Aller au contenu


Théorie du "moins pire"


  • Please log in to reply
7 réponses dans ce topic

#1 Amédée

Amédée

    Sculpteur de Nuages

  • Membres
  • 347 Messages :
  • Localisation : Reims

Posté 09 juin 2005 à 15:23

Juste une idée de théorie que je lance comme cela
basé sur cette "vilaine" expression "moins pire", mais oh combien significative dans ce cas.

A vous de la développer


Lors du référendum pour la constitution, la question était de savoir si on l'acceptait ou pas.
-> Les citoyens l'on refusé.

Lors des dernières élections présidentielles
Il s'agissait d'un choix entre "Chirac" et "Lepen"
-> Les citoyens on choisi le "moins pire"

Si il y avait eu un référendum "acceptez vous "Chirac" comme président
-> Il y a de fortes chances qu'ils aient dit "non"

En fait, dans chaque élection ou l'on doit choisir une ou plusieurs personalités,
Lorsque personne ne nous convient, on fait toujours le choix de celui que l'on pense le "moins pire".

A force d'élection, de "moins pire" en "moins pire", notre représentation se détériore de "pire en pire"

L'obligation de choix sur des candidats auto proclamés dégrade l'expression populaire.
Un réferendum "oui/non" permet de s'exprimer réellement
(quand la question ne concerne pas un document inbuvable de 400 pages)

Ce message a été modifié par Amédée - 09 juin 2005 à 15:24.


#2 pierre_t

pierre_t

    et là, ça marche ?

  • Membres
  • 1 590 Messages :
  • Genre : Homme
  • Localisation : Breizh

Posté 09 juin 2005 à 15:37

Notre méthode de vote n'est pas la plus démocratique, loin de là.

D'autres méthodes sont plus proches de l'opinion générale : par exemple on a la méthode Condorcet.

http://fr.wikipedia....thode_Condorcet

Le principe est assez simple : chaque votant classe par ordre de préférence les candidats, et ensuite on compare un à un chaque candidat.

#3 TheKiller

TheKiller

    Chercheur de vérités

  • Membres
  • 1 275 Messages :
  • Genre : Homme
  • Localisation : Change pas mal souvent...

Posté 10 juin 2005 à 05:30

Bien sûr que nous ne choisissons pas les dirigeants de manière démocratique! Sinon, moi je choisirais: "Désolé, mais je ne trouve pas légitime qu'on doive me gouverner. Allez vous faire foutre." Pourtant, on ne retrouvera jamais cette option-là dans un bulletin de vote, alors que c'est allégrement ce que je choisirais. Je me suis toujours demandé... Tout le monde dit que l'anarchie entraînerait des choses horribles. Mais pourtant, en petite communauté, on a presque jamais recours à la loi, sauf peut-être pour les Américains. Et si on voulait faire des règles, ce serait simple: on aurait qu'à en discuter en conseil, pas besoin de dirigeants, sinon un président de conseil. Or, dans nos petites communautés, tout va bien, et chacun accepte bien ce qu'il a à faire, ou presque, alors que dans un système autoritaire (pas dans le sens politique du terme, simplement dans le sens où on est gouvernés) la plupart des gens sont frustrés. Et il se trouve que les "forces de l'ordre" (mon cul, oui!) punissent plus qu'ils n'empêchent. Alors voilà ma question: l'abscence de dirigeants changerait-il quoi que ce soit à ce que les gens feront ou ne feront pas? Parce que de toute façon, c'est pas parce que les dirigeants me disent que je ne dois pas tuer que je le ferai plus. Et s'il m'est nécessaire de tuer, je le ferai sans prendre en compte un seul instant leur avis sur la question. Donc est-il vraiment nécessaire d'élire quelqu'un pour nous gouverner? C'est, je crois, ce qu'on nous fait croire mais qui n'est pas absolument vrai, de quoi on peut douter, et très fortement.

Comment transformer une démocratie en dictature? C'est simple, il suffit de cacher toutes les portes, sauf celles qui font notre affaire. Ensuite, on a juste à donner une impression de gouvernement au-dessus de tout et avec lequel il est impossible de bien communiquer, ou de manière unilatérale (le gouvernement dicte, et nous nous taisons).

#4 helios999

helios999

    Chercheur

  • Membres
  • 379 Messages :
  • Localisation : lille

Posté 10 juin 2005 à 09:00

Citation

A force d'élection, de "moins pire" en "moins pire", notre représentation se détériore de "pire en pire"
je pense que c'est surtout les gouvernements qui manipulent le peuple , en 81 Mr Mitterrand a cassé le model social et enmené les francais vers une sociale democratie.

on voie bien actuellement que le non francais montre les divergzences des europeens .

:cool:
Autant paraitre con avec ses idées qu'avec celles des autres .

#5 Stoptou

Stoptou

    convoiteur de fond

  • Membres
  • 262 Messages :
  • Localisation : Marseille

Posté 10 juin 2005 à 09:22

Henri Emmanuelli, député (PS) des Landes
"On vole leur vote aux Français"

LE MONDE | 09.06.05 | 14h04  •  Mis à jour le 09.06.05 | 14h04




Comment jugez-vous la réaction du gouvernement après la victoire du non ?


C'est stupéfiant. On aurait pu s'attendre à ce que le président en tire des conséquences sérieuses, comme avancer la date de l'élection présidentielle. Mais cela supposerait que M. Chirac eût de la dignité. C'est un voeu pieux.

Au lieu d'une réaction à la hauteur de ce vote exceptionnel, le président réagit en chef de clan assiégé en nommant un gouvernement composé de sa garde rapprochée : Dominique de Villepin, ancien secrétaire général de l'Elysée, à Matignon, Catherine Colonna, ancienne attachée de presse, aux affaires européennes...

Et que fait ce premier ministre qui n'est là que par le fait du prince : il annonce aux élus du suffrage universel qu'il va légiférer par ordonnances, c'est-à-dire sans eux ! Pire, le président utilise le gouvernement pour en faire le champ clos des querelles de la droite...

Quelle conclusion en tirez-vous ?

On vole aux Français leur vote. On s'assoit dessus, et c'est risqué. Personne, et surtout pas de Gaulle, n'aurait fait preuve d'un tel mépris. Je ne laisserai pas piétiner ce vote par des personnes qui essaient, de surcroît, d'en dévoyer la signification.

Vous dénoncez une crise de régime ?

C'est grave. Certes, les institutions sont exsangues, car nous n'avons pas été au bout de la réforme du quinquennat. Mais on assiste aussi à une perte de conscience inquiétante de ce que sont les principes de base d'une démocratie. La rupture est complète entre les pratiques du monde politique et les exigences minimales de la démocratie. Les Français le mesurent.

Vous critiquez aussi la réaction du PS...

Oui. La majorité du PS se trompe. Je ne comprends pas qu'elle traite le suffrage universel de cette façon. Le 21 avril 2002, c'était la même chose : on nous a expliqué qu'il ne s'était rien passé, que l'électorat avait été inconséquent.

Cette fois, les mêmes ne veulent pas reconnaître leurs erreurs et nous expliquent que le peuple s'est trompé, s'est laissé aller à ses mauvais penchants, ses peurs, sa xénophobie. C'est en tout cas la thèse de François Hollande, qui estime que le vote est une "addition de peurs" .

Quant à Dominique Strauss-Kahn, il parle de "balle perdue de la colère" . Ça me rappelle Benjamin Constant, le père du libéralisme, qui, en 1815, s'opposait au suffrage universel en disant que le peuple n'était pas conscient de ses intérêts, et a fortiori de l'intérêt général !

Par ailleurs, les partisans du oui disent : "Bravo, avec le non, on a maintenant Villepin et Sarkozy." Mais qu'aurions-nous eu si le oui l'avait emporté ? Raffarin IV ? Moi, Chirac, je ne lui ai jamais fait confiance et je n'ai pas fait campagne avec lui.

Comment envisagez-vous la suite au sein de votre parti ?

Il faudrait prendre le temps de comprendre et d'analyser ce qui s'est passé. Au lieu de cela, on s'imagine qu'on va répondre à ce qui est apparu comme une insurrection électorale tranquille par une manoeuvre d'appareil, avec un congrès vite expédié. En espérant que les trois ou quatre grosses fédérations s'exprimeront massivement comme elles ont l'habitude de le faire. Et certains pensent que tout pourra continuer comme avant.

Que voulez-vous dire ?

Depuis plusieurs années, le parti s'autoverrouille. Il me paraît de plus en plus regrettable que le poids de l'appareil place systématiquement le PS à côté des craintes et des espérances de sa base sociale. La solution à cette distorsion n'est pas de fermer les portes et les fenêtres, mais, au contraire, de les ouvrir en grand.

Comment ?

Je souhaiterais que ceux et celles qui se sont impliqués dans la campagne aient la possibilité d'être partie prenante de notre projet. La direction ne le veut pas : c'est pour cela qu'elle veut aller vite. Pour ma part, le 18 juin, je vais réunir les collectifs du non socialiste.

A cette occasion, nous lancerons un appel à tous les minoritaires du PS qui ont voté non et qui ont vocation à se rassembler pour présenter une motion commune pour le congrès et réorienter le parti sur une position europrogressiste.

Cela peut-il déboucher sur un candidat du non à l'élection présidentielle ?

J'aimerais que l'on cesse de réduire la politique française à la présidentielle. Moi, j'ai proposé une méthode : l'organisation de primaires à gauche. Tout le monde, tous les partis de gauche qui le souhaitent doivent pouvoir y participer et prendre part à la préparation d'un programme de législature et ensuite à la primaire.

Cela permettrait que le candidat ne dépende pas des jeux d'appareil et qu'il soit désigné par les électeurs de gauche. Cela aurait tout de même une autre allure qu'un Sarkozy autodésigné par sa seule ambition !

Propos recueillis par Isabelle Mandraud et Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 10.06.05



Bien vu! père Emmanuelli...


:cogite:

#6 Agashak

Agashak

    Confirmé

  • Membres
  • 53 Messages :
  • Localisation : Drôme (26)
  • Intérêts : Musique, Echecs et tout ce qu'on essaie de nous cacher :)

Posté 29 mars 2007 à 13:48

La théorie du "moins pire" a été reprise récemment par notre chère Arlette.

Au passage, "moins pire" n'est pas français, le mot "pire" étant déjà un comparatif (pire=plus mauvais, comme mieux=plus bien), l'équivalent de "worse" en Anglais venant de "bad". Il faudrait donc dire "moins mauvais".

Citation

en 81 Mr Mitterrand a cassé le model social et enmené les francais vers une sociale democratie.

En 1981, Mittérand a essayé d'organiser une relance de type Keynésien, combinant inflation et croissance. En gros, une politique économique que l'on dirait de nos jours anti-libérale. Mais le gros souci de cet ensemble de mesures est que l'on ne peut pas la faire seule dans son coin. Voila la raison essentielle de son échec et le passage à une société plus restrictive sur le plan économique, comme adoptée par les autres pays européens. Encore la théorie du "moins pire"...

#7 Didier

Didier
  • Invités

Posté 29 mars 2007 à 20:26

Agashak

Citation

Au passage, "moins pire" n'est pas français, le mot "pire" étant déjà un comparatif (pire=plus mauvais, comme mieux=plus bien), l'équivalent de "worse" en Anglais venant de "bad". Il faudrait donc dire "moins mauvais".

Au départ, Coluche faisait exprès cette faute de langage, dans un esprit comique. Et puis tout le monde s'est mis à l'utiliser, au départ en rigolant, puis de plus en plus sérieusement, démontrant ainsi qu'ils n'en avaient absolument pas compris le ressort comique et riaient que parce qu'ils sentaient qu'ils devaient le faire pour ne pas avoir l'air idiot.

Et puis Voynet l'a dit à la télé.

On a l'équivalent aujourd'hui avec "à l'insu de mon plein gré", mélange des deux locutions "à mon insu" et "de mon plein gré", gimmick accolé au personnage de Virenque dans les Guignols. Et depuis peu, c'est utilisé dans les commentaires sportifs...

#8 frigga

frigga

    Expert

  • Membres
  • 157 Messages :
  • Localisation : Yggdrasil
  • Intérêts : la réalité inaltérable

Posté 29 mars 2007 à 21:46

Amédée, le Jeudi 09 Juin 2005 15h23, dit :

L'obligation de choix sur des candidats auto proclamés dégrade l'expression populaire.
Un réferendum "oui/non" permet de s'exprimer réellement

Citation

Bien sûr que nous ne choisissons pas les dirigeants de manière démocratique! Sinon, moi je choisirais: "Désolé, mais je ne trouve pas légitime qu'on doive me gouverner. Allez vous faire foutre."
(theKiller)

je me situe plutot entre les deux, je ne me sens pas obligée de voter, mais je ne trouve pas génant d'etre gouvernée.

le vote est un droit civic et non une obligation légale, quand bien même serions nous obligés de nous rendre dans les urinoirs... nan, dans les isoloirs... sous peine de sanction comme dans certains endroits, cela n'empecherait pas de voter nul et de le revendiquer.

personnellement je ne me sens pas concernée par la "théorie du moindre mal", je n'attends pas des gouvernements qu'ils s'occupent de moi "le moins mal possible" mais je travaille personnellement a la promotion de mes interets.

je suis également d'accord pour payer des impots, peut être que le résultat ne vaut pas la facture mais le service existe et je prefere un service de "moindre qualité" plutot que pas d'hopitaux, pas d'écoles, pas d'alocation logement, pas de loi Robien etc etc

pour avoir un service de m... pas besoin de voter, l'une ou l'autre équipe gouvernemental fera aussi mieux pire l'une ou l'autre et je ne me sens pas du tout obligée de cautionner cela par un vote.

bien entendu cela n'engage que moi, et ceux qui ne sont pas d'accord n'ont qu'a dire leur opinion et n'ont pas d'autre choix que de constater la mienne (inutile de dire si j'ai tord, je m'en fout et je persiste, par contre vous pouvez dire que j'ai raison, c'est tout aussi illusoire mais ça fait toujours plaisir :-P)
bin oui, c'est ça la démocratie dans un forum de discution  :biglol: