièrement sympathiques et chaleureux ont une méthode d'approche fondée sur la séduction et consistant à valoriser les jeunes, en se montrant attentif à leurs activités extra scolaires.
Plus tard, ces personnes exerceront de grosses responsabilités civiles, alors qu'elles seront soumises par un vou d'obéissance, à un pouvoir ecclésiastique.
Mais l'activité de l'Opus Dei ne se contente pas de cette formation, l'oeuvre intervient également sur des phénomènes de société.
Un des derniers grands exemples est l'affaire des commandos anti-IVG, dont le meneur est Jérôme Lejeune, un médecin antisémite, antimaçonnique, docteur honoris causa de l'université Opusienne de Navarre. Je reviendrai sur lui.
L'épiscopat français n'a jamais soutenu les commandos anti-IVG, n'a jamais soutenu que des personnes allaient détruire du matériel dans les hôpitaux publics.
Néanmoins, huit évêques français sont venus témoigner, à des procès intentés contre ces commandos et apporter leur soutien personnel aux accusés, tout comme d'ailleurs le cardinal Lustiger.
Les principaux financements de l'Opus Dei, sont des spectacles dont ils tirent des royalties. En premier lieu, ce sont les jeux olympiques.Initialement, les jeux olympiques furent conçus pour rapprocher les écoles religieuses des écoles laïques, par des épreuves sportives entre grandes écoles internationales.
Il s'agissait sous l'impulsion du baron Pierre de Coubertin, de substituer la notion d'appartenance nationale, à celle de classe.
Depuis, et malgré son évolution, le comité des JO reste aux mains de l'extrême droite catholique.
Au nom du comité international olympique, M. Juan Antonio de Samaranch, membre de l'Opus Dei, négocie tout seul les droits de retransmission télévisés des JO et devant le comité, il annonce seulement le montant global de l'enveloppe récoltée, sans dire quels sont les partenaires et le montant des contrats.
Il est à noter que M. Samaranch exerce depuis des décennies à titre bénévole la présidence des JO, qu'il s'agit de sa seule activité, et qu'à titre bénévole, il est devenu milliardaire.
Le deuxième grand spectacle sur lequel il est fait de l'argent, ce sont les déplacements du Pape, surtout avec Jean Paul II. C'est un spectacle itinérant extraordinaire.
Tous les droits dérivés des voyages et sorties publiques (télévision, ventes de souvenirs) sont reversés à une société privée « la société du Belvédère » qui appartient à l'Opus Dei. C'est comme si en France, les
droits dérivés des voyages du Président de la République étaient reversés au RPR.
La direction internationale de Volkswagen, est connue pour son soutien financier au Lindenthal institut, créé par l'Opus Dei à Cologne.La firme « l' Oréal » n'est pas loin non plus et bon nombre de ses dirigeants seraient proches de l'Opus Dei.
Qu'en est-il aujourd'hui de cette organisation ?
Si auparavant, la stratégie mondialiste était tournée contre le communisme, la nouvelle lutte semblerait être le puissant jeu contre l'islamisme.
Le pape est malade, il ne gouverne plus. Il n'est que le jouet de son entourage. Son médecin personnel : Joachim Navarro-Vals est devenu tout puissant. Il est le porte parole à la fois du Saint-Siège et de l'Opus Dei.
Tous ceux qui peuvent prétendre à la charge suprême connaissent l'Opus Dei, sont connus d'elle et doivent compter avec cette organisation.
En Espagne, le beau-père de M. Aznar est l'un des grands patrons de l'Opus Dei. L'armée est commandée par plusieurs « numéraires ». On en retrouve également parmi les hommes de confiance du roi, notamment le chapelain, qui est l'un des fondateurs de l'Opus. Les grands portefeuilles sont tenus par des opusiens ou proches de l'oeuvre.
C'est en Espagne que les membres de l'Opus Dei sont les plus virulents avec la franc maçonnerie. En 1972, l'amiral Carrero Blanco n'a cessé durant sa vie politique de rendre la franc maçonnerie responsable desb maux de l'humanité.
Il disait que c'était une ennemie tenace. A sa mort, on pouvait lire dans un journal de Madrid : pour Carrero Blanco, la maçonnerie était l'ennemie fondamentale de l'Espagne. Si c'est elle qui a tiré les fils de l'assassinat, nous saurons difficilement quels en sont les auteurs. L'article était signé Julio Martinez, ex ministre de l'éducation et super numéraire à l'Opus Dei.
C'est grâce aux largesses de l'Opus qu'en 1992 ont été financés l'exposition universelle de Séville et à Madrid les 500 ans de la découverte du nouveau monde.
En Italie, dans les années 1992/1993, le président Scalfaro refusait d'habiter son palais, vivant dans l'une des résidences de l'Oeuvre. Le directeur d'une maison d'édition contrôlée par Silvio Berlusconi est proche de l'Opus Dei.
A Milan, en 1994, lors de la sortie d'un livre sur l'Opus Dei, un show télévisé en direct, réunit le gratin de la société italienne la plus conservatrice.
A l'issue, des extraits du livre furent lus et on recueilli les impressions en duplex de M Itzhak Rabin, du Président du Sénégal Abdou Diouf, ainsi que de Edouard Balladur.
En Allemagne, plusieurs leaders de la CSU sont membres de l'Opus Dei.
La nouvelle stratégie de l'Opus Dei, est d'infiltrer les organisations internationales, comme les Nations Unies, ou l'OCDE. Par ailleurs, le président de l'UNESCO, Federico Mayor est membre de l'Opus Dei.
Le parlement européen à Strasbourg et la commission à Bruxelles, sont des lieux de prédilection. Moyens massifs de communication moderne, efficacité et rentabilité en sont les maîtres mots, tout est là pour la stratégie de l'Opus Dei.
En septembre 1997, le premier ministre italien a demandé la désignation de Hans Tietmeyer, à la tête de la future banque centrale européenne. Membre de l'Opus Dei et conseiller financier du saint siège, il est parmi les dirigeants de la Bundesbank.
L'Opus Dei a pour ambition de lancer un satellite catholique de télévision, pour sa stratégie de diffusion planétaire de la pensée de Jean Paul II, et de ses propres thèses.
La France n'est pas à l'abri de ces intrusions.
Parmi ceux qui ont y fait leur cursus, on peut parler de M. JC Gaudin, surnuméraire à l'Opus Dei. Il a commencé au centre de l'Opus Dei à Marseille. Sa première activité professionnelle était professeur d'histoire et d'allemand dans ce centre.
Ensuite, Antoine Pinay, (ancien ministre et père du franc) est surnuméraire à l'Opus Dei . Ayant repris le Centre National des Indépendants, J.C. Gaudin s'y est inscrit. Lorsque Edmond Giscard-d'Estaing, père du président, a fait créer le parti des Républicains Indépendants, il l'a suivi.
Or ce dernier préside à cette époque la « société financière pour la France et les pays d'outre mer », actionnaire principal de la « Banque des intérêts français », dont l'Opus Dei détenait 40 % des actions.
Edmond Gircard-d'Estaing, à ce titre, était considéré comme le trésorier de l'Opus Dei en France.
François Gontrand, porte parole de l'ouvre en France, était l'ancien directeur de communication du CNPF. Parmi ses amis Opusiens on comptait Michel Abert, directeur des AGF, Didier Pineau-Valenciennes, ancien directeur de Scneider, Henri Pradier, ancien directeur de Schell-France et directeur des ouvres françaises de l'Ordre Souverain de Malte et Louis Schweitzer, patron de Renault.
M. Raymond Barre est un proche de l'Opus Dei. Il a témoigné au procès de béatification d'Escriva de Balaguer, en attestant des « signes de sainteté » du fondateur de l'ouvre. Dans son gouvernement, on comptait des Opusiens comme Michel d'Ornano, Jacques Barrot et Bernard Sellier.
M. Philippe de Villiers n'est pas membre avéré de l'Opus Dei, mais la plupart de ses collaborateurs en sont membres, comme Christian Boutin et Michel Poniatowski .
Dans les années 1970, Charles et Chantal Million animaient un groupe de réflexion catholique : « le club de l'astrolabe », proche de l'Opus dei.
M. Edouard Balladur a parfaitement intégré l'idéologie papale, au point de citer plusieurs fois Jean-paul II, dans son message de candidature présidentielle. Il a privatisé les entreprises nationales, exactement selon le schéma des « catholiques pour les libertés économiques », association Opusienne.
Il s'est entouré de nombreux chefs d'entreprises Opusiens, comme Claude Bebear, directeur d'Axa Assurances.
De grands scandales seraient liés à l'Opus Dei en France et en Italie.
En 1976, Le prince jean de Broglie (ancien ministre, signataire des accords d'Evian qui mirent fin à la guerre d'Algérie et ancien trésorier de la campagne présidentielle de Giscard d'Estaing), était assassiné. Pour en comprendre les mobiles, il faut remonter aux années 1960, où 80% des crédits espagnols à l'exportation sont alloués à la Matésa, fleuron du domaine textile en Espagne.
En 1967, De Broglie rencontrait le responsable de la Matésa pour créer la Sodetex, dispositif financier mis en place pour remplir les caisses de l'Opus Dei. En fait, la Sodetex servait de super taxi, utilisant de fausses factures pour blanchir l'argent que l'état espagnol versait à la Matésa. De Broglie, naïf, aurait accepté de prendre la tête de la Sodetex à cette époque.
Lorsqu'après la liquidation de la Matésa l'Etat espagnol demanda restitution du capital , De Broglie fut dans l'impossibilité de le rembourser. 800 millions de francs allaient disparaître et l'affaire révélait en 1969 que tous les ministres et industriels impliqués dans l'affaire étaient membres de l'Opus Dei.
Près à toutes les compromissions pour rembourser ses dettes, De Broglie aurait prit part à un trafic de bons du trésor. Voulant profiter personnellement de ce trafic, il aurait mis en danger l'Opus dei.
En quelques jours, le minsitre de l'intérieur Michel Poniatowski, prétendait avoir bouclé l'enquête. Plus tard, on découvrit qu'il aurait pu bénéficier des largesses de la victime, étant proche de l'Opus Dei. Pire, il est apparu par la suite que la police était au courant d'un contrat lancé sur la tête du prince et que la surveillance dont il faisait l'objet avait été levée peu avant son assassinat.
l'inspecteur de police accusé du meurtre, a toujours clamé son innocence. Dans un livre paru en 1999, il raconte les activités réelle de Jean de Broglie, comme trafiquant d'armes et blanchisseur d'argent de l'Opus Dei.
On se souvient tous des fameux avions renifleurs, révolution technologique capable de détecter à plusieurs milliers de mètres sous terre du pétrole. Pour comprendre l'origine de cette affaire, il faut remonter à la fin de la guerre d'Algérie, quand Jean Violet, avocat international et honorable correspondant du service d'espionnage français, rencontre le révérend Dubois, chargé de missions spéciales pour le Vatican.
Tous deux, en relation avec le colonel Hervé chef du SDECE en poste à l'ONU parviendront en 1959 à éviter une condamnation de la France sur son intervention algérienne, en soudoyant les ambassadeurs du Brésil, du Pérou, du Paraguay et du Nicaragua, affiliés au camp des tiers mondistes.
Jean Violet, avec d'autres relations, a convaincu le PDG d'Elf du projet des fameux avions renifleurs. Antoine Pinay à qui Giscard d'estaing doit son premier porte feuille ministériel, apporte sa caution morale à l'affaire.
En retour d'ascenseur, Giscard d'estaing autorise elf à méconnaître les obligations de contrôle administratif et financier.
Un transfert illégal de 400 millions de fonds vers la Suisse est effectué sur un projet que garantissait la seule parole de Jean Violet. En Suisse, l'argent aurait été récupéré par un nommé abbé Marnier, membre de l'Opus Dei, correspondant de l'abbé Dubois à Fribourg.
L'abbé Marnier est le confesseur et ami de Philippe de Weck, directeur des banques Suisses, présent à la signature des contrats. L'invention est une escroquerie. L'un des inventeur du projet est un industriel italien, membre de la loge P2. L'enquête n'est jamais allé jusqu'en Italie.
Raymond Barre, alors premier ministre, classera l'affaire, arrangeant un dîner avec Antoine Pinay, Jean Violet, et Philippe de Weck.
Malgré une note de Giscard d'Estaing attestant du doute de la présidence sur cette invention, le nouveau PDG d'elf, Albin Chalandon, va verser 500 millions de francs supplémentaires pour exploiter le procédé.
La piste Italienne conduisant à la loge P2 montre le banquier Pesanti, actionnaire principal de la banque Ambrosiano, banque détenant une grande partie des fonds du Vatican et travaillant avec l'IOR, l'institut des oeuvres religieuses.
Les inventeurs ainsi que jean Violet ne seront jamais inquiétés par Elf, et l'ombre de l'Opus Dei plane sur toute cette affaire..
L'Opus Dei en 1960 était propriétaire de la Finibank, établissement bancaire suisse que contrôlait le financier Michelle Sindona, connu comme grand argentier de la mafia sicilienne.
Sindona, ancien président des jeunesses catholiques siciliennes, par différentes relations, devint le banquier attitré du saint Siège sous Paul VI, avec le contrôle total des investissements de la banque du vatican, l'IOR, l'institut des ouvres religieuses.
Or Sindona était également membre d'une loge maçonnique, « Propaganda 2 », créée par Licio Gelli à l'intérieur de la maçonnerie italienne.
Grâce à son plan de renaissance démocratique, la loge P2 était considérée par les Etats-Unis, comme une structure capable de prendre en main le gouvernement de l'Italie dans une hypothèse de victoire électorale
communiste ou d'extrême droite et à laquelle appartenaient des militaires de hauts grades, des financiers, des ministres, des industriels ainsi que des dirigeants de presse.
Les Etats Unis avaient des vues sur l'Italie depuis 1947 et avaient construit une structure clandestine sous commandement anglais et américain, sous le nom de « Gladio », prête à effectuer des opérations para-militaires, subventionné par la CIA et passée sous commandement OTAN. Lucio Gelli et la loge P2 étaient liés au Gladio.
A cette époque, l'IOR (institut des ouvres religieuses) participait au capital des banques Ambrosiano, Bafisud, Cisalpine, Rothschild, Morgan, Bakers, et des sociétés Général Motors et Shell.
Les dépôts se chiffraient à 55 milliards de nos francs et à plus de 25 tonnes d'or à Fort Knox aux Etats-Unis.
Roberto Calvi, président de la banque Ambrosiano, membre de la loge P2 et de l'Opus dei, fait parvenir en Pologne plus de 40 millions de dollars lorsque Jean-paul II accède au pontificat.
En 1980, c'est l'escalade. La banque Ambrosiano se lance dans une série d'emprunts par l'intermédiaire de société écrans. Tous transitent par l'IOR et l'Opus Dei, qui récupère de confortables bénéfices.
Les sommes étaient destinées en fait à acheter des hommes politiques et des groupes de presse.
L'affaire du crack de la banque Ambrosiano mit la lumière sur la complicité entre le Vatican, représentée par l'IOR et la Cosa Nostra, représentée par Michelle Sindona, le banquier de Dieu et de la mafia.
Selon certains experts, les pertes s'élèvent à plus de 1200 millions de dollars de 1982.
Les pertes se sont accumulés par la faute du président, Roberto Calvi et de l'archevêque américain Marcinkus, président de l'IOR. Accusé lourdement, ce dernier fut défendu jusqu'au bout par Jean-Paul II, qui le fit protéger par l'immunité diplomatique vaticane.
Roberto Calvi fut retrouvé suicidé, pendu sous un pont de la Tamise. Plus tard, selon le tueur repenti qui a avoué l'avoir tué, c'est la mafia qui a commandité le crime, ayant perdu beaucoup d'argent dans le crack de la banque.
Micelle sindona fut empoisonné avec un café à la strychnine, dans une prison italienne, juste avant sa comparution devant les juges, pour l'assassinat du commissaire liquidateur de la banque Ambrosiano.
L'Opus Dei lâchera progressivement la loge P2, qui fut dissoute en décembre 1981.
En juillet 1982, Jean-Paul II procédera à la béatification de Giuseppe Tovini, fondateur de la banque Ambrosiano.
Revenons un peu sur l'archevêque Marcinkus. L'intéressé est originaire de Cicero, banlieue de Chicago, ancien fief du légendaire Al Capone.
Depuis son diocèse de Chicago, il entre en contact avec Sam Giancana, chef incontesté de la cosa nostra jusqu'en 1975 et auxiliaire de la CIA.
A cette époque, il faut lutter contre le communisme et toutes les alliances sont bonnes. Sam Giancana sera d'ailleurs l'instigateur, sous Kennedy, de la débâcle « de la baie des cochons ». Mais Kennedy dérangeait la prude amérique, par ses relations avec Marylin Monroe, et il dérangeait tout autant la CIA que l'Opus Dei, en étroite liaison avec la Cosa Nosra de Sam Giancana.
Mais revenons à Marcinkus. La Cosa Nostra utilisait des prêtres de Chicago pour ses transferts de fonds internationaux dans les affaires de blanchiment d'argent et fournissant des liquidités au Vatican par l'Opus Dei et la sa banque l'institut des Oeuvres religieuses.
Marcinkus participait à ces transferts.
En 1952, il obtient un poste au Vatican et se retrouve chef de la sécurité avec Paul VI. En 1968, Sam Giancana est reçu en audience privée par le pape.
En 1969, Marcinkus devient secrétaire général de la banque du vatican et va être mêlé à une falsifications de titres et d'obligations des sociétés Pan Américan, Chrysler etc.. on cite à ce propos le ministre des finances de Nixon : Connaly.
L'enquête sera interrompue à la demande du président américain qui dira que cette affaire a été montée de toute pièce pour éliminer les plus fidèles collaborateurs du combat américain contre le communisme international.
Non seulement il allait être accusé, au sommet de sa carrière, de blanchissement d'argent dans le cadre du scandale de la banque Ambrosiano, mêlant la Vatican, le syndicat du crime américain, la cosa nostra sicilienne, les services secrets italiens et la loge P2, mail il fut aussi soupçonné dans la liquidation du pape Jean-Paul 1er en 1978, après 25 jours de règne.
Lorsqu'une bonne soeur découvre le cardinal Albino Luciani, Jean Paul 1er de son nom de scène, au matin du 28 septembre 1978 mort dans son lit, elle appelle le chef du service de sécurité, Marcinkus, qui reste seul, enfermé dans la chambre pendant plus d'une demi-heure.
Lorsqu'il ressort pour prévenir le secrétaire d'Etat et un médecin pour constater le décès, il n'y a plus aucun papier sur le bureau du pape. Malgré cette mort suspecte et le pape ne souffrant d'aucune maladie, il ne sera ordonné aucune autopsie.
Albino Luciani n'avait pas de cursus opusien. Il semblait vouloir couper les ponts avec la cosa nostra et voulait sans doute « faire le ménage ».
Il n'en a pas eu le temps. Mais rien n'a pu être prouvé contre le chef de la sécurité Marcinkus, par ailleurs toujours secrétaire général de la banque du Vatican.
Une commission de contrôle de l'Institut des Ouvres religieuses, la banque du Vatican, composée de 15 cardinaux, trouva un déficit de 80 milliards de lire.
Marcinkus fut remplacé aussitôt à la présidence par un membre de l'Opus Dei et fut renvoyé aux Etats Unis pour éviter de comparaître devant les tribunaux italiens, malgré un mandat d'arrêt international qui fut levé ultérieurement.
Mais revenons en France.
Bernard Billaud, ancien conseiller à l'ambassade de France près le Saint-Siège, directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris, est aujourd'hui conseiller à la Cour des comptes. Membre de l'Opus Dei, il a été élevé par Jean-Paul II, à la dignité de Grand officier de l'ordre de St Grégoire.
En 1994, il fut l'un des fondateurs de le l' « association des amis du professeur Lejeune » , parmi ses membres on trouve de nombreux cardinaux ainsi que Jacques Chirac.
Marceau Long, qui fut président de l'ORTF, d'Air France et aujourd'hui de l'Ena est un Opusien. Il fut secrétaire général des gouvernements Chirac et Barre.
Sous le haut patronage de Jacques Chirac, il fut désigné en 1996, président du « comité pour la commémoration des origines », chargé de parrainer et de coordonner les manifestations publiques, relevant de ce comité.
Il a déclaré sans rire, qu'il veillerait au respect de la laïcité, mais il est pour le moins paradoxal qu'il fasse appel pour son bureau, à un cardinal, trois évêques, un grand rabbin et un pasteur.
En 1996, Jean-Louis Beaumont, député UDF du Val de Marne a diffusé une lettre de soutien de Jean Foyer, Garde des sceaux RPR du Général De Gaulle. Tous deux sont Opusiens.
Dans la missive on peut lire : « un parti qui se réclame du Gal De Gaulle aurait mieux à faire, que flatter un individualisme outrancier et avoir comme objectif prioritaire, de plaire à la franc maçonnerie, grande instigatrice de l'avortement libre ».
En mars 1996, la chambre des représentants de Belgique, a constitué une commission parlementaire d'enquête, avec mission d'élaborer une politique, en vue de lutter contre les pratiques illégales de sectes et les dangers qu'elles représentent pour la société et les personnes.
Après d'âpres débats, la commission a dressé une liste des mouvements sectaires ou elle a inscrit « le renouveau charismatique » et « l'Opus Dei ».
Devant les réactions de l'église catholique, la chambre des représentants a finalement adopté le rapport, mais sans la liste.
Il faut dire que le Roi Baudoin 1er et la reine Fabiola étaient personnellement présents, aux côtés du primat de Belgique, à St Pierre de Rome en 1975 lorsque Paul VI reconnut « le renouveau charismatique » comme association de l'église catholique.
L'actuel roi Albert II et la reine Paola ont participé à des retraites du « renouveau charismatique » Par ailleurs, la princesse Astrid et son époux Lorentz de Habsbourg sont liés à l'Opus Dei.
En Mai 1996, François Bayrou nomme les recteurs François Dumont à l'académie de Nice et Maurice Quenet à celle de Créteil. Ils sont réputés tous deux numéraires à l'Opus Dei.
François Dumont , économiste et démographe, est entre autres, expert auprès du conseil pontifical pour la famille. Il est également un fanatique pourfendeur de l'immigration musulmane et de la liberté sexuelle.
Maurice Quenet est professeur de Droit. On lui doit un rapport sur la condition des professeurs dans l'enseignement supérieur qui sert de référence à l'actuelle politique de recrutement.
En février 1997 Il a été invité par le Grand Orient de France, au temple Groussier pour y traiter de « la violence à l'école », à l'invitation des respectables loges « Droiture et solidarité » et « du devoir et de la raison».
Récemment, il a rejoint Philippe de Villiers, dans son Mouvement pour la France.
En septembre 1997, Jacques Chirac impose à la direction des journaux officiels, un proche de l'Opus Dei : Jean Paul Bolufer.
L'intéressé faisait partie de son cabinet à la mairie de Paris, de 1979 à 1989, tout en étant durant la même période, président de la « fondation Pompidou ».
Le gouvernement Juppé comportait deux apôtres : Hervé Gaymard et son épouse Clara Lejeune, fille du chef de file des anti IVG, et co-fondatrice de l'association du même nom.
Jérôme Lejeune né en 1926, devient en 1963 professeur de génétique à l'hôpital Necker et rejoint l'Opus Dei dans les années 1970. Très engagé politiquement, il fut nommé par Pompidou, au conseil des douze sages qui se réunissaient régulièrement à Matignon.
Après la trahison de Giscard d'Estaing qui soutint la loi Weil, il prit la tête de la croisade anti-IVG en France et aux Etats Unis.
Il appela au renversement de la République en novembre 1974, lorsque fut voté la loi.
Il disait notamment : « la République, ouvre de mort, organisée avec la complicité des dirigeants actuels de la France, vient de l'emporter par le vote d'un texte, légalisant sous le terme hypocrite d'interruption de grossesse, le meurtre des enfants avant la naissance. »
et ailleurs :
<< c'est bien d'un complot qu'il s'agit. il est clair que les fils des ténèbres (les juifs), les fils de la veuve (les francs maçons), étaient conjurés contre les fils des hommes, ou plus précisément contre le fils de l'Homme (Jésus) ».
Tout cela ne l'empêcha pas de collectionner les titres honorifiques et récompenses académiques. La maladie l'emporta en 1994. Jean-Paul II l'appelait son frère.
En décembre 1997, Le baron Ernest Antoine Seilliere de Laborde, a chaudement remercié les deux personnalités, qui ont favorisé son élection comme président du CNPF : François Pinault et l'opusien Claude Bébéar .
Si le baron ne l'est pas, toute sa famille est historiquement liée à l'Opus Dei.
En janvier 1998, Jean-Pierre Chevènement a nommé Thierry Klinger à la préfecture d'Evreux.
L'intéressé fut secrétaire général au centre d'études spatiales, directeur des personnels de la délégation générale pour l'armement, directeur des centres d'expérimentation nucléaire. Patron chrétien, il fut aussi président des houillères de Lorraine. Il est considéré comme très proche de l'Opus Dei.
En juin 1998, Georges Vedel a été élu à l'académie française. Il est l'incontournable professeur de droit constitutionnel en France. Il est aussi l'un des fondateurs de l'Opus Dei en France.
En novembre 1998, l'Opus Dei organisait un colloque consacré à Georges Bernanos. Cette manifestation, financée par le conseil général d'Ile et Vilaine, était placée entre autres sous le patronage de Pierre Méhaignerie, président du conseil régional et François-Régis Hutin directeur de Ouest-France.
En décembre 1998, la proposition de loi relative au pacte civil de solidarité, a été présentée à l'assemblée nationale, par un député de Hte Saône. Elle a été principalement rédigée par un proche Maître Jean-Marc Florand, qui fut en 1980, secrétaire de la fédération des juristes catholiques, une association présidée par le frère du prélat de l'Opus Dei.
En janvier 1999, Jacques Chirac a nommé Olivier Echappé, secrétaire général de la grande chancellerie de la légion d'honneur. L'intéressé, vice doyen de la faculté de droit canonique de l'institut catholique de Paris est, comme son beau-père, réputé proche de l'Opus Dei.
Auparavant, le général Jean-Philippe Drouin, connu comme membre de l'Opus Dei, avait été nommé également par Jacques Chirac grand chancelier de la légion d'honneur.
En 1998, il était établi que l'Opus Dei s'investissait dans 497 universités, 52 stations de radio, 12 sociétés de production cinématographique et 38 agences de presse.
En avril 1999, de nombreuses organisations caritatives catholiques sont engagées dans le Balkans.
L'archevêque Sgreccia, membre de l'Opus Dei et vice président de l'académie pontificale Pro Vita a rappelé à l'ordre les responsables de ces organisations.
Il s'indigne des instructions données par le Haut commissariat aux réfugiés, de faire distribuer des pilules abortives aux femmes et jeunes filles violées, rappelant le caractère intrinsèquement mauvais de l'action abortive.
Il souligne que cette distribution est inacceptable. Pour le saint Siège, les viols ne sont qu'un prétexte pour permettre la contraception et l'avortement dans les camps de réfugiés du monde entier.
En rétorsion, le Saint siège a suspendu sa contribution symbolique de 2000 dollars par an à l'UNICEF.
Le porte parole de l'Unicef avait alors déclaré que des centaines de jeunes filles, parfois âgées de 12 ans, étaient systématiquement violées dans les camps de réfugiés et que la distribution de la pilule était la seule solution pour faire face au drame de ces filles qui risquent des grossesses traumatisantes.
En mai 1999, le parlement albanais autorise la création d'un ensemble de services sociaux et de psy pour les femmes victimes de viols et en situation de détresse. Ce projet est soutenu et financé par l'Opus Dei pour un montant de 2 milliards de lires .
En juin 1999, M Jean-Louis Guigou, époux du garde des sceaux, avait accepté de donner une conférence devant un parterre de décideurs bretons, à l'institut de Locarn en Bretagne.
M Guigou ne pouvait ignorer les liens de filiation de l'institut de Locarn, par rapport à L'Opus Dei , puisqu'il anime des séminaires de formation dans cet institut, depuis sa création en 1994.
En octobre 1999, François Michelin annonce devant un parterre d'analystes financiers, les bénéfices records de son entreprise et 7000 suppressions d'emploi.
Il choisi la méthode des déclarations outrancières, en provoquant une énormité et s'assurer qu'elle rencontrera une opposition insuffisante.
L'intéressé a épousé la soeur de Rémy Montagne, fondateur du groupe de presse de l'Opus Dei :« médias participations » dit «groupe ampère». La méthode Michelin est payante. Aucun député ou ministre n'est intervenu. Lionel Jospin a invité les employés à manifester leur impuissance.
En 1999, Eric de Montgolfier vient d'être nommé procureur de la République à Nice. Venant de Valenciennes, Il s'était rendu célèbre en mettant en cause publiquement Bernard Tapie.
Bien qu'il s'en défende, Eric de Montgolfier est, comme sa famille, proche de l'Opus Dei.
Charlotte de Montgolfier, numéraire à l'Opus die, fut l'une des principales organisatrices des manifestations suscitées par l'Opus Dei contre le projet Aubry de plafonnement des allocations familiales.
Le 7 octobre 1999, il réapparaît dans les médias, pour mettre en cause l'influence réelle ou supposée des francs maçons dans l'administration de la justice de la ville.
Il n'est pas question de critiquer les motifs de mise en examen et la possible responsabilité des personnes soupçonnées, mais de l'énergie déployée à cette fin, d'autant que la franc-maçonnerie a toujours été ouvertement combattue par l'Opus Dei.
En décembre 1999, Le magazine de Jean-Marie Le Pen « Français d'abord », accorde un entretien à son altesse royale l'archiduc Otto de Habsburg-Lothringen, le présentant comme l'artisan de la chute du mur de Berlin.
L'intéressé fut en 1957, le fondateur et premier président du centre européen de documentation internationale (CEDI), l'organe d'influence de politique internationale de l'Opus Dei.
Otto de Habsburg a joué également un rôle clef dans les stratégies secrètes du Vatican et des Etats-Unis.
Dans les années 60, il aurait été lié, comme Jean-Marie Le Pen, aux services secrets de l'Otan avec le « Gladio ». L'archiduc est député européen.
De son côté, Jean-Marie le Pen est un ami personnel de son éminence le cardinal Josef Ratzinger, opusien et numéro 2 de l'administration vaticane, la curie.
L'un des plus hauts dignitaires de l'Opus Dei, membre du congrès général de l'oeuvre, son excellence monseigneur Julian Herranz est président de la commission disciplinaire de la curie romaine.
En mai 2000, on abordait dans les milieux de la bourse la gestion frauduleuse d'Eurotunnel, mettant en cause plusieurs dirigeants et quatre établissements bancaires.
Le niveau de rémunération de ces dirigeants était exorbitant par rapport aux résultats de l'entreprise. Les informations diffusées lors de l'augmentation de capital auraient été pour tromper les petits porteurs.
Or la gestion frauduleuse aurait commencé plusieurs années auparavant. D'importantes sommes auraient été détournées au profit du projet satellitaire conduit par l'Opus Dei.
De 1983 à 1986, Jean-Loup Dherse (études chez les jésuites avant d'entrer à polytechnique) fut successivement directeur des ciments Lafarge, directeur délégué de Péchiney-ugine-Kulhman, président de la banque mondiale (1983/1986) et directeur général d'Eurotunnel (1986/1987).
Mais il ne fut pas que cela : en 1987, Jean-Paul II Je le nomma adjoint du synode sur les laîcs, en 1989, il est devenu administrateur du groupe Ampère, la holding de presse de l'Opus Dei et devint le trésorier de « Lumen 2000 » projet pharaonique (non abouti) de télévision par satellite du Vatican.
C'est à cette occasion que des fonds d'Eurotunnel se seraient évanouis en subventionnant cette entreprise.
Dernièrement, L'Opus Dei a réussi un grand coup dans le monde des affaires et de l'édition de livres. Il a été créé courant 2000, une société de distribution du livre religieux « D.L.R. » avec associées du groupe Ampère de l'Opus, les éditions Fleurus-Mame.
Leur activité commune devrait aboutir avec près de 10 000 titres et 500 points de vente a un revenu annuel de 120 millions de francs.
L'Opus Dei est né sous le franquisme. Cette organisation travaille pour instituer une ré-évangélisation de l'occident.
Le pape Jean-Paul II a donné à cette institution un statut particulier.
Ce n'est pas une légion de prêtres, mais une Oeuvre dont la vocation est la formation de laïcs, visant l'élite de la société.
Cette quête de la perfection a quelque chose qui peut paraître orgueilleux et malsain, car au bout du chemin, on retrouve toujours l'intolérance et l'exclusion.
D'ailleurs, si le nombre d'admissions et de recrutement ne diminuent point, le nouveaux venus ne restent pas. Les vocations se révèlent fragiles, et les voeux de fidélité à l'ouvre inconstants.
Les défections sont nombreuses, au point que l'Opus Die devient une organisation de passage.
Les militants y viennent forts jeunes et en grand nombre, y font leurs études, acquièrent le sens de l'appareil et du pouvoir, se constituent un réseau d'amitié, puis l'âge venant, abandonnent l'Opus Dei, sans forcément renier ses principes et ses valeurs.
Ce comportement expliquerait pourquoi, depuis plus de vingt ans, les effectifs de l'Opus Dei demeurent stables, malgré les intenses efforts de recrutement. Il y aurait actuellement environ 85.000 adhérents, dont 1 600 prêtres. ( 48 000 en Europe, 29 000 en Amérique, 5 000 en Asie et Océanie, 2 000 en Afrique ).
Mais on peut estimer que près de 150 000 personnes ont suivi la formation Opusienne et que parmi les « non-inscrits », un bon nombre se retrouve aujourd'hui dans les hautes instances de la société, tant nationale qu'internationale.
Et cette « garde blanche » du Vatican suscite des résistances.
Aux yeux du grand public, l'Opus Dei a l'image d'une organisation , qui agit souvent dans l'ombre en faveur d'obscurs intérêts.
L'Opus Dei serait pour certains, un instrument de contrôle des églises locales au service du pouvoir temporel du Vatican. Le cumul des fonctions de Monseigneur Herranz illustre bien la réussite de l'Opus Dei dans ce rôle.
Un destin qui n'est pas sans rappeler celui d'une autre organisation religieuse, qui régna par la terreur sur l'Espagne du XVI eme siècle, avant d'imposer son fanatisme dans l'église universelle : l'inquisition.
(là, le type exagere legerement.)
Ce message a été modifié par psyduck - 12 juillet 2004 à 21:50.