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dette réelle de la France


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29 réponses dans ce topic

#1 recherche

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    Chercheur

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Posté 08 août 2005 à 08:27

:oops:

La dette réelle de l'état est de 2006 milliards d'euros et non de 1066 milliards d'euros car il faut ajouter les 940 milliards représentant les engagements de retraite pour les fonctionnaires. La dette publique réelle grimpe alors à 130% du PIB, ce qui conduit la France à une quasi faillite des finances de l'état.
Cette situation dramatique laisse présager de graves troubles économiques et sociaux à court terme, prohes de ceux qui ont précédé la révolution de 1789 où la dette de l'état était alors de 55% du PIB de l'époque.


(sources http://.claudereichman.com/lefait du jour.htm)

#2 Maximus

Maximus

    Chercheur de vérités

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Posté 08 août 2005 à 13:50

c'est comme ça partout

#3 mc0tiga

mc0tiga

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Posté 08 août 2005 à 14:11

le monde appartient aux hommes les plus riches de la planete, qui peuvent exercer un chantage sans limite

#4 AJH

AJH

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Posté 08 août 2005 à 15:30

Les engagements de la dette des retraites des fonctionnaire, ça ne veut pas dire grand chose.
Ces retraites seront payées au fur et à mesure (des prises de retraites) sur de nombreuses années, justement par ceux qui travaillent.

La dette ne tiens pas compte des amortissement. Par exemple le Viaduc de Millau a été financé les années de sa construction, et non pas sur sa durée de vie de 50 ans ou plus


En avril 2004 l’épargne des français s’élevait à 736,8 milliards d’euros. Ce que les uns ont épargné a été emprunté par d’autres. L’endettement intérieur total devrait donc s’élever à 736,8 milliards, or il s’élève à 2723,7 milliards d’euros. La différence (1986,9 M) vient de la monnaie créée par les banques et que nous devons leur rembourser avec le cumul des intérêts depuis des décennies. Ce remboursement est moralement injustifié et mathématiquement impossible.

Seule solution: refuser de payer les intérêts sur de la monnaie dont la France a besoin pour s'équiper et récupérer notre "droit régalien" d'émission monétaire...

Les "déficits publics" ne devraient représenter que la différence entre les "entrées" (taxes et impots) et les dépenses de fonctionnement (salaires de fonctionnaires, dépenses de l'état, loyers, etc) + quote part d'amortissement des équipements réalisés l'année en cours

Si la comptabilité de l'Etat état présentée de la même manière que celle des entreprises, il n'y aurait pas de déficits!!!

Mais pour y voir plus clair

Citation

Extrait du blog " econoclaste" http://econoclaste.f...article&sid=104 ... (mais j'ai pas retrouvé)
07/03/05

A peine installé dans ses nouveaux meubles, T. Breton s'est empressé de se lancer dans le mélange de mantra et de démagogie qui caractérise tout ministre des finances qui se respecte : il va relancer la croissance, chercher à réduire le chômage, préserver le pouvoir d'achat, baisser l'impôt sur le revenu, et bien entendu, réduire les déficits et l'endettement public. Dans l'essentiel de ces domaines, le gouvernement n'a en pratique aucun pouvoir, il s'agit donc là encore de pur brassage de vent. En matière d'impôt sur le revenu, même si celui-ci est baissé, cela n'aura aucun effet en pratique : d'autres impôts, ou l'endettement public, augmenteront en compensation. Il s'agit donc de transferts de charges, pas de baisses d'impôts.
Et en matière de déficit? le contrôle du déficit, bien que critiqué, reste considéré comme indispensable, même en faisant abstraction des contraintes du pacte de stabilité. La majorité des critiques ne veulent qu'un adoucissement du pacte. Mais rares sont ceux qui considèrent le déficit public, son niveau, et la nécessité de sa réduction, comme totalement vide de sens. Il est plus que nécessaire de démonter les mythes attachés au niveau du déficit public.

Premier mythe : l'endettement public est une mauvaise chose, un danger pour la "soutenabilité" des finances publiques.

En réalité, la dette n'est qu'un moyen de financer la dépense publique, qui ne présente aucune différence avec un autre mode de financement (et même plutôt des avantages). Pour le comprendre, considérons l'exemple suivant (extrait de ce livre).
Considérons un individu qui charge un agent de se charger de ses achats de vêtements. Pour cela, il confère le droit à cet agent à la fois de décider du montant de ses achats, et du moyen de financer cet achat. Supposons que l'agent décide d'acheter pour 100 euros de vetements à l'individu. Le taux d'intérêt des prêts et emprunts est de 10%. L'individu dispose d'un patrimoine de 1000 euros. Trois moyens de paiement s'offrent : l'achat au comptant, l'achat à crédit remboursé au bout d'un an, et l'achat à crédit dans lequel le crédit n'est jamais remboursé : il faut simplement payer indéfiniment les intérêts.
- première solution, l'achat au comptant. Il reste alors 900 à l'individu, qui pourra les placer et en retirer un intérêt : au bout d'un an, sa fortune est de 990 euros + des vêtements.
- seconde solution, l'achat à crédit d'un an : pendant un an, l'individu a détenu 1000 euros, qui lui ont rapporté des intérêts : il se retrouve donc avec 1100 euros à la fin de l'année. Il doit payer sa dette et les intérêts de celle-ci, soit 100(1 + 10%) = 110; il lui reste donc 1100 - 110 = 990 + des vêtements.
- troisième solution, l'emprunt perpétuel : l'individu détient toujours 1100 euros au bout d'un an, d'où il déduit 10 euros d'intérêts. Mais il s'est désormais engagé à payer chaque année 10 euros : pour cela, il doit geler 100 euros, ne pas les consommer, pour pouvoir indéfiniment payer les intérêts de sa dette. Lui reste donc 1100 - 10 - 100 = 990 euros + des vêtements.

L'individu peux trouver que la quantité de vêtements achetés par son agent est trop élevée, ou trop faible : en tout cas, cet exemple montre qu'il pas de raison de me préoccuper de la façon dont il finance cette dépense. En remplaçant l'individu par l'ensemble des contribuables, et l'agent acheteur de vêtements par l'Etat, ce modèle devient encore plus réaliste : car si un individu mourra un jour, la population et l'Etat durent éternellement. D'autre part, si pour un particulier il y a une différence entre taux de prêt et taux d'emprunt (le second étant plus élevé que le premier), dans le cas de l'Etat et des contribuables, ce problème tombe : le coût de la dette publique est exactement égal à ce qu'elle peut rapporter à un individu qui achète des obligations d'Etat.

Second Mythe : le chiffre du déficit public a une signification.

En réalité, il s'agit pour une économie dans son ensemble de l'une des données les moins significatives. Le déficit, rappelons-le, est la somme de consommation de ressources par le gouvernement, de transferts (prélever sur Paul pour donner à Pierre), et d'intérêts de la dette, d'où l'on déduit les recettes publiques (dont les prélèvements obligatoires). Pour l'économie d'un pays, cette addition n'a aucun sens. En effet :
- les intérêts de la dette ne constituent pas, pour l'essentiel, une charge pour la population. Pour la population, la dette n'en est pas une puisque si elle n'existait pas, il faudrait leur prélever des revenus sous forme d'impôts. Cette économie réalisée par les contribuables constitue une forme d'épargne, car c'est comme si nous n'avions pas eu à réaliser un montant de dépense égal à l'endettement public. Les intérêts de la dette sont donc compensés par les intérêts que rapporte ces revenus que les contribuables n'ont pas eu à débourser. De la même façon, lorsqu'on affirme que chaque français doit supporter une dette publique de 15 000 euros, on oublie premièrement que cette dette est d'ores et déjà compensée : on oublie aussi qu'une bonne partie de cette dette est détenue par les ménages français, il s'agit donc d'un simple transfert.
- les produits s'échangent contre des produits, la dépense publique n'est qu'un voile : une dépense publique consistant à consommer des ressources réelles constitue une charge pour la population : ce sont autant de facteurs de production qui auraient pu être utilisés autrement (ajoutons que la valeur réelle de la production publique issue de cette consommation de ressource n'est pas non plus prise en compte); par contre, un prélèvement (comme par exemple le versement d'une pension de retraite à un fonctionnaire) ne réduit pas la quantité de produits disponibles pour la population dans son ensemble.
- les dettes sous-jacentes ne sont pas comptées. Lorsque l'Etat émet des titres, il reçoit une certaine somme d'argent contre la promesse de la rembourser plus des intérêts dans l'avenir : on appelle cela un endettement public. Lorsque l'Etat s'engage à payer les retraites des salariés d'EDF et reçoit pour cela le versement d'une soulte, l'opération est exactement la même : une perception immédiate contre un engagement futur. Pourtant, dans le premier cas, l'émission de titres est comptée comme déficit, dans le second cas, comme recette. De la même façon, l'essentiel des engagements publics n'est pas pris en compte dans la dette : les retraites futures des fonctionnaires, par exemple, ne sont pas comptabilisées comme engagement. Faut-il croire que cette dette n'existe pas?
- L'inflation réduit la dette publique (comme celle de toutes les personnes endettées). La charge de la dette, de ce fait, est beaucoup plus faible qu'elle n'appararaît.
- La main droite du gouvernement n'ignore pas ce que fait sa main gauche : on peut toujours nous effrayer avec une composante du déficit (les retraites sont en déficit, ou autres "trous de la sécurité sociale"); en réalité, il s'agit de pures fictions comptables. Par exemple, lorsque la Sécurité sociale est en "déficit", celui-ci est financé par émission de titres, réductions d'autres dépenses, ou prélèvements fiscaux. Au bout du compte l'opération est un ensemble de dépenses et de recettes publiques, que l'on lie pour des raisons obscures. C'est comme si on affirmait que les recettes de TVA servent uniquement à financer l'éducation nationale, que l'on fasse la différence entre recettes de TVA et budget de l'EN, et qu'on s'inquiète gravement du terrible problème du "déficit croissant de l'éducation nationale".

Troisième Mythe : le déficit public est un fardeau.

Ce mythe présente diverses formes : parfois, on fera pleurer dans les chaumières en annonçant que les générations futures seront criblées de dettes; ou alors, que l'Etat exerce une "éviction" sur l'épargne nationale en élevant par sa dette les taux d'intérêt.
- les générations futures hériteront peut-être de notre endettement; mais elles hériteront aussi de notre épargne accumulée, et de l'ensemble du patrimoine constitué avec celle-ci et avec les dépenses publiques. On peut toujours dire qu'une partie de la dépense publique actuelle ne "sert pas" aux générations futures : mais bien malin qui pourra dire laquelle. D'autre part, les générations futures seront plus riches que nous : les contribuables de dans 25 ans seront environ deux fois plus riches que les contribuables actuels. Le déficit constitue un moyen de redistribution des riches (les français de demain) vers les pauvres (les français d'aujourd'hui). C'est une forme particulièrement juste de redistribution.
- l'endettement public est aussi supposé faire monter les taux d'intérêt. Les études empiriques ne montrent que rarement un effet conséquent de forts déficits publics sur les taux d'intérêt dans un pays. La raison en est simple : l'endettement public est en même temps un prêt aux contribuables, qui bénéficient de la dépense publique sans avoir à la payer sous forme d'impôts immédiatement. En s'endettant, le gouvernement emprunte à Paul, et lui accorde un prêt du même montant. Cette opération peut être menée indéfiniment sans effet sur les taux d'intérêt. On l'a bien vu lors du passage à l'euro : de nombreux pays (à commencer par la France) ont atteint leur objectif à l'aide d'artifices comptables, voire de dissimulation de dépenses (si tant est que cela ai un sens). En pratique, cela n'a eu aucun effet sur les taux d'intérêt en Europe qui sont déterminés par d'autres variables.

Pourquoi ces élements ne sont-ils que rarement pris en compte, et pourquoi la mythologie du déficit survit-elle? Pour plusieurs raisons. La première d'entre elles est une faute de logique, la fausse analogie : un gouvernement, un pays, ne fonctionnent pas comme un ménage ou une entreprise. Une entreprise, un ménage, qui s'endette, le fait auprès d'un tiers; mais le gouvernement n'est pas séparé de la population de cette façon. Il y a beaucoup d'irrationnel dans la perspective sur le déficit : La légende dit même (d'après F. Lordon) que le chiffre des "3% du PIB" a été choisi par P. Beregovoy en référence au "pire" atteint par les socialistes durant leurs errements de 1981-1983. Ce chiffre avait une dimension cathartique, symbolique : sa portée économique est beaucoup, beaucoup plus discutable.
Mais la seconde raison est le caractère commode de la discussion sur les déficits qui permet, en s'attachant à un débat totalement dépourvu d'intérêt, de négliger les vrais problèmes posés par les finances publiques. La dépense publique est-elle utile, efficace, juste, correspond-elle à des besoins réels? L'impôt est-il simple, peu distorsif? Le système fiscal est-il juste? la redistribution fonctionne-t-elle de façon satisfaisante? N'y-at-il pas des gaspillages publics? Tous ces aspects, qui permettent de juger l'action concrète du gouvernement (car il peut agir sur ces variables-là, bien plus que sur le chômage ou sur la croissance), sont gommés par la mythologie du déficit. Et pour les gouvernements français, tout ce qui permet de dissimuler la réalité de l'action publique est bon à prendre. Sinon, les citoyens pourraient demander des comptes, ça ferait des histoires.


AJH

#5 mc0tiga

mc0tiga

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Posté 08 août 2005 à 15:42

voila qui est interessant
mais il faut prononcer le mot "dette" devant un chef d'etat non corrompu du tiers monde (oui, ca existe encore) et voir sa réaction pour comprendre quel fardeau est la dette pour ces pays et combien de victimes elle fait

#6 AJH

AJH

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Posté 26 février 2006 à 13:50

Vous pouvez télécharger ce qui suit ici:

http://tiki.societal...e.php?fileId=18

et diffuser un maximum !

================

Lettre ouverte

Aux membres de notre gouvernement
à nos élus
et à toutes celles et ceux


qui font de la réduction de la dette publique une priorité

La dette en France, représente à ce jour, environ 1100 milliards d’euros et la charge annuelle du seul paiement des intérêts représente presque le produit de l’impôt sur le revenu. Ces chiffres, à première vue, ont de quoi inquiéter le citoyen qui, naturellement, considère la situation de la Nation comme s'il s'agissait de la sienne. Il se dit à juste titre que ce n’est plus supportable et que les membres du gouvernement, soutenus par une majorité d’élus, on bien raison de faire une priorité nationale de la maîtrise des dépenses de l’Etat et de la réduction du déficit public. Cette volonté s’est traduite, par exemple, par l’affectation intégrale au désendettement des 10 milliards de plus-values de recettes de 2004, et des 10 milliards provenant de la cession des sociétés d’autoroutes.

Cela semble plein de bon sens ; pourtant la question juste et prioritaire ne devrait-elle pas être celle de se demander comment sortir de cette situation inique, absurde, pour ne pas dire scandaleuse, qui fait que l’Etat doive s’endetter auprès des banques et payer un intérêt pour avoir accès à son propre argent?

Quel que soit le gouvernement en place, il semble qu’il n'ait à sa disposition que deux leviers de commande: maîtriser les dépenses d’un côté, soutenir la croissance de l’autre. Et tout le monde, majorité et opposition, de s'accorder comme un seul homme sur cette «évidence»! Les divergences napparaîssent que dans l’application selon les sensibilités en place. Seulement voilà, ça ne marche pas, car il est une autre évidence qui, celle là, semble échapper à la plupart : REDUIRE LES DEPENSES DE L’ETAT APPAUVRIT LA NATION, car ses dépenses se traduisent par du travail qui enrichit la nation, QUANT A LA CROISSANCE, SI ELLE EST UNE SOLUTION ECONOMIQUE, ELLE EST UNE ABERRATION ECOLOGIQUE. Il serait donc temps de cesser de jouer à l'autruche si nous voulons éviter la catastrophe économique ou la catastrophe écologique, que le recul que nous avons maintenant et les indicateurs nous annoncent de plus en plus précisément, sans avoir besoin d'être grands devins.

Je ne m’étendrai pas plus sur les effets pervers de la croissance qui commencent à être largement perçus, quoique trop souvent ignorés, mais sur la question de la dette publique qui, elle, est beaucoup plus confuse dans les esprits.

Le point essentiel sur lequel je voudrais insister, repose sur le fait qu’en économie il n’est fait aucune distinction entre intérêt particulier et intérêt collectif. C’est ce qui conduit la quasi globalité de la classe politique, toutes tendances confondues, à croire que c’est faire preuve de civisme et de responsabilité que de chercher à gérer le pays «en bon père de famille».

Chaque fois qu’un homme politique explique à la Nation qu’un Etat n’a pas le droit de vivre au dessus de ses moyens, qu'il doit se gérer comme le budget familial, j'ai des frissons d'indigantion et je frémis de voir combien le dogme économique peut être puissant au point d'engluer les esprits les plus brillants.
Pour comprendre les choses il convient de préciser quelques points qui échappent à la plupart :

Si j'emprunte 1000 euros à mon voisin, j'ai une dette envers lui, car il m'a cédé pour un temps une partie de sa richessse. Il est normal aussi que je lui verse un intérêt pour compenser la recette potentielle dont il s'est privé en amputant ses ressources.

Il fut un temps où l'argent existait sous forme de pièces en métaux précieux. C'est ce que l'on appelle l'argent «permanent». Il arrivait que les princes et les rois, aient recours à l'emprunt auprès de personnes privées fortunées pour financer leurs ambitions. Si l'Etat emprunte à des particuliers une part de leur richesse existante, il est en dette pour la même raison et doit répondre aux mêmes obligations.

Mais au fil de l'histoire, l'argent s'est dématérialisé, au point qu'aujourd'hui il « n'existe plus ». Depuis 1971, il n’est plus relié à aucune matière précieuse. Ainsi sommes-nous passés d’une « monnaie permanente » représentée autrefois par les pièces d’or et d’argent, plus récemment par des billets garantis par de l’or, à une « monnaie de banque », dématérialisée et temporaire. Pourquoi temporaire ? Parce qu'elle n'existe qu'entre le moment où elle est prêtée et le moment où elle est remboursée.

Mais il est une autre particularité de l'argent moderne: l'argent prêté par les banques n'est pas celui que d'autres personnes ont en trop et laissent en dépôt, mais de l'argent qui « n'existe pas » et que la banque « crée » sur la seule confiance qu'elle accorde à l'emprunteur quant à sa capacité à la rembourser. C'est ce que l'on appelle « la création monétaire « ex nihilo » (création à partir de rien). C'est la seule évolution des pratiques bancaires, sous la pression des évènements de l'hitoire, qui a conduit à cette situation pour le moins choquante, que les banques ont accaparé, d'une part, un privilège d'Etat, et d'autres part, se sont rendues propriétaires d'un argent qui n'existe pas, et qu'elles n'hésitent pas à prêter avec intérêt !

Je ne m'insurge pas contre le principe de la création monétaire, car elle représente un mécanisme qui garantit potentiellement que l'argent ne puisse pas manquer, ce qui est une bonne nouvelle; je m'insurge contre le fait que ce privilège soit abandonné à des intérêts privés ! Qu'un Etat soit en dette à l'égard d'une personne privée quand celle-ci prête une partie de sa richesse existante, soit, mais qu'il soit en dette à l'égard de cette même personne pour une richesse qu'elle sort de son chapeau, non! Voilà ce qui est insupportable: accepter sans rien dire qu'une Nation soit obligée de payer une entreprise privée pour avoir accès à son propre argent! Trouveriez vous normal que l'on vous fasse payer les légumes que vous faites pousser dans votre potager ? Et bien c'est cela la dette de l'Etat.

Tous les jours aux nouvelles, et à chaque échéance électorale, les mêmes problèmes … L’emploi, la sécurité sociale, les retraites, l’environnement etc… Ces problèmes occupent à temps plein la classe politique, les pouvoirs publics et pas mal d’associations. Pourtant ce sont de FAUX PROBLEMES : entendons-nous, ils sont bien réels dans la mesure où ils sont sources de souffrances pour bien des gens, mais FAUX en ce sens qu’ils ne sont que les SYMPTOMES d’un problème plus profond :


Problème de l’emploi? Comment pourrait il y avoir un problème dans un monde qui totalise plus de 200 millions de chômeurs et où tant de besoins essentiels restent à satisfaire? il y a plus à faire que de bras et de cerveaux disponibles! Non, il n’y a pas de problème de l’emploi mais de FINANCEMENT de l’emploi!


Problème de santé publique? Comment pourrait-il y avoir un problème dans un monde où les connaissances, les pratiques et les techniques se sont considérablement développées et continuent de le faire chaque jour; dans un monde qui offre, en plus de la médecine traditionnelle, un vaste choix de thérapies nouvelles… Non, il n’y a pas de problème de santé publique, mais de FINANCEMENT des systèmes de santé.


Problème d’environnement? Comment pourrait-il y avoir un problème dès lors que l’on sait ce qu’il faut faire pour préserver les équilibres vitaux… Non, il n’y a pas de problème de l’environnement, mais de FINANCEMENT des solutions applicables.


Et ainsi de suite pour tous les problèmes que l’on peut évoquer. Notre monde en est arrivé au paradoxe suivant : LA MOITIE DE L’HUMANITE MEURT DE SOIF A COTE D’UN PUITS REMPLI D’EAU PARCE QU’ELLE N’A PAS L’ARGENT QUI LUI PERMETTRAIT D’Y AVOIR ACCES.

A l'heure où l’Europe se construit, n'est-il pas essentiel qu’elle trouve une voie nouvelle? N'est-il pas essentiel qu’elle refuse de s’enfermer dans l’impasse où conduit le modèle du libéralisme américain? N'est-il pas essentiel que les hommes au pouvoir fassent preuve d’imagination en trouvant autre chose que la potion, qui n’est plus magique du tout, des « deux leviers »? N'est-il pas essentiel que la Vie et le bien être de tous les peuples l’emportent sur l’orthodoxie d’un système qui, pour être dominant, démontre chaque jour un peu plus son inadéquation à répondre aux défis humains et écologiques? La chose n'est pourtant pas si difficile à comprendre! TANT QUE LA CREATION MONETAIRE SERA ABANDONNEE AUX BANQUES COMMERCIALES PAR LE BIAIS DE L’EMPRUNT A INTERET, IL N’Y AURA JAMAIS ASSEZ D’ARGENT POUR FINANCER LES SOLUTIONS AUX PROBLEMES DE NOTRE TEMPS.

Car si l'on veut vraiment s'y atteler, les sommes en jeu sont CONSIDERABLES! Or on le sait, le poids de « la dette » est tel, qu'il interdit tout nouvel emprunt! Sauf si... les règles du jeu étaient définies par les peuples eux-mêmes, par le moyen du jeu démocratique, pour servir l’intérêt commun; sauf si...les Etats étaient restaurés dans leur pouvoir régalien d’émettre la monnaie! Alors il n'y aurait plus de dette, ou si dette il y avait, elle ne serait qu'envers eux-mêmes; l'intérêt ne se justifierait plus, ni la nécessité de rembourser la dette.

Seulement voilà! Pour le moment, l'élite dirigeante mondiale considère comme normal que les citoyens d’un pays paient par leurs impôts (donc prélèvent sur leur richesse) les intérêts demandés par les banques privées, pour permettre à l’Etat d’avoir accès à son propre argent. Ce qui me sidère, c’est que nos élus, théoriquement en charge du respect de l’intérêt commun, ne bronchent pas, et ne cherchent aucunement à y porter remède. Bien au contraire, les voilà qui se félicitent, en bons élèves du système, d'avoir réduit la dette de 20 milliards... 20 milliards qui retournent à néant. Quelle belle victoire! Plus que 1080 milliards à trouver (18000 euros par français) et on sort du tunnel! Quel acte politique de grande envergure, autrement plus glorieux que de mieux rémunérer les infirmières par exemples, ou de créer des emplois d'intérêt collectifs où de nombreuses personnes, aujourd'hui privée d'emploi... mais surtout de dignité, de sens d'utilité, retrouveraient une place dans la société et dans leur vie...

Mais que voulez-vous qu'ils fassent me direz vous ? Cette question ne nous appartient plus, car nous sommes passés à l’Euro.

La belle affaire! N'est-ce pas justement une fabuleuse opportunité à saisir pour l'Europe ? N'est-ce pas un sujet mobilisateur et inspirant pour les peuples qui la composent et un réel espoir pour le monde entier ? Alors oui, que cette question soit au cœur des débats ! Car ce que nous vivons pour le moment est une mascarade qui laisse supposer aux peuples qu’ils sont maîtres de leur destin par le jeu démocratique, alors que les politiques qu'ils élisent et qui les représentent n’ont aucun pouvoir. Pourquoi? Parce que la pensée politique est complètement encadrée, enfermée dans la logique bancaire qui tient les cordons de la bourse. Nos dirigeants politiques sont tenus en laisse! Sans doute trouvent-ils plus d'intérêt à être le chien plutôt que le loup de la fable...

Mais en attendant, cela restreint considérablement leurs possibilités et les condamne à ne prendre que des mesurettes dont le seul effet est de déplacer les problèmes, pour ne pas nuire aux intérêts particuliers immédiats. Demandez-vous après cela d’où vient la désaffection des citoyens à l’égard de leurs élus ? Demandez-vous pourquoi la France, entre autre, a refusé la Constition d'une Europe qui n'aurait aucun pouvoir sur sa Banque Centrale?

Quelle que soit l'ampleur du sujet, le bon sens devrait conduire à remettre en question tout système, tout principe, dès lors que ses conséquences sont nuisibles, suicidaires, parfois criminelles. Au lieu de cela, nos présidents jouent les commis voyageurs quand ils se déplacent à l’étranger dans l'espoir de vendre quelques avions ou quelques trains; au lieu de cela, nos élus se bornent à n’être que de «bons comptables»! Je ne doute pas de leur bonne foi et de leur dévouement; je ne doute pas non plus qu'ils aient une vision plus élevée de leur mission, mais voilà à quoi ils réduisent eux-mêmes leur fonction en acceptant que l'économique et le financier dirigent le politique, en refusant de restaurer la Nation dans ce qui lui revient de droit.

Et ne croyez pas que cette proposition de ré appropriation du pouvoir de la création monétaire par l’Etat soit une lubie personnelle. Ce débat existe depuis longtemps, de façon trop souterraine certes, mais de façon affirmée toutefois, ne serait-ce que par des gens comme Maurice Allais ou Irwin Fisher, tous deux prix Nobel d’économie. Alors vous qui vous inquiétiez de la dette, je vous en prie, ne vous demandez plus comment rembourser les intérêts injustes d’une dette irremboursable à moins de mettre le pays à genoux, et devenez le porte parole de cette idée de la ré appropriation du pouvoir de création monétaire par les Nations. En oeuvrant ainsi, vous contribuerez à redonner aux peuples le pouvoir sur leur destin, vous deviendrez un citoyen du monde porteur de tous les espoirs pour une amélioration générale de la qualité de la Vie, vous nourrirez la conscience collective qui très prochainement, je l'espère, fera germer une classe politique plus réaliste et consciente des vrais défis.


Philippe Derudder
Animateur de l'association AISES
(Association Internationale pour le Soutien aux Economies Sociétales)
phd@aises-fr.org

Auteur de :
« La renaissance du plein emploi ou la forêt derrière l'arbre » - Ed. Guy Trédaniel
« Les aventuriers de l'Abondance » - Prix spécial Ch. Vidal 2000 pour une alternative de vie, aux éd. Yves Michel
« Rendre la création monétaire à la société civile » - aux éd. Yves Michel


#7 Malkuth

Malkuth

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Posté 26 février 2006 à 15:08

les profs de droit budgétaire et fiscal en fac de droit disent qu'il faut vivre a découvert, sinon on  rapporte trop d'argent aux banques : les Etats ont parfaitement appliqué ce principe...

C'est pour cela que TOUS les pays du monde ont une dette faramineuse, et ils ne s'en préoccupent guère ...

#8 Mateo

Mateo

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Posté 26 février 2006 à 15:26

Certains profs d'université disent de la .....

Ce message a été modifié par Mateo - 26 février 2006 à 15:48.


#9 Malkuth

Malkuth

    eternel ignorant

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Posté 26 février 2006 à 15:33

Citation

Les profs disent de la .....

C'est pas croyable d'entre des trucs pareils ... tu m'étonnes que tant d'air soit brassé ici avec ce genre de propos non argumenté, non fondé, et pathétique.

Matteo tu penses ce que tu veux sur le discours des profs, mais dans le référentiel qui est le leur : c'est a dire droit fiscal et droit budgétaire pour le cas présent, tu aurais bien des choses a apprendre. Ce qui te permettrait de discuter constructivement en apportant de la connaissance au forum...

Seulement voila, tu as la science infuse, tu es connecté avec les bibliothèques akashiques et tu sais tout, les universités n'ont jamais produit de connaissance valable etc...

Matteo c'est le discours typique du tout blanc ou tout noir, bref de manichéisme digne de l'école primaire.

SI tu avais fait des études tu dirais peut etre moins de connerie.

Tu pourrais passer ta vie a la faculté que tu n'en aurais pas tout appris. C'est pas parce que tu as raté ta scolarité que tu dois stigmatiser ceux parmi lesquels tu as refusé d'apprendre.

A bon entendeur

#10 Mateo

Mateo

    Chercheur de vérités

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Posté 26 février 2006 à 15:45

Je n'ai pas raté ma scolarité.

La gestion de la dette est seulement la transmission à mes yeux d'une pensée politique.

Je vais prendre un exemple anglais :

Rappel des faits :

Citation

La police britannique a arrêté un homme et une femme, jeudi, dans le cadre de son enquête sur le braquage du dépôt d'un transporteur de fonds dont le butin constitue un record dans les annales de l'histoire criminelle britannique.

L'homme de 29 ans et sa complice présumée de 31 ans ont été interceptés à Londres à deux adresses différentes. Ils sont soupçonnés de « conspiration pour commettre un cambriolage ».

Lors d'un point de presse, la police du Kent a précisé que les enquêteurs étaient à la recherche d'informations concernant une fourgonnette rouge qui aurait pu être utilisée par les braqueurs. Ce véhicule, retrouvé abandonné près d'un pub, a peut-être été utilisé pour l'enlèvement de la femme et du jeune fils du directeur du dépôt du transporteur de fonds Securitas, à Tonbridge, à 60 kilomètres au sud de Londres.

Plus tôt, l'entreprise et ses assureurs ont promis une récompense de deux millions de livres (quatre millions de dollars canadiens) à toute personne qui aiderait à retrouver le butin et les coupables, soit la plus grosse récompense jamais offerte en Grande-Bretagne.

Un vol audacieux

Les voleurs ont réussi à pénétrer dans le dépôt au cours de la nuit de mardi à mercredi. Ils y avaient été conduits par le responsable du dépôt. Menaçant l'homme de s'en prendre à sa femme et à son fils de 8 ans, qu'ils avaient également enlevés, les malfaiteurs l'ont forcé à collaborer. Ils l'ont emmené au dépôt, où au moins six hommes armés ont ligoté le personnel avant de charger l'argent dans une camionnette et de prendre la fuite. Le gérant du dépôt et sa famille ont ensuite été relâchés sans être blessés.

Le butin volé atteignait 50 millions de livres (100 millions de dollars canadiens). Il s'agit de la somme la plus élevée jamais dérobée en Grande-Bretagne et probablement dans le monde.

Le fameux vol du train postal entre Londres et Glasgow, en 1963, s'était soldé par un butin équivalant aujourd'hui à 80 millions de dollars canadiens.



Citation

L'une des plus belle idiotie, la déclaration d'un responsable Anglais, suite au casse du siècle(le dernier).
La perte des sous(je traduit) ne coutera rien au contribuable, puisque les sommes volées étaient assurées !

Idiotie car l'argent d'une banque n'est pas faite pour se retrouver dans le circuit physique. 50 millions de livres qui vont apparaitre sur le marché. Qu'est ce que ça va faire vous pensez ?


Inflation ?


Si le système s'effondre ils auront l'air malin avec des phrases " l'état doit vivre à découvert".

Après moi j'y connais rien et je me trompe à 99 % du temps.

#11 AJH

AJH

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Posté 26 février 2006 à 16:00

Malkuth, le Dimanche 26 Février 2006, 14:51, dit :

les profs de droit budgétaire et fiscal en fac de droit disent qu'il faut vivre a découvert, sinon on  rapporte trop d'argent aux banques : les Etats ont parfaitement appliqué ce principe...

C'est pour cela que TOUS les pays du monde ont une dette faramineuse, et ils ne s'en préoccupent guère ...
????

"à découvert" .. je pense que tu veux dire "à crédit" ?
Si c'est bien cela, cette phrase n'a pas beaucoup de sens, car vivre à crédit c'est justement rapporter de l'argent aux banques (qui sont les créatrices de monnaie "payante")

#12 Malkuth

Malkuth

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Posté 26 février 2006 à 16:53

Citation

"à découvert" .. je pense que tu veux dire "à crédit" ?

Les 2, car étant à découvert, ils sont du coup forcé d'emprunter => cercle vicieux pour les uns, et vertueux pour d'autres.

Matteo, ok pour ce qui est des circuits monétaires, les vols alimentant le plus souvent des économies souterraines ou les blanchiements ( ce qui est quasiement la meme chose en finalité )

Bref ... les profs de disent pas QUE de la merde, et quelque soit l'angle d'approche, nous pouvons en apprendre beaucoup soit sur le systeme lui meme, soit sur ceux qui le reproduisent idéologiquement etc...

Bien a vous.

#13 Mateo

Mateo

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Posté 26 février 2006 à 18:02

Une question :

Prenez le comme vous voulez :

Quand je dis que l'Iran a déjà la bombe mais pas de lanceur on me dit tu répètes ce que la class médias te mets dans le crâne.

Quand tu répètes ce que les profs d'universités disent tu développes des idées pertinentes.

Bizarre.

Voilà non les profs ne disent pas que des conneries mais en disent quand même. Enfin ils sontl à pour faire apprendre et non pour appliquer les théories qu'ils enseignent.

Amicalement.

:bravooo:

#14 Didier

Didier
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Posté 26 février 2006 à 21:14

Mateo

Citation

Citation

L'une des plus belle idiotie, la déclaration d'un responsable Anglais, suite au casse du siècle(le dernier).
La perte des sous(je traduit) ne coutera rien au contribuable, puisque les sommes volées étaient assurées !


Idiotie car l'argent d'une banque n'est pas faite pour se retrouver dans le circuit physique. 50 millions de livres qui vont apparaitre sur le marché. Qu'est ce que ça va faire vous pensez ?

Inflation ?

Si le système s'effondre ils auront l'air malin avec des phrases " l'état doit vivre à découvert".

1) L'Etat doit vivre à découvert, c'est une idiotie. (vu les convictions du gars)

2) Sur l'effet inflationniste, je vais modestement proposer mes derniers articles sur mon blog : http://didierlacapelle.Over-blog.com

#15 Mateo

Mateo

    Chercheur de vérités

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Posté 26 février 2006 à 21:25

Merci c'est interessant !

Dis moi pourquoi les hommes politiques font tous des blogs et non pas des forums ? Je trouve les forums plus vivant, interactif, et subtile que les blogs (c'est mon avis arbitraire).

#16 Didier

Didier
  • Invités

Posté 26 février 2006 à 22:16

Faire un blog, c'est un petit peu plus simple. Quant à moi ça me permet de modérer les commentaires de Mateo :biglol:

#17 Terrienne

Terrienne
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Posté 07 janvier 2010 à 10:54

Je reprends ce topic pour vous mettre un lien sur une information qui semble échapper aux médias conventionnels :

LA DETTE PUBLIQUE EN FRANCE ATTEINT 75,8 % DU PIB, UN NOUVEAU RECORD

J'extrais cet article ici (une copie en quelque sorte...)

Citation

La dette publique de la France a atteint à la fin du troisième trimestre un nouveau sommet à 75,8% du produit intérieur brut (PIB), une ascension qui devrait se poursuivre dans les prochaines années.

Cette dette, calculée selon les critères européens de Maastricht et qui recouvre les comptes de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales, s'élevait fin septembre à 1.457,4 milliards d'euros, en hausse de 29,4 milliards en trois mois, a annoncé mercredi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente "approximativement" 75,8% du PIB, soit 1,9 point de plus qu'à la fin juin et bien au-delà du seuil de 60% autorisé par le pacte de stabilité européen.

La dette publique française, à l'instar de celle des autres pays, n'a cessé d'exploser sous le poids de la récente récession et des mesures de relance adoptées pour y faire face.

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé l'organisation en janvier d'une conférence nationale sur les moyens de résorber les déficits et la dette, afin de respecter les engagements européens de la France.

Le déficit public français atteint aussi des niveaux record: il est attendu à 8,2% du PIB cette année et à 8,5% en 2010. La Commission européenne a demandé à la France de le ramener sous le seuil autorisé de 3% du PIB d'ici 2013, un délai d'abord jugé irréaliste par Paris, qui a toutefois fini par accepter de s'y plier.

Le gouvernement français prévient toutefois qu'il ne pourra respecter cette échéance qu'à condition de renouer avec une croissance forte dès 2011, répétant qu'il est hors de question pour lui d'augmenter les impôts.

D'après la loi de finances pour 2010, la dette publique doit passer de 67,4% fin 2008 à 77,9% du PIB au terme de cette année. Le gouvernement tablait sur une dette à 84% du PIB pour l'an prochain, avant même de mettre en chantier son grand emprunt, qui devrait la faire monter encore d'environ un point.

Cette progression devrait se poursuivre au moins jusqu'en 2013 (91%).

Selon l'Insee, le surplus de dette enregistré au troisième trimestre sert essentiellement à financer le déficit budgétaire de l'Etat.

La contribution de l'Etat à la dette publique progresse ainsi de 23,4 milliards en trois mois, tandis que celle des administrations de Sécurité sociale augmente de 5,9 milliards, notamment sous l'effet d'une hausse de l'endettement de l'Agence centrale des organismes de Sécu (Acoss, +3,9 milliards).

De son côté, la hausse de la contribution des administrations publiques locales reste limitée, à 0,5 milliard, "un mouvement comparable à ceux observés lors des troisièmes trimestres des années précédentes", relève l'Insee.

Je ne suis pas experte, je ne fais donc pas de commentaire, mais je suis néanmoins citoyenne de ce pays. Et ma réaction, primaire je vous l'accorde, à la lecture de cet article c'est : "On va où là ? Qu'est ce qui va nous arriver, qu'est ce qui va se passer ?????"  :gueulecassee:

Merci d'éclairer ma lanterne  :thermo:

(Philippe Séguin est décédé aujourd'hui. De tous les Premiers présidents de la Cour des Comptes, il était (c'est mon avis) le plus remarquable. On risque fort de regretter son absence...)

Ce message a été modifié par Terrienne - 07 janvier 2010 à 11:09.


#18 henriksen

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Posté 07 janvier 2010 à 11:09

philipe seguin c'est triste etc... paix a son ame !! mais dans le genre magouille et detournement il etai pas le dernier...j'aime pas qu'on fasse passé des gens pour des sauveurs seulement parce qu'ils sont mort c'est triste pour la personne mais l'homme en question n'etait pas blanc blanc...

malheuresement niveau dette cela va jamais se resorber rappelez vous notre president 2012 dette divisé par deux...en fai sa sera multiplié par 4

et ce qui va se passer un jour soit la pays s'ecroule de lui meme un peu comme lislande soit on te supprimera tout les acquis sociaux...

#19 yoananda

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Posté 07 janvier 2010 à 11:18

Faut relativiser ces histoires de dettes. Celle du Japon est de 230% du PIB.
Celle des USA en cumulé (dette publique, privée, et entreprise) 500 et quelques pourcents (de mémoire).
Le problème n'est pas vraiment la puisque nous utilisons de l'argent-dette pour faire tourner l'économie.
Les bisounours m'ont tuer

#20 henriksen

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Posté 07 janvier 2010 à 11:33

Voir le messageyoananda, le 07 janvier 2010 à 11:18, dit :

Faut relativiser ces histoires de dettes. Celle du Japon est de 230% du PIB.
Celle des USA en cumulé (dette publique, privée, et entreprise) 500 et quelques pourcents (de mémoire).
Le problème n'est pas vraiment la puisque nous utilisons de l'argent-dette pour faire tourner l'économie.

oui mais laissant ça tu va augmenter l'inflation

#21 yoananda

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Posté 07 janvier 2010 à 12:02

Voir le messagehenriksen, le 07 janvier 2010 à 11:33, dit :

oui mais laissant ça tu va augmenter l'inflation
Non pas forcément. La preuve, toujours pas d'inflation dans ces 3 pays.
Et même si inflation il y a ... ou est le problème ???
Les bisounours m'ont tuer

#22 henriksen

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Posté 07 janvier 2010 à 13:08

Voir le messageyoananda, le 07 janvier 2010 à 12:02, dit :

Non pas forcément. La preuve, toujours pas d'inflation dans ces 3 pays.
Et même si inflation il y a ... ou est le problème ???


les prix vont encore augmenter !
Et si tout les pays européens sont pareil ta monnaie perdra de sa valeur

Ce message a été modifié par henriksen - 07 janvier 2010 à 13:09.


#23 interlude

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Posté 07 janvier 2010 à 15:16

Je n'ai pas un master en économie mais pour le peu que j'y connaisse, nous sommes en période transitoire entre d'une part, les effets déflationnistes de la récession qui fait suite à la crise ( économique et financière) et d'autre part, les efforts des banques centrales qui par leurs taux directeur très bas et l'impression monnaitaire provoque de l'inflation qui vient en partie compenser la déflation provoquée par la perte d'échange économique (crise).

L'état à ma connaissance a trois moyens de combler sa dette. La première consiste balancer des réformes qui auront pour butes de renflouer les caisses soit par une meilleure activité économique , soit par des licenciements massifs de la population "inéfficasse", soit par des nouvelles mesures fiscales ( impots, tva , taxes éco etc...). Dans tout les cas, la population paye en toute connaissance de cause.
La seconde solution appartient au gouvernement de trouver des créditeurs étranger (sans garanties certaines de remboursement ) ou de revendre une partie de sa structure, ses possessions. Ceci Mène souvent à des conflits voir la guerre.
La troisième solution résulte de l'inflation qui résulte elle, de l'impression massive de billets. Cette dernière est la plus pratiquée car c'est une manière en sois d'imposer le population sans qu'elle ne bronche de trop. L'inflation voir, dans le cas extrême l'hyper inflation permet de relancer les exportations mais aussi de transférer les économies du citoyen vers les institutions qui impriment cette argent. L'argent du citoyen baisse en valeur, mais de nouveaux billets sont produits. Reste à savoir si l'état , les mettras en circulation dans le pays ou l'utilisera pour combler le trou de la dette. Dans ce dernier cas, l'argent sort directement du pays.... Le citoyen lambda, sans sans rendre compte viens de débiter les créditeurs de l'état. ;)

J'espère ne pas me planter trop sévèrement :S

#24 Terrienne

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Posté 07 janvier 2010 à 15:16

Voir le messagehenriksen, le 07 janvier 2010 à 11:09, dit :

j'aime pas qu'on fasse passé des gens pour des sauveurs seulement parce qu'ils sont mort c'est triste pour la personne mais l'homme en question n'etait pas blanc blanc...

:humhum: Elle est bien bonne celle-là... Je fais passer Séguin pour un héros  :biglol:   Franchement, c'est agaçant henriksen, il serait agréable que tu lises et relises avant de répondre à ce que d'autres pensent, pèsent et relisent avant de poster. Alors, afin d'être claire et pour virer clichés et amalgames : Séguin est mort c'est un fait (tu dis triste ? : pour moi pas du tout, pour lui encore moins : il est mort...) Je dis remarquable en qualité de premier président de la cour des comptes parce qu'on ne pouvait pas le louper, il a qq peu dérangé Sarkozy et ses adeptes. Et j'évoque la probabilité de regrets de son absence parce qu'il va évidemment être remplacé... par qui ? (j'opte pour un fils caché, un demi-frère ou un cousin lointain du roi). Il y la mort libératrice des tourments de l'existence et y'a... des morts libérateurs

@Yoananda :
Tu dis qu'il faut relativiser ces histoires de dettes en citant le Japon et les US. En ce qui me concerne, savoir que mon voisin est plus endetté que moi ne me console pas, ne m'aide pas à résoudre le problème. On paye beaucoup, de plus en plus, on vit sur une planete ou plus rien n'est gratuit (meme l'air qu'on respire va être taxée...) Je regrette Yoananda, je ne comprends ce qu'il faut relativiser... Un peu plus, un peu moins (de dettes) c'est pas grave, c'est ça ? 29,4 Milliards d'euros de dette supplémentaire en 3 mois ! ça me méga-choque  :peur:

Ce message a été modifié par Terrienne - 07 janvier 2010 à 15:17.


#25 yoananda

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Posté 07 janvier 2010 à 15:26

Voir le messageTerrienne, le 07 janvier 2010 à 15:16, dit :

@Yoananda :
Tu dis qu'il faut relativiser ces histoires de dettes en citant le Japon et les US. En ce qui me concerne, savoir que mon voisin est plus endetté que moi ne me console pas, ne m'aide pas à résoudre le problème. On paye beaucoup, de plus en plus, on vit sur une planete ou plus rien n'est gratuit (meme l'air qu'on respire va être taxée...) Je regrette Yoananda, je ne comprends ce qu'il faut relativiser... Un peu plus, un peu moins (de dettes) c'est pas grave, c'est ça ? 29,4 Milliards d'euros de dette supplémentaire en 3 mois ! ça me méga-choque  :peur:
Et pourtant, s'endetter c'est "normal" pour une entreprise, a fortiori un état. C'est signe de bonne santée. Mais pour un particulier, c'est différent, en effet ;-)
Il ne faut pas oublier que les dettes c'est virtuel. Ce qui compte c'est les actifs.
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#26 Fleur de Diamant

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Posté 07 janvier 2010 à 16:24

Voir le messageyoananda, le 07 janvier 2010 à 15:26, dit :

Et pourtant, s'endetter c'est "normal" pour une entreprise, a fortiori un état. C'est signe de bonne santée. Mais pour un particulier, c'est différent, en effet ;-)
Il ne faut pas oublier que les dettes c'est virtuel. Ce qui compte c'est les actifs.

C'est pour cela que l'Etat a acheté un airbus A380 qui va coûter 20000 € l'heure de vol. Ca ne fait qu'à ajourter dans le poids de la balance, et pas du bon côté.
Ce que tu donnes est à toi, mais ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse.

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#27 yoananda

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Posté 07 janvier 2010 à 16:39

Voir le messageFleur de Diamant, le 07 janvier 2010 à 16:24, dit :

C'est pour cela que l'Etat a acheté un airbus A380 qui va coûter 20000 € l'heure de vol. Ca ne fait qu'à ajourter dans le poids de la balance, et pas du bon côté.
Ouiiii !!! Très bon exemple que tu prends la !
Tout dépends de ce qu'on fait de ces dettes. En l'occurrence, c'est un des choix les plus pourris qu'on puisse faire. Le transport en avion consome en moyenne 85X plus d'énergie qu'en train. A l'heure ou le pétrole se fait rare, ce genre d'achat pour que Mr le petit président puisse se sentir plus grand vont a contre courant de l'histoire.
La dette n'est pas le problème, mais ce qu'on fait de cet argent, ca, c'est un vrai problème !!!
Que cet argent aille dans des actifs qui "gâchent" est un problème. Qu'il aille enrichir les ultra-riches aussi, etc...
C'est la redistribution qui compte.
Malheureusement, on va payer très cher les visions de notre présidents qui vont aussi loin que sa taille le lui permet. C'est à dire, pas bien loin, vu qu'en plus, il a tendance a se regarder le nombril.
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#28 rahotep

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Posté 07 janvier 2010 à 17:57

Grand bien nous prenne de nous préoccuper de cette dette ! Car un jour, il faudra bien la payer ! Et, croyez bien que ce n'est pas ceux qui gouvernent qui le feront a votre place ou a celle de vos enfants !


Alors, La France est elle malade de sa dette !?

Cela, pourtant, ne date pas d'hier. Toutefois le NOM, quelque soit le pays, a décidé de mettre les bouchées doubles pour 2010. Pensons Crack financier ! Ouvrons notre esprit a la possibilité qu'un état, qui n'est autre qu'une entreprise puisse être racheté.

Impensable me direz vous ! Et pourtant, lorsque les Banques et le FMI fermeront les robinets et nous présenterons la facture, aussi virtuelle soit elle, il faudra bien payer !

Mais alors, racheté avec quoi ! De la monnaie de singe qui ne vaudra plus rien ou de l'or sonnant et trébuchant ?

Posons nous la question et comprenons que si l'or augmente c'est qu'il se fait rare !

Pourquoi donc a votre avis ?


Aller ! Une petite révision s,impose avant, d'aller plus loin :


Que cache la croissance de la dette publique ?

Il ne se passe plus guère de semaine si ce n’est de jour sans que la presse, la radio ou la télévision ne consacre, généralement sur un ton alarmiste, un éditorial et un article au thème de la croissance continue de la dette publique. Evolution immanquablement présentée comme une «catastrophe nationale» puisque cette dette croît actuellement au rythme de quelque 8000 € par seconde [1] et fait «peser sur chaque Français naissant» aujourd’hui une obligation de remboursement qui s’élevait à 20’600 € fin 2008 [2].

Si l’on veut dépasser cette présentation spectaculaire de la situation pour comprendre ce qui est en jeu dans la dérive actuelle des finances publiques, quelques rappels s’imposent tout d’abord quant à l’évolution de cette dette. Après quoi nous passerons à l’analyse de ses différentes composantes.

L’évolution de la dette publique: un gouffre grandissant

Commençons par définir ce qu’on entend par dette publique. C’est l’endettement brut de l’ensemble des administrations publiques: État, collectivités locales et organismes assurant la protection sociale, soit le montant de leurs engagements financiers que ces administrations doivent en principe rembourser à leurs créanciers, avec intérêt. Elle s’élevait à 1428 milliards € au 30 juin 2009 soit 73,9 % du produit intérieur brut (PIB); elle n’était que de 1268 Mds € au 30 juin 2008, représentant 65,7 % du PIB [3].

Notons que, si l’on tient compte de l’ensemble des actifs (financiers et non financiers) de ces mêmes administrations, la perspective change du tout au tout: avec un montant d’actifs non financiers de quelque 1450 Mds € et d’actifs financiers pour quelque 800 Mds €, les administrations publiques détiennent actuellement un patrimoine net (actif moins passif) de plus de 580 Mds € fin 2008 [4]. Il est singulier que les pourfendeurs de la dette publique ne le signalent que rarement.

Sur les trente dernières années (1978-2008), la dette publique française s’est considérablement alourdie au fur et à mesure où le déficit courant devenait structurel et s’aggravait lui-même [5]. En 1978, la situation n’est déjà pas très brillante puisque la dette représentait alors 21 % du PIB et que cette année-là le déficit de finances publiques s’élève à 1,3 % de ce même PIB; des chiffres cependant enviables au regard de la situation actuelle… D’autant plus que les deux années suivantes (1979 et 1980) marquent le retour à l’équilibre budgétaire (+ 0,1% et +0,2 %).

La situation va irrémédiablement se dégrader à partir du début des années 1980: jamais plus depuis lors les administrations publiques n’ont équilibré leurs comptes. La dégradation demeure cependant encore acceptable (au regard des critères de Maastricht par exemple) puisque le déficit se maintient entre 2 et 3 % du PIB pendant toute la décennie 1980 (sauf en 1985: 3,1 %). Ce qui n’empêche pas la dette cumulée de se trouver multiplier par 1,5 en termes relatifs pour atteindre 35,3 % du PIB en 1990.

Le début des années 1990 marque une nouvelle dégradation de la situation des finances publiques sous l’effet de la sévère récession économique qui sévit alors: leur solde négatif s’élève à 4,5 %, 6,4 %, 5,4 % et 5,5 % respectivement entre 1992 et 1995. Tandis que la dette publique bondit à 55,5 %, soit vingt points de PIB en six ans ! Du jamais vu.

La situation s’améliore par contre avec le retour de la croissance entre la fin des années 1990 et le tout début des années 2000: entre 1999 et 201, le déficit des finances publiques revient au-dessus de -2 % (-1,8 %, -1,5 % et -1,5 % respectivement) tandis que la croissance de la dette publique ralentit nettement et diminue même: de 1997 à 2001, elle régresse de 59,3% du PIB à 56,9 %. Le traité de Maastricht et le gouvernement Jospin sont passés par là…

Une nouvelle et nette dégradation se produit à partir de 2002, là encore sous l’effet de la récession économique, celle entraînée par l’éclatement de l’avant-dernière (en date) bulle financière, celle de la soi-disant «nouvelle économie»: trois années de suite, la France déroge aux critères de Maastricht, puisque le déficit de ses finances publiques s’élève à 3,1 %, 4,1 % et 3,6 % du PIB respectivement en 2002, 2003, 2004 et que sa dette publique dépasse allègrement la barre des 60 % pour atteindre 66,4 % en 2005.

La faible amélioration enregistrée entre 2005 et 2007, où le déficit public repasse sous la barre des 3 % et où la dette s’est réduite à 63,7 %, est de très courte durée. La récession économique qui s’enclenche à l’automne 2008 sous l’effet de l’éclatement de la dernière (en date) des bulles financières, le plan de sauvetage des acteurs financiers (notamment les banques), le plan de relance (malgré sa modestie) font passer le déficit à 3,4 % et gonfle la dette à 68,1 %. Encore n’est-ce rien à l’égard de ce qui nous attend: selon le dernier rapport de la Cour des Comptes, paru en juin dernier, nous serons à la fin de cette année respectivement à 6,6 % et 75 % et, à la fin de l’année prochaine, à 8,3 % et plus de 80 % [6]. Adieu les critères réputés intangibles de Maastricht ! Et le retour au respect de ces critères en 2012, promis par le ministre du Budget au printemps dernier, tient de l’illusionnisme le plus pur; à moins qu’il ne s’agisse d’une application désespérée de la méthode Coué.

Une première conclusion s’impose. La dette publique a partie étroitement liée avec la crise structurelle dans laquelle le capitalisme est engagé depuis le milieu des années 1970; et elle s’aggrave au rythme des fluctuations conjoncturelles de cette crise. Marquée au coin d’un certain déterminisme économiste, cette conclusion tend à masquer l’incidence importante des politiques de gestion des finances publiques et plus largement de gestion de la crise. Pour nous en rendre compte, penchons sur les deux composantes principales de la dette publique dont l’évolution résulte toujours du solde entre les dépenses publiques et les recettes publiques, donc en définitive de l’évolution des unes et des autres.

Évolution des dépenses publiques: une tendance inéluctable à la hausse

Il est intéressant d’observer l’évolution des dépenses publiques sur longue période. En France, ces dépenses croissent non seulement en valeur absolue mais en valeur relative (en % du PIB) tout au long de la période fordiste: alors qu’elles s’élèvent à un peu plus de 35 % du PIB en 1960, elles atteignent 42-43 % autour de 1968, avant de se replier à 40 % au début des années 1970.

Le début de la crise structurelle, enclenchée sinon causée par le premier «choc pétrolier» (automne 1973), les fait passer à 45 % en 1975, conséquence des mesures de relance par la demande prises par le gouvernement Chirac. Après avoir marqué un palier dans la seconde moitié de la décennie, elles effectuent un nouveau bond en avant au début des années 1980 pour atteindre le seuil des 50 % en 1982-1983, sous l’effet du plan de relance par la demande du gouvernement Mauroy première manière, avant d’osciller autour de ce seuil tout au long du restant de la décennie.

Une nouvelle progression rapide se produit au cours de la première moitié des années 1990, notamment sous l’effet de la récession de 1992-1993: en termes relatifs, le sommet historique (pour l’instant) de ces dépenses est atteint en 1996 (54,5 %). Entre 1997 et 2001, sous le gouvernement Jospin, on observe au contraire une baisse des dépenses publiques (toujours en termes relatifs), ramenées à 51,6 % du PIB en 2000 et 2002. Après quoi celles-ci repartent légèrement à la hausse: elles s’élèvent à 53,4 % en 2005 et 52,7 % en 2007 [7].

De cette évolution peuvent se déduire deux conclusions manifestes. D’une part, sur longue période, on observe une tendance à la hausse non seulement absolue mais encore et surtout relative des dépenses publiques. Celle-ci est déjà nette avant que ne s’enclenche la crise structurelle qui débute dans les années 1970, alors qu’on est encore en pleine croissance fordiste. Cette tendance se renforce bien évidemment sous l’effet de cette même crise structurelle, surtout à partir du début des années 1980, alors pourtant que les gouvernements successifs, de gauche comme de droite, abandonnent les politiques de gestion keynésienne de la crise pour adopter des politiques néolibérales.

Car – chose remarquable – en dépit de ces politiques, dont la compression des dépenses publiques a été un objectif prioritaire en même temps qu’un leitmotiv, ces dépenses ont depuis lors poursuivi leur croissance. Tout juste, sous l’effet de leur durcissement à partir du milieu des années 1990, cette croissance a-t-elle été contenue et même brisée pendant quelques années (merci Jospin !), avant de reprendre à un rythme cependant inférieur à celui sur lequel elles s’étaient développées entre 1981 et 1996.

Et la même tendance générale s’observe sur l’ensemble des Etats de l’OCDE. Ainsi, entre 1950 et 1999, la moyenne des dépenses publiques de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas et du Royaume-Uni est-elle passée de 29,8 à 45, 9 % du PIB; tandis que, sur la même période, de 21,4 à 30,1 % aux Etats-Unis et de 19,8 à 38,1 au Japon [8]. La croissance des dépenses publiques n’a donc rien d’une spécificité française.

C’est que ces dépenses correspondent à la part publique de la production des conditions générales du développement de l’économie capitaliste (sous forme d’équipements collectifs et de services publics) et qu’en conséquence elles ne peuvent que croître au rythme et à l’échelle de la reproduction (de l’accumulation) du capital. Mais elles correspondent aussi à la satisfaction d’un certain nombre de besoins sociaux, qui est la condition même de la perpétuation de l’hégémonie bourgeoise, plus exactement du consentement des classes populaires à la perpétuation de la domination de classe de la bourgeoisie.

La deuxième conclusion à laquelle on est conduit en observant l’évolution des dépenses publiques et à rapportant à celle de la dette publique est la suivante: alors que les dépenses publiques ont été globalement contenues en dessous du point haut (en termes relatifs) qu’elles ont atteint au milieu des années 1990, la dette publique n’a pourtant pas cessé de progresser entre temps. De 1995 à 2008, elle est ainsi passée de 55,5 % à 67,4 % du PIB [9]. En conséquence, on peut en déduire que l’aggravation de la dette publique n’est pas liée à une hausse inconsidérée des dépenses publiques, comme essaient de nous le faire croître à longueur d’articles et de discours journalistes et hommes politiques.

Elle s’explique surtout par une baisse relative de la part des recettes publiques: par le fait que ces recettes n’ont pas crû dans les mêmes proportions et au même rythme que les dépenses. C’est ce que nous allons voir à présent.

Évolution des recettes publiques: toujours moins !

Les recettes publiques sont essentiellement composées de prélèvements obligatoires: impôts et cotisations sociales. En 2008, par exemple, sur un total de recettes de 960,8 Mds €, les prélèvements obligatoires se sont élevés à 863,8 Mds €, soit près de 90 %, le reste étant assurés principalement par des recettes de production (celles des entreprises et des services publics) ou de revenus générés par les propriétés (mobilières et immobilières) des administrations publiques (respectivement 64,4 et 17,2 Mds €) [10].

Par conséquent, c’est sur l’évolution des prélèvements obligatoires qu’il faut que nous concentrions notre attention.

Or, les offerts déployés depuis un bon quart de siècles pour comprimer autant que possible ces prélèvements sont de notoriété publique, tant les gouvernements qui se sont succédés sur cette période, quelle qu’ait été leur orientation politique affichée, se sont faits un devoir et une gloire de persister dans cette voie, en procédant à une liste impressionnante de coupes dans les recettes fiscales et sociales des administrations publiques. Cette liste est trop longue pour la dérouler tout entière dans cet article.

Je me contenterai de m’arrêter sur quelques exemples particulièrement significatifs en évaluant à chaque fois le manque à gagner pour ces administrations [11].

A tout seigneur, tout honneur: commençons par scruter l’évolution de l’imposition des entreprises capitalistes (l’impôt sur les sociétés). Au cours des années 1990, le taux de cet impôt a été réduit de 50 % à 33,33 %, sous l’effet de la libéralisation du mouvement des capitaux qui crée une situation de concurrence fiscale entre les Etats. S’y ajoutent une contribution sociale de 3,3 % pour les entreprises dont le montant de l’impôt dépasse 763 000 €, ce qui portent le taux moyen d’imposition à 34,43 %.

En 2008, cet impôt a rapporté 49,8 Mds €. Au taux antérieur de 50 %, il aurait rapporté 72,3 Mds €. Le changement de taux a donc occasionné une «dépense fiscale» de 22,5 Mds [12].

Ce n’est pas le seul ni même le principal bénéfice enregistré par le capital du fait de la politique de compression des prélèvements obligatoires. En effet, sous prétexte de lutter contre le chômage et de freiner les «délocalisations» en abaissant le coût du travail salarié, de nombreux allégements de taux ou réductions d’assiette de cotisations sociales ont été accordés tout au long de ces derniers lustres aux entreprises, notamment sur les bas salaires (inférieurs selon le cas à 1,3 ou 1,6 le SMIC) ou sur les heures supplémentaires, avec d’ailleurs pour effets de maintenir un nombre croissant de salaires sous ces seuils (merci pour les salariés qui les perçoivent !) et de multiplier le recours aux heures supplémentaires (en pleine croissance du chômage !)

Selon un récent rapport de la Commission de finances du Sénat, cet ensemble de «niches sociales» (ça ne s’invente pas !) engendrera un manque à gagner de 42 Mds € en 2009 pour l’ensemble des organes de protection sociale [13].

Intéressons-nous aussi au sort réservé aux dirigeants de ces mêmes entreprises en tant que contribuables, comme plus largement à l’ensemble des contribuables riches ou aisés.

Car ce sont les principaux bénéficiaires non seulement des mesures de réduction des taux de l’impôt sur le revenu (le taux marginal – la tranche supérieure d’imposition – a été ramené de 57 % à 40 %) ainsi que de la refonte générale du barème de cet impôt adopté par le gouvernement de Villepin en 2005.

Leur incidence en termes de «dépenses fiscales» n’a curieusement (mais est-ce si curieux ?) jamais été évalué. Tout juste sait-on, grâce aux économistes de l’Office français de conjoncture économique (OFCE), que la réforme de Villepin aura permis à un ménage déclarant plus de 180'000 € d’économiser 4 876 €, alors qu’un ménage ne déclarant 31 000 € (soit six fois moins que le précédent) n’y aura gagné que… 84 € (soit près de soixante fois moins) [14].

Par contre, un récent rapport de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan [sic] de l’Assemblé nationale a tenté d’évaluer le montant des «dépenses fiscales» occasionnées par l’ensemble des dispositifs permettant de s’exonérer des impôts ou d’en réduire le montant, en en limitant l’assiette ou en le réduisant le taux [15].

En 2008, pour les seuls impôts d’Etat (hors impôts locaux donc), ces dispositifs étaient au nombre de 486 (!), en augmentation constante au cours des dernières années – la France dépassant très largement les autres Etats du G7 en la matière au sein desquels leur nombre n’excède pas 200 en général; et ils ont occasionné alors une «dépense fiscale» de 73 Mds € représentant 27 % du montant fiscal net et 3,8 % du PIB prévisionnels (page 13).

Si l’impôt sur le revenu ne bénéficie que (si l’on dire) de 189 de ces mesures dérogatoires, c’est bien sur lui pourtant que se concentrent les «dépenses fiscales» puisque les «niches fiscales» (que de niches dans cette affaire !) qui y ont été aménagées sont à elles seuls responsable de 54 % du manque à gagner fiscal de l’Etat et qu’elles s’élèvent à 65 % du rendement attendu de cet impôt cette année-là (page 14).

Autant dire qu’elles réduisent considérablement la portée du seul impôt progressif que connaisse le système fiscal français, dont elles limitent par conséquent d’autant le mécanisme redistributif et dont elles aggravent aussi du même coup l’injustice. Et ce d’autant plus que:

«(…) les 100 000 contribuables réduisant le plus leur impôt [sur le revenu] en valeur absolue le réduisent chacun en moyenne de 15 420 euros. Si l’on se limite à 1 000 contribuables, ceux-ci réduisent leur impôt de près de 300 000 euros en moyenne. Quant aux 100 plus gros contribuables, ils réduisent leur impôt de plus d’un million d’euros en moyenne.»

Et quand on saura que ces happy few parviennent à cette performance essentiellement grâce à cinq «niches fiscales» dont le montant n’est pas plafonné, parmi lesquelles l’avantage fiscal pour les loueurs en meublé professionnels, l’aide à l’investissement productif outre-mer et l’aide à l’investissement dans le logement outre-mer, on comprend que les bénéficiaires de ces «dépenses fiscales» font le plus souvent d’une pierre deux coups, puisqu’elles leur permet non seulement de payer moins d’impôt mais aussi d’accumuler du capital et du patrimoine.

Et on comprend aussi dans quelle classe sociale ils se concentrent.

A noter toutefois que, en conséquence du rapport précédent, le bénéfice au titre de l’impôt sur le revenu de l’ensemble des «niches fiscales» va être plafonné: l’impôt sur le revenu d’un foyer fiscal ne pourra plus se trouver minoré que de 25'000 euros… + 10 % de son revenu. Ce qui laissera encore de la marge du côté des beaux quartiers, qu’on les rassure !

Achevons ici notre tour très incomplet (je tiens encore une fois à le souligner) des mesures de baisse des prélèvements obligatoires. En se limitant aux seules «dépenses fiscales» liées à la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, aux différentes «niches sociales» et aux différentes «niches fiscales» mitant les impôts d’Etat, on en arrive, pour une année courant telle que 2008, à un manque à gagner pour l’ensemble des administrations publiques de quelques 140 Mds €.

ET OUI !!!!

Rappelons que le déficit de l’ensemble des administrations publiques s’est élevé cette année-là à 66,2 Mds € [16]; et que celui prévu pour 2009, annus horribilis s’il en est, devrait s’élever à 6,6 % du PIB soit aux environs de 130 milliards. Autant dire que sans ces seules «niches» qui sont autant de paradis fiscaux, les finances publiques seraient bon an largement excédentaires et mal an en équilibre.

Une conclusion nette et ferme se dégage de l’analyse précédente de l’évolution des finances publiques. Si celles-ci se sont installées, en France comme ailleurs, dans un régime de déficit structurel, faisant sans cesse croître la dépense publique, c’est faute que les recettes publiques aient crû au rythme des dépenses publiques; et ce défaut de croissance n’est pas dû à une incapacité pour les administrations publiques de prélever la part de la richesse sociale existante nécessaire à l’équilibre de leurs comptes, mais bien à une volonté délibérée des gouvernements successifs, toutes couleurs politiques confondues, de ne pas procéder à de pareils prélèvements, bien au contraire: de maintenir ces prélèvements en dessous du niveau qui serait nécessaire à cet équilibre et qu’il serait possible d’atteindre au regard de la richesse sociale existante.

Reste à comprendre pourquoi ! Facile !

Enrichir les riches, appauvrir les pauvres

Les principaux éléments de réponse à cette dernière question sont déjà contenus dans les développements précédents. La compression des prélèvements obligatoires, principale source des recettes publiques, profite manifestement à ceux (entreprises capitalistes, ménages fortunés et aisés, etc.) qu’il faudrait imposer plus lourdement pour ramener ces recettes au niveau des dépenses. Les lignes précédentes disent bien combien les dispositions prises pour édifier, consolider et protéger «niches fiscales» et «niches sociales» leur permettent de s’exempter en partie (et quelquefois même en tout) de leurs obligations de solidarité en n’abondant les recettes publiques que bien en deçà de leur réelle capacité contributive.

Mais ce n’est pas tout. En ne versant pas leur dû, en travaillant à creuser ainsi la dette publique, les mêmes s’enrichissent souvent une deuxième fois. Car, en contribuant ainsi à créer un déficit public et à creuser, année après année, la dette publique, ils se mettent aussi en position de se rendre créanciers de l’Etat par l’intermédiaire des banques, des compagnies d’assurance, des fonds de placement, etc., qui centralisent leur épargne et qui la placent en titres de la dette publique. Si bien que la dette publique est ce merveilleux mécanisme qui permet de convertir des impôts qu’on ne paie pas et des cotisations sociales qu’on ne verse pas en un capital financier qui rapporte intérêt [17].

Ce sont ainsi 54,6 Mds € d’intérêts que les administrations publiques auront versés à leurs créanciers en 2008, soit en gros l’équivalent de l’impôt sur le revenu perçu cette année-là [18]. Grâce à ce merveilleux mécanisme contre-redistributif qu’est la dette publique, l’intégralité de l’impôt sur le revenu des Français est passée dans la poche des créanciers des administrations publiques. Qui dira encore que la Révolution a aboli la Ferme générale ?

Mais les développements précédents suggèrent aussi une autre piste. Nous avons vu que le creusement de la dette publique résulte aussi de l’incapacité des gouvernants à contenir les dépenses publiques, pour des raisons complexes qui tiennent à la fois aux fonctions que remplissent ces dépenses (plus exactement les équipements collectifs et les services publics qu’elles servent à financer) au regard de l’accumulation du capital et aux conditions du maintien de l’hégémonie de la classe dominante (plus précisément du consentement des classes dominées).

Comme il serait politiquement difficile voire dangereux de déclarer par exemple que l’on va purement et simplement supprimer l’école publique et l’hôpital public pour les remplacer par des écoles et des cliniques privées ou encore que l’on va abolir l’assurance-maladie ou l’assurance vieillesse, la manœuvre consiste depuis des lustres à asphyxier financièrement les administrations publiques pour justifier d’ores et déjà la dégradation des prestations qu’elles assurent au public (moins d’instituteurs dans les classes, moins de services, de médecins et d’infirmiers ou d’infirmières dans les hôpitaux, déremboursement en rafale de médicaments, baisse programmée des pensions de retraite, etc.), jusqu’au moment où la dette publique sera telle que, sous la menace de la faillite générale de l’Etat et des organes de protection sociale, on pourra imposer les privatisations intégrales tant souhaitées.

Et, ce jour, paieront les pots cassés (les équipements collectifs et les services publics à l’encan) ceux qui ne pourront pas se payer au prix fort leurs soi-disant équivalents privés. Mais n’est-ce pas le scénario qui se joue déjà sous nos yeux ? Tout en continuant à enrichir les plus riches, la dette publique sert ainsi à appauvrir progressivement les plus pauvres, ceux qui sont précisément les plus dépendants de l’accès aux équipements collectifs et services publics comme de la redistribution des revenus qui s’opère par leur biais, jusqu’à finir par les ruiner.

Si l’on veut mettre fin à une pareille dérive catastrophique – car c’est là la seule et véritable catastrophe que représente la dette publique –, deux revendications et objectifs s’imposent.

D’une part, la récusation pure et simple de la dette publique qui ne fera que corriger l’iniquité qui a prévalu au cours des décennies précédentes dans la répartition de la charge des dépenses publiques entre les différentes catégories de la population.

D’autre part, une augmentation substantielle des prélèvements obligatoires frappant le capital ainsi que le revenu et le patrimoine des ménages riches et aisés, doublée d’une politique de remise à niveau et de développement des équipements et des services publics, le tout sous le contrôle de leurs salariés et de leurs usagers.

1 . Calcul effectué sur la base de la croissance de la dette au cours du deuxième trimestre 2009, qui s’est élevée à 62 Mds. Cf. http://www.insee.fr/...0&date=20090930

2 . Cour des Comptes, Rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques, Paris, juin 2009, page 16.

3 . Cf. note 1.

4 . Cf. http://www.insee.fr/.../xls/t_4510.xls

5 . Cf. http://www.insee.fr/.../xls/t_3341.xls Je raisonnerai ici en pourcentage du PIB pour éviter les effets de l’inflation et ceux liés au changement de l’unité monétaire (passage du franc à l’euro) sur la période.

6 . Op. cit., pages 46-47.

7. Direction générale du Trésor et de la politique économique, Lettre Trésor-Eco, n°26, décembre 2007; Projet de loi de finances 2008, tome II: Annexes statistiques, page 52; Insee Première, n°1237, mai 2009.

8 . OCDE, L’économie mondiale. Une perspective millénaire, Madison, 2001, page 143. Cf. http://www.theworlde.../Maddtab3-9.pdf

9 . Cf. note 5.

10 . Cf. http://www.insee.fr/.../xls/t_3311.xls

11 . Sauf mention contraire, le montant du produit des différents impôts indiqués par la suite est celui figurant à la page électronique suivante: . http://www.insee.fr/...2008_valeur.xls

12 . «Dépenses fiscales» est l’expression consacrée pour désigner le manque à gagner du fisc dû à une mesure conduisant à minorer l’imposition. L’expression est d’une ironie involontaire: il s’agit bien d’une dépense sous forme de cadeau offert par le fisc à certaines catégories de contribuables, comme nous allons le voir.

13 . Rapport n°84 du sénateur Jean-Yves Jégou, présenté au nom de la Commission des Finances du Sénat, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, pages 98-99.

14 . Haigneré, Plane, Sterdyniack, «Réforme fiscale 2007: un pas de côté», Lettre de l’OFCE, n°267, octobre 2005.

15 . Rapport d’information n°946 sur les niches fiscales déposé par le député Gilles Carrez, rapporteur général, le 5 juin 2008 à la présidence de l’Assemblé nationale.

16 . Aviet, Hourriez, Mahieu, «Les comptes de la nation en 2008», Insee Première, n°1236, Insee, mai 2009.

17 . Cf. «Sommaire rappel de quelques vérités élémentaires sur la dette publique», A Contre Courant, n°162, février-mars 2005; et l’article «Dette publique» dans La novlangue néolibérale, Page deux, Lausanne, 2007.

18 . Cf. note 10.

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Posté 07 janvier 2010 à 18:04

AH ! Juste pour la route j'allais oublier cet excellent article de l'expansion du mois de juin 1996. Il faut bien remettre les choses dans leur contexte.

L'État nous cache 1 830 milliards de dettes

Laurence Ville -  13/06/1996  - L'Expansion


A en croire les chiffres, il y a au moins un critère sur lequel la France est mieux placée que ses partenaires dans la marche vers la monnaie unique : son endettement public reste très en deçà de la limite fixée par le traité de Maastricht (60 % du produit intérieur brut). Fin 1995, il atteignait 51,5 %, alors que l'Allemagne s'approchait dangereusement du seuil fatidique (58,8 %) et que l'Italie (124,9 %) et la Belgique (134,4 %) le dépassaient allégrement. Seule la Grande-Bretagne (52,5 %) faisait presque aussi bien que nous.

Illusoire satisfaction... D'abord parce que des déficits budgétaires annuels de l'ordre de 300 milliards de francs font très rapidement gonfler notre endettement : celui de l'État, au sens strict, est ainsi passé de 2 900 à plus de 3 200 milliards entre fin 1994 et fin 1995. Ensuite, et surtout, parce que les chiffres officiels ne prennent pas en compte une série de dettes cachées, dont l'État finira par supporter le coût d'une façon ou d'une autre. On trouve tout dans cette zone d'ombre : la dette de la Sécurité sociale, séparée de façon artificielle de celle de l'Etat ; les passifs engendrés par la défaillance de banques ou d'entreprises publiques que l'État pourrait avoir à assumer ; ou encore le passif que représente le versement futur des retraites...

Tous ces engagements ne sont pas recensés à proprement parler dans la dette publique, mais tous bénéficient d'une façon ou d'une autre de la garantie de l'État, ce qui en pratique revient au même. Parfois cantonnés dans des structures opaques, ils sont souvent difficiles à mesurer et ne présentent pas tous le même degré de risque. Une seule chose est claire : la dégradation financière extrêmement rapide du secteur public. L'accumulation d'un endettement généralisé, de l'État à la SNCF en passant par le Crédit lyonnais, sera chèrement payée. Les intérêts à verser ou les pertes à assumer pèseront, à un moment ou un autre, sur le budget et donc sur le contribuable.

140 milliards : Le trou de la Sécurité sociale

Le gouvernement a décidé d'isoler la dette cumulée de la Sécurité sociale au cours des années 1994, 1995 et 1996 dans une structure financière distincte, plutôt que de la transférer directement sur la dette de l'Etat. Pour cela, il vient de créer la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades), qui doit emprunter une somme de 140 milliards sur les marchés financiers. Les remboursements sur treize ans seront financés par le produit du RDS (remboursement de la dette sociale), prélèvement sur les revenus créé à cet effet en février dernier. Ce montage permet, en apparence, de ne pas alourdir le passif de l'État, qui ne prend rien en charge ­ mais il s'agit bien d'une dette cachée, cantonnée dans une structure comptable parallèle. La Cades ne bénéficie pas d'une garantie formelle de l'Etat, mais son statut d'établissement public administratif impose à la puissance publique d'assurer le règlement en dernier ressort des créanciers en cas de défaillance.

670 milliards : Les emprunts garantis par l'État

Il s'agit des sommes empruntées par des organismes autres que les entreprises publiques (par exemple la Caisse française de développement, la Caisse de prêts HLM, la BFCE), avec la garantie de l'État. Selon les estimations du rapport Prate, cette dette virtuelle, non comptabilisée dans la dette publique, est très importante, même si le Trésor cherche depuis plusieurs années à limiter l'octroi des garanties. Les difficultés actuelles de certains de ces organismes (les sociétés de développement régional ou le CEPME, notamment) montrent qu'il existe bien là un vrai risque de dérapage. La crise du Crédit foncier pose un problème particulier. Cette institution financière spécialisée (à caractère privé mais dépositaire d'une mission de service public) ne bénéficiait pas de la garantie de l'État. Devant la menace d'une faillite, le gouvernement a voulu rassurer les marchés. « L'État s'engage à ce que toutes les échéances de la dette soient honorées. » Montant : 260 milliards de francs, dont l'État reprendra à sa charge la partie (encore impossible à chiffrer) non couverte par les actifs.

620 milliards : Le passif des entreprises publiques

Par convention, les experts européens ont décidé de ne pas inclure la dette des entreprises publiques dans la définition de l'endettement public au sens du traité de Maastricht. Pourtant, l'État est bel et bien garant du paiement de cette dette, une entreprise publique ne pouvant faire faillite. Un rapport récent du ministère des Finances a mis en lumière le dérapage de cet endettement, qui a quasi doublé en dix ans. La plupart de ces entreprises, heureusement, devraient être en mesure d'assurer leurs engagements, en particulier EDF, qui dégage assez de ressources pour se désendetter progressivement. En ce qui concerne la SNCF, qui est dans une situation critique, plusieurs solutions sont à l'étude : l'État pourrait reprendre la dette (quelque 200 milliards, représentant 3 points de PIB) ce qui alourdirait sensiblement les charges d'intérêt dans le budget de l'État. L'autre solution, plus vraisemblable, consisterait à isoler la dette de la SNCF dans une structure de cantonnement assise sur des actifs (immeubles, gares, filiales, etc.) que l'entreprise céderait progressivement. L'État n'assumerait alors qu'une partie du passif, encore difficile à chiffrer (autour de 120 milliards). Au chapitre des mauvaises surprises à venir, on pourrait aussi citer la disparition des Charbonnages de France, en 2005, ce qui laissera à l'État une dette de 75 milliards.

Sur vos méditations et réponses, je vous dis a plus tard !
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#30 henriksen

henriksen

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Posté 07 janvier 2010 à 18:52

Voir le messageTerrienne, le 07 janvier 2010 à 15:16, dit :

:humhum: Elle est bien bonne celle-là... Je fais passer Séguin pour un héros  :biglol:   Franchement, c'est agaçant henriksen, il serait agréable que tu lises et relises avant de répondre à ce que d'autres pensent, pèsent et relisent avant de poster. Alors, afin d'être claire et pour virer clichés et amalgames : Séguin est mort c'est un fait (tu dis triste ? : pour moi pas du tout, pour lui encore moins : il est mort...) Je dis remarquable en qualité de premier président de la cour des comptes parce qu'on ne pouvait pas le louper, il a qq peu dérangé Sarkozy et ses adeptes. Et j'évoque la probabilité de regrets de son absence parce qu'il va évidemment être remplacé... par qui ? (j'opte pour un fils caché, un demi-frère ou un cousin lointain du roi). Il y la mort libératrice des tourments de l'existence et y'a... des morts libérateurs

@Yoananda :
Tu dis qu'il faut relativiser ces histoires de dettes en citant le Japon et les US. En ce qui me concerne, savoir que mon voisin est plus endetté que moi ne me console pas, ne m'aide pas à résoudre le problème. On paye beaucoup, de plus en plus, on vit sur une planete ou plus rien n'est gratuit (meme l'air qu'on respire va être taxée...) Je regrette Yoananda, je ne comprends ce qu'il faut relativiser... Un peu plus, un peu moins (de dettes) c'est pas grave, c'est ça ? 29,4 Milliards d'euros de dette supplémentaire en 3 mois ! ça me méga-choque  :peur:

nan mais je parlais de toi

jregardais bfm tv ce matin i tv etc...
on aurait dit c etait le mikael jakson de la politique je trouve ça juste un peu moyen...
et juste pour faire mon noob jai cru ke c t pasqua XD jai confondu les deux