Aller au contenu


Environnement et loi du marché...


  • Please log in to reply
7 réponses dans ce topic

#1 gmoro007

gmoro007

    Débutant

  • Membres
  • 14 Messages :
  • Localisation : Sherbrooke Québec

Posté 26 juillet 2005 à 22:32

Dégradation de l'environnement et perspectives de profits ?

Sur la question écologique, nous comprenons assez bien qu'il n'y a pas d'intérêts économique à court terme dans une politique de cohabitation harmonieuse de l'humain dans la biosphère. Ce que nous savons moins bien c'est qu'à long terme ce type d'intérêts n'existera pas davantage. Que nous nous investissions si peu dans une optique de pérennité, témoigne bien plus d'un manque de volonté que d'un manque de moyens, la même tendance s'observe au sujet de l'élimination de la pauvreté. L'orientation étant claire et semblant se maintenir, il suffit pour connaître l'avenir sur la question qui nous intéresse de nous livrer à quelques projections.

La  façon dont s'effectue l'intallation de l'économie néo libérale globalisée nous renseigne passablement sur les évennements qu'il nous sera permis d'observer dans un futur assez rapproché. En fait je soupsonne quelques activités dans les circonvolutions du cerveau reptilien de l'animal économique, celles ci l'instruisant de considérer le délabrement progressif de notre biosphère comme une source de profits potentiel.

Je m'explique: n'est-il pas tentant de syphonner allègrement les ressouces de la planète en laissant derrière des monceaux de déchets afin de tirer un profit immédiat, ceci en sachant pertinemment qu'une fois arrivé au confin de l'inexorable il sera tout à fait loisible au multinationales qui nous ont entrainés vers cette issue de continuer à générer du profit en marchandant au plus offant ce qui subsiste de l'environnement. La loi du marché n'induit-elle pas que la rareté associée à l'accroissement la demande occasionne la plus-value. En effet, pavenus à cette extrémité, qui n'aura pas encore besoin d'eau et d'air pur ou simplement respirable ? Les bénéfices anticipés dans un tel commerce sont à mon sens faramineux et bien trop alléchants pour êtres négligés, d'autant plus que les multinationales émergeantes de l'environnement bénéficierons alors d'une clientelle on ne peut plus asservie à des ressources on ne peut plus essentielles.

En fait la donne est déjà faite! Il y à de cela à peine une cinquantaine d'années, qui aurait pensé que le commerce de la sécurité constituerait un marché d'envergure internationale. Qu'on le veuille ou non la sécurité est aussi une forme d'environnement. Depuis la sécurité est devenue une mine d'or et on s'intéresse à la question dans la mesure ou il y a du profit à faire sur son dos. Par conséquant, les efforts consentis sur le plan social ou international afin d'oeuvrer à une paix et une sécurité  effective sont rogné au profit de la sécurité active qui elle est rentable. Les amerloques sont chefs de file dans le domaine ils vivent pratiquement dans un état policier depuis le 11 septembre, les intérêts financiers des ploutocrates qui dirigent cette grande nation ne trouvent pas dans l'horticulture, ni dans l'agroalimentaire. La paix et la tranquillité je ne crois pas que ce soit suceptible de garnir les comptes en banques de ceux dont les intérêts se trouvent dans le pétrole et l'armement, dans une telle optique l'entretient des conflits m'apparait plus rentable.

Les problèmes environnementaux seront de plus en plus adressés de la même manière, ceux ci ne présenterons d'intérêt en autant qu'ils rapportent. Il y a ici selon mon humble analyse, une malversation pernicieuse de la dialectique sur le traitement de ces questions: du genre de celle que l'ont retrouve chez les mafieux qui proposent contre rénumération une protection contre leurs propres méfaits. Ni a t'il pas quelque chose de fondamentalement pervers à être simultanément la cause et la solution d'un problème ? Dans le cas d'un marché qlobalisé, ceci permettra à ceux qui en profitent de récolter à l'entrée et â la sortie.

Vous doutez qu'un marché globalisé puisse être à ce point dépouvu de bonnes manières au point de cogiter en son fort intérieur l'exploitation héhonté des issues environnementales et autres ? Observez le comportement du Fond Monétaire International. Constatez par vous même que le civisme discutable de cette entité à bien des airs de famille avec son grand frère. Le support du FMI équivaut pour les pays en voie de développement à la privatisation outrancière, à l'endettement sans issue et finalement à l'aliènation des ressources, c'est une forme déguisé de colonialisme. Faut-il obligatoirement que toutes médecines appliquées au problème de ces pays soit une médecine de cheval ? Pas obligatoirement pensons-nous, mais la loi du marché indique que ce qu'on donne de la main droite, nous devons le reprendre au taux usurié de l'autre main, lorsqu'on ne se pourvoit pas sur les devises, on se pourvoit sur les ressources. Oui mais... C'est la loi du marché clamerons certains, comme s'il s'agissait d'une vérité immuable de l'univers! Ce que les certains en question ne réalisent pas, c'est que lorsque la loi du marché transcende l'éthique et les fondements de la démocratie sans parler des règles élémentaires de bienséance, cette loi à force de dictature. Ce qui me donne particulièrement froid dans le dos dans cette dictature, c'est qu'il n'y à pas de dictateur à abattre, absolument personne! La loi du marché est une entité désincarnée simultanément transcendante et immanente la seule autre entité qui puisse prétendre à un tel statut, c'est Dieu lui même.

Citation

" Le marché n’est compatible avec aucun régime politique, aucune forme de gouvernement, ni la démocratie, ni l’oligarchie, ni la dictature " -Kenneth Arrow

Ma réthorique est complètement désaxée pensez-vous!

Eh bien! ça n'est pas fini car là je m'enfonce davantage:  Un verset biblique dit: " Les pensées de Dieu ne sont pas vos pensées " Maintenant si je dis: "Les pensées du Marché ne sont pas vos pensées " est-ce que je fait encore du sens ? C'est possible ! Je suis convaincu que les détracteurs éventuels de ma réflexion se trouverons bien davantage parmis les esprits obnubilés du commun peuple que parmis les grands prêtres officiants dans les hautes sphères des millieux financiers, ceux ci connaissent la vérité sur la nature de la bête à laquelle il se sont voués et seraient  sans doute bien mal de contredirent mon impression.

Citation

[...] malgré quelques diplômes et un réel intérêt pour les questions politiques, je suis comme 99% des mes concitoyens : dans l'ignorance absolue des mécanismes qui régissent le monde de la haute finance internationale.
-Luc Ferry

En m'adonnant à cette réflextion j'ai l'impression de régurgiter des morceaux  de " soleil vert " mal digérés, un film que j'ai vu lorsque j'était ado. Ce film m'a probablement traumatisé.

Pour revenir à l'environnement, les gens réfléchissent dans cette affaire un peu comme mon vieux père, lorsque je lui causait de la couche d'ozone: T'en fait pas qu'il me disait, ils vont tout arranger ça ! En fait il n'avait ni tort ni raison, tout dépend de l'analyse et du point de vue ou nous nous plaçons. Autrement dit: on ne reconstituera pas la couche d'ozone, mais le marché de la crème solaire se porte à merveille. Voilà sur une moindre échelle le principe qui risque de s'appliquer un peu partout et qui risque avec le temps de prendre insidieusement une proportion impossible à contenir.

Vraisemblablement, je suis un incorrigible prophète de malheurs. En fait je vois bien quelques pistes de solutions, mais dans l'occurence ou celles ci parviennent à voir le jour, je prévois que l'accouchement sera difficile et dans le processus bien des José Bové risquent d'êtres récupérés sur le parcours. En fait, David Susuki à vus certains de ses collèques de travail s'enlever la vie en désespoir de cause. Les grands prêtres de la finance semblent beaucoup plus à l'aise avec leurs agendas car nous n'entendons pas parler de telles finalités parmis eux.

Evidemment puisque je n'ai pas ce qu'il faut pour être un requin de la finance avec pignon sur rue à Wall-Street certains me qualifierons d'envieux. En effet, une villa cossue full climatisée, assortie d'un garage triple pour abriter des rayons ultraviolets un Hummer, une Mercedes-Benz et une Ferarrie Tessa-Rossa, serait susceptible de m'incliner à voir les choses autrement. Que voulez-vous ? On ne peut pas tous avoir par  lignage  un pied à Harvard avant même de venir au monde. Quoiqu'il en soit comme le disait Dylan " You gotta serve somebody, may be God may be the Devil but you gotta serve somebody " En ce qui concerne le choix de mon esclavage il ne restait plus que les yeux de la conscience lorsque mon tour est venu.

Citation

" L'homme raisonnable s'adapte au monde ; l'homme déraisonnable s'acharne à essayer d'adapter le monde à lui-même. Par conséquent, tous les progrès dépendent de l'homme déraisonnable." -George Bernard Shaw

Citation

" Lorsque que tu te sens triste et fatiqué, rapelle-toi que tu est un spermatozoïde qui en à vaincu des millions  d'autres " -Auteur inconnu

Amités

Guy

Ce message a été modifié par gmoro007 - 26 juillet 2005 à 23:23.


#2 oriflamme

oriflamme

    Chercheur

  • Membres
  • 399 Messages :

Posté 27 juillet 2005 à 05:05

Eh oh les Altermondialistes...
  
   Pour sauver la planète, seriez-vous capables de vous restreindre.? De ne prendre qu'un repas par jour, d'utiliser un litre d'eau par jour..de limiter vos déplacements en voliture, etc..

   Ce n'est pas pour polémiquer, car je suis d'accord dans le principe avec ce que vous dites, mais le plus difficile, c'est de mettre en pratique un nouveau comportement plus sain, et si possible sans se frustrer..
Réfléchissons y..

   Bonne journée à toutes et tous

#3 gmoro007

gmoro007

    Débutant

  • Membres
  • 14 Messages :
  • Localisation : Sherbrooke Québec

Posté 27 juillet 2005 à 07:37

Bonjour Oriflamme

Tout à fait pertinent ton commentaire.

Tu souhaite sans doute que je produise un rapport détaillé sur comment de telles considérations s'appliquent dans ma vie de tous les jours.

En fait je ne crois pas qu'une telle énumération puisse intéresser qui que ce soit, car nous sommes les produits d'un monde industrialisé, et choisir d'agir différamment des pratiques en viqueur n'a à mon sens rien de jojo car c'est accepter d'amblé une forme de marginalisation.

Alors j'évite les détails et je te ramène aux questions que je soulève dans mon "post" précédent, entre autres tout ce qui concerne les alternatives car il y en a bien quelques unes, la simplicité volontaire par example

http://penseur.forum...opic.forum?t=67

Amitiés

Guy

#4 kristaldawn

kristaldawn

    Chercheur

  • Membres
  • 562 Messages :

Posté 27 juillet 2005 à 09:20

:o Pfffffffffffff gmoro007 ton compte rendu est d'une telle profondeur, d'une telle justesse qu'il en donne froid dans le dos.
Hélas tu viens confirmer mes pires doutes.

Tout ce que tu as écris est parfaitement prévisible, tu n'es pas un prophéte de malheur tu es une personne REALISTE qui a les yeux bien ouverts parmi tant de malheureux qui les ont fermés ou qui refusent de les ouvrir.
J'avoue que j'ai les yeux ouverts, mais que je me force à les fermer parfois, de peur de ce que je constate  :redeyes:

Pour répondre à oriflamme :

Citation

Eh oh les Altermondialistes...

Pour sauver la planète, seriez-vous capables de vous restreindre.? De ne prendre qu'un repas par jour, d'utiliser un litre d'eau par jour..de limiter vos déplacements en voliture, etc...

Je comprends bien ta réaction, mais dis toi bien une chose, trés bientôt nous n'aurons plus le choix quant aux restrictions et j'ai bien peur que du train où vont les choses, à moins de te gaver de nourritures irradiées, ogmisées, empoisonnées jusqu'à la moelle, tu seras bien obligé de te restreindre.   :tresfache:

De toute façon arrivera un moment où tu n'auras PAS LE CHOIX, et personne ne l'aura.  :cogite:  :tss:

Amicalement  :cpasmafaute:  :)

#5 kristaldawn

kristaldawn

    Chercheur

  • Membres
  • 562 Messages :

Posté 27 juillet 2005 à 09:23

Oriflamme,

Le smiley  :tresfache: à la fin de ma phrase n'est pas à ton intention, c'est ma réaction au fait que nous sommes dans cette situation.

Sans issues ????????, si il y en a une au secours dites le nous vite

#6 kristaldawn

kristaldawn

    Chercheur

  • Membres
  • 562 Messages :

Posté 27 juillet 2005 à 09:30

Euuuuh c'est encore moi, juste pour dire à gmoro007 que je viens de lire son post sur la simplicité volontaire et t'informer que c'est mon choix depuis quelques années, et que je ne me sens pas malheureuse pour autant.

Et si nous consommons tous moins, voire beaucoup moins (vu que de tt façon nous avons de moins en moins d'argent, à ce propos comment consommer lorsque les gens n'ont plus de soussss, plus de travail, et sont saisis de leurs biens ????) comment vont faire les gros industriels pour continuer à faire de gros profits sur nos cotellettes ????

A condition que le mouvement se généralise et se maintienne ..........

#7 gmoro007

gmoro007

    Débutant

  • Membres
  • 14 Messages :
  • Localisation : Sherbrooke Québec

Posté 27 juillet 2005 à 18:21

Bonjour Kristaldawn et Oriflamme

Évidemment le but de l'exercice n'est pas de donner un mal de ventre à qui que ce soit, mais malheureusement  je crois que la vaste majorité ne réalisent pas dans quel merdier nous avons les pieds.

En fait, lorsque j'examine la situation dans laquelle nous nous trouvons et que je tire quelques conclusions, il m'arrive de penser que je suis parfaitement cinglé, aussi je vous assure que je voudrais bien ne pas croire ce que mes yeux voient.

Des solutions, il n'y en a pas des masses, le concept de la simplicité volontaire est le seul qui m'apparaisse viable, mais l'implantation d'une telle philosophie sous endend qu'une bonne proportion de nos congénères humains, vont décider de fermer leurs téléviseurs afin de se soustraire à l'omniprésente propagande de la dictature économique et commencer à penser par eux-mêmes.

Quels sont selon votre avis, les probablilité qu'une telle chose se produise ?


La simplicité volontaire c'est:

Si la simplicité volontaire n'est pas entendue présentement comme une philososophie au sens propre, mais elle est sans aucun doute une philosophie de vie provenant d'une interprétation raisonnable d'une réalité bio-socio-économique donnant lieu à un agir organisé concret. Les réalisations de ce mouvement sont balisées par une éthique qui trouve son fondement dans le respect de la nature de l'homme et de son environnement, ce qui à mon sens est amplement  suffisant pour lui accorder ses lettres de noblesses dans le domaine qui nous intéresse.

Qu'en est-il au juste ?

Une façon de vivre qui cherche à être moins dépendante de l’argent et de la vitesse, et moins gourmande des ressources de la planète ;
la découverte qu’on peut vivre mieux avec moins.

Un processus individualisé pour alléger sa vie de tout ce qui l’encombre.

Un recours plus grand à des moyens collectifs et communautaires pour répondre à ses besoins et donc un effort pour le développement d’une plus grande solidarité.

Le choix de privilégier l’être plutôt que l’avoir, le « assez » plutôt que le « plus », les relations humaines plutôt que les biens matériels, le temps libéré plutôt que le compte en banque, le partage plutôt que l’accaparement, la communauté plutôt que l’individualisme, la participation citoyenne active plutôt que la consommation marchande passive.

La volonté d’une plus grande équité entre les individus et les peuples dans le respect de la nature et de ses capacités pour les générations à venir.

Un courant social important qui tente de répondre à des problèmes de société de plus en plus pressants (course folle de la vie moderne, endettement excessif, insatisfaction malgré une consommation débridée, épuisement professionnel, gaspillage et épuisement des ressources naturelles, désintégration du tissu social, etc.).

Bref un mouvement très intéressant qui mérite l'attention et sur lequel il y aurait beaucoup à réfléchir.

http://www.simplicitevolontaire.org/

Amitiés

Guy

Ce message a été modifié par gmoro007 - 27 juillet 2005 à 18:27.


#8 gmoro007

gmoro007

    Débutant

  • Membres
  • 14 Messages :
  • Localisation : Sherbrooke Québec

Posté 28 juillet 2005 à 01:16

La simplicité volontaire, c’est quoi et pourquoi

Réponce à Oriflamme sur la question des frutrations.

Conférence de Serge Mongeau
RQSV

Nous vivons dans une société de consommation où l’on croit que c’est en achetant, en se procurant des biens, en possédant de plus en plus qu’on peut être heureux. Ceux qui tirent profit de cette surconsommation les maîtres des multinationales et maintenant des transnationales – nous manipulent par la mode, par la publicité et par les médias; ils créent constamment de nouveaux besoins et répandent des illusions. Ils sont appuyés dans leurs efforts par nos gouvernements entichés de croissance à tout prix. Et ils réussissent, puisque la consommation augmente constamment.

Une telle consommation a cependant de nombreuses conséquences. D’abord sur notre environnement: les ressources diminuent rapidement ( l’histoire des restrictions imposées à pêche à la morue au Québec en est un exemple flagrant ) et, plus graves encore sont les conséquences du rejet de nos déchets (diverses pollutions qui détruisent la couche d’ozone, qui provoquent l’effet de serre et qui contaminent l’eau et l’air.) Nous consommons actuellement au-delà des capacités de la planète, ce qui signifie que nous compromettons l’avenir des générations futures. Et la responsabilité de cet état de choses nous incombe à nous, les habitants des pays industrialisés. On ne peut, en effet, blâmer le 80% de la population de la Terre qui n’a souvent même pas de quoi survivre. Si tous les habitants de la planète consommaient comme nous, il faudrait cinq planètes pour subvenir à cette consommation. Et ne nous faisons pas d’illusions, tout le monde sur la Terre aspire à vivre comme nous, car nous avons répandu l’illusion que c’était la meilleure façon d’être heureux.

La surconsommation a aussi beaucoup de conséquences dans nos vies. Car pour consommer ainsi, il faut beaucoup d’argent; la plupart des gens travaillent donc beaucoup. Au Canada, 20% des gens travaillent plus de 50 heures par semaine. On s’épuise au travail, on y donne le meilleur de son temps et de sa vie, alors que les autres dimensions de son existence en souffrent: la famille, la vie amoureuse, l’engagement social, la vie communautaire, la santé... Même si on est comblé au plan matériel, on est de moins en moins heureux. Et de plus en plus de gens trouvent que ça n’a plus de sens, qu’il faudrait faire quelque chose. Mais quoi ? Nos gouvernements et nos partis politiques n’ont rien d’autre à nous proposer que d’aller encore plus loin dans la même direction. Il faut chercher ailleurs.

C’est ce que propose la simplicité volontaire : entreprendre immédiatement dans sa vie les changements souhaitables. Il ne faut pas confondre simplicité volontaire et pauvreté; cette dernière vient de circonstances qui sont imposées et la condition qui en résulte est pénible. Quand on choisit volontairement de vivre sobrement, il en va tout autrement. On ne vit pas de frustration, puisqu’on ne se prive pas d’un bien, mais on choisit plutôt de le remplacer par autre chose qui apporte davantage. Ce dépouillement laisse plus de place à la conscience; c’est un état d’esprit qui convie à apprécier, à savourer, à rechercher la qualité; c’est renoncer aux gadgets qui alourdissent, gênent et empêchent d’aller au bout de ses possibilités. Ce n’est pas la richesse qui fait obstacle à la libération mais l’attachement à la richesse; ce n’est pas non plus le plaisir que procure les choses agréables qui est condamnable, mais le désir ardent de les obtenir, écrit Schumacher. La simplicité volontaire, quand elle entraîne la non-utilisation ou la non-possession de quelque chose, implique un choix : ne pas adopter tel comportement ou ne pas acheter tel objet implique un autre choix qui procure aussi une satisfaction, ne serait-ce que celle d’être fidèle à ses principes ou aux engagements que l’on s’est donné.

Choisir de ne pas utiliser tel service, de ne pas céder à telle mode, de procéder autrement et à moindre coût, tout cela relève d’actes de lucidité et de conscience et non de la fatalité. De toute façon, quand on s’engage volontairement sur cette voie, alors qu’on sait qu’on pourrait faire autrement, on domine la situation au lieu d’être dominé par elle. Si la direction que l’on prend ne convient pas à un certain moment, il est toujours possible de la rectifier. Ce n’est pas une décision irrévocable relevant d’une radicalisation qui interdit toute concession. Ce n’est pas non plus une règle rigide de laquelle on ne peut jamais déroger. La simplicité volontaire est un chemin sur lequel on s’engage peu à peu, duquel on s’écarte parfois sans se morigéner; un chemin qu’on poursuit parce qu’il nous mène là où nous voulons aller, parce qu’il nous satisfait. Simplicité n’est pas non plus ascétisme; c’est même presque son antithèse. L’ascète se prive volontairement des plaisirs de la vie matérielle dans sa recherche d’une vie spirituelle plus intense. L’adepte de la simplicité volontaire ne fuit pas le plaisir ou la satisfaction. Au contraire, il cherche à s’épanouir pleinement, mais il a compris qu’il ne peut y arriver avec les valeurs que lui offre la société de consommation

La peur s’avère sans doute l’obstacle le plus important à un engagement franc dans la simplicité volontaire. Peur de ce que les autres penseront quand ils nous verront nous éloigner de la «grande vie», peur d’être marginalisés, insécurité surtout quant à l’avenir. Car, en cette époque individualiste, nous avons été habitués à penser chacun pour soi, à ne compter que sur nos propres ressources quand arrivent les coups durs. Qui voudra bien m’aider si je n’ai plus d’argent, qui prendra soin de moi quand je serai vieux? On se «capitonne» alors de polices d’assurances, on adhère à un régime de retraite à toute épreuve, on met de l’argent en banque. Quand l’avenir sera assuré, se dit-on, on pourra alors se permettre de vivre plus librement, alors il ne sera plus nécessaire de travailler autant. Mais année après année, on monte la barre, on estime qu’on n’a pas assez d’argent en réserve et on continue le même style de vie. Bien sûr que si on quitte son emploi du jour au lendemain, on vend son auto, on abandonne son condo et on essaie de ne consommer que ce que l’on peut produire soi-même, la catastrophe ne sera pas longue à survenir. Mais faut-il le dire encore, la simplicité volontaire est un chemin sur lequel on avance progressivement. Ce n’est pas une fin, mais un moyen pour arriver à un mieux-être et non à une catastrophe. Avec le temps, on peut s’y engager davantage. Grâce aux moments de liberté dont on dispose désormais, développer des liens de solidarité qui donnent la sécurité affective nécessaire. Et comme l’éventail des besoins matériels rétrécit considérablement, l’équilibre financier est de moins en moins précaire.

On ne quitte pas facilement l’univers de la surconsommation. En effet, tout porte aujourd’hui à trouver dans une forme de consommation ou l’autre la solution à ses problèmes, la satisfaction de ses désirs ou plus de bonheur. Ce n’est pas sans raison que toutes les loteries ont tellement de succès : «Si je gagnais le gros lot, je pourrais me payer tout ce que je veux et je serais parfaitement heureux». Le résultat n’est cependant jamais à la hauteur des aspirations. Ce qui était si ardemment désiré perd de son intérêt une fois acquis. Les besoins profonds n’étant jamais comblés par les biens matériels. Mais l’entreprise de séduction des promoteurs de la consommation se poursuit inlassablement et les gens continuent à tomber dans le piège. La simplicité volontaire constitue actuellement un mouvement de société qui gagne chaque jour en importance. Il me semble que nous devons faire tout ce qu’il est possible pour favoriser cette tendance. C’est ainsi que nous reprenons le contrôle sur nos vies, ce qui est fort nécessaire alors que les gens ont plutôt tendance à croire qu’ils n’ont plus le contrôle sur leur avenir.

Amitiés

Guy