Plus sérieusement, il y a en gros deux écoles :
- le pur hasard
- le but prédéterminé ou « évoluant vers… »
Y a-t-il, pour l’instant, plus de raisons de pencher pour l’une ou l’autre des hypothèses ?
Oui et non. En fait, logiquement, mieux même, en suivant le même type de logique, les deux hypothèses sont d’égale importance.
Voyons le pur hasard dans un premier temps.
Les… « hasardistes », appelons-les ainsi, (je précise que je ne considère aucune des hypothèses comme supérieure à l’autre, je pense que l’une est plus logique mais ma logique étant humaine, elle est faussée et n’a pas plus de valeur qu’une autre dans ce domaine) pensent qu’en fait, l’on ne voit que ce qui "fonctionne". Le reste meurt. Donc, sur des milliards de « tentatives » de vie, ou de création d’univers, il est normal d’aboutir, parfois, à un truc « hasardeux » mais qui fonctionne. Un peu comme si vous donniez un rubik’s cube à 1 milliard de singes. L’un d’entre eux peut, sans le vouloir, aligner les couleurs. Le… « Tout Global Extérieur Intangible » serait donc un abruti de village existant sans que l’on sache trop pourquoi et ce TGEI tomberait parfois « juste ».
C’est une théorie confortable tant que l’on reste dans les dogmes classiques de la pensée cartésienne. Mais, si l’on pousse le raisonnement jusque dans ses derniers retranchements, l’on s’aperçoit qu’il n’est pas loin de céder.
Même une sorte de maelström illogique et dénué de sens a besoin d’une cause pour exister. La seule façon d’expliquer l’existence d’un effet (que je vais appeler U pour Univers) sans une cause première (que je vais appeler P, pour première), c’est d’en venir aux mathématiques quantiques (que je ne maîtrise pas du tout, je le précise). Dans le domaine quantique, le temps n’existe plus, un même objet peut être à plusieurs endroit « en même temps », etc, MAIS, et c’est là tout le mais, il ne s’agit plus alors de ne fonder la théorie que sur le seul hasard mais bien sur des équations. Or, si le hasard peut être mis en équations…ben oui, il n’en est plus un !
La théorie du hasard conforte notre recherche de l’immédiateté, elle semble bien s’emboîter dans tout ce que nous « sentons » comme être la normalité et surtout le domaine de l’acceptable mais si l'on peut expliquer U grâce à un P quantique, bizarre ou abscond, alors, il n'y a plus de hasard réel puisque U est issu de P et que l'on peut le démontrer.
Voyons maintenant le « but prédéterminé ».
Cela n’explique rien de plus bien sûr car, s’il y a but, cela n’explique en rien le « pourquoi » du but ou, mieux (pire ?) encore, son « comment ».
Pourtant, c’est presque plus acceptable (pour moi en tout cas).
Partons du principe que le TGEI n’existe pas et qu’il existe un Tout réel, global également, mais « interne » et tangible. Ce Tout, s’il est réel et tangible, se comporte comme un esprit humain quasiment. La mise en conscience de lui-même doit être terrible, d’autant qu’il n’y a rien à quoi se raccrocher, il ne peut se définir par rapport à autre chose (par rapport à l’univers extérieur) puisqu’il EST l’univers. Tout est donc « obligé » d’en venir à séparer son propre « lui-même ». En psychiatrie humaine, cela s’appelle de la schizophrénie. Personnellement, en parlant d’univers, je parlerais alors, disons, de schizophrénie dissociative fondamentale (ou SDF pour simplifier, rien à voir avec l’humain sans logis, encore que…).
Comme le schizophrène humain ne peut déterminer où se « termine » son « Moi », le Tout en état de SDF (Schizophrénie Dissociative Fondamentale) ne peut, également, déterminer où il s’arrête et où il commence. Il se dissocie de plus en plus et parvient (à l’état d’univers) à créer divers champs de pensées qui n’ont aucune conscience de leur parenté. C’est finalement l’application, selon moi, des lois fondamentales à différents niveaux. L’on sait déjà que l’infiniment petit physique (les atomes et au-delà) ressemble énormément à l’infiniment grand physique (les galaxies et amas), il nous restait donc à concevoir que l’infiniment petit inconscient non physique réagit de la même façon que l’infiniment grand inconscient non physique.
Selon moi, cette hypothèse permet à la fois d’expliquer le (semblant de) chaos universel et la logique inéluctable à grande échelle.
Je vais prendre un exemple simple.
Si Jean-Paul Dupont est tout. Tout l’univers. Comment se définit-il ?
Vous voulez le savoir ?
C’est impossible.
Etre tout est l’équivalent de n’être rien, aussi bien en psychologie qu’en mathématique.
Jean-Paul Dupont, pour être vraiment (car être c’est avoir des « limites » (en tant que frontières)), est obligé de projeter un « autre », un « extérieur » (hors de « moi »).
Pour moi, le Tout est une conscience morcelée.
Cela colle assez bien d’ailleurs avec diverses philosophies, dont le taoïsme par exemple ou la Voie (Do) Martiale japonaise.
Maintenant, à l’évidence, cela n’explique en rien le pourquoi ou le comment, juste l’état présent. Mais, comme je l’ai déjà dit ailleurs, l’oiseau ne peut comprendre vraiment « pourquoi » il vole. Il vole. C’est tout. C’est sa nature.
L’homme, ou l’état de conscience de type « humain », n’est pas spécialement plus évolué que l’oiseau. Il comprend ce qu’il peut, physiquement, logiquement, comprendre. Même nos doutes sont limités par notre conception du doute.
Quant à notre ignorance, nous n’en réaliserons jamais l’infini.
Nous sommes des gamins jouant avec des allumettes et nous émerveillant parce que nous parvenons à les maîtriser, tout en oubliant qu’un soleil brille à deux pas (universels) de chez nous sans que l’on n’en comprenne le sens véritable.
La fourmi ne dépassera jamais son statut de fourmi en construisant un frigo ou en comprenant son fonctionnement. C’est impossible.
Par contre, la fourmi peut se dépasser en « sentant » qu’elle ne peut pas tout expliquer. La vraie compréhension commence avec l’acceptation de la profonde ignorance de l’être. L’atteinte du « non-être » est la clé de toute chose. Sans « être », pas de frontières, sans frontières, la connaissance est totale (je parle ici de frontières métaphysiques et non, évidemment, des frontières nationales, plus que nécessaires en ces temps troubles).
C’est à la fois ce que je considère comme logique et le message de la méditation à tendance asiatique : l’unité, l’harmonie, retrouver le Tout, le goût pastel et presque oublié de l’essentiel. Et, toucher de l’âme, à l’occasion, un peu plus que ce que l’on espérait.










