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Dollar et chaos mondial


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3 réponses dans ce topic

#1 Narélo

Narélo

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Posté 09 octobre 2005 à 10:43

6 octobre 2005 — L’annonce par le président vénézuélien Hugo de sa décision de transférer les placements à l’étranger du Venezuela des USA en Europe est passée inaperçue. (Cette annonce publique date du 1er octobre.) Ces réserves sont estimées à $25-$30 milliards, en constante augmentation à cause des revenus des ventes de pétrole. Le but ultime de Chavez est un transfert d’une importante partie de ces investissements vers l’Amérique Latine, en même temps qu’on constituerait une banque centrale continentale dont l’objet serait de fournir des fonds de développement aux pays de la région.

Voici le développement de cette information :

« Venezuela’s President Chavez announced yesterday [30 September], during his trip to Brazil, that Venezuela has sold its foreign currency reserves, which were held in U.S. treasury bonds, and deposited them in banks in Europe. “We have had to withdraw our international reserves from U.S. banks, due to the threats we have,” said Chavez, according to the Associated Press.
»
Chavez went on to say that his government is interested in depositing a part of its reserves in Latin America. “Just as we moved them to Europe, we can move them to a South American bank. By god, don’t tell me that’s impossible,” said Chavez. Chavez made the comments in the context of a summit of South American leaders, which took place in the Brazil’s capital of Brasilia.

» In the course of the meeting, which leaders from Chile, Bolivia, Peru, Paraguay, Ecuador, Venezuela, Brazil and Argentina attended, Chavez proposed that they should all consider depositing a part of their foreign currency reserves in a newly created South American development bank. Venezuela would be willing to launch such a bank with an initial deposit of $5 billion. According to Chavez, such a South American development bank could eventually include countries from Asia and Africa, to become a world bank. “It is a stupidity that a majority of our international reserves are in banks of the North,” said Chavez to the gathered leaders.
»
Recently, Venezuela’s National Assembly changed the country’s central bank law, so that “excess” foreign reserves can be used for repayment of Venezuela’s foreign debt or for purchases abroad. The Central Bank is to calculate how much foreign reserves Venezuela ought to have and reserves in excess of this amount would be transferred to a special development fund. Until recently, the Venezuelan Central Bank held $32 billion, of which $2 billion have already been transferred to the development fund. Chavez says that the ideal foreign reserve level is $25 billion, which means that the government could have access to another $5 billion. »

Il importe moins ici de discuter de la validité financière des projets de Chavez, — dans tous les cas, de tous les projets financiers de Chavez : certains sont immédiatement possibles, d’autres beaucoup moins. L’essentiel est l’intention et ce que signifie cette intention.
Chavez attaque l’Amérique là où l’Amérique est la plus sensible. L’Amérique aujourd’hui est un océan de dettes à la merci d’un mouvement de contagion de retrait des investisseurs étrangers. La seule logique qui interdit ces retraits est celle, implicite et non manipulée, du chantage paradoxal, et elle vaut parce que nombre d’investisseurs sont des entités publiques de pays étrangers (cas du Venezuela, cas de la Chine, etc.) : c’est la crainte qu’un retrait brutal porte un coup fatal à l’Amérique et conduise à son effondrement économique, avec des conséquences internationales colossales. C’est, notamment, le calcul que font les Chinois, — mais pas Chavez, comme on le voit.

L’important dans l’acte de Chavez n’est ni le montant retiré (assez maigre en comparaison du volume général), ni les orientations qu’il désigne pour les avoirs vénézuéliens. L’important est d’abord l’acte lui-même : une décision politique de retrait de ses investissements. C’est une décision politique hostile aux USA (lorsqu’il fait passer l’argent des USA à l’Europe), même si la finalité est constructive (constitution d’institutions financières continentales en Amérique Latine, éventuellement pour l’Afrique en plus). Chavez pose un acte de guerre économique et de guerre financière contre les USA dans le domaine le plus sensible qui soit. Cela représente une innovation audacieuse, qui peut effectivement mettre en cause le tabou du “chantage paradoxal” (effet d’entraînement de sa décision?).

D’autre part, la chronologie de cette décision, après l’ouragan Katrina, n’est pas innocente. Cela sera compris par certains de cette façon. L’ouragan Katrina et ses suites ont montré l’état réel de la puissance américaine et contribué fortement à la dégradation de l’appréciation de la puissance américaine. L’annonce fin septembre de la décision de retrait, après un retrait effectué courant septembre (quelle que soit la chronologie de l’origine de la décision), représente une marque de défiance justifiée à cette lumière de la puissance US et de la capacité américaine à assurer une bonne rente aux investisseurs. La décision de Chavez sera acceptée comme quelque chose de cohérent et de défendable par nombre d’investisseurs ; elle ne sera pas considérée seulement comme un acte de guerre économique selon des motifs idéologiques, mais comme une décision financière qui a sa justification.

Ces différents facteurs font que l’effet d’entraînement de la décision de Chavez est possible. On mesurera sa réalité d’abord du côté des autres pays d’Amérique Latine, s’ils suivent. On la verra aussi dans une éventuelle accélération du mouvement de passage du dollar à l’euro pour le règlement de certaines transactions importantes. Dans tous les cas, Chavez s’avère comme un adversaire avisé et coriace des USA, surtout par la dimension internationale qu’il veut donner à sa lutte anti-américaine. (Son habileté se mesure aussi à sa capacité de distinguer entre le système américaniste et les Américains : on l’a vu, fin août lorsqu’il accueille Jesse Jackson pour fêter l’anniversaire du discours de Martin Luther King de 1963 ou début septembre, lorsque le Venezuela propose de livrer du pétrole et une aide financière aux victimes de Katrina.)

http://www.dedefensa...php?art_id=2037

Commentaires personnels :

Le compte à rebours pour le dollar se précise. La crise majeure financière, économique et sociale approche à grands pas, fille de la déliquescence morale et des appétits désordonnés et insatiables, et elle se conjugue, dans une très large mesure, pour les mêmes causes, avec la crise écologique et climatique, les graves menaces sanitaires, chimiques, bactériologiques et nucléaires à nos portes. Elle ne fait que noircir, chaque jour un peu plus, le tableau. Les beaux jours sont désormais derrière nous.
Ce monde fondé, pour l’essentiel, pour l’immense majorité des composantes de la société, sur l’orgueil de la vie, les jouissances, la puissance et la richesse matérielles, ressemble à l’orgueilleux Titanic. Il n’a plus d’avenir à offrir à nous-mêmes comme à nos enfants, si ce n’est, pour un temps, une dictature sauvage et planétaire après avoir provoqué le chaos voulu et planifié de longue date, par les concepteurs et théoriciens du Nouvel Ordre Mondial.

Nous ne faisons que récolter ce qui a été semé et entretenu depuis des générations par aveuglement, négligence, démission et désinvolture. Il faut donc qu’une génération fasse la récolte à un moment donné.

Narélo

#2 bip bip

bip bip

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Posté 09 octobre 2005 à 11:33

Les entreprises américaines rapatrient en masse les profits réalisés à l'étranger
LE MONDE | 06.10.05 | 13h37  •  Mis à jour le 06.10.05 | 13h37
NEW YORK de notre correspondant


n neuf mois, les entreprises américaines ont rapporté aux Etats-Unis 210 milliards de dollars (174 milliards d'euros) de bénéfices réalisés à l'étranger. Et selon les estimations, cette somme pourrait atteindre 350 milliards d'ici à la fin de l'année. Les sociétés profitent d'un amendement, voté à la sauvette en 2004 au Congrès, à la loi sur la création d'emplois américains. Il leur permet de transférer presque en franchise d'impôts les bénéfices réalisés au-delà des frontières et réinvestis sur place.

  

Quand le texte a été adopté, en pleine campagne électorale pour la présidentielle, il s'agissait de prouver la volonté de l'administration de combattre les délocalisations. Le président George Bush l'avait signé le 22 octobre, dix jours avant le scrutin. Ce texte permet aux sociétés américaines de payer 5,25 % de taxes sur les profits ramenés aux Etats-Unis au lieu de 35 % théoriquement. Ce cadeau s'applique seulement pendant un an.


DEUX EFFETS INATTENDUS


Il n'est pas sûr que les centaines de milliards de dollars rapatriés créent de nombreux emplois. En revanche, ils ont déjà deux effets inattendus : ils alimentent la vague de fusions et acquisitions à Wall Street et soutiennent la devise américaine. Les 350 milliards de dollars représentent plus de la moitié du déficit commercial américain, ce qui facilite son financement.

Selon une étude du cabinet International Strategy & Investment Group, 91 grands groupes ont indiqué vouloir profiter de la loi. Ils ont d'abord attendu de savoir comment le département du Trésor allait appliquer le texte, mais depuis plusieurs semaines, les annonces se multiplient. La plupart des sociétés se sont bien gardées de préciser comment elles utiliseraient cet argent, se contentant d'annoncer qu'elles allaient se désendetter et investir.

La banque JP Morgan, l'un des "promoteurs" de la loi, estime que le rapatriement des profits permettra une croissance supplémentaire de l'économie américaine de 1 % lors des deux prochaines années. Elle estime qu'environ 120 milliards de dollars seront utilisés pour financer de nouveaux investissements et créer 500 000 emplois. Pour le moment, aucun projet de cet ordre n'a été annoncé. Au contraire, Colgate-Palmolive a indiqué en juillet vouloir ramener 800 millions de dollars et dans le même temps fermer un tiers de ses usines et supprimer 4 450 postes.

Pour bénéficier de l'avantage fiscal, les entreprises sont tenues de fournir au département du Trésor un projet d'utilisation des fonds approuvé par leur conseil d'administration. La loi ne leur permet pas d'affecter les sommes rapatriées aux rachats d'actions, aux paiements de dividendes et aux rémunérations des dirigeants. Mais comme il n'y a aucun contrôle a posteriori, les sociétés font ce qu'elles veulent.

Pour le moment, les secteurs de la santé, de la haute technologie et des biens de consommation sont ceux qui utilisent le plus le nouveau texte. A l'image de Pfizer, Merck et Hewlett-Packard qui ont annoncé leur intention de rapatrier respectivement 36,9, 15 et 14,5 milliards de dollars. On trouve aussi parmi les noms connus Johnson & Johnson, IBM, Intel, Dell, PepsiCo.

Les entreprises américaines payent très peu d'impôts. Selon les derniers chiffres disponibles, les recettes provenant de l'impôt sur les bénéfices ont représenté en 2003 aux Etats-Unis à peine 7,4 % des rentrées fiscales fédérales, à comparer à un pic de 32 % en 1952. Entre 1995 et 2003, elles ont baissé de 16 %. En théorie, ces groupes sont imposés à hauteur de 35 % de leurs bénéfices. Dans la réalité, profitant d'une législation très complexe qui recèle de nombreuses failles, d'un système de provisions avantageux et des paradis fiscaux, ils payent beaucoup moins.

Selon une étude du General Accounting Office, l'organisme d'enquête du Congrès, 45 % des sociétés ayant des actifs supérieurs à 250 millions de dollars, n'ont pas versé le moindre cent de taxe entre 1996 et 2000. Selon l'organisation Citizen for Tax Justice (Citoyens pour la justice fiscale), durant la même période, les dix entreprises réalisant les plus importants profits (Microsoft, General Electric, IBM, General Motors...) ont été seulement imposées à hauteur de 8,9 % en moyenne.



Eric Leser
Article paru dans l'édition du 07.10.05

#3 Mike

Mike

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Posté 09 octobre 2005 à 12:07

bip bip

merci  :D pour cet article du monde qui me semble important dans la mesure où il permet de comprendre pq le $ ne dévalue pas plus, et aussi qui montre une fois de plus que les néocon. US bossent pour le gros pognon.

Néanmoins je te signale qu'il y a déjà un forum d'ouvert sur le sujet....... :-?
FIN D'UN EMPIRE

#4 Narélo

Narélo

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Posté 10 octobre 2005 à 10:05

A mon avis, ce rapatriement d’argent ne servira pas à grand chose, les déséquilibres financiers sont trop impressionnants et la géopolitique expansioniste US ruineuse. De plus, il me semble que ce N.O.M ne pouvant s’instaurer par acceptation, avec ses projets visiblement liberticides et dictatoriaux, à besoin d’un chaos mondial.
Ce rapatriement d’argent ne peut qu’illusionner encore un petit peu les marchés ou certains intervenants financiers. Il résonne plutôt comme une tentative de la dernière chance pour masquer encore un peu l’inéluctable, alors que des craquements se font entendre chez Fannie Mae dont le cours ne cesse de plonger et flirte avec ses plus bas, et que l’indice immobilier US-REIT Index approche, lui aussi, d’un support critique vers 230.

Se rappeler qu’en décembre 1996 (si j’ai bonne mémoire) Alan Greenspan, le patron de la FED avait envoyé un signal aux intervenants financiers par cette petite phrase lourde de signification « exubérance irrationnelle des marchés financiers» qui devait prendre toute sa signification par l’effondrement boursier de 2000-2002, que je considère, avec les mini Krach de 1987 et 1997, comme signes annonciateurs et prémisses d’un crack majeur devant permettre l’instauration du N.O.M.

Dernièrement le 27/08/2005, et résonnant comme une réminiscence de 1996, Alan Greenspan prévenait que « la hausse de pouvoir d’achat permise par l’appréciation d’actifs tels que les actions et les investissements immobiliers ne devaient pas être tenue pour acquise…..que le boom immobilier est un déséquilibre économique qui pourrait mal se terminer »

Formant un bouquet explosif avec l’environnement ambiant : la révolte de la nature et les inconséquences humaines, la tourmente financière, économique et sociale approche.
Il semble que le temps pour quitter les marchés boursiers soit venu pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait.

Narélo - Amicalement