Nature et Progrès consacré son numéro de rentrée aux OGM.
La revue ouvre ses pages à des universitaires et des chercheURS tels Christian Velot, maître de conférence en génétique moléculaire à Paris XI, qui traite des essais d'OGM-médicaments. Et bien sûr aux militants comme Guy
Kastler, agriculteur, qui explique comment "l'état condamne la bio en continuant de soutenir les OGM en plein champ". Ou encore Arnaud Apoteker de Greenpeace, qui enquête sur les OGM et l'alimentation. (source : Consom'action).
Edito
" Les OGM ou la Bio, il faut choisir " disions-nous hier. Aujourd'hui, la Bio est devenue la sentinelle qui entraînera avec elle, si elle tombe, toutes les agricultures paysannes, vivrières et de qualité, la santé, l'environnement et la liberté des peuples.
Issus d'une pensée qui veut dominer tout ce qui vit sur terre, les OGM remplacent la collaboration de tous avec tous, par la guerre de tous contre tous (1). La recette est simple : " J'introduis un transgène dans une semence qui ne poussera que si le paysan achète les pesticides que je produis, et pratique une agriculture industrielle destinée aux marchés que je domine. Le brevet me donne tous les droits sur la reproduction du transgène capable de transgresser l'intégrité d'autres organismes vivants pour y pénétrer. "
Le bénéfice est immense : " Avec ma semence, le paysan achète mes pesticides, je peux lui imposer par contrat l'acheteur de sa récolte, je peux lui interdire de ressemer une partie de sa récolte ou lui imposer le paiement de royalties. Quittant son champ, mon transgène ira se reproduire dans le champ du voisin qui n'a pas voulu acheter ma semence. A son tour, ce dernier sera soumis à ma volonté. Demain, tous les paysans auront perdu leurs semences et cultiveront celles que je vends, ils pratiqueront l'agriculture industrielle que j'impose, les peuples ne mangeront que ce que je voudrai bien leur faire manger. si je veux qu'ils mangent. Adoré comme le bienfaiteur qui apporte la nourriture, je serai riche et dominerai la planète ".
Ce rêve fou, qui paraît caricatural quand on en rassemble ainsi tous les morceaux, est bien celui des promoteurs des biotechnologies. Mais pour qu'il se réalise, " encore faut-il que les paysans achètent mes semences et que je fasse voter les lois protégeant mes royalties. Pour vaincre leur réticence, je commence par donner mes OGM avec l'aide alimentaire dans les pays pauvres, ou sous prétexte de promotion. Pour le brevet sur le vivant, ou une protection équivalente de la propriété intellectuelle, l'Organisation Mondiale du Commerce les a rendus obligatoires, l'affaire est donc en bonne voie. Si les peuples continuent à se méfier, je sors de mon sac des lois dites de "biosécurité" prétendant mieux protéger la santé et l'environnement. Comme c'est moi qui évalue les risques, s'il y en a, je les cache. Cette méconnaissance des risques rassure les gouvernements qui ferment les yeux. Si cela ne suffit pas, je peux aussi mettre en scène des "essais " de recherche scientifique en promettant de sauver le monde de la faim ou de soigner des malades incurables (2). Comme ces essais et le marché noir contaminent les semences et les cultures, et que les Etats ne veulent pas se mettre hors-la-loi, ils doivent alors adapter leurs lois existantes à mes dérives, pour assurer la co-existence entre les cultures déjà contaminées et les autres. Je peux ainsi vendre légalement mes semences qui détruisent les leurs ".
Entre temps les récentes découvertes scientifiques ont abattu le " dogme central " de la biologie moléculaire : l'A.D.N. n'est plus le secret de la vie, il ne détermine pas à lui seul le code des protéines, le génome est fluide et interactif (3). Le brevet n'a plus de raison d'être et les possibilités de recombinaisons génétiques génèrent d'immenses risques imprévisibles pour la santé et l'environnement. " Qu'importe, j'interdis aux scientifiques de publier leurs résultats, je coupe les financements et organise la diffamation de ceux qui me contredisent, puis je menace les politiques de délocalisation pour l'industrie et la recherche ".
Malgré ces plans diaboliques, l'agriculture biologique couvre encore, dans le monde, deux fois plus de surface que les OGM et ces derniers ne sont toujours pas cultivés massivement en Europe ni dans de nombreux pays. La prise de conscience des peuples saura-t-elle les arrêter à temps?
Notes :
1 Lire " OGM versus organic ", Matthieu Calame, page 24 25
2 Lire "De la patate douce au coton amer", Cécile Rousseau, pages 32 et 33
3 Mae-Wan Ho, auteur de "Living with the Fluid Genome"
Guy Kastler
chargé de mission à Nature & Progrès
http://www.natureetprogres.org/
tél : 04 66 03 23 40
source : Agir pour l'environnement
OGM ou la Bio, il faut choisir
Commencé par
diamant bleue
, 28 sep 2005 à 15:06
2 réponses dans ce topic
#1 diamant bleue
Posté 28 septembre 2005 à 15:06
#2
Posté 12 janvier 2006 à 20:29
Une étude sur la filiere du lait viens d'être publié, un petit livret est disponible à l'A.R.D.E.A.R. Rhône-Alpes 8 quai Maréchal Joffre 69002 LYON
Cette étude a été réalisé par un petit producteur laitier.
Il explique la révolution fouragère, qui a commencé dans les années 60.
En résumé, il a été dit aux paysans, faitent pisser vos vaches, vous allez nourir l'europe.
L'arnaque à commencé avec une prime aux labours et d'autres pour entrainer les paysans dans ce systhème.
Au bout d'un moment, les paysans se sont rendu compte que le bol alimentaire des vaches, avait la même composition que l'herbe.
Ils avaient reconstitué de l'herbe sans herbe, avec des produits d'importation, des farines animales, etc...
Il faut savoir que quant vous cultivez un hectar de maïs pour les bêtes, il faut importer un hectar de soja.
On leur vendait de l'azote alors que le trèfle en produit naturellement...
Le lait en poudre était moins chère que le lait sous la mère, parce que c'est subventionné pour écouler les stocks aux profits des plus gros qui ont emmené les paysans dans le productivisme...
Cette étude fait un calcul en équivalant pétrole, et fait le comparatif avec l'agriculture traditionnelle.
C'est sans appel, d'un coté, ils brulent de l'énergie fossile, de l'autre, de la matiere organique.
Elle montre comment la pétro-chimie à pris la main sur l'agriculture, détruit des emplois tout en en fabricant d'autres, artificielles...
Si les subventions étaient atribués directement aux paysans, cela représenterais 45000 emplois créés pour eux et des terres bio...
Une autre étude américaine a fait 3 sénarios pour 2025, le résultat le plus probable, c'est 100 % des terres en bio.
Cette étude a été réalisé par un petit producteur laitier.
Il explique la révolution fouragère, qui a commencé dans les années 60.
En résumé, il a été dit aux paysans, faitent pisser vos vaches, vous allez nourir l'europe.
L'arnaque à commencé avec une prime aux labours et d'autres pour entrainer les paysans dans ce systhème.
Au bout d'un moment, les paysans se sont rendu compte que le bol alimentaire des vaches, avait la même composition que l'herbe.
Ils avaient reconstitué de l'herbe sans herbe, avec des produits d'importation, des farines animales, etc...
Il faut savoir que quant vous cultivez un hectar de maïs pour les bêtes, il faut importer un hectar de soja.
On leur vendait de l'azote alors que le trèfle en produit naturellement...
Le lait en poudre était moins chère que le lait sous la mère, parce que c'est subventionné pour écouler les stocks aux profits des plus gros qui ont emmené les paysans dans le productivisme...
Cette étude fait un calcul en équivalant pétrole, et fait le comparatif avec l'agriculture traditionnelle.
C'est sans appel, d'un coté, ils brulent de l'énergie fossile, de l'autre, de la matiere organique.
Elle montre comment la pétro-chimie à pris la main sur l'agriculture, détruit des emplois tout en en fabricant d'autres, artificielles...
Si les subventions étaient atribués directement aux paysans, cela représenterais 45000 emplois créés pour eux et des terres bio...
Une autre étude américaine a fait 3 sénarios pour 2025, le résultat le plus probable, c'est 100 % des terres en bio.
Ce message a été modifié par Eric - 12 janvier 2006 à 20:32.
#3
Posté 07 février 2006 à 18:44
OGM: un agriculteur inquiet pour l'avenir de ses cultures biologiques
GRAZAC, Tarn (AP) -- Comme de nombreux agriculteurs biologiques, Marc-Antoine Ferret, qui cultive des céréales dans le Tarn, s'inquiète du projet de loi sur les OGM présenté mercredi en conseil des ministres.
Il dénonce le paradoxe d'une France qui impose de fortes contraintes pour les produits bio et autoriserait en même temps des cultures d'OGM dans les champs voisins.
A 53 ans, ce fils d'un républicain espagnol et d'une ouvrière française, a un parcours personnel et politique marqué par les combats.
Combat contre les injustices et la pauvreté avec ses parents paysans, stigmatisés pour leurs origines, lutte acharnée pour obtenir des terres et pour élever des moutons dans les années 70, refus des systèmes agricoles productivistes et polluants avec le choix de l'alternative biologique dans les années 80...
Son histoire militante est tout aussi riche: occupation historique du plateau du Larzac, création de la Confédération paysanne et d'une coopérative biologique régionale, lutte pour un partage du foncier plus équitable, et plus récemment refus des OGM, avec d'abord le comité de vigilance-OGM puis les Faucheurs volontaires qu'il a évidemment accompagnés dans leurs actions.
Résident à Grazac, près de Rabastens (Tarn), à environ 40km de Toulouse, il produit depuis 1988 selon le cahier des charges "bio" du tournesol, des blés de qualité pour la boulangerie et la semoulerie, des légumineuses comme les lentilles vertes et les pois chiches qu'il vend aussi sur les marchés bio de la région.
Comme il ne cultive pour le moment pas de maïs (pour le moment seul du maïs transgénique est cultivé en France, NDLR), il se sent encore relativement "protégé" d'une éventuelle contamination si ses voisins exploitants décidaient de faire des cultures OGM.
"Mais jusqu'à quand? Si, lors des contrôles, on trouve plus de 0,9% d'OGM dans mes cultures, les récoltes seront déclassées et donc vendues à un prix bien inférieur", explique à l'Associated Press l'agriculteur qui a déjà eu affaire à des analyses jugées litigieuses dans certaines semences conventionnelles, qu'il n'a donc pas pu semer.
"Il y a un paradoxe total, une illégalité intrinsèque de la loi qui impose des règles strictes sur les produits bio et des labels, (comme le fait de ne pas trouver d'OGM) alors qu'en même temps, elle va autoriser n'importe qui à cultiver des OGM en plein champ", expose-t-il, décrivant une "volonté des grands groupes agro-alimentaires chimiques de casser l'agriculture bio", pourtant plébiscitée par les consommateurs.
Pour lui, Jacques Chirac tient un double discours sur les OGM face à une population qui les refuse en grande majorité. "Le président avait dit qu'il était réticent au développement des OGM, et maintenant, il autorise une loi pro-OGM!", s'insurge-t-il. Et de critiquer la "passivité et le suivisme" de la majorité des agriculteurs dominés par les idées de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles).
"Sans compter la réduction de la biodiversité génétique, les OGM réduisent les droits des agriculteurs et accroissent leur dépendance vis-à-vis des semences", dénonce Marc-Antoine Ferret. AP
http://permanent.nou...P5141.html?1716
http://permanent.nou...P5142.html?1716
GRAZAC, Tarn (AP) -- Comme de nombreux agriculteurs biologiques, Marc-Antoine Ferret, qui cultive des céréales dans le Tarn, s'inquiète du projet de loi sur les OGM présenté mercredi en conseil des ministres.
Il dénonce le paradoxe d'une France qui impose de fortes contraintes pour les produits bio et autoriserait en même temps des cultures d'OGM dans les champs voisins.
A 53 ans, ce fils d'un républicain espagnol et d'une ouvrière française, a un parcours personnel et politique marqué par les combats.
Combat contre les injustices et la pauvreté avec ses parents paysans, stigmatisés pour leurs origines, lutte acharnée pour obtenir des terres et pour élever des moutons dans les années 70, refus des systèmes agricoles productivistes et polluants avec le choix de l'alternative biologique dans les années 80...
Son histoire militante est tout aussi riche: occupation historique du plateau du Larzac, création de la Confédération paysanne et d'une coopérative biologique régionale, lutte pour un partage du foncier plus équitable, et plus récemment refus des OGM, avec d'abord le comité de vigilance-OGM puis les Faucheurs volontaires qu'il a évidemment accompagnés dans leurs actions.
Résident à Grazac, près de Rabastens (Tarn), à environ 40km de Toulouse, il produit depuis 1988 selon le cahier des charges "bio" du tournesol, des blés de qualité pour la boulangerie et la semoulerie, des légumineuses comme les lentilles vertes et les pois chiches qu'il vend aussi sur les marchés bio de la région.
Comme il ne cultive pour le moment pas de maïs (pour le moment seul du maïs transgénique est cultivé en France, NDLR), il se sent encore relativement "protégé" d'une éventuelle contamination si ses voisins exploitants décidaient de faire des cultures OGM.
"Mais jusqu'à quand? Si, lors des contrôles, on trouve plus de 0,9% d'OGM dans mes cultures, les récoltes seront déclassées et donc vendues à un prix bien inférieur", explique à l'Associated Press l'agriculteur qui a déjà eu affaire à des analyses jugées litigieuses dans certaines semences conventionnelles, qu'il n'a donc pas pu semer.
"Il y a un paradoxe total, une illégalité intrinsèque de la loi qui impose des règles strictes sur les produits bio et des labels, (comme le fait de ne pas trouver d'OGM) alors qu'en même temps, elle va autoriser n'importe qui à cultiver des OGM en plein champ", expose-t-il, décrivant une "volonté des grands groupes agro-alimentaires chimiques de casser l'agriculture bio", pourtant plébiscitée par les consommateurs.
Pour lui, Jacques Chirac tient un double discours sur les OGM face à une population qui les refuse en grande majorité. "Le président avait dit qu'il était réticent au développement des OGM, et maintenant, il autorise une loi pro-OGM!", s'insurge-t-il. Et de critiquer la "passivité et le suivisme" de la majorité des agriculteurs dominés par les idées de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles).
"Sans compter la réduction de la biodiversité génétique, les OGM réduisent les droits des agriculteurs et accroissent leur dépendance vis-à-vis des semences", dénonce Marc-Antoine Ferret. AP
http://permanent.nou...P5141.html?1716
http://permanent.nou...P5142.html?1716










