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Fin des universités : le début de la fin...


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5 réponses dans ce topic

#1 Windowman

Windowman

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Posté 25 octobre 2005 à 08:19

Je suis étudiant à la fac de Rouen, en deuxième année de lettres, et j'étais hier à Paris avec près de mille autres étudiants de mon université. Nous protestons contre le fait que le gouvernement laisse couler financièrement notre université en ne lui allouant que 80% du budget qui lui est promis depuis plusieurs années... Notre manifestation n'est pas passée aux informations, visiblement... Il faut d'urgence que toutes les facs se coordonnent et fassent connaître leurs revendications !

Rappels évidents ?


D’après notre Constitution, la France est une République démocratique représentative. Cela signifie que NOUS, peuple français, sommes seuls habilités à décider ce que nous voulons faire de nous et de notre pays, et quelles sont nos priorités dans la gestion de nos ressources.

Ce n’est que par confort que nous avons délégué l’exercice de ce pouvoir à des représentants. Nous n’avons fait confiance à nos élus que parce qu’ils sont sensés défendre nos intérêts. S’ils ne correspondent plus à l’idée que nous nous faisons de personnes chargées de nous représenter, c’est notre droit le plus strict de les remplacer par d’autres plus représentatifs, ou bien même de choisir d’exercer nous-mêmes ce droit naturel de décider, auquel nous n’avons jamais renoncé.

Lorsque nous manifestons ou exprimons une requête en direction de nos gouvernants, nous ne sollicitons pas une faveur d’un généreux tyran tout-puissant ! Nous exigeons légitimement de nos élus qu’ils suivent nos directives. S’ils s’en estiment incapables, qu’ils démissionnent. Mais c’est l’avenir de notre peuple qui est en jeu, celui de notre planète aussi : nul intérêt économique ne saurait être prioritaire !!!

Notre gouvernement peu représentatif – à peine 20 % des votants au premier tour des dernières élections présidentielles, à égalité avec le Parti Socialiste et le Front National -, élu après un manifeste cafouillage de l’électorat à 80 % des votants, semble bien avoir le culot de croire que les quatre cinquièmes de la population de notre pays le suivent, le reste restant béat devant son implacable et remarquable force de travail ! Non ! Seuls 20 % d’entre nous souhaitaient ce gouvernement ! 80 % l’attendaient au tournant, ou ne voulaient pas de lui !

Concernant la casse des acquis sociaux, ce gouvernement nous indique tout d’abord qu’ils ne fait que poursuivre le travail de ses prédécesseurs, puis que nous n’avons de toute manière pas le choix… Il existe une alternative. Nous n’avons aucune obligation envers les entreprises qui vivent de la croissance, envers les banques et autres investisseurs qui infestent et déséquilibrent nos sociétés comme des parasites sur un animal malade… Ils nous donnent comme modèles des pays où il n’y a pas de garanties sociales, où les gens, pour ne faire que survivre difficilement, doivent cumuler plusieurs emplois éprouvants qui les asservissent et les tuent à petits feux loin de leurs familles ! Voulons-nous vraiment d’une société où l’Homme serait esclave de son propre système économique ? Voulons-nous vraiment faire un si grand sacrifice à cette poignée de sprinters qui tiennent les rennes de notre économie et de nos politiques, sans égards pour leurs montures qu’ils espèrent soumises et innombrables ? Laisserons-nous à nos enfant une société où les travailleurs se tueront à la tâche toute la semaine pour n’offrir à leurs familles que de quoi désespérer de l’avenir ?

Concernant notre écosystème, tous les scientifiques le disent, avec de plus en plus d’insistance ! Nous épuisons notre planète, nous l’intoxiquons ! Nous consommons bien plus qu’elle ne peut produire, et nous polluons nos réserves… La Terre a mal, mais c’est nous qui mourons… Et nous laisserions le pouvoir de poursuivre ce génocide spectaculaire de toutes les espèces terriennes entre les mains de quelques accros de Wall Street et d’un rêve américain au goût des plus amers ? Il n’est plus temps de croire aux miracles et de les attendre… Pendant que les nappes phréatiques s’épuisent, pendant que nos poumons, les forêts d’Amazonie et d’ailleurs, sont peu à peu rongés par le cancer industriel, pendant que la banquise fond en causant des cataclysmes de plus en plus violents, aussi bien climatiquement qu’écologiquement, pendant que la santé de notre espèce se dégrade, de même que nos conditions de vie, notre gouvernement envoie des militaires aguerris sur une poignée de grévistes pacifiques, l’alliance économique des pays les plus riches s’autorise généreusement l’exploitation des pays les plus pauvres, les plus grands pollueurs jouent les cow-boys dans un écosystème moribond…



STOP à tout ça ! Nos sociétés sont composées d’hommes, de femmes et d’enfants ! Nous voulons vivre ! Nous voulons faire de notre monde une société où l’on ne tousse plus lorsque l’on respire, où l’on ne meurt pas lorsque l’on boit ou mange, où l’on ne meurt pas de ne pouvoir ni boire ni manger, où l’on peut choisir son destin et non plus subir un asservissement avilissant ! Ce pouvoir de changer les choses est en nous ! Nos ancêtres ont souvent pris de gros risques, au péril de leurs vies, pour changer en meilleur ce qu’ils estimaient pire : nous pouvons, main dans la main, reprendre goût à la vie et dessiner ensemble notre monde pour demain !!! Il n’y a qu’à y croire et avancer la tête haute !

Y’en a marre de jeter des galets dans la mer !!!

Dans la logique des pôles de compétitivité, le gouvernement et son assemblée nationale n'en ont rien à cirer qu'on contribue à couler la fac en l'empêchant de fonctionner !!! On peut gueuler tant qu'on veut dans les locaux d'une institution que le pouvoir veut fermer puisqu'elle ne rapporte pas !!! Il faut faire chier un max !!! Bloquer la poste ou les boîtes à lettres, c'est bien gentil, mais ça fait pas monter la grogne : c'est trop discret !!!

Il faut bloquer les villes !!! Que chaque université qui se sent concernée dépêche le maximum d'étudiants aux points névralgiques, là où ça emmerde le plus, aux heures de pointe et les samedis !!! A Rouen, par exemple, il faut bloquer tous les soirs et les samedis les axes principaux, en formant des groupes de cinquante à cent individus qui bloquent les points essentiels de circulation !!! Avec 300 étudiants motivés, on peut paralyser Rouen et faire enfin retentir la colère du peuple français, cette fière énergie qui fait les révolutions et les lendemains meilleurs, cette farouche volonté de ne pas regarder au matin dans la glace un visage honteux qui sait qu'il a baissé les bras !!!

Le français veut être poussé au cul pour prendre des décisions indispensables ? Bottons lui l'arrière train jusqu'à faire pleurer l'UMP et ses chiens de délégués qui nous gouvernent avec l'outrecuidance de se croire désignés de droit divin pour mener une politique de faillite qui nous asservira tous et fera mourir notre humanité !!!

Nous ne chipotons pas notre bout de steak pour la fac : nous nous battons pour l'avenir que nous voulons construire, celui-là même que ces sociopathe de droite détruisent, et que ces larves idiotes de gauche laissent anéantir !!!

Au boulot, et faisons plus que du bruit !!!

Le problème, et nos politiques actuels mettent beaucoup d'énergie dans ce message, c'est que le libéralisme mondial ne laisse que deux choix aux nations : se livrer une guerre économique en devenant le plus compétitif en cassant tous les acquis sociaux et en se débarrassant de tout ce qui n'est pas rentable, comme nos services publics de qualité, est le moyen le plus rapide et efficace à court terme, mais aussi le plus facile. Seulement, voulons-nous d'un monde où chacun serait asservi par une économie oligarchique qui ne se préoccupe ni de l'épanouissement des hommes, bien au contraire, ni de la pérennité de l'écosystème ?
A suivre cette pseudo solution depuis plusieurs dizaines d'années, on a accumulé suffisamment de preuves que c'était une mauvaise solution à long terme. Notre écosystème ne le supporte plus, et à ce rythme là, un siècle ou deux suffiront à constater la fin de la vie sur notre belle planète, à envisager que ce ne soit pas une guerre qui la provoque... La deuxième solution est de prendre nos responsabilités. Le plus urgent est de stopper la chute de façon à ce qu'on n'arrive pas à un point inéluctable de notre bêtise, d'où tout retour en arrière sera impossible. Or, on se rapproche de plus en plus de ce point de non retour.
Tant que la planète peut se remettre de nos mauvais traitements, il y a un espoir, mais la Terre a mal, et elle agonise... Il ne faut plus tarder... Quand nous aurons rétabli l'équilibre au moins entre consommation de nos réserves et renouvellement de celles-ci (matières premières, oxygène, biosphère, eau douce...), nous aurons déjà fait l'essentiel. Si l'homme continue de vouloir vivre esclave de ses systèmes socio-économiques après ça, ce sera juste dommage, mais la pérennité de la planète une fois garantie, peu m'importe que notre espèce mette un millénaire avant de comprendre sa bêtise... Mais nous n'avons plus ce millénaire et, qu'on veuille changer ou pas nos sociétés, il faut nous en laisser le choix. Et ce choix ne s'offrira plus longtemps à nous.
Des régions entières du globe sont menacées de désertification, soit par l'action directe de l'homme (exploitation sauvage des ressources, urbanisation irrationnelle, pollution des sous-sols et de l'air), soit par ses exactions indirectes (disparition d'espèces, créant ainsi un déséquilibre sur toute une région, cf. le Parc du Yellowstone aux Etats-Unis, où la disparition des loups a fait se sédentariser les troupeaux herbivores qui ont consommé toute la végétation, désertifiant l'écosystème local et causant la fin de nombreuses populations animales). Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, pris comme modèle dans cette guerre économique suicidaire, prouvent chaque jour les graves insuffisances et les artifices de leur puissance : un presque plein emploi, mais des conditions de travail qui font que beaucoup trop de gens vivent dans une pauvreté qui les rapprochent plus de pays sous-développés que d'une puissante et brillante nation. Trop nombreux sont ceux qui sont obligés de cumuler plusieurs emplois pour simplement réussir à survivre. Ils y perdent toute chance d'accès au bonheur, leur famille s'en trouve profondément affectée, leur santé menacée. Est-ce ça, le modèle d'avenir qu'on nous propose ? On ne peut pas l'accepter !
Le combat a commencé depuis longtemps, mais nous sommes désormais à un carrefour où il s'agit de décider si l'on veut vivre ou mourir d'une part, et si l'on choisit de survivre, de se donner d'autre part les moyens de le faire de façon décente. Pas de racisme là-dedans, pas d'extrémisme dangereux ou répréhensible, bien que certaines personnes prétendent que l'être humain a fait la preuve qu'il n'avait plus la place dans cet écosystème. Je pense que notre espèce est capable de grandes choses. Se prostituer suicidairement dans la soumission et le fatalisme avilissant à un système économique archaïque n'est que l'une de ses pires décisions. A nous de changer les choses !
Aujourd’hui, parmi les décisions nocives qui sont régulièrement prises par nos dirigeants, il y a ces pôles de compétitivité. L’idée en soit n’est bien entendu pas mauvaise : concentrer les chercheurs et les industries de pointe dans des zones où elles peuvent s’épauler pour mieux réussir leurs recherches. Que du bonheur ! Mais dans les faits, on obtient quelques universités surpuissantes soumises aux décisions et priorités d’entreprises multinationales, dont rien ne garantit les intentions, puisque les capitaux des entreprises ne sont que rarement nationaux (c’est-à-dire qu’une entreprise qui dirigera officieusement la recherche dans une entreprise pourra très bien, du jour au lendemain, se retrouver ruinée par des actionnaires étrangers qui seront allés placer leurs capitaux ailleurs, ou auront décidé des politiques internes incompatibles avec les priorités du pays concerné, à savoir le nôtre !) ; et à côté, la faillite de toutes les autres universités qui, obligées peu à peu d’augmenter leur frais d’inscription pour pallier à leurs besoins, auront exclu une bonne part des étudiants d’un accès démocratique à la formation. Voilà cet avenir qu’on nous peint aujourd’hui. A Bordeaux, la fac fait payer plus de 800 euros aux étudiants, au lieu de la centaine qu’elle réclamait jusque là. Rouen est à l’étape précédente, où, constatant sa faillite suite aux promesses budgétaires non tenues par le gouvernement, elle devra soit fermer, soit augmenter considérablement les frais d’inscription, excluant ainsi les deux tiers de ses étudiants. On aura donc une fac viable économiquement, équilibrée, capable d’autofinancer sa recherche et son fonctionnement, mais dont les dimensions et les prérogatives seront plutôt celles d’une école privée élitiste que d’une université… Voilà où nous mènent toutes ces années à baisser la tête et les bras en attendant le retour du soleil… Au lieu de brandir un parapluie, nous nous laissons noyer sous le déluge. Au lieu de bâtir des digues, nous subissons les raz-de-marée… Est-ce là tout ce qu’on aura le courage de faire ?

En fait, il s'agit, comme je le disais plus haut, tout d'abord de protéger et, quand c'est possible, de réparer notre écosystème. Pour ce faire, il faut bien évidemment, à court et moyen terme, éliminer toute les sources de pollution, en développant les énergies alternatives propres, grâce aux éoliennes, panneaux solaires et autres petites machines ingénieuses dont on a le secret, mais que presque personne n'utilise faute que les gouvernements ne favorisent pas leur mise en place. Cessons de vouloir contenter les lobbies et de ne pas vouloir trop bousculer les petites habitudes des gens ! La survie de notre planète et de la vie sur celle-ci, en particulier la nôtre, méritent bien ce petit effort ! Puisque nous avons ces technologies, il suffit de les utiliser ! A nous tous de faire pression sur les entreprises pour qu'elles trouvent enfin intéressant de commercialiser à grande échelle des transports propres ! Une fois les voitures à essence disparues, les énergies consommées renouvelables et propres, les industries empêchées de polluer, il faut bien entendu développer la recherche fondamentale : nous sommes à une vingtaine d'années maximum de la maîtrise de la fusion nucléaire à froid de l'hydrogène, c'est-à-dire le pendant plus puissant, propre et quasi infini de la fission nucléaire à chaud de l'uranium actuel ! D'où l'importance vitale de développer les institutions de recherche et d'enseignement, en leur conservant une autonomie qui seule peut permettre aux chercheurs de chercher, et aux étudiants d'apprendre. La logique actuelle de sabotage des institutions publiques pour justifier le retrait de l'Etat de tout ce qui dérange le libéralisme et accélérer irrémédiablement la privatisation est à l'encontre de tout projet, de toute solution à moyen et long terme pour nous éviter l'annihilation et l'anarchie...

Une fois la survie écologique assurée, ma foi, on peut bien continuer à faire n'importe quoi de nos vies, nous prostituer aux financiers et autres politiques industriels : il suffit pour moi d'être sûr d'avoir le temps de revenir sur nos pas pour mieux faire ! Cela dit, si on veut mieux vivre, il existe bien entendu des solutions !

Le capitalisme, que je ne mets pas en cause, est effectivement le système économique le plus dynamique qui soit. Toutefois, le libéralisme qui le gouverne le rend dangereux... Il faut donc contrôler au minimum ce sacro saint marché qui nous asservit. Actuellement, la plupart des pays visent la croissance : croissance par ci, croissance par là, on ne leur entend que ce mot, comme un saint Graal miraculeux qui nous sauvera tous de nos problèmes... Or, la croissance n'est que l'augmentation des biens et des services produits sur un territoire. Autrement dit, plus on produit, plus on est censé être mieux. Aujourd'hui, on constate partout des surproductions locales qui font chuter les prix et ruinent des franges entières de la population. Cette production furieuse à tort et à travers, se fait sans égard des matières premières ni de l'écosystème. Et cette augmentation de la production est bien souvent vendue hors du territoire dans des pays où, pour pouvoir acheter, ils doivent vendre tout ce qu'ils ont. Autrement dit, cette course à la croissance actuelle, qui après tout laisse de côté la quasi totalité de l'humanité dans la pauvreté, épuise nos ressources plus vite qu'elles ne se reconstituent, n'améliorent pas réellement le sort des habitants du pays producteur, et ruine et asservit le pays importateur. C'est toute cette logique qui est à revoir. Le principe des imports exports est légitime, quand il ne touche pas à tout ce que le pays peut produire lui même... Or, la plupart des pays pauvres ont les moyens de s'autosuffire, à la condition qu'on ne les oblige pas à acheter nos produits. Il faut donc changer de logique : la recherche de la croissance n'est que l'accélération d'un déséquilibre dévastateur pour les conditions de vie : nos sociétés ne peuvent pas être régulées par le marché : leurs intérêts sont divergents et contradictoires. Il faut mettre en place une logique d'équilibre, bien plus propice au développement durable et humain de chaque nation que tout autre système. Il s'agit donc de cloisonner plus ou moins les marchés selon qu'ils sont fragiles ou non, et de mener une politique de l'emploi et de l'industrie qui ne soit plus dictée par des actionnaires étrangers avides de profits, mais par des administrateurs publiques capables d'accorder les priorités humaines aux nécessités économiques. Pour financer toutes ces mesures, il existe des institutions comme le FMI, qui au lieu de rançonner les Etats pauvres pourrait coordonner ces politiques, et des taxes dans l'esprit de la taxe Tobin et de l'impôt sur les fortunes et revenus, simples de mise en place, et qui coordonnées par ce même FMI, sous l'égide de l'ONU, permettraient enfin de changer positivement les choses.

Vous me répondrez que les autres pays ne suivraient pas, quand bien même nous adopterions cette politique en France ? C'est ce qu'on pourrait penser. Et, effectivement, il se pourrait fortement qu'il y ait un décalage passager, une période de transition avant qu'ils ne nous suivent. Cependant, dans toutes les nations du monde, l'essentiel de la population demande des conditions de survie décentes et un avenir meilleur : elles nous suivront car la France, à l'échelle planétaire, a toujours su montrer l'exemple de l'innovation et de l'avancée politique intelligente. Si l'image de la France est dégradée actuellement, c'est à cause de cet affaiblissement du pouvoir face aux marchés internationaux. Mais si la France résiste et propose un système alternatif, qu'elle saura défendre, d'autres pays suivront, et puisqu'il est évident que recadrer les priorités sur la vie des hommes et non plus leur productivité financière est éminemment positif et meilleur que ce que nous faisons actuellement, nous aurons gain de cause pour peu que nous ayons le courage de démontrer la fiabilité du système.

Enfin, pour que l'organisation politique ne puisse plus engendrer de tels bugs comme aux derniers votes, et que l'abstentionnisme ne soit plus qu'anecdotiques, il faut renforcer le civisme en permettant les référendums et propositions de lois citoyenne, sous réserve de représentativité, et inscrire dans le fonctionnement des institutions l'usage plus systématique ou régulier du référendum. Nous n'avons pas à déléguer à nos politiques plus que la gestion quotidienne de notre pays : ce sont des administrateurs, et nous tous sommes le conseil de direction. A nous de diriger. Parallèlement, il faut systématiser dans les écoles l'instruction civique et politique, de façon que chacun puisse décrypter la politique et y intervenir en connaissance de cause...

Ce ne sont bien sûr que les mesures essentielles, et bien d'autres doivent s'y ajouter afin que nous soyons enfin dans un monde dans lequel on se sente bien, mais elles sont tout à fait possibles et nécessaires. Un peu de courage et de bonne volonté suffisent à les mettre en place. A nous de jouer !

#2 Windowman

Windowman

    Débutant

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Posté 25 octobre 2005 à 08:22

Petite correction : la manif s'est déroulée le jeudi 13 octobre.
Pour plus de renseignements sur ce probl'me particulier :

http://mouvementuniv...ndex.php?lng=fr

#3 c-cube

c-cube
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Posté 25 octobre 2005 à 09:24

Windowman, je rejoins en grande partie tout ce que tu exprimes là.

Il y a juste un point que tu mentionnes parmi les autres et qui me chiffone depuis quelque temps car il relève d'un mécanisme psychologique que j'ai vraiment du mal à cerner, même si je pense savoir ce qui le sous-tend. Pour moi, tu n'es pas du tout en cause personnellement dans le sens ou beaucoup de monde est concerné : c'est un comportement très répandu que je vais ici aborder.

Je m'explique...

Tu dis :

Windowman dit :

Dans la logique des pôles de compétitivité, le gouvernement et son assemblée nationale n'en ont rien à cirer qu'on contribue à couler la fac en l'empêchant de fonctionner !!! On peut gueuler tant qu'on veut dans les locaux d'une institution que le pouvoir veut fermer puisqu'elle ne rapporte pas !!! Il faut faire chier un max !!! Bloquer la poste ou les boîtes à lettres, c'est bien gentil, mais ça fait pas monter la grogne : c'est trop discret !!!

Il faut bloquer les villes !!! Que chaque université qui se sent concernée dépêche le maximum d'étudiants aux points névralgiques, là où ça emmerde le plus, aux heures de pointe et les samedis !!! A Rouen, par exemple, il faut bloquer tous les soirs et les samedis les axes principaux, en formant des groupes de cinquante à cent individus qui bloquent les points essentiels de circulation !!! Avec 300 étudiants motivés, on peut paralyser Rouen et faire enfin retentir la colère du peuple français, cette fière énergie qui fait les révolutions et les lendemains meilleurs, cette farouche volonté de ne pas regarder au matin dans la glace un visage honteux qui sait qu'il a baissé les bras !!!

Le français veut être poussé au cul pour prendre des décisions indispensables ? Bottons lui l'arrière train jusqu'à faire pleurer l'UMP et ses chiens de délégués qui nous gouvernent avec l'outrecuidance de se croire désignés de droit divin pour mener une politique de faillite qui nous asservira tous et fera mourir notre humanité !!!

Même si je partage ton ras le bol vis à vis du gouvernement actuel et de son calamiteux prédécesseur qui ont pris et prennent visiblement encore le peuple français pour une bande d'imbéciles apathiques qu'une caste de rentiers peut apauvrir toujours plus... Même donc, si comme toi j'en ai marre de voir notre pays s'engoufrer dans un laisser faire suicidaire, je m'interroge vraiment sur l'opportunité de faire chier mes concitoyens (qui sont aussi mes frères et soeurs de misère) afin d'espérer obtenir une oreille attentive de la part de nos soi-disant représentants.

La technique qui consiste à déranger systématiquement une large frange de la population (toujours la même puisque les puissants, eux, trouvent toujours les moyens d'y échapper) pour que celle-ci exprime son ras le bol au gouvernement qui va alors faire mine de se bouger, me paraît un brin bancale.

Pourquoi ne pas s'en prendre directement aux intéressés ?

Pour moi c'est un peu comme si je me prenais une baffe de la part de quelqu'un mais qu'au lieu de la lui rendre j'allais filer une torgnole à quelqu'un d'autre qui va alors se plaindre au premier, lequel, excédé d'entendre brailler ma victime, y réfléchirait alors à deux fois avant de me foutre une autre baffe... Et il faudrait encore que je file un tract à ma victime pour lui expliquer qu'elle doit être solidaire de mes soucis et que je lui ai rendu un grand service parce que sinon elle se serait pris une baffe elle aussi tôt ou tard...

Tout cela est-il bien sensé ?  :hum:  :cogite:

Il me semble que non et que c'est aussi par ce même mécanisme que se perpétue la lamentable tradition du bizutage dans les universités françaises. "J'ai souffert donc toi aussi tu dois souffir", ou bien encore "Je ne peux punir directement mon tortionaire donc je me défoule sur une victime arbitrairement désignée", telle est l'attitude à demi consciente qui sous-tend de tels actes.
C'est ce mécanisme psychologique (dont je trouve le principe et les applications injustes) que j'ai du mal à comprendre, même si cela relève très certainement d'une dynamique de groupe qui se met à incarner une forme d'autorité à laquelle l'individu se soumet et délègue son libre arbitre, comme c'est le cas dans les expériences de Milgram (à ce propos voir le lien suivant : http://fr.wikipedia....ence_de_Milgram).

Pour ma part, j'ai vraiment du mal avec ceci et j'ai, avec certains de mes collègues, une certaine considération du public qui fréquente mon entreprise, ce qui fait que lorsque nous avons récemment fait grève nous avons tout de même maintenu un service minimum pour lui éviter de trouver porte close. Le public était dès lors ravi de ne pas se prendre de baffe (symboliquement parlant cela va de soi) et même de se voir expliquer humainement (et non par tract polluant ou affiche interposée) les raisons de notre mécontentement. Chose incroyable par les temps qui courent : il était même solidaire !

#4 nng nng

nng nng

    Trublion

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Posté 25 octobre 2005 à 16:47

Bloquer les villes n'est pas une solution pour se faire entendre.
C'est une solution pour faire chier le monde et se retrouver tout seul au final.

c-cube a raison, il faut s'en prendre aux premiers concernés
« Pour ceux qui connaissent le sens profond des choses, les paroles brèves sont des commentaires ;
Pour ceux qui se fient aux apparences, les vastes discours ne sont que des abrégés imprécis. »
Mawlânâ Djalâl Od-Dîn Rûmî

#5 Rodney McKay

Rodney McKay

    And they've a plan...

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Posté 25 octobre 2005 à 17:04

nng nng, le Mardi 25 Octobre 2005, 16:49, dit :

Bloquer les villes n'est pas une solution pour se faire entendre.
C'est une solution pour faire chier le monde et se retrouver tout seul au final.

c-cube a raison, il faut s'en prendre aux premiers concernés
+1, j'ai deja eu l'occasion de dire mon avis sur ce genre de blocus dans un autre topic...

Bloquer Rouen, a part emmerder le monde, ça ne servira STRICTEMENT à rien... au contraire ça mettra la population contre vous, donc c'est totalement improductif...

#6 Windowman

Windowman

    Débutant

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Posté 25 octobre 2005 à 21:29

Vous avez bien entendu raison, et je ne suis pas fan de ce genre de pratiques.

Mais quand les personnes à qui sont destinées un message font la sourde oreille, que les médias bloquent ou travestissent l'information... Je ne vois pas d'autre moyen que d'amplifier le message pour qu'il ne puisse être ignoré. Or, le terrorisme étant je pense d'assez mauvais goût, il nous reste la manifestation publique de notre mécontentement. Après avoir paralyser notre propre campus deux mois, envoyé des délégations au recteur, au ministre, après avoir manifesté à Rouen, à Paris, et avoir partout été rejeté comme quantité négligeable, il s'avère que cela semble bien justifié d'agrandir le périmètre de trouble...
A moins que l'un d'entre vous ait une idée miracle qui nous ait échappé ?

Pour le moment, avant ces actions bruyantes et gênantes, nous tentons de rassembler les universités de France pour être plus fort face à nos dirigeants... Reste à savoir si on va pas rejouer la farce nazie en se laissant démonter tous les uns après les autres parce qu'on ne se sera pas serré les coudes...

Pour plus d'informations, vous pouvez voir le site officiel du mouvement de résistance de la Fac de Rouen :

http://mouvementuniv...ndex.php?lng=fr